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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:39

The Sea of Trees – Gus van Sant – 2015 – 110'

Arthur Brennan n'a pas l'air en forme lorsqu'il se rend au bureau d'embarquement d'une compagnie aérienne japonaise. Sa réservation de la veille, par internet, n'apparaît pas tout de suite, mais ouf, finalement c'est le cas et il peut embarquer. Ce sera vite fait, il n'a pas de bagage et ne demande pas de billet retour. Il faut dire que son but est de ne jamais revenir ! Sa vraie destination est la célèbre foret Aokigahara, celle où se rendent ceux qui veulent se suicider dans une ambiance propice. Une immense mer d'arbres où chaque arbre semble nourri de cadavres.

Il trouve un endroit à sa convenance, un peu en hauteur histoire d'avoir une belle vue sur la forêt. Il pose à côté de lui une lettre adressée à son épouse. Espérant que quelqu'un la trouve et l'envoie pour lui. Quelques pilules, celles que sa femme n'a pas eu le temps de prendre, de l'eau pour les faire descendre. Il suffit d'atteindre la dose suffisante et il s'endormira pour ne plus se réveiller.

Il remarque alors un homme, un japonais, qui passe à quelques pas de lui, sale, perdu, blessé. Sortant de son projet suicidaire il va voir l'arrivant, lui demande si tout va bien, s'il a besoin d'aide. Ce à quoi l'interpellé répond qu'il cherche la sortie, cela fait plusieurs jours qu'il avance, cherche, mais ne trouve rien.

Arthur est trop bon, il lui indique la route, lui passe même sur les épaules son imper, celui qui est si confortable, un cadeau de son épouse. Et puis il se ravise, dans la poche intérieure il y a les médicaments. Il court après l'homme, le rejoint alors que celui-ci se trouve dans un nouveau cul de sac. Finalement il va l'accompagner avec l'intention de revenir en arrière finir ce qu'il avait commencé.

La route est difficile, aucune indication, les arbres se ressemblent, les racines se tendent sous leurs pieds, les rochers n'attendent que leur chute pour leur briser les os.

Brennan oublie qu'il voulait mourir pour aider... mais pour aider qui ? Un homme qu'il n'a jamais vu, un homme ? Ils vont errer, avoir froid, lutter pour survivre, Arthur va trouver en lui une énergie qu'il croyait disparue.

Au moins le spectateur n'a-t-il pas à se forcer pour comprendre dès les premières images que Brennan est un jeune veuf, qu'il ne peut vivre sans sa femme, morte quelques jours plus tôt dans des circonstances à la fois peu crédibles et totalement attendues, le réalisateur se croyant obligé à force de retours en arrière d'expliquer ce qui amena Arthur à vouloir mettre un terme à une existence minée par la culpabilité.

Le couple pourtant allait mal, lui s'obstinait à des recherches en mathématiques qui n'intéressaient personne, elle, se réfugiait dans la boisson, l'affrontement était leur mode de fonctionnement, ce qui ne les empêchait pas de faire des petits gestes l'un pour l'autre, discrètement.

Dommage que le film ait l'air de sortir d'un congélateur. Restent les acteurs qui font ce qu'ils peuvent, et le font bien, la réalisation et la lumière, sans oublier la forêt elle-même, le personnage le plus fascinant dans le miroir qu'il tend à ceux qui s'y rendent. Obscurité et silence pour la majorité, et parfois, un espoir de vie qui ne demandait qu'à surgir.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 07:55

Henry Koster – 1950 – 104' 

 

Elwood P. Dowd est un homme gentil, un vieux garçon dirait-on aujourd'hui, de 42 ans, aimable mais quelque peu excentrique puisque son meilleur ami est un lapin invisible de deux mètres qui se prénome Harvey. Pour sa famille il ne fait pas de doute que c'est là l'effet de l'alcoolisme, et/ou, de troubles mentaux qui attendent d'être diagnostiqués, et soignés comme il se doit.

En effet Elwood passe le plus clair de son temps dans un bar où il invite un peu n'importe qui à boire un verre, où même chez lui pour diner. La vie sans cet ami serait bien terne, morose, et pour tout dire, aussi banale que normale, pour lui qui peut confier ses secrets à un lapin qui ne risque pas de les raconter, qui ne le contredit pas, et est toujours présent sans prétendre lui donner de leçon, comme les membres de son entourage, de sa propre famille, qui voient Elwood comme, au mieux un benet, au pire, comme un crétin perturbant dont la place serait dans un établissement spécialisé.

Perspective qui s'approche, en effet, Veta Louise Simmons, sa sœur, souhaite qu'il disparaisse de l'environnement visible de la famille puisque sa fille, Myrtle Mae, est sur le point d'entrer dans le monde avec l'arrière pensée d'y faire sa place, d'abord, et un mariage intéressant, ensuite. Elles redoutent qu'un prétendant découvrant l'oncle ne pense que toute la famille est débile et ne laisse la jeune fille, et ses espérances. Après qu'il se soit fait remarquer lors d'une réception Veta décide de le faire interner. Mais nous sommes dans une comédie et c'est elle qui, à la suite d'un quiproquo, va se retrouver dans une jolie cellule aux parois matelassées.

 

La question pourtant finit par se poser, Harvey existe-t-il bel et bien. Visible par Elwood seulement au départ ses proches semblent accepter son existence et la mise en scène fait tout pour que le spectateur se pose la question.

C'est bien Veta qui va s'avérer la plus ''troublée'' de la famille, son arrivisme forcéné, qu'elle tente d'innoculer à sa fille, ne lui apporte aucune satisfaction, ses relations sont factices et si elle est intéressée, elle n'est pas intéressante. À la différence de Elwood qui sait se faire des amis dans tous les milieux. Lui connait la valeur d'une vie. Ainsi que le disait sa mère ''Si tu veux réussir dans la vie tu dois être très malin ou très gentil''. Après avoir été le premier il conclût qu'être le second est plus valorisant.

Comme la plupart des films de cette époque celui-ci a vieilli, qu'il soit tiré d'une pièce de théâtre se perçoit, surtout si on le sait. Le charme de James Stewart, bien visible lui, opère toujours, et c'est une bonne raison de le regarder.

22 ans plus tard il reprendra ce même rôle dans un téléfilm. La pièce originelle fut à nouveau portée au cinéma en 1998, sous le même titre.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 08:00

검은 사제들 Jang Jae-Hyun – 2015 – 108'

Rome. Les 12 démons existent-ils réellement ?

Ils se cachent dans chaque recoin de ce monde, sont dans toutes les guerres, famines et catastrophes. Lorsque leurs existences seront révélées même les non-croyants se mettront à prier dieu.

Une lettre signale une manifestation en Corée. Le père Jung, un spécialiste, est injoignable, il est dans le coma !

Séoul

Un prêtre monte rapidement dans la voiture qui s'arrête devant lui, il prie en tenant quelque chose. Le chauffeur fait au mieux, il se faufile, mais ne peut éviter la première voiture qui les heurte, encore moins le camion qui suit. Le prêtre parvient encore à murmurer quelques mots.

 

Un taxi s'arrête devant l'archidiocèse de Séoul, l'arrivant est le père Kim Bum-shin, un voyou, négligeant, mais il assistait le père Jung, l'exorciste. C'est lui qui a contacté le Vatican en évoquant le cas d'une jeune fille possédée : Lee Young-shin.

Ses collègues prêtres lui en veulent de ne pas leur en avoir parlé. il a essayé, ils n'ont pas écouté. Il a trop souvent parlé de possession, pour rien, pour être pris au sérieux. Cette fois, aussi, il est sûr qu'il s'agit de l'une des 12 manifestations.

L'évêque le désavoue, officiellement, mais s'en va, laissant les prêtres agir. Il pourra affirmer n'avoir rien su en toute bonne foi (!). le père Kim a besoin d'un médecin et d'un assistant. Le Dr Park Hyun-jun de l'école catholique conviendrait.

Alors qu'il va voir Young-shin il arrive trop tard pour l'empêcher de se jeter par la fenêtre, et de tomber sur le toit d'une voiture, sans toutefois trouver la mort. Elle est dans le coma, elle aussi.

 

Il manque l'assistant, ses connaissances et qualités doivent être nombreuses. Un seul nom réunit les critères Choi Joon-ho. Pas de chance !

Mis au courant de la mission qui l'attend Choi est dubitatif. Il ne connaît pas le père Kim, ni le père Jung, ni les Rose-croix. Il doit d'abord rencontrer le diacre Park qui va lui remettre les notes et enregistrements laissés par les aides précédents concernant le cas de la jeune Lee. Il y en eut 10.

Joon-ho est inquiet. Se passe-t-il réellement quelque chose ?

Choi écoute, difficilement, les séances enregistrées, et son angoisse monte, plus encore quand il fait un cauchemar terrifiant où se superpose l'image d'un chien et d'une petite fille, croyant frapper le premier il poignardait la seconde.

 

Il rencontre le père Kim, avec une autre mission, secrète. La rumeur veut que celui-ci ait abusé de Young-shin, il faudra filmer ce qui se passe, l'évêque veut en savoir plus.

Le père Jung sort du Coma. Et il a bon appétit, sous les yeux des corbeaux sur le toit en face de l'hôpital.

Pour autant que le père Jung soit lui-même...

Quand Choi rencontre Kim il est surpris, ce dernier présente une personnalité atypique, il ne porte pas de signe distinctif, bois, sait se montrer provocateur et grossier. Deux personnalité on ne peut plus différentes, ou complémentaires.

Le plus jeune devra apprendre qu'il y a une différence entre la théorie et la pratique. La seconde est bien plus dangereuse.

 

L'heure de la confrontation arrive, après l'échec d'une shaman le pire est à craindre.

Si vous avez l'impression que ce film a quelque chose de l’Exorciste vous avez raison. Une jeune fille possédée par un démon millénaire affrontant deux prêtre, le ''pitch'' est identique mais le traitement est plus violent encore. Ce démon ne manque pas de répondant, il sait tout de ses adversaires, surtout leurs faiblesses. Qui n'en a pas ?

Park So-dam semble partie pour une plus belle carrière que Linda Blair. Depuis Priest elle est apparue dans 2 dramas, différents.

Heureusement.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 07:45

 Mr Smith goes to Washington – Frank Capra – 1939 – 129'

Hupert Hopper, surnommé ''Happy'' est gouverneur d'un état, non spécifié, des états-unis. Il doit choisir un futur sénateur pour succéder à Sam Foley qui vient de mourir. Jim Taylor lui suggère ''amicalement'' de choisir quelqu'un d'assez malléable, d'un autre côté on lui propose un réformateur plus e vue, Henry Hill. En revanche ses propres enfants font campagne pour Jefferson Smith qui est à la tête d'un mouvement scout.

Happy hésite entre les deux premiers, pour laisser le sort décider pour lui il joue à pile ou face. La pièce tombe sur la tranche, prenant appui sur un journal dont la une est un article soulignant le rôle social de Smith. Le sort a décidé, ce dernier sera sénateur. Il postule qu'il sera populaire mais aussi facile à manipuler de par son ignorance des arcanes du Congrès.

Partant pour prendre son poste le jeune homme est coaché par le sénateur Joseph Paine, un ancien de la maison, influent, apprécié de tous en sachant cacher ses malversations et son goût du lucre. Ils arrivent à la gare de Washington, Smith fait alors la connaissance de Susan, la fille de Paine, qui lui tape dans l’œil. Plutôt que de suivre le comité d'accueil il préfère partir de son côté, explorer le Capitole en prenant un bus touristique. Il visite le West Potomac Park, admire le Lincoln Memorial. À la suite de quoi il se rend à son bureau où il rencontre sa secrétaire, Clarissa Saunders.

Smith fait aussi connaissance avec la presse de Washington qui se moque de lui, le ridiculise, le traite de péquenaud. Son sang ne fait qu'un tour, il se rend au National Press Club pour rencontrer les journalistes et exiger qu'ils rétablissent la vérité. C'est l'inverse qui arrive, les journalistes lui font voir la vérité, lui montre qu'il n'est qu'un fantoche arrivé au Sénat où il profite d'un salaire important. Il décore une chaise et vote comme ses collègues le lui disent.

Pour Smith c'est une révélation sur le vrai rôle d'un sénateur. Il s'en ouvre à son mentor, lui affirmant que désormais il étudiera chaque texte avant de voter, ou non, suivant sa conscience. Paine ne dit rien mais voit là un obstacle à ses plans et intérêts.

Histoire de l'occuper il lui suggère de présenter une loi pour les enfants, ça plait toujours aux électeurs. Aidé de Clarissa Saunders, qui le découvre sous un meilleur jour, il propose une loi prévoyant un système de prêt, qui serait octroyé par le gouvernement fédéral, pour acheter des terrains qui accueillerait des camps pour les enfants des villes. Ce prêt serait remboursé par des souscriptions volontaires. L'idée est bien accueillie, rapidement des donations arrivent. Malheureusement ce projet concerne une zone visée par les promoteurs d'un projet de barrage, lequel figure, un article parmi d'autres, dans une loi défendue par Paine.

Celui-ci charge donc sa fille de séduire Smith pour l'éloigner du Sénat le jour du vote de la loi. Il en sera averti ensuite par Clarissa Saunders et remettra en cause la loi lors de la séance suivante.

Pour se débarrasser du gêneur Paine décide d'établir de fausses preuves qui l'accuseront de vouloir profiter de son projet. Smith est tellement abasourdi qu'il en est incapable de se défendre.

À nouveau sa secrétaire intervient pour lui dire de ne pas abandonner, il peut faire capoter le projet de Paine et prouver son innocence. Paine va demander aux sénateurs de voter l'exclusion et la déchéance de Smith. Mais celui-ci, lui indique Saunders, peut faire obstruction. En effet son temps de parole n'est pas limité, il peut donc parler autant qu'il veut.

Il va tenir 24 h, rappelant les idéaux américains de liberté et révélant les vrais raisons du projet de barrage et la corruption de Paine. Sans parvenir à convaincre ses collègues. Le temps pourtant joue pour lui, son obstination peu à peu malmène les convictions des autres sénateurs.

 

Smith promet de ne pas sortir tant qu'il ne sera pas cru, il s'adresse à Paine, le supplie de se souvenir de ses débuts, des valeurs qu'il défendait.

Avant de s'évanouir.

Mais ses mots ont touchés juste, Paine avoue et affirme l'innocence de Smith alors que celui est évacué de l'hémicycle.

Ouf !

 

Une vraie leçon de démocratie faite par Capra, incarné par Stewart qui joue la candeur et la franchise avec un naturel qui me donnerait presque envie de croire en l'homme. Sa prestation est fantastique, jusqu'à son marathon qu'il semble avoir tenu pour de vrai.

Un grand réalisateur, un grand acteur, bien entouré, un bon scénario, le cocktail idéal pour un classique du cinéma.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 07:11

 The Pride of the Yankees – Sam Wood – 1942 – 128'

Lou Gehrig né le 19 juin 1903 à New York, enfant il n'a qu'une ambition, devenir le meilleur jouer de baseball alors que ses parents le voient en ingénieur. Une fois admis à l'université il fait rapidement la démonstration de ses capacités sportives mais si l'encadrement l'apprécie c'est moins le cas des autres membres du club qui viennent d'un tout autre milieu et le méprise.

Sam Blake, un journaliste spécialisé, le recommande aux Yankees de New York qui lui font une proposition dès qu'ils se rendent compte de son talent. Lou hésite mais sa mère a besoin d'une couteuse opération, il signe donc mais sans dire à celle-ci qu'il est devenu professionnel de Baseball, elle le croit étudiant.

Dans cette équipe il côtoie les grands champions de son époque, comme Babe Ruth. Lors d'un match à Chicago il remarque une spectatrice, Eleanor Twitchell qui se moque de lui. Malgré cette première rencontre ils se revoient, Lou fait la cour à le jaune femme, elle accepte de l'épouser.

Tout va pour le mieux, d'autant que sa carrière progresse, qu'il est de plus en plus célèbre. Adoré du public il fait partie des meilleurs joueurs de son temps.

Les choses vont se gâter quand il apprendra qu'il souffre d'une forme de sclérose en plaque. Son avenir dans le sport est impossible, il doit se retirer. Le 4 juillet 1939, dans le Yankee Stadium, devant 62 000 spectateurs il fait ses adieux en disant Aujourd'hui, je me considère comme la personne la plus chanceuse sur Terre.

Il décède des suite de sa maladie le 2 juin 1941. Aux états unis la sclérose amyotrophique porte son nom, en France elle est plus connue sous le nom de ''maladie de Charcot''.

 

Nommé pour 11 Oscar, le film n'obtiendra que celui du meilleur montage, dommage pour Gary Cooper qui, s'il a du mal à jouer un étudiant alors qu'il a 40 ans, incarne admirablement Lou, lui donnant sa silhouette, son prestige et son charisme. Aucun autre acteur de son temps n'aurait pu tenir ce rôle aussi parfaitement. Teresa Wright est l'épouse idéale, drôle, émouvante, dévouée jusqu'au bout. Autre qualité du film, la présence de Babe Ruth dans son propre rôle. Si vous êtes amateur de baseball vous serez peut-être déçu, l'accent n'est pas mis sur cette partie de la vie de Lou mais plutôt sur sa vie privée, ce qui fait d'autant plus regretter qu'un réalisateur de plus grande envergure ne soit pas derrière la caméra. Un avantage si vous ne l'êtes pas.

 

Cette réalisation est classée troisième dans la liste des 10 meilleurs films américains de sport derrière Raging Bull et Rocky. Un podium qu'il ne mérite pas. En revanche l'émotion est au rendez-vous, on ne peut pas tout avoir. 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 08:55

Mr. Deeds Goes to Town – Frank Capra – 1936 – 115'

Longfellow Deeds joue du tuba dans la fanfare de Mandrake Falls et vit de ses poèmes,(son nom est une référence à un grand poète étasunien, Henri Wadsworth Longfellow). C'est un homme sympathique, toujours prêt à aider qui a besoin de lui. Il est un jour contacté par des avoués new-yorkais qui lui apprennent qu'il est l’héritier d'une importante fortune. En réaction à cette nouvelle il se met à jouer du tuba, ce qui surprend ses visiteurs, lesquels seront encore plus étonnés quand le jeune homme leur dira qu'il n'a pas besoin de cet argent sinon pour le partager et en faire profiter de bonnes œuvres.

Objectif loin de ceux des avoués qui se voyaient le faire fructifier, à leur avantage. Deeds doit pourtant se rendre à New York, peut-être y changera-t-il d'avis. Une fois arrivé il fait la connaissance de Babe Bennett, journaliste qui voit en lui une proie facile et un sujet d'articles faisant vendre son journal tant le comportement de Longfellow est différent de celui des citadins, et surprenant, pour ne pas dire étrange, à leurs yeux. D'ailleurs les avoués, ne pouvant le faire changer d'avis, tenteront de le faire passer pour fou. Un procès aura lieu, Longfellow devra faire la preuve que sa ''folie'' n'est que de la candeur, de la spontanéité, qu'il n'est tout simplement pas corrompus par les habitudes hypocrites et la vénalité de la ''ville''. Il est le représentant de la nature, de la fraicheur, de la ''pureté'' contre la corruption des banquiers et autres hommes d'argent qui, nous sommes en 1936, ont engendrés une crise dont les effets se font encore durement ressentir.

Le regard de Babe Bennett changera à mesure qu'elle connaît mieux Longfellow, qu'entre eux naît un sentiment, attendu mais sincère. Le public qui se gaussait en vient à l'admirer. C'est lui qui devait être jugé, ce sont ses accusateurs, et leurs ''valeurs'', qui le seront. Celui qui est différent, fait parfois peur mais le plus souvent amuse, avant qu'en le connaissant les ressemblances n'émergent. Deeds parle et ses mots font mouches, soulignent que chacun peut sembler bizarre suivant l'angle dont on l'observe, que réduire une personne à quelques traits n'en donne qu'une caricature qui, au final, conviendrait à tous. Bien sûr la vision du film grossit les traits, le monde rural n'est pas idéal, le citadin n'est pas diabolique, chacun associe qualités et défauts, l'important étant d'avoir la lucidité de les reconnaître, chez soi plus que chez l'autre.

 

Le titre original Mr Deeds Goes to Town montre mieux la volonté de Capra de montrer le contraste de mondes si proches mais si différents. Cooper est, comme toujours puis-je dire, parfait dans ce rôle de provincial dont le regard souligne plus encore les errements d'un système toxique. Il est un exemple de ce que sont les véritables valeurs américaines, un héros en apparence simple, banal, mais exemplaire auquel les spectateurs peuvent s'identifier.

Quand à lui ressembler, réellement, c'est une autre histoire. Mais nous sommes au cinéma. La différence est parfois grande, et cruelle, entre ce que nous voudrions être et ce que nous sommes réellement, entre le soi mythique et le moi médiocre.

Preuve est faite, une fois de plus, qu'une bonne comédie, puisque ce film en est une, est souvent fondée sur une argument tragique.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 08:17

Mia Hansen-LØve – 2016 – 100'

 

Nathalie est professeur de philosophie, par ailleurs elle est l'auteur d'un manuel qui a une excellente réputation mais se vend mal de par sa présentation sévère et dirige une collection dont l'avenir est compromis pour la même raison. L'époque n'est plus au sérieux, à la profondeur, mais aux contraintes du marketing, à la prépondérance d'une présentation racoleuse et colorée.

Ce qui ne lui convient pas du tout.

Outre son métier elle se partage entre sa famille, un mari et deux enfants, et une mère, dépressive et possessive, ancien mannequin qui vit mal le temps qui passe, sa beauté disparue et passe son temps à attirer l'attention, de sa fille mais aussi des pompiers qu'elle appelle à la première crise d'angoisse, c'est à dire souvent.

Sa mission, du moins la défini-t-elle ainsi, est d'apprendre à ses élèves à penser par eux-mêmes, malheureusement c'est une aspiration que peu connaissent. Parmi ceux-ci il en est un qui sort du lot, Fabien, brillant mais idéaliste, croyant aux idées libertaires, comme si elles ne remontaient pas à la surface à chaque génération comme un noyé voyant voir que rien n'a changé. Il croit en ses idées, et pour les mettre en pratique part pour le Vercors où il a racheté une vieille ferme pour une vie en semi communauté.

Elle est devenue une bourgeoise comme il y en a tant, n'aspirant à rien d'autre que son confort, physique, mental et moral.

Mais les événements vont se précipiter, d'abord son mari va lui annoncer avoir rencontré quelqu'un, formule détournée pour l'avertir qu'il va partir et divorcer. Puis c'est sa mère qui, après avoir accepté un placement en maison de retraite, décède brusquement. Enfin son éditeur lui annonce qu'elle ne rentre plus dans les objectifs de l'entreprise.

Bref, comme elle l'avoue à Fabien alors qu'elle va passer quelques jours chez lui pour se changer les idées, elle n'a plus de mari, de mère, de collection, elle est libre comme elle ne l'a jamais été.

Une situation pas forcément enviable. Son univers s'effondre, sa relation, devenue surtout intellectuelle, avec son époux lui manque, finalement il vivait moins avec les livres qu'elle.

Nathalie doit réorganiser sa vie, ouvrir les yeux sur le passé, regarder son futur avec moins de certitude. Alors que Fabien lui suggère de refaire sa vie elle répond qu'elle ne s'imagine pas avec un homme de son âge et encore moins avec un jeune. Mais alors que nous la quittons pendant le réveillon de Noël, qu'elle est devenue grand-mère, qui sait quelles découvertes elle peut faire.

Un film tout en délicatesse sur un moment charnière comme il en arrive quelquefois dans une vie. Pas de drame, quelques cris, un peu plus de larmes, le temps de faire le deuil d'habitudes moins définitives que prévu et de repartir. La vie intellectuelle de Nathalie lui suffira-t-elle longtemps ? Quel sera son avenir ?

À chaque spectateur de se faire son idée.

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 07:39

High Noon – Fred Zinnemann – 1952 – 85'

Il est 10 h 30 dans la ville d'Hadleyville (et ailleurs aussi bien sûr), Will Kane s'apprête à rendre son étoile de shérif puisqu'il vient d'épouser Amy Fowler avec laquelle il envisage d'ouvrir un commerce dans une ville voisine.

Pourtant un message lui apprend que va arriver en ville Frank Miller, un bandit qu'il avait arrêté et était condamné à mort. Celle-ci ne fut pas appliqué puisque le criminel fut libéré après seulement cinq ans de prison. Rancunier il revient à Hadleyville pour se venger de celui qui le conduisit au pénitencier.

Le train doit arriver à midi, trois complices attendront Miller pour l'aider à exécuter son plan, et Will.

Kane hésite mais le devoir l'emporte, il ne peut attendre sans rien faire. Il lui reste un peu de temps pour enrôler des hommes pour arrêter le quatuor de tueurs. Mais la lâcheté des habitants va se révéler au grand jour, aucun n'aura le courage de l'aider, tous préfèrent se terrer chez eux, derrière leurs volets, s'y pensant à l'abri.

Will est seul pour faire face aux arrivants !

Le convoi arrive, ralentit, s'arrête, Miller en descend, rejoint ses amis. L'affrontement est inévitable alors que les rues sont vides, que les yeux tentent de voir, discrètement, ce qui se passe. La curiosité n'est pas antinomique de la couardise.

 

4 contre 1, le combat semble inégal...

Le titre français fait allusion au train qui devrait siffler trois fois si Miller était vraiment à bord, mais il n'en est pas question dans la version originale, et le véritable titre, High Noon, signifie autant midi pile que l'heure de vérité.

La réalisation de Zinnemann fait monter l'angoisse en montrant des horloges en plans de plus en plus rapprochés. Pour cela le film est presque en temps réel. Kane cherche de l'aide, mais les portes se ferment devant lui alors que le train se rapprochent, que les trois ''assistants'' de Miller attendent ce dernier avec impatience, sûrs de leur fait.

Un classique du western dominé par la stature de Gary Cooper, vivante incarnation du courage, s'il y a un homme qui ne sait pas reculer c'est lui. Et Grace Kelly dans un de ses grands rôles. Que demander de plus, sinon ce que nous ferions dans un tel cas. Heureusement cela a peu de risques d'arriver.

Quoi que...

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 08:05

Jennifer Yuh Nelson / Alessandro Carloni – 2016 – 95'

Kaï est retenu dans le royaume des esprits depuis des siècles, mécontent de cet état de fait il est prêt à tout pour s'échapper. Pour cela il s'empare du ''chi'' de maître Oogway, son ancien ami pourtant, et parvient à s'infiltrer sur Terre, en Chine. Là où justement Po, le ''guerrier-dragon'' passe son temps à s'entraîner, un peu, et à manger, beaucoup. Après la réussite de sa mission précédente Maître Shifu Sweng lui confie la charge d'enseigner, ce qu'il fera, sans grand succès.

Sur un marché il aperçoit un autre panda, une présence rare dans le quartier, qui s'avérera être son père, Li Shan, venu de loin pour le retrouver.

Po est heureux, lui qui longtemps avait cru que son géniteur était San Ping, une oie vendeuse de nouilles. Mais deux pères valent mieux qu'aucun ! Cela ne va pas durer, la nouvelle que Kaï arrive se répand, qu'il s'attaque à tous les maîtres du kung-fu l'un après l'autre et vole leur ''chi'' pour absorber leur force. Son but est de les collecter jusqu'au dernier, le guerrier-dragon, le seul pouvant contrecarrer ses plans, bien qu'il soit sûr du contraire.

La solution pourtant existe, elle figure sur un parchemin montrant maitre Oogway alors que celui-ci, avec Kaï, menait son armée. C'est alors qu'il rencontra un village de panda qui lui firent découvrir le ''chi'', une force de vie qu'il ignorait, et à laquelle il va se convertir, ce que refusera Kaï. Leurs chemins vont diverger. Il est évident que la solution c'est le ''chi'', que le guerrier-dragon apprenne à le maîtriser et il vaincra Kaï.

 

C'est le moment où intervient Li Shan, il vient d'un village caché dans les montagnes où sont fils pourra apprendre le secret qu'il recherche.. Les pandas partent. Le chemin est long, périlleux, surtout que San Ping s'est caché dans leurs bagages.

Enfin ils arrivent au but, le village, et des dizaines de pandas qui accueillent Po comme le fils prodigue. Lui veut remplir sa mission, avant, lui affirme son père il doit apprendre à être un vrai panda. Faire la sieste, manger davantage, rouler plus que marcher, se lever tard. Un entraînement auquel il se plie. Mais Kaï avance, bat les amis de Po, à l'exception de Maître Tigresse qui s'échappe pour le prévenir de l'imminence de l'affrontement.

Po veut savoir, son père doit lui enseigner. Mais celui-ci à menti, si son village avait ce savoir il y a longtemps qu'ils est oublié. Tout ce qu'il désirait était mettre son fils à l'abri. Amour paternel que Po prend pour une trahison l'ayant conduit à abandonner ses amis. Il ne connaît pas le secret souhaité mais découvre qu'il n'est pas seul, tous les pandas sont là pour l'aider, ensemble ils pourront faire quelque chose. En s'unissant on est plus fort ?

 

Je ne vais pas vous dévoiler la fin, ce genre de film ne fait pas son succès sur son suspens mais sur ses personnages, sa réalisation et son scénario. Les premiers sont sympathiques, surtout Po, la séduction du panda n'est plus à démontrer. La seconde est impeccable, chaque nouvel opus semble plus parfait que le précédent. Reste le troisième, simple, comme il se doit, porteur de la bonne parole, démontrant que la sagesse l'emporte sur la force brute. C'est du cinéma, dans la réalité... Raison de plus pour faire semblant d'y croire pendant 90'.

Po comprend finalement la valeur de l'enseignement. L'élève ne doit pas ressembler au maître mais devenir lui-même.

 

Encore faut-il être quelque chose. Mais c'est une autre histoire. Le secret du ''chi'' semble s'être perdu. Définitivement ?

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:20

Sergeant York – Howard Hawks – 1941 – 134'   

 

Alvin Cullum York nait dans le Tennessee en 1887, troisième des onze enfants de Mary Elizabeth et William Uriah York. William meurt en 1911, Alvin doit élever ses jeunes frères et sœurs, les ainés, mariés, se sont éloignés. Il est travailleur, attaché à sa famille, mais l'abus d'alcool le fait se battre souvent. Sa mère, membre d'une communauté pacifique fait tout pour qu'il change. Il se convertit le 1er janvier 1915.

En juin 1917, mobilisé, il incorpore le 328e régiment d'infanterie au Camp Gordon. Il est persuadé que c'est un souhait divin qu'il rejoigne le champ de bataille et que dieu veillera sur lui.

 

Promu Caporal il se retrouve en octobre 1918 à devoir infiltrer les lignes allemandes pour faire taire des mitrailleuses. En chemin ils font des prisonniers mais se retrouve pris sous le feux des armes ennemies, 6 américains seront tués. Mettant ses hommes, et leurs prisonniers, à l'abri, il se dirige vers les tireurs. Il tue alors 28 ennemis et capture seul le bataillon de mitrailleurs allemands, 4 officiers et 128 soldats !

Ce fait d'arme lui vaudra une promotion au grade de sergent et 50 décorations, dont la légion d'honneur, La Medal of Honor, la World War II Victory Medal...

Démobilisé il rentre chez lui, se mari, fait huit enfants et refuse les propositions cherchant à tirer profit de sa célébrité.

Aux demandes d'écrire sa vie il contacte un éditeur, lui parle du journal qu'il tint durant la guerre. Tom Skeyhil rédigera cette ''autobiographie'' avec lui. Il refusera jusqu'en 1940 toute adaptation cinématographique mais pour financer la création d'une école biblique interconfessionnelle il acceptera. Ne posant qu'une condition, que son rôle soit tenu par Gary Cooper. Le choix était excellent, le film connaîtra un grand succès et sera 11 fois nommé aux Oscars, Cooper emportera celui du meilleur acteur dans un rôle dramatique.

La preuve que le pacifisme n'empêche pas de combattre et de réaliser des faits exceptionnels, même si, comme le dira York : Une puissance supérieur à moi me guidait, me gardait et me disait quoi faire.

Évidemment l'Histoire retint son histoire parce qu'il en revint, combien eurent la même conviction mais se firent tuer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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