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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 08:55

クロユリ団地 (Kuroyuri Danchi) – Hideo Nakata – 2012 -

Asuka Ninomiya vient d’emménager avec sa famille, son frère cadet et ses parents, dans un immeuble du complexe Kuroyuri. Rapidement, des sons étranges se font entendre depuis l’appartement voisin, le 401, occupé par M. Shinozaki, un homme âgé. Préoccupée par le bien-être du vieillard, elle sonne chez lui, attend, rien ne se passe, puis elle entend un bruit. À travers la porte elle se présente, expose le motif de sa visite, mais personne ne vient ouvrir. Elle sort, visite le quartier, remarque un tas de sacs poubelles. Décor banal d'un quartier sans rien de remarquable. Quand elle salue un enfant qui jouait dans un bac à sable celui-ci s'enfuit.

Dépitée elle rentre chez elle, retrouve ses parents, sa vie.

Sa chambre est mitoyenne de l'appartement voisin, elle pose son oreille contre le mur, va même voir sur le balcon si elle peut distinguer l'appartement d'à côté.

Mais non !

La sonnerie du réveil fait son office, si ce n'est que ce n'est pas le sien qui a sonné avec tant de puissance.

Idem le lendemain ! Au lycée elle entend dire que Kuroyuri est hanté. Mais ce qui surprend la jeune fille c'est que ses parents ont le même dialogue que la veille. Dehors elle retrouve le gamin dans son bac. Il ne fuit pas, et donne son nom, Minoru. Elle peut jouer avec lui pour construire une forteresse. C'est amusant. Il lui dit que son grand-père, qui n'est pas tout à fait son grand-père, habite ici, il montre l'appartement, celui dont la porte resta close la veille.

La nuit suivante Asuka fait un cauchemar, pour couronner le tout le professeur évoque un couple retrouvé mort chez lui... avant de retrouver ses parents elle décide de retenter sa chance avec son voisin. Cette fois la porte s'ouvre, sans qu'elle voit personne. Elle entre, se présente une nouvelle fois, progresse dans l'appartement, son portable en guise de lampe de poche. Une odeur nauséabonde frappe (avant d'entrer) ses narines venant de divers aliments oubliés. Elle continue cependant, regarde les meubles, les photos, tout ce qui est entassé sur les tables. Jusqu'à la chambre... pas de surprise, pour le spectateur, c'est bien le cadavre du propriétaire qu'elle trouve !

Le policier qui l'interroge lui dit qu'il était veuf et n'avait probablement pas eu d'enfant.

La nuit suivante elle entend d'autres bruits... il y a quelqu'un, ses parents doutent. Avant de répéter le dialogue de la veille.

Partant pour le lycée elle voit l'appartement ouvert, entre, se promène, est captivée par des traces de griffes sur le mur, puis, interpellée, sursaute, c'est Sasahara, envoyé d'une société de nettoyage spécialisée dans les tâches de cadavres. Le soir le policier revient, explique que M. Shinozaki est décédé naturellement, ce n'est pas une affaire criminelle. Ouf ! Plus tard c'est Minaru qui vient lui demander de jouer avec lui.

Le lendemain c'est le fantôme du voisin qui la surprendra et lui affirmera qu'elle va mourir. La jeune fille est choquée, cherche de l'aide... son émotion grandira quand elle retrouvera son propre appartement vide, hormis ses affaires.

Mais c'est logique, ses parents, et son frère, sont morts dans un accident de bus qui fit quarante victimes et dont elle fut l'unique survivante. Événement dont elle ne se remit jamais. C'est pour cela que tous les matins se ressemblent, elle revit le dernier passé avec sa famille. L'esprit essaie parfois de masquer la réalité, surtout quand il se sent coupable.

 

Difficile de trouver sa place pour Asuka, ses fantômes sont intérieurs, si présents qu'elle en est venue à s'interroger sur elle-même. Avec Sasahara elle va tenter d'affronter les spectres qui l'entoure, à commencer par celui du voisin.

Reste l'autre.

Minoru !

Difficile de dire non à sa propre envie de tourner le dos à la vie.

 

Hideo Nakata est devenu célèbre avec son premier film, l'adaptation de Ring. Il suivit ensuite un chemin semé d'angoisse, de spectres mécontents dans un environnement déshumanisé. L'horreur gagne de n'être pas montrée, réduite à une attente qui la nourrit. Nul besoin de gore pour effrayer, une ombre, un bruit, un silence parfois, suffisent à laisser planer un doute inquiétant. Tous les fantômes ne viennent pas de l'au-delà, certaines naissent des regrets, de la culpabilité, de l'incapacité à rejoindre le monde des vivants.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 08:41

秋刀魚の味Sanma no aji -  Yasujirō Ozu – 1962 – 113'

Shuhei Hirayama est âgé, veuf et père de famille. Ses amis Horie et Kawaie lui suggèrent régulièrement de marier sa fille unique alors que son fils aîné, Koichi, habite avec son épouse. À la maison il reste donc, outre le patriarche, Michiko et le benjamin de la fratrie, Kazuo. Michiko est la femme de la maison et devine que sans elle son père et son frère auraient du mal à s'en sortir. Quand Shuhei lui pose la question elle affirme ne pas être intéressé par le mariage. Pourtant le vieil homme devine qu'elle est prise entre ses ''obligations'' familiales et son envie de ''vivre sa vie'' à l'extérieur d'un cadre trop étriqué pour elle.

Puisqu'il aime sa fille il comprendra qu'il ne peut faire montre de tant d'égoïsme et que lui trouver un compagnon est son devoir.

Raconté ainsi le dernier film d'Ozu semble à la fois simple et semblable à ses précédents. Ce qui est vrai ! Tout le talent du réalisateur est justement de trouver dans cette banalité matière à représenter une société. Un microcosme à l'image d'un macrocosme, permettant en quelques traits de dessiner le portrait, partiel mais réaliste, d'une civilisation. Comme souvent c'est le père, l'homme, qui voit partir les êtres qu'il aime, celui qui pour dernière compagne se retrouve avec la solitude et le constat d'une époque dévorée par le temps.

 

Le Japon n'est plus ce qu'il était, les villes grandissent en même temps que l'influence du monde occidental. Ozu regarde, témoigne mais ne juge pas, cela ne changerait rien. Il voit le nouveau rôle de la femme, désormais désireuse de prendre son destin en main, non sans que cela s'accompagne de remises en causes et de difficultés à s'affirmer contre sa famille, contre ses parents, contre des habitudes séculaires.

 

Le saké n'a plus le goût qui était le sien auparavant, c'est peut-être pour cela que les hommes aiment à en boire trop, le cherchant au fond de chaque verre pour ne trouver que l'amertume d'un constat implacable. Il sera le compagnon de Shuhei quand sa fille aura quitté la maison, finalement le plus fidèle faute d'être le plus amical.

 

Ce fut le dernier film de Yasujiro Ozu, observateur attentif d'une période de mutation, cinéaste des femmes japonaise et, ici encore, servi par de remarquables actrices, ici Shima Iwashita et Mariko Okada. Que penserait-il des Japonaises d'aujourd'hui ? Plutôt du bien je pense. Regardant les jeunes filles du vingt et unième siècle comme les dignes petites filles des femmes qu'il filma durant sa vie.

Ainsi se termine ce mois aux dimanches consacré à un des plus grands réalisateurs Japonais. Moins spectaculaire que Kurosawa, moins drôle que Naruse, moins historique que Misoguchi mais aussi universaliste qu'eux, par son talent à transcender le quotidien pour en montrer la richesse et cette valeur que chacun peut espérer dans le sien.

Acceptez l'invitation de Yasujiro, prenez le temps de découvrir ce qu'il vous propose. Je suis sûr que vous ne serez pas déçu.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 07:53

智取威虎山 - Tsui Hark – 2015 - 144'

Après la capitulation japonaise en 1945 la guerre civile continue en Chine où des bandits profitent de la situation pour faire régner la terreur dans le nord-est du pays. Hawk est le plus important, derrière les remparts d'une forteresse qui semble inexpugnable juchée au sommet de la Montagne du Tigre. Il dirige ses milliers d'hommes et les envoie razzier les environs, tuant quiconque se met en travers de leur chemin, et même, plus simplement, pour le plaisir.

L'Unité 203 de l'Armée de Libération Populaire arrive dans la région quand elle surprend des hommes habillés de faux uniformes installés pour la nuit dans une gare. Raison de plus pour intervenir rapidement. Ce qu'elle va faire, ne laissant filer que deux individus qui filent prévenir leur chef. La 203 en profite pour prendre leur place. Étant dans une gare il n'est pas étonnant qu'un train arrive, celui-ci amène des renforts, limités, un éclaireur qui connait bien la région, et une jeune, et jolie, infirmière. C'est peu mais mieux que rien.

Continuant leur avancée l'Unité arrive dans un village où vivaient quelques parents des soldats la constituant, certains sont encore là, affamés et craintifs, les autres sont morts sous les coups des brigands. Pas d'autre solution pour les soldats que d'intervenir pour mettre fin à cette situation et pacifier la région au nom de la révolution en marche.

 

Un seul problème, de taille, justement. Trente militaires peuvent-ils affronter un millier de bandits lourdement armés. La réponse est forcément oui, qu'importe la disproportion des moyens, le droit est de leur côté !

Aucun doute qu'ils vont réussir, non sans sacrifices bien sûr.

Le film de Tsui Hark s'appuie sur le roman ''Tracks in the Snowy Forest'' de Qu bo, classique de la littérature populaire chinoise, basé sur l'histoire vraie d'un soldat, ici l'éclaireur, qui infiltre le quartier général de bandits et d'une bataille inégale, sans être dans les proportions du film. Un monument célébrant l'héroïsme, le sens du sacrifice, la camaraderie, bref, toutes les valeurs dont se pare le communisme surtout quand il combat les nationalistes qui ne peuvent qu'être des criminels qu'ils convient d’éradiquer. Tout y est, les costumes, la représentation de la jeune infirmière, ses couettes et ses joues roses semblent sorties tout droit d'une affiche de propagande.

Pourtant Tsui Hark parvient à s'approprier l'histoire, d'abord en la faisant commencer, et se terminer, aujourd'hui, incluant cet épisode dans un ensemble cohérent mais montrant l'évolution du pays et des mentalités qui eut lieu en soixante-dix ans en sachant surligner des actions impossibles, théâtralisant les combats, maquillant ses acteurs pour en faire des archétypes d'une autre époque, la tête de Hawk par exemple, sans les ridiculiser pour autant, mais montrant à quel point l'image et la réalité qu'elle est censée représenter peuvent être différentes.

Au-delà de cet exercice Hark fait la démonstration de sa virtuosité, sa gestion des scènes d'actions sur fond de neige. L'assaut final est impressionnant et la scène d'attaque du tigre, c'est sa montagne, est magnifique.

 

Du grand spectacle, j'allais dire : sans super-héros, presque un mensonge.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 07:18

秋日和 (Akibiyori) – Yasujirō Ozu1960 – 129'

Trois amis (Mamiya, Taguchi, et Hirayama) assistent aux funérailles de Miwa, un ami du temps de leurs études, en compagnie de sa veuve, Akiko, et de sa fille de 24 ans, Ayako. Les trois hommes sont d'accord sur la beauté des deux femmes et pensent à trouver un mari pour Ayako. Ce qui ne leur interdit pas de penser que la jolie veuve pourrait se remarier... N'étaient-ils pas tous amoureux d'elle dans le temps, et jaloux de son mari, eux qui maintenant ne peuvent que remballer leurs désirs et frustrations.

 

La jeune femme pourtant n'envisage pas de se marier, elle a 20 ans et la perspective de vivre avec sa mère lui paraît favorable. Mais ce ne sont pas ainsi que les choses fonctionnent au Japon à cette époque. Les hommes voudraient qu'elle se marie. Elle s'y refuse, avec énergie, redoutant de laisser sa mère seule. Qu'importe se disent nos trois complices, il faut commencer par marier la mère pour que la fille suive le même chemin, elle y sera alors obligée.

Akiko s'interroge, non qu'elle ait le désir d'un nouveau mari mais sur sa responsabilité de mère. N'est-ce pas son devoir d'aider sa fille à construire un avenir stable, une famille sereine, des lendemains qui chantent ? Plus ou moins justes ! La société est toujours là, ses obligations, ses rites, plus ou moins subis, parfois dénoncés mais auxquels il est rassurant de se raccrocher quand trop de questions se posent. Les hommes, comme souvent dans le cinéma d'Ozu sont secondaires, ce sont les femmes qui supportent la famille, même, et surtout, quand c'est l'homme qui la dirige, ce sont elle qui portent l'avenir, le regardent avec sérénité en sachant qu'il est impossible à éviter. Reste que trouver un prétendant digne, un peu, de ce nom est difficile. Les hommes sont plus attachés à l'idée d'une partenaire de lit, d'une cuisinière, d'une mère qui prouverait qu'ils font ce qu'ils faut pour que la société continue, elles cherchent autre chose, un peu plus, un peu mieux.

Ozu montre les êtres dans leur simplicité sans jamais les exhiber, il n'a pas besoin d'effets grandiloquents. Il est aidé ici, comme souvent, par une excellente distribution dominée par un duo d'actrice qui jouent ensemble sans forcer une note, sans en manquer une non plus. Il suffit d'un geste, d'un regard, d'une allusion pour que le spectateur comprenne ce que pense le personnage qu'il suit. Aucune de ces vies ne sort vraiment de l'ordinaire mais chacune donne à celui-ci un relief qui le rend si vraisemblable qu'on le croirait sien.

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 08:00
BLIND DETECTIVEBLIND DETECTIVE

盲探, Man tam - Johnni To – 2013 - 130'

BLIND DETECTIVE

Un aveugle traverse la foule pékinoise, dans un immeuble un homme, que l'on devine être un policier en planque, observe ce qui se passe avec de fortes jumelles et l'aperçoit. Aussitôt il lui téléphone avant d'appeler une collègue, les bras chargés de courses, pour lui demander de le suivre. Ce qu'elle fait, croyant cela facile en raison du handicap de l'homme. Elle remarque ainsi qu'il suit quelqu'un d'autre. Un gros homme suant qui va faire des courses. Le trio continu alors que l'équipe de la planque se prépare à intervenir. Ce qu'elle fait, dirigé par Szeto Fatbo, inspecteur en chef de l'OCTB. C'est finalement la policière qui aura raison du gros homme, non sans que celui-ci se soit débattu avec de l'acide sulfurique.

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C'est ainsi qu'elle fait connaissance avec Johnston, le super détective, avant de se présenter : Ho ! Elle n'aura pas le temps d'en dire davantage, Johnston s'en va avec Fatbo. Elle le retrouvera pourtant, autour d'une table. Lieu idéal pour qu'elle en vienne à ses motivations. Elle est douée pour le combat, endurante, solide mais peu douée pour la déduction, lui est brillant, de quoi former une équipe formidable. Le repas se passe très bien, celui-ci terminé elle lui parle de son passé, des gens qu'elle a connu, de Minnie, une petite fille qui était son amie et qui a disparu. Impossible d'aller plus loin, John s'écroule sous l'effet de l'alcool. Que peut-elle faire d'autre que le ramener chez elle, c'était tout près. Un superbe appartement de 335 m2 hérité de ses parents.

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Le mieux est qu'il lui donne des leçons en reprenant une enquête et en suivant les faits. Pour ce faire ils s'installent dans une morgue, lieu du crime pour gagner en réalisme. Excellente technique de reconstitution pour comprendre ce qui s'est passé et combler les vides. Johnston est aveugle mais sa carence visuelle a développé son imagerie mentale.

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Mis à part son métier Johnston est aussi obsédé par une femme dont il est sûr qu'elle est sa future femme, sans qu'elle soit encore au courant. Il est très heureux que le hasard les remette en présence.

Mais il ne perd pas de vue la recherche de Minnie, pour la retrouver il s'installe chez Ho, avec son poisson rouge, Goldie. Ensemble ils aiment regarder la télé. C'est d'une fenêtre de cet appartement que la policière regarder Minnie, le jeu de reconstitution est à nouveau mis à contribution. Dans la rue d'abord, dans un gymnase ensuite, lors d'un match de volley, dont la coach s'enfuie.

Était-ce Minnie ou Johnston se servait-il de Ho pour une enquête personnelle, et rémunératrice. Il a besoin de gagner sa vie !

 

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Après qu'il soit devenu aveugle il se demanda pourquoi dieu lui avait réservé ce sort, puis comprit que c'était pour rouvrir des affaires non élucidées, retrouver, puis capturer, des meurtriers toujours en cavale et ainsi rendre justice aux victimes.

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Petit à petit la solution à l'énigme de la morgue apparaît. L'enchainement des événements s'explique logiquement. Reste à mettre la main sur l'assassin. La maison de jeu semble idéale pour le tenter. Ho faisant office de cible désignée, sauf que les rôles vont changer et c'est Johnston qui se retrouve dans le taxi du tueur. Ce qui ne va pas lui couper l’appétit.

Heureusement Ho arrivera à temps, on s'en doutait.

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Une belle réussite qu'il faut fêter, pour Johnston ce sera en retrouvant sa ''future'' femme. Une cruelle désillusion l'attend. Qu'importe, son cœur brisé lui rappelle une ancienne affaire. Pas celle de Minnie mais elle pourrait s'en rapprocher.

Ou pas.

 

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Ainsi vont-ils se retrouver en pyjama au sommet d'un escalier ! Ho et Johnston avancent ainsi, remontant le temps pour retrouver ce qui dû se passer. Un véritable travail d'immersion jusqu'à ressentir ce que coupable et victime durent éprouver pour se mettre à leur place, physiquement et mentalement. Le portrait d'un véritable tueur en série apparaît finalement dont Minnie aurait aussi été la victime.

 

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Certaines ''habitudes'' se transmettent facilement de mère en fille.

 

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Johnny To est un des plus grands cinéastes Hongkongais, et il combine dans ce film des ingrédients bien différents. Une histoire policière d'abord, la comédie ensuite pour donner un autre goût à son plat, quelques histoires d'amour saupoudrée par-ci par-là, et de nombreuses scènes où l'on voit Johnston, Andy Lau, manger, sans paraître prendre un gramme. Ajoutez un duo surprenant qui baigne dans tout cela et vous avez un film qui réussit à être long sans être indigeste. Je n'oublie pas Sammi Cheng, Ho Ka Tung, qui aurait pu s'appeler Ahhhhhh !

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Ma consigne du mois du challenge 1 mois = 1 consigne 2016

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 07:24

 ジャッジ ! -  Akira Nagai - 2013 - 105'

Le compte à rebours commence à 60'. des ombres circulent dans ce qui semble un hangar aux ombres bleutées. Un visage d'homme apparaît sur un écran, imprécis d'abord puis se stabilise. D'autres personnes sont assises autour d'une table en U, tous porteurs de masques d'animaux, un chien, un lion, un lapin, un ours, un cochon, un renard, un loup... Le visage que nous avons vu est celui d'un des prisonniers. Découvrant qu'ils sont enchaînés ils essaient de se libérer sans y parvenir, de même ils ne peuvent enlever leur masque.

Ils s'interrogent, que se passent-ils, où sont-ils ? Pourquoi chaque masque porte-t-il sur le front une caméra ? Aucun ne comprend ce qu'il fait là. Le décompte continu. Une femme demande où est son portable... une autre constate qu'elle n'a plus sa bague ni ses lentilles de contact. Certains commencent à se souvenir, un choc de taser, une piqure, il ne fait pas de doute qu'ils ont tous été enlevés. Sur un écran face à chaque prisonnier apparaissent des visages. Des dossiers sur des individus. Les visages de ceux qui sont là !

Il reste 11 minutes.

Une voix métallique se fait enfin entendre, elle leur explique les règles du jeu. D'abord les criminels présents doivent désigner à la majorité le plus impardonnable d'entre eux dans un temps donné. Celui-ci sera exécuté. Troisième règle : le dernier criminel à rester en vie sera libéré. S'abstenir ou s'échapper est interdit.

Qui désigner ? Comment l'exécution aura-t-elle lieu ?

Le premier qui fut présenté explique son passé, quel enfer il fit vivre à sa mère qui finit par se suicider.

 

Le temps avance, il reste 2 minutes. Un premier vote désigne l'ours, puis un autre. Quelqu'un propose de contourner le règlement en votant chacun pour soi. Mais la peur est la plus forte. Finalement l'ours est désigné à la majorité. D'un coup il se lève, titube, tombe sur le sol, connaît quelques convulsions puis se raidit et ne bouge plus !

La panique s'installe mais le ''jeu'' continu. Les regards se portent vers un autre participant. Un vigile qui a frappé quelqu'un si fort que celui-ci est dans le coma depuis.

Pour le second jugement chacun vote pour soi !

Troisième tour, cette fois tous peuvent ôter leur masque.

La consigne n'étant pas respectée il y a un nouvel éliminé, puis une autre, chacun avait eu 2 votes.

Enfin les chaines s'ouvrent, restent ceux méritant de vivre.

 

Mais le compteur redémarre : 10 minutes.

Les survivants parviennent à couper le courant, à trouver une porte ouverte, qui mène à une porte fermée. Mais les minutes se remettent à défiler. Avec des outils ils tentent de s'échapper mais sont amenés à voter encore une fois. Avec une nouvelle victime à la clé.

 

3 participants demeurent, et 5 minutes avant le prochain vote. Mais l'une n'a plus le bracelet tueur et croit être à l'abri. La suite va lui prouver qu'elle se trompe.

Dernier round.

 

Ni l'un ni l'autre ont besoin de voter. D'autres, par Internet, s'en chargent, ce qui ne les empêche pas de se battre. Le plus jeune tue son adversaire. Il reste seul, mais le compteur redémarre pour une minute.

 

Les votes redémarrent, pour ou contre lui. Fou de rage et de peur il frappe la caméra...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:12

彼岸花Higanbana -  Yasujirō Ozu – 1958 – 118'

Une fois encore Ozu met en scène la famille Japonaise aux prises avec un monde qui change et une société nippone qui ne sait plus, qui ne peut plus, rester à l'écart des bouleversements que connaît le monde en ces années d'après guerre. La modernité ronge les traditions, comme celle, pourtant bien établie, des mariages arrangés. Si l'amour, on le sait, passe, l'intérêt commun, lui, dure.

Prenons Wataru Hirayama, cadre supérieur travailleur, une litote au Japon, un ami fiable, un époux soucieux du bien être de son épouse et de ses enfants. Ce n'est pas pour rien qu'il rappelle alors que commence le film ces préceptes, exprimés comme s'il contemplait une pierre tombale !

La famille est l'unité de base, le père en est le chef et décide de ce qui est le mieux pour chacun de ses éléments.

D'un côté il réconforte Mikami venu lui raconter que sa fille est parti avec un homme, comme il est compréhensif envers Yukiko qui ne veut pas des projets maritaux de sa mère. Dans les deux cas il parle de l'amour, de ce sentiment si merveilleux qui emporte tout sur son passage...

en revanche quand il s'agit de sa fille, Setsuko, il en va autrement, et quand elle lui annonce son refus de l'union qu'il lui propose il met son véto au mariage de celle-ci avec l'homme qu'elle aime.

Hirayama voit son monde trembler sur ses bases, être l'homme lui donnait l'avantage, perdre ce statut l'effraie, n'est-il pas entouré de femmes, de mère, de filles, celles de ses amis y compris qui aiment lui parler ? Il s'accroche à un passé défunt en refusant de l'accepter.

Il est aussi un archétype des hommes de son époque, du reste dans ce film tous se ressemblent, dans leurs costumes comme dans leurs comportements. Les femmes aux contraires sont différentes, nombreuses, elles sont ces fleurs poussant sur le terreau du renouveau d'un pays qui se redessine ne demandant qu'à s'épanouir au printemps nouveau qui approche.

Wataru sera finalement vaincu par la finesse de ses adversaires, pris au piège de contradictions qu'il doit avouer.

 

Le sujet est habituel, on le voit, la réalisation ne l'est pas puisque pour la première fois, et non sans réticences, Ozu se sert de la couleur. Idéale pour magnifier les fleurs du titre comme les femmes de son film. Elles portent les couleurs et l'avenir quand les hommes sont gris et engoncés dans le passé.

La nature est belle, Tokyo est photogénique, le temps de la mue est venu. Et pour vous celui de regarder ce film. À moins que vous ne portiez un costume terne vous aussi.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 07:34

Stefano Sollima – 2015 – 135'

Argent et politique ont toujours fait bon ménage, avec, derrière le premier, des pouvoirs qui restent discrets mais tirent les ficelles. Ainsi Suburra, le quartier d'Ostie, zone périphérique de Rome à la mauvaise réputation, justifiée. Le but est de voter une loi qui permettrait de le transformer en un nouveau Las Vegas. Autant dire que l'ambition est immense, et le pognon qui en découlerait davantage encore. Le pouvoir politique s'implique, il faut aller vite, pour le financer le Vatican est là, en la personne du cardinal Berchet, sans oublier les Familles qui apportent les fonds pour ''motiver'' les députés nécessaires. Leur représentant à Rome est le ''Samurai'', un homme qui aime circuler à moto et faire éliminer les gêneurs.

 

Filippo Malgradi est un homme politique influent, il est marié, a un fils, normal. En dehors de ça il aime les prostituées, mineures si possibles, et la drogue, histoire de pimenter les soirées qu'il passe dans un grand hôtel de la capitale italienne. Il arrive pourtant que les choses se passent mal, ainsi une des deux participantes, la mineure, meure-t-elle d'une overdose. Pas de chance ! Le temps que Filippo revienne à la réalité il laisse sa partenaire habituelle se débrouiller pour se débarrasser du cadavre. Ce qu'elle va faire.

Petite cause grands effets pourrait-on dire ! En effet elle fait appel à Spadino, un jeune homme qu'elle connaît, qui accepte bien sûr. Ensemble ils noient le corps dans un bassin artificiel. Tout pourrait s'arrêter là mais le jeune complice pense à profiter de la situation et inciter Malgradi à lui permettre de monter en grande dans le banditisme en participant à des affaires plus importantes. Pour cela il se rend à la fondation servant de couverture à Filippo, lui fait son petit numéro et repart sûr de lui.

 

À tort ! Le député va se plaindre à son frère afin que Spadino comprenne qu'il doit rester à sa place. C'est Numéro 8 qui est chargé de la mission, un homme qui a du mal à se maîtriser, ambitieux lui aussi et désireux de prendre la place des anciens. Pour gagner en efficacité il tue Spadino. Dommage, celui-ci était le frère de Manfredi Anacleti, chef du gang des tziganes, qui voudrait, lui aussi, prendre plus de place dans l'économie souterraine romaine. Le meurtre de son cadet lui déplaît, il va tout mettre en œuvre pour trouver le responsable. Il mène une véritable enquête. Qui a-t-il vu, quand, pourquoi ? il apprend quel rôle il tint un soir, reste à retrouver la prostituée. Ce qu'il fera en utilisant une de ses relations, puis à faire parler celle-ci en menaçant de lui taillader le visage. Il finit par apprendre le rôle que Numéro 8 tint et décider de le faire abattre. Mais ses hommes ne sont pas les meilleurs, ils échouent non sans ouvrir le feu dans un centre commercial, provoquant d'importants remous néfastes aux affaires. Le Samurai va intervenir, tenter de calmer le jeu, ce que Anacleti accepte à condition qu'il participe au projet Ostie et élimine la compagne de Numéro 8 qui, alors que son fiancé se rétablissait, a abattu leurs assaillants.

Bref tout est en place pour qu'ait lieu un règlement de compte général. D'autant que parallèlement le gouvernement menace de s'effondrer et le Pape de se retirer...

 

Présenté comme un compte à rebours partant 7 jours avant ''l'apocalypse'' la réalisation de Stefano Sollima est rythmée, respectant les lois du genre, la nuit, la pluie, drogue, prostitution, chantage, avec un scénario en prise avec la réalité d'aujourd'hui et des interprètes sachant dessiner des personnages moins caricaturaux que nous aurions pu le craindre. Tout s'enchaîne sur le principe d'un mécanisme que rien ne peut arrêter une fois enclenché, avec une fin attendue.

 

Mais soyons rassurés, ce n'est pas parce que des méchants sont punis que le mal ne triomphe pas. La nuit sera belle, pourquoi ne pas faire la fête, en attendant...

Netflix devrait produire une série à partir de ce scénario. Il le mérite tant la durée d'un long métrage ne permet pas le développement de personnages qui le mériteraient. Avec la même distribution ?

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 07:43

東京物語Tōkyō monogatari) – Yasujirō Ozu – 1953 – 136'

Shukichi Hirayama et son épouse Tomi habitent Onomichi, une

petite ville côtière du sud-ouest du Japon. Ils décident de partir pour la capitale afin d'y visiter leurs enfants qui y vivent. Un autre vit à Osaka, seule Kyoko, leur cadette, vit avec eux en attendant d'être mariée.

 

Dans un premier temps tout se passe bien, mais leur fils aîné, Koichi, est très occupé, entre sa femme, Fumiko et leurs enfants, et son travail de pédiatre ; leur plus grande fille, Shige, est coiffeuse. Shukichi et Tomi sont un peu déçus, ils espéraient que leurs enfants auraient mieux réussis que cela.

Koichi et Shige voudraient sûrement passer davantage de temps avec leurs parents mais ils sont trop occupés pour cela. Ils tentent de compenser en offrant à leurs parents un séjour dans la ville balnéaire d'Atami. Mais les conditions de vie ne conviennent pas aux personnes âgées qui supportent difficilement que leurs nuits soient troublées par leurs voisins. Ils écourtent donc leurs vacances. Ce qui les contraindra à se séparer. Seul, le soir, Shukichi sort, boit avec un compagnon et se fait reconduire par la police qui l'a retrouvé ivre.

Heureusement Noriko, veuve de Shoji, leur fils mort pendant la guerre, fait de son mieux pour s'occuper d'eux et les emmène visiter les alentours de la capitale. Tomi en profite pour suggérer à la jeune femme de se remarier, 8 ans de veuvage c'est assez.

Inutile d'insister ! Sur le voyage de retour ils s'arrêtent à Osaka ou vit leur fils cadet Keizo. Leur séjour à Osaka est l'occasion pour le couple de faire le point sur leur vie. Mais Tomi est tombée malade, son état empire quand ils retrouvent Onomichi. Appelés, Koichi, Shige et Noriko arrivent pour assister au décès de la vieille dame. Keizo viendra trop tard.

Les funérailles terminées seule Noriko reste. Kyoko en veut à ses frères et à sa sœur mais Noriko lui explique que le temps de la séparation survient forcément. Avant qu'elle doit repartir Shukichi lui offre la montre de Tomi, de tous c'est elle qui les aura le mieux reçu. À nouveau il lui conseille de se remarier.

 

Ce film fit découvrir Ozu en France, en 1978. 15 ans après son décès. Il figure régulièrement dans la liste des meilleurs films mondiaux. Encore un regard sur la famille japonaise, son évolution et la mise à mal des comportements anciens. La plus respectueuse des anciens n'est pas de leur sang, signe qu'une famille peut se construire sur d'autres critères que celui-ci.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 07:14

お茶漬の味, (Ochazuke no aji) - Yasujirō Ozu – 1952 – 116'

Taeko Satake est mariée à un homme qu'elle n’aime pas, mais au Japon ce n'est pas rare, les familles arrangent les unions, pour le bien des enfants bien sûr. Surtout des garçons qui, une fois marié, ne se sentent pas obligés de respecter une fidélité inutile.

Sa vie est ennuyeuse, routinière, aussi quand elle peut s'évader de son quotidien ne s'en prive-t-elle pas. Mais comment cela aurait-il pu en être autrement, ne viennent-ils pas de milieux différent, elle de la bourgeoise, lui d'un milieu modeste, bien qu'il ait réussi en affaires. Ainsi cette soirée avec Aya Amamiya, sa meilleure amie, et sa nièce, Setsuko Yamauchi. Celle-ci écoute sa tante parler et s'en effraie, elle-même devant subir le même sort prochainement. Et quand elle entend Taeko comparer son époux à une carpe elle se pose des questions sur ce qui l'attend.

Mokochi Satake, avec son ami Nonchan se retrouvent, à l'instigation de celui-ci dans une salle de jeu où ils rencontrent un compagnon de guerre, Sadao, ensemble ils partent pour un vélodrome. Rien de plus excitant que de perdre de l'argent en pariant sur des chevaux.

 

Taeko, l'entracte terminé, retrouve son rôle de femme mariée et veut convaincre Setsuko de rencontrer l'homme qui lui est promis. La jeune femme est rétive, pour elle cette pratique devrait disparaître d'un Japon moderne. Elle fait semblant d'accepter mais au dernier moment se dérobe et laisse sa tante et sa mère, avec son fiancé. Elle en profite pour aller voir Mochiki qui approuve sa conduite. Le soir Taeko est en colère, elle s'en prend à sa nièce, Mochiki fait semblant d'approuver son épouse puis, prenant le parti de sa nièce, finit par avouer qu'il ne souhaite pas à celle-ci un mariage aussi terne que le sien.

 

Taeko folle de rage décide de quitter son mari. Ça tombe bien, celui-ci doit partir pour un voyage devant le mener au Paraguay puis en France. Mais ce qui est prévu arrive rarement. Au moment du départ l'avion connaît un incident qui ramène Mochiki chez lui. Occasion de retrouver son épouse pour le repas, de faire le point sur leurs reproches mutuels avant d'admettre que leurs qualités l'emportent sur leurs défauts. Machiki l'affirme ''un couple ça a le goût du riz au thé vert'', l'ochazuké qu'ils partagent. La situation éclaircie, les rancœurs exprimées le couple peut repartir sur des bases assainies et Mochiki prendra son avion le lendemain l'esprit tranquille.

Setsuko quand à elle rencontre souvent Nonchan...

 

Un classique d'Ozu, dans l'univers qu'il connaît le mieux : la famille nippone. Prévu pour être tourné avant la guerre son scénario n'avait pu passer la barrière de la censure.

Contrairement à son sujet il n'a rien d'ennuyeux, au contraire, tant le réalisateur sait ce qu'il convient de montrer, construire ses plans et diriger ses acteurs. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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