Tous ne vont pas mourir mais ceux qui survivront
repenseront souvent à ces heures terrifiantes.
Ainsi je vis encore, dans l'âme, tout au fond,
Que j'ai un jour touché et qu'à jamais je hante.
J'ai changé l'avenir de celui qui était
À peine différent d'un singe redoutant
La nuit qui l'entourait et qui l'emprisonnait
Dans une cage obscure au risque omniprésent ;
L'ai aidé à grandir, à devenir humain,
Jusqu'à ce que lui-même ait fini par y croire.
Qu'il put me dominer, me tenir dans sa main
Ne change pas les rôles bien qu'il en ait l'espoir.
L'Histoire me doit tant, la grande et la petite,
Chaleur, douceur, lumière et tout ces aliments
Devenu comestibles, et les sapiens s'agitent
Dans la grotte inondée de ténèbres oppressants.
Qu'en sera-t-il demain, quel sera mon aspect ?
Peu importe après tout, je serai toujours là,
Un péril amical, un bienfaisant danger,
Du bucher affamé à l'âtre romantique.

