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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 09:02

Si les cavaliers de l'Apocalypse sont 4 pourquoi les articles sur cette revue seraient-ils moins nombreux. Le maudit me convient mieux que son contraire.

S'il est un genre de bâtiments qui frappe l'imagination quand on le voit, même de loin, c'est bien un phare. Prenons ici celui de Tévennec, érigé en 1874 au large de la bais des Trépassés (mmm), entre la pointe du Raz et l'île de Sein. Les marins qu'il n'aurait pu sauver se promènerait dans ses escaliers et plusieurs de ses gardiens auraient connu un sort funeste. L'un se serait vidé de son sang en tombant sur un couteau, un autre serait trépassé entre les bras de sa femme qui pour le conserver l'aurait mis au saloir... Les survivants auraient sombré dans la folie à force d'entre des cris et des voix.

Il n'y a pas de fumée sans feu, dit-on, que s'est-il donc passé derrière ces murs ?

Cinq ans furent nécessaires à sa construction, ses situations et taille de son fanal firent penser qu'un seul gardien suffirait à l'entretenir. Le premier gardien, Henri Porsmoguer tiendra cinq mois, son successeur supportera la solitude un mois de moins, le suivant ne fera pas beaucoup mieux. Décision va être prise de doubler le poste. Des couples mariés ne feront pas beaucoup mieux. En 35 ans 23 gardiens se succéderont, un record. Le phare finira par être automatisé en 1910.

Des rumeurs couraient déjà, pendant sa construction des oiseaux ne tournaient-ils pas au dessus des ouvriers en criant ''Kers-kuit'' ? Va-t-en... Avant celle-ci un naufragé ne trouva-t-il pas refuge sur cet îlot, mais ne pouvant être secouru en raison des vagues il était mort, laissant derrière lui son fantôme. Lentement, mais sûrement, la légende se forma et s'étoffa de mystères, de morts et de spectres. Des études sérieuses menées à partir de 1990 montrent que rien de tout cela n'était vrai, si un gardien était mort c'était d'alcoolisme. Pour ce qui est de l'Ankou, habitant du lieu, rien n'est sûr.

Mieux qu'un phare Ys nourrit la légende depuis des siècles. Construite par le roi Gradlon pour sa fille Dahud, l'opposition entre le premier, se christianisant, et la seconde, vivant dans la débauche, conduisit la cité à connaître les foudres divines qui, ici, prirent la forme d'une vague immense.

Mythe ou réalité ? Et dans le cas de cette seconde, dans quelle mesure avait-elle nourri le premier ? Des ruines romaines furent prises pour des faubourgs de la ville engloutie. Faut-il voir là l’œuvre de missionnaires chrétiens habiles à utiliser des légendes préexistantes pour démonter la puissance de leur maître alors que débarquaient des celtes de Cornouailles dans ce pays de gaulois déjà, partiellement, christianisés ? Dahud n'étant que l'adaptation de la banshee, intermédiaire entre l'au-delà et notre monde. Qui ne respecte pas les commandements de dieu, et les ordres de ses représentants sur Terre, est passible de mort. Déjà !

Autre raz de marée gigantesque, celui qui aurait fait une île du ''mont Tombe'', rocher colossal sis en pleine terre, noyant au passage la forêt de Scissy et les villages alentours. Ce mont est plus connu de nos jours sous le nom de Mont Saint-Michel ! Historiquement quand Saint Aubert fonda le premier sanctuaire en l'honneur de Saint-Michel, le mont n'était déjà relié au continent qu'à marée basse. C'est bien plus tard que les moines de l'abbaye instrumentalise cette submersion, y voyant la domination d'un ordre nouveau sur l'ancien, la victoire de l'archange sur le diable, et accessoirement les cultes païens qui perduraient. La réalité est moins spectaculaire, et si des forêts existèrent autour du mont c'était bien avant l’ère chrétienne.

L'eau est cause de bien des drames, nul besoin de faire intervenir une quelconque déité là dedans, l'utiliser ensuite suffit.

Avez-vous déjà entendu parler de Gilles Garnier ? Je peux

supposer que non, tout comme moi. Cet homme pourtant fut le loup-garou de l'ermitage Saint-Bonnot près Amanges et comme tel condamné en 1574 à être brûlé vif. Difficile d'imaginer qu'il était un véritable lycanthrope, tout simplement un homme vivant en marge des autres, avec femme et enfants, dans un environnement difficile, il suffit que des crimes fussent commis aux alentours pour qu'il y ait confusion entre un bouc émissaire et un loup, c'est donc à une drôle de bête que nous avons affaire. La Franche-Comté connut plusieurs procès pour cette raison entre 1500 et 1633, vingt accusés furent brûlés, d'autres furent bannis. Encore fallait-il qu'il y eut procès, parfois la peur dominant les esprits craintifs et superstitieux, le coupable présumé devenait une victime avérée.

Parfois c'est une coïncidence qui est la cause du drame, par exemple quand Raphaël Lévy, nous sommes en 1669, traverse le village de Glatigny pour se rendre à Metz y acheter les provisions nécessaire à la fête de Rosh Ha-Shana. Le hasard malheureux, ou malicieux, veut que ce même jour un enfant de trois ans, Didier Le Moyne disparaisse. Lévy est capturé, jugé, pour la forme, et condamné à mort sous le prétexte que les juifs avaient l'habitude d'enlever de jeunes chrétiens pour voler leur sang. Nul n'entendra ses dénégations. Les autorités juives demandèrent par la suite à tout coreligionnaire d'éviter ce village, il faudra trois siècles pour que la vérité soit rétablie, entérinée, et l'innocence de Raphaël Lévy reconnue.

D'autres histoires nous sont présentées, il serait dommage que je vous prive du plus croustillant, du plus savoureux.

Ce n'est là qu'un survol d'un numéro à utiliser comme guide de voyage. Il serait sûrement possible de le prolonger jusqu'à nous tant les tragédies sont nombreuses et nous accompagnent. Histoire sans doute de rappeler, à ceux qui, eux aussi, eux encore, voudraient l'oublier, la vérité de la nature humaine.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 09:05

Ce N° de Science & Avenir est trop intéressant pour arrêter d'en explorer les pages.

L'Inquisition, on le sait, n'aimait pas les croyances divergentes et les remises en cause de la toute puissance de l'Église de Rome. Ainsi quand quelques milliers de vaudois (adepte de Pierre Valdo – ou Vaudès) venus du Piémont s'installent dans le Lubéron les voit-elle d'un mauvais œil.

 

Dans un premier temps 22 habitants de Mérindol sont condamnés à mort pour hérésie en 1540, cinq ans plus tard les autorités pontificales demandent à ce que l'arrêt soit mis à exécution. Le baron Meynier d'Oppède va sauter sur l'occasion et profiter des circonstances qui lui donne les pouvoirs judiciaire et exécutif. Il réunit dans ce but 5000 soldats et part pour Mérindol. Probablement trouva-t-il dommage que tant de moyens fussent réunis pour un but si réduit, du coup il élargit ses ambitions et lança une attaque contre tous les villages vaudois. Avec pour résultat la mort de plus de la moitié des vaudois, le viol d'un grand nombre de femmes, dont certaines furent ensuite vendues, la déportation de 700 hommes et la destructions des maisons, cultures et troupeaux.

Historiquement c'est le premier massacre de civils recensé. Quelques années plus tard les guerres de religion verront couler bien plus de sang. De la graine semée dans le Lubéron sortit un arbre de peur, de haine et de cadavres ! Il n'a cessé de fleurir depuis.

 

Bourges est réputée être la ''ville des alchimistes''. De nombreuses traces attestent de leur présence et de leurs activités. La rue de l'Alchimie, la tour du Diable, le puits Noir, la rue Monsecret... autant de signes d'un passé mystérieux auxquels participent souterrains et caves nombreux au pied des remparts. Comment certains individus purent-ils faire fortune si vite sans que l'on sut comment ? Et de citer Jacques Cœur, grand argentier de Charles VII, sans qu'aucune preuve ne fut jamais apporté que sa richesse soit due à l'alchimie. À l'époque la richesse ne pouvait venir que du diable ou de l'alchimie.

Cela tombe bien que j'aie prévu de visiter prochainement cette ville, qui sait si la pierre philosophale ne m'attend pas quelque part.

Impossible de parler des lieux maudits de France sans passer par Paris où les drames furent nombreux mais leurs traces effacées par le temps, l'évolution de la ville et la volonté d'oubli de ses habitants.

Montfaucon se situait à l'époque hors de la capitale, près de la place du Colonel-Fabien aujourd'hui, il était le plus grand

gibet du pays et pouvait accueillir 64 cadavres qui se balançaient patiemment en attendant leur dernière demeure. Probablement œuvre d'Enguerrand de Marigny celui-ci en ''profita'' et resta en place deux ans durant. Contrairement à une idée reçue Montfaucon ne se voulait pas dissuasif mais démonstratif de la puissance royale, il n'accueillait pas que des condamnés à la pendaison restant en place après leur supplice mais également les restes de rouées, brûlés, ébouillantés et même, on ne le croirait pas, décapités ! Les défunts étaient retenus par des chaines alors que le temps et les charognards faisaient leur office en attendant d'être inhumé dans une fosse située sous l'édifice lui-même haut d'une dizaine de mètres, histoire de gagner en visibilité. Outre des condamnés se trouvaient là des suicidés et des animaux censés avoir été possédés par le diable.

La pratique fut contestée au début du XVIIè puis le lieu arasé en 1760 sans qu'il en reste la moindre trace. Dommage !

Autre lieu qui servit de cadre à maintes exécutions : La place de la Croix-du-Trahoir (ou Croix-du-Tiroir). Une potence et une roue étaient toujours en place histoire de pouvoir répondre rapidement à la demande. Le plus souvent la roue était croix de Saint-André sur laquelle le condamné était attaché puis frappé au moyen de barres de fer sur les articulations, le thorax et l'estomac avant d'être placé sur une roue pour agoniser publiquement. Au 111 rue Saint-Honoré aucune plaque n'évoque ce passé.

La place de Grève est, elle, beaucoup plus connue que la précédente, Ravaillac, Cartouche et le chevalier de la Barre y furent exécutés. Outre un lieu de mise à mort la place servait aux réjouissances, aux célébrations de victoires, à des feux d'artifices et aux fêtes de la Saint-Jean. Les supplices étaient alors considérés comme des fêtes populaires. La révolution ne voulut pas renier cette tradition et la première utilisation de la guillotine, en 1792, eut lieu sur cet emplacement, aujourd'hui place de l'Hôtel-de-Ville !

Parmi les autres lieux méritant d'être cité : la Bastille, qui pâtit de sa mauvaise réputation, usurpée, les condamnés s'y trouvant ayant été jugés légalement. La populace, se voulant révolutionnaire, cédant à la frénésie lorsqu'elle l'eut envahie, lyncha le gouverneur de la place, le décapita puis promena sa tête au bout d'une pique. N'oublions pas la prison de l'Abbaye dont les résidents forcés furent massacré après la défaite de Verdun, en 1792. Révolutionnaire rimant avec sanguinaire, la furie populaire gagna les autres prisons et fit 1200 victimes. Démolie en 1857 elle se trouvait rue Gozlin, 6e.

Impossible d'éviter les Catacombes, l'empire de la mort dit le linteau de leur porte, six millions de squelettes y furent déposés en 1786 pour faire de la place dans les cimetières saturés de la capitale. Parmi les anonymes se trouvent, mais comment les reconnaître : Rabelais, Pascal, Colbert, Danton, Robespierre, Lavoisier...

Au 1 avenue du colonel Henri-Rol-Tanguy, 14e.

Impossible de passer sous silence la fin, officielle, des templiers. Jacques de Molay, le grand maître, et Geoffroy de Charnay, commandeur de Normandie furent brûlés sur l'île de la Cité, à l'emplacement de ce qui est aujourd'hui le square du Vert-Galant. Je me demande si en tendant l'oreille il ne serait pas possible d'entendre encore le célèbre anathème lancé contre le roi de France, Philippe Le Bel, et le Pape, Clément V. De fait ils moururent peu après, les enfants du roi suivant de près leur géniteur. Le royaume de France resta sans hériter.

Mais c'est une autre histoire.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:03

Suivre les traces de Gilles de Rais prit assez de temps, et de mots, pour qu'il me faille revenir à ce numéro de Science & Vie .

Après la Vendée pourquoi ne pas prendre la direction de la Dordogne en nous dirigeant vers le Château de l'Herm. Jean

de Calvimont avait amassé une fortune considérable en cette fin du XVe siècle. C'est lui qui, sur le site d'une ancienne fortification, fit érigé ce château de style gothique flamboyant. Son arrière-petite fille eut la mauvaise idée d'épouser un coureur de dot qui profita de son argent, d'abord, puis la fit assassiner histoire d'en disposer sans avoir de compte à rendre, il profite de sa nouvelle liberté pour épouser Marie de Hautefort. Après avoir échappé à la justice pendant plusieurs années il finit par être capturé puis enfermé au Châtelet où il mourut après un interrogatoire que l'on devine ''musclé''. Les cousins de sa victime voulurent récupérer le bien familial mais Marie de Hautefort n'était pas de cet avis et en tua deux dans une embuscade. Au fil des successions une dizaine de cadavres est hanter une château désormais en ruine. En 1899 Eugène Le Roy s'inspira de cette histoire pour son roman Jacquou le croquant.

Nous avons déjà croisé Mélusine et ses compétences en matière de constructions, outre la forteresse de Tiffauges elle usa de ses talents pour le château de Lusignan où elle vécu avec un mortel jusqu'à ce que celui-ci, découvrant son secret, la rejette, elle aurait érigé aussi Parthenay, Vouvant, Mervent, Niort, Talmont ? La Rochelle... Autant de destinations de voyages où, peut-être, un samedi, il serait possible d'apercevoir la fée sous sa forme serpente...

Outre les châteaux les ponts ont aussi, parfois, mauvaise réputation. Celui de Cahors par exemple, dont la construction entamée en 1308, durait depuis si longtemps que l'architecte désespéré d'arriver au terme de son labeur accepta l'aide du Malin. Dans toute l'Europe des ponts semblables sont censés avoir été construit avec l'aide du Diable, la France en abriterait plusieurs dizaines. Au Moyen Âge ce type d'édifice représentait une transgression, le désir de relier deux rives que la nature avait séparées. Cette prouesse technique va contre l'ordre du monde explique Chantal Connochie-Bourgne. D'autant que ces constructions sont difficiles et les accidents mortels fréquents et considérés comme des punitions divines. Réaliser de tels édifices semblant à l'époque relever de la magie et dont demander l'aider du Diable. Ils sont merveilleux, c'est-à-dire suscitant l'étonnement. Bien sûr demander la participation du Malin n'est pas sans risque et, souvent, le premier vivant passant le pont devait être sacrifié, celui-ci était donc choisi parmi les animaux familiers, le plus souvent un chat, noir de préférence. Il faut voir là l'influence de croyances anciennes qui voyaient les eaux peuplées de créatures étranges alors que les terres étaient christianisées. Passer un gué demandait l’acquittement d'un péage. Des animaux étaient emmurés dans les piles des ponts pour s'assurer de la bienveillance des habitants des fleuves et rivières. Au Moyen Âge les sacrifices humains n'avaient plus court s'ils ont pu exister en des temps plus anciens.

Impossible d'évoquer ces constructions hantées, par des souvenirs plus que par des fantômes, sans évoquer Montségur !

De fait, alors que surgit le pog (appellation médiévale de la montagne) ce que voit le touriste n'est pas la véritable forteresse des Cathares mais l’œuvre des vainqueurs construite sur les restes de celle-ci ! Les premiers cathares s'installèrent là au début du XIIIè siècle, construisant un castrum, ensemble comprenant la maison du seigneur, d'autres habitations, le tout entouré de murailles alors que l'Église catholique lance sa croisade contre les albigeois. En 1242 des chevaliers quittent le castrum et vont assassiner 11 inquisiteurs dans leur sommeil. Prétexte idéal pour lancer une offensive de grande envergure contre les hérétiques, et, au passage, contre les seigneurs occitans rétifs au pouvoir royal.

Le siège durera de mai 1244 à mars 1245, les 225 cathares qui refuseront d'abjurer seront condamnés au bûcher. Le dernier sera exécuté en 1321, le catharisme a été éradiqué !

Depuis le catharisme a été récupéré, utilisé, transformé selon les goûts et intérêts des uns et des autres sans respect d'une vérité historique souvent mal connue. Quid de la réalité de leur culte ? Le mystère laisse ouvertes interprétations et légendes.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 09:02

La France est riche de sites magnifiques, de lieux étonnants, de paysages extraordinaires, certes, mais elle dissimule aussi des endroits à la réputation moins favorable, des lieux étranges où se seraient déroulés des actes terribles, où auraient vécu des êtres monstrueux, avides de sang et de pouvoir.

C'est justement ce voyage que nous propose ce numéro de Science et Avenir N° 178 : La France des lieux maudits. Ces lieux dont on ''dit du mal'', ces lieux où légendes et réalités se mélangent pour créer une ambiance inquiétantes, mais pas trop, pour donner l'impression d'une odeur de sang et de souffre courant entre les arbres, le long des murs ou remontant de sols gorgés de victimes innocentes perpétrées par la peur ou le goût du lucre, par la jalousie ou la bêtise. Et parfois par plusieurs de ces éléments en même temps.

Pour citer Myriam White-Le-Goff il conviendrait de parler de lieux ''habités'' plutôt que maudits afin d'éviter un jugement qui à l'époque de la naissance de ces réputations ne signifiait rien. Au Moyen Âge il s'agissait souvent d'une présence relevant d'une forme de vie autre que l'humaine : fée, géants, et autres créatures merveilleuses, êtres que le paganisme latent, sous le christianisme apparent, acceptait et comprenait. L'homo sapiens ne pensait pas encore avoir tous les droits sur la planète et composait avec des puissances qu'il incarnait pour les comprendre. Le théisme intervint lentement, toxine mentale jetant sur ce qui ne relevait pas de ses dogmes le sceau de ''maléfique'' afin qu'apeurés hommes et femmes viennent grossir son troupeau. À moins qu'il ne s'agisse d'expliquer des phénomènes déplaisant, entravant le fonctionnement de la société, et dont dieu ne pouvait être à l'origine. D'autre part ce n'est pas parce que nous tentons de repousser la nature derrière des murailles technologiques qu'elle s'éloigne de nous, au contraire, elle fait un détour. Ce que nous voulons oublier ne disparaît pas pour autant et nous renforçons ce que nous nions.

Une longue et passionnante rencontre dont je vous invite à lire la relation dans les premières pages de ce magazine. Mais que cela ne ralentisse pas notre visite.

À tout saigneur tout honneur ! Visitons la forteresse de Tiffauges, un des soixante châteaux qui appartenait à Gilles de Rais, plus jeune maréchal de France, compagnon de Jeanne d'Arc et, par la suite, assassin d'enfants, plus connu dans l'imagerie populaire sous le nom de Barbe bleue. Derrière ces murs, 140 jeunes gens, en majorité des garçons, auraient trouvé la mort, torturés par le maître des lieux qui cherchait à refaire sa fortune perdue dans le paiement de ses armées au service de Charles VII dont il gaspilla les restes après la condamnation et l'exécution, de Jeanne. Durant huit ans, de 1432 à 1440, il perpétra ses crimes avant d'être arrêté puis jugé et, comme sa partenaire des champs de bataille, exécuté. Bien sûr Barbe Bleue préexistait à Gilles mais la cruauté que l'on prêtait à l'un et à l'autre fit qu'ils furent confondus, bien que le premier tuât des femmes et le second des enfants. Il n'est pas impossible que les reflets bleutés du pelage de son cheval aient participé à cette assimilation.

Il n'en fallait pas plus pour que le lieu n'agrégeât les légendes, comme l'intervention de la fée Mélusine pour construire la forteresse en une nuit. Particularité de ce château, une douve creusée à l'intérieur de l'enceinte. Pour ne pas être dérangé il suffisait de relever le pont-levis, pratique pour faire ce que l'on veut en tout discrétion. La question reste posée de la véracité des méfaits reproché au maréchal, la ''scène de crimes'' est ensevelie sous des tonnes de terre et de pierres qu'il faudrait déblayer pour examiner les salles où se déroulaient les messes noires de Gilles. Reste possible de visiter une crypte romane en imaginant que là résonnèrent les vois du chœur d'enfant que De Rais prenait plaisir à écouter. Certains connurent-ils un sort funeste...

Au matin du 26 octobre 1440 Gilles de Rais fut conduit sur le lieu de son supplice, il y demanda à être exécuté en premier afin de donner le bon exemple à ses complices. Sa contrition étant aussi profonde que sincère (?) son corps fut rapidement retiré du bûcher puis inhumé dans l'église des Carmes.

Aujourd'hui le mystère demeure de la réalité des crimes perpétrés derrière les murs de cette forteresse : aucun ossement ne fut retrouvé, la procédure était préfabriquée, des éléments falsifiés, les témoins subornés. Il n'y eut pas d'avocat de la défense, pas de pièces à conviction, pas de témoignage. Ce qui permit à ses défenseurs de voir dans ce procès la préfiguration de ceux qui eurent lieu en Union soviétique quelques siècles plus tard. Pour certains vendéens il est la victime du centralisme français qui voulait assurer sa domination sur une région restée rétive. Jamais pourtant de Rais ne manifesta d'opposition à la royauté, au contraire. Aucune certitude ne peut être posée, les minutes du procès n'ont jamais été éditée, ni traduite en français moderne. Gilles de Rais fut-il le premier ''serial-killer'' dont l'Histoire retint le nom ou la victime de manipulation de jaloux ? L'avenir le dira peut-être encore que l'ombre étant propice à la projection de tous les fantasmes la laisser intacte est plus excitant.

Non ?

J'organise mon voyage, qui sait si la silhouette de Gilles ne m'apparaîtra pas. 

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 09:10
T'as de beaux yeux ...
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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 09:10

Plutôt que de porter son attention sur les combats menés par Jeanne d'Arc, Dreyer préféra le procès de la pucelle en mettant en avant les visages pour favoriser les émotions, les ressentis et l'opposition entre Jeanne et ses accusateurs.

C'est presque, dans l'esprit, un documentaire sur le déroulement de la procédure. D'un côté une victime dont le destin se lit sur le visage, de l'autre la peur devenu de la haine de la part de l'Église face à cette femme qui remet en cause son autorité. D'un côté une femme de foi, de l'autre des hommes de pouvoir qui refusent de voir celui-ci remis en cause.

Jeanne est condamnée d'avance, les audiences deviennent son chemin de croix et son exécution sera son calvaire. La d'Arc de Dreyer renvoie aux martyres de l'aube de la chrétienté (laquelle passa directement au crépuscule, mais c'est une autre histoire), à la douleur de la Vierge. C'est une femme qui sans doute, à l'image du Christ, savait dès le départ quel serait sa destinée et la fin, sur Terre que celle-ci prendrait. Seul moyen pour l'un comme pour l'autre d'affirmer son message. Quelle valeur auraient-eu Jésus et Jeanne s'ils avaient vieillis comme vous et moi ?

Mais surtout vous.

La couronne qu'elle ceint renvoie à celle que porta Jésus.

La mort de Jeanne est toute dans le regard de Renée Falconetti. Son corps est encore là, soumis au supplice, mais son regard déjà dépasse le réel pour découvrir l'au-delà divin qui va l'accueillir.

Falconetti habite son rôle comme rarement une actrice put le faire, actrice de théâtre elle entra dans l'histoire du cinéma avec cette seule interprétation. Autre participation à noter, celle de Antonin Artaud, dans le rôle de l’abbé Jean Massieu, qui conseille à Jeanne de renier ses voix divines.

À l'origine Dreyer devait réaliser un film parlant mais les difficultés techniques qu'il rencontra, le parlant commençait, le conduisirent à renoncer à cette idée pour se contenter des intertitres habituels pour une réalisation muette.

Ironie de l'histoire le premier négatif disparut dans un incendie, un second montage réalisé à partir des chutes par Dreyer connut le même sort. Ce n'est qu'en 1981 qu'un double du premier négatif fut découvert dans un asile psychiatrique d'Oslo ce qui nous permet de découvrir l’œuvre telle qu'elle fut voulu par son auteur.

Il va sans dire que ceux qui ne l'auront pas vu risquent de finir sur le bûcher !

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 09:05

D'abord il y eut le bruit des pas, légers, contrôlés, qui s'approchaient de la maison. Ils s'arrêtèrent comme si leurs auteurs écoutaient à leur tour pour découvrir l'activité des habitants. Une famille normale, les parents, deux enfants, une fille et un garçon, le tout dans le cocon banal d'une villa de banlieue avec jardin et piscine. Ce à quoi on pouvait s'attendre dans cette banlieue résidentielle.

Aucun son ne provenant de l'intérieur de la bâtisse l'activité des arrivants reprit, aussi discrète que possible. Une fenêtre forcée d'abord, les glissements de corps qui s'introduisent dans une construction visiblement mal protégée.

Quelques cris auraient été audibles si quelqu'un s'était trouvé assez proche pour les surprendre, ce qui n'était pas le cas, à part moi bien sûr. Des cris de surprises qui ne durèrent pas, les petits appareils électriques que possédaient les assaillants étant on ne peut plus efficients.

Des corps trainés, des hurlements, cette fois étouffés par les baillons, qui auraient été entendus de loin sans cette précaution.

 

Quand j'entendis les premiers bruits de mastication je m'approchai à mon tour, au passage je regardai le chien qui n'avait pas bougé de sa niche, quand nos regards se croisèrent il recula encore.

 

Mes crocs étaient bien plus grands que les siens.

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 09:06

WER

     William Brent Bell - 2013

Se filmer est à la mode, n'importe qui peut disposer d'une caméra et filmer son quotidien. Les vacances sont ainsi un idéal à immortaliser.

Surtout quand ce sont les dernières, mais cela cette petite famille ne le sais pas.

Le chien est attiré par un bruit, il court vers la lisière de la forêt et aboie contre quelque chose que personne ne peut voir. Son maître va voir, s'approche, la caméra le suit encore, elle le suit toujours quand quelque chose l'attaque.

Outre deux cadavres, la père et le fils, la caméra sera retrouvée par terre sans que les images qu'elle aura continué à enregistrer soit d'une aide quelconque. Seule survivante la mère, grièvement blessée elle donnera malgré tout une description de l'assaillant, grand, couvert de poils, extrêmement fort et brutal.

Une septicémie finira par l'emporter.

Rapidement la police va arrêter un suspect, Talan Gwynek, physiquement il correspond à la description donnée mais ne manifeste pas la moindre agressivité. Une avocate, Kate Moore, est nommée d'office, de mère française et de père étasunien, elle est pleine de bonne volonté et ne comprend pas comment le suspect pourrait être l'assassin si violent recherché. Certes son aspect est troublant mais une maladie pourrait en être la cause. La porphyrie par exemple, maladie rare et difficile à diagnostiquer dont semblait atteint son oncle, ainsi qu'en atteste les photos de famille, et qui se transmettrait par les hommes dans la famille. Cette affection altérant le physique rendrait impossible une telle démonstration de force.

Histoire de confirmer la chose des analyses devront être effectuées dans un hôpital disposant des équipements nécessaires. Le premier test est positif, le second consiste à faire clignoter une lumière violente près des yeux du suspect, alors attaché solidement à un lit, afin de provoquer une crise.

Celle-ci va avoir lieu, et la réalité va se faire jour d'une manière explicite et mortelle. Le suspect devenu coupable sous les yeux de son avocate parvient ainsi à s’enfuir pour rejoindre les lieux de son enfance, ceux qu'il connaît, où il espère, peut-être pouvoir se cacher. La police ne va pas l'entendre de cette oreille et va le pousser dans ses retranchements jusqu'à le farcir de plomb.

Ce qui aurait tué n'importe qui, là, va être insuffisant !

Qui pour tuer ce qui ressemble tant à un loup-garou que quelqu'un possédant les mêmes facultés ? Lors d'un interrogatoire Gwynek avait mordu quelqu'un qui va, sa maladie étant contagieuse, se transformer lui aussi...

Pas question de vous en dire plus sur un film d'épouvante classique qui serait banal si sa fin n'était inhabituelle, et heureusement... Pour la petite histoire, la vedette de ce film, l'avocate, Kate Moore, est interprétée par Andrea Joy Cook, connue pour son rôle dans la série ''Criminal minds''. Elle n'avait pas encore rencontré de loup-garou, c'est chose faite.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 09:09

A Dame to Kill for - Frank Miller/Robert Rodriguez - 2014

La justice n'est qu'une illusion, on le sait, même si elle peut parfois être proche de la réalité. À Sin City il n'en est pas question, pas même un seul instant. La loi qui fait référence dans ses rues est celle du plus fort. Dans ses rues et dans ses tripots. Comme par exemple dans celui où s'aventure Johnny. Il croit en ses chances, ne vient-il pas de gagner beaucoup d'argent aux machines à sous ? C'est l'opportunité qu'il attendait pour affronter le maître de la ville, le sénateur Roark. En route il rencontre une jeune, et jolie, jeune femme qu'il emmène avec lui comme porte bonheur. La partie se passe bien, trop bien, puisqu'il finit par gagner, vider l'argent dans son sac et s'en aller.

Mais pas longtemps, Roark et ses hommes de mains finissent par le rattraper et le faire monter dans la limousine du sénateur qui le regarde avec amusement. Comme s'il avait été question une seconde qu'il laisse un blanc bec le ridiculiser devant ses amis. Encore que complices conviendrait mieux. Johnny va prendre des coups, une balle, et voir les doigts de sa main droite brisés avec une pince. Roark ne laissera personne se moquer de lui, pas même son fils...

Ayant récupéré une partie de ses moyens Johnny se souvient de son amie qui doit l'attendre dans un hôtel.

Quand il arrive dans la chambre il découvre Roark qui l'attend et va apprendre que son porte bonheur n'eut pas de chance quand elle le suivit.

Un comble !

De son côté Marv se demande où il se trouve, pourquoi il prit une balle dans l'épaule, peu de chose pour lui, et ce qu'il fait sur cette route alors que deux voitures à côté de lui sont encastrées.

Quand la mémoire lui reviendra il se souviendra de la bande de jeunes qui s'amusant à mettre le feu à des SDF. Pourquoi ne pas leur donner une bonne, et définitive, leçon ?

Ailleurs Dwight McCarthy reçoit un appel d'Ava, femme qu'il aima beaucoup et qui le fit souffrir encore plus. Il se l'était promis, il ne se laissera plus séduire par les charmes de la jeune femme. Celle-ci étant incarnée par Éva Green il est aisé de comprendre pourquoi il ne tint pas sa résolution. Celle-ci lui raconta que son mari, Mr Lord, la faisait torturer et la regardait souffrir avec plaisir. Le sang de Dwight ne fait qu'un tour...

Exactement ce que souhaitait Ava !

Sur la scène où elle s'exhibe plus qu'elle danse, Nancy Callahan ne cache pas sa détresse après la suicide de John Hartigan, elle ne dissimule pas davantage sa bouteille de vodka ni son envie de se venger, de Roark justement.

Le monde de Sin City est petit.

Tout cela pour présenter personnages et situations qui vont se succéder sur l'écran, sans grande cohérence il est vrai, sans que l'on vraiment envie de s'attacher aux personnages. Reste le style de la réalisation de Miller et Rodriguez qui suit la bande dessinée du premier nommé, et qui ressemble au premier opus des chroniques de Sin City. Mais l'emballage ne suffit pas quand le contenu relève plus de la démonstration que de la réalisation.

Cela dit j'irais volontiers boire un verre au Kadie's Club Pecos si Jessica Alba est sur scène et Éva à mon bras.

Sauf si pour cela il faut que je ressemble à Mickey Rourke !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 09:06

Difficile d'évoquer un magazine traitant de photos sans avoir envie d'en montrer le plus possible. C'est surtout l'occasion de découvrir l'oeuvre de photographes peu connu. Du reste il y en a peu qui ont accédé à la notoriété.

Vincent Munier par exemple, dont je connaissais certaines photos sans avoir, honte à moi, fait attention à leur auteur. C'est l'effet du Net et du torrent de photos qu'il propose, et de la flemme en ce qui me concerne, de regarder, de profiter d'une image, sans chercher à en savoir plus sur leur auteur. Ce sont principalement des photos prise dans le Grand Nord qui ont retenu mon attention. Pour les paysages de glace d'abord, pour les animaux qui y vivent ensuite, et principalement. Des renards roux, lièvres arctiques, bœufs musqués et, surtout, les loups blancs qui arpentent ces étendues immenses en ne laissant derrière eux que des empreintes que le vent gomme rapidement.

Munier explique le temps mis, la préparation et l'organisation indispensable, et, le plus important, la patience. Rester seul sur l'île d'Ellesmeres au Canada, dans la province du Nanavut, avec le minimum pour attendre que les maîtres du lieu, les fantômes de la toundra comme les appellent les Inuits, veuillent bien se présenter. J'imagine son émotion de les voir s'approcher en groupe, curieux de cet animal inhabituel s'invitant dans leur espace, le plaisir prit à capturer ce moment dont nous profitons sans en avoir connu les difficultés, elles mêmes nourrissant le plaisir.

Chacune des photos présentées est accompagnée d'un commentaire et des détails techniques que les amateurs apprécieront.

Mais Vincent Munier n'est pas spécialisé dans le Cercle Polaire, il nous présente aussi la Nuit du Cerf, impressionnante silhouette se découpant sur l'obscurité, arpentant les forêts au crépuscule, appelant les biches avec son brâme qui résonne entre les arbres en quête d'oreilles réceptives.

Il nous parle aussi de ses débuts, de son hésitation à faire de la photo son métier, des opportunités qu'il sut saisir, en gagnant le Concours BBC Wildlife par exemple, des photographes qu'il admirait, lui qui maintenant est devenu un exemple pour la génération suivante, malgré son jeune âge.

Outre le portfolio de Munier une carte blanche (forcément) lui est offerte où il invite d'autres photographes à présenter leur travail ainsi que les gagnants du concours mensuel organisé par le magazine, couleurs et noir et blanc.

L'actualité n'est pas oublié, les publications, les nouveautés techniques, dont certaines très intéressante, le futur Nikon D 750, le Pentax 645Z, un moyen-format qui serait tentant s'il ne valait pas si cher. Dommage...

Des trucs et astuces, les annonces pour du matériel d'occasion, les expositions dans toute la France, pas mal de publicité également, mais il faut bien vivre et le matériel présenté est parfois intéressant. Sans oublier le coin de l'argentique, il existe encore, et un article sur le Leica M6.

Bref il y a de quoi voir, et lire, dommage de s'en priver.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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