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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 07:15

Mélanie Laurent – 2014 – 91'

La jeunesse est la zone que nombre d'auteurs aiment à explorer, mélangeant la leur, celles des autres, imagination et fantasmes.

Charlie, diminutif de Charlène mais ne le répétez pas, à 17 ans, elle vit avec sa mère à plein temps et son père quand il est de passage. Sa vie est routinière et banale, entre la maison et le lycée, un petit copain qu'elle tient à distance, une amie avec qui elle partage tout, ou presque.

Un jour, Sarah arrive en classe en cours d'année et vient s'installer près de Charlie. Entre elles tout de suite le courant passe et Charlie est vite fascinée par la nouvelle venue, sa vitalité, son énergie et un côté mystérieux qu'elle cultive en particulier quand elle parle de sa mère, travaillant dans une ONG en Afrique, ce qui explique qu'elle soit invisible et que la jeune fille n'invite jamais personne ni ne dise où elle habite, ses cartons n’étant pas déballés.

Rapidement Sarah va entrer dans la vie de la famille de Charlie, être bien accueillie par sa mère jusqu'à être invitée pour un séjour en vacances et en mobile-home.

Les deux adolescentes se confient leurs secrets, leurs espoirs, leurs rêves, mais l'une plus que l'autre. Sarah sait se faire accepter, aimer, comme si elle avait appris à feindre pour survivre, à mentir pour fuir...

Mais les choses ne vont pas se passer idéalement. Quand Charlie fera une remarque qui mettra son amie en porte à faux, ce qu'elle ne lui pardonnera jamais, n'hésitant pas à l'insulter, à donner son numéro à n'importe qui, à la traiter de tous les noms, encore plus quand Charlie lui avouera qu'elle connaît son secret.

Or, chacun sait qu'un secret ne se dit pas et qu'il convient de taire même qu'on le connaît, mais Charlène est naïve, gentille, sait encaisser et se taire, garder pour elle ce qui la perturbe, mais ce genre de situation ne peut perdurer ; à force de se contenir l'explosion devient inévitable.

Un film parait-il personnel de Mélanie Laurent sur l'adolescence, ses illusions, ses passions et volontés de paraître, à n'importe quel prix. Qui aime avouer... mais vous savez qu'ici je ne dévoile jamais la fin des films, gratuitement !

Sans oublier un carré de belles actrices de deux générations. Les deux plus jeunes confirmant un talent que nous avions pu découvrir auparavant.

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:46

The Young Lions – Edward Dmytryk – 1958 – 167'

Durant le second conflit mondial nous suivons plusieurs individus pris dans une guerre qu'ils ne comprennent pas et à laquelle ils auraient préférés ne pas participer : un officier allemand, le lieutenant Christian Diestl (Marlon Brando), appartenant à la Wehrmacht, un soldat ''à l'ancienne'' qui croit en l'honneur et au droit à tuer son adversaire si l'on combat pour la paix. Michael (Mike) Whiteacre (Dean Martin) lui est un chanteur dont la vie était des plus agréable et qui contre toute attente, mais surtout la sienne, se retrouve bon pour le service et expédié en Normandie. Troisième et dernier volet du triptyque de personnages, Noah Ackerman (Montgomery Clift) juif pauvre qui est engagé en même temps que Mike.

Nous suivons parallèlement l'armée allemande où se côtoient, non sans tension parfois, des nazis et des soldats tels Diestl qui n'approuve pas leur idéologie mais se doit de défendre son pays, et l'armée américaine où se croisent des soldats valeureux, courageux, ambitieux, et d'autres qui le sont moins. Mike par exemple n'a qu'un souhait, survivre en évitant le théâtre des opérations.

La guerre est un creuset où l’héroïsme fait face à l'horreur, mais c'est celle-ci qui en est à l'origine, elle est le miroir dans lequel les individus découvrent une réalité parfois différente du reflet de ce qu'ils s'imaginaient être. Parfois en mieux, parfois en moins bien.

La distribution est exemplaire, Brando, en blond, et Clift sont remarquables, mais ce n'est pas une surprise, Martin, à l'instar de son personnage, peut se demander à quoi il sert. Tout cela à cause d'une trop grande ambition. Montrer la guerre, présenter les facettes des combattants, sont des ambitions louables mais rendant le récit trop confus, à cela s'ajoute la longueur d'un film qui manque de scènes épiques, un comble.

Bref un sentiment mitigé, heureusement il est possible chez soi d'accélérer les séquences mollassonnes, ce qui permet au spectateur d'agir sur ce qu'il regard. Un avantage pour un film qui souffre du passage du temps. Edward Dmytryk est un réalisateur sous-estimé, dans ce film pourtant il semble dépassé par l'ampleur de son sujet. Une vision plus resserrée aurait pu donner un chef d’œuvre.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 08:01

Christophe Lamotte – 2014 - 100'

Daniel recouvre les créances, c'est dire si son métier est difficile et qu'il se fait des ennemis, pourtant cela ne semble pas l'atteindre, même quand un individu mécontent s'en prend à sa voiture. Tout ça n'est pas important.

Alors qu'il déjeune dans un petit restaurant il remarque une jeune fille assise un peu plus loin et discutant avec un jeune homme qui finit par partir. Il en fait autant et s'apprête à rejoindre son véhicule quand une voix féminine le hèle, c'est la jeune femme du restaurant qui lui demande s'il peut l'emmener. Daniel hésite un moment mais la demandeuse est jolie. Ils se retrouvent un peu plus loin, dans les bois, apparemment perdus, mais sa passagère finit par lui proposer une fellation pour 50 €. Un peu cher quand même mais moi j'aurais dit oui. Bref, ce n'est pas le cas de Daniel qui s'emporte et met dehors sa passagère malgré que celle-ci lui ait vanté son savoir faire.

Il s'en va donc en la laissant derrière lui, seule dans les bois. Quelques minutes se sont passées quand il s'arrête, culpabilise, et revient sur ses pas. Après tout l'abandonner ainsi est dangereux, lui qui a été longtemps policier le sait mieux que personne.

Mais justement, il ne trouve personne, malgré ses cris, ses recherches, la jeune femme a disparue sans laisser de trace. Que peut-il faire de plus que rentrer chez lui, non sans se faire du soucis.

Le hasard fera pourtant que continuant son métier et passant chez une vieille dame celle-ci lui fait part de son inquiétude : sa petite fille n'est pas rentrée depuis la veille. Ce n'est pas son habitude de la laisser comme ça sans nouvelle. Daniel reconnaît sous les traits de Laura sa passagère. C'est l'occasion de proposer des services que la grand-mère acceptera.

 

Sa culpabilité s'accroit, d'autant qu'il vient d'apprendre que son ex-femme va quitter la région, une promotion lui étant offerte qui convient parfaitement à son envie de s'éloigner d'une ville pleine de mauvais souvenirs. Leur fille n'est-elle pas enterrée là ?

Daniel semble retrouver avec l'enquête qu'il mène un semblant d'envie de vivre, lui qui n'est plus qu'un zombie depuis la disparition de sa fille retrouve une énergie qu'il croyait perdue. Mais agir hors de la légalité si cela offre des libertés occasionne aussi des difficultés malgré les amitiés qu'il a gardé au sein de la police locale. Il est persuadé que personne ne fera rien pour retrouver Laura, non, c'est à lui, et lui seul, qu'incombe la mission de la retrouver.

Vivante si possible !

Ses investigations vont le faire délaisser son travail, il s'en fout, et petit à petit découvrir les secrets d'une jeune femme passionnée et cherchant à vivre à n'importe quel prix.

Le scénario n'est pas des plus original, l'intérêt du film réside dans sa distribution, Kad Merad loin des rôles d'amuseurs, monolithique dans son incapacité à exprimer sa peine après la mort de sa fille, Géraldine Pailhas ensuite, crédible dans un jeu subtil de mère qui veut rester une femme et continuer à vivre, malgré le chagrin et les souvenirs. Lola Créton enfin complète ce triptyque en se montrant à la hauteur de ses partenaires.

Le suspens n'est pas à son comble mais l'intérêt se maintient avec la découverte, grâce à des cassettes que la jeune femme enregistrait, de la vie de Laura comme un puzzle qui se forme sous nos yeux avec pour image finale...

Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage.

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 08:00

On the Waterfront – Elia Kazan - 1954 – 108'

La vie est difficile sur les quais pour les dockers, l’Amérique exporte en effet de plus en plus de marchandises mais en importe de moins en moins, diminuant d'autant le besoin de main d’œuvre, d'autre part la nouvelle forme du capitalisme vise à toujours plus de rentabilité, donc à toujours moins de dockers.

Dans le port de New York le syndicat des dockers est contrôlé par un gang, pour ne pas dire qu'il s'agit de la Maffia, dirigé par l'avocat Johnny Friendly et Charley Malloy. Celui-ci est le frère de Terry Malloy, ancien boxer devenu boxeur qui va être mêlé à l'élimination d'un employé refusant les ordres du syndicat et prêt à rapporter ses louches activités.

Les choses se compliqueront pour Terry quand Edie Doyle, sœur de la victime, vient lui demander de retrouver les meurtriers. Pour Terry c'est l'occasion d'une remise en cause, lui qui vivait sans question doit sortir de la cage qui lui servait d'existence. À peine capable de travailler après sa carrière sur le ring au cours de laquelle il accepta trop de compromissions, il ne doit qu'aux relations de son frère d'avoir intégré les dockers alors qu'il ne fait pas grand chose de ses journées.

Basé sur l'enquête de Malcolm Johnson sur les malversations du syndicats des dockers et son exploitation de ceux-ci le film de Kazan est tourné en décors réels, construit comme un documentaire qui colle autant que possible aux réalités du terrain et aux contraintes du métier. Inspiré par le néoréalisme italien, Kazan est souvent considéré comme un réalisateur européen, ce qui n'est pas un compliment et n'aide pas au succès commercial de ses films, trop complexes, sociaux, où se rencontrent Henry Miller, Tennessee Williams ou John Steinbeck.

Finalement Terry refusera les règles du syndicat, on ne pose pas de question, on ne répond pas aux questions ! Il témoignera pour prouver sauver l'honneur des dockers et démontrer qu'il est un bon garçon, respectueux des lois et capable de souffrir pour mériter sa rédemption. Dommage qu'après ces efforts il rentre dans le rang du capitalisme, leader d'ouvriers moutonniers, heureux d'échapper à la coupe de la corruption pour retourner au travail sous l’œil goguenard du patron...

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:00

The Interview - Seth Rogen & Evan Goldberg – 2014 - 128'

Dave Skylark (James Franco) anime Skylark Tonight, au cours duquel il interroge des célébrités en leur faisant avouer ce qu'ils n'ont jamais osé dire, ou montrer ce qu'ils ont toujours caché. Par exemple que Eminem est homosexuel, que Rob Lowe porte une perruque ou que... Mais ça je ne peux pas le rapporter !

C'est dire qu'il ne fait pas dans la dentelle et est prêt à tout, et même n'importe quoi, du moment que les téléspectateurs sont devant son show.

Un soir une petite fête est organisée, le producteur de Skylark, son ami depuis dix ans, Aaron Rapoport (Seth Rogen) est fêté pour leur millième émission. À cette occasion il croise un ancien condisciple qui lui est producteur d'une émission bien plus estimée. C'est l'occasion pour Aaron de se poser des questions sur ce qu'il fait, de faire un bilan de conscience et d'avoir, soudainement, des envies de respectabilité.

Il fait part de sa nouvelle ambition à Dave qui reste dubitatif, pour le moins, inviter des écrivains, des politiciens, peut-être même des gens intelligents, voilà qui serait inédit pour lui, et peut-être, au-dessus de ses moyens.

Préparant la nouvelle orientation de leur émission Aaron voit débouler Dave un papier à la main. Skylark exulte, il montre à son partenaire le document qu'il tient, un entretien de Kim Jong-un faisant état de son admiration pour leur spectacle.

N'est-ce pas pour eux le moyen de changer de catégorie en interviewant le dictateur Nord-coréen ? Rapoport opine en se disant qu'il y peu de chance que cela arrive jamais. Pourtant il va faire des recherches, passer par le comité international olympique, et faire une demande d'entretien officielle auprès des autorités de Pyongyang.

Alors qu'il rentre chez lui en taxi son téléphone sonne. Appelant inconnu lit-il, ce n'est pas une raison pour ne pas décrocher. Quand il entend son interlocuteur de présenter comme Park Sook-yung représentante de la République Populaire Démocratique de Corée. Aaron n'y croit pas tout de suite, il devra pourtant se rendre à l'évidence. Dave et elle doivent se rencontrer rapidement pour mettre au point les termes de l'émission. Impossible pour Rapoport de refuser. La rencontre aura lieu, quelque part en Chine, après un voyage compliqué pour le producteur. L'émission devra avoir lieu dans la capitale Nord-coréenne et les questions seront fournies à skylark.

Comment dire non ?

Tout va se compliquer quand des agents de la CIA viendront en couple voir les ''journalistes'' en leur faisant une proposition délicate : profiter de la rencontre pour assassiner le président Kim avec de la ricine. Refuser est difficile mais accepter est dangereux. Mais les agents ont tout prévus, Lacey est tout à fait le type de Skylark qui ne peut pas lui dire non.

Le voyage va être long et la mission périlleuse. Dave va faire connaissance avec Jong-un, le voir sous un jour différent de l'image qu'il se faisait de lui. Il vont partager alcool, drogue, prostituées et parties de basket-ball, du coup il trouve le président Kim trop sympa pour le tuer.

Le séjour va être mouvementé, Aaron n'est pas insensible au charme de Park Sook-yung, et cela semble réciproque, la jeune femme est loin d'être inconditionnelle du pouvoir qu'elle représente. Il suffirait d'une opportunité pour que tout change...

Mais il va être l'heure de l'émission...

C'est peu de dire que le président Kim ne sort pas grandi de cette production, il serait exagéré de dire que c'est le cas de ses réalisateurs. S'ils ambitionnaient de réaliser une œuvre subversive ce n'est pas réussi, s'ils ambitionner de marquer l'histoire des films comiques, ce n'est pas abouti non plus. Reste une production qui restera, peut-être, dans les souvenirs pour quelques bons moments mais plus sûrement pour son retentissement médiatique, les hésitations de SONY pour le sortir après les réactions très négatives des autorités de RPDC et des attaques de hackers. Finalement le film trouva le chemin des écrans, mais le public bouda celui des salles.

Sauf moi bien sûr puisque je vais voir n'importe quoi !

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 07:45

The Wild One - László Benedek - 1953 - 79'

Le Black Rebels Motorcycle Club, menés par Johnny Strabler (Marlon Brando), une quarantaine de jeunes gens vêtus de cuirs décorés d'une tête de mort, débarquent dans une petite ville pour participer à une course de motos. Leur comportement fait qu'ils doivent quitter la ville, ce qu'ils font, après avoir volé le prix de la compétition. Leur survenue dans la bourgade voisine ressemble beaucoup à une invasion et marque ceux qui la voit.

Parmi ceux-ci figure la serveuse du bar local, Kathie, que Johnny n'a pas manqué de remarquer, et réciproquement. Il en profite pour la suivre dans le bar et commander une bière, avant de poser le trophé volé sur le comptoir. Bref, c'est un gros frimeur. Sur ces entrefaits une autre troupe de motards arrive, sous la conduite de Chino (Lee Marvin), et reprend le trophée que Johnny exhibait sur sa moto.

Les choses ne peuvent se terminer autrement que par l'affrontement entre les chefs des bandes rivales. Johnny l'emporte mais le vaincu exprimera violemment son mécontentement et Johnny devra intervenir pour sauver Kathie des mains de ses ennemis. L'occasion pour eux de faire une petite balade romantique à moto dans les environs.

Pendant ce temps en ville Charlie Thomas rallie une partie de la population pour faire revenir l'ordre en considérant que le sherif n'est pas capable de le faire. Un incident plus grave va se produrie et causer la mort d'un habitant. Par malchance Johnny n'était pas loin et sera accusé...

Deux bandes qui s'affrontent dans une petite ville, on dirait un western, avec des motos à la place des motos. Ce film, s'inspirant d'une histoire vraie qui vit arriver 4 000 motards à Hollister en 1947, fit beaucoup pour la mauvaise réputation des motards, pour le succès de la marque Triumph, (surtout la Thunderbird 6T) mais aussi, et surtout, pour la carrière de Marlon Brando, impressionnant en Johnny, dur, détestant la police, en appréciant pourtant l'uniforme, s'il est en cuir, et la sentimentalité mais laissant entrevoir par un sourire qu'il n'attend que l'opportunité de présenter une autre facette de sa personnalité.

Qui après avoir vu ce film n'a pas eu envie d'enfourcher sa bécane pour prendre la route, direction n'importe où, mais ailleurs, loin. Bien moins nombreux sont ceux qui l'ont réellement fait !

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 07:26

デス・パレード - Yuzuru Tachikawa – 2015 (Animation)

Machiko et Takashi se retrouvent alors que leurs ascenseurs respectifs s'arrêtent. Devant eux s'ouvre un couloir longeant un espace semé de bambous et menant à un bar où les attend un barman aux cheveux blancs. Celui-ci se présente : Decim ! Après quoi il leur demande s'ils ont un souvenir précédant leur arrivée. N'étaient-ils pas en voyage, pour leur une de miel. Les remerciant Decim leur explique la situation : Premièrement, il ne peut pas leur dire où ils se trouvent, deuxièmement, ils vont participer à un jeu. Troisièmement, le jeu sera décidé par la roulette, quatrièmement, ils vont devoir parier leurs vies sur le jeu, cinquièmement, ils ne pourront pas quitter le bar avant la fin du jeu.

Le jeune couple tente de s'en aller, mais ils ne trouvent pas la sortie. Forcément, ils doivent participer au jeu d'abord.

Le fond du bar s'ouvre et apparaissent des dizaines de cadavres accrochés au plafond. S'ils continuent à refuser de jouer ils les rejoindront. Le barman leur tend un bouton, il déclenchera la roulette qui décidera du jeu.

Les fléchettes !

Chacun dispose de 7 dards, le but est de faire descendre le score inscrit de 501 pour faire zéro, en évitant certaines parties de la cible reliées à leur système nerveux. Qu'ils les touchent et c'est comme si chacun visait l'autre !

Le premier coup est raté. C'est elle qui souffre, le second aussi, chacun son tour. Pour ne pas souffrir il suffit de ne pas rater le centre de la cible.

Takashi pense qu'il suffit de rater la cible pour ne pas souffrir. Ce qui sera vrai, sur le moment ! Après réflexion il se dit qu'à jouer ainsi il rejoindra les cadavres suspendus. Finalement il peut essayez de faire mieux que son épouse. Auquel cas c'est lui qui survivra.

Mais Machiko lui apprend qu'elle est enceinte.

Est-ce une raison pour perdre ? Surtout qu'il se souvient d'une conversation entendue mettant en cause la fidélité de son épouse...

Bien sûr celle-ci nie et explique à son mari que les mots surpris visaient quelqu'un d'autre.

Il reste une fléchette. Machiko la lance, et revit son passé alors que la pointe de fer vole vers la cible de son époux, et l'atteint dans la zone correspondant au cœur.

Ce n'est qu'ensuite qu'ils comprendront qu'ils sont déjà mort et se trouvent au carrefour entre le paradis et l'enfer.

D'autres souvenirs reviennent, la cause de leurs décès, un banal accident de la route dû à la bêtise de Takashi.

Quel meilleur endroit pour une ultime scène de ménage ?

Il est temps de repartir. Chacun retrouve son ascenseur et repart...

 

Mais Decim n'est pas le seul arbitre dans ce bar où les défunts jouent leurs vies pour être dirigés vers le paradis ou l'enfer !

Le second épisode nous montre l'envers du décor, nous retrouvons Machiko et Takashi, observés discrètement par Nona, une autre arbitre, qui explique les règles du bar à sa nouvelle assistante, qui n'a pas de nom. Les joueurs révèlent leur vraie nature. L'arbitre jugera alors de ce que chacun mérite : le néant ou la réincarnation. Takashi aura droit à la seconde, son épouse disparait à jamais.

Était-ce la bonne décision ? Rien n'est moins sûr, là aussi, comme ailleurs, le juge peut se laisser prendre par les apparences...

L'erreur n'est donc pas seulement humaine.

Chaque épisode voit un couple s'affronter, chaque fois à un jeu différent, bowling, jeu vidéo... Ils repartiront ensemble mais pas pour la même destination.

Un jour peut-être ferais-je face à Decim, ou Nona. Ayant oublié d'où je viens je laisserai mon caractère choisir où j'irais !

Je crains le pire.

 

Et vous ?

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:07

Louis-Julien Petit – 2014 – 105'

Christiane, Gilles, Alfred, Emma, Momo et Hervé travaillent dans un hard discount. Ils sont mal payés et leurs conditions ne sont pas les meilleurs. Ce qui ne semble pas concerner leur directrice, Sofia Benhaoui, laquelle doit rendre des comptes à ses supérieurs, et leur montrer des bilans favorables.

Gagner plus en réduisant la part salariale semble être le seul chemin possible. Des caisses automatiques vont être installées, cela signifie des licenciements. La compétition est lancée, seul(e)s les plus performant(e)s seront conservés, les autres ne verront pas leur contrat renouvelé, quelque besoin qu'ils en aient. Le chronomètre fera office de juge.

Le climat est pesant et l'angoisse s'infiltre dans tous les esprits, malgré les consignes et l'affiche partout présente d'une banane leur rappelant qu'ils doivent avoir ''la banane'' dans tous les cas.

C'est plutôt sur la peau qu'ils risquent de glisser.

Il y a sûrement moyen de faire quelque chose ! Et pourquoi ne pas faire concurrence au discount, il suffit de récupérer les produits qui ne sont plus commercialisables pour des raisons de dates de péremption ou de packaging défectueux. Bien sûr c'est interdit, l'entreprise fait même verser du javel dans la benne où ils sont entreposés. C'est presque comme un jeu, reconnaître les lieux, établir un plan, savoir où sont placées les caméras et quel est leur angle de vue. La voiture à utiliser, l'endroit du grillage à soulever, le temps pour partir avec la marchandise et l'endroit où l'entreposer. Un scénario à écrire, une organisation à mettre sur pied.

Ce n'est pas voler que voler un voleur ! Bien sûr, la phrase a déjà servie.

Un vieux bâtiment va être mis à profit, les marchandises vont être accumulées jusqu'à pouvoir être vendues. Pour cela il faut des acheteurs, c'est à dire faire connaître le nouveau local ''solidaires'' où tout est à bas prix.

Petit à petit la nouvelle va se transmettre et les acheteurs seront là au petit matin, discrétion oblige, pour faire le plein.

La chose ne va pourtant pas passer inaperçu du comptable qui fera remarquer à Sofia qu'il doit en référer à plus haut placé. Une surveillance plus étroite est mise en place, tout le monde est fouillé à l'arrivée comme au départ, surveillé. Mais le ver est déjà dans le fruit, la solidarité ne concerne pas tout le monde et un des employés qui n'a pas été mis dans la confidence et il ne demande qu'à participer, ou à les dénoncer.

L'étau va se resserrer, la police a bien compris ce qui se passait et va tenter d'attraper tout le monde. Le chat aime jouer avec la souris ce qui laisse à celle-ci l'opportunité de s'en sortir...

Ou pas !

Une comédie sociale ? Peut-être, mais le rire est grinçant. Ce n'est pas un film qui changera quoi que ce soit, au contraire, c'est rassurant pour la ''France d'en-bas'', de penser qu'elle peut s'en sortir avec la débrouillardise et la solidarité. Elle rêve et retourne à son travail le lendemain !

Les caisses s'automatisent, bientôt il n'y aura plus que des robots partout, de la mise en rayons aux achats ! Je doute que ceux-ci aient le sens de l'humour.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:38

Elia Kazan - 1956 - 116'

Dans une vieille demeure du sud des états-unis qui a perdu de sa superbe et se rapproche de sa fin vivent Archie Lee (Karl Malden) et son épouse, Baby Doll (Carroll Baker). Celle-ci va fêter ses vingt-ans dans deux jours alors que son mari a dépassé la quarantaine. La date n'est pas sans importance pour le couple, principalement pour Archie, quand sa femme aura fêté son anniversaire il pourra consommer le mariage.

En attendant un voisin, Vacarro (Eli Wallach), planteur de coton et concurrent d'Archie passe chez les Lee alors que son entreprise vient d'être ravagée par un incendie criminel. Il rencontre Baby et entame une discussion au cours de laquelle elle lui apprend être encore vierge.

Mais plus pour longtemps.

Vacarro n'est pas insensible à cette déclaration et la jeune femme le sait très bien. Elle s'amuse à se placer entre les deux hommes. Chacun veut la posséder comme il possède ses biens. Elle incarne ce besoin tellement ancré en l'homme en général, étasunien en particulier, qui y voit un droit fondamental. C'est aussi l'affrontement entre deux monde, le vieux Sud incarné par Charlie, attaché à d'ancestrales traditions et refusant de les voir mourir, et une modernité appelé à les remplacer. Le capitalisme a évolué, comme le reste, il prend de nouveaux visages, affiche de nouvelles ambitions et une voracité grandissante.

Prendre Baby Doll à Archie c'est effacer ce dernier et le monde qu'il représente en même temps puisque, sans femme, celui-ci ne pourrait plus se perpétuer. La jeune femme est consciente de ce duel, des valeurs que chacun incarne, et sait de quel côté se tient l'avenir.

Williams vs Faulkner !

Cette nouvelle collaboration entre Kazan et Williams est le moyen de montrer une femme plus moderne, plus complexe, se débarrassant des stéréotypes hollywoodiens. Baby Doll est une jeune fille mais elle est mariée bien que le mariage ne soit pas consommé, elle a un pied dans le monde des adultes, dans un univers qui, elle l'a déjà compris, ne sera pas celui dontelle rêvait enfant. Le prince charmant ne peut pas avoir le visage d'Archie, pas plus celui de Vacarro. Elle sait ce qui l'attend, être une épouse banale, un ''bien'' que son mari montrera pour se valoriser aux yeux de ses amis et autres partenaires en affaires. Il lui reste juste le temps de faire semblant d'être encore une enfant avant que le cynisme ne s'impose et qu'elle constate s'en accommoder.

Eli Wallach et Karl Malden sont parfaits, Caroll Baker n'a rien à leur envier. À eux trois ils montrent le carrefour du temps. Hier va disparaître, demain s'approche, nul n'y peut rien changer.

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 07:40

Canibal - Manuel Martin Cuenca – 2013 - 117

La voiture roule de nuit sur une petite route déserte, monsieur est au volant, madame somnole à côté de lui. Un 4X4 arrive à leur hauteur, y reste un moment, les double puis disparaît au loin. Avant de revenir, face à eux à pleine vitesse. Le conducteur panique, sa passagère se réveille, la voiture pour éviter la collision sort de la route. Le SUV s'arrête, le conducteur en descend, s'approche, vérifie que le chauffeur est mort puis fait le tour du véhicule pour extraire la femme du cercueil d'acier. Le mot est bien choisi puisque les deux sont visiblement décédés dans l'accident.

Pour autant que l'on puisse parler d'accident !

Le responsable sort donc le cadavre et le traine jusqu'à son propre véhicule où il le charge avant de l'emporter dans une maison en pierre isolée dans la montagne. Là il le déshabille, le renifle avant de choisir les outils adéquats pour ce qu'il prévoit.

Alors que s'abat le tranchoir le sang coule lentement dans une bassine métallique.

Carlos est tailleur à Grenade, le meilleur, dit-on, de la ville, ne vient-il pas de se voir confier un travail important pour une congrégation qui ne l'est pas moins ! Il vit seul dans son appartement proche de son atelier, sa vie est on ne peut plus routinière et ses fréquentations se limitent à ses clients et ses voisins.

Il mange seul, un repas souvent accompagné d'un verre de vin et constitué souvent d'une viande qu'il mange sans accompagnement mais prépare lui-même. Du reste son congélateur est plein !

Un soir alors qu'il rentre chez lui une jeune femme en profite pour se glisser dans l'immeuble, c'est sa nouvelle voisine du dessus, l'appartement situé de l'autre côté du couloir, ainsi il pourra l'observer par la fenêtre.

Elle est jeune, belle, s'appelle Alexandra et fait des massages pour vivre. Elle propose à Carlos de lui en faire la démonstration mais celui-ci décline l'invitation. Rien ne l'intéresse hormis sa vie bien réglée, et la ''petite'' anormalité qui la pimente.

Il aime regarder sa belle voisine, la suivre des yeux, mais ne fait rien pour l'approcher, il faut un incident pour que celle-ci vienne sonner chez lui en demandant à emprunter son téléphone afin d'appeler la police. Carlos n'est pas chaud pour attirer l’attention sur lui mais finit par proposer à la jeune femme de l'accompagner au commissariat, n'est-ce pas mieux de s'expliquer de vive voix ?

Quelques jours plus tard Carlos entend à nouveau sonner à la porte, il hésite puis ouvre. Sa surprise est grande quand il croit voir sa jeune voisine sur le palier. Mais non, en réalité il s'agit de la sœur, jumelle, de celle-ci qui la cherche justement. Les dernières nouvelles qu'elle eut datent d'une conversation violente qui eut lieu au téléphone, l'incident qui provoqua la descente d'Alexandra.

Elle ne pouvait pas savoir...

l'arrivante se présente : Nina. Elle cherche sa sœur qui ne répond plus d'aucune façon et dont personne ne semble savoir ce qu'elle est devenue.

Carlos non plus, évidemment. Pourtant il va finir par aider la jeune femme, espérant la convaincre que sa sœur va bien mais se cache avec un homme afin qu'elle reparte. Mais Nina est difficile à convaincre, qui plus est Carlos semble lui plaire, d'autant qu'il ne fait rien pour la séduire, loin de là. Même s'il accepte de se faire masser en remerciement de l'aide apportée il ne peut supporter la séance et fuit misérablement.

Les choses vont se compliquer avec Bogdan, le fiancé d'Alexandra qui soupçonne Nina d'avoir tué sa sœur pour 3 000 €. Carlos finit par accueillir la jeune femme chez lui, pour la protéger avant de lui proposer d'aller faire un tour en montagne, justement il possède une petite maison et la vue est magnifique...

Nina accepte !

 

Pas question ici que je vous en dise plus. Attention, il n'est pas question d'un thriller genre ''le silence des Agneaux'', peu de sang, un minimum de violence, visible. Tout est lenteur et d'élégance. Forcément puisque Carlos est tailleur. Il est toujours tiré à 4 épingles, encore qu'à 4 couteaux serait plus précis.

Psychopathe, peut-être, mais chic !

Une réalisation fascinante par sa peinture d'un tueur qui cache ses pulsions dans une cage de banalité souriante et bien élevée. De quoi s'interroger sur ses voisins. Les vices se lisent rarement sur le visage.

Surtout les pires !

Cerise sur le gâteau, et pas sur le friand à la viande, j'étais seul dans la salle. J'avoue que Olimpia Melinte a de quoi ouvrir l'appétit.

Je suis sûr qu'il y en aurait pour deux. Je choisi le vin !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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