Je suis dans un désert psychique où chaque phrase est une envie de mirage, chaque apparition un désir d’oasis où m’abreuver. Combien de fois au lieu d’eau ai-je senti ma bouche emplie de sable brûlant ?
Tant pis si ce sont les bras putréfiés de la folie qui se referment sur moi. Nos enfants pourraient êtres viables, eux !
Sur le moment l’angoisse fait couvercle.
Qu’espérer après avoir connu tant de moments intenses, d’avoir approchés les feux de l’Enfer pour en revenir, sinon vivant du moins lucide ?
Je sécrète des anticorps dissolvant la réalité.
Dois-je déchirer cela pour regarder autour de moi, trouver un amour au goût de réalité ou tout abandonner pour me consacrer à cette œuvre en forme de puits ?
Si l'intelligence est parfois diabolique la bêtise est rarement angélique.
La pierre que vous voulez apporter à la psychiatrie sera tombale.
Les sombres profondeurs du psychisme sont attirantes mais espérer y survivre par le raisonnement et le savoir est illusoire.
L’amour, humain, est une cage instinctuelle dont j’ai déjà parlé, une geôle d’émotion, de comportements, de pensées qui tournent en rond dans un quotidien rassurant de banalité, je n’ai pas eu à en sortir puisque jamais je n'y fus enfermé.
Mes rêves gisent derrière-moi, illusions estompées, la démence m’accompagne, fidèle comme un chien dont les crocs sont émoussés.
Je suis au sommet du Golgotha où je fus crucifié mais sans y avoir perdu ni ma vie ni mon esprit, enfin, à ce qu’il semble !
D’autres textes patientent dans mes doigts, dégagés de la sauvagerie je sais qu’ils n’en seront que plus violents, tranchants d’une réalité infaillible prédatrice !
Et je sais de quoi je parle ; et je, c’est de quoi je parle !
Comment vivre en percevant autour de soi une telle immensité et en soi cette complexité ?

