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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 08:36
Espérons-le bref !
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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 09:00

       L'ÉNERGIE STELLAIRE

 

L'âge de la Terre à la fin du XIXs était évalué, avec une certitude qui se voulait ''absolue'' à quelques dizaines de millions d'années. Estimation basée sur les calculs de Hermann von Helmholtz et de William Thomson, plus connu comme Lord kelvin. Leur idée étant que la température du globe décroissait depuis sa formation âge compatible avec le mécanisme que ces physiciens considéraient être cause de l'émission d'énergie par le Soleil. Notre étoile se contractant, l'énergie gravitationnelle était convertie en chaleur. Cette estimation entrait en contradiction avec celle des naturalistes dont les études portaient sur les roches, la salinité des mers, les fossiles, l'anatomie comparée dans le cadre de la théorie de l'Évolution, les érosions... celle-ci indiquait une ancienneté de un à deux milliards d'années.

2 événements vinrent relancer le débat relatif à l'origine de l'énergie des étoiles.

John Perry prouva par le calcul qu'en remettant en cause les idées de Kelvin l'âge de la Terre dépassait deux milliards d'années. D'autre part la découverte de la radioactivité va permettre de dater des roches. Le Néo-Zélandais Ernest Rutherford estime ainsi l'âge d'un minerai d'uranium grâce à la quantité d'hélium qu'il contient. Dans le même temps une autre méthode basée sur la mesure de la proportion de plomb par rapport à celle de l'uranium est développée et permet d'en dater certains à deux milliards d'années.

William Edward Wilson calculera que la présence de 3 grammes de radium par m3 du Soleil rendrait compte des 1026 joules qu'il rayonne chaque seconde. Problème, aucune trace ne sera détectée de cet élément dans le Soleil.

Les connaissances progressant, Jean Perrin et Arthur Eddington suggèrent que l'énergie du Soleil pourrait provenir de réactions nucléaires voyant des noyaux d'hydrogène (protons) fusionner en hélium. Il faudra attendre George Gamow pour imaginer un effet quantique baptisé effet tunnel autorisant les réactions de fusions possibles, même si les protons ne possèdent pas l'énergie suffisante. La source de l'énergie des étoiles est là, reste à l'expliciter.

Je ne vais pas ici recopier la démonstration que présente le magazine, elle est claire, détaillée, mais trop longue pour cela. Le fait est établi, l'hypothèse confirmée : les réactions nucléaires dans le Soleil empêchent qu'il s'effondre sur lui-même, sinon vers sa ''mort'', ce qui élèverait sa température.

Pour conclure, suivant Kamil Fadel, s'il est vrai que l'énergie que nous recevons résulte de réactions nucléaires ; pour répondre à la question posée par Isaac Newton : qu'est-ce qui maintient le Soleil chaud ? C'est la gravitation, pas les réactions nucléaires !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 09:00
Fais moi un... et même deux !
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 09:00

Home from the Hill – Vincente Minnelli – 1960 – 150'  Résultat de recherche d'images pour "home from the hill"

Nous sommes au Texas. Wade Hunnicutt est un grand chasseur, cette fois il s'agit de gibier. Opportunité pour un mari jaloux des autres proies que cible Wade pour tirer sur celui-ci afin de se venger de son infortune. Du reste personne n'est surpris par cet incident. Son épouse, Hannah (Eleanor Parker) encore moins puisqu'elle se refuse à lui depuis qu'il a eu un fils, Rafe (George Peppard) avec une de ses maîtresses. Ensemble ils ont pourtant un enfant, Theron (George Hamilton) qui grandit dans cette ambiance oppressante et peu favorable à son épanouissement, à l'écart du monde, entre la domination de son père et la protection exagérée de sa mère contre laquelle Wade lutte, désireux de faire de cet enfant, un homme, un vrai ! Quitte à demander l'aide de Rafe pour cela alors que jamais il ne reconnu celui-ci comme son enfant.

 

 

 

 

 

 

La vie aurait pu s'écouler ainsi, entre apparences et non-dit, Hunnicutt trônant dans son salon, menant son petit monde sous le regard de ses trophées de chasse et de ses chiens. Sa femme cohabitant avec un mari qui la répugne et des névroses qui l'occupe, près d'un fils enfermé dans son enfance et d'un bâtard, métayer, habitant dans une cabane qui ressemble à une niche.

Theron pourtant est conscient de sa situation aussi demande-t-il à son père de l'aider à échapper à l'emprise de sa mère, las qu'il est d'être considéré comme un ''fils à maman''. C'est peut-être la chance pour eux de se (re)trouver, de se (re)connaître, de (re)construire une famille.

Quel meilleur environnement pour se découvrir, et faire ses preuves, que cette forêt immense et dangereuse ? Theron est seul, avec un fusil, avec pour cible ce sanglier qui ravage tout sur son passage, ce symbole d'une masculinité qu'il peut atteindre, dominer et s'approprier. Décor magnifique que ces marécage où le souffre génère un brouillard jaune, nature miroir de l'être primordial qui ne demande qu'à s'exprimer.

Theron vaincra l'animal, trop facilement à mon goût, mais le gain qu'il en retire sera un poids plus lourd que celui qu'il abandonne. Il découvre le véritable monde, ses difficultés, ses injustices, en l’occurrence celle faite à ce (demi) frère qui l'a accompagné, aidé, soutenu, sans jamais se plaindre ni rien demander. Il comprend d'où il vient, ce que sont ses parents, et, pire, où il va, porteur d'un modèle qu'il ne pourra que reproduire.

Difficile de se débattre face à son destin, dans les liens que le destin nous impose, mais la mort peut être une délivrance pour ceux qui restent.

Vincente Minelli sait jouer des symboles en les intégrant à la réalité, à moins que ce ne soit l'inverse, sa distribution est à la hauteur, dominée par une Eleanor Parker magnifique dans la froideur comme dans l'émotion. Mitchum sait donner de la sensibilité à un personnage qui pourrait n'être qu'un salaud monolithique. George Hamilton démontre des qualités qu'il aura peu l'occasion d'exposer par la suite, quand à George Peppard, s'il n'avait pas croisé l'alcool sur son chemin il aurait fait une plus grande carrière.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 09:00

                     TECTONIQUE

L'image est emblématique d'une certaine forme de sclérose scientifique. Alfred Wegener est seul face à une foule moqueuse, il expose une idée révolutionnaire : La théorie de la dérive des continents.

Cette hypothèse ne fut jamais admise du vivant de son découvreur. Il lui fallut une reformulation : la tectonique des plaque, une manière de dire la même chose avec d'autres mots. Ainsi se forma le cadre expliquant la dynamique de notre planète.

Bel exemple de la difficulté pour une idée nouvelle de s'imposer face à une communauté aimant à se nourrir de l'illusion de tout savoir. À la vérité il faut souligner que la présentation de Wegener était incomplète, il lui manquait des connaissance sur la dynamique de l'intérieur de la Terre et la forme mouvant les continents.

Mais qu'est-ce que la tectonique ? Du grec Tekton ''charpentier'', elle est l'étude de la ''charpente'' de la Terre, de ses structures géologiques et de leurs formations.

Depuis l'antiquité philosophes et scientifiques s'interrogeaient sur la constitution de notre planète. Jusqu'à l'apparition de la géologie moderne leurs questions trouvent de nombreuses réponses sans qu'aucune ne les satisfasse. Est-ce le gonflement de la terre humidifiée qui explique collines et montagnes, l'attraction des étoiles, la puissance élévatrice de l'air ou la force des séismes, ainsi que l'imaginaient déjà au XI s des savants Chinois, tel Shen Kuo ? La découverte de fossiles marins dans les montagnes complique les choses qui fera penser que la Terre fut initialement plongée sous un océan global.

Les progrès commencent à partir du XVIIeme siècle avec les travaux de Nicolas Sténon, observateur des couches de roches superposées, pionnier de la stratigraphie. Il initie la lecture chronologique des archives de la Terre.

Vont s'affronter les neptunistes, tenant de l'idée que les bassins océaniques sont des affaissements, et les plutonistes, privilégiant le rôle du ''feu interne''. Ils proposent que les montagnes résultent de bombements volcaniques dus à la remontée de matériel chaud des entrailles de la Terre. Les planchers marins d'hier font les montagnes de demain.

L'observation de plissements dans des couches de roches pousse à imaginer un type de mouvement horizontal qui fait pencher la balance du côté des plutonistes avant que d'autres idées ne soient apportées.

Synthétisant les découvertes, Léonce Élie de Beaumont, et ses successeurs, imagineront une théorie réunissant neptunistes et plutonistes. Cette vision sera précisée au long des décennies suivantes.

Eduard Suess imaginera que plusieurs continents étaient reliés à une époque très ancienne.

Bref de nombreuses hypothèses existent quand Wegener publie sa thèse sur les translations continentales. En fait son idée n'est pas originale, lui-même citera dans une édition postérieure une dizaine d'auteurs ayant pensé à des déplacement continentaux. Son avantage est de dépasser cette action pour en comprendre les conséquences. Il prend en compte l'isostasie : les continents ''flottent'', la formation des montagnes vient des collisions et chevauchements des blocs. Il prend en compte les travaux de Suess pour expliquer comment la même espèce peut se retrouver en des endroits très éloignés.

Pourtant, malgré le solidité de ses arguments, la thèse de Wegener est rejetée. Vous en lirez les raisons, clairement expliquées dans l'article, passionnant, de Vincent Pasquero, dont je vous donne ici qu'un vague aperçu. Reste qu'il vaut mieux avoir raison tout seul que tort avec les autres. La sciencereconnaîtra les siens.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 09:00

J'adore faire des photos. Sortir, seul, prendre ma voiture, m'éloigner de la ville, je réside dans une ville où c'est facile, en une demi-heure je peux oublier le monde, prendre un chemin, m'enfoncer dans les bois sans autre but que regarder, observer les animaux, l'évolution des saisons et le changement de couleur qu'il provoque.

Partir quelques jours ne m'effraie pas, c'est me retrouver, me rapprocher de moi-même, termes éculés s'il en est mais qui ont une part de vérité.

J'emporte du matériel d'escalade, non que je sois expert dans ce domaine ni passionné de haute montagne, mais prendre de la hauteur m'offre un point de vue unique et la sensation de dominer ma propre vie, brièvement, faussement, le temps de fermer les yeux, de prendre une grande inspiration pour redescendre.

Aujourd'hui il est facile de prendre des centaines de clichés, ce n'est pas mon école et j'ai conservé de l'argentique le besoin de prendre le temps, de savoir quelle photo je prends plutôt que de regarder après-coup si une est réussie avant d'effacer les autres.

J'ai appris à reconnaître la piste des animaux, de toutes les sortes, à les suivre, à faire montre de patience, de persévérance, ce sont mes meilleurs qualités, les seules peut-être, vous diraient mes amis.

Si j'en avais.

L'endroit que je préfère se trouve dans une zone difficile d'accès pour les promeneurs mais sans intérêt pour les adeptes d'escalade. Plus précisément une corniche surplombant un ravin sans grande profondeur mais dont l'orientation est telle que le soleil en atteint rarement le fond. Je l'ai découvert enfant, à cette même place je restais des heures, face à l'obscurité, m'imaginant devant une porte donnant sur des ailleurs plus intéressants que mon quotidien. Il devint un confident, un secret et un défi. Oserais-je y descendre ?

Je l'ai fait plus tard, et bien sûr ne découvris rien de plus que ce qui pouvait s'y trouver, banal et décevant.

Mais pas inutile pour autant. Il suffisait de connaître les lieux, d'avoir le matériel.

Le soleil y entre en hiver, tôt le matin, rasant, donnant aux ombres une importance fascinante. Je le regarde s'approcher à pas de loup, soulever le masque de ténèbres, moi je reste en haut, observant au moyen du téléobjectif ce qu'il dévoile, les formes et les volumes.

D'en haut beaucoup ressemblent à des corps, à des crânes.

 

Je ne prend jamais de photo, les images sont dans ma tête, toutes !

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 09:00
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 09:09

끝까지 간다 Kim Seong-hun – 2014 - 101'

Gun-su est pressé, c'est pourquoi il roule plus vite qu'il ne faudrait sur cette petite route des environs de Seoul. Au téléphone il répond à ses collègues inquiets de son absence alors que la police des polices coréennes est sur le point d'arriver dans leur commissariat pour enquêter sur leurs magouilles et autres malversations. La journée est d'autant plus difficile qu'il doit se rendre au funérarium pour la mise en bière de sa mère.

Tout d'un coup sur la route apparaît un petit chien qui le regarde sans manifester le désir de se déplacer pour le laisser passer. Soucieux de sauver le canidé (c'est tout à son honneur!) il fait un écart, engueule l'animal, et aperçoit trop tard qu'il y a quelqu'un sur la route, qu'il heurte et envoie balader à plusieurs mètres.

Il s'arrête, respire, regarde autour de lui. Personne ! Il descend de son véhicule et s'approche de l'homme. Agenouillé il l'examine, vérifie le pouls, la respiration, rien. Son premier geste est d'appeler le samu local. Il forme le numéro, va pour appeler... et se ravise. Ce n'est pas le moment d'attirer l'attention, l'individu est mort... mais une voiture de police arrive, lentement, il a juste le temps de tirer le corps pour le dissimuler sur le côté de la route, dans l'ombre.

Résultat de recherche d'images pour "hard day korean movie"

Ouf ! Il passe inaperçu ! Reste le problème du corps. Alors qu'il serait plus simple de partir en le laissant sur la route, mais le film s'arrêterait là, il lui vient l'idée d'embarquer le corps dans son coffre pour le dissimuler.

Mais puisque tout va mal il n'y a pas de raison pour que cela s'arrête. Un peu plus loin un barrage de police lui fait signe de s'arrêter. Il serait mauvais pour lui que son chargement soit découvert, néanmoins il ne peut repartir et doit s'arrêter. Un agent lui fait signe de baisser sa vitre et lui dit qu'il s'agit d'un contrôle d'alcoolémie. Gun-su ne veut pas souffler, argue de son titre de lieutenant pour essayer de passer au travers, mais il n'a pas de papiers qui le prouve et quand il donne son numéro de sécurité sociale le policier note qu'il annonce 14 chiffres alors qu'il ne peut en avoir que 13 ! Gun-su s'énerve, encore plus quand un flic veut ouvrir son coffre, il attaque, cogne, il faut l'usage de gaz pour le ceinturer.

Finalement le malentendu va être dissipé et il pourra repartir.

Il s'en était fallu de peu !

Finalement il arrive à la morgue. C'est là que l'idée va lui venir que le meilleur endroit pour cacher un cadavre c'est encore dans un cercueil, lui-même enterré dans un cimetière, officiellement.

L'enchaînement d'actions pour qu'il arrive à ses fins, l'usage qu'il fait d'un jouet de sa fille, rien que cela vaut le déplacement. Et quand Gun-su se dit qu'il peut souffler, le téléphone sonne dans la poche de sa victime. Il aurait pu penser à lui faire les poches.

Mais les choses se passeront bien malgré la peur qui reste dans son ombre alors que ses collègues sont là et voudraient bien qu'il prenne tout sur lui afin de les disculper.

Il ne l'entend pas de cette oreille. Il n'aura pas fait tout cela pour finir en taule !

Finalement sa mère sera inhumée normalement malgré l'étonnement des employés des pompes funèbres trouvant que le corps est bien lourd...

Tu m'étonnes !

Résultat de recherche d'images pour "hard day korean movie"

Il retourne au travail, sûr d'avoir réussi son coup, d'autant que l'affaire qui impliquait toute l'équipe va passer inaperçue. Histoire d'être punis malgré tout l'équipe est chargé de plusieurs enquêtes en attente. La première concerne un certain LEE (un parent?) qui a récemment été repéré dans les environs. Ils vont donc être chargé de lui mettre la main dessus.

Gun-su sent un frisson d'angoisse lui parcourir le dos quand il reconnaît en la personne de LEE l'homme qu'il a renversé, et plus encore quand tous vont se rendre à l'adresse indiquée, juste à côté du lieu où eut lieu l'accident. Justement celui-ci a été signalé, anonymement et des traces vont être repérées sur la route, à proximité d'une caméra de surveillance. Gun-su se propose pour visionner les enregistrements mais son commandant mandate son collègue. Les images ne seront pas parfaites mais suffisantes pour reconnaître le type de voiture, celui de Gun-su justement, et le premier numéro de la plaque, un 8, comme celle de Gun-su.

Pour tenter de faire disparaître les traces du choc le policier heurte volontairement un véhicule de la police, l'opportunité de faire remplacer l'avant de son automobile.

À nouveau les choses semblent s'arranger. Temporairement puisque Gun-su va recevoir un étrange coup de téléphone, quelqu'un l'a vu et le dénoncera s'il n'est pas obéissant. Décidément, la suite d'ennuis ne semble pas prête de s'arrêter pour le lieutenant, encore plus quand il s'apercevra que son maître-chanteur est lui aussi de la police... Corrompu et complice de LEE il avait tiré à deux reprises sur celui-ci qui avait pu s'échapper, avant d'être heurté par Gun-su. Comme quoi la malchance se communique !

La suite, et comment Gun-su, va tenter de s'en sortir, je vous laisse le découvrir. Rythme, amoralité, suspens et humour ; un scénario habile et une mise en scène impeccable, tout concoure à faire de ce film une réussite où l'on finit par trouver Gun-su sympathique alors qu'il n'a pas grand chose pour lui. Est-il révélateur d'une réalité coréenne ? Perçue plus que véritable, sûrement.

Un bon moment, et tout va bien pour le chien. Que demander de plus ?

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 09:00
Neige
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 09:00

M.L. STEDMAN – Le livre de poche 33506

Isabel est agenouillée au bord de la falaise, elle arrange la petite croix de bois que son mari vient de fabriquer. Elle murmure ''… et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal...''.

C'est alors qu'elle entend les cris d'un bébé !

L'île, Janus Rock, est à la limite de l'Océan Indien, là où il rejoint le grand Océan, et son phare offre une zone de sécurité sur cinquante kilomètres.

C'est alors qu'elle aperçoit Tom qui lui hurle qu'il vient d'apercevoir un canot sur la place. Un canot !

Ils se précipitent... découvrent un cadavre et, enveloppé, dans un cardigan de femme couleur lavante, un bébé qui exprime avec force cris son angoisse. Une petite fille !

 

Tom Sherbourne est revenu en Australie après la première guerre mondiale où il vécut des moments difficiles dans les tranchées qu'il souhaite oublier, avec son épouse il prend le poste de gardien de phare sur un bout de terre sauvage et isolée. Là où dureté de la vie semble rimer avec pureté des cœurs, où tout se passe, apparemment, bien, du moins au début, car malgré leurs efforts ils ne parviennent pas à avoir d'enfant, aussi est-ce pour eux un signe du destin que cette barque qui s'échoue, que ce bébé que l'océan semble leur envoyer en réponse à leur longue attente.

Le garder n'est pas difficile, pas d'autre témoin que le silence qu'il suffit de garder.

En cet avril le printemps est prometteur.

Lucy va grandir, la vie est rythmée par les rituels spécifiques au phare, allumer la lanterne, hisser les bannières, drainer le bain de mercure pour filtrer l'huile qui s'y trouve. Isabel s'occupe du potager, ravaude les vêtements de Tom, fait la cuisine et le ménage. Bref tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais cela est insuffisant pour rendre 500 pages intéressantes !

Un jour Isabel va penser que cela fait un an que Lucy est là, un anniversaire donc, mais quelle est la date réelle de naissance de ''leur'' fille ?

Et ces souvenirs qui remontent. Tom n'aime pas parler de la guerre mais ses fantômes rodent encore dans sa mémoire, ses compagnons d'armes dont beaucoup moururent à côté de lui. Surtout dans la ville de Partageuse où rares sont les familles auxquelles l'océan ne préleva pas son tribut !

Les enfants jouent, Tom et son épouse dégustent des saucisses, assis sur une couverture, quand un Marshall s'approche et leur demande s'il s'agit bien de leur enfant... pour organiser la course des papas. Un moment d'inquiétude pour Tom qui a du mal à dissimuler son stress.

Pour Isabel la ménopause s'approche, mais n'a-t-elle pas une petite fille ? Signer un nouveau bail de 3 ans pour le phare ne semble pas une mauvaise idée, autant rester à l'écart autant que possible.

Il faut penser au baptême de Lucy, tradition oblige. L'église n'est pas encore ouverte, le révérant ne saurait tarder, c'est l'occasion en attendant de papoter en observant les pierres tombales. Justement ils entendent parler devant une stèle de noyés, un père et son enfant, disparus en mer presque deux ans plus tôt. Un homme et son bébé, une petite fille nommée Grace Ellen !

Isabel comprend !

Difficile de se cacher, de se mentir à soi-même, de faire comme si tout avait été normal, comme si trouver un bébé dans une barque était banal et que celui-ci n'avait pas d'autres parents que l'homme mort à ses côtés, difficile de ne pas ressentir de culpabilité, de doute, de craintes face à son acte. Mais encore plus difficile de savoir et de faire comme si ce n'était pas le cas.

 

Une histoire qui aurait pu rester simple, un couple hors du monde, chacun s'efforçant d'y oublier quelque chose, et puis l'élément extérieur qui intervient, souhaité, désiré, au point d'en oublier qui il est et qui il n'est pas. Ce que le destin prit d'un main ne peut-il le rendre de l'autre ? Qu'en est-il de cette mère qui elle aussi perdit un enfant dont elle ne peut faire le deuil puisque l'océan jamais ne l'a rendu ?

 

Rien n'est simple et tout le talent de M.L. Stedman est de rendre prenant une vie entre peine et espoir, souffrance, culpabilité et volonté de faire pour le mieux. Une belle écriture dont la subtilité est de montrer les âmes sans les faire souffrir plus qu'il ne faut.

 

En attendant le film de Derek Cianfrance avec Michael Fassbender, Alicia Vikander et Rachel Weisz.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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