(이끼) Un film de Kang Woo-suk (2010)
Rien de plus normal pour un jeune homme Ryu Hae-guk (Park Hae-il) que d'assister aux funérailles de son père bien qu'il connut mal ce dernier et qu'il vient d'être averti de sa disparition par un coup de fil anonyme. Pour cela il se rend dans un village étrange oublié depuis trente ans, dans lequel son géniteur, et quelques amis, dont un ancien inspecteur Cheon Yong-duk (Jeong Jae-yeong) édifièrent un culte mystérieux autour de sa personnalité dominante et charismatique. De là à le considérer comme un gourou il y a un pas facile à franchir.

Du reste tous les villageois le regardent de travers et sont désireux de le voir repartir. Manque de chance, Ryu est curieux de nature et puis il a envie de mieux connaître son père d'autant que quelque chose dans l'ambiance, dans les comportements autour de lui rendent suspecte la mort de son père.
De l'obscurité, de la pluie et des secrets, tout est en place pour l'exacerbation de la violence. Pourquoi ce gosse ne veut-il pas regagner la ville, sinon pour connaître le sort de son père mais aussi pour le subir.
Le sous-sol de la maison est riche de révélation pour Ryu qui plonge dans ses tunnels comme s'il cherchait le moyen de renaître, débarrassé des contingences de la civilisation. Il aura besoin de cette liberté pour survivre et vaincre des adversaires qui veulent le tuer, et vite. Qu'il ne comprennent rien, ne voient rien, et ne répète rien.

Une personne lui parlera, une femme solitaire qui passe son temps accrochée à une cigarette comme un naufragé à un radeau, seul moyen de supporter l'océan de peur qui l'entoure, une autre l'aidera, Park Min-uk (Yu Jung-sang), procureur public enquêtant justement sur le décès du père de Ryu, au moment où il va procéder à l'autopsie du corps celui-ci aura disparu du cimetière.
La vérité se fera jour petit à petit, détail après détail, les secrets du village vont se faire jour et dépasser les espérances comme les craintes, à moins que ce ne soit le contraire.
Une fois de plus le cinéma Coréen prouve son expertise en matière d'action, autant dans la construction du scénario que dans l'élaboration de la mise en scène, du suspens, de l'ultra-violence et un rythme soutenu ou presque, le film durant 163' il aurait gagné à rester dans le cadre des 120.
Ce n'est pas une raison pour bouder notre plaisir.


