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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 09:00

Olympia – Leni Riefenstahl – 1938 – 201 à 220'

Déjà réalisatrice du documentaire Le Triomphe de la volonté (1935), Leni Riefenstahl est l’œil regardant les jeux olympiques de Berlin. Hitler appréciant le travail et l'esthétique de cette cinéaste lui demanda de réaliser un film sur ces Jeux. Riefenstahl exige les moyens nécessaires pour réaliser une œuvre personnelle à la hauteur de sa vision.

Hitler les lui accorde, lui permettant de trouver des angles inédits, de travailler sur les ralentis et d'expérimenter des caméras en mouvement. L'équipe du film comprend plus de 300 personnes dont 40 cameramen. Ces derniers travaillent plusieurs mois avant les débuts des compétitions afin de mettre au point des techniques inédites, comme la caméra catapulte pour les épreuves de saut, ou la mise en place de rails de travelling le long des pistes d'athlétisme. Le budget du film est de 1,8 million de Reichsmarks, entièrement couvert par le régime nazi.

 

« Si vous êtes un idéaliste, vous y verrez de l'idéalisme ; si vous êtes un classique, vous verrez dans ses films une ode au classicisme ; si vous êtes un nazi, vous y verrez du nazisme. »

— Jonas Mekas, 1974

La première partie s'intitule Fête des peuples (Fest der Völker), la seconde, Fête de la beauté (Fest der Schönheit). Le montage prit quinze mois et ne conserva qu'un dixième des mages prises au cours des deux semaines de compétitions. Riefenstahl met en valeur les athlètes usant de la technique de la contre-plongée qui les met en valeur, mettant ses caméras en mouvements, établissant par là-même les bases de la réalisation moderne d'images de sports.

Les Jeux terminés Riefenstahl demanda à quelques compétiteurs de refaire les gestes accomplis lors de la compétition, ainsi put-elle filmer avec des angles de prise de vue impossible à saisir lors des épreuves. Raison pour laquelle certaines séquences semblent se passer dans un stade vide.

Le film sorti en langue allemande, anglaise et française avec quelques différences de traduction. Riefenstahl retoucha son film plusieurs fois après sa sortie, de sorte que différentes versions existent. Il fut présenté le 20 avril 1938, jour de l'anniversaire du Führer. Goebbels, impressionné, ajouta une prime de 100 000 Reichsmarks au salaire de Leni qui s'élevait à 250 000 RMS.

Le film reçoit le Deutschen Filmpreis, le prix suédois Polar-Preis, une médaille d'Or olympique du CIO en 1938, un diplôme olympique en 1948 au Festival de Lausanne, une coupe Mussolini lors du festival de Venise alors que le jury hésitait entre Olympia et Autant en emporte le vent. L'année suivante suite aux actions du régime nazi, Hollywood boycotte les films de Leni Riefenstahl.

Il faudra attendre les années soixante pour que le travail de Riefenstahl soit considéré comme œuvre cinématographique et plus seulement comme un travail de propagande au service de Troisième Reich.

Riefenstahl dans ses mémoire précisa : ''J'ai tourné Olympia comme la célébration de tous les athlètes et le rejet de la théorie de la supériorité de la race aryenne''.

Jesse Owens est présent dans le film, comme l'ensemble des vainqueurs, et même des échecs de la sélection allemande, même si la réalisation se détache des individus pour montrer une vision idéalisée de l'Homme en tant qu'exemple et non comme individu appartenant à tel ou tel groupe.

À titre d'anecdote l'hymne le plus entendu est celui des états-unis, pas celui de l’Allemagne.

En 2005, Time.com classe ce film parmi les 100 meilleurs films de tous les temps.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:00
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                        Le réveil de l'obscurantisme

 

Depuis 4 siècles la science s'est libérée des chaînes et entraves que veulent lui imposer les sectateurs d'un dieu, qui pour être soi-disant unique n'en porte pas moins des noms différents.

Galilée et Descartes au XVIIe siècle énoncèrent le postulat d'objectivité, proscrivant dans l'activité scientifique la considération des fins. La science s'oppose au raisonnement finaliste, solution de facilité consistant à renvoyer un problème non résolu, mal posé, inaccessible aux facultés cérébrales de certains, à dieu, créateur de l'ordre de la nature.

Rien ne se perd, la preuve. Les créationnistes cherchent à rabaisser la science au rang de discours hypothétique cherchant parallèlement à ériger une idéologie en science. Ceux-ci refusent que l'activité scientifique interfère avec la question de dieu en ranimant, tel un zombie, l'argument du dessein, résumé ainsi par Voltaire : l'horloge prouve l'horloger.

Rappelons que le créationnisme est une idéologie qui agglomère des tenants de religions diverses venus du monde entier, états-unis, Inde, Arabie saoudite, Belgique...

Profitons-en pour nous pencher sur l'époque qui vit la séparation des discours de la science et de la théologie, et la distinction entre croire et savoir. Aux XVIIe et XVIIIe la science s'est construite sur l'affirmation de son autonomie et son indépendance à l'égard de l'argument du dessin.

À l'âge classique la science se passe difficilement de dieu qui la fonde en renfermant les principes nécessaires à son activité, de son côté la science montre que la nature est bien ordonnée. La théologie se lit dans la nature.

C'est Pascal qui mettra en évidence que les faits scientifiques sont de nature historique, dépendants des expériences et, donc, du progrès technique. Ce que les savants anciens voyaient comme une loi définitive peut être remis en cause et sa fausseté démontrée. Lui succédera le postulat d'objectivité déjà vu, puis la critique du raisonnement finaliste par le chancelier Bacon suivi par Spinoza qui sera exclu de la communauté juive d'Amsterdam le 27 juillet 1756 pour avoir professé que la volonté de dieu est un asile de l’ignorance.

Au XVIIIe les encyclopédistes agiront pour débouter ceux qu'ils appellent les ''causes-finaliers''.

Ernst Mach dans La Mécanique (1904) insiste sur l'idée que le principe d'économie ne peut plus être référé à dieu mais référé à la science-elle-même, conçue comme recherche permanente d'un optimum, cherchant à présenter un maximum d'explications des phénomènes en un minimum de propositions.Leibniz, déjà, soulignait que les sciences progressent en s'abrégeant.

Le science est le produit des principes d'économie et de simplicité qui structurent, fondent et guident l'activité de l'esprit. Poincaré soulignera que s'il est possible de se passer de dieu il ne l'est pas de se passer de métaphysiques.

Pascal, croyant et savant, nous légua les moyens méthodologiques de penser la distinction entre croire et savoir : la croyance repose sur l'autorité et la foi, le savoir repose sur la raison et l'expérience. Aujourd'hui les tenants du dessein intelligent instrumentalisent une fausse science – la doctrine créationniste – pour servir leur propagande. Darwin étant leur cible principale. Ils cherchent à faire croire que la théorie darwinienne est une hypothèse concurrente de la leur. Ils veulent ainsi insinuer le doute chez ceux qui n'ont jamais réfléchi (par incapacité peut-être) philosophiquement aux enjeux et à l'illégitimité de l'argument du dessin et sont prêt à se laisser tenter par la thèse finaliste. Ils veulent supprimer le critère de distinction entre croire et savoir, entre l'idéologie et la science.

Ils visent à faire interdire l'enseignement de l'évolution pour lui substituer leurs dogmes.

La superstition et le fanatisme n'en demandaient pas tant pour prendre également ce visage, il suffit de suivre l'actualité pour lui en voir d'autre ; l'inquisition et ses méthodes remontant du gouffre obscur où elle pourrissait.

Derrière Darwin c'est la liberté d'expression qui est le but à atteindre, puis celle de penser afin de revenir à un monde d'où l'intelligence serait aussi absente que dans le cerveau des intégristes quelle que soit leur étiquette.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 09:00

Tous ne vont pas mourir mais ceux qui survivront

repenseront souvent à ces heures terrifiantes.

Ainsi je vis encore, dans l'âme, tout au fond,

Que j'ai un jour touché et qu'à jamais je hante.

 

J'ai changé l'avenir de celui qui était

À peine différent d'un singe redoutant

La nuit qui l'entourait et qui l'emprisonnait

Dans une cage obscure au risque omniprésent ;

 

L'ai aidé à grandir, à devenir humain,

Jusqu'à ce que lui-même ait fini par y croire.

Qu'il put me dominer, me tenir dans sa main

Ne change pas les rôles bien qu'il en ait l'espoir.

 

L'Histoire me doit tant, la grande et la petite,

Chaleur, douceur, lumière et tout ces aliments

Devenu comestibles, et les sapiens s'agitent

Dans la grotte inondée de ténèbres oppressants.

 

Qu'en sera-t-il demain, quel sera mon aspect ?

Peu importe après tout, je serai toujours là,

Un péril amical, un bienfaisant danger,

Du bucher affamé à l'âtre romantique.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 09:00

Il y a quatre siècles, en pleine époque Joseon un objet volant survolle la péninsule coréenne, provoquant effroi et panique et engendrant quelques phénomènes physiques comme un souffle d'une grande force. Sur un chemin un équipage est bousculé, les hommes s'accrochent aux arbres mais le palanquin est emporté et s'approche d'une falaise. La chute est inévitable !

Un homme intervient, attrape les montants et attire à lui la chaise à porteur et la jeune fille à l'intérieur.

C'est que leur première rencontre, d'autres vont se succéder comme si M. Do était un ange dédié à la surveillance de l'adolescente.

Beaucoup plus tard, Cheon Song-yi est une star en Corée, elle gagne beaucoup d'argent et connait un immense succès, créant beaucoup de jalousie autour d'elle, elle a un caractère difficile, est sûre de sa beauté et pense beaucoup de bien d'elle-même.

Alors qu'elle rentre, au moment de prendre l'ascenseur, elle croise un homme qu'elle ne reconnaît pas, ce qui est étrange, mais qui ne la reconnaît pas non plus, ce qui lui paraît encore plus incroyable, se peut-il qu'un homme en Corée, sinon sur Terre, ne soit fasciné par elle ?

Si la jeune fille que Min-joon avait sauvé plusieurs fois était finalement morte dans ses bras pour le protéger, elle lui avait affirmé qu'ils se retrouveraient un jour, n'importe où, n'importe quand. Or cela était déjà arrivé quand, 12 ans plus tôt, Song-yi alors qu'elle fuyait la maison en courant avait failli se faire écraser par un camion. Rien n'aurait pu la sauver, rien sauf un homme pouvant se déplacer si vite que l’œil ne peut le suivre, un homme qui est plus que cela puisqu'il vient d'une autre planète et est prisonnier de la nôtre jusqu'au passage d'une comète qui, justement revient. Le compte à rebours est lancé pour qu'il retourne chez lui. Se peut-il que cette jeune fille qu'il vient de sauver soit celle qu'il connut longtemps auparavant ? La ressemblance est telle qu'il s'interroge.

Ni l'un ni l'autre ne se sont reconnus, et cette situation va créer bien des complications, pour Do qui ne peut dire d'où il vient, pour Song-yi qui pense à l'homme qui la sauva adolescente et qu'elle espère revoir. Do trouvant le portefeuille de Cheon l'ouvre et y découvre une photo de l'actrice adolescente. Aucun doute, c'est bien la personne qu'il sauva de l'accident. Se pourrait-il que ce soit la même que celle qui donna sa vie pour lui ?

Plusieurs fois l'extra-terrestre exploitera ses dons pour sauver la jeune actrice impliquée dans le suicide de Han Yoo-ra avec laquelle elle était en conflit depuis longtemps. Faux suicide mais véritable crime dans lequel son implication mettra sa carrière en péril. L'occasion qu'attendant son ''amie'' depuis 15 ans, Yoo Se-mi, actrice de second plan qui guettait l'occasion de prendre la première place alors que les médias se jettent sur l'ex-vedette pour satisfaire la curiosité de leur public.

Le petit (im)monde du show-business au mieux de sa forme !

Cheon entretient une relation ambiguë avec un jeune homme très riche qui l'aime depuis le lycée tout en étant le frère de l'assassin que la police recherche, et qui voudrait bien éliminer Cheon qu'il soupçonne, à juste raison, en savoir trop. Pour ne rien simplifier ce jeune homme a pour confidente Se-mi qui est amoureuse de lui ce qui renforce sa jalousie envers Song-yi. Les intrications continuent puisque Se-mi est la sœur du procureur dirigeant l'enquête sur le crime...

Bref, tout s'imbrique et est prétexte à rebondissements dans l'action comme dans les relations amoureuses. La vérité se fera-t-elle jour, dans quelles circonstances et avec quelles conséquences pour nos héros ? Le méchant sera-t-il puni pour ses méfaits ? Min-joon va-t-il repartir et abandonner Song-yi alors qu'il est amoureux d'elle, depuis longtemps, celle-ci est-elle la réincarnation de l'adolescente assassinée ou est-ce une simple ressemblance ?

Bien sûr il faut aimer les séries coréennes pour apprécier les 21 épisodes de celle-ci, ça tombe bien, c'est mon cas.

Ce n'est pas la première fois que j'évoque Jeon Ji-Hyeon (전지현) et sûrement pas la dernière.

Diffusé du 18 décembre 2013 au 27 février 2014 elle connut un grand succès, confirmant le statut de Jeon. Le rôle de Cheon était fait pour elle comme la proximité des noms le prouve. Pour cela elle remporta le prix le plus important de la télévision en République Démocratique de Corée. Elle donne le meilleur d'elle-même dans ce rôle, ne refusant pas l'outrance ni le ridicule avec toujours le même charme.

S'il n'agit pas sur vous c'est que vous venez d'une autre planète et devriez y retourner !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 09:00

La bougie était noire et la flamme glacée,

Elle a couru si vite en direction du bois,

L'a caressé longtemps en cherchant une entrée

Avant d'enfin trouver la moins longue des voies.

 

De petits pas d'abord pour marquer le chemin,

Semant régulièrement les graines de la mort.

Partant de tout en bas jusqu'au moindre recoin,

En prenant garde au bruit, ne point gêner qui dort.

 

Atteindre le sommet, courir dans la charpente,

Plus libre de hurler, ici nul n'entendra.

Quand tout est envahi, des caves à la soupente

Je peux enfin gonfler, tout prendre dans mes bras.

 

Fumées en avant-garde, paralysant les corps,

Envahir les poumons, asphyxier les esprits,

Mais le plus amusant dans ce triste décor

Promis à s'engloutir dans le cœur du mépris

 

Ce sont les cris d'humains réveillés en sursaut,

Prisonniers d'un étau, entre peur et panique,

Comment se concentrer quand il n'y a d'écho

Que celui de l'effroi d'un avenir tragique.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche N 498 – Avril 2015

                     L'âge de la Terre à la Renaissance

 

Ivano Dal Prete évoque un souvenir. Alors qu'il fouillait les étagères d'une vieille bibliothèque de Forti (Italie du Nord), il tombe sur un opuscule scientifique rédigé par un dénommé Fausto Da Longiano, imprimé à Venise en 1542, et traitant de la météorologie. À l'époque cette science incluait la géologie et l'océanographie.

Jusque là rien d'étonnant, à l'époque l'imprimerie vénitienne employait des centaines de travailleurs et pour se rendre accessible publiait des éditions en italiens plutôt qu'en latin. Ainsi pouvait-elle toucher un public plus large curieux de science mais ne maîtrisant pas le latin.

Un chapitre retint l'attention d'IDP, celui sur la nature et l'origine des montagnes. L'auteur y décrit les fornes naturelles oeuvrant sur de longues périodes, l'érosion lente due aux eaux courantes et l'accumulation de débris au fond de l'océan qui se déplaceraient trop lentement pour être perçu pendant une vie d'homme. Da Longiano y explique aussi que la surface de la Terre était remise à neuf tous les 36 000 ans. Pas un mot sur la Genèse et la Création, ni sur l'arche de Noé, sur aucun des enseigments bibliques alors qu'à cette époque le monde était censé être né autour de 4000 ans avant J-C. Or Longiano semble persuadé que ses lecteurs ne seront pas choqués par ce qu'il avance.

Ivano Dal Prete, intrigué, se lança donc en chasse de textes scientifiques de la Renaissance en langue vernaculaire. Il en découvrit qui reprenaient l'idée d'une Terre ayant un âge indéfini. Insistant que celle-ci devait être étudiée selon les observations et lar aison, la théologie ne pouvant être prise en compte.

Ainsi Girolamo Fracastoro, au XVIe exclait le Déluge de l'origine des fossiles marins. Gabriele Falloppio affirmait quand à lui que

seule une poignée d'ignorants pouvait croire que les fossiles marins avaient apportés dans les montagnes par les eaux du Déluge. Le cardinal Gasparo Contarini, géologue éminent à cette époque, n'évoque pas le Déluge dans son traité, publié en 1548.

Ainsi bien avant la révolution scientifique du XVIIe l'idée d'une Terre extrêmement vieille circulait et s'exprimait dans des livres à destination du grand public. Cette idée d'une Terre éternelle était déjà présente dans l'enseignement d'Aristote qui commençait à se répandre dans les universités européennes. Thèse condamnée par l'archevèque de Paris en 1277.

La thèse principale de l'Église étant que la Terre avait été créée par dieu, la façon dont cela s'était passé étant secondaire.

À partir de 1520 la Réforme et la réaction catholique établirent un littéralisme biblique qui envahit la science. Séparer science et religion devint périlleux.

La volonté de concilier l'histoire de la Terre et la chronologie biblique fut populaire en Grande-Bretagne. L'évêque anglican Ussher calcula que le monde avaité té créé le 23 octobre 4004 avant J.C. Le mathématicien Thomas Harriot lui donna 16 000 ans quand Robert Hooke envisagea une Terre bien plus vieille que celle de la bible.

N'en déplaise aux créationnistes et aux archaïstes l'opinion d'une Terre façonnée par le Déluge ne fut imposée qu'au XVIIIe. Siècle au début duquel le naturaliste Antonio Vallisneri se plaint que le diluvianisme populaire parmi les ''hérétiques'' (protestants) du nord de l'Europe descende dans le sud. Lui maintint la tradition remontant à Aristote, Fracastoro et ceux qui pensent que les fossiles marins trouvent leur origine dans les inondations naturelles de la mer en des temps immémoriaux et obscurs : et seul dieu sait quand.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 09:00

Triumph des Willens – Leni Riefenstahl – 1935 - 114'

Film ou reportage hagiographique ? Les moyens du premier au service du second. La réalisation suivant le déroulement du congrès de Nuremberg du NSDAP de 1934 tenu au Reichsparteitagsglände sur demande du Führer lui-même.

 

Un aigle apparaît, perché sur une couronne, entourant un svastika. Sur le socle de la statue est écrit en gothique : Triumph des Willens.

Dans un avion nous traversons une mer de nuage, les clochers de la Lorenzkirche apparaissent, sur l'un est accroché l'ancien drapeau impérial, sur l'autre flotte un étendard aux couleurs du IIIe Reich.

Au sommet du Château de Nurembergau claquent les couleur du drapeau impérial. L'avion survole la ville, ses principaux monuments avant de passer au dessus d'une colonne d'hommes en marche pour finalement atterrir.

La foule semble immense mais ça peut n'être qu'un effet de cadrage et de montage, des femmes, des enfants, des militants font le salut nazi. L'avion roule sur la piste avant de s'arrêter, Hitler en sort, suivi de Goebbels, les spectateurs continuent à applaudir. Un mercedes s'approche, pour embarquer les arrivants. Le Führer salue en relevant seulement son bras, la main ouverte au niveau de son oreille.

Leni Riefenstahl est fasciné par son sujet, le présentant comme le sauveur descendant du ciel pour guider son peuple vers un avenir glorieux. Elle sait utiliser les techniques du cinéma pour le mettre en valeur. Démiurge devant la foule en transe !

Évidemment, impossible de voir ce film avec le regard de ceux qui le découvrirent à l'époque, n'y voyant que la projection de leurs fantasmes et ignorant que ceux-ci se dissoudraient dans la guerre, le sang, et, au final, la mort. Elle n'est pas montrée mais avec le filtre du temps il est aisé de la distinguer à l’œuvre. Quelle autre solution que se jeter dans ses bras quand croire en ses illusions devient insupportable ?

 

Une mise en abyme révélatrice d'une volonté, certes, celle de la réalisatrice qui souhaite montrer au monde l'homme qu'il fallait. Sans qu'elle ait bien compris pourquoi faire ! Un classique du film de propagande, riche de grands moments, si l'on oublie son propos, avec des longueurs et des répétitions facile de constater avec le recul. Une ode à un rêve de grandeur promis à devenir un cauchemar dans la réalité. À voir pour qui veut découvrir tous les aspects du cinéma.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 09:00
Monument aux morts - Anvers
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 09:00

La Recherche 498 – Avril 2015

            Le canal du Nicaragua et ses conséquences

 

À l'heure où les conséquences de nos actions sur l'environnement sont surveillées pour être réduites au minimum il est heureux de constater que ce n'est pas toujours vrai, dès lors que d'importants intérêts sont en jeu.

Par exemple, le projet de canal traversant le Nicaragua !

Depuis quelques temps des engins de chantiers sont entrés en action afin de préparer les routes pour que d'autres, plus gros encore, puissent progresser jusqu'au chantier.

Ces travaux ont commencés le 22 décembre 2014 avec leur inauguration par le président Daniel Ortega. Projet pharaonique, comme on dit, 278 kilomètres de long, le triple de celui de Panama, dont 105 à travers le lac Cocibolca ; une largue variant de 230 à 520 mètres et une profondeur de 27,6 mètres. Le tout pour un coût évalué à plus de 40 milliards d'euros. Estimation qui sera dépassée, comme d'habitude !

Les travaux ont commencés mais rien ne dit qu'ils aillent à leur terme sans les difficultés techniques à surmonter seront grandes, sans parler, nous y venons, de l'impact écologique qui risque d'être dévastateur.

Le tracé n'est même pas encore déterminé dans sa totalité, il s'adapte aux réactions des autochtones, quand ceux-ci se montrent réticents, il fait un détour.

Deux écluses seront nécessaires, ainsi qu'un barrage et un lac de 400 km2. Infrastructures qui seront lourdes de conséquences pour l'environnement où elles seront édifiées. Conséquences amplifiées par le réchauffement climatique, en effet le Nicaragua fait partie des pays les plus vulnérables à ses effets, notamment par la présence d'El Nino, mais aussi celle de La Nina (l'opposé du précédent) !

Le lac Cocibolca est la principale réserve d'eau douce d'Amérique centrale or sa profondeur n'est que de 15 mètres, celle-ci devant presque doubler, le dragage nécessaire augmentera la teneur de l'eau en particules en suspension, la diminution de la luminosité induite aura de fortes conséquences sur la photosynthèse, amplifiant par ailleurs l'apport de nutriments dans l'eau qui accélérera le développement du phytoplancton et autres espèces consommatrices d'oxygène. La plupart de la vie aquatique du lac mourra, les poissons tenteront de quitter le lac pour rejoindre les rivières affluentes.

Sans parler de la pollution apportée par les bateaux, par ailleurs porteurs de formes de vie exogènes, et l'eau de mer, salée, qui inévitablement transformera un écosystème d'eau douce en réservoir d'eau stagnante et saumâtre.

Le péril sortira de l'eau pour s'attaquer à la biodiversité terrestre. Les zones humides de San Miguelito et Brito, les réserve de biosphère du sud-est en pâtiront, ainsi que les mangroves côtières asséchées par le creusement du canal et la construction d'un aéroport, des centres touristiques, et autres. Les flux migratoires animaux seront perturbés, de nombreuses espèces spécifiques seront touchées, le jaguar, l'aigle harpie, le singe araignée... dont l'habitat s'est déjà fortement réduit.

Sans omettre la destruction de milliers d'hectares de forêts tropicales qui réduiront d'autant leurs ressources de nourriture ; ni les millions de tonnes de sédiments excavés dont il faudra bien faire quelque chose et qui ne seront pas exempts de polluants.

Visiblement aucune des conséquences de ce projet n'ont été prises, sérieusement, en compte. Bonne chance donc à tous les habitants de la région !

 

Finalement ce n'est pas d'un canal dont nous parlons ici, c'est d'un caveau. Le vôtre !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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