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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 07:56

The African Queen – John Huston – 1951 – 105' 

 

L'opposition des caractères donne souvent de bons résultats sur grand écran, surtout si les comédiens qui les incarne sont bons et le réalisateur capable de les diriger. Ces conditions sont ici remplies avec le trio : Katharine Hepburn, Humphrey Bogart et John Huston.

Samuel et Rose Sayer sont britanniques, frère et sœur, et se trouvent à Kungdu, en Afrique orientale allemande (devenue depuis la Tanzanie), lui comme pasteur de la congrégation anglicane, elle, pour le seconder dans sa tache. Nous sommes à la fin de l'été 1914 mais ils sont loin de leur pays d'origine dont ils n'ont de nouvelle que par Charlie Allnutt, aventurier canadien qui fait office de coursier avec son embarcation, l'African Queen. Ses manières sont différentes des Sayer mais impossible de se passer de lui.

Justement Charlie vient leur annoncer le début de la guerre entre l'Allemagne et la grande-bretagne. Les anglais préfèrent rester mais voient arriver les troupes allemandes qui brûlent le village et embarquent les indigènes. Samuel s'interpose mais les soldats le frappent violemment. Les fièvres s'en mêlant il meurt peu après.

Charlie et Rose l'enterrent, le premier finit par convaincre la seconde de se cacher pour échapper à la répression germanique en embarquant à bord de l'African Queen. Rose ne veut pas rester à l'écart du conflit, puisque les Allemands disposent d'une canonnière, la Louisa, pour surveiller la région elle trouve judicieux de la détruire en transformant l'African Queen en bateau de guerre. Charlie est dubitatif, il voit les risques, mais finit par céder.

 

Il faut d'abord passer une série de rapides, ce qu'ils font, non sans difficultés, ensuite c'est devant un fort allemand que le navire se glisse, n'échappant pas à des tirs qui atteignent la chaudière et menace la poursuite du voyage. Charlie répare en vitesse, une nouvelle série de rapides se présentant.

À nouveau ils réussissent et, dans la joie du moment, tombent dans les bras l'un de l'autre. Il fallait s'y attendre !

Mais le périple continu, il faut du bois pour alimenter l'embarcation avant les derniers rapides.

Cette fois les choses se présentent mal, le bateau s'enlise, Rose prie, pendant la nuit de fortes pluies permettent à l'African Queen d'échapper à la vase pour atteindre le lac où la canonnière semble les attendre. Le but est proche, les torpilles sont prêtes, il suffit de précipiter le navire sur sa cible...

 

Mais rien ne se passe comme prévu, le bateau sombre, Rose et Charlie sont arrêtés, condamnés à mort pour espionnage mais mariés avant d'être exécutés.

Le hasard, la chance, et, surtout, le scénario, font que la canonnière heurte l'African Queen qui la guettait du fond de l'eau. Les torpilles explose, le Louisa coule.

Nos jeunes mariés rejoignent la rive à la nage et n'ont plus qu'à prendre la direction du Kenya.

 

Pour ce film Bogart reçut l'Oscar du meilleur acteur alors que sa partenaire et son réalisateur ne furent que nominés. Le livre dont il est tiré s'inspire d'une histoire vraie, la ''bataille du Lac Tanganyka'' menée par Geoffrey Spicer-Simson.

 

Au final l'African Queen navigue parmi les classiques du 7e art, place qu'elle mérite pour les qualités énoncées au début de cet article. La fin est heureuse pour nos héros, pour une fois j'ai envie de dire : tant mieux !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 08:01

They Drive By Night – Raoul Walsh – 1940 – 93'

Joe et Paul Fabrini sont frères et routiers, à moins que ce ne soit l'inverse. Ils sont à leur compte et travaillent à San Francisco. Mais les temps sont durs, l'argent rentre difficilement alors que leurs créanciers sont toujours là. Qu'importe, Joe veut continuer alors que son frère aimerait une situation plus confortable lui permettant de passer davantage de temps avec son épouse. Malgré cela il suit son frère quand celui-ci refuse l'offre d'Ed Carlsen de les engager dans sa compagnie.

Leur situation est sur le point de s'arranger, les crédits arrivent à leur fin. C'est sans compter avec le destin malicieux qui pousse Paul à s'endormir alors qu'il conduit avec pour résultat la destruction du véhicule et la perte d'un bras.

Conduire va être problématique !

Ed Carlsen a une épouse, personne n'est parfait, celle-ci est amoureuse de Joe et convainc son mari de l'embaucher dans les bureau, ainsi, proche d'elle, tout deviendra facile.

 

Mais non, même pas, Joe est amoureux d'une autre, Cassie Hartley, de plus il ne voudrait pas trahir Ed.

La situation semble sans issue. Un soir, alors que le couple Carlsen rentre et qu'elle conduit parce que Ed est saoul, elle décide de le laisser sur place, moteur tournant.

Devenue veuve après un triste ''accident'' elle peut offrir à Joe de s'associer à leur affaire pour se rapprocher de lui, mais quand elle apprend que celui-ci va épouser Cassie elle le met en cause dans la mort de son mari, affirmant qu'il avait tout organisé.

La police arrête Joe pour complicité de meurtre, il est emprisonné et attend le procès.

Quand celui-ci arrive Lana ne peut maîtriser sa culpabilité et finit par avouer qu'elle est seule responsable.

Intéressant de retrouver George Raft et Humphrey Bogart, deux grands gangsters du cinéma, ensemble et dans des rôles très différent. Walsh profite de son film pour montrer les difficultés de ''ceux qui conduisent la nuit'', l'obligation d'être loin de sa famille pour la faire vivre, les moments de camaraderie autour d'un café avant de reprendre la route. Une chronique sociale finissant en drame avec une Ida Lupino extraordinaire pour la scène finale.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 08:00

해어화Park Heung-sik – 2016 – 120'

So-yool se souvient de son enfance, de son éducation, et de Yoon-hee. Malgré la colonisation japonaise sa famille ne perçoit pas de changement dans sa façon de vivre. Les gisaengs sont encore nécessaires pour se ''distraire''. Devenir une véritable gisaeng est long et difficile, il faut débuter dès l'enfance, apprendre le chant et les arts, les maîtriser, savoir rester digne en toutes circonstances. Elle doivent être intelligentes, sans le montrer et ne jamais oublier qu'elles sont des artistes et pas seulement de belles jeunes filles.

Ce jour là un livreur, pour s'acquitter d'une dette, vend sa fille, Seo Yoon-hee, pour 5 wons. Elle fait rapidement la connaissance de Jeong So-yool, la vedette de l'école qui lui propose de rejoindre la classe, après tout le Gwonbeon, l'école, appartient à sa mère.

Vient le dernier jour de l'école. Les jeunes filles ayant reçu une ombrelle rouge, ou rose, sont admises, celles qui en ont un bleu auront un destin différent. À cette époque les chanteuses sont très populaires, surtout Lee Nan-yeong. Les deux amies rêvent d'un jour pouvoir chanter elles aussi et connaître le succès de Lee.

So-yool a un ami, un amoureux peut-être, mais lui ne connaît pas les chanteuses. En rentrant à l'école, où elles habitent encore, elle le présente à Kim Yoon-woo. Un jour celui-ci vient chercher So-yool, en voiture, et l'emmène voir une dame sans dire à le jeune fille qu'il s'agit de Lee Nan-yeong, la vedette qu'elle admire tant. M. Kim est un grand compositeur, donc celui de la chanson préférée de So-yool. La journée avance, So-yool devait participer à un spectacle, elle est remplacée par Yoon-hee chez M. Kim.

Lors d'une soirée dont So-yool est la vedette elle est invitée à chanter, et rencontre un grand succès. Kim Yoon-woo promet de lui écrire une chanson, pour elle c'est une porte qui s'ouvre vers un avenir différent de celui qu'elle attendait. M. Kim pourtant change d'avis et pense que Yeon-hee sera une meilleure interprète de sa dernière œuvre. Il écrira d'autres chansons pour elle, après. La jeune gisaeng n'a pas renoncé pour autant à son avenir dans la chanson. Peut-être existe-t-il un autre moyen...

Vu de loin un rêve paraît beau, s'en rapprocher peut le montrer sous un aspect plus proche du cauchemar, à fortiori dans une époque troublée.

La vie des gisaeng est rarement portée à l'écran, ici leur vie est idéalisée, facile, pour celles qui réussissent leur examen final. La réalité devait être différente dans ce qui ressemble à une école privée où les élèves sont prises en charge très jeunes sans que le remboursement des frais engagés soit évoqué.

Des années d'efforts pour être la femme parfaite, celle qui n'existe que dans l'illusion d'un instant, celle que l'on montre, que l'on exhibe, dans une soirée, en se croyant digne d'elle, si différente de celle, si banale, mais supportable, qui est à la maison.

Payer est souvent le moyen d'obtenir ce que l'on ne mérite pas.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 07:11

The Return of Doctor X – Vincent Sherman – 1939 – 62'

Le fait est trop extraordinaire pour ne pas attirer l'attention de la presse, en général, et du journaliste Walter Garrett en particulier. Celui-ci commence donc son enquête sur Angela Merrova qui après avoir été assassinée réapparait bien vivante. Pour tenter de comprendre ce qui arriva Garrett demande l'aide de son ami le docteur Rhodes. Ensemble ils cherchent des indices expliquant cet improbable retour. Ils aboutissent au docteur Flegg, savant reconnu qui travaille sur un sang artificiel avec l'aide d'un collègue mystérieux.

Disons-le franchement, nous ne sommes pas là devant un chef d’œuvre de l'épouvante, loin de là. D'abord le Docteur X ici présent est un rappel du film de Michael Curtiz alors que le personnage n'a pas grand rapport avec le premier, mais c'est une façon d'utiliser un succès passé pour en fabriquer un nouveau. Les personnages sont caricaturaux, la mise en scène est propre mais annonce déjà les films noirs que la Warner produira pendant les années 40 avec plus de sérieux et qui donnera quelques chefs d’œuvres du 7ème art, avec, et c'est l'élément qui vaut, le seul, dans ce film : Humphrey Bogart. Celui-ci était son contrat et fait ce qu'il peut, arborant une mèche blanche ressemblant à celle de Boris Karloff dans The Walking Dead.

Il n'a plus longtemps à attendre pour que son talent soit reconnu et soit en mesure de choisir ses rôles. En attendant ce Docteur X ne vaut d'échapper à l'anonymat que par sa présence.

C'est déjà pas mal. Et il ne dure qu'un peu plus d'une heure.

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 07:15

Safy Nebbou – 2016 – 105'

Teddy est las du monde, du bruit, du temps qui passe si vite qu'il s'en rend à peine compte. Son métier l'étouffe, les autres l'enferment. Pourquoi ne pas tenter une véritable rupture, couper les ponts avec son milieu pour se retrouver dans une ambiance toute autre où il ferait connaissance avec le froid, le silence, la solitude...

Quel meilleur endroit pour trouver tout cela que la Sibérie. Et, mieux ou pire encore, les rives du lac Baïkal ?

L'installation est rapide, un ami l'accompagne en camion avec le matériel nécessaire jusqu'à la maison qu'il comptait louer, or son propriétaire souhaite maintenant la vendre. Teddy hésite, demande le prix, accepte. Désormais il est chez lui, à la frontière de nulle part, espérant sans doute se retrouver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dépaysement est total, le silence est absolu et le froid intense. L'imaginer est une chose, le vivre dans des conditions précaires est différent. Le décor est fascinant, la glace semble s'étendre jusqu'au bout du monde. Bien vite il va comprendre que c'est à lui de faire avec son environnement, que le confort occidental n'existe plus, il n'a même pas l'électricité.

Mais il a un fusil, pour chasser l'ours lui a-t-on dit, ce n'est pas son intention, mais alors qu'il est plongé dans le lac par un trou creusé dans la glace il voit un plantigrade s'approcher. Impossible de rester à sa place, sortir est risqué, heureusement l'animal se détourne et va faire un tour dans la maison, histoire de vérifier qu'il n'y ait pas quelque chose à grignoter.

À nouveau seul Teddy, un prénom prédestiné, constate les dégâts, la porte n'opposa aucune résistance et son logement ressemble à une poubelle. Une pendaison de crémaillère version ours !

Une expérience parmi d'autres, comme cette tempête de neige dans laquelle il s'aventure, c'est le mot, pour récupérer des buches. Sans feu sa survie serait limitée et il n'en avait pas assez chez lui. Le décor est uniformément blanc, le vent hurle dans ses oreilles, il trouve le bois mais plus son chemin. Impossible d'avancer, par réflexe il tire, plusieurs fois, tombe, se couche, ça se présente mal.

De l'univers blanc sort une silhouette qui le prend, le jette sur son dos, le ramène et le pose sur son lit. À son réveil il constate mais n'a personne à remercier. Il lui faudra attendre un entraînement, laborieux, au tir, pour rencontrer le même homme qui va lui donner la bonne position.

 

Se peut-il qu'il s'agisse de cet homme, Aleksei, installé dans les bois il y a dix ans pour fuir la police après avoir tué quelqu'un en attendant que son crime fut prescrit ?

La solitude n'empêche pas les rencontres et celle-ci est loin de celles de son ancienne vie.

Inspiré, librement, de l'essai de Sylvain Tesson, un film qui pourrait donner envie d'une telle expérience, à condition d'être sur qu'elle se finira bien. Un tel endroit n'est pas fait pour les hommes affirme Aleksei qui sait de quoi il parle pour y survivre depuis 12 ans. Qu'en sera-t-il du retour à la ''civilisation'' de Teddy, l'histoire ne le dit pas mais chacun peu l'imaginer.

 

J'hésite à prendre mon billet, allez-y d'abord !

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 07:20

The Petrified Forest – Archie Mayo – 1936 – 83'

 

Alain Squier est aspirant écrivain qui voyage en quête d'inspiration. Autant dire qu'il ne l'a pas encore rencontrée.

Alors qu'il traverse le Parc national de Petrified Forest il s'arrête dans une station service pour se sustenter, l'occasion de faire connaissance avec Gabrielle Maple, la fille du patron, qui lui avoue qu'elle rêve de quitter cet endroit et de partir pour la France où se trouve sa mère, à Bourges, afin de poursuivre des études artistiques difficiles à mener dans cet environnement. Elle en profite pour lui citer son écrivain préféré, François Villon, et de lui montrer ses premières œuvres.

Bref, le courant passe, mais leur ébauche de romance s'achève avec l'arrivé du boy-friend de la jeune fille, encore qu'il semble que l'un soit plus épris que l'autre.

Il faut partir et Squier est pris en stop par un couple, les Chisholm. Le trio ne fera pas beaucoup de route, arrêté par Duke Mantee et sa bande qui leur ''emprunte'' la voiture avec l'ambition affirmée de passer au Mexique.

À pied le jeune homme retourne à la station service pour avertir Gabrielle. Il arrive trop tard, les gangsters sont déjà arrivés !

Le film est l'adaptation d'une pièce de théâtre, il se passe en majorité dans la station service, la forêt n'apparaît que dans le titre, les décors font un peu cheap et la réalisation est sans imagination, reste le plus important, outre les dialogues, la distribution : Bette Davis dans le rôle de Gabrielle, Leslie Howard dans celui de Squier, et Bogart qui est un gangster dense et inquiétant. Une incarnation qui en annonce d'autres.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 07:37

Black Legion – Archie Mayo – 1937 – 83'

Frank Taylor est ouvrier, rôle que tint rarement Humphrey Bogart. Il est ambitieux et certain d'une promotion à venir, un poste de contremaître est à pourvoir. Celle-ci pourtant lui passe sous le nez pour profiter à un collègue, immigré de fraiche date, ce qui lui déplait, mais à un collègue d'origine étrangère, ce qui lui multiplie sa rancœur.

Sous le coup de celle-ci il décide de rejoindre une organisation militant contre la présence des étrangers, la place de plus en plus grande qu'ils prennent, au détriment des ''vrais'' américains. Celle-ci ne cache pas son idéologie et recourt régulièrement à la violence. Taylor, s'engage avec conviction mais sans voir plus loin que son désir de revanche, pourtant quand, avoir quitté son épouse il en viendra au meurtre de son meilleur ami sa conscience fera un retour inattendu et il dénoncera ses complices.

Le procès sera un soulagement pour lui, l'occasion d'une confession publique et de révélations terribles, et verra de nombreuses condamnation, lui même partira pour le pénitencier avec une condamnation à perpétuité.

 

Ce film est le premier qui voit Bogie avoir le rôle principal, sans qu'il soit un gangster ou un détective privé. Dénonçant des associations comme le Ku-Klux-Klan il connut des difficultés pour sortir aux états-unis, mais aussi en France où l'ouvrier ''usurpateur'' polonais est devenu hongrois.

Bogart affiche déjà son charisme, son talent et sa personnalité, qualités qui seront bien mieux mises en valeur ensuite. Mais cette production vaut aussi pour les faits qu'elle dénonce, démontrant que rien n'a changé depuis 80 ans. Je parie que dans le même nombre d'année un constat identique pourra être dressé. Ni vous ni moi ne serons là pour le voir.

Avec un peu de chance il pourrait ne plus y avoir personne !

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:36

花街柳巷 Hua Jie Liu Xiang – Carrie Ng / Shirle Yung – 2014 – 85'

Il y a tant de jolies filles que le choix est difficile, mais cet homme sait ce qu'il cherche, une locale, et pas trop cher. Autant dire qu'il ne va pas trouver !

Une des prostituées fait un sondage sur les accros aux putes et pose des questions, genre : Chez une prostituée, vous aimez quoi ? Quelle situation va vous donner une réaction physique :

en la voyant ; pendant qu'elle se déshabille ; quand elle est nue ; quand elle vous touche ; si vous prenez un bain avec elle ? La curieuse est une étudiante préparant sa thèse, et payer de sa personne pour rédiger un mémoire digne de ce nom. Rien ne vaux l'expérience du plum terrain.

Lai surveille tout son petit monde, quelques filles partent et paient leur loyer alors qu'elle reçoit un SMS de Ping qui l'averti que son client est encore là et qu'elle ne peut aller chercher Guizi, sa fille. Lai est serviable mais la petite est malade et elle a besoin d'un médecin, quelle tristesse que sa mère s'en occupe si mal.

Mais Hong Kong est en émoi, six prostituées ont été assinées en un mois, probablement par un même tueur.

Angel Whispers

En fin de journée les filles se retrouvent, avec les hommes ''à tout faire'' de la maison. Guizi débarque et demande après sa mère. Mais Ping n'est pas en mesure d'assurer son rôle, et Lai qui fait le tour des studio ne la trouve pas.

Et s'inquiète.

Ping demeure introuvable. En revanche Lai découvre chez Lung, le réparateur de tout dans la maison une collection d'articles sur les murs et des caméras pour espionner toute les filles.

Appeler la police pour signaler une disparition serait vain.

Dommage parce que Ping n'est pas morte et rampe sur le carrelage couvert de sang pour s'éloigner. Les filles ne peuvent compter que sur elle-même. La jeune femme ne semble pas être sortie mais le batiment est immense et le nombre de pièces considérable. L'exploration commence !

Jusqu'à la découverte de trois corps.

Pour commencer.

Angel Whispers

Lung est-il l'assassin ou veut-il seulement protéger la coupable ?

Angel Whispers

a police débarque, ramasse les corps, y compris celui de Lung, tué, semble-t-il en légitime défense par Ching Ching.

 

À force de dire à un(e) enfant qu'il est un monstre engendré par une prostituée et un mac certain(e)s finissent par le croire, par ne plus trouver dans le monde que la violence pour s'exprimer, et se venger de la mère qui l'a abandonné. Et lui laisser un message. Comment put-elle ne pas reconnaître son propre enfant ?

 

Dommage, il est trop tard.

Angel Whispers

Le cinéma hongkongais fait peu dans la dentelle, ce huis clos en est l'illustration. L'enfance formatrice de la monstruosité n'est pas une nouveauté, ni la citation de Nietzsche. Cette réalisation de Carrie Ng se laisse pourtant voir, le criminel présente une nature inhabituelle et Kabby Hui Nga-Ting est ravissante. Elle a l'avenir devant elle.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 07:15

The Shootist – Don Siegel – 1976 – 100'

Nombre d'acteurs se sont illustrés dans des westerns, pourtant s'il fallait en choisir un qui soit emblématique du genre il est probable que John Wayne arriverait en tête de liste. Rarement bien considéré comme acteur il montre dans ce film, aussi, qu'il pouvait être excellent pour peu que le réalisateur le lui demande.

Dans cette réalisation le rôle et l'interprète se confondent. En effet John Bernard Books, le dernier tireurs légendaires de l'Ouest, vient d'apprendre qu'il souffre d'un cancer. Il rentre chez lui, à Carson City, se faire soigner par son vieil ami, le Dr Hostetler.

Il s'installe dans la pension tenue par Bond Rogers, une veuve, et son fils. Books veut affronter sa fin de vie dignement mais l'imaginer est une chose, le réaliser en est une autre. La maladie le ronge, le fait souffrir, le diminue chaque jour un peu plus. Il ne s'agit pas de s'éteindre doucement mais chaque jour est une difficulté supplémentaire.

De plus c'est un nouveau monde qui naît, un monde dans lequel il n'a pas sa place.

Siegel ne fait pas l'apologie de la violence, au contraire, chaque vie prise par Books est comme un fantôme qui l'accompagne, quand bien même auraient-elles mérité d'être supprimées. Il n'était pas un psychopathe heureux de se servir de ses armes, ceux-ci, s'il y en avait, avaient peu de chance de faire de vieux os. Et si le fils de sa logeuse l'admire JBB veut lui montrer que ce n'est pas justifié. Le cancer qui ronge l'ex pistolero est bien l'expression d'une nouvelle société en train de naître où la loi voudrait remplacer le colt.

Nous savons que c'est rarement le cas, mais la question n'est pas là.

Sa présence excite les convoitise de successeurs éventuels qui n'ont rien compris, d'un journaliste qui voit un article intéressant, un livre peut-être. Même le maire qui imagine sa ville pouvant annoncer que Books y mourut, un bonne raison de la visiter. Sans parler d'une prostituée qui se dit qu'épouser une légende, fut-elle moribonde, est un placement dont elle pourrait profiter, après coup ! Les vautours sentent vite l'odeur de la mort et se bousculent pour profiter du festin.

Books sait ce qu'il est, ce qu'il représente, pourquoi ne pas tenter d'être à la hauteur de sa légende. La mort ne lui fait pas peur, la déchéance, si !

Peu d'action, pas d'indien, cette époque est dépassé. C'est à l'agonie de l'Ouest que nous assistons à travers celle de son dernier gunfighter.

 

The Shootist est le dernier film de Wayne, contrairement aux apparences il ne fut pas écrit pour lui, il est l'adaptation d'un roman de Glendon Swarthout, mais les acteurs précédemment sollicités déclinèrent. Au vu du résultat c'est tant mieux. James Stewart, Richard Boone, John Carradine et Lauren Bacall ont une moyenne d'âge respectable, Ron Howard la fait baisser, chacun tenant un rôle classique du western. Les cartes sont distribuées, elles peuvent s'abattre sur la table. La quinte sera-t-elle flush, au spectateur d'en décider. Lors de sa sortie le film n'eut pas grand succès, son sujet peut l'expliquer. Faites-vous votre idée !

À l'époque il n'était plus malade, le cancer appartenait au passé, mais il est difficile de se débarrasser du crabe. Celui-ci revint, plus agressif. De son dernier duel John ne sortit pas vainqueur, personne n'y est parvenu.

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 07:52

The Glenn Miller Story -  Anthony Mann - 1954 – 115'

Glenn Miller a bien du mal à gagner sa vie. Il joue un jour dans un orchestre, quelques jours plus tard dans un autre, entre les deux il met en gage son trombone pour subsister. Pourtant ce n'est pas la carrière d'instrumentiste qu'il vise mais celle de compositeur, de chef d'orchestre ou d'arrangeur. La composition est une activité pratique quand il ne dispose plus de son instrument. Il cherche un nouveau son, une nouvelle forme de musique.

Heureusement il n'est pas seul, la preuve, il épouse Helen, une femme qui sera autant sa muse qu'un soutien dans les périodes difficiles. Il va voir la chance passer, et la saisir, quand on lui propose un travail original, orchestrer une œuvre dont la clarinette aura le premier rôle. Naît ''Moonlight Serenade'', un ''tube'', comme on ne disait pas encore, qui va lui ouvrir les portes du succès et lui permettre de monter un big band dont la célébrité et le succès iront croisant.

Ainsi se suivent ''In the Mood'', ''Tuxedo Junction'', ''Chattanooga Choo Choo''.

La guerre éclate, les états-unis s'engagent dans le conflit après Pearl Harbor, Glenn Miller aussi. Musicien il joue pour les soldats. Alors que la France est libérée à son tour il ambitionne de venir jouer à Paris. Sa série d'enregistrement terminée il veut venir dans la capitale Française pour Noël 1944. Une demie heure, c'est le temps nécessaire pour traverser la Manche. Le 14 décembre il décolle, un peu avant 14 heure. On ne le reverra plus.

 

Si le film connut un grand succès ce n'est sûrement pas à cause de son respect de la réalité, mais quelle importance, mais bien grâce à la mise en scène d'Anthony Mann, à l'interprétation de James Stewart, comme toujours excellent, mais aussi, oserais-je dire, surtout, à celle de June Allyson. Certes c'est le musicien reste le héros mais l'importance de son épouse n'est pas minimisée, son soutien continuel, son sourire, sa bonne humeur constante, sont soulignés par le scénario. Le réalisateur évite le pathos et l'excès de sentimentalisme, en ne la montrant pas apprendre la disparition de son époux.

 

Autre raison du succès, la musique de Miller bien sûr. C'est bien le moins pour le biopic d'un musicien. En France ce film est sous estimé, cet article ne suffira pas à lui rendre l'hommage qu'il mérite mais il a tant de qualités, malgré le passage du temps, que vous auriez tort de vous en priver.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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