- Peux-tu te taire un moment que je puisse penser ?
- Mais je n'y suis pour rien, répondit la girouette, c'est le vent qui me fait tourner, la pluie qui me fit rouiller, et la pingrerie de mes propriétaires qui les retient de me graisser le pignon. Adresse-toi à Éole, c'est lui le responsable, lui qui s'amuse avec moi.
- Alors prends-t-en à celui qui a eu l'idée de ce dialogue improbable et au manque d'imagination de l'auteur de ces lignes qui ne sait pas comment s'en sortir, lui aussi est rouillé et son humour grinçant.
- Ce qui est sûr c'est qu'il ne pourrait pas porter une belle robe bleue, comme moi.
- Ça lui irait bien pourtant. Je l'imagine...
- Non, arrête, quelle horreur, ni bleue, ni rouge, ni blanche, aucune ne saurait lui aussi sinon celle, de bure, du condamné.
- En deux mots, siffla le coq oxydé.
- Il le sait mieux que personne, mais voilà Éole qui refait des siennes, des nuages arrivent chargés de pluie qui me...
la robe bleue du ciel disparut dans un éclair et la girouette esseulée grinça sa solitude que l'orage ne pouvait combler.

