Dans sa mare, à bout, la grenouille s'agitait,
Regardant autour d'elle les cloques faites par les gouttes,
Aucune ne donnant l'heure savait-elle qu'il était
Temps d'aller rechercher le colis de la redoute ?
Le batracien la veille apprenant que s'écoule
Le flux intemporel des lendemains dicibles
Avait commandé sur le net un gnomon en boule
Pour oublier qu'ça pique l'avenir impossible.
Futés, vous lui direz : ''Quand le temps est pourri
Aucun cadran solaire n'aura d'utilité !''
Ce à quoi l'animal, quoique pas rat sourit,
Avant de rétorquer, saisi d'hilarité :
''N'avez-vous pas vous-même dans la tête un cerveau,
Conglomérat humide de cellules et d'axones,
De dendrites épuisées à patauger dans l'eau
De vos pensées qui lentement asphyxient vos neurones ?
Vous rationalisez, vos besoins, vos désirs,
Voulez tout définir par des mots, des formules ;
Comme à Gravelotte vont tomber et puis mourir,
Espoirs et illusions, vos parures ridicules.''
La grenouille est ainsi, d'une franchise qui
Vaut que écoutiez et suiviez son avis.

