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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 07:14

역린 (Yeokrin ; La colère du roi) – Lee Jae-gyu – 2014 - 135'

''J'ai tellement peur que je préfère mourir'' c'est ce qu'affirme le prince Jeung-jo (정조왕) en février 1775, il sera pourtant roi !

Dans sa chambre il s'entraîne. Prendre soin de lui, rester en forme fait partie de ses obligations, néanmoins pour le faire discrètement il porte sur lui des poids afin d'endurcir son corps. Seul son valet est au courant.

Hong, le chef des garde lui annonce qu'il est l'heure de se rendre à la salle commémorative.

Complot et menaces autour de son trône sont monnaie courante, en particulier le général Koo, trop proche de la reine douairière qui aimerait bien se débarrasser de lui.

Le corps de son grand-père, lequel fit exécuter quelques années plus tôt le prince hériter Sado, fils de Yeong-jo et père de Jeong-jo, repose dans la salle des commémorations et le prince est là pour lui rendre les hommages dus.

Ailleurs des voyageurs traversent un lac sur l'embarcation faisant des va et vient dans ce but. Un homme est assis.

Dans la salle le nouveau roi est accueilli par une jeune femme qu'il doit pourtant appeler grand-mère, ce qu'elle est, par mariage bien sûr. C'est justement elle qui complote et voudrait bien éliminer ce Jeong-jo qui est en travers de son chemin.

La nuit promet d'être longue et la journée qui s'annonce plus encore. L'avenir est instable tant les oppositions sont nombreuses. Le pouvoir excite les convoitises et les factions derrière des apparences policées essaient d'influencer, ou faut-il dire, manipuler, le monarque.

La vie des enfants est rarement facile en ce temps, à fortiori pour les esclaves qui n'ont pour nom qu'un numéro et sont marqués au fer rouge pour ne pas oublier qui ils sont devenu au détriment de ce qu'ils étaient auparavant.

Si nous avons vu la ''grand-mère'' du roi celui-ci n'en a pas moins une mère, la duchesse Hae-kyung qui vient le prévenir d'un mauvais pressentiment. Il n'est à cet instant que 7 h 45. la cour bruisse d'intrigues et d'espions les rapportant à la partie adverse, tout en espérant être le premier à frapper, sans que cela soit trop visible.

Que le doute subsiste n'est pas important, qu'une preuve soit apporté ferait mauvais genre.

À 9 h 15 le chef des gardes rencontre le général Koo, pions se jaugeant sur un échiquier qu'ils ne comprennent pas. Partout dans le pays des regards s'affrontent, des menaces sont sous-entendues. Le temps semble ralenti et les pièces se mettent en place, bougent, se déplacent, jouant d'un avantage ou d'un risque. Pas de réel affrontement, sinon un mort par-ci par-là, mais cela ne se remarque pas.

Les appétits s'aiguisent plus facilement que des épées et l'homme de confiance peut se révéler un assassin attendant l'ordre d'entrer en action, même si c'est une enfant de 10 ans.

Le ver est dans le fruit, et il n'est pas tout seul, ce qui n'est pas grave puisque ce fruit là est toxique !

La journée continue, comme dans une partie d'échec c'est la fin qui est la plus risquée, les stratégies sont prêtes, chaque camp est sûr d'avoir bien choisi, de maîtriser la situation.

Ils ne peuvent avoir tous les deux raison !

La nuit approche, la douairière a prit sa décision et donne son ordre au général Koo et à ses troupes qui attendent en périphérie de la capitale : destruction !

 

 

''Faites de votre mieux, même pour ce qui est insignifiant... le monde changera ! ''

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 07:43

 

Korei – Kiyoshi Kurosawa – 2000 – 97'

Sorti chez nous sur grand écran, Séance est en réalité un téléfilm, ce qui n'en diminue pas l'intérêt mais explique des moyens réduits mis à la disposition du réalisateur. Déjà un film de fantôme mais celui-ci est plus le révélateur du quotidien d'un couple que le héros de l'histoire. En effet, tout commence par la disparition d'une enfant. La police ne trouvant aucune piste se résout à s'adresser à une médium. Ce n'est pas la première fois, ni la dernière.

Junko dispose d'un talent reconnu, aussi est-ce à elle que l'inspecteur menant l'enquête s'adresse. Elle vit dans la banlieue de Tokyo, avec son époux, Koji, une existence faite d'ennui et de banalité. Le couple n'a pas d'enfant mais beaucoup d'habitudes.

Koji de son côté est preneur de sons. Un jour alors qu'il fait des enregistrement à proximité du Mont Fuji il ne se rend pas compte qu'une enfant se cache dans sa malle pour fuir un homme qui la poursuit.

S'aidant d'un mouchoir remis par la police, Junko va prouver qu'elle est bien ce qu'elle prétend et retrouver la petite fille dans sa cachette. Elle a donc réussie sa mission, mais ça ne suffit pas à Junko qui voit là une opportunité de se faire connaître et d'échapper à sa morne existence.

Rien ne va se passer comme prévu, évidemment ! Alors que la police est dans la maison la petite fille se met à crier, Koji veut absolument la faire taire. Il va y réussir, un peu trop, puisqu'en relâchant sa pression il va découvrir que l'enfant est morte, asphyxiée.

Changement de plan ! Comment expliquer ce qui s'est passé, que l'enfant se soit retrouvé dans le bagage de Koji, par hasard, que l'ayant trouvé le couple n'ait pas immédiatement averti la police, tout ça pour se faire de la publicité, et qu'elle ait finalement trouvé la mort de cette façon ?

Tout n'est pas perdu, si on peut dire, il suffit de s'organiser autrement, de retrouver le corps, et le résultat, bien que plus dramatique sera bénéfique malgré tout pour notre duo.

 

De plus bien des questions se posent. Comment la médium put-elle retrouver la disparue vivante alors qu'elle ne peut communiquer qu'avec les morts ? Pourtant la petite fille n'était pas morte, enfin le couple était devenu une vraie famille... D'autant que le film commence sur la présentation de l'idée que les êtres humains auraient, parfois, le pouvoir d'incarner des frustrations ou des refoulements psychologiques sous la forme de ''Doppelgänger''.

 

Kiyoshi prend son temps, nous présente ses personnages, leurs espoirs, leurs frustrations et comment ils nourrissent celles-ci au point de les croire devenues réalité. Il prouve que l'angoisse n'a pas besoin d'effets. Qu'un fantôme semble véritable et ce sont les vivants qui perdent leur humanité.

 

Pour autant qu'ils en aient jamais eu.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 07:06

Pawn Sacrifice – Edward Zwick – 2015 – 114'

Pendant les années 60 le monde subit les effets d'une guerre dite froide mais qui est plus souvent tiède et, parfois, à deux doigts de bouillir. Mais tous les champs de bataille ne voient pas le sang couler, certains sont fait de cases noires et blanches : un échiquier, et dans ce domaine les soviétiques sont les plus fort, aussi quand un jeune américain montre assez de qualités pour les battre celui-ci devient-il une véritable vedette.

Bobby Fisher est un génie des échecs, il est aussi la proie de troubles psychologiques de plus en plus envahissant contre lesquels il lutte avec des difficultés grandissantes.

À priori on pourrait penser que le déplacement de pièces sur des cases n'a rien de cinégénique, pourtant quand le regard se porte sur ceux qui manipulent ces morceaux de bois qui ne sont que l'extension de leurs esprits, il prouve que c'est faux.

Tout commence, comme toujours, dans l'enfance. Là sont les premières racines visibles, et Bobby est confronté à l'absence du père et à une mère, juive allemande, soupçonnée d'amitiés communistes, ce qui est mal vu et induit une surveillance constante. Toute sa vie Fisher aura la certitude d'être épié, ce sera rarement faux.

Le jeune Bobby trouve dans les échecs un univers où il peut être le meilleur, ce qui n'est pas le cas dans la réalité. Petit à petit il va apprendre, s'améliorer, consacrer tout son temps à connaître les stratégies des maîtres du passé et les comportements des champions du présent. D'abord il devient le champion national, mais son but est bien de devenir champion du monde, pour cela il doit se confronter aux meilleurs joueurs du monde, les soviétiques, apprendre leurs tactiques, surprendre leur façon de jouer collectivement, forcément, histoire de le pénaliser en se contentant de nuls pour réduire son nombre de points.

Le chemin sera long, le caractère de Bobby ne l'aidant pas à supporter la pression, sa paranoïa ne fera que croître jusqu'à ce qu'il affronte Spasky pour un titre qu'il remportera. Une victoire sur l'Union Soviétique que les United States mettront à profit.

Par la suite Fisher ne parviendra plus à repousser ses démons, voyant un complot juif pour le détruire sans comprendre que son ennemi est en lui, et celui-ci il ne peut plus le repousser par échiquier interposé.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 07:36

トウキョウソナタ - Kiyoshi Kurosawa – 2008 – 95'

Tokyo Sonata

Le fantastique et le surnaturel ne sont pas toujours présent dans les films de Kiyoshi Kurosawa, pourtant ceux dont ils sont absent ne sont pas les moins inquiétant.

Ainsi cette histoire dont le point de départ est d'une grande banalité. Le drame familial est très présent dans le cinéma Japonais, exposant l'obligation de sauvegarder les apparences, de faire semblant que tout aille bien, pour les autres, la famille, les voisins, mais aussi pour soi, jusqu'à y croire vraiment.

Mais drame familial n'est-ce pas un oxymore ?

Tokyo Sonata

Cette fois il s'agit de Rhûhei Sasaki, un père qui se voit licencié sans préavis. Impossible d'en faire part à sa femme, Megumi, ni à ses enfants. Toute sa légitimité, sa raison de vivre, tient, croit-il, dans la tenue de ce rôle de père, de soutien de famille ; dans l'argent qu'il rapporte et son implication dans la vie économique du pays, fut-ce à un niveau réduit.

Chômeur n'est pas une situation désagréable, c'est une réalité infamante, une négation de soi.

 

Pourtant ce n'est pas le seul événement qui se produit. Le fils ainé, Takshi, en effet annonce qu'il va s'engager dans l'armée américaine afin de partir se battre en Irak. La nouvelle jette un froid dans le cadre familial ! Le cadet, Kenji, en revanche ne dit rien de ses ambitions, du reste personne ne le lui a jamais demandé. Le premier né porte les espoirs de la famille ! Parfait pour le plus jeune qui ne rêve que de musique et prend des leçons de piano en secret. Un artiste dans la famille ! Quelle honte !

 

Le père garde son rythme de vie mais au lieu de se rendre sur son lieu de travail, où son épouse ne viendra jamais le voir, il cherche un autre emploi, comme d'autres, si nombreux, tous si semblables qu'ils semblent des clones, fantômes en costume avec leur ordinateur devenu aussi inutile qu'eux.

Pas de fantôme donc dans ce film, sinon celui du passé, de ses conventions, et de ceux qui n'ont que lui pour les animer, qu'elles pour les remplir telle la paille donnant forme à un pantin. L'économie nouvelle se répand, un jour, c'est sûr, elle n'aura plus besoin que des ordinateurs sans personne pour, en les portant, avoir l'illusion d'exister.

Megumi regarde le spectacle d'une famille se décomposant. Et pourtant l'espoir demeure, l'émotion persiste, s'accroche, quand Kenji se met au piano et interprète Schubert...

 

Et si, parfois, les fantômes mouraient ?

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 07:48

 

贖罪 2012 – 255' (adapté d'un roman de Mitano Kanae)

1985. Alors qu'elles jouent dans la cour de l'école de leur village, Ueda, cinq petites filles, Sae, Maki, Akiko, Yuka et Emili s'amusent comme tous les enfants de leur âge. Un homme arrive, il persuade Emili de venir avec lui dans le gymnase. Il l'y viole puis la tue ! Les quatre autres enfants seront incapables de fournir la moindre description du visage du tueur bien qu'elles aient eu largement le temps de le voir.

Asako Adachi, la mère d'Emili est l'épouse d'un riche industriel, ce qui ne l'empêche pas de ''maudire'' les quatre fillettes qui n'auront rien fait pour aider leur amie ni pour aider la police. Chacune devra faire ''pénitence'' (Shokuzai) pour expier leur complicité passive.

Quinze ans plus tard chacune reste piégée par ce passé et Asako est d'un gris qui se confond avec les murs d'une ville qui semble morte elle aussi.

À l'origine une mini série en cinq épisodes, Shokuzai est devenu un double film pour le grand écran. Le premier : Shokuzai, celles qui voulaient se souvenir est centré sur Sae et Maki. La première est esthéticienne, elle craint les hommes mais se laisse transformer en poupée par un homme riche qui lui a promis le mariage. La seconde est institutrice, stricte, obsédée par la sécurité de ses élèves. Un jour elle assomme un homme armé qui s'était introduit dans sa classe, ce qui lui vaut d'être applaudie par ses élèves mais tancée par sa direction.

Le second nous présente Akiko et Yuka puis Asako.

Le scenario fait évoluer lentement, mais sûrement l'action, dessinant des personnages marqués parce qu'ils ont vécus mais aussi par leur environnement. Les fillettes étaient-elles vraiment des victimes, la peur qu'elles ressentirent était-elle exempte de satisfaction, de ne pas avoir été choisie ou que ce soit Emili qui connaisse ce sort funeste. Chacune devra affronter les ombres rampant hors de son passé, cohabiter avec sa culpabilité, porter le poids de sa lâcheté jusqu'à se faire justicière, croyant ainsi oublier le passé.

Les thèmes se combinent, puisant aux sources les plus obscures de la psyché humaine, déterrant les racines des pires tragédies. Adultère, inceste, pédophilie, rancœurs, vengeance. Liste non exhaustive ! Asako veut venger sa fille, et l'ultime épisode qui dévoile lentement ce qui s'est passé. La suite d'événements menant au crime d'Emili, la responsabilité d'Asako.

 

Personne n'est innocent, on le sait, être une victime n'est pas une qualité, j'aime à le répéter. Le film de Kurosawa le démontre, se jouant de la morale, de l'obligation d'une fin ''digne''.

Que reste-t-il une fois la vérité connue, les mystères résolus, la revanche obtenue ? Un vide immense, cet abîme auquel on ne peut plus échapper pour l'avoir trop regardé.

Si vous trouvez la durée de projection exagérée, vous pourrez arrêter entre deux épisodes. Mais ce sera difficile tant le réalisateur maîtrise son sujet, fait de ses images un fil difficile de lâcher une fois que l'on s'en est saisi. Ce n'est pas la mère qui tisse sa toile, c'est lui, pour capturer le spectateur pour lui faire oublier le temps et sortir de ce film en gardant en tête pulsions et sentiments qui ne sont étrangers à personne.

Si vous êtes là c'est que la tentation des ténèbres ne vous est pas étrangère, par film interposé vous ne courez pas grand risque.

Quoi que...

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 08:05

Im Labyrinth des Schweigens - Giulio Ricciarelli – 2014 – 124'

Rencontre de hasard, un ancien déporté reconnaît un de ses tortionnaires dans un groupe de professeurs, la main de cet homme est impossible à oublier. Il en parle à un journaliste...

 

Allemagne 1958, Johann Radmann est un jeune procureur plein d'avenir. L'époque est à la réconciliation et peu veulent voir les meurtres commis sous le IIIe Reich. A Nuremberg, seuls 150 nazis ont été condamnés et ce par la justice des Alliés. Alors que certains le poussent à oublier le passé ou carrément le nient, Johann mène sa propre enquête, à ses risques et périls. Il finit par découvrir des pièces essentielles concernant d'anciens officiers SS ayant commis des crimes au camp d'Auschwitz...

1958. Alors que l'Allemagne veut oublier son passé et que des centaines de fonctionnaires nazis ont été réintégrés dans l'administration, un jeune procureur décide de faire juger, pour la première fois sur le sol allemand, d'anciens SS ayant servi à Auschwitz. Des années à lire des kilos de paperasse et à entendre des centaines de témoignages. Enfin, il assiste, en ce jour de décembre 1963, à l'ouverture du procès de Francfort, où vont comparaître pendant vingt mois, devant un jury populaire, vingt-deux « exécutants » du plus grand des camps de la mort...

C'est un film-dossier dans la grande tradition du genre, à la manière des Hommes du Président d'Alan J. Pakula. Respectueuse des faits historiques, cette fiction mêle des personnages qui ont existé (le procureur Fritz Bauer et le journaliste Thomas Gnielka), et un héros presque seul contre tous — incarné par Alexander Fehling, comme dévoré de l'intérieur —, intelligemment « fabriqué » à partir de trois procureurs qui menèrent l'enquête à l'époque. La mise en scène, tendue, s'accroche aux pas de ce justicier de plus en plus obsessionnel. Chaque décor pèse sur les personnages comme une chape de plomb et chaque espace devient une menace.

Quant aux scènes d'audition des rescapés du camp — où l'on a du mal à retenir ses larmes —, elles sont remarquables de sobriété. « Est-ce vraiment utile que tous les jeunes Allemands se demandent si leur père est un meurtrier ? » : cette ­réplique angoissante plane sur ce film passionnant et complexe.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 07:23

回路 Kiyoshi Kurosawa 2001 – 117'

Les films de fantômes redevinrent à la mode au Japon après le triomphe du film de Hideo Nakata, Ring, en 1998. Kiyoshi Kurosawa reprend le flambeau avec cette réalisation qui voit le passé et ses mythes ressurgirent dans une époque qui croyait l'avoir oublié. Tagushi est informaticien, un jour il se pend dans son appartement, ne laissant en guise de message qu'une disquette. Ses collègues voudraient en savoir davantage, comprendre pourquoi se donner la mort ainsi.

 

Ce spectre est différent, sans ennemi dont il voudrait se venger, non c'est la société qui est responsable de son geste, une société d'otakus, fan de high tech, communiquant avec leur ordinateur, devenant, eux aussi, virtuels sans (vouloir) s'en rendre compte, s'éloignant d'une vie qui, peut-être, ne veut plus d'eux. Être si peu réel peut amener à considérer qu'un fantôme n'appartient pas vraiment à un autre monde.

Les écrans sont omniprésents, fenêtres sur un ailleurs promettant une immensité glacée, une éternité morne, une vérité déstructurante. À moins que ce ne soit le contraire.

Les hommes deviennent flous, observent les fantômes qui les entourent comme des miroirs, errant dans des environnements vides qui leur ressemble.

 

Le virus que Tagushi glissa dans sa disquette est-il là pour accélérer les choses, pousser dans l'absence ceux que le vide caractérise, ou pour amener le réveil des quelques esprits qui persistent à vouloir vivre ?

Rien à voir avec Ring dans cette réalisation de Kurosawa mais les fantômes n'en sont pas moins terrifiants de la tentation que nous avons de leur ressembler.

回路
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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 08:14

Philippe Le Guay – 2015 – 110'

Claude Lherminier fut autrefois un personnage important de l'industrie du papier, héritier d'une usine qu'il fit grandir et prospérer, jusqu'au jour où il la quitta sans prévenir. Depuis c'est sa fille, Carole, qui en a pris la direction, sans y avoir été préparé, sans l'avoir choisie mais consciente que c'était la seule chose à faire pour sauvegarder l'entreprise familiale et les emplois afférant. Pour cela elle due nouer des alliances avec un groupe étranger qui choisit de la maintenir à sa tête.

Un bon signe.

  1. Lherminier depuis vit chez lui, vieillissant plutôt mal, voulant démontrer qu'il peut s'assumer seul et menant la vie dure aux personne qui viennent l'aider et qui, de fait, ne gardent pas longtemps leur place.

Ce qui l'amuse. Il a d'ailleurs mis au point une stratégie d'accusation qui finit toujours par porter ses fruits. Et en parlant de fruits, il refuse de boire autre chose que du jus d'orange de Floride. N'est-ce pas dans cet état que vit sa fille ainée, Alice, depuis de nombreuses années, celle-là même qui va sûrement venir pour son anniversaire.

Il aime à le répéter, va même acheter un palmier afin qu'elle ne soit pas trop dépaysée.

Petit problème : Alice ne viendra jamais, elle est décédée depuis 9 ans dans un accident de voiture. Chose qu'il semble ne pouvoir accepter. Ce qui n'est pas sans mettre Carole en porte à faux, acceptant la responsabilité d'avoir rompu les ponts avec son ainée.

Mais la santé de Claude périclite, le corps résiste mais, on s'y attendait, c'est l'esprit qui lâche, la mémoire qui s'estompe. Pas celle du passé lointain, mais celle de tout à l'heure, celle de maintenant, celle qui lui permet de savoir quel jour on est.

Inutile que je vous rappelle la maladie qui est ainsi évoquée, si vous ne vous en souvenez pas c'est qu'il est temps de consulter.

Carole a un homme dans sa vie, un homme qui lui reproche de régler sa vie sur celle de son père, qui le sait, en use et en abuse. Un homme qui supporte de plus en plus difficilement ce pseudo beau-père envahissant, et quand celui-ci, installé chez eux, va...

Drame de la vieillesse, adaptation de la pièce de Florian Zeller. J'avais failli aller la voir, ouf ! Étrange impression de retrouver Jean Rochefort dans ce rôle après l'avoir vu si souvent dans un registre tout différent. Non qu'il y fut mauvais, loin de là, sûrement la sensation que la réalité pourrait le rattraper.

Et plus encore ME rattraper, moi !

Cette maladie nous effraie non par ce qu'elle efface mais par ce qu'elle laisse et qui renforce l'évidence de ce qui disparaît dans une nuit inaccessible. Mieux vaux tout perdre, la souffrance alors n'est que pour les autres.

 

En apparence !

 

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 07:12

범죄와의 전쟁, (Bumchoiwaui junjaeng) - Yoon Jong-bin – 2012 - 133'

Je suis un gangster. Je suivrai le code civil. Des mots sur l'écran, alors que défilent des photos en noir et blanc. Le journal télévisé ouvre sur la déclaration du président Roh affirmant que la guerre contre le crime organisé devenait une priorité.

Le 5 octobre 1990, vers 14 h, M. Choi Ik-hyun est tiré de la voiture de police alors que les caméras l'épient, que les flash crépitent, le tout sous une pluie battante. Il est accusé de presque tous les crimes possibles et d'être le véritable chef des organisation criminelle coréennes, jusqu'à s'être associé avec des yakuzas pour accroître son pouvoir.

Les témoignages commencent, le procureur Jo Bum-suk vient voir M. Choi pour lui demander de raconter, par écrit, ses exactions, à commencer par son implication dans l'enlèvement de Hur Sam-sik. Choi affirme que c'est un malentendu, il n'est pas un gangster. Le procureur trouvant cette réponse inadaptée entre dans la cellule, pour le frapper violemment. Se faire comprendre, rapidement, est important.

Des flash-back montrent comment Choi a débuté dans le crime alors qu'il était inspecteur sur les quais du port de Busan. Ses premiers associés ne sont pas des flèches mais c'est un début. C'est l'époque du mariage de sa sœur, Ik-hyun donne au jeune couple un peu d'argent, une montre en or, peu de choses pour lui qui profite des trafics du port.

Il semble ne pas avoir inventé la poudre mais cache sa ruse et son intelligence derrière sa grande gueule et son aspect primaire. Ainsi fait-il son chemin, non sans rencontrer quelques difficultés et prendre encore plus de coups. Avant de les rendre.

Hur accuse Choi d'être responsable de son enlèvement, des violences subies. Enquête comme le fil qu'il faut saisir pour tirer dessus et découvrir les secrets du criminel. Le procureur se sait surveillé par sa hiérarchie, il lui faut plus que des peut-être et des rumeurs. Surtout qu'un autre procureur s'appellent Choi... une grande famille. En Corée, la famille c'est important.

    La loi...

    Choi voit son influence grandir, mais pas question de s'arrêter avant d'avoir atteint le sommet, en supposant qu'il existe.

    La route qui monte est étroite, d'autres sont déjà là qui refusent la concurrence, des amis, des parents. Si la famille compte plus que la loi elle est moins importante que le pouvoir. Le partenaire du jour est l'adversaire du lendemain, et inversement.

    Le procureur Jo progresse dans son action, il faut frapper vite, fort, largement. Ce sont des centaines d'arrestations concernant des dizaines de gangs dont il est question. Et ce n'est que le début. M. Choi a dû être relâché mais le procureur n'a pas dit son dernier mot, c'est bien lui qu'il vise.

     

    Ni gangster ni honnête homme, M. Choi joue un jeu dangereux dont il espère sortir vivant. Une grande ambition. De grands numéros d'acteurs

     

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    29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 07:30

    Matthew Leutwyler – 2015 – 86'

    Tout commence par une parte d'échec. Affrontement monumental entre David Kressen et Adam, interrompue par Joy Andrews, journaliste pour High Tech Quarterly. Celle-ci vient interviewer quelqu'un qui passe pour un génie après avoir accumulé d'importants diplômes bien plus jeune que les autres. Un homme qui vit en reclus, qui aime les secrets et qui a obtenu d'avoir carte blanches pour mener les recherches qu'il désire dans un espace dédié à la recherche chez Castle, firme majeure en informatique. Il présente le cadre de ses recherches, la table, les ordinateurs pleins de terabytes de données ; diverses découvertes en attente de passage au niveau industriel. La journaliste est une spécialiste en nouvelles technologies, elle même étudiante bien que n'ayant pas terminée la thèse qu'elle présentait.

    C'est l'occasion de lui présenter Adam  Kressen Joy l'interroge, longuement avant d'aller retrouver Adam et de lui avouer qu'elle a remarqué quelque chose d'étrange avec Adam. Autiste peut-être ? Non lui dit Adam, il est la forme la plus évoluée d'intelligence artificielle existant.

    Joy fait le bilan, au téléphone avec son employeur, de cet entretien, parle de David qui s'est complu à souligner son échec à la soutenance de sa thèse, puis évoque Adam avant de demander du temps avant la présentation de son article.

    De son côté Adam est perturbé par cette visite alors que David pense que c'est le moment de montrer au monde entier son existence. Ils parlent de Joy, finissent par convenir qu'elle est belle.

    Joy va revenir, pour son article revient voir le duo, interrogeant Adam sur la partie d'échec qui vient d'avoir lieu, remportée, une fois encore par David. Adam s'interroge sur le comportement de son créateur qui a fait durer la partie plus longtemps qu'il aurait pu.

    Joy observe, curieuse, interroge David sur ses ambitions, son importance au sein de l'entreprise Castle. David veut inventer une machine capable de vivre avec l'humain sans entrer en compétition avec celui-ci. Adam en est l'incarnation, si évolué qu'il affiche un comportement sensé et intelligent.

    Joy et Adam discutent, il en vient à presque lui reprocher d'avoir arrêté ses études pour se contenter de parler de science alors qu'elle aurait pu être de l'autre côté. David fait visiter son univers à Joy, la statue de Shiva, le destructeur, dont il est dit que quand Il se réveillera le monde tremblera.

    Petit à petit, les visites de la journaliste se continuant, la relation évolue entre elle et David, il l'encourage à reprendre ses études, ses recherches. Petit à petit elle se rapproche de David, ce que remarque Adam, difficile de lui cacher quelque chose !

    La situation lui déplait, cette femme qui s'interpose dans le duo, pour ne pas dire le couple qu'il formait avec son créateur le dérange. Loin de la créature de Frankenstein désirant une fiancée lui souhaite que son ''géniteur'' n'en ait pas, peut-être par crainte que celui-ci lui accordant moins de temps ne mette en péril son développement. La vie est ainsi qu'elle veut tout faire pour survivre à quelque niveau qu'elle se trouve. David va s'humaniser au contact de Joy, mais Adam également, d'une façon inattendue.

    Pour lui cette relation de David et de la jeune femme semble une régression. L'humain ne réalise pas combien son attitude est différente à cause de Joy, il ne comprend pas non plus les changements qui peuvent intervenir chez Adam. Sans doute le créateur n'a-t-il pas compris à quel point sa créature lui ressemblait et que la partie humaine de Adam n'était pas la meilleure.

    Comme si nous ne le savions pas !

     

    Mais la réalité n'est pas toujours la première chose que l'on voit. Et puisque, de ce film, la première idée que vous pouvez vous en faire naît de cet article, je vous invite à en chercher une seconde en le visionnant.

     

    Faut-il avoir peut d'une intelligence artificielle ?

    Pourquoi, vous ne redoutez pas la naturelle ?

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    Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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