Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 08:00
Lamartine (Macon)
Lamartine (Macon)
Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Photographie
commenter cet article
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 08:00

Viktor Khvatov, I. Stroukov, Edouard Tisse – 1925 (Bach Films)

Menakhem Mendel (Solomon Mikhoels) a une ambition dans la vie, il veut son ''bonheur juif'', lequel est incarné par un morceau de viande pour le samedi.

Il change de boulot régulièrement, vent de la mercerie, crée un bureau d'assurances, bref, saisit les opportunités qui se présentent et en crée quand il ne s'en présente pas.

Par hasard, mais celui-ci fait souvent ''bien'' les choses au cinéma, il trouve un jour une liste de jeunes filles riches à marier qu'a perdu un marieur. Voilà qui lui ouvre des perspectives et comblerait ses attentes.

Autant dire que cela ne va pas être facile, mais un fort heureux concours de circonstance va se manifester pour le bonheur de tous.

Le premier cinéma soviétique se voulait différent, créateur d'un art véritable qui ne serait pas que l'association des autres, la littérature pour le script, le théâtre pour le jeu d'acteurs ou sa direction et ainsi de suite. Pourtant il finit par en revenir à une narration plus habituelle.

 

Le bonheur juif s'inscrit à ce moment charnière, avant que le système soviétique n'importe que le cinéma fasse œuvre de propagande, contraint dans un espace où la liberté n'est plus de mise. Il s'inspire de l’œuvre de Cholem Aleichem sur la vie, et les mésaventures du pauvre Mankhem Mendel. L'ensemble donne une suite de scénettes s'enchaînant plus ou moins logiquement mais avec rythme et optimisme. Il se veut résolument juif et réunit nombre de talents de la communauté. Il permet un regard sur la vie de celle-ci presque documentaire, de la misère au portrait de la ''mère juive'' telle qu'on l'imagine en la croyant exagérée. Les circonstances, le stalinisme et la guerre, feront que le burlesque juif trouvera à s'exprimer plus tard, et ailleurs, par le talent de Woody Allen et d'autres.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
commenter cet article
2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 08:00

Kôzo TAKAHASHI, Tsukasa SAIMURA – 2015 – Glénat

Elle se réveille, allongée sur le sol carrelé d'un laboratoire en ruine. Elle hurle son incompréhension, sa douleur peut-être. Un bruit attire son attention, elle demande : ''Qui est là''. Un bras se lève au travers des débris répandus sur le sol. S'approchant elle découvre un gosse qu'elle interroge pour comprendre ce qui se passe sans obtenir de réponse. D'autres bruits résonnent, un combat sans doute. Une intervention pour les sauver pense-t-elle. Explorant le bâtiment elle tombe sur un soldat blessé qui lui demande comment elle s'appelle.

Le militaire lui raconte que des événements incroyables se sont déroulés sans que personne en connaisse l'origine. Les gens ont commencés à se dévorer entre eux. D'ailleurs elle-même, jusqu'à la veille, était un monstre.

Ils se trouvent à Gunma, centre pharmaceutique où fut mis au point un vaccin. Lequel fut testé sur cinq horreurs, et ne fonctionna que sur deux : elle, et le gosse.

Tout le Japon est envahi par ces monstres, les survivants se sont regroupés dans le Tokyo Dôme. Le soldat précise que ces ''saloperies'' ne supportent pas le soleil, ignorent la peur et la douleur. Il suggère à la jeune femme de prendre les échantillons du vaccin et de s'enfuir par la sortir de secours quand il fera jour. En bas elle trouvera un véhicule, la clé est dessus. Le voyage vers le dôme sera difficile mais si la jeune femme n'est plus un monstre elle en a conservé la puissance physique.

Il meurt en se demandant si son même est déjà né...

 

Elle doit partir, armé d'un simple couteau, en exploration de l'immeuble mais s'arrête, prise de nausée elle découvre un doigt dans son vomi ! Ce qui ne l'étonne qu'un instant, et quand un zombie l'attaque elle le tue sans difficulté, ce qui amène le jeune garçon qui l'a suivi à lui demander qui elle est.

Elle se souvient. Elle s'appelle Maki Akagi, pour entrer en premier année de fac elle dut, enfin, monter à Tokyo. Elle y découvrit les joies des soirées étudiantes, l'alcool et le moyen de gagner de l'argent pour paraître moins provinciale.

Elle se sentait vivante à l'époque.

Dehors le soleil brille. Il est temps de se mettre en route. L'expédition promet d'être risquée, ce sera pour le second tome.

 

Les zombies sont à la mode, les dessins sont de qualité variable mais l'ensemble est plaisant. L'héroïne est une forme d'hybride, ça change.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga
commenter cet article
1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:00
Le jour d'y croire !
Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Des fakes
commenter cet article
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 07:16

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Inconnu de son vivant Giambattista Vico fut un des premiers à développer, dès 1730, une argumentation cohérente contre les idéaux des Lumière, principalement contre la primauté de la raison. Il visait principalement Descartes qui entendait démontrer l'existence de dieu, considérant cette idée comme ''condamnable pour curiosité impie''. Cette attaque aura des écho en France au sein du courant des antiphilosophes. Magistrats, ecclésiastiques ou gens de lettres ont en commun de vouloir défendre le catholicisme contre les attaques des penseurs des Lumières. Leurs arguments discutent de ces préjugés qu'entendent combattre les philosophes les considérant comme l'opinion d'autrui et s'étonnant, ou le feignant, que leurs adversaires qui vantent les vertus de la tolérance ne les respectent pas.

La Révolution donne un nouvel élan à ces courants critiques. Les antiphilosophes laissent place aux anti-Lumières dont les écrits étendent la défense de la religion à celle de la monarchie. En 1790, le parlementaire irlandais Edmund Burke dénonce la violence des événements survenus l'année précédente à Paris. Contre l'égalité proclamée par les révolutionnaires il défend l'évidence et la nécessité, selon lui, d'une hiérarchie entre les hommes. Joseph de Maistre et Louis de Bonald, aristocrates contraints à l'exil par la Révolution, développent une théorie politique opposée à celle du contrat social de Rousseau ils défendent l'idée que la communauté importe plus que l'individu, que la tradition l'emporte sur le libre arbitre de chacun. L'homme n'existe que pour la société et la société e le forme que pour elle, affirme Bonald. Ils soutiennent que l'homme est un être fondamentalement religieux [grégaire] et non rationnel, refusant l'idée de valeurs universelles. Idées dont l'audience progressera après la défaite de 1871 face à la Prusse.

La IIIe république se présente comme héritier des Lumières, multipliant la pugnacité de leurs adversaire. Le nationalisme est de plus en plus populaire et les anti-Lumières en proposent une conception cohérente, alternative à celle des Lumières, non plus fondée sur l'appartenance choisie à une nation mais sur l'exaltation de l'Histoire et des traditions devant s'imposer à chacun. Pour Charles Maurras ''la nation est le plus vaste des cercles communautaires qui soit solide et complet. Brisez-le et vous dénudez l'individu''. Maurice Barrès reprochait aux penseurs des Lumières, de n'avoir ''écouté que leur raison... Ils refusaient de s'incliner devant les enseignements de la raison collective''.

Les morts et destructions de la Première Guerre mondiale vont favoriser l'émergence d'une autre idée chère aux lumières : la possibilité d'un progrès humain. Le sort de l'humanité s'améliorer en fonction de la progression de la raison. Idée combattue par le philosophe allemand Oswald Spengler dans Le déclin de l'Occident (1918), livre synthétisant les réflexions anti-Lumières en rejetant égalité, démocratie et rationalité. Son compatriote Martin Heidegger s’en prendra à un autre pilier de la pensée des Lumières : la confiance dans les vertus des sciences et des techniques. Pour lui ''la science ne pense pas'' et la technique n'est qu'un élément d'aliénation de l'homme. [L'époque moderne et ses multiples écrans semble lui donner raison, mais c'est une aliénation volontaire, un esclavage souhaité et rassurant.]

Suite à la Seconde Guerre mondiale, ces courants anti-Lumières attaqués pour avoir armé idéologiquement le nazisme vont perdre de leur influence. La critique va pourtant resurgir sous la plume d'auteurs voyant dans les idéaux des Lumières la matrice intellectuelle du stalinisme.

Dès 1815 il est devenu commun d'accuser les idéaux des Lumières, son projet, supposé, de créer un homme nouveau, d'être à l'origine de la Terreur. Être les précurseurs du goulag en est la continuation logique. Le même courant anti-Lumières apparu avec Vico se poursuit avec les néoconservateurs américains et les extrémistes religieux d’aujourd’hui en passant par le nationalisme et le nazisme.

 

Chacun peut (ré)interpréter les Lumières à sa convenance, pour les utiliser en les critiquant ou s'en inspirant. Une pensée est toujours à replacer dans le contexte qui la vit naître, quand à l'esprit qui la fit éclore, il peut la renier, l'oublier, lui tourner le dos.

Reste que les questions posées il y a deux siècles par les philosophes des Lumières et leurs opposants restent d'actualité.

[Peut-être parce qu'elles étaient mal posées, mais dans un environnement qui ne permettait pas qu'il en fut autrement. Celui-ci s'est-il modifié suffisemment pour qu'elles trouvent une nouvelle formulation dans un nouvel esprit ayant un vision différente ? Ça reste à prouver.]

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 07:41

 アナザー – Mizushima Tsutomu - 2012 – 12X24'

En 1972 Misaki était une élève populaire auprès des professeurs comme des autres élèves du collège Yaomikita de Yomiyama. Malheureusement elle trouva la mort au début de sa troisième année. Un accident qui fut traumatisant pour tout le monde. Jusqu'à ce qu'un élève, montrant du doigt le bureau de Misaki affirme qu'elle était toujours là, qu'elle n'était pas morte. Ainsi depuis la classe 3 tout le monde fit comme si elle était toujours là. Le proviseur gardant même sa place pour la remise des diplômes.

Tout aurait pu s'arrêter là, mais il y a une suite.

En 1998 3 élèves, Tomohiko Kazami, Yukari Sakuragi et Isumi Akazawa viennent à l'hôpital visiter Sakakibara Koichi, un futur élève malade de Yaomikita et dans l'incapacité de se présenter. Celui vient d'une autre école, privée, de Tokyo. Ce n'est pas la première fois que l'adolescent se trouve dans cette ville mais il n'y avait jamais habité.

 

 

 

Ils lui apportent une copie des cours du premier semestre.

Alors qu'il prend l'ascenseur dans l’hôpital il est surpris par une jeune fille qui s'y trouve. Il lui demande si elle est une élève de Yomikita, elle opine, si elle a quelque chose à voir au sous sol ? Elle répond que la moitié de son pauvre corps s'y trouve. Koichi regarde la jeune fille s'éloigner dans l'ombre, il lui demande son nom, elle répond, Mei Misaki. Ce n'est qu'à ce moment qu'il remarque qu'à ce sous-sol se trouvent la chaufferie et la morgue.

Koichi est rentré chez lui, c'est son premier jour, il salue Rei, son mainate, bavard mais sympa. Enfin il arrive en classe, est présenté à ses condisciples. Il se présente, c'est à cause du travail de son père parti en Inde qu'il est venu s'installer dans cette ville où il vit chez ses grand-parents, sa mère est morte à sa naissance. Sakakibara s'assied, il reconnaît de l'autre côté de la salle de classe l'ado rencontré de l'ascenseur.

Au moment du sport, activité qui lui est interdite, il apprend que la classe 3 est différente. La 1 et la 2 sont ensemble ainsi que la 4 et la 5. il va visiter l'école. Discutant avec Sakaki, une autre élève il lui demande où est Mei Misaki, la fille qui a un bandeau sur l’œil gauche. À ce moment là seulement il l'aperçoit sur le toit et s'y précipite. Il la trouve occupée à dessiner. Elle ne se souvient pas l'avoir rencontré à l'hôpital, mais lui se souvient qu'elle avait une poupée.

Elle l'interroge, tu es bien Koichi Sakakibara, il opine, ton nom apporte la mort. Une mort incompréhensible au sein de l'école où la classe 3 de troisième année est proche de la mort.

Visiblement il ne sait rien. Mei lui conseille de ne pas lui parler et même de l'éviter.

Tu saurais bientôt pourquoi précise-t-elle.

Pendant le cours de dessin il évoque Munch, dessine un citron qui crie, ce qui déplait à la professeur, Mlle Mikimi.

Il retrouve Mei, elle dessine encore, une jeune femme, en précisant qu'elle aura terminé quand elle aura ajouter les ailes. L'arrivée du bibliothécaire le fait quitter la salle.

Plus tard il retourne à l'hôpital, retrouver Mlle Misono, une infirmière devenue son amie. Il lui demande si lundi dernier une jeune fille est morte. Mais non. Une collégienne est-elle venue, avec un bandeau sur l’œil ? Finalement l'infirmière se souvient, un décès dans un autre service. Elle ignore le nom mais promet à Koichi de lui trouver le nom.

Le lendemain après le cours de littérature, portant sur les Haïkus, il retrouve deux amies, dont l'une, Azakawa, a l'impression de l'avoir déjà rencontré. Impossible, il n'est jamais venu. En rentrant chez lui il passe devant une étrange boutique, son portable sonne, c'est Mlle Misono qui a trouvé le nom en question, quelque chose comme Misaki ou Masaki !

Pourquoi ne pas rentrer dans ce curieux magasin de poupées ? Il est le seul client, il peut jeter un coup d’œil. Les poupées sont impressionnantes de réalisme, surtout celle qui ressemble à Mei. Justement celle-ci arrive pile à cet instant.

Pourtant il n'y avait pas d'autres clients !

Le lieu est idéal pour qu'elle lui montre ce qu'elle cache sous son bandeau.

Un œil de poupée !

Elle lui raconte la vie de cette élève de la classe 3-3, que tout le monde aimait et qui trouva la mort dans un accident. Et qu'un élève dit ''elle est toujours là !'' jusqu'à la photo de classe faite après la remise des diplômes. Elle était là, morte mais présente !

Mais le portable de Koichi sonne, sa grand-mère le rappelle. Le magasin va fermer de toute façon.

Ce n'est pas une bonne idée d'être le camarade de quelqu'un qui n'existe pas, pour les autres. S'il est possible de faire comme si une morte ne l'était pas, l'inverse est possible. C'est le moyen de préserver un semblant d'équilibre. Que celui-ci soit rompu et les morts brutales vont recommencer.

Pourquoi dit-on que cette classe est maudite, pourquoi tant de victimes depuis 26 ans et quelle est la source du mal ? Quel est le vrai mystère de la classe 3 ?

Un fantôme peut-il ignorer sa nature ?

Si vous voulez le savoir vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Les fantômes sont nombreux dans l'animation japonaise, peu de séries pourtant présentent des personnages se dégageant des poncifs du genre, Celle-ci y parvient, par la qualité de sa réalisation qui évite la surenchère et les visages trop anguleux, son scénario à la construction minutieuse et son avancée implacable, ses personnages, sa musique, il est bon de souligner le travail de Kô Ôtani, et son héroïne qui montre qu'il n'est pas nécessaire d'être vivant pour avoir du charme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sans oublier une petite allusion à Lovecraft qui ne peut que me convenir.

ANOTHER
Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation Japon
commenter cet article
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 07:58
Suricates à table
Suricates à table
Suricates à table
Suricates à table
Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Photographie
commenter cet article
28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 07:49

Les Cahiers de Science & Vie 152

Hélène Staes

En même temps qu'émerge un courant anti-esclavagiste la traite des esclaves n'est jamais aussi florissante.

En 1786, La Confiance, navire négrier, embarque 439 africains au départ du golfe de Guinée pour rejoindre la partie française de l'île de Saint-Domingue, premier producteur de sucre au monde. À l'arrivée le capitaine note la mort de 14 captifs, soit 4 % du chargement... la traversée est une réussite. Le commerce continue alors que le débat sur l'esclavage est entamé depuis que Montesquieu écrivit dans De l'esprit des Lois, que l'esclavage ''n'est utile ni au maître ni à l'esclave''. Pourtant le XVIIIe verra passer 60 % des 13 millions d'Africains embarqués entre le XVIe et le XIXe vers les colonies des empires européens (France, Angleterre, Espagne, Provinces-Unies, Portugal). L'économie de plantation, combinant production, transformation et commercialisation du sucre, du cacao, du café et du coton, est une des sources de la prospérité européenne. 95 % des expéditions négrières sont organisées dans un triangle réunissant Liverpool, Bordeaux et Amsterdam. Beaucoup de gens sont intéressés par la traite : de l'armateur au négociant en passant par l'artisan qui finance les expéditions par l'achat d'actions dont il espère un bénéfice.

Résultat de recherche d'images pour "esclave"

L'esclavage n'existe pas sur le sol métropolitain, traite et esclavage sont légaux et codifiés dans les colonies depuis le XVIIe siècle : L'Édit du Roy touchant à la Police des Isles d'Amérique française, rédigé sous la direction de Colbert et connu sous le nom de Code noir (1685). ce texte désigne l'esclave comme un ''bien meuble'' appartenant à son maître mais essaie de le protéger en lui évitant les châtiments les plus durs et la mort sans jugement. Pour ces affaires les maîtres doivent s'en remettre à la juridiction royale. Principes qui ne sont pas respectés dans la réalité !

Au début du XVIIIe l'esclave est ''naturel'' et avait existé dans toutes les civilisations et à toutes les époques. Aristote écrivait au IVe av. J.C. que chaque individu a une place définie dans un monde harmonieux et hiérarchisé, les esclaves compris ! Dans la Bible, Noé condamnait le fils de Cham à devenir l'esclave de ses frères ! Une conception de l'esclavage allant de pair avec l'idée de hiérarchie des ''races'' humaines. L'administration inquiète de l'augmentation des gens de couleur libres vivant en France oblige le maître à déclarer l'entrée de l'esclave affranchi en métropole. Le marquis de Boynes, secrétaire d'état à la marine chargé des colonies, écrit en 1772 ''Il ne faut pas se dissimuler que les gens de couleur seront toujours les ennemis des Blancs''. La crainte du mélange des sangs dans des unions mixtes légitime l'esclavage dans le discours des élites politiques.

Résultat de recherche d'images pour "esclave" Les philosophes des Lumières portent un autre regard sur cette activité. Montesquieu, Raynal, Diderot ou Voltaire condamnent l'idée que l'esclavage relève de la nature, répétant que les hommes sont égaux à la naissance et qu'aucun homme ne peut appartenir à un autre. Attitude controversée depuis les années 1980, certains dénonçant les tergiversations des philosophes des Lumières, leur manque de courage et le caractère raciste de leurs écrits. Montesquieu, par exemple, appelle à l'amélioration du sort des esclaves mais pas à l'abolition. D'autres jugent ce regard anachronique, considérant qu'il est nécessaire de distinguer les réalités du temps et un courant de pensée en construction. Kant, interrogé en 1784 sur son siècle répond qu'il n'est pas encore éclairé mais en est au stade de la diffusion des Lumières.

Le mouvement abolitionniste animé par la Société des Amis des Noirs créée en 1788, dont sont membres Brissot, Condorcet, Mirabeau, La Fayette et l'abbé Grégoire, multiplie les publications et les interventions auprès du gouvernement. Ce n'est pas la Déclaration des droits de l'homme, ni les théories des physiocrates voyant dans l'esclavage un frein au progrès économique et technique, mais l'action des esclaves eux-même lors de la révolte de Saint-Domingue (1791-1793) coïncidant avec le début de la guerre contre l’Angleterre et l'Espagne qui convoitent la ''Perle des Antilles''.

Face aux circonstances le Commissaire de la République Sonthonax décide d'abolir l'esclavage à Saint-Domingue le 29 aoüt 1793. la Convention entérine cette décision en abolissant l'esclavage dans les autres colonies françaises le 16 pluviöse an II (4 févier 1794). il sera rétabli sous le Consulat en 1802, et définitivement aboli en 1848.

Résultat de recherche d'images pour "kant"

Voltaire, Kant, Montesquieu reconnaissent l'existence de groupes humains différents mais ne les hiérarchisent pas, contrairement au courant esclavagiste qui les classifie. Le préjugé de couleur est une conséquence de l'esclavage, pas une cause. C'est par conséquent un phénomène tardif, précise Marcel Dorigny. Un discours qui se transformera au XIXe en théorie raciste à prétention scientifique sous la plus d'idéologues comme Arthur de Gobineau dans son Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855).

Comme l'écrivit Voltaire :

   Les mortels sont égaux, ce n'est pas la naissance, 

C'est la seule vertu qui fait la différence.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 07:59

Peyton Place - Mark Robson – 1957 – 157'

Michael Rossi est le nouveau principal du collège, il est jeune, beau, sympathique, qu'il soit attiré par Constance n'a rien d'étonnant. Tout s'annonce pour le mieux dans le meilleur des mondes, apparents !

Pourtant Peyton Place est une petite ville paraissant ignorer secrets et scandales, les gens sont avenants, ouverts, sympas, toujours prêts à ouvrir leur porte et à rendre service.

L'histoire va s'installer, lentement, présenter les personnages principaux, et les autres, montrer les qualités de chacun, avant que la caméra ne s'approche encore davantage des protagonistes, ne les suive alors que leur porte est refermée, que les volets sont tirés, que personne ne peut plus les voir ni les entendre.

La réalité qui apparaît alors est bien différente. Les passions humaines les plus honteuses grouillent derrière le masque de la bienséance, alcoolisme, adultère, sexe, viol, inceste... ce à quoi peu de groupes humains échappent, et sûrement pas qui se prétend sans tare ni défaut.

Principe utilisé dans nombre de séries télévisées. En effet la durée aide à la démonstration de vérités cachées.

Adaptation du roman de Grace Metalious le film de Mark Robson causa un trouble profond dans l'Amérique puritaine du président Eisenhower, nourrie de ''rêve américain'' et de ''amiriconne way of life'' qui adule la réussite, l'hypocrisie et la réussite.

Mentir aux autres n'est qu'une façon de se mentir à soi-même, il n'empêche, le petit Mr Hyde que chacun recèle a d'autant plus besoin de s'exprimer qu'il en est empêché officiellement. Une réussite qui doit à son scénario, subtile et efficace, à sa réalisation qui semble montrer un sourire et qui d'un mouvement révèle une grimace, et à son interprétation.

Ici pas de caricature lourdingue, d'affichage pédant ou de volonté finalement aussi moralisatrice que ce qu'elle dénonce ; seulement la clarté jubilatoire d'une société factice. Comme si tout ne l'étaient pas, plus ou moins.

Mais rarement moins.

Tout le monde en prend pour son grade, ni l'âge, ni la classe sociale ou l'éducation ne sont protectrices, au contraire, plus les chaînes sont lourdes, plus le besoin de s'en débarrasser, temporairement, se fait sentir et s'exprime dans la brutalité.

 

Une mention spéciale pour Lana Turner, splendide, comme (presque) toujours.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
commenter cet article
26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 08:42

Kim Jung-hyuk  김중혁 – 2008 – Decrescenzo éditeurs

Préface de Aurélie Gaudillat. Traductions par Moon So-young, Lee Seung-shin, Hwang Ji-young, Lee Tae-yeon, Jeong Hyun-joo, Lee Goo-hyun, Aurélie Gaudillat.

 

 

La Corée (du Sud) est à cheval entre deux mondes, celui du passé, de son Histoire, de ses traditions et obligations, celui d'une culture millénaire riche et mouvementée. Elle fait face à une modernité vorace, à une rapidité accrue des échanges, à une redéfinition des rites à observer, à une remise en cause de la hiérarchisation sociale et familiale, à une technologie dominatrice et exigeante. Kim Jung-hyuk fait face à ce monde en essayant de trouver une place pour l'individu, croyant peut-être que chacun dispose d'une personnalité que broie la société alors que celle-ci est d'abord l'enfant de qui en manque.

 

4 micro-fictions composent ce court volume, la première donnant son nom au livre. Un homme y croise la mort dans un accident de la circulation, rentrant du travail il est fauché sur un passage piéton par une voiture. Alors que son corps est projeté dans les airs il se dit qu'il est injuste de mourir anonyme.

Cette pensée l'aura sauvé, du moins en est-il persuadé, elle aurait protégé son corps. Preuve que la force de l'esprit peut repousser la mort. Il ne se souvient plus des circonstances exactes de l'accident mais cette phrase ''frétillait dans ma tête comme un poisson dans un bocal''.

Elle le protégeait de la nuit, la preuve, au matin il était encore vivant ! Il parle à N, sa copine de l'époque, de cette phrase, elle se moqua de lui, préférant la musique classique comme méthode de soin bien qu'elle ne semblât pas convenir.

Cet accident fut prétexte à de nombreux changements, d'abord quitter son travail, contre l'avis de son chef, puis se mettre à boire, l'alcool ne le soignait pas mais l'ivresse l'aidait à trouver le sommeil, libérait son corps de cette phrase. Cette situation aurait pu durer longtemps s'il n'avait vu le magasin d'instruments de musique. Sa petite amie ne s'occupait-elle pas d'une petite école de musique ? Pourquoi ne pas lui offrir un violon ? Mais cela ne lui enlève pas son ambition de ne pas mourir anonyme. Pourquoi ne pas apprendre lui-même à jouer. N'a-t-il pas compris le système de classification des instruments, un savoir suffisant pour travailler dans le magasin.

Finalement il accepte cette proposition.

Il renonce à apprendre un instrument, trouve une classification, par tonalité qui lui paraît plus sensé. Jusqu'à ce qu'il ait une nouvelle idée : enregistrer tous les sons de chaque instrument.

Dans le magasin il y en a environ 600.

Finalement le patron exprime sa lassitude de son métier, de son négoce, et proposer à notre anonyme de reprendre le magasin.

Et, pourquoi pas, d'en changer le nom, Musica c'est ringard.

Le nouveau propriétaire a une nouvelle idée, pourquoi ne pas réunir les sons qu'il a collecté pour en faire une ''bibliothèque des instruments de musique'', les gens pourraient venir emprunter un son pour l'usage de leur choix. Certains apportèrent les leurs.

C'est ainsi que le magasin, s'il conserva son appellation officielle, finit par porter ce nom pour tous : La bibliothèque des instruments de musique.

 

Quel(s) son(s) irais-je prendre ? Et vous ?

Dans le deuxième texte B et moi (Nawa B) nous découvrons un homme trop réactif au soleil, une allergie survenue il y a 4 ans alors qu'il travaillait dans un magasin de disque (la musique, encore), une activité alors en pleine déliquescence. Un jour il surprend le comportement étrange d'un individu qu'il appelle B. dans le sac de celui-ci il trouve une vingtaine de CD. Problème, il ne peut prouver qu'ils ont été volés dans son échoppe. Par hasard il le rencontrera une semaine plus tard, dans un parc public, alors qu'il jouait de la guitare pour quelques spectateurs. Pourquoi ne pas l'inviter à boire un verre. B accepte, confie qu'il travaille la journée dans un magasin d'instruments de musique et joue le soir dans des clubs, mais il ne roule pas sur l'or.

Et puis l'allergie va se déclarer... Mais vous n'allez tout de même pas croire que je vais tout vous raconter !

 

Deux autres récits suivent D le décalé (Eotbakja D) et Les maniaques de vinyles (Binilang sidae). À la lecture il apparaît que la musique est partout présente, plus ou moins.

 

Kim Jung-hyuk a-t-il trouvé sa voie, et vaincu l'anonymat, avec l'écriture ? Si ces textes étaient des contes, s'ils avaient une morale, ce serait sûrement qu'il importe de suivre sa vocation quand bien même s'écarterait-elle de celle tracée par notre culture, notre éducation ou/et notre environnement.

 

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
commenter cet article

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages