Qui choisit la forêt dans laquelle il progresse,
Entre ses peurs d'enfants et les rêves insensés,
Les chaînes à porter tel un chien et sa laisse,
Des espoirs hérités d’ancêtres trépassés.
Les bois où je suis sont denses autant que sombres,
Y grouillent des loups noirs et de belles succubes ;
D'antiques constructions subsistent les décombres,
Hantées de charognards que votre odeur perturbe.
Je comprends mes parents, ils voulaient m'égarer,
Espérant qu'à jamais j'errerai dans l'oubli,
L'ogre affamé serait venu me dévorer,
Mais de nous celui qui finit mangé c'est lui.
À force de marcher j'ai atteint la lisière,
Dans le lointain j'ai vu des êtres à mon image,
Il y avait de la vie par-delà la frontière,
Des êtres ignorant le vent comme la rage.

