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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 08:52

Doctor Ehrlich's Magic Bullet – William Dieterle – 1940 – 103'

Chercheur à berlin, Paul Ehrlich a une telle approche de son travail, qu'il passe pour un excentrique. Cependant Emil von behring, un assitant de Robert Koch, prend connaissance de son travail dans le domaine de la chimiothérapie, sa carrière de chercheur va alors évoluer positivement. Grace à la méthode d'Ehrlich, la coloration, le diagnostique de la tuberculose va être facilité.

Il est donc un savant reconnu quand il tente une nouvelle approche du traitement de la syphillis. Depuis 1495 celle-ci est traité avec du mercure, un remède presque pire que le mal. Il va s'attacher à découvrir le produit capable de cibler le tréponème, la bactérie responsable de cette MST. Ce qu'il appelait ses ''balles magiques'' qui atteindraient leur cible épargnant les cellules saines du malade.

De nombreux essais vont être nécessaires, jusqu'à ce qu'un de ses assistants, le bactériologique japonais, Sahachiro Hata, spécialiste de la syphilis du lapin, remarque l'efficacité du composé 606.

En 1910 Ehrlich put annoncer la mise au point du Salvarsan, un nom plus convenable pour un médicament que 606. un traitement qui fut mal vu par certains représentants religieux qui voyaient dans la syphilis une juste, et divine, punition infligée aux pécheurs, le film fut également critiqué pour mettre en valeur ce chercheur, pour cette même raison.

 

William Dieterle continue sa série de biographies, partielles, filmées de grands noms, après Pasteur et Zola il s'attaque à Paul Ehrlich, savant oublié de nos jours, injustement, puisqu'il est considéré comme le père de la chimiothérapie et reçut le prix Nobel de Physiologie ou médecine en 1908. il est probable que la volonté des nazis d'effacer le maximum des travaux effectués par des savants juifs fut préjudiciable à sa postérité. Edward G. Robinson saisit l'opportunité de sortir de ses rôles de gangsters pour incarner, avec sa force habituelle, un personnage plus sympathique. Il est l'argument principal de cette réalisation, moins réussie, vue d'aujourd'hui, de ce réalisateur. Le film donne envie de redécouvrir le savant, c'est déjà pas mal.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 08:43

有客到 (Yau hak dou) - Carrie Ng – 2015 - 88'

Se tenir à l'angle du toit d'un immeuble est périlleux mais volontaire pour cette jeune femme qui fait face au vide. Elle hésite alors qu'en dessous personne ne l'a vue...

 

Une cérémonie commence en attendant un invité, dans une morgue un spécialiste s'occupe du cadavre d'une jeune femme...

 
KNOCK KNOCK WHO'S THERE ?

C'est l'heure de l'union entre Isabella et Harry, une belle fête qui se conclut par un toast au champagne et une pièce montée. Aucun rapport avec le camion jaune dont le chauffeur aime rouler en musique. Le mariage fini, les invités se dispersent, les époux ne voient pas qu'ils sont suivi par une voiture de photographes prêt à tout pour prendre un cliché du fils d'un milliardaire qui va tout faire pour les semer, au point que la jeune mariée a envie de vomir, elle passe la tête par la portière, au moment où le camion jaune passe.

Plus loin, voyant qu'il perd son chargement, des sacs poubelles, le routier s'arrêtera. Il descend de sa cabine, pestant de devoir tout ramasser. Sa plus grande surprise sera de remarquer que dans sa benne il y a une jeune femme à la recherche de sa tête.

KNOCK KNOCK WHO'S THERE ?

Roy s'interroge sur la disparition d'un être cher, il vient de perdre une amie dans un accident de voiture après son mariage. Le plus étonnant est que la tête d'isabella reste introuvable. Difficile de préparer les funérailles sans elle. La sœur de la morte voudrait que ce soit lui qui s'en occupe, en souvenir de l'époque où ils formaient un couple d'étudiants, à Londres, et parlaient mariage.

 

La morgue est grande, le fantôme d'Isabella se cache, il ne veut pas être emmené, pas encore, et une jeune femme se perd dans les couloirs, jusqu'à rencontrer des fantômes. Dans ce lieu ça ne peut étonner personne, tant pis pour les joueurs de Mah-jong et la jeune thanatopractrice qui aime travailler en musique.

L'intérêt d'être un spectre c'est voir sans être vu, son enterrement, les regrets de Roy de n'avoir pu épouser celle qu'il aimait. Et pourtant, il lui avait promis le mariage, même si elle était un fantôme. Sans croire à ce qu'il disait probablement. Isabella était partie, demandant à Carmen, sa sœur, de donner un message au jeune homme. Celle-ci ne l'avait pas fait ; ne lui avait-il pas volé Isabella ? Chacun avait cru être abandonné par l'autre ! Elle avait rencontré quelqu'un d'autre, lui était rentré travailler dans la morgue familiale.

 

Et si ce décès leur permettait de se retrouver ?

 

C'est mal d'enfermer un chat dans un cercueil pour s'en débarrasser, la preuve ! L'avantage d'embaumer des vivants ? Ils bruleront mieux. Et attention si vous invitez un fantôme chez vous pour qu'il se réchauffe, il viendra et vous demandera un service, l'aider à s'en aller par exemple. Lui et les autres victimes d'un tueur en série attendant d'être retrouvées, reconnues, libérées.

 

Et la jeune femme au bord du toit ? Vous le saurez en voyant ce film, ou en me le demandant gentiment.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 08:19

The Life of Emile Zola – William Dieterle – 1937 – 116'  Résultat de recherche d'images pour "the life of emile zola"

 

Émile Zola est un écrivain reconnu mais pas seulement, en 1897 il prend fait et cause pour le capitaine Alfred Dreyfus condamné pour trahison au profit de l'Empire Allemand. L'affaire Dreyfus oppose alors les français entre eux et les intellectuels prennent parti, les uns en faveur du militaire, les autres pour le dénoncer. Pour défendre la cause de la justice Zola rédige un article qui fait grand bruit dans l'Aurore, intitulé ''J'accuse...!'' dans lequel il dénonce à la fois la machination mise en place pour impliquer un innocent, le nationalisme de certains et les autorités militaires et l'antisémitisme qui désigne Dreyfus qui parce que juif ne peut qu'être coupable de la trahison dont on l'accuse.

Résultat de recherche d'images pour "the life of emile zola" Le film ne montre donc pas toute la vie de Zola mais s'attarde sur cet épisode, le plus important sans doute de l'existence de l'écrivain et qui le fit passer à la postérité au moins autant que son œuvre, sans parler de son décès, mais c'est une autre histoire. Il présente cette affaire de divers point de vue, sans doute pour essayer d'être le plus complet possible et de comprendre les motivations qui poussèrent un auteur connu, et reconnu, à prendre des risques pour défendre un innocent et ainsi montrer qu'être un artiste n'empêche pas de s'impliquer dans la vie politique de son pays, surtout pour en dénoncer les aspects les moins reluisants.

En France le film ne fut présenté qu'en 1952 dans une version édulcorée.

La réalisation a vieillie et nous voyons des ''trucs'' qui avaient cours à l'époque pour souligner ce que l'acteur voulait exprimer. C'était néanmoins courageux pour Dieterle, et Paul Muni, de se risquer à tourner ce film, critiquer l'antisémitisme n'était pas forcément bien vu. Tournée après La vie de Pasteur, La Vie d'Émile Zola connut pourtant un grand succès et fut couronné aux Oscar aussi bien pour sa réalisation que pour son scénario. Muni l'avait eu pour son rôle de Pasteur.

 

Pas un chef d’œuvre mais un classique qu'un cinéphile se doit de voir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 08:26

Tyler Shields – 2015 - 84'

Que faire pour vaincre l'ennui d'une existence où tout semble facile ? Pourquoi ne pas organiser des chasses à l'homme, ou à la femme ? Il suffit de lui dire de courir dans les bois, de lui laisser quelques minutes d'avances pour le ''sport''.

 

Elle s'appelle Veronica, lui c'est William, il se présente à l'enfant assise devant lui, de l'autre côté d'une longue table, il lui demande où sont ses parents. Elle répond qu'ils sont mort, que ce n'est pas grave, des personnes meurt tous les jours n'est-ce pas ? Après quoi il lui propose un test. Elle doit retrouver un chemin dans un labyrinthe dessiné. Trop facile. Après quoi il lui demande de fermer les yeux, de se rappeler la première maison où elle a habité. La porte d'entrée, le nombre de pas jusqu'à sa chambre : 17 ; entre le lit et la salle de bains : 6. Que voit-elle dans la salle de bain ?

- J'ai bien répondu demande-t-elle ?

- Tu as été parfaite !

William lui demande si elle veut le suivre, il veut l'entraîner pour un travail spécial qui lui conviendrait parce qu'elle est spéciale.

Veronica sourit et demande si elle peut avoir de la glace.

Résultat de recherche d'images pour "final girl"

12 ans ont passé, elle débarque avec son mentor sur la grève d'un lac. Un test préparatoire, traverser la forêt, pieds nus, simple !

Gwen est blonde, serveuse, elle attire l'attention de quelques jeunes qui la regarde, la désirent, se disent qu'elle serait idéale pour leur occupation secrète du samedi soir.

 

Veronica poursuit ses exercices, elle doit se défendre, attaquer, cette dernière action lui convient mieux. Elle voudrait que son professeur lui enseigne autre chose que des techniques de combats, de résistance à la douleur et tout ce qui lui servira quand c'est elle qui sera seule, sans arme, obligée de courir dans les bois, poursuivie par une bande de minables se nourrissant d'émotions faciles et de risques factices. Mais ce n'est pas le moment, elle doit encore apprendre, s'améliorer, vaincre ses peurs les plus profondes. Après quoi il sera temps d'attirer ceux qui se prennent pour des loups mais vont découvrir qu'ils ne sont guère plus que des caniches, quand même même serait-elle habillée de rouge. Avoir tué dix filles ne prouve pas leur valeur. Si jeune, si belle, si fragile, la proie idéale. Si l'on se fie aux apparences. Erreur fatale !

La chasse va commencer, quatre contre une, c'est inégal..

 

Si elle veut tuer ceux qui le méritent elle a pas fini !

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 08:36

The Story of Louis Pasteur William Dieterle – 1936 – 87' 

 

La science, on le sait, avance par à-coups et régulièrement se voyait considérée comme ayant atteint ses limites. Il est clair qu'elle n'a que celles des scientifiques. Une génération se confronte à la précédente qui pense avoir fait le tour du savoir possible et qu'il ne reste que des miettes. La nouvelle puise dans cette opposition une détermination à démontrer que cette opinion est fausse. Les nouvelles idées s'imposent, la jeunesse conquérante devient une maturité dominante qui oublie d'où elle vient et à son tour se pose en gardienne des traditions.

Ainsi Pasteur se trouva-t-il confronté à de fortes oppositions durant sa vie, comment, avant lui, imaginer qu'il existait d'étranges animalcules véhiculant les maladies était impossible, de même la génération spontanée était communément admise. Dans les deux cas il prouva qu'il avait raison, d'abord en inventant un vaccin contre la maladie du charbon puis contre la rage, ouvrant ainsi la porte à de nouvelles sciences, à une meilleure compréhension du monde qui nous entoure, des dangers qui nous menace et des moyens de lutter contre eux. Il montra aussi combien la science se doit d'être expérimentale et ne peut se satisfaire d'à peu près, d'idées anciennes, il est bon de revoir ce que l'on pense, de vérifier ce que l'on croit, de démontrer ce que l'on affirme. Dans tout ces domaines il s'affirma comme un des plus grands savants du XIXe siècle. À ce titre il était normal qu'il intéresse le cinéma.

 

C'est William Dieterle, qui se charge de porter sa vie sur le grand écran, la Warner est moyennement convaincu mais cherche de nouvelles pistes pour attirer les spectateurs dans les salles, celle-ci vaut d'être essayée. Et la compagnie en fut ravie, le film fut un grand succès populaire, il emporta plusieurs Oscar dont celui du meilleur acteur pour Paul Muni, et lança la mode des biographies (il n'était pas question de biopics) filmées d'hommes qui luttèrent contre les visions rétrogrades de leur temps pour imposer de nouvelles idées.

La réalisation souligne la lutte de Pasteur, celle de l'innovation contre l'immobilisme, il est à l'image d'une Amérique qui se veut jeune et moderne, porteuse des nouvelles idées qui vont changer le monde. Et dans un certain sens ce sera vrai. Le savant français incarne le goût de la découverte et l'espoir d'apporter à tous une vie meilleure. Paul Muni souligne toutes les qualités de Pasteur, en oublie les défauts, mais il ne s'agissait pas d'en montrer toutes les facettes, seulement de souligner qu'avoir raison contre tous n'empêche pas de triompher finalement.

Est-ce toujours vrai ? J'avoue que j'en doute, mais la question n'est pas là. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 10:34
SOUL OF A DEMON

蝴蝶 (hú dié)Chang Tso Chi – 2007 – 122'

SOUL OF A DEMON

En 1895 après la défaite de la Chine face aux Japonais l'île de Taïwan devenait une colonie de ce pays. Des années plus tard le Japon construisit un important port de pêche à Nanfangao. De nombreux Japonais s'y installèrent, dont le grand-père de Yi-zhé, venu avec des ouvriers pour photographier leurs travaux. Ceux-ci constituaient le dernier groupe de migrants à s'installer. L’aïeul de Yī-zhé décida de rester pour y élever sa famille. 60 ans ont passés mais le port de Nanfangao conserve son héritage nippon. La famille de Yi-zhé se retrouve donc entre deux cultures.

 

Yi-zhé se voyait voyageur, libre, sans souvenir ni attaches. Nanfangao est pourtant le socle dont il ne peut se passer.

SOUL OF A DEMON

Le jeune homme sort de prison, 3 ans c'est long, et rentre chez lui. La voiture longe la mer. De haut il regarde cette ville qu'il connaît si bien sous un ciel plombé, habituel. S'il ne pleut pas c'est qu'il va pleuvoir ! Sa grand mère a préparé son repas, des nouilles aux pieds-de-porc. La maison n'a pas changé, son arme est toujours là.

SOUL OF A DEMON

Les lucioles aussi, c'est trop sympa de les capturer. Yi-zhé retrouve son amie, son frère, aveugle, en fauteuil roulant qui adore jouer de l'accordéon, et des airs français. Quelques temps plus tard c'est Ren qui revient du Japon où il vivait avec leur père, parti depuis longtemps, son frère cadet, le vrai coupable du crime qui le conduisit en prison. Il a besoin de retrouver sa place, ses ami(e)s, ses relations plus ou moins douteuses, ses copines, une qui travaille dans un karaoké désormais, une autre, dans une pêcherie. Celle avec laquelle un avenir pourrait être possible. Si elle était comme sa mère, silencieuse, acceptant tout...

 

Pendant ce temps Ren apprend à manipuler les marionnettes. Le parc a été laissé à l'abandon, la végétation, profitant du climat, a repris le dessus et va noyer les attractions, les statues animalières. Yi-zhé fait parti d'une petite bande, le chef est en prison, pourquoi ne serait-il pas le chef ? Mais non, le rôle ne lui plait pas. Quand un homme est attrapé parce qu'il rodait dans le coin c'est lui qui s'en occupe, avec une batte.

Efficace !

Yi-zhé sait aussi frapper une femme, mais avec la main !

SOUL OF A DEMON

Il est plus tendre avec une autre jeune femme bien que celle-ci ne parle plus depuis plusieurs années.

Après le frère cadet c'est Chang, le père de Yi-zhé qui revient du Japon. Il retrouve les problèmes qu'il n'a pas réglé mais seulement transmis à ses fils alors que son épouse ne supportant pas cette situation se suicida.

Tout le monde est en place, les marionnettes ne sont pas que des pantins de bois, ce sont aussi, surtout, des hommes menés par leurs pulsions.

SOUL OF A DEMON

Yi-zhé pro pose à son amie silencieuse de partir pour Lanyu, l'île dont sa mère était originaire. Un détour par le passé pour espérer affronter l'avenir. Pourquoi pas ? L'occasion pour Yi-zhé de se souvenir de ses jeux d'enfant, du jour où il failli se noyer pour avoir voulu attraper un ballon emporté par l'océan, de montrer à la jeune femme cette grotte jadis pleine de papillons. Il lui explique que la mot papillon n'existe pas en Seediq, la populations les appellent ''babanalidu'' : ''L'âme du démon'' puis lui montre la tombe de sa mère. Mais il n'est plus chez lui ici !

SOUL OF A DEMON

Pendant ce temps Chang essaie de régler les problèmes avec Shun, le plus important chef local appartenant à une organisation rivale. Pour être plus ''convaincant'' Shun a enlevé Ren pour régler un contentieux vieux de plusieurs années, celui-là même pour lequel Yi-zhé fit de la prison. L'assassinat du fils de Shun !

Effectivement, le moment est venu de régler tous les comptes.

Yi-zhé voulait un endroit où il serait invisible, un voyageur venant quand il veut, partant quand il veut.

SOUL OF A DEMON

Onzième partie du challenge 1 mois = 1 consigne 2016.

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 08:42

Die xue jie tou – John Woo – 1990 – 136'

 

Nous sommes à Hong Kong en 1967. Paul (Waise Lee), Ben (Tony Leung) et Frank (Jacky Cheung) sont amis d'enfance, bien que très différents, leurs vies semblent toutes tracées. Un grain de sable va venir perturber cette situation trop banale pour faire un (bon) film.

Le jour du mariage de Ben alors que se déroulent des émeutes à Hong Kong, Frank est attaqué par des gangsters. Ben veut venger son ami, pour cela il s'en prend au chef des agresseurs, et le tue sans le vouloir. Inutile de faire valoir qu'il s'agit d'un homicide par imprudence, il faut fuir. Nos trois hommes se retrouvent au Vietnam ou ils trouvent un emploi auprès d'un chef d'une mafia local.

Dans ce gang ils font connaissance avec Luke (Simon Yam), tueur, forcément, qui leur propose de faire un casse, il s'agit tout simplement de s'emparer de la réserve d'or du patron. Une mauvaise idée mais qui retient l'attention de nos trois mousquetaires, désormais quatre, comme il se doit.

Ils avaient quittés Hong Kong pour échapper à la violence, c'était fuir Charybde pour se jeter dans Scylla. En effet le Vietnam subit encore les contrecoups de la guerre, un climat idéal pour qui veut profiter d'une situation instable pour se construire un empire, ou, plus simplement, se remplir les poches. Exactement ce que nos amis espèrent.

 

Il n'existe pas de meilleurs moyens d'éprouver une amitié que d'y adjoindre de l'argent (beaucoup), et une femme, une jeune et jolie chanteuse (Yolinda Yan) retenue prisonnière, par ailleurs droguée, ce qui n'est pas incompatible, en Asie comme ailleurs !

Les amateurs de John Woo connaissent sa façon de filmer, son imagination visuelle, sa violence, son goût des armes et du sang, cette fois s'y ajoutent un profond pessimisme – ou un excès de lucidité, ce qui revient au même - l'évidence qu'il est vain de lutter contre un destin qui s'amuse. La fin est un de ces moments de cinéma qui vous suivent longtemps par la virtuosité de la mise en scène, toujours au service de l'histoire. Woo maîtrise son sujet, ne le perd jamais de vue, pas d'images superflues, chacune prépare la suivante, attirant le spectateur, l'intégrant à ce qu'il regard comme s'il y participait, jusqu'au dénouement...

Le reste du film peut sembler manquer de cohérence, de plans. Prévu pour durer 3 h il fut ramené à sa longueur actuelle. La version originale a été perdue, et c'est dommage pour tous les amateurs de cinéma qui auraient pris une ''balle dans la tête'' d'un encore plus gros calibre. Le résultat ne fut pas, commercialement, à la hauteur des attentes et John Woo dut mettre son talent au service de productions moins intéressantes.

Je manquerais à mes devoirs si j'oubliais la musique, signée James Wong, elle colle aux images au point qu'imaginer celles-ci sans elle est impossible.

S'il devait y avoir une morale c'est qu'il est préférable de ne pas en avoir ! Tant mieux pour moi.

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:00

명량-회오리바다 (myeong-ryangm heui-o-ri ba-di) – Kim Han-min – 2014 – 128'

Les choses se passent mal en Corée en cette année 1597. Le pays est en guerre contre le Japon et ne rencontre pas le succès, loin de là.

Depuis quelques mois l'ancien amiral Yi Sun-sin est en disgrace, suite à un complot nippon aidé par des adversaires internes de l'amiral. La peine de mort ne lui est évitée que grâce à ses états de service auquel le roi est sensible. Dégradé il redevient simple soldat et est remplacé à la tête de la marine Chosŏn par Won Gyun. Alors que son prédécesseur avait renforcé la flotte, Won Gyun va démontrer son incompétence en se lançant dans des attaques inconsidérées contre la marine japonaise. Le pire sera atteint lors de la bataille de Chilchonryang, la flotte ennemie, commandée par Tōdō Takatora va en effet quasiment anéantir celle de Won Gyun. Heureusement, pour lui, Won Gyun, trouvera la mort durant cet affrontement. Yi Sun-sin est rapidement rétabli dans ses fonctions mais la situation est dramatique, il reste 13 navires ; contre 333 !

The Admiral : Roaring Currents

Il faut pourtant agir pour empêcher l'armée japonaise de remonter la péninsule coréenne et s'y installer durablement.

The Admiral : Roaring Currents

Il faut donc tenter le tout pour le tout malgré la disproportion de moyens. Yi va donc attirer les japonais dans le détroit de Myong-Yang, lequel connaît de violents courants qui changent régulièrement de direction. L'amiral va utiliser ces circonstances autant que des méthodes innovantes pour entamer l'affrontement, générant un véritable mur de feu pour tenir l'adversaire à distance sans qu'il puisse y échapper grâce aux courants. Lesquels d'un autre côté empêchaient qu'un grand nombre de navires puissent s'engager simultanément. Beaucoup entrèrent en collision, un grand nombre de marins nippons trouva se noyant par incapacité de joindre la côte. 

The Admiral : Roaring Currents

26La psychologie jouant son rôle quand un des chefs adverses sera repéché Yi le fera décapiter et mettre sa tête sur une pique. Le moral des Japonais en prit un coup. Galvanisant ses hommes Yi Sun-jin signe une des plus belles victoires coréennes, il ne perdit aucun navire, devenant un des plus grands héros du pays.

 

Un film historique bénéficiant de grands moyens, numériques aussi, dominé par Choi Min-sik, comme toujours impressionnant. Vaincre le Japon étant une raison supplémentaire de lui rendre hommage, à la suite de ce désastre il dut même revoir ses ambitions. Il détient le record de fréquentation avec plus de 17 600 000 entrées.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 08:52

Der müde tod – Fritz Lang – 1921 100'

Prologue - Aux abords d'une petite ville, la mort, sous les apparences d'un étranger à la silhouette longiligne et au visage grave et triste, monte dans une diligence où se trouve déjà un couple d'amoureux. Tous trois arrivent dans "une petite ville perdue dans le passé". L'installation du mystérieux voyageur intrigue. Achetant un terrain près du cimetière il l'entoure d'une impressionnante muraille loin des regards indiscrets...

La jeune fille s'inquiète, son bien-aimé a disparu. Voyant le spectre de son amoureux pénétrer dans la demeure elle trouve l'entrée de ce lieu où La Mort leur ancien compagnon de route l'accueille ! La jeune fille la supplie de lui rendre son bien-aimé. Celle-ci lui montre alors trois lumières dont chacune représente une vie. Si elle peut en sauver une le jeune homme lui sera rendu.

Bagdad au IXe siècle ; l'infidèle pris dans la Cité de la Foi amoureux de la sœur du Calife périt malgré l'aide de celle-ci des mains du jardinier, El mort / La Mort.

Au XVIIe siècle à Venise le carnaval bat son plein. Complots et intrigues se nouent chez le riche Girolamo lequel désire la belle Mona Fianetta. Pour l'obtenir il fait tuer son amant, Giovanfrancesco par son serviteur Maure, qui est, on le devine, La Mort.

À la cour de l'Empereur de Chine le magicien A Hi offre au monarque une armée miniature et un cheval volant mais l'Empereur est surtout intéressé par la fille du magicien, Tsiao Tsien Lieng. Fuyant avec son bien-aimé, elle ne peut empêcher l'Archer impérial de tuer celui-ci.

 

 

Malgré ces trois échecs La Mort donne à la jeune fille une dernière chance : qu'elle lui amène dans l'heure une autre vie en échange de celle du jeune homme. Seule se présente celle d'un nouveau-né. Pourtant elle préfère le sauver des flammes plutôt que de le laisser périr... Avouant son échec elle choisit de rejoindre celui qu'elle aime au royaume de la mort.

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 08:31

Murders in the Rue Morgue – Robert Florey – 1932 – 72'

1845, Pierre Dupin est un jeune étudiant en médecine, fiancé à Camille. Il apprend que, dans la même semaine, trois femmes ont été retrouvées dans la Seine. Se mettant à fréquenter la morgue il cherche quelle pourrait être la raison réelle de ces décès. Toutes semblent s'être suicidées mais en examinant les corps il remarque des entailles sur le bras des victimes et découvre finalement que la série de crimes est perpétrée par le Dr Mirakle, un savant cherchant à démontrer le lien de parenté entre l'homme et le singe.

Celui-ci en effet essaie de mélanger les sangs d'un gorille et d'une femme dans le but de démontrer le lien entre ces deux espèces. L'ADN était inconnu, Edgar Poe aurait su en tirer parti, dommage. Mais la question n'est pas là. Mirakle essaie donc ses expériences, sans succès, forcément, mais il pense avoir trouvé la ''partenaire'' idéale de son primate, Camille. Mais celle-ci a un fiancé, le jeune Dupin, qui non content d'étudier la médecine aime à jouer au détective.

Voila le parfait exemple d'un film qui aurait pu être excellent s'il avait bénéficié de la direction d'un réalisateur plus doué que Robert Florey. Celui-ci fait ce qu'il peut, peu ! Trouvant par à-coups l'inspiration, n'hésitant pas à tourner des scènes d'une violence explicite, plongeant son film dans une ambiance sombre et crépusculaire, sublimant Paris, montrant l'angoisse s'insinuant dans chaque rue jusqu'à la scène finale sur les toits montrant Dupin courant après le Gorille. La présence de Karl Freund à la photo amplifie les qualités esthétiques du film mais celui-ci manque trop de rythme et de maîtrise pour en profiter pleinement.

On comprend mieux pourquoi Florey ne fut pas retenu pour Frankenstein, James Whale était bien meilleur ! De même pour Lugosi venait de se voir refuser le rôle de la créature, là encore le choix fut le bon et Boris Karloff livra une prestation qui le fit entrer au Panthéon du cinéma. Bela garde pour lui Dracula, ça rime, ce n'est pas si mal.

Pour conclure difficile de ne pas se sentir frustré devant une réalisation au-dessous du niveau qu'elle espérait. Poe fut souvent trahi, heureusement il reste possible de le lire.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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