Après les Entretiens, le Mencius et la Grande Étude, voici l'Invariable Milieu, quatrième et dernier des Quatre Livres, base incontournable pour qui veut risquer un œil sur la culture Chinoise.
N'oublions pas que la Chine est aussi, voire d'abord, l'Empire du Milieu, le refus des extrêmes et la quête de l'équilibre, vous penserez qu'il s'agit là d'un vœu plus que d'une réalité, j'abonderai dans ce sens, mais la valeur du chemin n'est-il pas, d'abord, dans le désir de le suivre ?
Pendant que vous méditez (je rigole!) je citerai ce passage de la note 241 du Li Ki soulignant que ce traité incite sur le maintien de l'équilibre et l'harmonie des passions, restant équidistant des excès. Une position que j'essaie d'adopter afin de mieux observer les limites, sachant qu'à se trop rapprocher de l'une on perd la notion de l'autre. C'est sans mérite que j'occupe cette position, la tenant sans volonté, consciente, de le faire.
Lisons l'avertissement que nous donne Tchou Hi : ''On appelle milieu ce qui n’incline d’aucun côté, et constant ce qui ne change pas. Le milieu est la voie droite pour tour les êtres, et la constance est la loi invariable qui les régit. Ce traité contient les enseignements moraux donnés de vive voix par Confucius, et transmis par son école. Tzeu seu, craignant qu’avec le temps l’erreur ne s’y mêlât, les a consignés par écrit. Ils sont ainsi parvenus à Meng tzeu. L’auteur, au commencement, parle d’un principe unique ; dans le corps de son livre, il le développe et traite de tous les êtres ; à la fin, il ramène tout à ce principe unique. Quand il le développe, il embrasse tout l’univers ; quand il se renferme dans des considérations générales, il se plonge dans les mystères les plus profonds. La saveur de sa doctrine est inépuisable ; dans tout le livre, cette doctrine est solide. Le lecteur intelligent la médite, cherche à la comprendre ; et, quand il y est parvenu, il la met en pratique toute sa vie ; elle est un trésor inépuisable.
33 articles, 24 pages, dans l'édition numérique reprenant la traduction de Séraphin COUVREUR, et l'impression après la lecture de l'ambition d'atteindre une inaccessible (heureusement!) perfection. Dans la vision de Confucius, les choses doivent être à leurs places, les gens se satisfont de leurs situations sans mépris pour ceux situés en dessous d'eux, sans jalousie pour ceux qui sont au dessus, mais comme le dit le philosophe : Je sais pourquoi la voie du milieu n'est pas suivie : les hommes instruits la dépassent et les ignorants ne l'atteignent pas. Je sais pourquoi la voie du milieu n'est pas comprise : les hommes vertueux vont au-delà et ceux qui sont sans valeur ne l'atteignent pas.
Cette simple phrase permet de comprendre la véritable, à mon sens encore qu'elle put être peu consciente, pensée de Maître Kong : la voie du milieu est large, la réduire sent l'étau politique ou religieux, heureusement le confucianisme échappe à cette appellation vulgaire autant que grégaire.
Une pensée confucéenne pour conclure : Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je ne veux pas le faire aux autres.
L'inverse est-il vrai ?
Y a-t-il plus terrifiant que l'ordre et la paix dominant l'univers ?
Une lecture dans le cadre du
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