Neil Jordan – 2018 – 98'

Frances McCullen est jeune, jolie, un peu naïve, aussi quand elle trouve un sac dans le métro n'hésite-t-elle pas à le rapporter à sa propriétaire parce qu'elle ne put le laisser aux bureaux des objets trouvés malheureusement fermés.

Là elle est est accueillie par Greta Hideg qui l'a fait entrer, sympathise avec elle, lui raconte sa vie, son mari décédé, sa fille partie étudier à Paris et la solitude qu'elle supporte difficilement. La jeune femme lui suggère d'adopter un chien. Greta refuse d'abord puis finalement accepte mais demande à Frances de l'accompagner, ce que la jeune femme accepte avec plaisir, ainsi Greta choisira-t-elle l'animal promis à l'euthanasie la plus proche.

Frances vit difficilement la disparition de sa mère, elle s'est éloigné de son père depuis et vit à New York dans un loft que possède sa meilleure amie aussi peut-elle voir dans Greta une mère de substitution, celle-ci n'est-elle pas séparée de sa fille depuis longtemps ?

Bien que son amie Erica lui fasse remarquer qu'elle fréquente un peu trop cette femme Frances n'y voit rien d'anormal, jusqu'au jour où elle va trouver dans un placard plusieurs sacs identiques, chacun portant un nom et un numéro de téléphone. Pas de doute il s'agit bien de pièges destinés à faire venir à elle des personnes parmi lesquelles elle peut choisir les plus fragiles.

Frances veut mettre un point final à leur relation mais Greta ne l'entend pas de cette oreille et ne cesse de la harceler, aussi bien par téléphone que sur son lieu de travail, jusqu'au moment où elle cause un tel scandale qu'elle est internée, temporairement. Frances ne voit plus comme solution que s'éloigner en espérant que Greta reporte son besoin d'affection névrotique sur quelqu'un d'autre.
Sur les conseils d'Erica Frances essaie de rompre en douceur mais il n'est pas dit que Greta soit d'accord, ni même qu'elle soit la première à lui avoir rapporter son sac. Enquêtant sur sa fille elle apprend que celle-ci n'est pas à Paris mais six pieds sous terre, après s'être suicidée suite aux mauvais traitements que lui aurait infligée une mère plutôt hongroise que française.
Heureusement il le départ s'approche.
Encore qu'il ne soit pas dit que la destination accueillant Frances soit celle qu'elle espérait.

Isabelle Huppert semble s'amuser à composer ce personnage qui affecte l'amabilité et la gentillesse mais dont la folie est toujours prête à s'extérioriser, après tout les autres ne sont-ils pas là pour faire ce qu'elle veut, pour lui tenir compagnie, le temps de la lasser, pour être remplacé par quelqu'un d'autre ?
Un bienfait est toujours puni dit-on, à juste titre. Si vous trouvez un sac à main dans le métro contentez-vous de prendre l'argent qu'il contient et, à la rigueur, de le rapporter à un employé, surtout ne le ramenez pas à sa propriétaire.

Une malle c'est grand vu de l'extérieur, beaucoup moins vu de l'intérieur.

