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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 06:07

Le cheval de Turin est le dernier film de Béla Tarr, c'est lui qui l'affirme, épuisé par son travail et surtout les difficultés pour trouver le financement d’œuvres difficiles, comme si une œuvre qui fut facile mériterait ce titre !

Je veux bien prendre le pari que jamais vous n'avez vu un film de ce réalisateur, aussi mal distribué que peu médiatisé. Il m'étonnerait qu'il passe jamais un dimanche soir sur une chaîne aussi bien privée que public à une heure de grande écoute.

Bref, je m'égare.

L'argument de départ du film est ce matin du 3 janvier 1889 où Nietzsche, alors résident turinois, intervient pour protéger un cheval que son cocher frappe. Le philosophe serre l'animal dans ses bras dans un grand élan de compassion que nul sapiens n'aurait mérité Jamais plus il ne retrouvera la raison.

Cette anecdote est rapporté par une voix off qui précise que nul ne sait ce que devint le cheval, on peut néanmoins supposer qu'il est mort depuis. De Friedrich il ne sera pas question par la suite, mais quelle importance ?

Image en noir et blanc, le brouillard hivernal envahi l'écran autant qu'une campagne en sort une voiture à cheval s'approche et convie le spectateur à la suivre dans un monde étrange et imprécis évoquant un passé reparu comme si le temps, plié sur lui-même, nous montrait une époque dont il est impossible de s'échapper. Comme Nietzsche emporté par la démence, probablement l'unique refuge accessible pour qui voit lucidement le monde. Compréhensible donc que l'invitation de monter à bord de cette diligence m'ait été impossible à refuser. Le philosophe fut-il par son geste transporté vers une animalité reposante ? Puisque je pose la question il me plaît de lui apporter une réponse positive ; la réalité vaut-elle que l'on désire la comprendre et ce désir est-il le fruit de la volonté, de la conscience où le fait d'une malédiction ayant la démence pour échappatoire ?

Dans ce film on peut penser que l'apocalypse a déjà eu lieu, que l'après ressemblera à ça, que c'est inévitable...

Qui sait si même ce n'est pas déjà commencé !

La nuit tombe et le jour ne reviendra jamais vraiment, les survivants sont plus des fantômes que des vivants et quand s'ouvre une fenêtre sur l'espoir c'est le temps d'un souffle. Les jours se suivent et se ressemblent comme ceux de n'importe quelle existence, la vôtre, la mienne... qui feint de ne pas s'en rendre compte en allumant sa télé.

 

La vérité est crue, elle est froide, grise et pleine de crocs. De cette morsure vous restera quelques cicatrices si votre peau est encore sensible.

 

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 06:07

Le cinéma coréen pâtit longtemps de graves difficultés économiques et politiques, après la guerre pourtant il profita d'une période de calme pour qu'accède une génération entière à ce mode d'expression.

Le coup d'état du général Park Chung-hee (père de l'actuelle présidente) mit fin à cette décennie riche et inventive sur laquelle je reviendrai dans l'avenir.

Il faudra attendre la fin des années 80 pour qu'en Corée le cinéma retrouve sa liberté et sa créativité.

Shiri (쉬리Swiri) en 1999 fut le premier film d'action à gros budget du nouveau cinéma coréen et connut un immense succès dans son pays comme en Asie.

En 1992 un commando nord-coréen sous la direction de Park Mu-young pénètre discrètement au Sud dans le but de perpétrer de nombreux attentats afin de provoquer une nouvelle guerre pour réunifier le pays.

Parallèlement Yu Jong-won et Lee Jang-gil pourchassent Bang-hee coupable de nombreux assassinats de savants mais qui semble avoir disparue depuis quelque temps. Le premier, Yu, vit avec Yi Myung-hyun, ancienne alcoolique et propriétaire d'un magasin d'aquariums et poissons. Le titre du film évoque les Coréoleuciscus splendisus, appelés usuellement swiris, espèce emblématique de la péninsule coréenne.

Yu et Lee vont apprendre que les nord-coréens sont entrés en possession du CTX un nouvel explosif liquide indétectable et d'une grande puissance sous un faible volume. Ce qui est bien pratique.

Or un important événement va avoir lieu, une rencontre entre les deux Corée pendant un match de foot, qu'un attentat ait lieu à cet instant semble l'idéal pour raviver un conflit qui n'est qu'assoupi.

Le suspens n'est pas bien grand quand au succès du commando, l'important c'est l'affrontement entre Park et Yu, une revanche en fait puisqu'ils se croisèrent des années plus tôt lors d'un autre attentat dont Park avait pu sortir vivant. Le premier joue avec le second, l'avertit que plusieurs bombes vont êtres placées dans Séoul et qu'il le préviendra 30 minutes avant. Manœuvre dilatoire finira par comprendre le second pour que les efforts de la police et des forces spéciales se portent sur la recherche de ces bombes et pas sur ce qui se passe dans le stade olympique.

Comment se fait-il que les terroristes semblent au courant de la progression de l'enquête, sont-ils avertis, et dans ce cas, par qui ?

La ''guerre se sécession coréenne'' fait le bonheur des scénaristes depuis longtemps, souvent pour le meilleur, aussi bien au cinéma qu'à la télévision dans des séries qui malheureusement n'arrivent jamais sur nos écrans. Heureusement il est possible de les voir malgré tout.

Une nouvelle génération s'impose dans ce film, Choi Min-sik, Song Kang-ho par exemple que l'on reverra régulièrement par la suite, mais aussi Kim Yoon-jin célèbre pour son rôle de Sun dans la série américaine Lost.

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 06:07

Une histoire d'amour est-elle destinée à durer toute la vie ? Vous penserez que oui si votre taux d'hormones ne varie pas et que vous êtes satisfait de savoir que demain sera comme hier.

Pour faire un film, même mauvais, il faut postuler que quelque chose va arriver sinon le public quittera la salle, preuve que même si vous êtes dans le premier cas vous pouvez désirez autre chose. La cage de l'habitude vous enferme, rassurez-vous, vous la quitterez un jour.

Justement l'homme (les personnages, comme les lieux, n'ont pas de nom) que nous voyons ici était heureux, croyait-il, quand il s'est marié, il l'est resté quand il a eu un enfant... maintenant pourtant il quitte la maison le soir pour aller rejoindre une femme de la ville, une promotion pour lui qui n'a jamais quitté sa campagne, et passe la nuit avec elle. Mais pour celle-ci ce n'est pas suffisant, elle veut l'homme complètement et lui suggère que sa femme pourrait ne plus être là, qu'elle pourrait se noyer.

L'homme refuse, il ne peut pas faire ça, il ne peut pas... pourtant il va emmener son épouse faire un tour en barque sur le lac tout proche... tuer n'est pas si facile, ce peut être le moyen de se retrouver, de croire que tout est possible de nouveau.

L'aurore fait partie des meilleurs films de l'Histoire du Cinéma. À en lire le résumé ci-dessus vous pouvez en douter, vous dire qu'il n'y a rien là que de plus banal. C'est la force de Murnau de partir d'une histoire somme toute banale pour en faire une œuvre romantique, symbolique, esthétique et parfois même drôle.

Romantique par le tragique d'une histoire d'amour qui ne peut que mal se terminer (vous avez raison de préférer la médiocrité!) ; symbolique parce que le mal venu de la ville empoisonne une campagne représentant les ''bonnes'' valeurs ancestrales comme la nuit est le siège des tentations que le jour écarte ; esthétique par le travail de réalisateur sur le cadrage, les déplacements de caméra, le contraste, les surimpressions et flash-back ; drôle par quelques gags disséminés comme autant de remontées, temporaires, à la surface.

Rarement un cocktail filmique aura été aussi réussi que celui-ci, là où tant de réalisateurs échouent à associer une paire d'ingrédients Friedrich-Wilhelm Murnau construit une symphonie en quatre temps.

 

L'aurore est le premier film étasunien de Murnau qui malheureusement n'aura le temps d'en réaliser que 4 avant de décéder le 11 mars 1931 dans un accident de la route, il avait 42 ans.

 

L'aurore revient toujours, preuve que la nuit peut être pleine de promesses que le jour qui vient ne tiendra pas !

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 06:07

Han-gi déambule dans le centre ville de Séoul quand il aperçoit Him Sun-hwa, étudiante de bonne famille, assise sur un banc, sans un mot il s'approche et l'embrasse sans se soucier de la présence de la petite amie de la jeune femme qui va le repousser, le contraindre à s'excuser, Sun-hwa lui crachant au visage.

C'est le début d'une étrange relation entre les deux protagonistes du film de Kim Ki-duk. Désir de vengeance de Han-gi mais aussi obsession pour un homme qui semble ne plus voir la réalité qu'à travers celle qui va devenir sa proie, sa victime. La faisant accuser d'abord d'être une pickpocket puis la contraignant à se prostituer pour rembourser une pseudo dette. Ambivalence de ses sentiments qui le pousseront à la protéger malgré tout, en tabassant son premier client alors qu'il est responsable de sa situation.

 

Il va l'espionner, être l'homme derrière le miroir, payer pour dormir avec elle et s'excuser de ruiner sa vie, de la voler en fait pour combler le vide de la sienne. Le ver amoureux d'une étoile est un classique depuis Victor Hugo, plutôt que d'aller vers elle Han-gi trouve plus commode, il n'a pas le choix, de l'amener à lui. La déchéance n'est pas sans plaisir et l'odeur du réel vaut celle de fragrances couteuses et trompeuses.

Kim Ki-duk transforme Séoul en jungle fascinante et dangereuse où la rédemption est inaccessible, du reste personne ne la cherche. Le pêché est savoureux et toxique et Kim insinue que l'un ne va pas sans l'autre, les bons sentiments ne laissent dans l'esprit qu'un goût de cendres, dans une société coréenne se christianisant et s'américanisant il conserve son utilité. Il est souvent critiqué pour valoriser les rôles masculins mais pour qui regarde ses films de plus près c'est rarement vrai.

Comme d'habitude l'interprétation donne sa densité au film, Jo Jae-hyeon joue un Han-gi mutique et tourmenté et Seo Won une Sun-hwa équivoque et séduisante.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 06:07

Certains films dépassent le cadre simplement cinématographique pour devenir une œuvre véritable, un film-monde en quelque sorte qui demande au spectateur un effort mais en lui promettant en échange de grandes satisfactions. Un peu comme un pacte signé avec Satan, pour garder une analogie avec le titre du film de Bela Star. Vous et moi savons, mais surtout moi, qu'un tel pacte est souvent de la part du premier co-signataire une tentative d'escroquerie et de l'autre, aussi. Chacun veut gagner quelque chose sans s'acquitter de sa part du marché.

Avec Satan, le ''vrai'' il est difficile de sortir vainqueur.

Voyez votre écran comme une fenêtre, celle-ci s'ouvre sur une ferme collective quelque part en Hongrie, des gens vivent là depuis une époque qui semble immémoriale, mais nous savons que c'est faux, ils semblent n'être que des poupées sans âme ni psychologie manipulées par les conventions et leurs besoins. Pourtant rapprochons-nous, prenons le temps de les observer et nous découvrirons dans leurs gestes et attitudes, dans leurs regards et expressions une sourde angoisse qui pourrait être celle que ressentent les (autres) animaux alors qu'un séisme se prépare. Une innommable menace s'approche, indicible mais perceptible. Ici, c'est le retour de deux membres de la communauté, Irimias et Petrina, portés disparus et supposés morts.

Promesse ou menace ? Chacun voit midi à sa morte dit-on, ce qui est la première pour quelqu'un sera la seconde pour un autre. Si une personne gagne c'est qu'une autre perd n'est-ce pas ?

Parfois un film peut avoir, ou être, un esprit, avec ses doutes, ses errances, ses allers et retours dans le temps, ses craintes et impressions sans avoir à les formuler clairement. Une pensée se suffit à elle-même, vous savez ce que vous ressentez sans besoin de le verbaliser.

Du moins je l'espère, seriez-vous pas là sinon ?

 

Est-ce le Messie qui vient ou Satan, le tango pourrait être celui qu'ils dansent, si proches que les différencier est difficile, est impossible, si proches qu'ils en semblent indissociables.

Et sans doute le sont-ils !

Le sublime se passe d'effets spéciaux, ou spécieux, il suffit d'avoir le talent de Bela Star qui magnifie chaque chose, chaque plan, chaque instant. Sans oublier la musique de Mihàly Vig, par ailleurs acteur dans le film.

Peu de choses finalement mais si rares.

Un détail important, le film dure 7 h 30', installez-vous et vous comprendrez combien le temps est relatif, comme disait l'autre. C'est sans doute pour cela que ce film est sorti en France 9 ans après sa réalisation...

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 06:07

Jo Sang-gil est policier depuis longtemps, il élève seul son fils et sa fille, enquêtant sur le décès d'un homme trouvé carbonisé dans une voiture, il se trouve flanqué de Cha Eun-young, nouvelle à la criminelle en provenance d'une unité motocycliste. Les premières conclusions tendent vers le suicide et pour cette raison Jo ne voulait pas se charger de ce cas. À la morgue Eun-young découvre sur le corps une morsure, dans le sang diverses drogues et d'autres indices faisant pencher l'enquête vers le crime. Un autre corps découvert avec des traces de morsures identiques donne l'impression d'un seul tueur débutant une série.

Une enquête qui tombe à pic pour Jo qui voit là une opportunité pour gagner ses galons.

Les investigations vont porter vers Myeong-ho, ancien policier reconverti dans le dressage de chien dont la fille, consommatrice de drogue, fait le lien entre les victimes. De là à imaginer que les chiens sont les instruments de la vengeance de Myeong-ho il n'y a qu'un pas.

J'aimerais dire que les canidés sont les meilleurs acteurs du film mais les autres sont bien aussi, à commencer par la sublime Lee Na-young, qui n'est pas de ma famille et je le regrette, et Song Kang-ho, égal à lui-même, c'est-à-dire excellent.

Un film d'ambiance, nocturne et électrique qui au passage dénonce la misogynie toujours présente dans une société coréenne où les hommes voient d'un mauvais œil la concurrence féminine. Dommage que la fin soit décevante, contraintes commerciales obligent je suppose. Le film y aurait gagner en mordant.

Le réalisateur, Yu Ha (유하), débuta comme poète avant de se tourner vers le cinéma. Il obtint la reconnaissance avec A Dirty Carnival,un film de gangster visiblement inspiré des réalisations de Martin Scorsese.

Howling (하울링) c'est le titre original, est adapté du roman de la romancière japonaise Asa Nonami The hunter.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 08:09

Kang-do vit seul, son travail consiste à recouvrer des créances et, le cas échéant, à estropier les débiteurs. En effet chacun prend une assurance pour le cas, fréquent, où il ne serait pas en mesure de rembourser l'argent emprunté, 22 500 €, capital et intérêts, lesquels sont prohibitifs. Ainsi, pour récupérer l'argent, brise-t-il une jambe, coupe—t-il une main, suivant l'assurance prise. Pas question de bien ou de mal dans sa vie, il fait son métier comme il en ferait un autre, sans état d'âme, sans même d'âme, semble-t-il.

Une femme débarque dans sa vie qui prétend être sa mère, et c'est toute son existence qui s'en trouve bouleversée. Voilà qu'il s'humanise, est touché par un futur père heureux de perdre ses mains si cela lui permet d'obtenir l'argent dont son enfant aura besoin et quand une de ses victimes débarque pour se venger c'est sa ''mère'' qui le protège, lui le solitaire prêt à tout faire, tout risquer, n'ayant rien à perdre puisque n'ayant rien.

Cette femme est-elle réellement sa mère, et si oui, que cache-t-elle dans le frigo enfermé dans une boutique close depuis longtemps ? Pourquoi pleure-t-elle en l'ouvrant, sans que la caméra de Kim nous en dévoile davantage, du moins pas après seulement une heure de film. Ce serait trop simple, trop facile, avec ce réalisateur les choses ne sont jamais aussi simples.

Kim Ki-duk recevant le Lion d'or de la Mostra de Venise

Kang do se découvre fils, se découvre des liens, se découvre vivant et ce n'est pas ce dont il avait l'habitude. Au fond il n'était rien d'autre qu'une tortue dans une carapace d'indifférence. Avant, aurait-il imaginé fêter son anniversaire, planter un arbre pour enterrer en dessous sa mère quand elle mourra ?

La nature sur fond de béton s'extraie difficilement du minéral, être juste animal est déjà un effort, être plus, être mieux, tient plus du cauchemar que du rêve, de la crainte que de l'ambition.

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 06:07

Nous sommes dans un pays sans nom, un homme avance, vers son destin pourrais-je dire, plus simplement vers la salle de son exécution. Un flash-back nous montre ce qui semble être un accident, un chien mort sur la route, probablement écrasé par une voiture, un homme, son maître semble-t-il, l'empêche d'avancer, il jette le corps du chien sur le capot puis un pavé dans la pare-brise. Le conducteur sort, se jette sur celui qui vient de pulvériser la vitre, suivi de sa copine. Mal leur en prend !

Comme si le fait d'écraser un chien ne méritait pas la mort !

Il est attaché, une aiguille est enfoncée par une infirmière sourde dans son bras, elle servira à injectier le poison dans ses veines. Quelques gouttes de sang tombent sur le sol.

Enfin le prêtre arrive, tout est prêt, la procédure autorise le condamné à prendre la parole.

Ce qu'il fait, il parle, parle, parle...

Il est minuit, William Lamers se tait, le directeur de la prison veut lancer l'exécution mais celle-ci doit avoir lieu à la date prévue, or nous sommes le lendemain. Le processus est reporté à 20 h le soir même.

Sans le vouloir Lamers vient de trouver une faille dans le système, qu'il garde la parole pendant 4 heures et il prolonge sa vie des 20 autres.

Les médias attirés par la mort montent l'affaire en épingle, godtv peut battre ses records d'audience, la politique est impliquée également, les élections approchent et il est impossible de changer la loi, pour limiter le temps de parole par exemple, deux mois avant les élections, or celles-ci ont lieu dans 30 jours.

C'est le temps dont va disposer William, enjeu de la course entre les deux postulants au poste de gouverneur.

Lamers raconte donc sa vie, son frère mort trop jeune, sa mère qui le haïssait, les femmes qui le repoussaient, une existence qui le tenait par la main pour le conduire devant le bourreau.

Patrick Ridremont, scénariste, réalisateur et acteur principal, incarne une Shéhérazade moins féminine mais tout aussi impliqué dans son rôle, ces instants où, enfin, il peut exister, il cesse d'être rien pour presque devenir quelqu'un.

 

 

Qui sait ce que la télé réalité nous réserve, il se trouverait sûrement quelqu'un pour saisir cette opportunité d'avoir son quart d'heure, et plus, de célébrité, qu'elle s'éteigne avec lui serait sans importance.

Peut-être faut-il s’approcher de la mort pour donner un sens à sa vie, découvrir que la valeur de celle-ci n'est pas reliée à sa durée mais à la sensation de l'utiliser jusqu'à ce que la perspective ultime soit supportable.

Même l'oiseau quand il est libéré revient dans sa cage, c'est sympa de regarder au travers, de penser que la porte pourrait s'ouvrir, à condition qu'elle ne le fasse pas !

Une ambiance sombre, grillagée avec un brin d'optimisme, juste un, mais c'est mieux que rien. 

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 06:07

Adapté du roman de Boileau et Narcejac D'entre les morts, Vertigo met en scène John Ferguson, dit Scottie, policier souffrant d'acrophobie. Au cours d'une intervention, alors qu'il est paralysé, un collègue trouve la mort pour le sauver.

Quittant la police après cela il est contacté par un vieil ami, Gavin Elster, qui lui demande de surveiller son épouse dont il craint qu'elle ne mette fin à ses jours.

Il suit donc la jeune femme, jusqu'à ce qu'elle tente de mettre fin à ses jours en se jetant dans la baie de San Francisco. Difficile de résister au charme de Madeleine, il en tombe donc amoureux jusqu'à ce que celle-ci montant au sommet d'un clocher se jette dans le vide sans qu'il puisse la suivre, vertige oblige.

Un an plus tard, Scottie réapprend à vivre, par hasard il rencontre Judy dont la ressemblance aveces traits lui rappelle Madeleine est frappante, si ce n'est que cette dernière était blonde alors que la première est rousse. L'ayant séduite il la fait se teindre et s'habiller comme la disparue, jusqu'à ce qu'un soir elle porte un bijour dont il sait qu'il appartint à Madeleine. Dès lors il comprend avoir été manipulé, que la femme qu'il sauva et cru avoir laissé mourir était Judy et qu'il s'agit d'un meurtre perpétré par son ami qui avait parié qu'il ne pourrait pas accéder au clocher mais serait le parfait témoin de ce qui passerait pour un suicide.

Si vous n'avez jamais vu ce film je ne vais pas vous dévoiler la fin, ce serait dommage, encore que la connaître n'empêche pas de le revoir tant l'interprétation est parfaite, James Stewart bien sûr, et Kim Novak. Mieux qu'un film policier il s'agit d'une histoire d'amour étrange sur fond de fatalité. Bien qu'il ait reçu un accueil mitigé à l'époque, 1958) Vertigo est depuis classé parmi les meilleurs films de l'histoire du cinéma pour la maîtrise de sa mise en scène, les innovations apportés par Hitchcock pour faire partager au spectateur le vertige ressenti par Scottie, sa lenteur, relative, n'enlève rien au film, au contraire.

L'amusant est que Kim Novak fut lancée par Harry Cohn, si elle l'avait épousé, s'appeler Kim Cohn ne m'eut pas laissé de glace...

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 06:07

Mark 0'Brien a 38 ans, depuis longtemps il vit dans un poumon d'acier, conséquence de la polio qu'il contracta enfant et qui gommant ses muscles l'oblige à y passer le plus clair de sa vie, mais pas la totalité, avec un respirateur d'appoint et un(e) accompagnant(e) il peut sortir, observer les gens, parler, toujours en faisant preuve d'optimisme, d'intelligence et d'humour. Preuve que le handicap est une chose et la connerie une autre.

Poète et journaliste on lui propose un jour d'écrire un article sur la sexualité et le handicap, or s'il connait très bien le second, la première lui est totalement inconnue.

Aux États-unis le statut d'assistante sexuelle existe, c'est donc ainsi qu'il va essayer de perdre sa virginité en faisant passer une petite annonce :

''Homme, 38 ans, cherche femme pour relation amoureuse, et plus si affinité. En revanche paralysé... Amatrices de promenades sur la plage s'abstenir...''

Mark va donc rencontrer Cheryl Cohen Greene, le deal est simple : ils vont se rencontrer six fois, six sessions, pour que Mark parvienne à son but, la polio n'étant pas une forme de paralysie il n'est pas impuissant.

Être diminué musculairement n'empêche pas les sentiments, loin de là, cela rend en revanche les rencontres plus difficiles. Quand il va tomber amoureux d'une assistante et lui proposer le mariage celle-ci va renoncer, elle l'aime mais n'est pas amoureuse... C'est ballot ! Mark découvre la sensualité autant que la sexualité et l'amour finalement. Cela dit pour profiter de tout ça la polio n'est pas indispensable.

  Rien de voyeur dans ce film, ce qui n'empêche pas de profiter de la plastique de Helen Hunt, mais la trajectoire chaotique d'un homme qui veut profiter de la vie malgré tout et démontre que c'est possible quand bien des gens valides ne se rendent pas compte qu'ils vivent dans un carcan, qui pour être de compromissions et de lâchetés plutôt que de fer, n'en est pas moins une prison.

Une leçon de vie, pour reprendre une expression éculée, basée sur l'histoire vraie de Mark O'Brien (1949-1999), auteur de nombreux poèmes, d'une biographie intitulée : How I Became a human Being : A Disabled Man's Quest for Independance ; et de nombreux articles dont ''On Seeing a Sex Surrogate'' dont The Sessions est l'adaptation.

Pas de ''numéro'' d'acteur ici mais beaucoup de finesse et d'élégance, c'est dire si ce film risque de passer inaperçu, raison de plus pour que j'en parle et vous incite à aller le voir, si vous préférez la m... regardez la télé !

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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