L'héroïne est mon amie par la sensation,
Violente et brutale qu'en moi elle sait susciter ;
L'abysse infini où se noient les émotions,
Où ma conscience va enfin se disloquer.
Non pas cette impression de s'arracher au monde,
De s'extraire de soi, une âme hors de sa planque.
Ma préférance va là aussi vers l'immonde,
J'aime ce qui me détruit, l'abominable manque.
Un malaise diffus, mon corps m'est étranger,
Il hurle son besoin d'un peu plus de poison,
Une plaie suppurant, une brûlure glacée,
Des hurlements muets en guise de prison.
Tout tourne autour de moi, à l'intérieur c'est pire,
Je vois ce qui n'est pas, des spectres improbables,
Un ailleurs effrayant, l'Enfer sait donc sourire !
L'envie d'exorciser, de vomir tous les diables.
J'apprécie la douleur, le cortège d'angoisses
Murmurant sans arrêt comment trouver la paix.
Mes ongles sont brisés, l'horreur est la paroisse
Où je vis à genoux entre aiguilles et épées.
Je vais me déchirer, mon cœur semble exploser,
Un moment, encore un, effleurer la frontière.
Bientôt j'en suis certain je vais la dépasser.
Mais où trouver la vie sinon dans la poussière ?

