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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:59

Peyton Place - Mark Robson – 1957 – 157'

Michael Rossi est le nouveau principal du collège, il est jeune, beau, sympathique, qu'il soit attiré par Constance n'a rien d'étonnant. Tout s'annonce pour le mieux dans le meilleur des mondes, apparents !

Pourtant Peyton Place est une petite ville paraissant ignorer secrets et scandales, les gens sont avenants, ouverts, sympas, toujours prêts à ouvrir leur porte et à rendre service.

L'histoire va s'installer, lentement, présenter les personnages principaux, et les autres, montrer les qualités de chacun, avant que la caméra ne s'approche encore davantage des protagonistes, ne les suive alors que leur porte est refermée, que les volets sont tirés, que personne ne peut plus les voir ni les entendre.

La réalité qui apparaît alors est bien différente. Les passions humaines les plus honteuses grouillent derrière le masque de la bienséance, alcoolisme, adultère, sexe, viol, inceste... ce à quoi peu de groupes humains échappent, et sûrement pas qui se prétend sans tare ni défaut.

Principe utilisé dans nombre de séries télévisées. En effet la durée aide à la démonstration de vérités cachées.

Adaptation du roman de Grace Metalious le film de Mark Robson causa un trouble profond dans l'Amérique puritaine du président Eisenhower, nourrie de ''rêve américain'' et de ''amiriconne way of life'' qui adule la réussite, l'hypocrisie et la réussite.

Mentir aux autres n'est qu'une façon de se mentir à soi-même, il n'empêche, le petit Mr Hyde que chacun recèle a d'autant plus besoin de s'exprimer qu'il en est empêché officiellement. Une réussite qui doit à son scénario, subtile et efficace, à sa réalisation qui semble montrer un sourire et qui d'un mouvement révèle une grimace, et à son interprétation.

Ici pas de caricature lourdingue, d'affichage pédant ou de volonté finalement aussi moralisatrice que ce qu'elle dénonce ; seulement la clarté jubilatoire d'une société factice. Comme si tout ne l'étaient pas, plus ou moins.

Mais rarement moins.

Tout le monde en prend pour son grade, ni l'âge, ni la classe sociale ou l'éducation ne sont protectrices, au contraire, plus les chaînes sont lourdes, plus le besoin de s'en débarrasser, temporairement, se fait sentir et s'exprime dans la brutalité.

 

Une mention spéciale pour Lana Turner, splendide, comme (presque) toujours.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 08:42

Kim Jung-hyuk  김중혁 – 2008 – Decrescenzo éditeurs

Préface de Aurélie Gaudillat. Traductions par Moon So-young, Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joo, Lee Goo-hyun, Aurélie Gaudillat.

 

 

La Corée (du Sud) est à cheval entre deux mondes, celui du passé, de son Histoire, de ses traditions et obligations, celui d'une culture millénaire riche et mouvementée. Elle fait face à une modernité vorace, à une rapidité accrue des échanges, à une redéfinition des rites à observer, à une remise en cause de la hiérarchisation sociale et familiale, à une technologie dominatrice et exigeante. Kim Jung-hyuk fait face à ce monde en essayant de trouver une place pour l'individu, croyant peut-être que chacun dispose d'une personnalité que broie la société alors que celle-ci est d'abord l'enfant de qui en manque.

 

4 micro-fictions composent ce court volume, la première donnant son nom au livre. Un homme y croise la mort dans un accident de la circulation, rentrant du travail il est fauché sur un passage piéton par une voiture. Alors que son corps est projeté dans les airs il se dit qu'il est injuste de mourir anonyme.

Cette pensée l'aura sauvé, du moins en est-il persuadé, elle aurait protégé son corps. Preuve que la force de l'esprit peut repousser la mort. Il ne se souvient plus des circonstances exactes de l'accident mais cette phrase ''frétillait dans ma tête comme un poisson dans un bocal''.

Elle le protégeait de la nuit, la preuve, au matin il était encore vivant ! Il parle à N, sa copine de l'époque, de cette phrase, elle se moqua de lui, préférant la musique classique comme méthode de soin bien qu'elle ne semblât pas convenir.

Cet accident fut prétexte à de nombreux changements, d'abord quitter son travail, contre l'avis de son chef, puis se mettre à boire, l'alcool ne le soignait pas mais l'ivresse l'aidait à trouver le sommeil, libérait son corps de cette phrase. Cette situation aurait pu durer longtemps s'il n'avait vu le magasin d'instruments de musique. Sa petite amie ne s'occupait-elle pas d'une petite école de musique ? Pourquoi ne pas lui offrir un violon ? Mais cela ne lui enlève pas son ambition de ne pas mourir anonyme. Pourquoi ne pas apprendre lui-même à jouer. N'a-t-il pas compris le système de classification des instruments, un savoir suffisant pour travailler dans le magasin.

Finalement il accepte cette proposition.

Il renonce à apprendre un instrument, trouve une classification, par tonalité qui lui paraît plus sensé. Jusqu'à ce qu'il ait une nouvelle idée : enregistrer tous les sons de chaque instrument.

Dans le magasin il y en a environ 600.

Finalement le patron exprime sa lassitude de son métier, de son négoce, et proposer à notre anonyme de reprendre le magasin.

Et, pourquoi pas, d'en changer le nom, Musica c'est ringard.

Le nouveau propriétaire a une nouvelle idée, pourquoi ne pas réunir les sons qu'il a collecté pour en faire une ''bibliothèque des instruments de musique'', les gens pourraient venir emprunter un son pour l'usage de leur choix. Certains apportèrent les leurs.

C'est ainsi que le magasin, s'il conserva son appellation officielle, finit par porter ce nom pour tous : La bibliothèque des instruments de musique.

 

Quel(s) son(s) irais-je prendre ? Et vous ?

Dans le deuxième texte B et moi (Nawa B) nous découvrons un homme trop réactif au soleil, une allergie survenue il y a 4 ans alors qu'il travaillait dans un magasin de disque (la musique, encore), une activité alors en pleine déliquescence. Un jour il surprend le comportement étrange d'un individu qu'il appelle B. dans le sac de celui-ci il trouve une vingtaine de CD. Problème, il ne peut prouver qu'ils ont été volés dans son échoppe. Par hasard il le rencontrera une semaine plus tard, dans un parc public, alors qu'il jouait de la guitare pour quelques spectateurs. Pourquoi ne pas l'inviter à boire un verre. B accepte, confie qu'il travaille la journée dans un magasin d'instruments de musique et joue le soir dans des clubs, mais il ne roule pas sur l'or.

Et puis l'allergie va se déclarer... Mais vous n'allez tout de même pas croire que je vais tout vous raconter !

 

Deux autres récits suivent D le décalé (Eotbakja D) et Les maniaques de vinyles (Binilang sidae). À la lecture il apparaît que la musique est partout présente, plus ou moins.

 

Kim Jung-hyuk a-t-il trouvé sa voie, et vaincu l'anonymat, avec l'écriture ? Si ces textes étaient des contes, s'ils avaient une morale, ce serait sûrement qu'il importe de suivre sa vocation quand bien même s'écarterait-elle de celle tracée par notre culture, notre éducation ou/et notre environnement.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 09:00

Les Cahiers de Science & Vie 152

Sophie Crépon

 

Nombre de thérapies pratiquées au milieu du XVIIIe semblent aujourd'hui irrationnelles et indignes du siècle des Lumières. Ainsi l'électrothérapie exploitant l'électrostatique. En 1747 le médecin suisse jean Jallabert démontre qu'un membre paralysé peut être mu par l'électricité. Ne serait-ce pas le moyen de remédier à toutes sortes de maux, des névralgies à la cécité, en passant par l'insensibilité cutanée ? Certains ''physiciens électrisants'' vont jusqu'à prétendre faire revenir les menstruations chez les femmes ! N'importe qui peut prétendre n'importe quoi ! La réglementation est quasi absente de l'exercice de la médecine, lacune comblée avec jean-Nicolas Corvisart. Jusqu'à l'invention de la pile par Volta en 1800, le corps médical sera scindé en deux camps, les sceptiques s'opposant l'électrothérapie, et les empiristes, prêt à toutes les expérimentations sans préjuger des résultats.

Une partie du corps médical, héritière de la pensée rationaliste développée au XVIIe va tenter de dépasser ses propres systèmes de références pour mettre au point, par l'analyse et l'application, de nouvelles thérapeutiques et construire une connaissance scientifique de l'homme sain et malade. L'étiologie sera au cœur de leur interrogations et le débat sera vif de savoir si les pathologies sont physiques ou moral. On constate une vraie difficulté des médecins à édifier des explications complexes de la pathologie et de la thérapeutique.

Pourquoi les médecins ne parvenaient-ils pas à exploiter les connaissances acquises par l'expérimentation ? Gilles Barroux avance deux explications : ''Au XVIIIe, les médecins restent des hommes de lettres, ils empruntent encore la plupart de leurs concepts à la philosophie, même si, de plus en pus, on va s'inspirer des découvertes en chimie pour la composition des remèdes, ou récupérer les méthodes de la botanique pour élaborer une classification des maladies. Par ailleurs, la médecine expérimentale n'obéit pas encore à des protocoles maîtrisés en amont, ce qui gêne l'élaboration de liens cohérents et systématiques entre découvertes et pratiques.

Sur le long cheminement vers plus de rationalité en médecine quelques médecins du siècle des Lumières, tels Bichat, Corvisart ou Baudelocque, vont s'illustrer, il faudra attendra le XIXe et Claude Bernard pour franchir une nouvelle étape.

François-Xavier Bichat (1771-1802) révolutionné le regard porté sur l'anatomie et la physiologie cellulaire, il inventa la notion de tissu et avança l'idée qu'il en existe de natures différentes. Il affirma également que le corps fonctionne comme un tout, pointant l'influence que les organes exercent les uns sur les autres. Il fut le premier à théoriser les différentes fonctions de la vie organique : digestion, respiration...

 

 

 

Jean-louis Baudelocque (1745-1810) fit de l'obstétrique une discipline scientifique. Créateur de la maternité et de l'école de sages-femmes de Port-Royal il popularisa l'utilisation des forceps, encouragea la pratique de la césarienne et montra les relations entre infection et stérilité après l'accouchement.

 

 

 

 

 

Jean-Nicolas Corvisart (1755-1821) suivi par René Laennec (1781-1826) développa une observation et une description rigoureuse des symptômes, ouvrant la voie à la médecine et à la recherche clinique. Il a réformé l'exercice de la médecine et de la pharmacie. Après lui il ne fut plus possible de se prétendre médecin sans diplôme ou de vendre des médicaments sans contrôle.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 09:00
Skippy ?
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 09:00

Aigrivain : Homme dont la réussite littéraire ne fut jamais à la hauteur de son ambition. Toujours par la faute des autres qui n'ont jamais compris l'immensité de son talent.

Album photo : Cimetière de papier hanté par des fantômes aux visages flous avec l'angoissante perspective d'un jour les rejoindre.

Amythologie : Croyance que les relations humaines sont basées sur la sincérité... d'autant plus pernicieuse que c'est parfois vrai.

Ankaraffe : Partir en Turquie et s'y retrouver sans argent ni papier. Circonstances pas toujours aussi dramatique que le cinéma voulut nous le montrer.

Bernard l'airmythe : Individu se prenant pour quelqu'un d'autre en ayant l'impression d'être personne.

Biogravie : Façon de raconter sa vie en ne voyant que les épisodes les plus dramatiques en supposant que ceux-ci seront plus vendeurs.

Callasnikov : Chanteuse se croyant meilleure que les autres, prête à tout pour éliminer la concurrence.

Cathostroph(iqu)e : Effet d'une religion qui entend imposer ses dogmes au monde entier.

Charenthèse : Quoi de plus rassurant qu'une idéologie basée sur une supposition que rien ne vient corroborer mais dont les preuves de la fausseté ne parviennent pas à une consciente léthargique ?

Corporatisme : synonyme acceptable socialement de grégaire.

Killheure : Tue le temps, en attendant que celui-ci lui rendre la pareille.

Manque : Le véritable plaisir d'un toxicomane digne de ce nom, le partenaire des moments les plus intenses de son existence. Chacun donnant l'impression d'être, peut-être, le dernier !

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 09:00

Les Cahiers de Science & Vie 152

Christophe Migeon

 

Les intellectuels les dénoncent, les ridiculisent, qu'importe, les superstitions populaires prospèrent plus que jamais. Villes et campagnes bruissent toujours du murmure des incantations magiques et des prières indues.

Dans les chaumières pour déjouer les manigances d'un sorcier on frappe trois fois sur la coque des œufs qu'on vient de manger, sous les lambris des salons parisiens on s'amuse à convoquer le diable et ses démons. À côté d'une France éclairée subsiste une France souterraine confite dans ses croyances.

Pendant des siècles l'homme s'est confronté avec un contexte hostile, cherchant à se prémunir des maladies et de s'assurer de bonnes récoltes, des troupeaux prospères et de savoir de quoi l'avenir serait fait. Les prières se révélant souvent inefficaces de nombreuses pratiques anciennes ont subsisté : charmes, conjurations, divinations, exorcismes... ''Pendant longtemps, la population a eu un mode de pensée magique, animiste, recouvert d'un vernis religieux'' explique Vincent Milliot. Pourquoi ne pas faire appel aux services du prêtre et du sorcier ?

La liste est longue de comportements prêtant à sourire mais qui dans la France de l(époque suscitaient crainte et respect dans une majorité de la population. Dans sa Recherche de la vérité (1674) Malebranche recense et analyse les différentes erreurs des hommes.

Jean-Baptiste Thiers dresse l'inventaire exhaustif des déviances populaires dans son Traité des superstitions pour en dénoncer le ridicule. Bayle et ses Pensées diverses (1683)profitent du passage de l’astéroïde de 1680 et de la panique suscitée pour régler son compte à l'obscurantisme et l'idolâtrie. Fontanelle dans son dictionnaire historique et critique (1695-1697) s'en prend à l'Église et aux aux préjugés qu'elle entretient.

Après le concile de Trente le mouvement de la Contre-Réforme resserre la vis au clergé et à ses fidèles. Le prête local se fait l’œil de l'évêque au sein de la communauté. Il lui incombe de canaliser les adorations de saint locaux ou de traquer charlatans, imposteurs et aux abuseurs de la crédulité populaire. Les fêtes d'origines païennes sont christianisées et couverte d'une d'orthodoxie. Pourtant la réalité de Satan et de ses pouvoirs, comme sa capacité de nuisance dans la vie des gens est réaffirmée. Ce qui n'empêche pas l'Église de continuer à tolérer les cultes de saints douteux mais dont le commerce lui rapporte gros.

Les gens du peuple continuent d'attribuer aux saints des pouvoirs surnaturels malgré la répugnance du clergé à reconnaître les guérisons miraculeuses. Le peuple a parfois du mal à trouver la frontière entre le ''bon'' et le ''mauvais'' surnaturel. Quel est le seuil à partir duquel la religion devient superstition ?

les philosophes du XVIII dénoncent moins cette faiblesse congénitale du peuple que le cynisme de ceux qui l'exploitent, à savoir les rois et les prêtes qui confortent ainsi leur pouvoir, souligne Catherine Volphlhac. Montesquieu prêche pour une ''religion éclairée par la raison'' et une ''raison affermie par la religion''.

Durant la seconde moitié du XVIIIe le regard porté sur les pratiques populaires se fait plus bienveillant, plus compréhensif de ses origines et moins culpabilisant.

L'aristocratie de son côté entend se divertir et ouvrer les portes de ses salons à l'irrationnel tant qu'il est récréatif. Des charlatans savent tenir en haleine leur public. La haute société s’encanaille dans des séances de démonologie, les marquises emperruquées frissonnent en écoutant des histoires de vampires venues tout droit de Russie et de Moldavie. Le comte de Saint-Germain, érudit polyglotte sachant fabriquer de l'or et âgé de nombreux siècles, fait son apparition en 1750, avant de disparaître une décennies plus tard, pour être remplacé par Messmer et son baquet, lequel sera suivi par Cagliostro. Celui-ci finira par être expulsé de France après l'affaire du Collier de la reine et finira sa vie, médiocrement, dans les geôles pontificales. Condamné par l'inquisition comme franc-maçon.

En cette fin de XVIIIe magie, sorcellerie et surnaturel imprègnent toutes les couches de la société. La superstition poursuit son entêtante petite musique, entre chats noirs et trèfles à quatre feuilles.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:00

Masa Sawada – 2014 – 75'

En 1944 Fujio Hayashi est âgé de 21 ans, il se porte volontaire pour la première opération kamikaze de l'histoire, imaginée par l'Armée impériale japonaise, s'il ne l'avait pas fait peut-être ce projet en serait-il resté là !

Ironie du destin, il ne sera finalement jamais choisi, au contraire, nommé lieutenant c'est lui qui désignera ceux qui partiront.

 

Dans ''Parole de Kamikaze'' le réalisateur donne la parole à cet homme qui depuis soixante-dix ans vit avec le souvenir de cette époque, de l'ambition qui fut la sienne le jour où il se proposa, des mois pendant lesquels il dut choisir ceux qui allaient mourir, puis la capitulation du Japon, et la vie ''normale'' qui reprend ses droits.

Une série de plans fixes dans des décors différents, intérieurs ou extérieurs, Fujio a le temps de choisir ses mots, d'hésiter, de se taire. Il raconte ce qu'il vécut, ressentit, sur le moment, par la suite, maintenant encore alors qu'il paraît cohabiter avec des fantômes qui ne l'ont jamais abandonnés encore qu'ils ne paraissent pas hostiles, seulement présent pour qu'à travers celui qui survécut eux ne soient pas absorbés par le néant.

Aujourd'hui le mot kamikaze appelle une image différente, celle d'un individu, ceinturé d'explosif, provoquant la détonation pour tuer le maximum de personne. Celui-ci n'est qu'une porte violemment ouverte sur le vide qui le définit. À l'époque il s'agit de jeunes gens que la propagande impériale convainquit que leur mort serait pour leur pays la promesse d'un avenir victorieux. Mensonge bien sûr mais avaient-ils les moyens de voire derrière les mots l'ombre d'une inéluctable défaite ?

Inutile d'attendre des séquences de guerre, le passé est seulement évoqué, gagnant ainsi une force que des images eussent diluée par un vieil homme dont la longévité pourrait être la somme des années perdues par ses condisciples. Il décrit la réalité des actions. Le soldat était dans un Okha, minuscule avion, ressemblant à un missile, qu'il pouvait à peine diriger, accroché sous l'aile d'un bombardier s'approchant des navires ennemis, au meilleur moment il se désolidarisait de son porteur et filait vers sa cible avec à peine plus de chance de l'atteindre que s'il n'avait pas été là pour diriger son esquif volant.

 

Masa Sawada enregistra 30 heures de films, il n'en conserve que 75', suffisamment pour suivre le cheminement d'un jeune homme que rien ne prédisposait à sortir du lot, porte parole désormais de ses semblables et d'un temps où la parole de l'empereur ne se discutait pas. Ce qu'il peut se permettre maintenant, mettant en cause cette fuite en avant, ce fanatisme refusant l'évidence, qui priva le pays de milliers de jeunes gens qui lui auraient été plus utiles vivants. Si encore l'empereur avait demandé pardon, avait seulement présenté des excuses, mais non, pas question de reconnaître ne serait-ce que la possibilité de s'être trompé.

 

Tout est-il différent aujourd'hui au Japon ? Face à un avenir flou il semble soucieux de glorifier son passé en ''oubliant'' ceux de son sang qu'il sacrifia. Un masque de guerrier posé sur des millions de visages hurlant silencieusement dans un présent qui leur tourne encore le dos.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:13

Homecoming - Mervyn LeRoy – 1948 – 113'

Revenir chez soi après un long voyage est prétexte à introspection, à se souvenir des raisons de s'en aller, et des espoirs présidant au retour. Ainsi Lee Johnson (Clark Gable), Docteur ayant pris place sur le bateau qui le ramène à New York, se souvient-il de son épouse, Penny (Anne Baxter), du couple qu'ils formaient, heureux d'être deux et ne voulant surtout pas qu'un enfant vienne perturber le fonctionnement de leur couple.

Lors d'une discussion avec un condisciple, celui-ci fait remarquer à Lee sa superficialité, sa vie tellement loin de la réalité, de la pauvreté et des vrais malades qui ont besoin d'aide. Lee pourtant, suite à cette conversation, va s'engager dans les troupes parties débarquer en Afrique du Nord puis en Italie.

Lors du voyage Lee se dispute avec Jane (Lana Turner) une jeune infirmière, veuve de guerre et mère d'un petit garçon de 6 ans. Celle-ci deviendra son assistante pendant qu'il opère sur les champs de bataille alors que l'hôpital de campagne est bombardé.

Un nouvel environnement, des circonstances dramatiques, et la proximité de cette belle jeune infirmière, surnommée ''Vif Argent'' font que Lee ouvre les yeux sur un monde dont il ignorait tout. Il s'en ouvre à son épouse qui craint qu'il ne soit tombé amoureux de Jane et renonce à sa vie d'avant.

Elle n'a tort qu'à moitié, s'ils sont amoureux Jane et Lee savent leur amour impossible.

La guerre continue, les alliés remontent jusque dans les Ardennes. Le médecin et son infirmière passent leurs permissions à Paris et leur dernier nuit dans une ferme en ruine alors que les bombes pleuvent autour d'eux.

Enfin le paquebot accoste à New York, Penny retrouve son mari qui ne semble pas si heureux que ça d'être enfin de retour. Ce n'est que le lendemain qu'il peut raconter ce qui s'est passé, parler de ''Vif Argent'', de la mort de celle-ci lors des combats à Liège. Il demande à son épouse de faire preuve de patience, celui qu'il est devenu n'a plus rien à voir avec celui qui est parti.

Quelle est l'utilité de partir si c'est pour revenir identique à celui qui s'en est allé ? Le voyageur débarque chez lui, Lee ne s'appelle-t-il pas Ulysse, Penny n'est-il pas le diminutif de Pénélope. Seul Télémaque est absent, mais ça c'est une autre histoire.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 09:00

Me qualifier d'humain n'est pas un compliment, pas une injure ; c'est une erreur.

La culpabilité fait plus grossir que le sucre.

Respecter son ennemi le renforce.

La nature vous fait peur, et vous avez raison.

L'espèce humaine n'est qu'un dédale.

Je fais bien le mal mais mieux le pire.

Qui défend la liberté d'expression le fait le plus souvent si celle-ci ne s'oppose pas à ses propres dogmes et idées.

Je n'ai pas de besoin de 2 mains, je n'ai qu'une bière !

Là tu vis est pire que la tumeur !

Je suis hainologue.

L'amour déçu fait vite d'un idolâtre un iconoclaste.

La guillotine est lame sœur par excellence.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:57

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Philippe Testard-Vailland

Les idées novatrices essaiment grâce aux médis écrits. La scolarisation et l'alphabétisation aidant, un nombre croissant d'hommes et de femmes y ont accés. La production de livres s'envole et la censure se desserre quelque peu. De mêmes, les libelles moquant la monarchie se vendent comme des petits pains.

La plupart des titres de presses sont contrôlés par l'État, ils se font peu écho des œuvres des Lumières en général, et de l'Encyclopédie en particulier. En retour les philosophes négligent la presse, pour ne pas dire qu'ils la méprisent, tout en convoitant les revenus qu'elle offre. Les nouvelles idées sont surtout l'objet de conversation entre beaux esprits à partir des années 1750 dans des salons tenus par des femmes de la haute aristocratie. Ceux-ci servent de relais aux Lumières dans les grandes métropoles judiciaires (Bordeaux, Aix-en-Provence...j et les villes hégergeant de fortes garnisons militaires (Strasbourg, Besançon...). Les Lumières s'immiscent dans les cafés parisiens comme le Procope ou le café de la Régence, le favori de Diderot qui en fait le décor du Neveu de Rameau.

L'impact des Lumières n'en est pas moins limité. Les inégalités d'alphabétisation ralentissent l'accès aux idées nouvelles, les femmes en sont les premières victimes. Journaliers et ouvriers lisent moins que les artisans, les commerçants, les bourgeois et ls nobles. Les régions instruites sont situées au nord d'une ligne Saint-Malo/Genève, au sud c'est une France du retard scolaire avec d'importantes nuances locales. Sans parler du contraste entre la ville et la campagne.

Le contraste reste patent entre des élites rêvant d'une société telle qu'elle n'est pas et des masses aspirant à améliorer leurs quotidiens.

Voltaire traite le peuple de ''canaille'' qui n'est pas digne d'être instruit, le baron d'Holbach précise ''Le peuple ne lit pas plus qu'il ne raisonne''.

Le poids de la religion limite également l'impact des Lumières, soupçonnées de vouloir s'affranchir des contraintes vis-à-vis de dieu.

Au final, le ''taux de pénétration'' des Lumières en XVIIIe reste faible. La population ne perçoit pas les mutations qui agitent le dernier siècle de l'Ancien Régime. Seule l'élite du tiers état et une petite partie de la noblesse s'engagent dans la dynamique de ce mouvement.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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