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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 07:04

Il n'y a pas que la madeleine de Marcel ! Parfois un son donne le là d'une quête à laquelle on ne s'attendait pas. Ainsi deux tasses de thé s'entrechoquant lors d'un voyage en train.

Quelle destination plus attractive et inquiétante qu'une montagne, ce lieu idéal où les époques restent visibles, où les origines ont laissé des traces qu'un esprit ouvert peut encore découvrir, lire, comprendre, celles de l'homme ou de la Chine, où la vérité guette celui qui osera la découvrir, où la sagesse dort sous un voile de poussière de n'être plus confondue avec le renoncement, où l'enfance ignore qu'elle n'est qu'un spectre adorée par des fantômes.

''Je'' parle, ''je'' voyage, ''je'' est le narrateur qui dans les années quatre-vingt fuit pékin et cherche la Montagne de l'Âme. Combien de merveilles sont là, d'espoirs et d'illusions. Existe-t-elle dans la réalité où n'est-elle que l'expression d'une vérité intérieure qu'il faut esquisser pour pouvoir l'atteindre ?

C'est un long voyage, utilisant toutes les formes de déplacements pour remonter le courant de son âme comme on remonterait le fleuve du temps en sachant sa source inaccessible.

Je n'est pas seul, parfois 'tu'' le remplace, comme en contrepoint. Un seul narrateur en deux voix pour donner du relief à une excursion à travers le monde qui nous emporte, parlant histoire et philosophie, magie et littérature. Ces deux dernières, et l'auteur nous le prouve, s'entendant comme larrons en foire sur un manège qui nous renverse sans jamais nous donner envie de gerber.

Exploit !

 

Gao Wingjian lâche la bride sur le cou de son imagination pour un roman enchevêtrant les formes, accumulant les situations sans jamais parvenir à nous perdre ni à nous lasser, des phrases en instruments d'une symphonie lyrique.

Une excellente porte d'entrée dans la littérature chinoise contemporaine qui confirme le talent de Gao et valide le prix Nobel qu'il a obtenu en 2000, dix ans après la rédaction de ce texte, pour la France. Le coq gaulois peut chanter, avant de finir dans un potage avec des vermicelles.

 

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