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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 07:24

Jacques Tati – 1949 - 75'

Un village de province prépare sa fête patronale. Les enfants sont fous de joie et les adultes s'affairent alors que les forains montent leurs attractions. François, le facteur, offre à tout le monde son aide mais il a plus de bonne volonté que d'habileté ce qui rend son soutien problématique pour ceux qui en bénéficient.

C'est principalement sa participation à l'élévation du mât de cocagne qui fait sa fierté.

Le jour de la fête il est spectateur dans une baraque d'un documentaire sur la poste aérienne aux États-Unis. Pour lui c'est une révélation et un défi, il va faire sa tournée ''à l'américaine'', sur son vélo en guise d'avion.

C'est dire que malgré toute son énergie il y aura des différences et des difficultés inattendues.

C'est en 1943 que Jacques Tati et son ami et collaborateur Henri Marquet se réfugient dans une ferme de Sainte-Sévère-sur-Indre, où ils passent plusieurs mois. Pour rendre hommage à cette localité qu'il connaît bien Tati y tournera Jour de fête, reprenant son personnage de François le facteur.

 

Ce film aurait dû être le troisième film français en couleur de l'après-guerre, avec Le Mariage de Ramuntcho (1947) de Max de Vaucorbeil et  La Belle Meunière de Marcel Pagnol .

La société Thomson-Houston avait proposé à Tati un nouveau procédé, Thomsoncolor, pour lequel elle fournissait pellicule et assistance technique. À l'époque, le Technicolor n'était pas utilisé en France, le seul laboratoire européen se trouvait en Grande-Bretagne, et son coût était au-delà des possibilités des productions françaises de l'après-guerre.

Tati et son producteur Fred Orain acceptèrent l'offre de Thomson, mais sur les conseils du chef opérateur, Jacques Mercanton, les prises de vue en couleur furent ''doublées'' avec des prises simultanées en noir et blanc, ce qui sauva le film, puisque Thomson s'avéra incapable de tirer des copies couleur d'après le matériel original.

 

En 1988Sophie Tatischeff, monteuse et fille de Jacques Tati, et François Ede, chef opérateur, entament un long et minutieux travail de restauration et de montage à partir du matériel original, heureusement conservé. Le système optique qui permet d'obtenir la restitution des couleurs est reconstitué, et permet, plus de quarante ans après le tournage, de retrouver les couleurs d'origine.

 

Jour de fête existe donc dans trois versions différentes :

la version originale de 1949 disponible en version restaurée 1080p dans le coffret Jacques Tati L'intégrale(Studiocanal) depuis février 2014 (en DVD et Blu Ray) ;

la version de 1964 avec quelques plans nouveaux (présence d'un peintre dans le village), quelques plans coloriés au pochoir, une bande son réenregistrée et plus dynamique. C'est la version noir et blanc la plus connue (disponible en version restaurée 1080p en Blu Ray ainsi qu'en DVD).

la version en couleurs Thomsoncolor, restaurée, de 1995 avec un montage de Sophie Tatisheff, disponible en DVD / Blu Ray dans le coffret Jacques Tati L'intégrale (Studiocanal) en 720p. Elle utilise la bande sonore de 1964.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 08:15

Kingsman : The Secret Service – Matthew Vaughn – 2015 - 129'

Durant une mission au Moyen-Orient, l'espion britannique Harry Hart fait une erreur en ne voyant pas la grenade qu'un prisonnier dissimule, pour protéger l'équipe, Unwin, un de ses agents se jette sur elle, encaisse l'explosion et sauve ses partenaires.

Lorsqu'il rentre en Angleterre il rend visite à la veuve de son collègue mais ne peut lui révéler ce qui s'est réellement passé, ni où, ni quel était le métier de son mari. Tout est classifié !

Il confie une médaille à la jeune femme, qui la refuse, finalement il la confie à Gary, surnommé ''Eggsy'', le fils de son ami, lui précisant qu'au dos de celle-ci il y a un numéro qu'un jour il pourra appeler s'il a vraiment besoin de quelque chose, en donnant le code afin d'être reconnu.

Les années vont passer, Hart continue ses missions régulièrement, avec succès puisqu'il est toujours vivant. Un jour pourtant un autre de ses partenaires est tué, littéralement coupé en deux, dans le sens de la hauteur. Celui-ci intervenait pour libérer James Arnold, un savant spécialiste du changement climatique, enlevé dans un but encore inconnu par un milliardaire de l'Internet.

Eggsy est devenu un jeune homme, il a maintenant 17 ans, mais sa vie ne s'est pas réellement amélioré, sa mère vit avec une espèce de vieux chef de gang qui n'hésite pas à la frapper et à tyranniser la famille. Le jeune homme supporte la situation comme il peut mais un jour il n'en peut plus et emprunte la voiture d'un des membres du gang, s'amuse avec, fini par faire la course avec la police avec pour conséquence qu'il a un accident et qu'il se retrouve en prison. Non sans avoir demandé à ses amis de filer pour qu'ils ne soient pas pris eux aussi.

Dans la salle d'interrogatoire le flic qui l'interroge le menace de 18 mois d'emprisonnement, mais Eggsy a une autre idée, et puisqu'il a droit à un coup de fil, et qu'il porte en médaillon la médaille autrefois donné par cet homme qu'il n'a jamais revu, il décide de l'utiliser.

Ce qui lui permet de se retrouver libre quelques minutes plus tard.

C'est toujours bien d'avoir des relations !

Quand il sort c'est le même homme qu'il rencontre, lequel lui demande s'il veut faire quelque chose de sa vie, quelque chose de bien, l'important n'est pas le milieu d'où il vient mais sa volonté de s'en sortir.

Après tout Eggsy n'a rien à perdre n'est-ce pas ?

Il va découvrir quel était le véritable métier de son père. Il était un Kingsman ! Au début du XIXè siècle fut décidé la fondation d'une organisation luttant contre le mal mais indépendante des états et de leur bureaucratie, elle naquit des premiers Kingsmen, tailleurs des rois, présidents et autre puissants de l'époque, dont le centre est situé, justement, dans une boutique.

Eggsy va avoir du mal à comprendre et admettre ce qui se passe, mais finalement il s'y fera et sera intégré à un groupe d'aspirants agents. En effet quand un membre meurt, chacun portant le nom d'un des chevaliers de la Table Ronde, il importe de le remplacer. Une sélection est donc lancée, un seul sera choisi, les autres devront rentrer chez eux...

le chemin ne sera pas simple pour Eggsy, l'adversaire est de taille, néanmoins puisque nous sommes dans une parodie de James Bond la fin ne fait pas de doute. Du reste les principaux adversaires aiment les vieux films d'espions aux scenarii improbables.

Ce nouveau héros aura-t-il une postérité à la hauteur de son illustre devancier ? L'avenir et le succès le diront !

Amusant de retrouver Colin Firth dans un rôle loin de ceux qu'il tenu jusque-là, toujours chic mais plus physique. Comme quoi, l'un peut aller avec l'autre.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu cinéma
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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 07:35

용서는 없다 – Kim Hyung-jun – 2010 - 125'

Sympa de faire des photos dans un marais, d'y observer les oiseaux afin de mieux comprendre leurs habitudes. L'ornithologue peste pourtant contre son aide qui ne semble pas dégourdi. Quand celui-ci se casse la figure il met du temps à se relever puis se met à crier, montrant du doigt quelque chose dans les taillis. La scientifique, de mauvaise humeur, vient voir ce qui se passe.

Et se met à crier elle aussi.

Découvrir un corps nu et démembré fait souvent cet effet !

Quand la police arrive sur les lieux elle installe un périmètre de sécurité, l'occasion pour Min Seo-young, une jeune policière de retrouver Kang Min-ho, son professeur de psychologie criminelle dont elle suivie les cours 5 ans plus tôt. Pour elle c'est l'opportunité de sortir de son rôle de fliquette limitée aux taches subalternes.

Elle aura pourtant du mal à supporter l'autopsie alors que son mentor découpe le cadavre. Il faut dire que le corps est découpé en six morceaux mais qu'il en manque un dans le marais, il sera retrouvé sur un tas de gravas, dans une usine, le bras est à moitié enfoncé, la main sortant du sol comme un signal ou un appel au secours.

Des agitateurs écologistes sont tout de suite soupçonnés, l'équilibre naturel du lieu ayant été détruit et les ramifications d'une rivière coupées, elles aussi, en six parties par le projet Grand Waterway.

L'assassin sera vite retrouvé, et avouera, alors que le professeur qui attend sa fille à l'aéroport reçoit une lettre contenant des photos d'elle, attachée.

Le marché est simple, il doit faire innocenter Lee Sung-ho, le tueur, sinon il ne reverra jamais son enfant. Il va devoir faire preuve d'imagination pour corrompre les preuves trouvés alors que la policière remarque les modifications de son comportement. Surtout après avoir remarqué que le chien du professeur est blessé après avoir appris que le sang retrouvé sur la scie censée avoir découpé la victime était celui d'un chien.

Pourquoi Lee a-t-il réellement tué Oh Eun-ha ? Quel lien l'un et l'autre ont-ils avec le professeur Kang ? Petit à petit les pièces du puzzle vont se mettre en place et l'image sera plus complexe qu'un simple crime pour attirer l'attention des médias sur un projet industriel.

La vengeance est un plat qui se mange froid dit-on. Mais pourquoi UN seul plat ?

Première participation au challenge proposé par PatiVore. Avant même que celui-ci ne soit lancé. Chapeau Lee !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 07:36

The Theory of Everything - James Marsh – 2014

Si le titre original fait référence au Graal des physiciens, une théorie qui unifierait les théories de l'infiniment grand avec celles de l'infiniment petit, le titre français est un rappel du titre de l'oeuvre la plus connue de Stephen Hawking : Une brève histoire du temps.

À Cambridge en 1963 Stephen est un étudiant parmi les autres mais pas comme les autres, il est bien meilleur et son avenir semble des plus brillant bien qu'il hésite encore sur le sujet de sa thèse, celui auquel il consacrera son existence de scientifique. Assistant à une conférence de Roger Penrose il en vient à décider de se pencher sur les trous noirs et l'origine de l'Univers. Une ambition à la hauteur de ses capacités intellectuelles.

Il fait la connaissance de Jane Wilde, étudiante en art avec laquelle il va se découvrir de nombreuses affinités avant de devoir admettre qu'il est amoureux d'elle et que ce sentiment pourrait être réciproque malgré sa maladresse et sa façon de voir le monde. Lui croit en la science, elle, dieu. Ce qui n'empêche pas de s'apprécier.

Dans la cour de l'université Stephen tombe lourdement, le bilan de santé fait à la suite de cet incident donne un diagnostic sans appel : Stephen souffre de dystrophie musculaire, la maladie de Charcot, qui va lentement réduire ses capacités musculaires jusqu'à ce qu'il ne puisse plus respirer. Les médecins lui donnent deux ans à vivre !

Le jeune homme doit repenser son avenir, ses ambitions, et sa relation avec Jane devient problématique. Il fait tout pour l'éloigner mais elle ne l'entend pas de cette oreille, décidée et volontaire elle ne va pas laisser la maladie se dresser entre eux et encore moins accepter que leur avenir soit aussi réduit qu'annoncé.

De l'avantage d'être un génie, d'avoir un but vers lequel aller et une aide sur laquelle compter, chaque jour, chaque heure, chaque minute ! Jane va être là quand tout ira encore bien, puis quand ça ira moins bien, puis quand ça ira de plus en plus mal. Heureusment la maladie de Charcot n'empêche pas de faire des enfants, 3 en l'occurence, preuve que la vie trouve toujours un moyen de se perpétuer.

Le corps de Stephen se dégrade, ses jambes le lâchent, et après avoir pu utiliser des béquilles il doit employer un fauteuil roulant, il doit être nourri, puis, finalement, intubé pour pouvoir respirer, ce qui lui interdit de parler. Heureusement il existe des technique pour palier ce problème. Par des codes couleurs associés à des lettres qui formeront des mots, système plus efficient qu'il y paraît, ensuite l'informatique interviendra et lui permettra de parler, avec une voix particulière, mais ce n'est pas le plus important. Ce qui compte est qu'il poursuivre les recherches qui lui donnent la force de repousser la maladie. Le trou noir semble idéal comme point de départ pour unifier des théories semblant contraires, leurs secrets restent encore à découvrir, comme les mystères du temps sur lesquels Hawking se penche comme sur un miroir, en quête d'une vérité inaccessible. Peut-être est-ce lui qui est la clé de cette équation introuvable.

La vie du couple ne sera pourtant pas idéale, Jane est jeune et résiste mal au charme du chef de la chorale de son église. Pour elle aussi la vie continue, elle se poursuivra avec cette homme après qu'elle eut divorcée de son génie de mari, après lui avoir consacré tant d'années elle avait droit à ce que quelqu'un d'autre s'occupe d'elle. Stephen se remariera avec l'infirmière venue s'occuper de lui.

Le principe du biopic est de montrer ce que furent la vie et l'oeuvre d'un individu, ici la première domine d'autant que la seconde est trop complexe pour être montrée dans un film. Pour l'approcher le mieux est encore de lire l'oeuvre principale de Stephen Hawking, et pour aller plus loin de vous pencher sur ses recherches.

Bonne chance !

Génie et humour peuvent cohabiter, sans eux stéphen Hawking n'aurait peut-être pas supporté sa maladie, l'amour en plus, comme un triptyque faisant barrage à la mort.

 

Les acteurs sont parfait, Eddy Redmayne est un S.H plus vrai que nature et Felicity Jones est une Jane qui donnerait presque envie d'avoir la maladie de Charcot.

Mais presque seulement !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:20

Who's Afraid of Virginia Woolf ? - Mike Nichols – 1966 – 131'

L'action démarre sur un campus de la Nouvelle Angleterre. George et Martha rentrent d’une soirée au cours de laquelle, c'est une habitude pour eux, ils consommèrent pas mal d'alcool.

George y enseigne l'histoire, mais il est aussi sous les ordres de son beau-père, directeur de l'université.

L'ambiance n'est pas au beau fixe entre les époux, il suffit pour s'en convaincre de voir Martha qui se met à injurier son mari. Visiblement ce n'est pas la première fois.

Histoire d'envenimer un peu la situation celle-ci a invité un couple d'amis, Nick et Honey, à venir boire un, ou plusieurs, dernier verre. George n'est pas heureux de cette invitation, d'une part à cause de l'heure, d'une autre parce qu'il sait que son épouse sera incapable de modérer son langage.

Impossible d'y échapper pourtant, seule condition que met George, que Martha ne parle pas de leur fils.

La scène à laquelle nous venons d'assister n'était qu'une mise en bouche, l'affrontement va continuer, crescendo sous les yeux de Nick, le seul à garder un semblant de sang froid, comme un axe autour duquel les autres peuvent tourner, s'accrocher, emporté par le mouvement de leur rancœur, de leur dépit face à ce qui reste de leurs ambitions alors que tout leur paraissait accessible, que leur jeunesse, aujourd'hui disparue, preuve que l'alcool ne conserve pas le meilleur, s'est échouée sur les récifs de leur médiocrité.

Chacun en veut à l'autre, projette sur lui les défauts qu'il possède, le rendant coupable de n'avoir pas pu, de n'avoir pas su, de n'avoir pas voulu.

Le manège tourne et les mots se font révélateurs, dénonciateurs, destructeur des apparences afin d'exposer les secrets du couple Martha-George.

Finalement, malgré les apparences, ils s'aiment, avec, englouti dans les insultes et la rage, une blessure dont ils ne parviennent pas à guérir, faute de savoir l'accepter.

Mike Nichols bénéficie du talent d'Edward Albee, auteur de la pièce d'origine, de Ernest Lehman, rédacteur du scénario, et, surtout, du couple Taylor-Burton qui ne semble pas jouer tant il est convaincant.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 09:00

Deux tueurs arrivent à Brentwood, ils se dirigent vers le Harry's diner, bar comme il y en a tant. Ils viennent voir Harry, pour le tuer semble-t-il, mais non, finalement ils se contentent d'attacher un client et le cuisinier. Le client en question sera envoyé par Harry prévenir un de leurs amis commun, le Suédois, c'est lui qui est la véritable cible des assassins. Mais le Suédois, Pete Lunn de son nom, ne veut pas partir, il est las de courir et sait pourquoi ces hommes sont à ses trousses, qu'il a fait quelque chose de mal qu'il doit payer.

Quand il entend le bruit de la porte de l'immeuble il sait que les exécuteurs ont retrouvés sa trace, qu'ils viennent s'acquitter de leur tâche.

Les tueurs montent, entrent dans l'appartement, s'approchent de la chambre de Lunn qui ne fait rien pour se défendre. Les arrivants le regardent, et sans hésitation vident leurs chargeurs sur lui.

Une enquête va avoir lieu, James Reardon est chargé par l'assurance de faire la lumière sur ce qui s'est passé. Pour cela il va remarqué les mains de Lunn, abîmées, durcies par des années d'entraînement et de combats sur le ring. Si Reardon est là c'est qu'il a laissé de l'argent à une employée d'un hôtel d'Atlanta, pas une somme énorme mais suffisante pour attirer l'attention de l'assurance. Les investigations conduites vont faire ressurgir une autre affaire, bien plus importante. À l'époque le Suédois, portant encore son nom d'Andersen, habitait Brentwood depuis peu...

La vérité va se faire jour à mesure des interrogatoires conduit par Reardon, chacun par un flash-back apportera une pièce du puzzle et nous découvrirons comment Andersen devint Lunn, quelles circonstances le conduisirent en prison, pour épargner une femme, vraiment fatale pour le coup. Une dénommé Kitty Collins, maîtresse d'un truand, Colfax, dont il tombe amoureux.

Mauvaise pioche ! Bien qu'il ne s'étonnât pas qu'elle le trahisse pour préserver ses intérêts.

Robert Siodmak, le réalisateur, vient d'Allemagne et sa réalisation est marqué de l'expressionnisme qu'il connut avant d'émigrer. Obscure parfois, violemment contrastée pour souligner un élément de l'image, portée sur des gros plans signifiants. Une musique signée Miklos Rozsa et une interprétation (largement) dominée par Burt Lancaster et Ava Gardner. Tous les deux débutaient, ils vont constituer un couple marquant de l'histoire du cinéma, en général, et du film noir en particulier. La belle et la bête revisitées.

 

D'après une nouvelle de Ernest Hemingway publiée en 1927.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:13

Masquerade 광해, 왕이 된 남자 2012 - Choo Chang-min.

Que s'est-il passé durant les quinze jours manquant dans les

anneles de la Dynastie Joseon (1450-1750) censées cependant

suivre les événements au jour le jour ? Rien n'est sûr, sinon que

une opportunité trop tentante pour être ignorée par Choo

Chang-min qui nous donne son interprétation de ces deux

semaines.

Gwang-hae est roi, mais son règne est compromis par un poison

censé l'envoyer dans l'autre-monde. À cette époque c'est un

moyen pratique pour accéder au trône pour un prétendant, le

temps qu'un autre ait la même idée.

Bref, le roi n'est pas mort mais il est fatigué et a besoin de

repos. Histoire de lui laisser le temps de récupérer, Ha-sun, son

sosie prend sa place. Celui-ci occupait cette position quand le roi

désirait passer la nuit auprès de sa concubine préférée. Cette

fois il va devoir se substituer au souverain à plein temps et en

une période difficile où le palais royal grouille de rumeurs et

d'intrigues, où des discussions se poursuivent avec la Chine et la

Mandchourie, autant dire que ce n'est pas le moment de faire

une bétise.

Pour donner le change le remplaçant bénéficie des

recommandations du conseiller du roi : Heo Gyun. Autant dire

que celui-ci ne manque pas de travail, les manières royales

n'étant pas celle que le comédien des rues, habitué des tavernes

les moins bien fréquentées, utilise habituellement, à la grande

surprise de la cour. C'est le moyen pour le réalisteur pour

souligner le poids du protocole de l'époque, le cérémonial

contraignant qui régle chaque instant, ou presque, et l'obligation

pour le roi de vivre dans une véritable cage invisible.

Mais le ''remplaçant'' lui aussi est surpris, il imaginait le

souverain tout puissant,il le découvre fantoche soumis aux

pressions de lettrés qui l'entourent. Situation qui lui déplait et

qu'il va refuser. Lui va agir en roi véritable et prendre des

décisions en faveur du peuple dont il vient.

Là est la leçon du film, la noblesse et la grandeur, les vraies, ne

tiennent pas à la naissance ni aux origines mais à la personnalité

et au caractère. Pour être souverain il est parfois préférable

d'étouffer la première et de contraindre le second.

 

Néanmoins Ha-sun aura apporté trop de bouleversements pour

que cela dure, aura menacé trop d'intérêts pour qu'ils ne se

manifestent pas afin de maintenir leurs positions et le film qui

commence comme une comédie finit dans un réalisme plus

brutal.

Un des plus gros succès de l'histoire du cinéma Coréen avec

dans un double rôle Lee Byung-hun que vous avez, peut-être, vu

dans des réalisations hollywoodiennes comme G.I. Joe 1 & 2 ou

Red 2. Il montre dans ce film des talents de comédiens que les

productions étasuniennes n'exigeaient pas de lui.

Autre qualité de Masquerade, des décors et costumes somptueux

qui donnent envie de connaître cette époque, dans de bonnes

conditions s'entend !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 07:05

The Man from Nowhere (아저씨; Ajeossi) Lee Jeong-beom. 2010.

Cha Tae-sik vit à l'écart, parle peu, ne se fait pas remarquer, ce qui semble normal pour un prêteur sur gage d'un quartier quelconque de Séoul. Il se lie peu avec ses voisins, si ce n'est avec So-Mi, une enfant qu'il reçoit chez lui quand Hyo-jeong, sa mère, est sous l'influence de produits divers et (a)variés ou contrainte de sortir pour travailler. Un jour celle-ci a la mauvaise idée de voler de la drogue au gang de Oh qui va charger son homme de main (sale), Man-seok, de la retrouver par n'importe quel moyen. Le plus simple sera de kidnapper mère et fille pour torturer la première et menacer la seconde.

Hyo-jeong pour dissimuler son larcin le mit dans une sacoche d'appareil photo qu'elle confia à Cha, cédant aux arguments violents de ses tourmenteurs elle avoue où la drogue se trouve et Oh va envoyer trois hommes à la boutique du prêteur pour récupérer son bien.

Tae-sik donnera le sac, et son contenu, aux bandits en échange de leurs prisonnières, promesse qui ne sera pas tenu, Man-seok pensant que Tae-sik pourrait lui être utile pour son trafic en faisant office de livreur. Mais tout cela n'est qu'un piège dans lequel il n'est qu'un élément et la police va trouver dans la voiture qu'il utilisait le corps de Hyo-jeong puis l'arrêter.

Dans le commissariat Cha va réaliser que So-mi est en danger et qu'il ne veut pas qu'il lui arrive quelque chose. Lui qui voulait passer inaperçu va devoir retrouver des habitudes et des compétences mises de côté depuis longtemps pour s'échapper, depuis le décès de sa femme enceinte alors qu'il était officier des forces spéciales chargé d'opérations secrètes. Ces aptitudes vont lui être utile pour retrouver So-in et la libérer.

Si vous pensez que ce scénario ressemble à Léon vous êtes dans le vrai, à quelques différences près pour un film rythmé, brutal, à la mise en scène inspirée avec un personnage central, incarné par Won Bin, plus nuancé qu'on pouvait le craindre et Kim Se-reon, qui incarne So-mi avec beaucoup de justesse. La distribution fait la différence et les acteurs rendent attachants des personnages qui sans cela serait stéréotypés et fades.

Cha se demandait peut-être pourquoi il vivait encore et cette enfant ressemblait à celle qu'il aurait pu avoir, histoire déjà vue de la rencontre d'un tueur et de l'innocence, de la quête de rédemption du premier pour sauver la seconde dans une scène finale apocalyptique.

Pour ce challenge je m'efforce de parler de film que j'ai apprécié. Même si je suis de parti pris quand il s'agit de cinéma Coréen vous ne regretterez pas de regardez celui-ci plutôt que la dernière production venue polluer nos grand écrans.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 08:02

 회사원 - Lim Sang-yoon - 2012 - 96'

Hyung Do se rend à son travail régulièrement, il porte un costume comme ses collègues et comme des millions d'autres employés de diverses entreprises. Il arrive au bureau d'une entreprise métallurgique banale, s'occupe de ses dossiers, va prendre ses ordres...

Hyung Do semble un ''Company Man'' comme tant d'autres, si ce n'est qu'il exerce une profession relativement rare : il est tueur à gage.

So Ji-sub est parfait dans ce rôle d'assassin monolithique que rien ne perturbe, il exerce son métier avec régularité en suivant deux règles : ne poser aucune question et ne commettre aucune erreur. Les premières seraient mal vues de ses employeurs, les secondes diminueraient sa longévité professionnelles.

Sa routine est impeccable, il prépare ses actions avec minutie, reconnaît les lieux, le moment idéal pour intervenir et comment s'échapper.

Tout baigne !

Mais cela ne ferait pas un film ! Il va devoir renoncer à sa vie si bien réglée quand une cible saura l'émouvoir et lui démontrer que son cœur n'était pas qu'un muscle destiné à irriguer ses muscles et son cerveau. Inutile de dire que ses employeurs admettent mal le renoncement de leur meilleur élément.

Second séisme dans sa vie : il va tomber amoureux d'une jolie mère célibataire, Lee Mi-yeon, et désirer mettre fin à son engagement et oublier son passé.

Bien sûr ses employeurs vont désapprouver sa décision, on ne quitte pas l'entreprise, sinon pour un logement long, étroit, et situé six pieds sous terre.

Pour sa première réalisation Lim Sang-yoon fait preuve d'une belle maîtrise, il n'est pas Coréen pour rien, les scènes d'action sont brutales mais agrémentées de jolis ralentis. Les tueries sont vraiment photogéniques, au cinéma.

Pour une fois qu'un film ne dure que 96' ce serait dommage de passer à côté malgré quelques baisses de rythmes et des zones d'ombres que le scénario l'éclaire pas. Après tout avons-nous besoin de tout savoir des uns et des autres, nous suivons une belle histoire d'amour avec plein de cadavres dedans.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu cinéma Corée
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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 08:12

 … il faut tenter de vivre. (Paul Valéry) Ce vent qui se glisse entre le calme et la tempête !

Jirō est fan d’aéronautique depuis sa plus tendre enfance, quand il rêve c'est pour s'envoler, s'éloigner de ce sol trop gorgé de banalité et découvrir le monde comme seuls les oiseaux peuvent le faire. Son souhait serait de devenir pilote mais sa mauvaise vue va l'en empêcher, lui reste à devenir ingénieur pour concevoir des aéronefs aussi beaux que ceux de Giovanni Caproni. Intelligent il n'aura pas de difficulté pour atteindre son but puis être engagé par Mitsubishi dans le but de faire évoluer les avions japonais qui souffrent d'un gros écart technologiques avec les autres pays.

Au cours d'un voyage en train pour se rendre à l'université il va traverser un tremblement de terre, celui de Kanto en 1923, l'occasion pour lui de faire connaissance avec Naoko Satomi alors qu'elle n'est encore qu'une enfant. Il va la raccompagner chez elle ainsi que son accompagnatrice qui s'est cassé la cheville dans les soubresauts du convoi. Leur histoire d'amour va commencer ainsi mais ils se retrouveront bien des années plus tard par hasard alors que, devenue une jeune fille, Naoko peint et que le vent emporte son ombrelle.

Au cours de ses études au lycée impérial de Tokyo Jirō fait la connaissance de Honjō, lui aussi ingénieur, ensemble il seront embauchés par Mitsubishi puis envoyé en Allemagne, chez Junkers, afin d'étudier les techniques modernes. De retour au Japon Honjō se dédie à la construction d'un bombardier alors que Jirō est chargé de concevoir le chasseur embarqué de la marine impériale nippone.

Tout irait pour le mieux si Naoko ne souffrait de tuberculose, cela ne peut effrayer Jirō qui la demande en mariage alors qu'ils résident à Karuizawa, la jeune femme accepte mais demande à ce que la noce ait lieu après qu'elle soit guérie.

Les premiers essais de Jirō ne vont pas être couronnés de succès, l'empennage va se briser aussi décide-t-il d'associer les techniques les plus modernes, cherchant par tous les moyens à réduire le poids, à améliorer la pénétration dans l'air.

Cette fois la réussite va être de son côté et le ''zéro'' va faire son premier vol le 1er avril 1939 à la satisfaction de tous.

Sauf celle des étasuniens en général, et de ceux de Pearl-Harbor en particulier !

 

Pour une fois Hayao Miyazaki s'inspire de la réalité pour son film, de Jirō Horikoshi ainsi que de Kirō Honjō, mais aussi du séisme de Kanto comme de l'épidémie de tuberculose ou la grande dépression. Son film a été autant critiqué par les nationaux-militaristes japonais menés par le premier ministre actuel Shinzō Abe pour son antinationalisme mais aussi par des ressortissants de République de Corée ou de Chine considérant qu'il fait l'apologie de la guerre. Les premiers me paraissent avoir raison, et tant mieux, plus que les seconds même si des images de guerre apparaissent ici ou là, Jirō veut faire de beaux avions et déplorent qu'ils soient utilisés par l'armée. Mais seule cette dernière pouvait le financer.

Il semble que la vie de Jirō ait des similitudes avec celle de Miyazaki, cela expliquerait ce choix. Moins de magie, de poésie, dans cette réalisation, l'occasion peut-être pour le réalisateur de retrouver le réel et son cortège de désolation dans une époque qui illustre parfaitement ce moment où le vent qui se lève va tout emporter sur son chemin.

Un Myazaki ne se rate pas.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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