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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 07:52

Chaque matin Ila prépare le repas de Rajeev, son mari. Elle le place dans une lunch box et envoie celle-ci par porteur jusque dans l'entreprise de son époux. Le système est impeccable et l'erreur impossible.

En principe.

Justement le grain de sable va se glisser dans un rouage infime et le repas destiné à l'un va arriver à l'autre, en l’occurrence Saajan Fernandes, comptable veuf qui va prendre sa retraite dans un mois.

Ila fait de son mieux et pense que l'estomac est le chemin qui conduit au cœur d'un homme. Ce qui est souvent vrai, mais puisque son mari ne reçoit pas ses préparations et qu'il ne manifeste plus aucun intérêt pour elle cela ne la dérangera pas quand elle comprendra qu'un autre profite de ses recettes. Mieux, elle va lui écrire en glissant une lettre dans un des étages de la box.

Fernandes est étonné que son repas soit si bon et va complimenter le restaurant qui s'en occupe d'ordinaire, il va être surpris en comprenant son erreur quand il lira la missive qui fait office d'apéro. Pourquoi ne pas entrer dans le jeu et répondre, puisque la boîte repart l'après-midi afin de recommencer le même voyage chaque jour.

Petit à petit chacun va raconter ses secrets à l'autre aidé par l'anonymat, évoluer dans la vision de sa propre vie. Quoi de mieux que la raconter pour en prendre conscience. Pour Ila c'est l'évidence que son mari est infidèle, qu'elle est malheureuse, prise par le ménage, la cuisine et sa voisine du dessus qui s'occupe depuis 15 ans de son mari comateux, et voudrait être ailleurs, loin. Le Bouthan semble parfait, sa fille le lui a dit ; pour Fernandes c'est l'amitié qu'il tisse peu à peu avec celui qu'il doit remplacer, lui le vieux misanthrope, prisonnier de son travail, de son trajet, d'habitudes qui forme le couloir dans lequel il évolue depuis la disparition de son épouse.

Un point de départ simple, une relation ''improbable'' entre deux êtres trop différents, en apparence, et la démonstration que l'Inde évolue, que les traditions ne sont plus, toujours, une prison, prise entre le passé et ses poncifs et l'avenir qui s'offre, qui s'ouvre, auquel il suffit de croire pour qu'il devienne accessible.

 

Beaucoup de saveurs et de finesse dans ce film. J'attends qu'un livreur sonne à ma porte vers midi...

 

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 08:45

Mathilde Seigner est l'interprète idéale de Nina, une femme amoureuse et qui imagine que Gérard, son amant l'est aussi. Or il vient juste de décider de rompre avec celle-ci dont il sent qu'elle va devenir envahissante, pour ne pas dire collante, surtout pour un homme dont le passe-temps est la séduction, n'a-t-il pas quatre ''copines'' en cet instant ?

Malheureusement, sinon il n'y aurait pas de pièce, un grain de sable s'est insinué entre la décision de Gérard et l'arrivée de Nina : la survenue du mari de cette dernière avec une arme et l'intention de s'en servir pour laver son honneur.

Surprise, l'amant ne lutte pas, ne supplie pas, au contraire, il trouve cela normal et attend tranquillement le projecteur salvateur. Qui ne viendra pas, bien sûr, nous sommes dans une comédie et pas un drame.

Il y aura bien un coup de feu mais il sera malencontreux et le mari et l'amant vont finir par se comprendre, par s'entendre. C'est le moment que choisi Nina pour sonner à la porte. Vite, le mari se cache, d'ordinaire c'est l'amant, et écoute la conversation qui se déroule dans la garçonnière de Gérard, il surprend en particulier l'opinion que sa femme a de lui et qui n'est pas la plus valorisante qui soit, mais il travaille, il assure le train de vie de son épouse, alors, forcément, quelle énergie lui resterait-il pour satisfaire Nina ?

Mmm ?

Ainsi commence la pièce d'André Roussin, dont je n'avais vu les œuvres qu'à la télévision. Quand me fut proposé d'aller la voir au Théâtre Édouard VII je ne vis aucune raison de refuser, et, malgré une place au balcon du second, je ne l'ai pas regretté. Les acteurs font leur maximum, la mise en scène de Bernard Murat respecte les contraintes du genre dans un décor unique qui voit s'affronter les personnages en des va-et-vient incessants. Contrairement au pièces de ''Boulevard'' cette fois le rôle principal échoie à Mathilde Seigner, c'est elle la dominante alors que les hommes sont lâches et faibles, tout à fait comme dans la ''vraie'' vie.

Un bon moment que je vous conseille si vous en avez l'occasion avec une distribution équilibrée autour de MS : François Berléand, François Vincentelli, Michaël Rozen et Valentin de Carbonnières.

 

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 08:41

Michelangela Merisi nait à Milan le 29 septembre 1571 dans une famille de la classe moyenne, entre 1575 et 1577 la peste va frapper sa ville natale et emporter son père et le frère de ce dernier. À 13 ans il intégrera l'atelier de Simone Peterzano. Quelques années lui seront nécessaires pour trouver son style et affirmer ses préférences, le portrait et la nature morte, la vie et la sensualité sans lesquelles l'art ne serait qu'une chose glacée pour amateur froid.

Ses premières toiles alors qu'il est à Rome vont trancher avec l'inspiration biblique habituelle. Pronant la simplicité il va alléger sa peinture et créer ce qui deviendra le ''clair-obscur'' en jouant sur les pigments et les glacis.

Mais l'absence du père va, selon l'auteur, jouer sur son caractère, se considérant non aimable d'être non aimé il va suivre un chemin passionné et auto-destructeur. Lui, contrairement au Titien ne se soucie pas de gloire d'honneur et d'argent, et quand il cherchera un nouveau nom c'est tout naturellement qu'il pensera à la région de son enfance, et au village de Caravaggio.

Sa vie fut à l'image de son œuvre, directement vécue, la première sans retenue, la seconde sans dessin, affrontement le réel dans les deux cas avec rage et une virtuosité hors du commun.

 

Cesare Capitani est italien, il donne vie à MM avec un réalisme saisissant, aidé en cela par la lumière qui rend hommage au talent du peintre et souligne celui de l'acteur et par la présence de Manon Leroy, (le soir où j'ai assisté à la représentation, enalternance avec Laetitia Favart) qui chante du Monteverdi mais joue aussi d'autres personnages de la vie de l'artiste, y compris les hommes qui comptèrent dans la vie de celui-ci.

 

La pièce est adapté du roman de Dominique Fernandez La Course à l'abime. Il semble qu'aujourd'hui la vie de Caravage soit mieux connu et débarrasser de quelques légendes qui ne lui apportaient rien. Reste un moment magique, un voyage dans le temps et la certitude que le peintre ne risque pas d'être détrôné dans mon panthéon personnel.

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 08:16

Henry Jekyll est médecin et obsédé par le bien et le mal, adversaires dont l'âme humaine est le champ de bataille, il ne rêve que de pouvoir les séparer définitivement et poursuit des recherches dans ce sens en présentant des théories novatrices qui, comme souvent, sont peu prisées de ses confrères. Il est fiancé à Beatrix Emery mais le père de celle-ci se méfiant de lui essaie de les séparer. Pendant cet entracte Henry fait la connaissance de Ivy Peterson en la sauvant d'une agression, serveuse celle-ci, reconnaissante, lui fait des avances qui ne le laissent pas indifférent...

 

Retrouvant sa quête dans sa cave Jekyll a mit au point un sérum qu'il pense efficace mais qu'il doit tester pour en connaître les effets. N'ayant personne à sa disposition il ne lui reste qu'à prendre le risque de l'absorber. On est jamais mieux servi que par soi-même !

 

Il ne faudra pas longtemps pour qu'il sombre dans l'inconscience et ne se relève transformé, le bon côté du DrJekyll a laissé place au mauvais. Mr Hyde est né ! Le sérum est efficace, le bien et le mal se sont séparés mais ce dernier l'a emporté et ignorant des contraintes morales de Henry il peut aller retrouver Ivy, en faire sa maîtresse et la terroriser jusqu'à ce que cette dernière, ignorante de la nature de son amant ne se décide à aller voir Jekyll. En effet celui-ci reprend l'avantage quand les effets du breuvage disparaissent.

Conscient des risques qu'il a pris Le médecin décide de mettre un terme à ses expérimentations mais il est déjà trop tard, désormais il ne maîtrise plus ses transformations et, à l'inverse, c'est pour redevenir ''normal'' qu'il a besoin de son philtre. Ivy va découvrir son secret et le payer de sa vie.

Revenir en arrière est impossible, après avoir agressé Beatrix Jekyde se réfugie dans son laboratoire où il explique ce qui s'est passé à son partenaire, Lanyon. Sous les traits de Hyde il fait face à la police et ne retrouvera son vrai visage qu'un fois apaisé, définitivement.

Sujet éternel que l'affrontement du bien et du mal, Jekyll n'avait pas compris qu'il est vain de vouloir les séparer : ils ne s'affrontent pas, ils se complètent !

Le roman de Stevenson a souvent été adapté depuis la naissance du cinéma mais cette version me semble la meilleure, bénéficiant de la réalisation de Victor Fleming et de l'interprétation de Spencer Tracy, Ingrid Bergman et Lana Turner en attendant qu'un rit-mec de plus apparaisse sur nos écrans.

Dr Vs Mr

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 07:54

Quelle meilleure idée pour réunir les deux plus grandes vedettes de films d'épouvante des années 1930 : Béla Lugosi et Boris Karloff, que de prendre une histoire d'Edgar Poe. En fait le titre seul est de Poe, et s'il est question de chat noir dans l'histoire c'est purement anecdotique.


 

Les Alison sont mariés depuis peu, pour leur voyage de noce ils ont choisi la Hongrie, là ils rencontre le Dr Werdegast qui vient visiter un vieil ami Hjalmar Poelzig, architecte de profession. Par manque de chance ils ont un accident de la route et sont hébergés par Poelzig dans le château qu'il fit construire sur un champ de bataille de la première guerre mondiale où moururent des milliers de combattants.

Histoire de respecter le titre sans doute celui-ci aime à s'entourer de noirs félins.

Werdegast (Lugosi) est de retour en Hongrie pour se venger de l'assassinat de sa femme et de sa fille après avoir passé quinze ans en prison, Poelzig (Karloff) est un architecte moderne et novateur et, par ailleurs, chef d'une secte satanique, et responsable de la mort de la famille de Werdegast.

Tout le film repose sur l'affrontement Lugosi/Karloff dans un cadre bien différent d'un film gothique classique, ce n'est qu'à la fin, dans les caves devenues de salles de tortures que nous plongeons dans l'ambiance classique d'une œuvre de poe. Deux acteurs au sommet de leur art dans des personnages taillés à leurs démesures, deux félins aux griffes attendant de sortir pour déchiqueter l'autre.

La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on, mais qui avec le temps empoisonne l'esprit du vengeur à qui il ne restera plus rien une fois celle-ci accomplie. Lugosi prendra grand plaisir à assumer la sienne dans un final sadocalyptique qui verra les deux personnages disparaîtront ensemble. Comme s'il aurait pu en aller autrement.

Un classique de l'épouvante dont le noir et blanc conserve la puissance, impeccable d'un bout à l'autre, sans temps morts (si j'ose dire), et qui sait rendre l'atmosphère des contes du grand Edgar faute d'en respecter l'histoire.

Edgar G. Ulmer n'est pas le plus connu des réalisateurs mais dans cette œuvre il montre l'étendue de sa maîtrise des cadrages, de la lumière et du montage. La musique signée Liszt, Schumann, Tchaïkovski, Schubert, Bach et Beethoven est parfaitement choisie.

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 09:08

Un jour il sera intéressant de regarder les villes et leurs faunes comme une forêt, peuplée de la même façon d'animaux différents mais s'intégrant dans la même écologie. Pour l'heure avec cette réalisation de Luc Jacquet c'est une forêt végétale qui nous est montré, comment elle vit, évolue, souffre et se reconstruit sans cesse. Du moins tant qu'elle existe encore, l'espèce humaine la mettant en danger chaque jour un peu plus.

Il était temps semble dire Francis Hallé, temps pour nous montrer un monde qui s'efface : les dernières forêts primaires de notre planète. Et pour ce qui est d'un monde primaire, les cités en sont un autre, mais la question n'est pas là.

La vie est là, grouillante, protéiforme, plus complexe qu'on le pensait. Animaux et végétaux vivent dans une interdépendance totale. Quand un arbre meurt il apporte aussi une chance de renouveau, il ouvre une brèche dans la forêt et lui permet de se renouveler, partiellement. Ce qu'il était va nourrir ce qui sera. Difficile d'imaginer ce qu'est la vie d'un être qui ne bouge pas pour qui le temps s'écoule autrement, lentement, sur une durée trop grande pour être compréhensible.

Au moins cette réalisation a-t-elle la qualité, parmi d'autres, de ne pas jouer sur le catastrophisme mais de nous montrer une vie que nous imaginions peut-être mais sans l'avoir vu, en mélangeant le virtuel et le naturel pour nous dire qu'ils ne s'opposent pas mais peuvent se compléter, tout étant dans l'usage du premier et la compréhension du second.

C'est dire la difficulté !

Il ne s'agit pas d'un exposé scientifique dont nous décrocherions au bout de deux minutes mais de la vision d'un monde bien loin de l'enfer vert dont on nous rebat les oreilles comme pour nous faire penser qu'il est de notre droit de le modifier. Comment penser que dans ce cas ce n'est pas nous qui en pâtirions ?

Ce qui ne serait pas fait pour me déplaire.

Toutes les formes de vie se complètent même si parfois elles semblent s'opposer. La nôtre se comporte comme si elle se savait étrangère, se croyait supérieure et dans son droit en soumettant les autres à son bon vouloir.

Être arbre c'est être aussi, c'est être encore, vivant, communiquant, percevant le monde en s'y intégrant ; pas chercher à le définir, à en percer les secrets, pour s'en exclure.

J'en viens à penser que je fonctionne ainsi, cherchant à ''expliquer'' l'homo sapiens pour pouvoir me dire autre tout en sachant que c'est faux.

Nous appartenons à ce monde, pas l'inverse. Continuer à l'oublier nous coûtera cher.

C'est vous qui paierez.

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:56

Fuu est serveuse de thé, elle rencontre Mugen et Jin alors que ceux-ci vont être exécutés et leur demande de l'accompagner dans sa quête du samurai qui sent le tournesol. La pièce étant tombée du bon côté ils acceptent de l'escorter.

Au début.

Le voyage va être long et plein de péripéties d'autant que Mugen et Jin ne rêvent que d'en découdre. Le premier est un vagabond agressif et extraverti, l'autre est un ronin taciturne, tous deux sont des maîtres dans l'art du sabre.

Heureusement !

Samurai Champloo (サムライチャンプルー) est la seconde réalisation de Shinichiro Watanabe après le remarquable Cowboy Bebop. Le principal de l'animation est porté sur l'expression des personnages sur un fond fixe et détaillé, les mouvements sont fluides et c'est important pour les scènes de combats alternant avec des moments de calme où les héros peuvent s'exprimer et nous donner le temps de les connaître alors qu'eux-même se découvrent au long du voyage.

C'est le principe d'un road movie que de jouer sur les rencontres, et des situations qui peuvent se ressembler, plus que sur une histoire riche en rebondissements.

Autre élément capital : la musique. Je n'ai jamais été fan de hip-hop mais ce genre colle parfaitement aux images et tant pis pour l'anachronisme, la question n'est pas là.

Une série qui dormait dans ma vidéothèque depuis longtemps, attendant que je saisisse l'occasion de le regarder, histoire d'être le quatrième sur la route du samurai qui sent le tournesol. C'est ce dont j'avais besoin en ce moment.

Une place que je vous convie à prendre, vous pouvez même faire une partie de shogi, de l'argent contre votre vie.

Honnête, non ?

Le titre vient d'un terme Okinawais désignant un plat : le goya chanpurū. À base de courgette à laquelle on adjoint nombre d'ingrédients avant de les frire.

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:02

John Ellmann était chômeur quand il fut arrêté et condamné à mort pour un crime qu'il n'avait pas commis suite à un complot organisé par la maffia dans ce but. Il avait contre lui d'avoir déjà passé dix ans en prison pour le meurtre de sa femme, alors qu'il prétendit toujours qu'il s'était agit d'un accident.

Des témoins se manifestent mais trop tard pour le sauver.

Heureusement ils ne sont pas les seuls à intervenir, un savant, le Dr Beaumont le fait également en affirmant qu'il est capable de ramener l'innocent à la vie.

Une entame on ne peut plus classique pour un film d'épouvante qui mettrait en scène un savant fou à la Victor von F... Il n'en est rien ici, Beaumont n'est pas présenté comme un malade et ses expériences ne le mettent pas au ban de la société, au contraire, rendant la vie à Ellmann il répare une injustice ?

(S'il pouvait le faire avec JFK on en apprendrait de belles!)

Bien sûr il ne le fait pas seulement pour le plaisir mais pour en apprendre davantage sur l'au-delà. Qui est censé savoir ce qui s'y passe si ce n'est un individu revenu d'entre les morts.

De la même façon Ellmann diffère de la créature du même Victor, il sait qu'il n'est pas à sa place même s'il ne garde aucun souvenir (quelle image garderait-il?) de sa visite chez la camarde. Sa mémoire est altérée bien qu'il sache encore jouer du violon, il était musicien, ou reconnaître ses ennemis. Pire, la pègre cherche à le tuer, définitivement cette fois. Visitant un cimetière il ne peut s'empêcher de dire ''J'appartiens à ce lieu''. Il n'est plus mort mais n'est pas tout à fait vivant non plus. Il porte sur lui le masque de sa visite dans l'Autre Monde et génère un effroi insupportable.

Pour faire passer cette histoire magistralement réalisée par Michael Curtiz il fallait un acteur extraordinaire, et crédible. Qui d'autre que Boris Karloff aurait-il pu l'incarner, donner vie à un mort, faire porter le masque de la mort à un vivant ?

Qu'importe ce qu'il perçut de l'autre côté, son corps en conserve des séquelles par son incapacité à reprendre le rythme d'une société qui confond vie et vitesse. C'est dire si l'idée vaudrait d'être remise au goût du jour d'autant que les zombies semblent revenir (c'est le cas de le dire) à la mode après une décennie vampirique.

La réalisation a un peu vieilli mais l'histoire conserve sa force et l'interprétation de Karloff est impeccable, comme toujours. Loin de la vision du savant démoniaque ou du monstre avide de chair humaine.

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 09:33

Il y a cinquante ans une attaque extra-terrestre visant à coloniser la Terre fit des millions de victimes avant d'être repoussée. Depuis l'espèce humaine vit dans la crainte qu'elle ne se répète et s'y prépare, pour cela elle entraîne des enfants pour diriger la bataille inéluctable. Des dizaines de jeunes gens sont recrutés et testés pour dénicher celui qui commandera la flotte spatiale.

Un élément se distingue : Ender Wiggin, son frère et sa sœur furent ''essayés'', le premier ne pouvait réprimer sa violence et la seconde était trop empathique pour prendre les décisions nécessaires à la victoire. Ender semble disposer des mêmes qualités dans les proportions idéales pour jouer le rôle qu'on veut lui attribuer.

L'entraînement va être difficile pour lui qui est mis en avant par ses supérieurs afin de l'aguerrir, de le tester encore et toujours. Et petit à petit il va démontrer qu'il est exactement ce que l'on attend de lui.

Et plus encore !

Va venir l'heure de l'entraînement ultime, une simulation hyper-réaliste qui doit précéder l'affrontement final.

Ender est un prodige, capable, quand tout semble perdu, de prendre tous les risques, de faire tous les sacrifices pour s'ouvrir le chemin de la victoire.

Elle va lui sourire, à lui et son équipe, jusqu'à ce qu'il comprenne que le jeu n'en était pas un, qu'il a été manipulé pour ne pas être entravé par des crises de consciences. La bataille qu'il crut une répétition était vraie. Le sachant, aurait-il fait les sacrifices nécessaires, aurait-il jeté des centaines de combattants dans la mort pour triompher ?

Le jeu en valait la chandelle lui affirme le colonel Graff, il s'agissait d'éliminer la menace définitivement, de gagner une bataille pour qu'il n'y en ait plus d'autres. Mais Ender commençait à se poser des questions, à imaginer une autre voie, une entente possible entre des espèces pourtant si différentes qu'elles en paraissent inconciliables.

La planète des Doryphores n'existe plus, Ender est coupable du premier xénocide mais les choses ne vont pas s'arrêter là.

La peur de l'inconnu est source de bien des crimes, certes les Doryphores sont venus en colons mais depuis leur défaite ils n'ont plus rien tenté et l'espèce humaine n'eut de cesse de vouloir les éliminer sans imaginer qu'il fut possible d'entrer en contact avec eux. L'autre, on le sait, est un danger permanent, il ne peut en être autrement, sauf si l'on en vient à comprendre que la réciproque est également vraie. Facile à dire quand il s'agit d'un film, confronté au réel il est plus difficile de rester lucide.

Cette année je m'étais fixé l'objectif d'aller 100 fois au cinéma, c'est fait avec ce film qui me donne envie de lire Orson Scott Card.

Un bon moment au final qui pose quelques questions en sachant sûrement que nous ne prendrons pas le temps de chercher les réponses. Et si le jeu était supérieur à la réalité ?

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:59

N'est pas un prédateur qui veut ! C'est la leçon, sinon la morale, que l'on pourrait tirer de ce film de Ridley Scott qui ressemble à une partie d'échec entre des adversaires de niveaux trop différents.

Prenez un avocat cupide qui a envie de faire plaisir à la femme qu'il aime, on le comprend ; proposez lui une belle affaire à base de drogue. Tout semble si simple ! Si ce n'est qu'il ignore les règles du monde des trafiquants, que la naïveté dont il fait preuve lui fait courir des risques au-dessus de ses moyens. Il s'est acoquiné avec un truand plus vaniteux et égocentrique qu'efficace et cruel, lequel a pour compagne une femme dont il aurait dû se méfier davantage.

Il s'engage pour une livraison d'une somme importante, 20 millions de dollars, nous savons déjà que les choses vont mal se passer, la cargaison va être interceptée, les livreurs éliminés, et les témoins aussi, mais ils n'avaient qu'à être ailleurs !

Notre avocat va faire face à une réalité implacable, à une organisation qui ne fait pas de quartier. Le film se veut réaliste sur des pratiques sentant la réalité sur les assassinats, les tortures et autres mutilations commises parce que ''c'est comme ça'', qu'il faut être efficace et qu'il n'y a pas d'autre moyen.

La pyramide alimentaire est respectée, le plus fort survit en dévorant, symboliquement ici, les autres, être avide ne suffit pas à survivre, il faut d'autres qualités, d'autres aptitudes, calculer, anticiper, manipuler. Qui s'en croit capable est la marionnette de qui dispose réellement de cette aptitude.

Le guépard est un prédateur qui tue avec élégance, l'homo sapiens n'est qu'un tueur qui met en scène ses crimes, en fait un spectacle et trouve des spectateurs pour les regarder en regrettant parfois de ne pas les commettre, souvent de ne pas en être victime.

Scott a rassemblé une distribution de choix pour un film qui se veut à petit budget en comparaison de ceux qu'il réalise d'ordinaire. Un peu trop long à mon goût, un peu trop bavard, s'étalant sur le sens de la vie, les mondes qui se frôlent mais s'ignorent et la mort qui nous attend tous à laquelle il convient de se préparer.

Pour autant que ce soit possible !

 

Méfiez-vous des gens qui courent autour de vous, certains vont peut-être vous passer autour du cou un collier cher sans être précieux et qui va serrer, serrer, serrer...

 

Si vous savez où on peut en trouver un !

 

Cartel

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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