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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 08:08

David Gordon Green – 2014 – 97'

A. J. Manglehorn est serrurier, solitaire il va de sa grande maison à son magasin où il attend les clients, quand il ne se déplace pas pour ouvrir une porte, libérer un enfant qui s'est enfermé dans une voiture. Hors son métier sa vie tourne autour de sa chatte, Fannie, sa famille la plus proche. Laquelle Fannie connaît quelques problèmes de santé, ce qui est un remarquable sujet de conversation pour quelqu'un qui déteste parler de lui-même.

Il n'est pas complétement isolé pour autant, il garde un contact épisodique, et superficiel, avec son fil, Jacob, et, surtout, sa petite fille dont il s'occupe régulièrement.

Quand il va boire un verre il lui arrive de rencontrer Gary, un des jeunes qu'il entraînait quand il s'occupait de base ball, lequel Gary ne cesse de dire du bien de ses qualités, de ce qu'il aurait pu, s'il avait voulu... Mais Manglehorn ne voulut jamais rien, sa vie semble s'être arrêté depuis qu'il s'est séparé de Clara, sa femme, dont le souvenir l'obsède en même temps qu'il l'utilise pour se protéger d'un monde dont il pense n'avoir plus rien à attendre.

Seul moment de rupture dans sa routine hebdomadaire, quand il passe à la banque déposer l'argent gagné. Là il rencontre Dawn, la caissière avec laquelle il échange quelques mots, parle de Fannie, Dawn, n'a-t-elle pas un petit chien elle aussi, ça crée des liens. Il s'arrange toujours pour avoir affaire à elle, ce qu'elle a remarqué. Elle n'est pas insensible au charme bougon de cet homme si différent des autres, alors quand il l'invite est-elle heureuse d'accepter.

Si elle avait su ce qui l'attendait elle aurait été moins empressée. Manglehorn est désagréable, la convie dans une brasserie bon marché où il a ses habitudes et ne cesse de parler de son ex-femme, de dire du mal de tout le monde. Dawn pourtant ne lui cache pas qu'il lui plait, ce qui ne semble pas intéresser le serrurier qui sait mieux que personne se montrer méprisant et déplaisant.

Il finira son repas seul, ça tombe bien il avait faim !

Mais nous sommes au cinéma où le pire s'il est probable n'est jamais sûr. Manglehorn peut avoir une crise de conscience, une montée de lucidité, une remise en cause suffisante pour tenter de se faire pardonner, de changer de vie, et d'abord en bazardant les souvenirs poussiéreux derrière lesquels il s'enterre depuis tant d'années.

Rien de nouveau sous le soleil, électrique, du cinéma, mais le plaisir de regarder Al Pacino cabotiner, en faire des caisses dans son rôle de vieux casse-pieds faisant face au dernier croisement de son existence. Restons optimiste en pensant qu'il n'est jamais trop tard.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 17:06
Vitraux
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 08:56

돌이킬 수 없는 - Park Soo-yeong – 2010 – 88'

Choong-sik (Kim Tae Woo) est horticulteur et élève sa fille comme si elle était sa plus belle fleur, il veille sur elle et n'imagine pas que quelque chose puisse lui arriver. Ses espoirs vont êtres déçus bien sûr quand Mi-rim (Cho Min-ah) va disparaître. Dès lors pour Choong-sik va tout mettre en œuvre pour retrouver son enfant en harcelant la police pour savoir si une piste a été trouvé, puis en tentant de mener sa propre enquête. Ainsi il va trouver le suspect idéal, Si-jin, (Lee Jung Jin) arrivé depuis peu dans le quartier avec sa mère et sa sœur, sans doute pour fuir rumeurs et persécutions. En tombant sur son dossier il va le découvrir soupçonné de pédophilie. Ayant volé le dossier il le diffuse largement. Ainsi Si-jin et sa famille sont-ils montré du doigt, son chien est tué, son commerce de réparation de vélo est vandalisé, visiblement par Choong-sik qui a besoin de trouver un coupable, sans doute de combattre son sentiment de culpabilité d'avoir si mal tenu son rôle de père puisque sa fille n'est plus là.

Les choses empireront quand le cadavre de la petite Mi-rim sera découverte. Cette fois le doute n'est plus permis, c'est Si-jin le coupable. La police enquête, le met en garde en vue, cherche tous les indices possibles. Trouve le témoignage d'un peintre résidant non loin du lieu ou a été découvert la dépouille. Si-jin reconnaît qu'il aime les enfants d'une manière inapproprié mais nie être un assassin.

Mais rien de concluant, rien de suffisant, même un témoignage du conducteur d'un bus passant à proximité du lieu du crime est trop confus pour affirmer la culpabilité du suspect.

Les policiers eux-mêmes sont en désaccord, le plus âgé est sûr d'avoir le coupable, pas besoin de réfléchir davantage, de chercher plus loin, son jeune collègue est plus circonspect et moins enclin à céder à une première impression. Tous les deux pourtant continuent à chercher. Insuffisant, insupportable pour Choong-sik, il doit agir, venger la mort de sa fille. Il n'est plus capable de penser à autre chose, pour autant qu'il ait jamais été capable de penser.

Le suspens est bien construit, le scénario habile, même si l'histoire du coupable trop évident a déjà été servie. Le film est assez court pour maintenir la tension, le jeu des acteurs y contribue.

 

S'il y a une leçon à tirer c'est qu'un bienfait est toujours puni. Au moins suis-je à l'abri de ce risque.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 09:00

Drew Goddard - 2015 - NETFLIX

L'adaptation au cinéma en 2003 n'avait pas rencontré le succès, ce qui était pour le moins justifié, sa vedette regrettant même d'avoir participé à ce film. Encore aurait-elle dû réfléchir avant.

Résultat de recherche d'images pour "daredevil netflix"

 

Néanmoins Matt Murdock reste un personnage qui méritait une seconde chance, douze ans est un purgatoire suffisant.

Netflix se charge de récupérer le héros né en 1964. un film ça ne pouvait suffire à présenter un héros finalement complexe, entre son enfance, son handicap, et le talent dont il hérita lors de l'incident qui le priva de la vue.

Daredevil est un personnage moins célèbre et reconnu que Iron Man ou Spider-Man, il fallait donc prendre le temps de le présenter, chose que seule une série permet.

Les premiers épisodes permettent donc, en alternant passé et présent, de suivre l'évolution de Matt, de comprendre les événements qui l'amenèrent à être ce qu'il est, tant pour ce qui est de ses dons que de son caractère, hérité de son père. Encore faut-il préciser qu'il s'agit ici de l'adaptation de la version imaginé par Frank Miller dans The Man Without Fear,

Résultat de recherche d'images pour "daredevil netflix"

 

Tout commence dans le quartier de Hell's Kitchen, Murdock père fait ce qu'il peut pour élever son fils depuis que la mère de celui-ci est partie, ce n'est pas simple pour lui, boxeur, qui doit accepter des missions peut reluisantes pour nourrir son enfant. Lequel connait bien des difficultés, qu'il surmonte toujours dignement. Jusqu'à ce jour où pour sauver une personne âgée il se jette devant un camion qui se renverse pour les éviter, perdant ainsi sa cargaison de produits toxiques qui se renverse sur le jeune garçon qui perdra la vue.

Dans un premier temps, avant de découvrir que ses autres sens se sont développer dans des proportions incroyables.

Matt réussira à survivre à cette épreuve, à la mort de son père, fera des études jusqu'à devenir avocat. Il s'installera avec son ami Foggy Nelson (Elden Henson), avant de rencontrer Karen Page (Deborah Ann Woll) qu'il sauvera avant de l'engager comme secrétaire.

Pas de héros sans vilain, ici, et les amateurs de la bédé le reconnaitront, nous avons Wilson Fisk, surnommé ''le Caïd'', celui dont on ne murmure pas le nom sous peine de mort. Lui aussi vient de Hell's Kitchen, que son père voulu changer en se présentant aux élections. Un père difficile, et c'est peu de le dire. Un méchant dont les buts sont louables mais dont les moyens le sont beaucoup moins.

Résultat de recherche d'images pour "daredevil netflix"

Lui et Murdock partagent l'ambition d'améliorer les choses dans leur quartier, de façon opposées et inconciliables.

La série est menée avec assez d'intelligence pour ne pas tenter de rivaliser avec un film, l'action est crédible et Matt reste à hauteur d'homme, s'éloignant de ses origines marveliennes ; il n'a pas de super pouvoir lui facilitant la tache et doit faire avec ses moyens. Il n'a même pas, au début de la série, le costume qui est sa marque, avec les petites cornes ''diaboliques''. Il n'est pas non plus un gentil et sa propre violence l'effraie comme la peur de céder à celle-ci.

Daredevil est un personne sombre qui a sa place dans la nuit, et au cœur de celle-ci il trouve des allié(e)s qu'il n'attendait pas.

Marvel s'installe sur un créneau jusque-là trusté par son concurrent DC Comics, maitre d’œuvre de séries telles : Smalville, Arrows, Gotham ou The Flash.

 

Cerise sur le gâteau, ayant trouvé sa place sur une plateforme payante il gagne en liberté et peut s'adresser à un public adulte.

Vivement la deuxième saison ! 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Serie
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 09:00

Man of a Thousand Faces - Joseph Pevney - 1957 - 122'

Lon Chaney naît en 1883 de parents sourds-muets. Toute son enfance se déroule donc dans une ambiance particulière, à se faire comprendre par gestes il développe son don pour le mime ainsi qu'un grand talent pour se déguiser jusqu'à être méconnaissable. Il devient donc clown, puis s'éloigne de ses parents pour jouer au théâtre puis au cinéma, une centaine de rôle pour les studios Universal au début, puis chez MGM, où il rencontrera de grands succès dans des rôles de compositions qui marqueront leur époque.

 

Il épouse Cleva en 1905, actrice et chanteuse alors âgée de seize ans. L'année suivante celle-ci est enceinte et s'inquiétera de l'avenir de leur enfant quand elle rencontrera ses beaux-parents. Mais sa peur est infondée, leur enfant n'aura aucun problème d'audition. Petit à petit pourtant son goût pour les planches l'emporteront sur son rôle de mère, c'est Chaney qui s'occupera de son fils, Creighton Chaney, connu plus tard sous le nom de Lon Chaney, Jr., aidé par sa meilleure amie, Hazel. Situation que Cleva supporte mal, au point de tenter de se suicider en avalant du bichlorure de mercure dont l'effet principal sera de ruiner sa carrière de chanteuse.

Lon s'éloigne des planches et se tourne vers le cinéma, cherchant son style, affirmant sa personnalité en créant des personnages inquiétants, souvent mutilés alors qu'il était un excellent danseur.

Mais le temps passe, le parlant approche, c'est une nouvelle vision du cinéma qui arrive, trop tard pour lui dont le cancer ronge déjà la gorge. Il mourra d'une hémorragie. Ironie du sort qui le rapproche de Cleva et le retient dans une époque cinématographique dont il reste une des plus fortes incarnations.

Le film de Pevney n'est pas un chef d’œuvre, il s'éloigne, parfois notablement, de la vie de son modèle, dommage car la personnalité de Chaney mériterait qu'un réalisateur digne de ce nom s'intéressât à lui. James Cagney quand à lui s'amuse beaucoup et sait nous faire partager son plaisir.

C'est déjà quelque chose.

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 09:00
Hydrosaure
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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 08:50

Park Ynhui 박인희– 2012 – traduction de Benjamin Joinau – Illustrations de Alain Bert

Atelier des cahiers. Collection Littératures

Titre original : 공백의 그림자 (Gongbaek-eui geurimja)

Park Ynhui est né le 26 février 1930. il est poète et philosophe. Après des études à la Seoul National University il vient étudier à la Sorbonne à Paris puis sera professeur au Japon, en Allemagne, en France et aux états-unis.

 

 

Après de nombreux essais philosophiques et des recueils de poèmes, L'Ombre de vide est une anthologie de ces derniers publiés entre 1979 et 1989.

 

 

L'Ombre du vide

En préambule l'auteur évoque ses années sorbonnardes et dédie la publication de cet ouvrage au professeur et critique littéraire M. Albérès qui l'invita pour son deuxième séjour en 1961, à M. Revault d'Allonnes, professeur et rédacteur de la Revue d'esthétique qui lui recommanda de publier son article sur Mallarmé, à Jacques Derrida qui l'initia aux questions philosophiques et écrivit une lettre de recommandation pour qu'il obtienne une bourse à la University of Southern California, à Jean Grenier qui publia son essai dans la Nouvelle Revue Française en 1967, à Claude Mouchard, professeur émérite adjoint et rédacteur en chef adjoint de Po&sie, qui le publia à 2 occasions, à Jean-Pierre Chauveau, professeur émérite de littérature française à l'université de Nantes, qui le guida dans la rédaction de sa thèse sur Mallarmé et au poète Pierre Emmanuel qui l'encouragea à poursuivre ses aventures aux états-unis.

Sans oublier de nombreux amis !

L'Ombre du vide

Les premiers poèmes évoquent la neige et font le rapprochement avec la page blanche, cette compagne des poètes, la plus fidèle et la plus inquiétante aussi. Comment ne pas imaginer les mots comme les empreints de nos pensées, de nos émotions avec l'avantage que sur le papier elles ne s'effacent pas.

Et si le poète était un rêve, celui d'un papillon qui dort sans pouvoir se réveiller ? Sans le vouloir sans doute ! N'est-ce pas son désir, oublier le réel, contempler l'invisible, le rejoindre peut-être. Les thèmes de l'auteur sont là, non des réponses mais des indications, des propositions d'accompagner le lecteur sur des chemins qui mènent, peut-être, quelque part. Et si ce n'est pas le cas quelle importance ? Le vide n'est pas notre ennemi.

 

Mais le réel s'impose, comme le prouve ce poème rédigé durant la guerre de Corée, cette interrogation sur sa tombe, le vide qui s'annonce, la mort comme un autre territoire à explorer, pour retrouver sa mère, lui parler, écouter les oiseaux, rencontrer son âme en espérant en avoir une.

 

C'est de la vie elle-même dont Ynhui voudrait se réveiller, oublier ce cauchemar, retrouver l'herbe sous la neige et les souvenirs sous le présent.

L'Ombre du videL'Ombre du vide

Un poème en exemple, forcément :

 

59 Conversation avec un chiot (p110)

 

Le chiot et moi

Nous nous contemplions l'un l'autre

Étrange aux yeux de l'autre

Semblables aux yeux de l'autre

L'un à l'autre en interface

 

En postface, un court texte intitulé N'écoutez pas la voix d'un cochon. Il fut écrit, en français, durant l'été 1965, l'auteur se préparait à partir pour les états-unis. La Nouvelle Revue Française le publia en juin 1967. Park Ynhui s'interroge sur la validité du bonheur comme but d'une vie, il souligne sa honte d'appartenir à ce temps et son incompréhension devant un monde immense, écrasant et incompréhensible et sa prise de conscience que le plus grand philosophe du monde n'était qu'une bête, pensante mais sans pouvoir expliquer les mystères qui nous entoure. Animal mangeant, forniquant, vieillissant ; mortel ! Il regarde son pays, ses compatriotes apprenant l'anglais ou le russe pour pouvoir quémander dans l'une de ces langues puis son contact avec l'Occident, la France en particulier, qui l'émerveilla. Il se souvient de ses années à Paris, ville de pierre et de fer, solide, stable, froide. Il voit la civilisation se heurter à la nature puis la dominer avec la Raison pour Autorité Suprême.

 

Le Pays du Matin Calme colonisé par les Japs était un enfer, et la guerre n'attendait que de pouvoir se réveiller, enfin, et entendre les échos de ses hurlements repris par des milliers de bouches, ou de gueules. Les souvenirs de son enfance, de sa jeunesse, sont difficiles, pleins de souffrance mais aussi porteur d'espérance.

 

Il se définit comme ''laid de naissance, stupide, colérique, sale d'âme, gourmand de tout bien que maigre comme un os. Je suis un cochon, un vrai cochon.'' Tout est noir mais un grain de raison résiste comme une bougie tremblotante éclairant le chemin qu'il s'apprête à suivre.

 

Ce qu'il fait depuis 50 ans.

 

Le cochon est un animal avec lequel je me reconnais des affinités, or le fait qu'il est mon représentant dans le zodiaque Chinois. Je m'en suis découvert également avec Park Ynhui. À vous de découvrir si vous serez dans le même cas.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 09:00

      Les Cahiers de Science & Vie N 152 – Avril 2015

Pascale Desclos

 

Le terme ''Lumières'' apparaît pour la première fois en Europe dans un discours rédigé par le diplomate français Jean-Baptiste Dubos en 1733 : La perfection où nous avons porté l'art de raisonner, qui nous a fait faire tant de découvertes dans les sciences naturelles, est une source féconde en nouvelles lumières. Adopté par les lettrés, le mot va bientôt se décliner dans toutes les langues d'Europe.

Après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV, en 1685, les protestants ont quitté la France. Près de 170 000 d'entre eux ont trouvé refuge en Europe du Nord et du Nord-Ouest. Berlin compte alors 20 % de Français dans sa population, explique Pierre-Yves Beaurepaire. Parmi ces réfugiés, des polémistes, des libraires et des imprimeurs propagent les idées nouvelles. Le sud de l'Europe prend le train en marche.

 

 

C'est la curiosité qui anime alors ces élites européennes. Les savants et les philosophes du XVIIIe veulent tout comprendre, tout savoir, tout inventer. Ils voient dans la philosophie, la physique, l'économie ou l'éducation le chemin du progrès. La Cyclopaedia de Chambers lance la mode des encyclopédies, en France Diderot et d'Alembert envisagent d'en publier une traduction avant de se lancer dans leur propre projet. Il s'agit pour eux de concurrencer le projet de Chambers mais aussi de le compléter, quitte à en profiter pour le piller.

D'autres projets émergeront en Europe, soulignant les divergences entre mouvements nationaux des Lumières. La première est d'ordre religieux. Les Français sont majoritairement anticléricaux, les anglais, antipapiste, les protestants sont, eux, hostiles à l'irréligion. C'est aussi la naissance des identités nationales et du débat sur les langues. Anglais et Français s'affrontent déjà. Malgré ces rivalités, l'Europe est le cadre d'intenses circulations et échanges, botanistes et minéralogistes sillonnent le continent et les colonies à la recherche de nouveaux spécimens, les cartographes vont jusqu'en Sibérie pour fixer les frontières de la civilisation, lettrés et artistes se déplacent en quête de commanditaires et de protecteurs. La mode est au voyage, les jeunes gens aisés partent faire le tour de l'Europe durant des mois.

Les premiers guides touristiques apparaissent, tel Le Guide du voyageur en Europe, publié en allemand puis traduit en français. Les échanges sont aussi épistolaires, tout le monde écrit à tout le monde, souligne Pierre-Yves Beaurepaire. Certaines institutions favorisent la diffusion des savoirs. Cénacles formés d'érudits et d'amateurs. Les loges maçonniques participent au mouvements pour le progrès, celle des Neuf Sœurs, fondées en 1776 à Paris, dont Voltaire et Benjamin Franklin furent membres, contribue au soutien à la révolution américaine et au développement des sciences.

Journaux et livres se diffusent largement, certains libraires et imprimeurs se spécialisent dans les extraits de livres de 10 à 20 pages traduits et annotés, plus faciles à assimiler que des ouvrages originaux !

Les élites de l'Europe des Lumières ont conscience d'appartenir à un même espace. Leur rêve d'une Europe unie et pacifiée préfigure la construction européenne du XXe siècle !

 

Pierre-Yves Beaurepaire. L'Europe au siècle des Lumières. Ellipse 2011

Pierre-Yves Beaurepaire. L'Europe des Lumières. PUF. Que-sais-je ? 2013

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:00

La paix est cruelle de tomber en cendres dès qu'on l'effleure.

Comprendre donne rarement envie de savoir.

À la différence de l'amour, l'argent n'est pas chimique.

Le comique est plus compréhensible que l'intelligent.

Je pousse donc je suis est la devise de la Nature.

La masse n'a d'utilité que de produire des exceptions.

Je suis la tempête avant l'ouragan !

Vous auriez peur de moi si je vous disais ce que je pense être la réalité, et ne me croiriez pas. Si je le prouvais vous auriez encore plus peur.

Je ne veux pas être un dieu, même pas un humain !

La science est la main de la pensée essayant de comprendre que ses chaînes sont aussi ses racines.

N'entends-je pas les ordres ou ne me sont-ils pas donnés ?

Une espèce supérieure n'a pas à dire qu'elle l'est.

 

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 08:03

용의자X – 2012 – Bang Eun-jin - 128'

Kim Seok-go est professeur de mathématique, passionné de Pythagore il est hanté depuis longtemps par la conjecture de Goldbach sans avoir pu la résoudre. Il vit seul, entre son appartement envahi de livres et le lycée où il donne des cours qui intéressent peu ses élèves.

Depuis quelques temps il a fait la connaissance de sa nouvelle voisine, Baek Hwa-sun qui a recueillie la fille de sa sœur, Yoon-ah. Il l'observe, l'écoute, bref se montre attentif.

Pour le moins.

Un soir les voisines en question reçoivent la visite d'un homme, visiblement l'ex-mari de Baek alors que celle-ci avait tout fait pour que cela n'arrive jamais. Kim Cheol-min est un sale type, buveur et brutal qui est très attiré par son ex-femme. Derrière son mur le professeur entend des bruits inhabituels, des cris, des appels, des coups dirait-on. Il tend l'oreille, s'inquiète, plus encore quand le silence revient. Histoire de jouer au bon voisin il va sonner chez Hwa-sun, attend, la voit ouvrir la porte et lui expliquer que les bruits étaient dus à un cafard. Kim demande si elles l'ont tué... le cafard. Oui, oui, réponds la jeune femme. Il opine puis retourne chez lui.

Avant de revenir quelques minutes plus tard pour proposer son aide à la belle Baek. Il sait très bien que celle-ci, aidé de sa nièce, a tué son agresseur, mais comment faire autrement alors que celui-ci se montrait violent envers Yoon-ah ?

Pour le mathématicien il s'agit d'un problème de logique à résoudre, rien de plus. Reste à y parvenir.

La police va découvrir un corps près de la rivière Han, visage détruit, empreintes effacées, difficile de l'identifier. Heureusement un vélo de location va être retrouvé près du cadavre, par lui les enquêteurs vont retrouver qui l'emprunta, puisque il dut utiliser sa carte d'identité. À côté ils trouveront même la clé d'une chambre d'hôtel, le Jinsung. Tout colle parfaitement et l'ADN démontrera qu'il s'agit bien de la même personne. Plus de doute c'est bien Kim Cheol-min ! Partant de là les enquêteurs arrivent à son ex-épouse qui va paraître suspecte aux yeux des policiers tant elle semble mal à l'aise et cacher quelque chose. Elle avait le mobile et l'opportunité d'autant que son ex la recherchait. Problème : elle a un alibi, avec sa nièce elle était au ciné, les tickets sont là et le système de télésurveillance le démontre.

Reste un test : le détecteur de mensonge. La machine est formelle, Hwa-sun n'a pas rencontré Kim Cheol-min le 9 novembre, c'est une certitude absolue. Malgré tout quand le détective Jo Jin-woong lui demande si elle a tué Kim et qu'elle répond non, l'appareil note une réaction indiquant un mensonge...

 

Une inconnue va pourtant se glisser dans l'équation de Seok-go, mise là par un destin malin. Jo Jin-woong est un de ses anciens amis de lycée, un homme qui le connaît bien, moins génial que son camarade mais doué pour la résolution d'énigmes, sans quoi il ne serait pas détective. Celle-là est difficile, des données lui manque.

À moins qu'il n'en ait trop !

Faisons-lui confiance pour approcher la vérité, encore que, comme le lui dit son ancien condisciple, celle-ci pourrait ne faire plaisir à personne.

 

Pour moi l'histoire manquait un peu de suspens puisque j'ai déjà vu une adaptation du roman de Keigo Higashino ''The Devotion of Suspect X'' (容疑者Xの献身) dans le cadre d'une enquête de Galileo, série policière japonaise. Dans cette adaptation Kou Shibasaki était la policière qui menait l'enquête avec un professeur d'université, le Galileo en question, qui se révélera dans celle-ci collègue du professeur de math tellement prévenant. Un roman non encore traduit en Français, dommage, mais qui pourrait devenir un film Étasunien et Indien dans un proche avenir.

Une équation dont je ne vous donne pas la solution, ce serait gâcher votre plaisir. Vous avez deux sources pour la trouver, en compagnie des policiers chargés de l'enquête.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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