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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:35

클래식Kwak jae-yong

(Merci à Won-kyeong Yoo de ''En Français s'il vous plait'' de m'avoir signalé ce film)

Tout commence par des paysages de la campagne coréenne, Ji-hae pour ranger fait une pile de ses livres et les monte au premier étage, où elle va les faire tomber alors que sur la fenêtre des colombres semblent la regarder. Elle se souvient qu'enfant, au même endroit, elle avait vu un arc-en-ciel immense dont sa mère lui dit que c'était la porte pour atteindre le ciel.

Une porte qu'emprunta son père peu de temps après.

Depuis l'âge de 7 ans elle pratique le taek won do, avec beaucoup d'énergie, un peu trop parfois.

Alors qu'elle continue son rangement elle tombe sur un coffret en bois couvert d'une poussière qui la fait tousser. Le réceptacle des lettres que reçut sa mère, jadis. Elle l'ouvre, commence à en feuilleter une quand le téléphone sonne. C'est Soo-gyung, une amie pour qui elle rédige des mails à Sang min, acteur de théâtre qu'elle aime beaucoup sans avoir le talent de lui écrire.

Quand Ji-hae remonte au premier elle découvre les lettres dispersées par le vent qui s'est engouffré par la fenêtre et les colombes dans la maison. D'abord chasser celles-ci puis ranger les premières.

Par hasard l'une des missives va attirer son attention... ainsi que le journal intime de sa mère, celui où elle parle de son premier amour. Impossible de résister à la lecture, elle trouve la photo d'un homme en train de lire assis sur le rebord d'une fenêtre. Un homme dont elle découvre que lui aussi écrivait pour les autres. Justement un ami, conscisciple d'un lycée militaire, lui demande d'en rédiger une pour sa fiancée. Quand il montre une photo de celle-ci nous voyons qu'elle est le portrait de Ji-hae.

Les époques vont se superposer et nous assistons à la rencontre de Joon-ha (l'homme sur la photo) et Sung Joo-hee, fille du député de la région, la fiancée de son ami. Le hasard les mettra en présence alors que l'un et l'autre sont en vacances au même endroit, l'une chez son grand-père, l'autre chez son oncle. C'est à lui qu'elle va demander de l'aider à visiter une maison hantée située de l'autre côté de la rivière, chose qui lui a été rigoureusement interdite.

Raison de plus d'en avoir envie !

Expédition malsaisée, lui ne sait pas ramer et dans la maison ils ne trouveront en guise de spectre qu'un vagabond installé là pour profiter de la tranquillité du lieu. Le retour sera pire, sous la pluie la jeune fille va se fouler la cheville et Joon-ha sera obligé de la porter.

Le film tisse les époques et des situations qui se ressemblent, Joon-ha écrit pour son ami alors qu'il se sent attiré par sa fiancée, de même Ji-hae combat les sentiments qu'elle ressent pour Sang-min.

Comment accepter ses propres sentiments sans se sentir coupable s'ils entrent en conflit avec ceux d'un(e) ami(e) ? faut-il se sacrifier et le regretter ensuite, où ce sacrifice fait-il le prix d'une relation qui n'ayant pas l'occasion de naître n'aura pas non plus celle de mourir ?

La pluie est propice aux rencontres, aux rapprochements, surtout quand on a un parapluie que l'on n'ouvre pas, puisque ce n'est pas le sien !

 

Parfois le destin relance les dés, au cinéma. Dans la réalité j'en suis moins sûr !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Corée Cinéma
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 08:53

Blackhat – Michael Mann – 2015 – 133'

Un virus attaque une centrale atomique Hong-kongaise puis manipule les cours du soja pour gagner un maximum d'argent. Bien sûr l'affaire attire l'attention des services spécialisés qui cherchent ce qui s'est passé et quel virus fut employé pour y parvenir. Il s'avère que le pirate a utilisé un cheval de Troie afin de pénétrer sa cible et libérer son propre virus pour obtenir le but recherché.

Chine et états-unis s'associent pour mener l'enquête, laquelle conduit à la découverte que le cheval de Troie utilisé a été conçue une dizaine d'années plus tôt par un pirate actuellement en prison.

Qui mieux que lui peut aider les policiers à comprendre quel est le but du pirate, à le retrouver et à le mettre hors d'état de nuire ?

Dans sa prison Hathaway commence par refuser l'offre, minable il est vrai, qui lui est faite, quand celle-ci sera à sa convenance il daignera l'accepter et qu'importe s'il doit porter un bracelet électronique, que ses accès aux ordinateurs soient restreints. Le retour à l'air libre est perturbant, émouvant, après tant d'années passé dans une étroite cellule, bien qu'il ait toujours su s'occuper et utiliser les moyens mis à sa disposition.

La chasse peut commencer, d'abord comprendre quel est le but réel du pirate, l'argent qu'il a amassé ne peut servir qu'un but plus rentable que quelques dizaines de millions. Hathaway n'est pas seulement un geek mais aussi, ça va l'aider, un athlète. La poursuite va passer par Los Angeles pour aboutir à Jakarta, là où l'attend son adversaire. Le milieu des pirates de ce niveau n'est pas si grand et pour avoir utilisé la création de Hathaway l'autre hacker savait que lui seul pourrait s'y retrouver dans le dédale virtuelectronique.

Il y a quelque chose du western dans le film de Michael Mann, avec le style propre à celui-ci, la violence brutale mais chorégraphiée, les moments de calme pour reprendre sa respiration. Le réalisateur a su observer ce qui se fait dans la réalité, celle que l'on ne voit pas mais dont les effets se font parfois sentir, sans trop verser dans la technophilie en nous assommant d'images d'écrans, de codes qui défilent. Rien de plus efficace que l'utilisation d'une clé USB pour violer les secrets d'une banque. Hathaway lui ne vola jamais que ce genre d'institutions, à la différence de l'autre, le méchant de l'histoire, qui n'hésiterait pas à sacrifier des dizaines de vies pour gagner davantage de millions.

La séquence finale, comme il se soit, voit l'affrontement des contraires, le ''duel'', se dérouler sur une place pleine de monde où se passe une cérémonie balinaise. Hathaway ne regrettera pas d'avoir pu garder la forme en prison !

Aucun milieu n'est sûr, chaque terrain voit naître des prédateurs qui s'y sont adaptés. Le futur ne dérogera pas à cette règle !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 08:43

Gaslight – George Cukor – 1944 – 114'

 

D'après la pièce Angel street de Patrick Hamilton.

 

Paula a quitté Londres quelques années plutôt, après l'assassinat de sa tante, Alice Alquist. En Italie elle fait la connaissance de Gregory, pianiste de son état, qu'elle épouse. Celui-ci réussit à la convaincre de revenir habiter dans la maison de sa tante. Tout est toujours parfait au début d'une relation, mais qu'elle dure et les choses finissent par changer. Gregory s'intéresse de moins en moins à son épouse qu'il accuse de devenir folle. Faisant tant et tant qu'elle finit par se poser des questions et penser qu'elle le devient vraiment. Pour parfaire ses manœuvres il isole son épouse puis envisage de la faire enfermer dans un hôpital psychiatrique.

Pourtant Paula a conservé un ami dans la capitale anglaise, fort heureusement celui-ci est inspecteur à Scotland Yard. L'ayant reconnu il mène, à titre personnel, son enquête et rouvre celle du meurtre de sa parente, toujours mystérieux. C'est ainsi qu'il découvre que la victime était en possession de bijoux de grandes valeurs dont nul ne sait ce qu'ils sont devenus. Plaçant un ami dans le commissariat du quartier du couple afin qu'il épie leur comportement il découvre que Gregory sort la nuit, prétendument pour travailler, mais ne fait que s'engager dans la rue derrière sa maison.

L'explication est claire pour lui, c'est Gregory qui est l'assassin d'Alice, il ne s'est mit sur la route de Paula que pour l'épouser et revenir dans cette maison afin de mettre la main sur les joyaux. Quand il sort de nuit le mari en réalité revient dans la grande demeure et explore le grenier où s'entassent les affaires de la morte avec l'espoir d'y trouver ce qu'il cherche.

Le policier décide de confronter ses réflexions avec le mari afin d'en voir les réactions, la bagarre qui se déclenche alors lui permettra de l'arrêter.

Pour son interprétation, bien différente de ses rôles précédents, Ingrid Bergman obtiendra l'Oscar de la meilleure actrice. Récompense méritée, quand au talent de George Cukor si vous connaissez le cinéma il est inutile de le souligner, dans le cas contraire vous le découvrirez.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 08:21

For Whom the Bell Tolls – Sam Wood – 1943 – 170'

Adapté du roman d'Ernest Hemingway.

Robert Jordan est américain, personne n'est parfait, il est en Espagne pour combattre aux côtés des républicains. Sa nouvelle mission est de faire sauter un pont en Castille afin d'empêcher une contre attaque franquistes alors que les républicains se préparent à l'offensive. La guerre exacerbant les passions il tombe amoureux de Maria, une des résistantes du groupe dirigé par Pablo et Pilar. Il faut bien tromper l'attente et la vie dans les montagnes n'a rien d'agréable ni de facile. Pour Maria la vie a été difficile, après que son père eut été abattu par les franquistes elle a été battue, tondue, violée et aurait subi le même sort si elle n'avait été libérée. L'un et l'autre se doutent que l'avenir est compromis et la victoire improbable, il n'empêche, ils entendent vivre ces quelques jours avec l'impression qu'ils représentent une vie entière.

L'assaut est imminent mais un autre groupe de résistants qui devait y participer est surprise, poursuivie, rattrapé, sans que la troupe de Jordan ait le temps d'intervenir pour les aider.

Le temps presse, Pablo sous l'effet de la peur déserte avec les détonateurs, puis, remords et/ou stupidité, se ravise et revient avec des renforts.

 

Le jour se lève, le ronronnement des bombardiers nationalistes se rapprochent, il faut agir vit, Jordan et ses hommes décident d'attaquer le pont. Ils réussissent, le détruise, mais subissent de lourdes pertes. Il faut s'échapper mais l'américain va être gravement blessé, trop pour suivre ses compagnons qu'il ne peut ni retenir, ni ralentir, ne lui reste qu'à attendre leurs poursuivants pour les affronter, en descendre autant que possible, leur faire perdre du temps, et mourir avec les honneurs.

Pour autant que cela veuille dire quelque chose !

 

Dès le début la fin est perceptible dans les gestes, les regards, cette façon de profiter de chaque instant comme s'il était le dernier. Au fond chacun est là pour cela, mourir en ayant l'impression, l'illusion , que ça servira à quelque chose en quoi ils croient... L'individu ici n'a plus sa place et les rites et symboles d'amitiés sont ceux d'une meute. À partir de là mourir n'est plus un problème puisque le ''groupe'' survit. Temporairement. La mort nourrit la vie, et réciproquement, comment imaginer l'une sans l'autre ?

 

Comme le dit John Donne ''… n'envoie jamais demander pour qui sonne le glas, il sonne pour toi !''

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 09:00

Haemoo - 해무 - Shim Sung-bo (réalisation) Bong Joon-ho (production et coscénariste) – 2014 - 110'

Kang Chul-joo (Kim Yoon-seok) est le capitaine du Junjin, chalutier avec lequel il gagne sa vie, mal, en compagnie d'un équipage réduit au minimum. La pêche est difficile en cette année 1998 et le futur se présente mal, le propriétaire du bateau envisage de vendre son bien au gouvernement qui pense que l'ère de ce genre d'embarcation est révolu. De plus le Junjin est en mauvais état et les réparations dont il aurait besoin sont onéreuses. Kang tente d'emprunter mais son banquier lui fait remarquer ses faibles revenus, son découvert et son surendettement chronique, autant dire que les chances d'obtenir un prêt sont égales à zéro.

Une seule solution : aller voir une de ses relations qu'il sait capable de lui faire gagner de l'argent facilement, et malhonnêtement. Il ne peut qu'accepter la proposition qui lui est faite, mais cette fois il ne s'agira pas de contrebande de marchandises mais du transport de clandestins. Ce n'est pas ce à quoi s'attendait le commandant mais il n'a pas le choix.

Il ne met au courant son équipage qu'au dernier moment, alors qu'en mer s'approche un autre navire et qu'il faut transborder les voyageurs. Ceux-ci vont s'avérer plus nombreux qu'attendus et le Junjin n'est pas prévu pour recevoir autant de personnes. Au cours du transfert une jeune femme tombe à l'eau, heureusement, pour elle, le plus jeune marin du Junjin pourra la secourir. Elle est jolie et il ne tarde pas à lui proposer de venir s'abriter dans la salle des machines où la température est meilleure que sur le pont.

La cohabitation va être difficile, tendue, l'envie d'user de sa position pour échanger plus de confort, ou moins d'inconfort, contre une faveur sexuelle est irrésistible. Certaines l'accepteraient pour améliorer des conditions de voyage éprouvantes.

À l'extérieur la survie est possible mais quand un navire approche les clandestins doivent se cacher dans la cale. Étroitesse et odeurs de poissons font de ces instants un supplice. La violence attend de s'exprimer et le capitaine doit montrer qu'il est seul maître à bord, sur son bateau tous doivent lui obéir. Pour affirmer son pouvoir il fera jeter par-dessus bord le plus récalcitrant de ses ''invités'', avant que celui-ci ne soit récupéré.

Quand un garde-côte passe, un policier maritime monte à bord mais il n'y a rien de mieux qu'un verre d'alcool et un pot de vin pour que tout rendre dans l'ordre. Tout le monde doit vivre n'est-ce pas ?

Mais la brume se lève, l'ambiance devient oppressante, les pulsions n'attendent qu'une étincelle pour se libérer, la présence d'une, trop, jeune et, trop, jolie femme peut mettre le feu aux poudres.

Surtout quand un incident survient ! Dès lors contenir ses démons devient impossible. Certains actes fait dans le flou et la pénombre deviennent insupportables quand le soleil et la réalité reviennent.

Le duo aux commandes du film nous avait déjà présenté Memories of Murder et Snowpiercer. Pas de train cette fois ni de tueur en série mais le huis-clos étouffant d'un navire de pêche au milieu d'une mer que la brume recouvre comme pour permettre au pire de se révéler. Heureusement il n'attend souvent que cela !

La vie de tous est difficile, les marins d'abord qui prennent des risques pour une maigre paie, les clandestins ensuite qui quittent pays et famille pour trouver une vie meilleure. Sur le visage de chacun l'épuisement et la peur se lisent en même temps que la certitude que rien ne peut s'améliorer. Il devient compréhensible que chacun finissent par ''péter les plombs'', histoire de trouver un semblant de soulagement en laissant se noyer une conscience encombrante.

Invitez-vous à bord du Jinjun, la mer est belle et vous n'y serez pas clandestin, ni marin, et c'est tant mieux pour vous.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 09:00

Michael Curtiz – 1942 – 102'

Rick Blaine est Américain, amer et cynique. À Casablanca il est propriétaire du Rick's Café Américain, night-club fréquenté par une clientèle allant des fonctionnaires français et nazis, aux réfugiés, et même aux voleurs de toutes sortes courant les rues d'une ville où tous les trafics semblent possibles. Ugarte lui n'est qu'un délinquant parmi d'autres quand il arrive au Rick's porteur de ''lettres de transit'', documents faisant office de passeport devant lui permettre de voyager vers le Portugal d'où il compte s'embarquer pour l'Amérique. Papiers obtenus pour avoir abattus deux soldats allemands. Le véritable but d'Ugarte n'est pas de partir mais de vendre ces billets, chers. Il a justement rendez-vous dans le club avec des clients potentiels.

Contretemps, avant que l'échange n'ait lieu la police locale, dirigée par le capitaine Louis Renault, arrête le vendeur. Heureusement celui-ci eut le temps de confier les documents à Rick mais il trouvera la mort en tentant de s'enfuir.

Parallèlement arrive Ilsa Lund, une ancienne liaison de Rick, accompagné de son mari, Victor Laszlo, chef de la résistance tchèque que les nazis, dirigés par le major Strasser, recherchent activement. Ils sont là pour acheter les documents d'Ugarte, afin de continuer leur combat en Amérique.

Sur place Victor rencontre Ferrari, figure du milieu de Casablanca, et propriétaire du night-club concurrent de celui de Rick. Celui-ci fait part à Laszlo de son sentiment que c'est Rick qui a récupéré les précieux papiers. Lors de la confrontation entre Rick et Victor, le premier refuse de donner les documents ce qui étonne le second. Leur dialogue est interrompu par l'arrivé d'un groupe d'officiers nazis qui entonnent, Die Wacht am Rhein, hympne patriotique allemand. Le sang de Laszlo ne fait qu'un tour, il demande donc à l'orchestre du club de jouer La Marseillaise et se met à chanter. Seul d'abord il est peu à peu rejoint par les autres clients. Ensemble ils couvrent le chant germanique. Furieux le major Strasser fait fermer le club.

À son tour Ilsa va voir Rick pour lui demander les lettres, pour le convaincre elle le menace avec un revolver mais ne pouvant tirer elle lui avoue qu'elle est toujours amoureuse de lui. Par la suite elle lui raconte que quand ils se rencontrèrent à Paris elle pensait que son époux était mort et n'apprit la vérité que lorsque que la capitale française fut déclaré ville ouverte, aux allemands. Plutôt que de fuir avec Rick, comme c'était prévu, elle avait choisit de quitter celui-ci pour rejoindre son mari.

Rick qui en voulant beaucoup à Ilsa se fait amical et accepte d'aider Lazslo, Ilsa déclarant qu'elle préfère rester avec lui à Casablanca.

Sur ce Laszlo, après avoir échappé à la police lors d'une réunion de résistants, arrive au club, discutant avec Rick il cherche à convaincre celui-ci d'utiliser les lettres pour mettre Ilsa en sécurité.

L'étau se resserre autour du trio, entre la police locale et les nazis ; qui s'enfuira, avec qui, dans quelles conditions ? Nul n'est sûr d'en sortir vivant mais il ne tient qu'à vous d'en savoir plus. Casablanca est souvent considéré comme le deuxième meilleur film étasunien.

Distribution, réalisation, rythme, amour et danger. Tous les ingrédiens sont réunis et parfaitement dosés, c'est assez rare pour être souligné. Un classique dans le plus pur sens du mot;

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 08:05

Tim Burton – 2015 – 105'

Dick Nolan est journaliste et s'occupe des échos sur la vie des célébrités dans un journal versé dans le sensationnalisme. Il est le narrateur de ce film qui nous raconte la vie de Margaret Ulbrich.

Nous découvrons celle-ci en train de faire ses bagages pour quitter son époux en compagnie de sa fille. L'avenir est incertain mais rester avec un tel homme ne serait pas bénéfique pour elle. Dans ses bagages elle emmène également ses toiles, son ambition est de vivre de son art.

Désir louable mais difficile, surtout en 1958 où les artistes femmes sont rares et le rôle du mari prépondérant dans le couple.

À San Francisco elle retrouve une amie heureuse de la voir ayant repris sa liberté, déniche un logement et cherche un travail. Chose difficile mais sa patience sera récompensée.

Bien que peintre des petits bonshommes sur des lits pour enfants dans une manufacture soit loin d'être son idéal.

Parallèlement elle continue à peindre et présente son travail dans des parcs publics l'autorisant. Elle fait le portrait de n'importe qui pour un prix ridicule. À côté d'elle un autre peinte, Walter Keane, essaie de vendre ses croutes, des vues de Paris, pour beaucoup plus cher. Ville dans laquelle il clame avoir vécu et étudié dans l'immédiat après-guerre. Il remarque la jeune femme, entame le conversation avec elle, lui affirmant qu'elle possède le talent dont lui manque. Un moment de sincérité rare pour lui. Ils finissent par se rapprocher et quand l'ex-mari de Margaret essaie de récupérer leur fille il propose de l'épouser.

Comment dire non à une solution qui arrangerait tout. Ou presque !

Leur vie est plus facile mais leur ambition de devenir peintre perdure. Un soir, dans un club de jazz, Walter propose au propriétaire de louer ses murs, ce que ce dernier accepte. Ainsi pour faire une vente finira-t-il par s'approprier les toiles de son épouse, toutes représentent des enfants dans des situations différentes mais avec des yeux disproportionnés par rapport au reste du visage.

Profitant d'une altercation avec le patron de la boîte Walter devient le sujet d'un entrefilet, pour lui c'est l'évidence que la publicité est le moyen de se faire connaître et de vendre des œuvres signées Kean.

Petit à petit ces toiles vont rencontrer le succès, d'abord avec Olivetti, descendant du fabriquant des machines à écrire, avec d'autres vedettes ensuite. Walter sait user de son charme pour vendre des toiles, pour utiliser des vedettes pour se faire un nom. Faisant des peintures de son épouse de véritables succès, non-reconnus par les critiques qui comptent, mais l'important n'est pas là. Pour lui l'argent est le critère principal et s'il doit usurper le talent de son épouse cela ne le choque pas, du moment que le succès est au rendez-vous.

Ainsi aura-t-il l'idée de vendre des affiches, puis des reproductions, plutôt que les toiles elles-mêmes. Si une vaut 5000 dollars il vaut mieux en vendre cent fois plus pour cent fois moins cher.

Andy Warhol retiendra la leçon.

Mais Margaret vit mal la situation, de ne pas être reconnue, même en trouvant un style différent, de vivre dans le mensonge ; même sa fille ne doit pas connaître la vérité. Walter devient accro à l'argent, au succès, il est prêt à tout pour gagner plus, heureux de faire la une des journaux, de fréquenter des stars de Hollywood.

Jusqu'au jour où il finira par tenter de tuer sa femme et sa belle-fille. Celles-ci vont s'enfuir pour Hawaï ou Margaret finira par avouer la vérité à la radio.

Le scandale sera immense et suivi d'un procès qui fera la preuve du talent de l'un et de l'autre.

Étrange histoire que celle d'un couple où le talent de l'un est exploité par l'ambition de l'autre qui faut d'être un artiste se révèle habile commerçant à l'aube des années 60 et du triomphe mercantile d'un Andy Warhol.

Tim Burton trouve là un sujet idéal, qu'il peut utiliser en lui ajoutant cette touche personnelle qui marque chacun de ses films. Christoph Waltz campe un Walter Keane qui finit par croire en son illusion, faute de quoi il lui faudrait reconnaître qu'il n'est qu'un escroc, et Amy Adams est parfaite en peintre qui ne peut s'imposer dans un monde d'homme et doit affronter ses peurs pour finir par s'imposer dans un monde où l'homme est dominateur.

L'art est une chose, le commerce en est une autre. Quand ils se rencontrent le second dévore le premier et n'en laisse qu'une ombre révélatrice d'une époque qui a choisit son camp.

Pas le mien !

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 08:50

Riso amaro – Giuseppe De Santis – 1949 – 108'

Francesca et Walter sont un couple de voleurs. Dans un hôtel ils viennent de mettre la main sur un collier de valeur. Une bonne raison pour que la police les recherche ! Pour lui échapper nos amoureux montent dans un convoi de clandestins en partance pour la plaine du Pô où les rizières réclament de la main d’œuvre. Francesca cache le collier alors que de son côté Walter essaie de se fondre dans la foule en dansant avec la jeune Silvana. Ce qui ne le protégera pas longtemps, les policiers finissent par le repérer mais il s'enfuit encore. Grâce à Silvana les amoureux peuvent rejoindre le groupe des travailleurs mais alors qu'ils sont installés dans un dortoir Silvana découvre le collier et se dit qu'il serait bien mieux dans sa poche. Pour se débarrasser de sa rivale elle la fait passer pour une traitresse aux yeux des autres qui la lyncherait si le sergent Marco Galli n'intervenait pas pour calmer tout le monde.

Finalement Silvana et Francesca se comprennent, la vie est difficile pour elles, la seconde doit recourir au vol, la premier à travailler dans des conditions difficiles et son ambition est que tous les employés deviennent des salariés légaux.

La situation va se compliquer quand la voleuse tombera amoureuse du policier, lui-même attiré par Silvana. Histoire que tous les personnages soient réunis sur la scène Walter fait son retour. Lui connaît la vérité, à savoir que le collier est faux, ce n'est pas une raison pour le dire à Silvana dont il espère la complicité pour son nouveau projet : voler la récolte. La jeune femme est d'accord et va inonder les rizières pour permettre que Walter et ses comparses s'emparent du riz.

Francesca a compris le projet. Voler les riches était une chose qu'elle pouvait admettre mais cette fois il s'agit de spolier tous les ouvriers et elle ne peut y participer. À qui d'autre faire appel que Marco, un comble pour une cambrioleuse.

Tout est en place pour le dernier acte, un couple contre l'autre. Les hommes se blessent mutuellement et ce sont les femmes qui héritent des armes. Francesca va juger opportun de confier à sa rivale que Walter ne fit que l'abuser, le collier est faux, et lui encore plus.

Silvana pointe son arme dansla direction de Walter, tire, avant de retourner le pistolet contre elle.

 

Restent Francesca et Marco pour croire que l'espoir est autre chose qu'une illusion.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 07:04

Vittorio de Sica – 1946 – 93'

La (sur)vie dans les rues de Rome en ces années de l'immédiat après-guerre est difficile aussi les enfants des quartiers pauvres se livrent-ils à toutes sortes de commerces, de trafics, certains à la limite de la légalité.

Pasquale et Giuseppe sont cireurs de chaussures et se débrouillent comme ils peuvent. Leur ambition est d’acheter le cheval blanc Bersagliere mais pour cela ils ont besoin de davantage d'argent que leur petit métier ne peut leur en procurer. Dans le but de gagner ce dont ils ont besoin ils participent à un trafic de couvertures américaines au marché noir, contrôlé par le frère de Giuseppe. Alors qu'ils essaient de vendre des couvertures à une cartomancienne la police les prend sur le fait. Mais ce sont de faux policiers qui ne font qu'escroquer la diseuse de bonne aventure avec la complicité des enfants qui en guise de paiement conservent l'argent des couvertures.

Enfin ils ont les moyens d'acheter Bersagliere, le cheval blanc.

Mais tous les policiers ne sont pas faux, il en est de véritables, aussi vont-ils être arrêtés et transférés dans une prison pour mineurs où la vie sera bien plus difficile que celle qu'ils connaissaient. Violence et cruauté vont les accompagner, promiscuité et misères seront leurs ombres où gardiens et autres prisonniers se font concurrence en matière de brimades à faire subir à de jeunes garçons incapables de se défendre.

Pasquale avoue sa culpabilité pour éviter une punition à son ami mais celui-ci considère cet aveu comme une lâcheté insupportable.

Eux qui s'entendaient si bien vont désormais se détester. Giuseppe va participer à une tentative d'évasion, contre toute attente celle-ci réussit.

Mais Pasquale se doute que ancien ami va retrouver le cheval blanc, il va donc mener la police sur la piste des évadés. Les ayant attrapés il se précipite sur Giuseppe, fou de rage il frappe, frappe, frappe... réalisant trop tard l'acte qu'il vient de commettre, alors que Bersagliere s'enfuit.

Comme la majorité des films appartenant au ''néo-réalisme'', Sciuscia associe cinéma et documentaire, présentant des personnages, ici incarnés par des acteurs non professionnels, en prise directe avec la réalité de l'Italie après Mussolini. Heureusement l'ambiance sombre et désespérante est parfois brisée par des moments presque comiques. Seuls des enfants peuvent, dans ces circonstances, trouver des moments ludiques. Avant que les circonstances ne soient plus fortes qu'eux.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 07:49

Marjane Satrapi – 2014 - 103'

Milton est une petite ville industrielle et industrieuse où tout va bien pour tout le monde. La vie y est simple et les difficultés rares. Le bonheur est la règle de conduite de chacun.

Jerry Hickfang est employé dans une entreprise de baignoires, il s'occupe des expéditions, il fait tous les jours la même chose, dans sa belle tenue rose, avec son diable de la même couleur, collant les étiquettes, scotchant les cartons, les empilant avant de les transporter dans un camion.

Il parle peu et semble mystérieux pour ses collègues.

Tu m'étonnes !

Un jour son chef de service lui annonce que chaque année l'entreprise organise un barbecue et que chaque secteur mandate un représentant qui y participe. Jerry hérite de la sonorisation ! C'est aussi, et surtout, pour lui l'occasion de rencontrer la belle Fiona, anglaise égarée dans la ville et qui travaille à la comptabilité. Il va profiter de l'occasion pour l'inviter dans son restaurant asiatique préféré. Invitation que Fiona n'ose pas refuser, pourtant ce soir-là elle préférera sortir avec ses copines pour aller au karaoké.

Si elle avait su !

Jerry quand il ne travaille pas rend visite régulièrement à un psychiatre qui lui pose régulièrement les mêmes questions, auxquelles il répond la même chose : tout va bien, il ne pleure plus autant, non il n'entend pas de voix venant de nulle part, oui, il prend ses médicaments, presque, régulièrement. Mais il ment. Il ne prend jamais ses pilules, et si les voix qu'il entend ne viennent pas de nulle part c'est parce qu'il voit bien que ce sont ses animaux domestiques qui communiquent avec lui : un chat, M. Wiskers (M. Moustaches) et un chien, Bosco.

Il faut dire que Jerry est psychotique, et a de qui tenir, puisque sa mère l'était aussi et que celle-ci mourut dans des circonstances difficiles, bien qu'il fut le seul à en avoir pâti, forcément ! Son médecin lui rappelle que respecter son traitement fait partie de l'accord passé pour qu'il soit libéré de l'asile où il croupissait depuis.

Outre ces voix Jerry a une perception de la réalité particulière, il voit ce qu'il imagine, par exemple qu'il vit dans un bel appartement, propre et bien tenu, alors que c'est un lieu sale, semé des crottes de ses compagnons et où s'entassent des déchets, dans des boîtes ou des sacs plastiques.

Ceci posé revenons à cette soirée, quand Fiona lui posa un lapin. Il attendit jusqu'à la fermeture de l'établissement puis dû se rendre à l'évidence, ce n'est jamais loin, qu'elle ne viendrait pas. Au karaoké la soirée vient de finir, il pleut, aussi une des collègues de Fiona ramène celle-ci à sa voiture. Manque de chance, celle-ci ne démarre pas. Fiona fais donc du stop, et, le hasard est malicieux parfois, tombe sur Jerry qui la prend dans son véhicule. Histoire de se faire pardonner elle lui propose d'aller boire un coup dans un bar hors de la ville qui est ouvert toute la nuit.

Sur la route un cerf, pris dans les phares, est heurté par le véhicule et s'encastre dans le pare-brise, Jerry l'entend le supplier de mettre fin à ses souffrances. Ce que le jeune homme ne peut qu'accepter, n'importe qui à sa place en eut fait autant. Fiona le voyant égorger l'animal avec un grand couteau prend peur, sort de la voiture, et s'enfuit dans les bois. Jerry se lance à sa poursuite, sans avoir lâché son arme, la rejoint alors qu'elle est tombé, malheureusement il va connaître le même sort, et puisqu'il tient toujours son poignard celui-ci va pénétrer le ventre de la jeune femme. Sous le choc mais la voyant agoniser, comme le cerf il ne peut la laisser souffrir.

Une fois morte, et maudissant le sort qui vient de lui jouer ce tour il la poignarde encore et encore.

Il faut bien se soulager.

Une fois rentré il fait part des événements à ses amis, le chien lui dit qu'il doit aller se livrer, il n'a pas fait exprès, elle comprendra, le chat lui affirme qu'il va finir en prison, ce serait dommage. Jerry est bien d'accord, il va donc aller récupérer le cadavre, le ramener puis le découper.

À part la tête qu'il va conserver dans son frigo, et qui va, elle aussi se mettre à lui parler, lui en voulant presque de ce qui est arrivé et lui demandant une amie pour ne plus être seule. N'a-t-elle pas une collègue qui le trouve charmant et avec laquelle elle s'entend bien ?

Il hésite, refuse, puis accepte. C'est qu'il ne sait pas dire non. Mais la collègue en question va se montrer séduisante et plutôt que de l'assassiner Jerry va passer la nuit avec elle, non sans l'avoir auparavant emmené dans la maison de son enfance où il vécut des moments forts difficiles...

Pas question de vous révéler davantage de ce film de Marjane Satrapi, sur un scenario de Michael R. Perry, qui utilise une trame horrifique avec un style proche du burlesque. Un mélange qui peut surprendre mais qui est bien dosé et réalisé pour donner un spectacle divertissant.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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