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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 08:05

Tim Burton – 2015 – 105'

Dick Nolan est journaliste et s'occupe des échos sur la vie des célébrités dans un journal versé dans le sensationnalisme. Il est le narrateur de ce film qui nous raconte la vie de Margaret Ulbrich.

Nous découvrons celle-ci en train de faire ses bagages pour quitter son époux en compagnie de sa fille. L'avenir est incertain mais rester avec un tel homme ne serait pas bénéfique pour elle. Dans ses bagages elle emmène également ses toiles, son ambition est de vivre de son art.

Désir louable mais difficile, surtout en 1958 où les artistes femmes sont rares et le rôle du mari prépondérant dans le couple.

À San Francisco elle retrouve une amie heureuse de la voir ayant repris sa liberté, déniche un logement et cherche un travail. Chose difficile mais sa patience sera récompensée.

Bien que peintre des petits bonshommes sur des lits pour enfants dans une manufacture soit loin d'être son idéal.

Parallèlement elle continue à peindre et présente son travail dans des parcs publics l'autorisant. Elle fait le portrait de n'importe qui pour un prix ridicule. À côté d'elle un autre peinte, Walter Keane, essaie de vendre ses croutes, des vues de Paris, pour beaucoup plus cher. Ville dans laquelle il clame avoir vécu et étudié dans l'immédiat après-guerre. Il remarque la jeune femme, entame le conversation avec elle, lui affirmant qu'elle possède le talent dont lui manque. Un moment de sincérité rare pour lui. Ils finissent par se rapprocher et quand l'ex-mari de Margaret essaie de récupérer leur fille il propose de l'épouser.

Comment dire non à une solution qui arrangerait tout. Ou presque !

Leur vie est plus facile mais leur ambition de devenir peintre perdure. Un soir, dans un club de jazz, Walter propose au propriétaire de louer ses murs, ce que ce dernier accepte. Ainsi pour faire une vente finira-t-il par s'approprier les toiles de son épouse, toutes représentent des enfants dans des situations différentes mais avec des yeux disproportionnés par rapport au reste du visage.

Profitant d'une altercation avec le patron de la boîte Walter devient le sujet d'un entrefilet, pour lui c'est l'évidence que la publicité est le moyen de se faire connaître et de vendre des œuvres signées Kean.

Petit à petit ces toiles vont rencontrer le succès, d'abord avec Olivetti, descendant du fabriquant des machines à écrire, avec d'autres vedettes ensuite. Walter sait user de son charme pour vendre des toiles, pour utiliser des vedettes pour se faire un nom. Faisant des peintures de son épouse de véritables succès, non-reconnus par les critiques qui comptent, mais l'important n'est pas là. Pour lui l'argent est le critère principal et s'il doit usurper le talent de son épouse cela ne le choque pas, du moment que le succès est au rendez-vous.

Ainsi aura-t-il l'idée de vendre des affiches, puis des reproductions, plutôt que les toiles elles-mêmes. Si une vaut 5000 dollars il vaut mieux en vendre cent fois plus pour cent fois moins cher.

Andy Warhol retiendra la leçon.

Mais Margaret vit mal la situation, de ne pas être reconnue, même en trouvant un style différent, de vivre dans le mensonge ; même sa fille ne doit pas connaître la vérité. Walter devient accro à l'argent, au succès, il est prêt à tout pour gagner plus, heureux de faire la une des journaux, de fréquenter des stars de Hollywood.

Jusqu'au jour où il finira par tenter de tuer sa femme et sa belle-fille. Celles-ci vont s'enfuir pour Hawaï ou Margaret finira par avouer la vérité à la radio.

Le scandale sera immense et suivi d'un procès qui fera la preuve du talent de l'un et de l'autre.

Étrange histoire que celle d'un couple où le talent de l'un est exploité par l'ambition de l'autre qui faut d'être un artiste se révèle habile commerçant à l'aube des années 60 et du triomphe mercantile d'un Andy Warhol.

Tim Burton trouve là un sujet idéal, qu'il peut utiliser en lui ajoutant cette touche personnelle qui marque chacun de ses films. Christoph Waltz campe un Walter Keane qui finit par croire en son illusion, faute de quoi il lui faudrait reconnaître qu'il n'est qu'un escroc, et Amy Adams est parfaite en peintre qui ne peut s'imposer dans un monde d'homme et doit affronter ses peurs pour finir par s'imposer dans un monde où l'homme est dominateur.

L'art est une chose, le commerce en est une autre. Quand ils se rencontrent le second dévore le premier et n'en laisse qu'une ombre révélatrice d'une époque qui a choisit son camp.

Pas le mien !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 08:50

Riso amaro – Giuseppe De Santis – 1949 – 108'

Francesca et Walter sont un couple de voleurs. Dans un hôtel ils viennent de mettre la main sur un collier de valeur. Une bonne raison pour que la police les recherche ! Pour lui échapper nos amoureux montent dans un convoi de clandestins en partance pour la plaine du Pô où les rizières réclament de la main d’œuvre. Francesca cache le collier alors que de son côté Walter essaie de se fondre dans la foule en dansant avec la jeune Silvana. Ce qui ne le protégera pas longtemps, les policiers finissent par le repérer mais il s'enfuit encore. Grâce à Silvana les amoureux peuvent rejoindre le groupe des travailleurs mais alors qu'ils sont installés dans un dortoir Silvana découvre le collier et se dit qu'il serait bien mieux dans sa poche. Pour se débarrasser de sa rivale elle la fait passer pour une traitresse aux yeux des autres qui la lyncherait si le sergent Marco Galli n'intervenait pas pour calmer tout le monde.

Finalement Silvana et Francesca se comprennent, la vie est difficile pour elles, la seconde doit recourir au vol, la premier à travailler dans des conditions difficiles et son ambition est que tous les employés deviennent des salariés légaux.

La situation va se compliquer quand la voleuse tombera amoureuse du policier, lui-même attiré par Silvana. Histoire que tous les personnages soient réunis sur la scène Walter fait son retour. Lui connaît la vérité, à savoir que le collier est faux, ce n'est pas une raison pour le dire à Silvana dont il espère la complicité pour son nouveau projet : voler la récolte. La jeune femme est d'accord et va inonder les rizières pour permettre que Walter et ses comparses s'emparent du riz.

Francesca a compris le projet. Voler les riches était une chose qu'elle pouvait admettre mais cette fois il s'agit de spolier tous les ouvriers et elle ne peut y participer. À qui d'autre faire appel que Marco, un comble pour une cambrioleuse.

Tout est en place pour le dernier acte, un couple contre l'autre. Les hommes se blessent mutuellement et ce sont les femmes qui héritent des armes. Francesca va juger opportun de confier à sa rivale que Walter ne fit que l'abuser, le collier est faux, et lui encore plus.

Silvana pointe son arme dansla direction de Walter, tire, avant de retourner le pistolet contre elle.

 

Restent Francesca et Marco pour croire que l'espoir est autre chose qu'une illusion.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:00

(HangulHon, hanja; aussi appelé Possessed) est un drama Coréen de 2009 avec pour vedette Lim Joo-eun  (임주은) et Lee Seo-jin (이서진).

7 minutes d'action ouvrent le premier épisode et les premiers mots prononcés sont : tue moi ! Une entame qui ouvre l'appétit !

Dans un lycée de Séoul ou une petite bande fait régner la terreur une jeune fille, lasse d'être victime, monte sur un toit, descend sur le rebord et à quelques centimètres du vide joue du violon, pour attirer l'attention peut-être, pour dire adieu probablement.

Elle saute et s'écrase au pied de Yoon Ha-na qui est, on la comprend, choquée, d'autant qu'elle perçoit les choses différemment de ses camarades, tout va comme au ralenti et la victime semble s'arrêter, la regarder, vouloir lui parler. C'est que Ha-na a une qualité particulière : elle voit les fantômes. Un don difficile à vivre pour elle.

Par ailleurs Shin-ryoo est à la fois professeur de pathologie criminelle et spécialiste du profilage auprès de la police. Il a sans doute choisi cette profession après que sa sœur ait été assassiné et le tueur acquitté pour raison psychiatrique après la plaidoirie de son père, spécialiste de ce genre de procès et qui ne perd jamais.

À son tour Ha-na est frappé directement, sa sœur, Doo na, trouve la mort dans un incendie criminel. L'enquête sera rendue difficile par les accointances entre certains enquêteurs et la famille des criminels qui n'hésite pas à faire chanter des policiers pour protéger les leurs.

Shin-ryoo est désespéré de ce que la justice soit mise en échec par la loi parce que quelqu'un sait utiliser celle-ci à son profit. Quand il va rencontrer Ha-na ce sera l'occasion pour lui de se substituer à un pouvoir défaillant. En effet la jeune fille peut servir de médium pour les esprits des victimes et permettre à celles-ci d'apparaître aux yeux de leurs assassins pour les effrayer et les pousser au suicide. Elle peut aussi laisser la place à un fantôme qui veut communiquer avec sa famille survivante.

Le bien et le mal s'affrontent depuis toujours et il semble que cela doive durer encore longtemps. Cette fois le premier use de moyens que l'on pourrait qualifier d'extrême si l'on croyait en la civilisation, ou d'appropriés si l'on n'y croit pas. Je n'ai pas besoin de préciser de quel côté je penche. Quand au second il sait toujours aussi bien jouer des mythes culturels pour se protéger.

La vengeance est une arme qui atteint aussi celui qui s'en sert, mais quand ce dernier l'accepte rien ne peut l'arrêter.

Une courte série, dix épisodes qui passent vite, sortant des sentiers (re)batttus de la morale conventionnelle. Celle-ci aura droit de cité quand une civilisation digne de ce nom existera hors de la mythologie humaine.

Autant dire que ce n'est pas pour demain.

Ce qui ne va pas m'empêcher de regarder un drama romantique, pour changer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:04

Vittorio de Sica – 1946 – 93'

La (sur)vie dans les rues de Rome en ces années de l'immédiat après-guerre est difficile aussi les enfants des quartiers pauvres se livrent-ils à toutes sortes de commerces, de trafics, certains à la limite de la légalité.

Pasquale et Giuseppe sont cireurs de chaussures et se débrouillent comme ils peuvent. Leur ambition est d’acheter le cheval blanc Bersagliere mais pour cela ils ont besoin de davantage d'argent que leur petit métier ne peut leur en procurer. Dans le but de gagner ce dont ils ont besoin ils participent à un trafic de couvertures américaines au marché noir, contrôlé par le frère de Giuseppe. Alors qu'ils essaient de vendre des couvertures à une cartomancienne la police les prend sur le fait. Mais ce sont de faux policiers qui ne font qu'escroquer la diseuse de bonne aventure avec la complicité des enfants qui en guise de paiement conservent l'argent des couvertures.

Enfin ils ont les moyens d'acheter Bersagliere, le cheval blanc.

Mais tous les policiers ne sont pas faux, il en est de véritables, aussi vont-ils être arrêtés et transférés dans une prison pour mineurs où la vie sera bien plus difficile que celle qu'ils connaissaient. Violence et cruauté vont les accompagner, promiscuité et misères seront leurs ombres où gardiens et autres prisonniers se font concurrence en matière de brimades à faire subir à de jeunes garçons incapables de se défendre.

Pasquale avoue sa culpabilité pour éviter une punition à son ami mais celui-ci considère cet aveu comme une lâcheté insupportable.

Eux qui s'entendaient si bien vont désormais se détester. Giuseppe va participer à une tentative d'évasion, contre toute attente celle-ci réussit.

Mais Pasquale se doute que ancien ami va retrouver le cheval blanc, il va donc mener la police sur la piste des évadés. Les ayant attrapés il se précipite sur Giuseppe, fou de rage il frappe, frappe, frappe... réalisant trop tard l'acte qu'il vient de commettre, alors que Bersagliere s'enfuit.

Comme la majorité des films appartenant au ''néo-réalisme'', Sciuscia associe cinéma et documentaire, présentant des personnages, ici incarnés par des acteurs non professionnels, en prise directe avec la réalité de l'Italie après Mussolini. Heureusement l'ambiance sombre et désespérante est parfois brisée par des moments presque comiques. Seuls des enfants peuvent, dans ces circonstances, trouver des moments ludiques. Avant que les circonstances ne soient plus fortes qu'eux.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:49

Marjane Satrapi – 2014 - 103'

Milton est une petite ville industrielle et industrieuse où tout va bien pour tout le monde. La vie y est simple et les difficultés rares. Le bonheur est la règle de conduite de chacun.

Jerry Hickfang est employé dans une entreprise de baignoires, il s'occupe des expéditions, il fait tous les jours la même chose, dans sa belle tenue rose, avec son diable de la même couleur, collant les étiquettes, scotchant les cartons, les empilant avant de les transporter dans un camion.

Il parle peu et semble mystérieux pour ses collègues.

Tu m'étonnes !

Un jour son chef de service lui annonce que chaque année l'entreprise organise un barbecue et que chaque secteur mandate un représentant qui y participe. Jerry hérite de la sonorisation ! C'est aussi, et surtout, pour lui l'occasion de rencontrer la belle Fiona, anglaise égarée dans la ville et qui travaille à la comptabilité. Il va profiter de l'occasion pour l'inviter dans son restaurant asiatique préféré. Invitation que Fiona n'ose pas refuser, pourtant ce soir-là elle préférera sortir avec ses copines pour aller au karaoké.

Si elle avait su !

Jerry quand il ne travaille pas rend visite régulièrement à un psychiatre qui lui pose régulièrement les mêmes questions, auxquelles il répond la même chose : tout va bien, il ne pleure plus autant, non il n'entend pas de voix venant de nulle part, oui, il prend ses médicaments, presque, régulièrement. Mais il ment. Il ne prend jamais ses pilules, et si les voix qu'il entend ne viennent pas de nulle part c'est parce qu'il voit bien que ce sont ses animaux domestiques qui communiquent avec lui : un chat, M. Wiskers (M. Moustaches) et un chien, Bosco.

Il faut dire que Jerry est psychotique, et a de qui tenir, puisque sa mère l'était aussi et que celle-ci mourut dans des circonstances difficiles, bien qu'il fut le seul à en avoir pâti, forcément ! Son médecin lui rappelle que respecter son traitement fait partie de l'accord passé pour qu'il soit libéré de l'asile où il croupissait depuis.

Outre ces voix Jerry a une perception de la réalité particulière, il voit ce qu'il imagine, par exemple qu'il vit dans un bel appartement, propre et bien tenu, alors que c'est un lieu sale, semé des crottes de ses compagnons et où s'entassent des déchets, dans des boîtes ou des sacs plastiques.

Ceci posé revenons à cette soirée, quand Fiona lui posa un lapin. Il attendit jusqu'à la fermeture de l'établissement puis dû se rendre à l'évidence, ce n'est jamais loin, qu'elle ne viendrait pas. Au karaoké la soirée vient de finir, il pleut, aussi une des collègues de Fiona ramène celle-ci à sa voiture. Manque de chance, celle-ci ne démarre pas. Fiona fais donc du stop, et, le hasard est malicieux parfois, tombe sur Jerry qui la prend dans son véhicule. Histoire de se faire pardonner elle lui propose d'aller boire un coup dans un bar hors de la ville qui est ouvert toute la nuit.

Sur la route un cerf, pris dans les phares, est heurté par le véhicule et s'encastre dans le pare-brise, Jerry l'entend le supplier de mettre fin à ses souffrances. Ce que le jeune homme ne peut qu'accepter, n'importe qui à sa place en eut fait autant. Fiona le voyant égorger l'animal avec un grand couteau prend peur, sort de la voiture, et s'enfuit dans les bois. Jerry se lance à sa poursuite, sans avoir lâché son arme, la rejoint alors qu'elle est tombé, malheureusement il va connaître le même sort, et puisqu'il tient toujours son poignard celui-ci va pénétrer le ventre de la jeune femme. Sous le choc mais la voyant agoniser, comme le cerf il ne peut la laisser souffrir.

Une fois morte, et maudissant le sort qui vient de lui jouer ce tour il la poignarde encore et encore.

Il faut bien se soulager.

Une fois rentré il fait part des événements à ses amis, le chien lui dit qu'il doit aller se livrer, il n'a pas fait exprès, elle comprendra, le chat lui affirme qu'il va finir en prison, ce serait dommage. Jerry est bien d'accord, il va donc aller récupérer le cadavre, le ramener puis le découper.

À part la tête qu'il va conserver dans son frigo, et qui va, elle aussi se mettre à lui parler, lui en voulant presque de ce qui est arrivé et lui demandant une amie pour ne plus être seule. N'a-t-elle pas une collègue qui le trouve charmant et avec laquelle elle s'entend bien ?

Il hésite, refuse, puis accepte. C'est qu'il ne sait pas dire non. Mais la collègue en question va se montrer séduisante et plutôt que de l'assassiner Jerry va passer la nuit avec elle, non sans l'avoir auparavant emmené dans la maison de son enfance où il vécut des moments forts difficiles...

Pas question de vous révéler davantage de ce film de Marjane Satrapi, sur un scenario de Michael R. Perry, qui utilise une trame horrifique avec un style proche du burlesque. Un mélange qui peut surprendre mais qui est bien dosé et réalisé pour donner un spectacle divertissant.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 07:47

シュタインズ ゲート - 2011 - [WHITE FOX] [FRONTIER WORKS] – 24 épisodes

Le voyage dans le temps permet bien des situations à condition de rester maître de son scénario et de faire attention aux incohérences qui pourraient s'y glisser. Et le temps est aussi nécessaire pour faire connaissance avec les personnages et leur situation. Ici l'idée est qu'un cataclysme s'est produit en 2030 imposant le retour en arrière d'un envoyé qui a besoin d'un vieil ordinateur des année 1970 pour lire un programme. Il y est également question des posts de John Titor, personne véritable dont le véritable nom est inconnu, qui d'octobre 2000 à mars 2001 sur différents forums s'intéressant aux voyages dans le temps se présenta comme venant de 2036, affirmant qu'au début du vingt-et-unième siècle une troisième guerre mondiale allait éclater qui décimerait (?) la moitié de la population. Il évoquait lui aussi un IBM 5100 et un bug UNIX...

Nos héros forment un club en marge de la société, installé dans un laboratoire réduit à sa plus simple expression. Rintarû Okabe le ''savant fou'' en est le chef, il est accompagné de Mayuri Shiina, amie d'enfance du précédent, et Itaru Hashida, appelé Daru, incarnation du geek et du hacker, ensemble ils inventent des gadgets à l'utilité discutable. Un jour Okabe et Mayuri vont à une conférence sur le voyage temporel. Rintarû reconnaît dans le discours un texte déjà lu. Il se lève et fait un scandale pour le dénoncer. Auparavant, une jeune femme, Kurisu Makise, rencontré sur place, avait affirmé lui avoir parlé quinze minutes plus tôt. Sortant de la salle principale il entend hurler, il se précipite et découvre Makise baignant dans son sang. Sous le choc il envoie un message avec son téléphone spécial, relié au micro-onde (!), à Daru pour lui raconter ce qu'il vient de vivre.

Rintarû se retrouve dans une ville vide sans comprendre ce qui vient d'arriver, quand il reviendra à la réalité, mais laquelle, ce sera pour apprendre qu'une capsule s'est encastrée dans leur immeuble sans que sa provenance en soit connue, il revoit Kurisu, vivante... Bref les événements se superposent avec à chaque fois une différence dans la nouvelle couche. À la façon d'un jour sans fin où vouloir corriger ce qui est arrivé le modifie au point que la correction doit être modifiée à son tour, et ainsi de suite.

Bref un anime qui demande à être regardé attentivement, mais ce n'est pas difficile tant la réalisation est impeccable et les personnages intéressants, même s'ils sont un peu caricaturaux. Ils composent un ensemble cohérent avec les temps comme toile de fond et ce qui est arrivé qui n'est jamais arrivé mais dont les héros gardent des souvenirs comme des rêves d'un ailleurs qu'ils entrevirent sans pouvoir y accéder.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 07:07

Or The Unexpected Virtus of Ignorance – Alejandro González Iñárritu – 2014 – 119'

Peut on être après avoir été ? Pour Riggan Thomson la question se pose ? Lui qui fut une grande, et rentable, vedette du cinéma vingt ans plus tôt pour avoir incarné trois fois Birdman, un super héros ailé, est aujourd’hui une célébrité conjuguée au passé. Il est connu, reconnu, on lui demande des autographes, de poser avec lui mais pour ce rôle qu'il tint deux décennies plus tôt. Il reste un nom, il est une célébrité, pas un acteur reconnu pour son talent. Or il souhaite changer cela, ambition louable mais difficile.

Pour cela il risque ses économies, le (peu de) crédit qui lui reste afin de monter, à Broadway, une pièce, exigeante, de Raymond Carver. Les répétitions avancent, difficilement, et la première s'approche. Malencontreusement un spot tombe, fort à propos, sur la tête d'un autre comédien, que Riggan trouvait médiocre. Il va donc falloir le remplacer, il se trouve que Mike Shiner est disponible, reconnu pour son talent, son exigence, et un comportement difficile.

Pour Riggan la pression augmente à mesure que les générales approchent, il faut aller vite mais Shiner connaît déjà son rôle, en fait il connaît même toute la pièce. C'est autant de temps gagné.

À cela s'ajoute son producteur, avocat et meilleur ami, qui s'occupe de tout, sa maîtresse, Laura, qui est également actrice dans la pièce et lui annonce qu'elle est enceinte, et sa fille qui sort de désintoxication et lutte contre l'envie de rechuter.

De plus, mais cela Riggan n'en parle pas, il entend une voix qui pourrait être celle de Birdman, qui lui parle de sa vraie nature, de son vrai talent, de ce qu'il mérite, bien loin de ce qu'il a, de ce que les autres voient de lui. Une voix de plus en plus présente. Pour couronner le tout il croit avoir des pouvoirs extraordinaire, pouvoir déplacer les objets à distance, même voler...

Bref, il n'est pas dans les conditions idéales pour monter sa pièce.

Difficile pour un acteur de cinéma de s'imposer sur les planches, la plus importante des critiques ne pense qu'à le descendre, méprisant par principe ce qu'il représente, elle qui sait ce qu'est le Théâtre.

Une vraie c... ritique !

Devenir un artiste après avoir été un acteur, pire : une star, c'est la transformation que souhaite Riggan alors que les années passent et marquent son visage, son corps et son esprit.

Ou ce qui en reste.

Birdman est un film sur cette renaissance désirée comme la transformation illusoire d'une chenille devenant papillon pour briller dans le ciel de la culture !

 

Pour porter ce scénario il fallait un acteur proche du personnage, le choix de Michael Keaton s'imposait donc, lui qui fut Batman, deux fois seulement, avant que sa gloire ne s'estompe bien qu'il ait toujours eu du succès. Et il est à la hauteur des attentes, apportant à Riggan son expérience, son vécu, et son talent.

La question posée est la valeur d'une forme de culture contre une autre, un théâtre élitiste porteur des vraies ''valeurs'', et le cinéma populaire, ogre dévorant des stars pour recracher des célébrités condamnées à se copier jusqu'à la caricature, concurrencé par un autre dévoreur de vie : Internet, et son insatiable appétit d'images et de nouvelles, quelles qu'elles soient.

Les pires étant les plus intéressantes bien sûr !

AGI a obtenu des Oscar mérités pour ton travail, dommage que Keaton n'ait pas eu le sien, il est vrai qu'il avait fort à faire cette année, je pense pourtant que son travail était plus méritoire que celui du vainqueur. Le voir se promener en slip au milieu de New York reste un grand moment de cinéma, populaire et intelligent, les deux ne sont pas incompatibles.

 

Cela dit je suis conscient de n'être qu'une des innombrables bouches de ce vampire ! Dévoré, digéré, oublié !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 07:30

(Hangul 49일hanja 49日) Jo Young-kwang – 16 03 – 19 05 2011 – 20 épisodes

Shin Ji-hyun (Nam Gyu-ri) a des amis, elle est jeune, adorable, belle et riche, de plus elle est sur le point d'épouser son fiancé, qui lui aussi cumule les qualités, Kang Min-ho (Bae Soo-bin). Une situation qui ne peut pas durer.

Alors que Ji-hyun est en voiture elle a un accident qui la laisse dans le coma. La Mort s'approche et lui fait une offre si elle souhaite retrouver sa vie. Il faut qu'elle trouve trois personnes, hors du cadre familial, qui pleureront, sincèrement, pour elle. Pour cela, elle dispose de 49 jours. Passé ce délai il serait trop tard.

Parallèlement Song Yi-kyung (Lee Yo-won) connaît un moment de grande détresse suite au décès de son fiancé. Elle travaille dans une supérette, mange et dort, voilà ce à quoi se résume son existence.

Ji-hyun rouvre les yeux après son accident mais se retrouve dans un monde avec la sensation de ne plus lui appartenir puisqu'elle ne peut ni toucher quiconque, ni être entendue de quiconque malgré ses cris et appels. Elle voit son corps partir dans une ambulance et seul un cycliste sur le bord de la route semble capable de la voir. Il lui dira qu'il est une espèce d'ange censé guider les âmes vers leur nouvelle destination mais il lui explique la possibilité que lui laisse la Mort. Mais trouver trois personnes capable d'une émotion sincère ne va pas être chose aisée. Elle pense tout de suite à son fiancé et à ses deux meilleures amies. Pour réussir il lui faut pouvoir retrouver la réalité, pour cela son âme pourra utiliser le corps de Yi-kyung quand celle-ci dormira.

Sa quête sera difficile et il lui faudra faire face à des révélations qui lui démontreront que la vie qu'elle voyait parfaite ne l'était pas, que le regard des autres était moins amical qu'elle l'imaginait. Frôler la mort pour comprendre la vie, difficile mais efficace.

Pourquoi est-ce dans le corps de Song que Shin put s'incarner, y aurait-il un lien inconnu entre elles ? Le fiancé de la dernière devine que quelque chose d'étrange se passe et quand finalement les 49 jours se sont écoulés et que...

Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage ! Si vous connaissez les règles des dramas vous ne sera pas dépaysés, tout y est, l'émotion, la déception, l'échec qui menace mais l'espoir qui ne veut pas reculer. Une mise en scène réussie, des personnages avec une vraie densité (ce n'est pas toujours le cas). Plus le plaisir de la langue coréenne et la beauté de Lee Yoo-won qui semble pouvoir affronter toutes les tragédies du monde et de Nam Gyu-ri qui ici ne chante pas. Qui a dit : ouf !

Drame et beauté, tout ce que j'aime !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 07:46

Roma, citta aperta – Roberto Rossellini – 1945 – 104'

Les Allemands perquisitionnent un immeuble où habite Giorgio Manfredi, un chef du Comité de libération Nationale. Rapide il peut s'échapper par les toits puis se rend chez Francesco, typographe sur le point de se marier avec sa voisine, une veuve, mère d'un petit Marcello. Une fois arrivé il envoie l'enfant chez l'abbé Don Pietro Pellegrini afin que celui-ci aille récupérer de l'argent dans une imprimerie clandestine et puisse la transmettre.

Le soir Manfredi retrouve Francesco alors que dans une gare voisine une explosion a lieu provoquée par des enfants, dont Marcello. La mère de celui-ci épuisée et effrayée font en larmes devant son futur époux qui la soutient en lui rappelant la justesse de leur cause. Malheureusement pour eux la maîtresse de Manfredi, danseuse dans un music-hall, se drogue et se fournit auprès d'Ingrid, laquelle travaille pour la Gestapo, justement le major Bergmann a pour mission de retrouver Manfredi.

Le lendemain c'est le jour des noces de Francesco et Pina mais dès le matin les Allemands encerclent l'immeuble. Francesco est arrêté et alors que Pina veut se précipiter vers lui, elle est abattue. Plus tard des résistants attaquent le convoi transportant les prisonniers et les libèrent. Mais la Gestapo ne relâche pas son enquête et retrouve Manfredi alors en compagnie de Don Pietro et d'un déserteur allemand réfugié chez le prêtre.

Emprisonné Manfredi sera torturé mais mourra sans livrer ses amis alors que Don Pietro sera abattu devant les enfants du quartier dont il s'occupait.

Comme Ossessione, de Visconti, Le film de Rossellini associe le cinéma et le reportage, la vraisemblance de celui-ci devant renforcer le message du premier. Montrant la réalité sans apporter de jugement, remplaçant le microscope par la caméra pour être au plus près d'une situation réellement vécue afin que le spectateur imagine en faire l'expérience à son tour. Le rêve permet de supporter le présent, de ne voir qu'une partie du réel pour s'auto-illusionner et la mort est peut-être le moyen d'éviter une insupportable banalité. Le martyr comme porte de sortie...

 

Les amoureux parlent de leur avenir, celui-ci ne peut qu'être à la hauteur d'attentes si longtemps différées pour cause de conflit, l'humain vit dans ses illusions comme dans un nid que l'angoisse du quotidien ne fait que renforcer.

 

Le tragique est la forme la plus vraisemblable du destin !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 07:15

When Animal Dreams - Jonas Alexander Arnby – 2014 - 84'

Le médecine examine marie, cherche les rougeurs sur sa poitrine, l'observe, l'interroge, regarde ses dents... rien ne paraît anormal et il propose à la jeune fille de revenir dans un mois pour voir de quoi il s'agit. À la maison elle retrouve ses parents et propose d'aller promener sa mère, handicapée en fauteuil roulant, sans que l'on sache de quoi elle souffre exactement.

Le lendemain elle commence son emploi dans une poissonnerie et essaie de domine le malaise qu'elle paraît ressentir. Que faire d'autre de toute façon dans cet endroit ? Petit bizutage, elle est poussée par Esben, un collègue pas très finaud, dans une benne pleine de poisson, après quoi elle fait vraiment partie de l'équipe et de l'usine.

La journée de travail est trop courte et quand elle rentre elle surprend le médecin chez elle, sa mère demande des soins, une surveillance constante. Elle en profite pour subtiliser le dossier médical. Ne lui cache-t-on pas quelque chose ?

Sa curiosité semble s'être accrue depuis quelques temps en espionnant ses parents elle surprend son père en train de raser le dos de sa mère... ce qui l'intrigue et l'angoisse, comme ces rêves étranges qui se font de plus en plus présents.

À l'usine le travail continue mais les hommes la regardent, de travers, comme s'ils voulaient la courtiser mais se l'interdisaient.

Sa vie est sur des rails, la maison, la poissonnerie, les distractions sont rares. Raison pour laquelle sans doute deux autres ouvriers l'agressent un soir alors qu'elle se change avant de rentrer chez elle et font mine de la violer, avant d'enlever leurs cagoules et de rire de la peur qu'ils lui ont fait.

Peur qui grandira quand elle découvrira sur sa poitrine que ce ne sont plus des rougeurs mais des poils, roux et rêches, qui poussent.

Il ne fait pas de doute pour Marie qu'il se passe quelque chose, que sa famille cache un secret. Mais ça ne va pas durer. Son père l'appelle, le médecin est là, il est temps qu'elle sache, les symptômes s'installent, le processus est irrémédiable. Ainsi Marie apprend qu'elle est malade, que des poils vont pousser sur son corps mais que son caractère aussi va se modifier, elle va devenir violente, agressive. Il lui suffit de prendre le traitement que le docteur lui propose pour que cela n'arrive pas.

Mais la jeune fille refuse !

Sur le port elle trouve un bateau abandonné, l'explore, y trouve des poils mais aussi des traces de griffes sur les parois. Pas question de s'arrêter là, le plus simple est encore d'aller voir Félix, un ami plus âgé qui doit en savoir plus. Elle veut savoir en particulier si sa mère est déjà allé sur ce bateau. Félix élude la question mais lui dit que sa mère était très belle mais faisait peur aux hommes, tout comme elle. Lui ne semble pas la craindre puisqu'il lui propose d'aller danser dans la boite de nuit du coin.

Le monde étant petit elle retrouve Daniel et lui murmure à l'oreille qu'elle est sur le point de se transformer et qu'elle a un grand besoin de sexe.

Ensemble ils vont faire un tour sur la plage, boire, dire, trouver une petite maison tranquille... mais Marie lui demande de partir.

Alors qu'elle vient juste de rentrer et de se coucher son père tente de l'immobiliser pendant que le médecin essaie de lui faire une injection. Marie n'a pas la force de résister, elle appelle sa mère au secours...

la disparition du docteur va attirer l'attention, en fait il semble que beaucoup de gens soient au courant de la ''maladie'' de la mère de Marie.

Pas d'effet gore dans ce film mais un climat oppressant né du contraste entre le cadre qui ressemble trop à une carte postale et l'évidence que la ''maladie'' de Marie va prendre le dessus.

Comme la peur chez les villageois. Mais impossible pour eux de résister à une émotion si naturellement ancrée chez les proies.

 

Le Jütland est loin de la Californie et cette production se dispense des effets des films qui nous en arrive régulièrement avec une jeune, et jolie, Sonia Suhl, actrice dont j'espère qu'elle n'aura pas été dévorée par ce rôle.

 

La bête en soi ne devient un ennemi que quand on la renie !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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