Jean-pierre Sinapi – 2000 – Arte

Dans la fourgonnette chante un petit groupe de handicapés revenant d'un pélerinage.

Dans le centre où sont ils sont hébergés la vie s'organise autour des difficultés des uns et des autres, problèmes entre eux mais aussi pour faire face à ses propres contraintes. Les soignants font ce qu'ils peuvent pour supporter les ''caprices'' et manies des uns et des autres comme aux mauvais caractères. Difficile métier que de comprendre ceux qui ne s'expriment que par un geste, un regard.

Les courses c'est tout un programme, les discussions aussi, principalement avec René qui joue à l'obsédé sexuel et martyrise ses aides comme les autres pensionnaires pour supporter son mal être. Le foyer est souvent en bute au voisinage qui le supporte à condition de ne pas en voir les résidents, surtout qu'ils évitent leur chemin privatif.

René veut du dessert, sa gaufre, il en profite pour insulter tout le monde, seul moyen, croit-il, pour exister et faire semblant d'oublier ses frustrations. Bien sûr qu'il se met tout le monde à dos, il le sait, mais il supporte mal sa situation, son désir qu'il ne peut pas soulager. C'est faire l'amour qu'il veut, en fauteuil c'est peu pratique, surtout qu'il rêve de femmes ressemblant à celles qu'il voit dans des films X. il veut une prostituée.

En toute discrétion dans une chambre une aide soignante rapproche les lits la nuit.
Julie est éducatrice spécialisée, elle est jeune et découvre les réalités du métier. En réunion d'équipe elle transmet la demande de René. Ses collègues sont mal à l'aise, la vie sexuelle des adhérents est un problème dont ils évitent de parler, rien n'est prévu, rien n'est organisé.

Cela n'empêche pas Julie de ne pas être insensible au charme du psy du foyer qui malheureusement est allergique aux chats.

René fait exprès de ne plus manger pour forcer la décision, s'il veut bien faire un effort, être moins désagréable et participer à la vie du foyer il aura ce qu'il veut. Bien sûr l'équipe soutient Julie dans son projet mais personne n'entend y participer. La jeune femme part donc en exploration pour trouver une ''professionnelle'' qui accepterait un client inhabituel et dont le véhicule permettrait le passage du fauteuil, pas question d'amener une de ces dames dans un lieu officiel.

Un autre problème se pose, juridiquement la situation est compliquée, Julie pourrait être accusée de proxénétisme et la directeur du foyer impliqué s'il y avait une plainte déposée.
Pourquoi attendre un certificat, une ordonnance pour du viagra ? Julie prend les choses en mains, du moment que René peut payer les 400 F demandés.

La première rencontre se passe mal, le fauteuil ne passe pas la porte, les rails sont trop larges. Ce n'est pas une raison pour renoncer !
Les choses avancent... et pas que pour les pensionnaires du foyer.

C'est vrai qu'il ne faut pas abdiquer. Vie sexuelle et handicap ne faisaient pas bon ménage, en France, à l'époque du film. Vingt ans après est-ce mieux ?


