Jonathan Teplitzky – 2017 – 98'
En ces premiers jours de Juin 1944 les alliés sont proches de débarquer sur les côtes normandes. Tout est planifié depuis quelques semaines, la fenêtre météorologique est étroite, les marées seront favorables, ensuite il faudrait attendre avec le risque que les forces germaniques s'organisent.
Churchill est premier ministre depuis le début de la guerre, lui doute du bien fondé de cet assaut, il voudrait privilégier une attaque plus sûre. Les alliés ont débarqués en Italie, ils remontent vers Rome pour continuer ensuite, si tout se passe bien, vers l'Allemagne. Il préconise un autre débarquement, dans la mer Égée, pour distraire l'ennemi. Il se souvient de la Grande Guerre, d'un débarquement similaire, à Gallipoli, et du carnage que celui-ci occasionna dans les troupes du royaume-uni. Il ne veut pas de vies sacrifiées inutilement et voudrait que le plan dirigé par le général étasunien Eisenhower soit revu.

Celui-ci, en accord avec les généraux anglais,
maintient que l'attaque prévue est le meilleur
moyen, risqué mais nécessaire,
attendre serait devoir affronter une armée qui aurait
eu le temps de se réorganiser.
Tout d'un coup Churchill se sent vieux, dépassé,
prisonnier d'une expérience inutile et de peurs qui
l'enferment. Son épouse le soutient, toujours
impeccable, souriante, mais déterminée. Elle sait
que plus tard serait être trop tard. Les nazis
pourraient disposer de nouvelles armes, se replier...
c'est maintenant !
Le premier jour prévu voit les conditions
météorologique empêcher le déroulement de
l'action, Eisenhower ordonne le repliement. WC
jubile, il prie pour que le lendemain il en aille de
même. Et c'est le cas, la pluie est là, violente,
empêchant tout décollage, toute protection de
l'infanterie par l'aviation et la marine. Mais une
accalmie est prévue. Nous sommes le 6 juin, et
l'Histoire se joue.

Qui savait qu'au dernier moment Winston Churchill
voulait empêcher le débarquement, lui qui avait
œuvré pour que tous les moyens soient mis dans
cette guerre s'effraie de ce qui pourrait arriver. Il
traîne avec lui la culpabilité des actes commandés
trente ans plus tôt avec des conséquences
dramatiques. Il est odieux avec sa jeune secrétaire,
avant de revenir à de plus justes sentiments, la
guerre l'occupe
continuellement et il semble ne pas prêter attention aux efforts de son épouse pour le soutenir, l'encourager, mais aussi l'aider à mieux comprendre la réalité du moment. Ce film s'étend sur ces quelques jours avant le 6 juin, période ou Churchill passe de la crainte à la prostration avant, évidemment, de se reprendre pour motiver son pays et ses troupes combattant sur le sol continental. Il permet, pour une fois, de rendre justice à Clementine Churchill, (Miranda Richardson) sans laquelle il aurait connu un destin moins glorieux. C'est sur elle qu'il faudrait réaliser un long métrage.
Le ''vieux lion'' est sûrement la personnalité
britannique du XXe siècle, Brian Cox l'incarne en
respectant l'idée que l'on s'en fait, oscillant entre
l'abattement et la combativité, prenant finalement
sur lui pour tenir son rôle et inscrire son nom dans
l'histoire du monde.
Tout est mal qui finit bien, il n'y a pas de suspens
sur ce qui va arriver et l'image du premier ministre
anglais, mais américain par sa mère, n'est pas
abîmée, au contraire.

