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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 08:03

Ralph Ziman – 2014- 90'

Il ne faut pas se fier aux apparences, ainsi Nicolaï Krastow qui sort une jeune femme de sa voiture, la traine dans un immeuble, puis dans l'ascenseur où il croise une personne âgée, ne se doutait-il pas que la jeune fille en question n'allait pas le laisser faire.

Le comprendre fut la dernière pensée de sa vie, avant qu'une balle de 9 mm ne lui traverse la main et ne pénétrant dans son crâne y explose !

Une bonne chose de faite.

Sawa est la fille d'un officier de police lâchement assassiné par des trafiquants de drogue et pour venger celui-ci elle a décider de les retrouver un par un.

La preuve !

Karl est détective et l'enquête lui revient. Par ailleurs il connaît bien Sawa, son père était un collègue, il sait ce qu'elle veut et que pour cela elle est prête à faire ''ce qu'il faut !'' comme se faire recommander par Kratsov pour rencontrer le boss de celui-ci. L'avantage ici étant que le mort ne peut plus la contredire.

Être jeune et jolie va l'aider à pénétrer le réseau de Kratsov pour retrouver le boss. une première étape à passer, Clive Thornhill est un pourvoyeur de filles, c'est aussi le moyen d'aller plus loin, le temps de rencontrer un petit chef au passage, lequel ne va pas tourner autour du pot pour coucher avec elle. Ce qu'il n'aura pas le temps de faire, une gorge tranchée ayant un effet désastreux sur sa libido. Sawa profitera de son avantage bien que Clive parvienne à s'échapper, pour approfondir sa connaissance du réseau et se rapprocher du boss.

Quelques cadavres de plus serviront à remonter une piste qui s'avérera dangereuse, comme s'il pouvait en être autrement et Sawa devra remercier un vieil ami pour l'aider alors que son avenir semblait compromis.

La balade continue dans une ville qui semble un assemblage de béton peuplé d'ombres armées, d'enfants moins victimes qu'il n'y paraît et de tueurs promis à l'abattoir.

Les policiers suivent la piste, ramassent les cadavres en faisant semblant de s'en offusquer.

Si la vengeance, dit-on, est un plat qui se mange froid c'est qu'un corps perd sa chaleur rapidement après sa mort. Celui de Thornville par exemple qui croira la tenir le temps de lui promettre de la couper en morceau sous le regard du boss, individu banal dirigeant son réseau du fond d'une cuisine, jouant à l'homme d'affaire avec la vie d'autrui.

Jusqu'à ce qu'il découvre que la sienne ne tenait qu'à un fil !

Karl protège Sawa autant qu'il peut mais les autres flics ne sont pas tous idiots et se rendent compte qu'il protège quelqu'un.

Le boss l'était-il, quels secrets Sawa va-t-elle encore découvrir sous les corps de ses victimes, et de ses parents ? Savoir est un élixir rarement calmant et la vérité finit par ronger qui s'en rapproche au point de sentir le contact de ses lèvres glacées.

Petit à petit la mémoire revient à Sawa et...

Dans un monde difficile les pires ont plus de chances de survivre que les meilleurs.

C'est une bonne nouvelle.

Pour moi !

Ce long métrage est l'adaptation d'un film d'animation japonais dont je vous parlerais quand je l'aurais vu.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 08:01

Elle était là déjà quand ce démon étrange,

Vint pour me rappeler en ce début de nuit

Que Lucifer était le plus brillant des anges,

Porteur d'une clarté plus sombre que la nuit.

 

La pièce a tournoyé, d'un côté la colère

Cherchant dans les instincts le moyen d'exploser,

De l'autre un sentiment d'au delà la frontière

Auquel, sans le vouloir, je pus me raccrocher.

 

Ces mots accumulés nourrissent l'impression

Que comprendre est possible et que j'en suis capable ;

Mais mon intelligence est une autre illusion,

Où qu'aillent mes pensées je reste misérable.

 

Aujourd'hui je contemple un passé chaotique

Espérant y trouver au moins quelques réponses,

Mais le puits est sans fond, mes essais pathétiques

N'aboutiront jamais, mes rêves s'y enfoncent.

 

Que de mondes construits, îles artificielles,

Bâties sur le néant avec des mots banals,

Tout ça pour avancer en rêvant d'éternel,

Gagner un peu de temps comme un souhait infernal.

 

Sa lumière a décru à l'instar des ténèbres,

Me laissant dans le flou de la banalité,

Je me suis consumé en trop de chants funèbres

Ne subsiste de moi que la médiocrité.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 08:00

Frédéric Tellier – 2014 - 120'

Franck Magne est un jeune inspecteur qui arrive au 36 quai des orfèvres. Son rêve devient réalité mais s'il croit que c'est une fin il va découvrir que ce n'est qu'un début. Ses nouveaux collègues l'accueillent comme il se doit et lui présente l'équipe qu'il intègre et les dossiers qui sont là depuis des mois sans être solutionnés. Lui qui a un regard neuf peut découvrir quelque chose qui aura échappé aux autres trop impliqués, depuis trop longtemps.

Parmi ceux-ci le pire est celui d'une jeune femme qui a été violée, assassinée, torturée, le tout dans des conditions atroces. Des heures durant elle subit les assauts de son tortionnaire avant que la mort n'intervienne enfin comme une délivrance.

Magne, surnommé Charlie, va découvrir ce qui avait échappé à ses collègues, porter l'attention sur un suspect, mais cela ne donnera rien. Même le crime découvert dans la maison du père de la victime quelques mois plus tôt reste sans solution. S'agit-il du même tueur opérant de façon différente ?

Les mois vont passer, d'autres affaires vont atterrir sur le bureau du jeune policier, jusqu'à ce qu'apparaisse une affaire similaire, les mêmes tortures, une cible semblable, jeune, jolie, les mêmes coups portés à la gorge.

À nouveau l'enquête va se perdre dans le manque d'indice, de témoignage fiable, en un temps où la science est moins performante en matière de décryptage de l'ADN qu'elle l'est devenue depuis, où il n'y a pas de fichier centralisant les données concernant les criminels qui aurait pourtant permis de sauver bien des vies.

Des années vont s'écouler et pour Magne, et ses partenaires, mais visiblement principalement pour lui, l'affaire devient une obsession dont il a du mal à sortir, au risque de mettre en péril sa famille. Il veut trouver cet homme qui tue, qui viole, qui torture depuis des années en toute impunité. Mais la concurrence est dure au 36 entre des équipes qui ne veulent pas lâcher leurs prérogatives, conclure une bonne affaire c'est marquer des points dans sa carrière. La bureaucratie est lourde, les contraintes légales ralentissent l'action de la police, le criminel lui continue, au gré de ses pulsions, et quand une victime parvient à s'échapper elle ne sera pas en mesure de donner des renseignements suffisants pour sa capture, même en le voyant alors qu'il est arrêté pour une autre affaire, elle ne le reconnaîtra pas. Peut-être aurait-il fallut le faire parler pour qu'elle identifie sa voix, mais ça ne semble pas avoir été prévu.

Huit années vont s'écouler, et presque autant de cadavres avant que l'affaire, dénommé SK 1 (serial killer 1) ne trouve enfin sa solution.

L'intérêt du film, outre le suivi de l'enquête est de faire la parallèle entre le procès, le film commence dans la salle du tribunal où fut jugé Guy Georges magistralement interprété par Adama Niane qui ne fait pas de son personnage un tueur froid et intelligent à la Hannibal Lecter. Ce dernier relevant de la fiction peut en effet afficher des qualités plus difficile à associer dans la réalité avec des pulsions meurtrières incoercibles.

Plus que la question de la nature du ''mal'' pourquoi ne pas se demander si un monde sans lui est possible, si une ''humanité'' où il n'existerait plus serait encore digne de ce nom ou si elle le serait enfin.

Tout n'est pas fait pour faciliter la tâche des policiers, logique, la prédation, le crime pour prendre un terme plus sociologique, nous habite. Guy Georges n'est pas un monstre, ni un fou, simplement l'expression d'une partie de nous-mêmes que beaucoup refusent d'admettre.

Ce qui ne l'affaiblit pas, au contraire !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 08:00
Saint-Louis de Blois
Saint-Louis de Blois
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 07:36

26 mai 1637 - Massacre des Indiens Péquots

Très tôt l'esclavage fut mis en pratique en Nouvelle-Angleterre, bien avant que ne soient ''importée'' une population Africaine. En 1633 la tribu des Péquots vit son effectif réduit de 50 % à la suite d'une épidémie de variole, une maladie apportée par les colons et qui fit d'innombrables victimes sur tout le continent américain. Ils tentèrent pourtant de résister à l'envahisseur blanc prêt à toutes les exactions pour voler leur terre.

26 mai 1637, Nouvelle-Angleterre, la colonie du Connecticut ordonne des représailles suite au massacre de quelques fermiers. Le prétexte est trop beau.

Le capitaine John Mason réunit 90 hommes. Il attaque par surprise et incendie le camp principal des Indiens Péquots, Missituk. Six cents hommes, femmes et enfants périssent en une heure. Les assaillants n'éprouvent aucune perte. Les survivants qui purent s’enfuir s'éparpillèrent, ceux qui furent capturés furent réduits en esclavage.

L'année suivante, à Boston William Pierce, capitaine du Desire, importe la première cargaison d’esclaves en provenance de la Barbade qu'il échange contre des prisonniers Péquots.

 

Cette opération, connue sous le nom de «Mystic Massacre», inaugure la longue litanie d'horreurs qui marque les guerres indiennes...

 

Quelques descendants de cette tribu vivent encore dans le Connecticut en tant que Mashantucket Pequot ou Eastern Pequot Tribal Nation. Ceux-ci disposent d'une réserve nommée Lantern Hill, les premiers disposent d'un territoire à Ledyard.

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Publié par Lee Rony - dans Divers
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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 17:18

Pourquoi m'avoir laissé une si longue laisse

Quand, comme vous, j'aurais été bien plus heureux

D'être un animal satisfait quand il s'abaisse,

Obéissant et doux, terrifié et peureux.

 

J'ai pu tirer dessus et avancer dans l'ombre

Pour m'éloigner de ceux à genoux face au mur

Adorant les dessins que produisaient sans nombre

Les peurs et illusions qui leur servaient d'armure.

 

Avancer fut plaisant, j'avais tant d'énergie

Qu'il me semblait que je pourrais continuer

Jusqu'à découvrir quel secret était ici,

Attendant simplement que je puisse le trouver.

 

Maintenant cependant je découvre l'effroi

De pouvoir emprunter un chemin inconnu

Où je découvrirais trop important pour moi

Un savoir dévorant, un vouloir imprévu.

 

Je peux mieux apprécier combien est rassurant

D'avoir autour du cou un lacet d'archaïsme,

Contraintes acceptées, doux est ce nœud coulant

Accroché au passé, refuge d'obscurantisme.

 

Avancer, reculer ? Le choix est difficile,

Le pire est-il passé où me tend-t-il les bras ?

Puis-je tuer le temps pour rester immobile,

Est-ce cela écrire, rêvasser sous un drap ?

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:20

Who's Afraid of Virginia Woolf ? - Mike Nichols – 1966 – 131'

L'action démarre sur un campus de la Nouvelle Angleterre. George et Martha rentrent d’une soirée au cours de laquelle, c'est une habitude pour eux, ils consommèrent pas mal d'alcool.

George y enseigne l'histoire, mais il est aussi sous les ordres de son beau-père, directeur de l'université.

L'ambiance n'est pas au beau fixe entre les époux, il suffit pour s'en convaincre de voir Martha qui se met à injurier son mari. Visiblement ce n'est pas la première fois.

Histoire d'envenimer un peu la situation celle-ci a invité un couple d'amis, Nick et Honey, à venir boire un, ou plusieurs, dernier verre. George n'est pas heureux de cette invitation, d'une part à cause de l'heure, d'une autre parce qu'il sait que son épouse sera incapable de modérer son langage.

Impossible d'y échapper pourtant, seule condition que met George, que Martha ne parle pas de leur fils.

La scène à laquelle nous venons d'assister n'était qu'une mise en bouche, l'affrontement va continuer, crescendo sous les yeux de Nick, le seul à garder un semblant de sang froid, comme un axe autour duquel les autres peuvent tourner, s'accrocher, emporté par le mouvement de leur rancœur, de leur dépit face à ce qui reste de leurs ambitions alors que tout leur paraissait accessible, que leur jeunesse, aujourd'hui disparue, preuve que l'alcool ne conserve pas le meilleur, s'est échouée sur les récifs de leur médiocrité.

Chacun en veut à l'autre, projette sur lui les défauts qu'il possède, le rendant coupable de n'avoir pas pu, de n'avoir pas su, de n'avoir pas voulu.

Le manège tourne et les mots se font révélateurs, dénonciateurs, destructeur des apparences afin d'exposer les secrets du couple Martha-George.

Finalement, malgré les apparences, ils s'aiment, avec, englouti dans les insultes et la rage, une blessure dont ils ne parviennent pas à guérir, faute de savoir l'accepter.

Mike Nichols bénéficie du talent d'Edward Albee, auteur de la pièce d'origine, de Ernest Lehman, rédacteur du scénario, et, surtout, du couple Taylor-Burton qui ne semble pas jouer tant il est convaincant.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 08:00

Après la tour, le bateau, la cage, il fallait une histoire de pont ! Celui dont il va être question ici reliera Hong Kong à Macao. 42 kilomètres de problèmes, de difficultés et d'obstacles à relever.

Relier les deux villes en voiture est possible mais demande plus de 4 heures, ce raccourci terminé il faudra 45', considérant qu'en 2035 c'est environ 40 000 voitures par jours qui devraient circuler.

Parler d'un seul pont est un abus de langage, en fait c'est une succession d'ouvrage qui devra être construite pour relier une région particulière, venant d'une ancienne colonie britannique, rejoignant une ancienne colonie portugaise, passant par une province chinoise. ''Trois régions, trois contrôles douaniers'' !

D'abord une île artificielle sera construite, puis un pont en béton précontraint de 22,9 kilomètres de long pour 33 de large et supportant deux fois trois voies, cette partie parvient à une nouvelle île artificielle pour se transformer en tunnel plongeant à 45 mètres sous le niveau de la mer. La route reprend sur un pont avant de devenir un tunnel terrestre cette fois. Une fois ce périple achevé le conducteur aura le choix entre prendre au sud vers le centre de Hong Kong ou opter pour le nord en direction de Tuen Mun et les Nouveaux Territoires.

Si les projets déjà évoqués paraissaient couteux, que dire de celui-ci dont le montrant approche les 10 milliards d'euros. La pose de la première pierre eut lieu en 2008 à Zhuhai et en 2009 à Macao mais les travaux n'ont démarré qu'en 2011 à Hong Kong.

L'expression casse-tête chinois n'a jamais trouvé meilleure illustration tant les contraintes sont nombreuses, entre le trafic maritime intense qui ne doit pas être interrompu et oblige à un tablier haut, et un trafic aérien qui ne peut être détourné alors que les aéroports de Hong-Kong et de Macao sont proches, sans oublier les vents qui soufflent souvent à plus de 180 km/h et les typhons qui ne vont pas faire un détour pour éviter l'ouvrage.

Et j'allais oublier le risque sismique pris en compte alors qu'il est faible dans cette région. Mais puisqu'on ne sait jamais ce qui peut arriver pourquoi ne pas en tenir compte.

Hong Kong étant soucieuse de préserver l'écosystème les travaux durent s'adapter aux habitudes de divers animaux, tel le Dauphin blanc de Chine, parfois appelé dauphin rose (?), ainsi les travaux sont suspendus en mai et juin pour ne pas les troubler en pleine période de reproduction.

Nous passerons sous silence les difficultés administratives, le mélange de codes de constructions différents qui font que les deux parties devant se rejoindre à la frontière sino-hongkongaise n'auront pas la même largeur !

La mise en service ''espérée'' est pour octobre 2018.

Je demande à voir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:00

Un océan de mot pour écoper l'effroi,

Fuir sans savoir vers ou juste pour être loin,

Être en dehors du temps, oublier les pourquoi,

Chasser les souvenirs, être rien, être moins.

 

Courir ne peut durer, mes forces s'épuisèrent,

L'obscurité est impossible à distancer,

Quand elle m'a rattrapé je crus n'avoir pus d'air,

J'étais bien dans ses bras à vouloir m'y noyer

 

L’instinct de vie parfois et la pulsion de mort

Aiment à se confronter, le duel les amuse,

Qu'importe leurs pantins, tous auront le même sort,

Peu nombreux sont conscients que l'espoir les abuse.

 

Je fus autant un jouet qu'un champ de bataille

Pour des pulsions anciennes purement instinctives ;

J'étais un condamné promis à la ripaille

D'archaïques tueurs aux longues incisives.

 

La vie, la mort, ne sont jamais que des siamoises,

Deux faces d'un réel impossible sans elles ;

Hasard, perversité, ou ironie narquoise,

Mon esprit fut la lice de leurs damnées querelles.

 

Comment survécut-il à ces secousses internes,

Séismes invisibles aux regards extérieurs ?

Jamais il ne perdit de vue cette lanterne

Lui montrant qu'exister était possible ailleurs.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:00

Xavier Beauvois – 2014 - 115'

Eddy sort de prison. Visiblement ce n'est pas la première fois et le gardien qui semble bien le connaître quand il le pousse au dehors lui conseille d'arrêter les bêtises. Visiblement cela semble difficile pour Eddy qui ne sait pas ce qu'il pourrait faire d'autre.

Heureusement il n'est pas livré à lui même et un ami, le seul qu'il ait, l'attend dehors et le conduit chez lui. Là il lui présente sa fille, Samira, qui ne le reconnaît pas, la dernière fois qu'elle le vit c'était il y a quelques années seulement mais à cet âge on oublie vite les visages. Osman fait traverser sa demeure, qui ressemble à une baraque de chantier, et lui présente, dans la cour, une vieille caravane, mais en bon état, qu'il lui a réservé comme étant son nouveau domicile. Eddy y retrouve même ses affaires en général et ses livres en particulier. Car il adore lire, depuis toujours. Peut-être un peu trop !

Osman travaille pour la ville où il fait les travaux sur la voie publique tout en surveillant l'éducation de sa fille et en rendant aussi souvent que possible visite à son épouse, Noor, hospitalisée pour un problème de hanche qui l'empêche de travailler et nécessite des soins, voire même une opération. Inenvisageable pour une famille qui arrive tout juste à joindre les deux bouts. Quand au rêve de Samira de devenir vétérinaire, son père lui affirme qu'il faut viser ce que l'on peut et pas ce que l'on veut !

Triste perspective !

Mais Eddy est un homme de ressource, justement par la télévision qu'il vient d'offrir à son ami – mieux vaut ne pas savoir comment il se l'est procuré – il voit et revoit des émissions sur Charlie Chaplin qui vient de mourir et est enterré dans la région. L'idée va donc germer dans son ''esprit'' : puisque Charlot était un miséreux pourquoi Chaplin ne viendrait-il pas, post-mortem, en aide à deux de ses semblables. Pour cela il suffit d'emprunter la dépouille de Charlie, avec le cercueil, puis de demander une rançon à la famille.

Osman trouve l'idée stupide, comme quoi il lui arrivait encore d'avoir des moments de lucidité, pas question pour lui de participer à une telle aventure.

Mais les circonstances vont l'y contraindre. Le besoin d'argent, l'envie d'une vie meilleure pour sa fille, d'un autre avenir pour lui même et sa famille, tout va le conduire à aller réveiller son ami une nuit pour lui dire qu'il est d'accord.

Eddy a fait les repérages, il vole une voiture, après quoi il suffit d'une pioche, d'une pelle et de beaucoup d'huile de coude pour exhumer le cercueil puis de le transporter en bordure d'un champ où il sera réenterré.

La partie compliquée va commencer : prendre contact avec la famille, demander de l'argent, avoir l'air sérieux et professionnel au téléphone. Autant de qualités qui ne figurent pas dans l'arsenal d'Eddy. Il va bafouiller, s'énerver, et quand finalement une remise de rançon sera convenue tout va foirer.

Ce qui n'étonnera personne.

Étrange et pourtant véridique histoire que celle de ces deux individus, à la marge de la société, partis pour une aventure improbable et ridicule, influencés peut-être par la tentative de vol de la dépouille d'Elvis Presley quelques temps plus tôt. Portée par ses interprètes, Benoit Poelevorde et Roschdy Zem en tête qui réussit à ne pas ridiculiser ses ''héros'', au contraire, eux aussi semble des victimes, des Charlot du présent, de la réalité et pas du cinéma, ce qui rapporte beaucoup plus d'ennuis que d'argent et un hommage au Charlie Chaplin de Limelight, que je vous en dise davantage risquerait de gâcher votre plaisir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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