Michel BUSSI – Presses de la Cité – 2010 
Trois femmes vivaient à Giverny. La première était méchante, la deuxième était menteuse, la troisième était égoïste. Elles habitaient des lieux différents, avaient des âges allant de 80 à 11 ans. Ces trois personnes avaient une chose en commun : partir de Giverny. Ce village si connu à cause des impressionnistes.
Une seule aurait cette opportunité, si les autres mouraient. Et c'est la plus vieille qui raconte cette histoire.
Jérôme Morval est allongé, la tête dans l'eau, d'une blessure du sang coule et se perd dans l'Epte. Neptune s'approche, renifle, mais sa maîtresse le fait reculer, il est tôt mais les touristes ne vont pas tarder. Les jardins sont si bien entretenus, impeccables, un temple sacré, une cathédrale... À 6 h 02 l'illusion est parfaite, la ''prairie'' de Monet mérite encore ce nom, quelques heures plus tard elle ne sera qu'un parking. La campagne n'est qu'un décor d'hypermarché !
Tout les habitants de Giverny connaissent Neptune, peu savent à qui il appartient.

Laurenç Sérénac est inspecteur, c'est lui qui commence l'enquête, d'abord en délimitant un périmètre autour du cadavre avec cette bande plastique que les amateurs de séries connaissent bien. L'agent Maury, du commissariat de Vernon, s'occupe des premières constatations. L'inspecteur Sérénac est le nouveau patron du commissariat de Vernon, sans être commissaire mais en sortant de l'école de police de Toulouse. Morval est un ophtalmologue parisien connu. Le crime ne fait pas de doute mais pourquoi après avoir frappé la victime l'avoir traîné dans l'eau puis frappé à la tête avec une grosse pierre, laquelle dut être apportée elle aussi. Conclusion : un triple meurtre sur une seule personne, d'abord le coup de couteau dans le cœur, la tête fracassée, la noyade ! Serait-ce une vengeance, un rituel ?
Pile à cet instant Neptune fait irruption et vient se frotter à Sérénac.
Reste à fouiller le cadavre. Mouchoirs, clés, portefeuille, normal. Le carton extrait de la poche intérieur de la veste, une illustration des ''Nymphéas'' avec écrit au dos ONZE ANS. BON ANNIVERSAIRE, et en dessous : Le crime de rêver je consens qu'on l'instaure.
De sa fenêtre la vieille dame regarde les policiers, les badauds, se demandant si elle dois parler aux flics. Peut-être, mais pas tout de suite. Elle doit attendre d'être veuve complètement. Son mari agonise à l'hôpital, elle-même, se regardant dans la glace, peut se demander si elle est encore vivante. Avant de sortir elle redresse légèrement un tableau, ses ''Nymphéas'', en noir. En attendant d'aller rendre visite à ce qui reste de son époux elle se promène dans les rues, certaines que personne ne la remarquera.

Sérénaç et Sylvio Bénavides, son adjoint, tracent le portrait de la victime, un natif du coin qui y revint après avoir ''réussi'', avec deux passions dans la vie, la peinture qu'il collectionnait, rêvant d'acheter un ''Nymphéas'' et les femmes dont la rumeur dit qu'elles lui résistaient peu. Ce second point est une source de criminels possibles. Surtout le mari, jaloux, de sa dernière cible, l'institutrice du village. C'est le moment de rendre visite à la veuve, Patricia. Elle ne sait pas grand chose, et surtout pas à qui s'adressait la carte trouvée dans la poche de son époux. L'inspecteur se rend à la sortie de l'école, regarde sortir les enfants, puis remarque Stéphanie Dupain, debout devant la porte.
Elle est aussi belle qu'on le lui a dit et le policier n'est pas insensible à autant de fraîcheur, d'innocence apparente, c'est elle qui lui apprend que la phrase écrite au dos de la photo vient d'un poème d'Aragon : Nymphée. En revanche elle affirme qu'il ne se passa jamais rien avec le médecin.
Alors qu'elle attend la fin de son mari la vieille se dit qu'il met trop de temps à clamser. Débrancher les perfusions l'aidera. De son côté l'inspecteur regarde des photos, reçues anonymement, du mort en galante compagnie, y compris celle d'une jolie institutrice dont le mari, Jacques Dupain présente les qualités nécessaires pour faire partie des premiers suspects. C'est peut-être pour cette raison que Sérénac craint un drame dont la jeune femme serait la victime.

Tout le village, ou presque, est là pour assister à l'inhumation de Morval, du bon côté du cimetière, celui des vedettes, des riches, celui où repose Monet. En haut, loin, côté peuple, c'est le mari décédé d'une vieille femme du village qui est inhumé, sans que quiconque y prête grande attention. Elle regarde en se disant qu'un autre drame pourrait arriver à Giverny. Bientôt !
D'ailleurs, elle connaît le nom de l'assassin de Morval, du moins l'affirme-t-elle à Patricia.
Et si elle disait vrai ? Si l'assassin de Jérôme était bien...

Qui a tué Jérôme, qui est cette vielle ''sorcière'' qui observe un monde qu'elle méprise mais utilise ? Que va-t-il advenir de la si belle institutrice ? Tout cela, et le reste, et la solution, surprenante, de l'énigme, vous le saurez en lisant ce roman de Michel Bussi, le premier que je lis de cet auteur. Si vous aimez Giverny, si vous avez envie de vous promener dans les ombres d'un décor que Monet n'avait pas imaginé, alors ce roman est fait pour vous, il semble si simple, si facile à suivre, que vous aussi vous perdrez.

