À l'instar des Entretiens de Confucius le Mencius renferme des entretiens entre Mencius lui-même et les princes qu'il rencontra au long de ses pérégrinations dans la Chine du IVe siècle avant notre Ère. Héritier 'orthodoxe' de Confucius, il étudia auprès d'un disciple du petit-fils de ce dernier, prônant que l'homme naît avec un sens moral que seules les circonstances lui interdisent d'exprimer. En cela il s'oppose à Xun Zi, autre héritier de Confucius, et à Lee Rony, dont l'histoire ne retiendra pas le nom malgré son grand mérite. La connbonté humaine étant fondée sur les quatre vertus cardinales : humanité, intégrité, respect des rites et sagesse (que des mots dont je viens de découvrir le sens dans le grand dictionnaire de l'Académie.
Dans son traité Mencius recommande la mesure en chaque chose, punir le moins possible, ne pas lever d'impôts trop lourds, veiller à ce que chacun dispose d'un toit et des moyens de se nourrir. S'il revenait j'imagine sa déception, mais l'espoir meurt de devenir réalité.
Plus important, le respect dû aux ainés et aux supérieurs, les uns et les autres devant être exemplaires.
Parler d'utopie serait anachronique, dans les faits, et trahissant la pensée de Mencius comme de Confucius, ces principes pouvant justifier un féodalisme peu 'humaniste'.
Qui perd ses poules ou son chien sait partir à leur recherche, pourquoi ne pas faire de même pour le sens du bien égaré ?
Dépassant la simple organisation sociale Mencius recommande le retour sur soi sans méconnaître les difficultés que le contexte pouvait présenter et 'pervertir le cœur' de l'être humain. Se fortifier par l'épreuve, faire fructifier ses talents, accomplir son devoir au risque de sa vie ; fixer des critères stricts, encourager l'initiative, mettre tout son cœur, sa volonté et son attention dans l'étude ; adapter l'enseignement aux compétences de chacun (même les vôtres !), dire en termes simples les choses profondes ! Voici les règles de base de Mencius, une conception de la pédagogie encore d'actualité, pour autant qu'elle ait jamais été mise en œuvre dans notre pays. Je parie que les profs qui tentèrent de m'inculquer diverses notions de ceci et de cela n'avaient pas lu Mencius et ne disposaient pas de sa capacité de rendre compréhensible les choses complexes, ils excellaient dans le contraire.
Confucius et Mencius forment un tout cohérent, lisez les deux, ou faites semblant.
Né en -372, Mèng Kē 孟軻 (Zǐ signifiant là encore maître) mourut en -289. De son vivant sa gloire fut immense, à l'image de Kǒng Fūzǐ son nom fut latinisé, je doute que l'un et l'autre retrouvent jamais chez nous leurs authentiques patronymes.
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