S'étendant, officiellement, de 220 à 265 la période des Trois Royaumes évoque la fin de la dynastie Han et l'accession au pouvoir de la dynastie Jin. À cette époque s'affrontent les royaumes de Shu (蜀), de Wei (魏) et de Wu (吳).
Symbole de déliquescence puis de résurrection ce texte structure la pensée historique du peuple capable de se ressouder face à l'adversité.
Rédigée au XIVe par Louo Kouan Tchongd'après les textes de Chen Shouet de Pei Shongzhice roman démarre vers 180 pour nous montrer par le détail les causes de l'effondrement des Han. 265 étant la date officielle de l'instauration de la dynastie Jin.
À la fin du IIe siècle la cour est minée par des intérêts personnels, ceux des eunuques et des grandes familles (ab)usant du pouvoir pour se remplir les poches au détriment du peuple en profitant de l'incurie de l'autorité impériale.
Le peuple finalement se révoltera sous l'instigation de Zhang Jiao, qui profitera brièvement de son succès, Lü Bu, son fils adoptif, l'assassinera (César n'est pas loin !). Parallélement un général du nord Cao Caoprofite de la situation pour établir sa suprématie régionale avant d'éliminer Lü Bu, il sera le chef du royaume de Wei, face à celui de Wu, dirigé par Sun Quanet celui de Shu de Liu Bei. Quelques petits royaumes tentèrent d'exister, si brièvement qu'il est inutile de les citer ici.
Tout est en place pour une période chaotique source de ce chef d’œuvre dont faire le résumé est impossible tant il est complexe et fourmillant de faits comme de personnages dominés par quelques chefs qui entraineront leurs peuples derrière eux sans que leurs héritiers possédassent les mêmes qualités, ce qui explique que leurs réalisations ne purent perdurer et que, finalement, Sima Yan, ''héritier'' du royaume du nord de Cao Cao, pu prendre l'ascendant, vaincre ses adversaires et ressouder la Chine en 280.
Si vous aimez le cinéma vous pouvez voir le film de John Woo, dans sa version longue : Les Trois Royaumes,il évoque la bataille de la Falaise rouge durant l'hiver 208 qui vit la victoire de Pang Tong, stratège de Liu Bei, face à Cao Caodont les troupes étaient largement supérieures en nombre et l'armada bien plus importante. L'histoire prouva par la suite que le plus fort perd souvent face à l'intelligence, et un peu à la magie ici, le vent obéissant à la demande de Zhuge Liang, conseiller de Liu Bei,de souffler dans le bon sens, pourtant inhabituel à cette époque ! Si la falaise était rouge ce n'était pas à cause du minerai la composant mais l'effet des flammes consumant les bateaux de Cao Cao.
Un ouvrage à placer aux côtés de l'Iliade, du Bhagavad-Gîtâet de quelques autres. Maintenant si vous préférez le dernier bouquin de … ou de … tant pis pour vous !


