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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 08:18

The Postman Always Rings Twice – Tay Garnett – 1946 - 113'

Frank Chambers (John Garfield) se fait engager par une station essence le long de la côte en Californie après y avoir été déposé par un voisin, procureur. Le patron, Nick (Cecil Kellaway), est un homme sympathique également propriétaire du restaurant-bar accueillant les voyageurs de passage. Il est marié à la très belle et très jeune Cora (Lana Turner), qui semble ne pas travailler beaucoup et qui est cependant très ambitieuse.

Cora n'est pas enchantée que Frank reste travailler et vivre avec eux, encore moins que Frank l'embrasse de force ce premier jour. Mais le temps fait son effet et la comparaison ne joue pas en faveur de Nick, Cora et Frank deviennent donc amants. Profitant de l’absence du mari l'amant demande à Cora de partir avec lui.

L'idée semble plaisante à le jeune femme mais la réalité est moins séduisante, Cora décide de rentrer chez elle ; Frank la suit.

Il faut trouver une autre solution. Le plus simple ne serait-il pas que le gêneur disparaisse ? Ça devrait être facile, il suffit de simuler un accident dans une baignoire.

Les circonstances seront défavorables aux amants, un court-circuit empêchera le complot d'être conduit à son terme. Nick, assommé, ne se doutant de rien, passe sa convalescence à l'hôpital.

Frustré Frank quitte le garage mais le destin en a décidé autrement. Nick le rencontrant par hasard le ramène à la maison. Mauvaise idée. C'est que le garagiste a une idée, il veut vendre son commerce et partir avec son épouse pour rejoindre sa sœur malade. Décision que Cora n'approuve pas. Il faut agir, vite. Un accident de voiture paraît plus pratique. Justement ils font tous les trois à un rendez-vous avec l'acheteur de la station, Frank assomme Nick, le place dans le véhicule, pousse le tout dans un ravin, si bien qu'il tombe lui aussi mais s'en sort avec quelques blessures.

Le voisin pourtant, le procureur, était déjà suspicieux depuis l'affaire de la baignoire est persuadé qu'il s'agit d'un crime, maladroitement, maquillé en accident.

Mais il est toujours possible de s'arranger, avec les assureurs, le procureur. L'accusation est modifiée, Cora et Frank sont relâchés. La cohabitation s'annonce difficile, Cora sait que son amant l'a dénoncé pour tenter de se dédouaner, pourtant il faut sauvegarder les apparences aussi se marient-ils. Mais la jeune femme doit s'absenter pour aller voir sa mère malade. Cette dernière morte Cora revient et apprend que son mari en a profité pour séduire une autre femme.

 

Les choses vont pourtant s'arranger, temporairement... il faut bien que la morale soit sauve !

D'après le roman de James M. Cain

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 08:35

La feuille était posée, devant moi, tentatrice,

Présentant des promesses emballées d'illusoire ;

J'avais envie d'y croire, l'offre était séductrice

Alors que ma raison murmurait que l'espoir

 

Est un mensonge affreux, un piège aux yeux bleutés

Tendu par un démon souriant comme un toxique  ;

Lui et moi connaissant tous deux la vérité,

Voir un piège entrouvert est rien moins qu'ironique.

 

Le mirage était beau, trop pour que j'y renonce,

Drogué par les hormones inondant mon cerveau ;

Pourquoi ne pas rêver, oublier sable et ronces,

Avancer sans penser, heureux vers mon tombeau.

 

Que peut valoir un pacte à l'encre antipathique,

Écrit sur un papier de poussière et sciure ?

Les mots dissolvent l'âme en éclats volcaniques,

Comment refuser d'y mettre ma signature ? 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 08:59

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Écrasons l’infâme ! Voltaire appelait ainsi à combattre le fanatisme. Deux siècles et demi plus tard son Traité sur la tolérance trouvé, après les événements de janvier 2015, un nouvel écho. Démonstration que l'Histoire ne va pas à la même vitesse pour tout le monde, certains vivent encore dans l'obscurité, beaucoup voudraient la retrouver.

À l'époque des Lumières, les philosophes bousculaient les dogmes religieux et œuvraient pour leur coexistence avec d'autres conceptions du monde.

Aux racines des Lumières, dès le XVIIe, il y a une profonde revendication de la liberté de conscience, ce droit de chacun à fonder pour lui-même les raisons qui l'amènent à adhérer à telle ou telle croyance, ou à refuser de croire. Souligne Laurent Bove. Le Traité théologico-politique de Baruch Spinoza (1679) est tenu par ses adversaires comme par les philosophes des Lumières pour l'un des écrits majeurs précurseurs de l'athéisme. C'est en vérité une défense radicale de la liberté d'expression individuelle et de la laïcité de l'État, dans la tolérance des différents cultes sous l'autorité du souverain. Juif apostat, le philosophe hollandais frappe à la base de l'édifice judéo-chrétien : il rejette l'idée que la création soit l’œuvre d'un être suprême transcendant l'homme. Il exclut la notion de providence et le finalisme qui l'accompagne. Pour lui, dieu est une construction philosophique : dieu, c'est la nature.

À l'instar de Voltaire, Montesquieu et Rousseau, les philosophes des Lumières sont dans leur majorité déistes (ou théistes). Ils croient en une intelligence suprême créatrice de l'Univers et orchestrant la nature. Le dieu des déistes n'est pas de ceux auxquels on s'adresse ou que l'on prie, explique Gerhardt Stenger, c'est un dieu impersonnel. Une fois la création accomplie, il s'en est retiré et ne s'en occupe plus. Il s'agit d'un dieu minimaliste, une explication commode de l'origine de tout ce qui existe. Leur vision naturaliste cherche des causes rationnelles à l'origine du phénomène religieux : l'éducation, l'idéologie, le besoin affectif ou existentiel. Pour Kant, dieu est un postulat de la raison pour donner un sens à la morale : rien ne pourra jamais élucider la question de son existence.

Les athées du XVIIIe combattent moins l'idée de dieu que les religions révélées, et notamment le christianisme, explique Pascal Taranto. Celles-ci sont, selon eux, des inventions humaines, chaque religion révélée s'étant nourrie successivement de la précédence. Les religions sont des impostures servant à asservir le peuple. Plus de 2000 ouvrages attaquant le christianisme et la hiérarchie ecclésiastique sont publiés entre 1715 et 1789. Parmi eux, le testament de Jean Meslier, un écrit fondateur de l'athéisme. À travers cette œuvre publiée à sa mort, en 1729, le curé de campagne s'en prend aux ''trois imposteurs'' (Moïse, Jésus, Mahomet) et dénonce la collusion entre l'Église, les riches et les tyrans, et associe la foi à la soumission. L'ouvrage est le premier de l'époque tenant du matérialisme, théorie fondée par Démocrite au Ive siècle avant notre ère, qui s'appuie sur l'existence de la seule matière. L'Univers est constitué d'atomes et de vide.

Dans sa Lettre sur les aveugles, Diderot signe un discours emblématique de cette théorie : pas de dieu, de création, de finalisme, pas d'ordre ni de dessein intelligent. Il avance que l'ordre de l'Univers résultat d'un désordre initial, de la combinaison d'atomes s'étant rencontrés par hasard. L'homme ne serait que le produit fortuit d'une évolution aveugle. Intuition prédarwinienne qui lui vaudra 102 jours de prison. Il récidivera vingt ans plus tard dans Le Rêve de d'Alembert, en démontant l'hypothèse de l'existence de dieu et de l'âme.

En 1770, le Système de la nature, du baron d'Holbach explique que la matière se montre assez autonome pour s'organiser sans besoin d'un deus ex machina. Le Parlement condamne son livre à être brûlé au pied du grand escalier du palais. Il en ira de même, mais en place de Grève en 1746, du livre de Diderot Pensées philosophiques, dans lequel l'auteur dénigre le dieu des chrétiens.

Pour Voltaire comme pour la majorité des déistes, il ne peut y avoir d'ordre social sans divinité. Un monde sans foi lui fait craindre que la société bascule, renversée par les instincts destructeurs de l'humanité. Thèse de Rousseau dans Du contrat social, une divinité puissante, intelligente, bienfaisante, le bonheur des justes, le châtiment des méchants, pour lui ce sont autant de garde-fous indispensable. Pourtant dès 1683 Pierre Bayle, dans Pensées diverses sur la comète, propose une morale sans religion, fondée sur l'éducation et les lois. Personne, ou presque, ne l'entend alors. En Angleterre Jeremy Bentham jette, avec plus de succès, les bases de l'utilitarisme. Le naturalisme atteint ses limites. La nature crée et détruit. Obéir à ses instincts comme aux seules lois de la nature, occulte la notion de souffrance chez autrui. Sade l'utilisera pour justifier les pires actes de violence et de cruauté. Selon lui, certains sont nés pour faire le bien, d'autres pour faire le mal. Il faut laisser faire la nature.

 

Mais les philosophes des Lumières, animés par l'aspiration au bonheur de l'humanité, ont ouvert une autre voie. Leurs valeurs de liberté, d'égalité et de tolérance, ont initié une morale sans dieu : le respect des droits naturels, inaliénables et sacrés de l'Homme.

[Des dogmes en remplacent d'autres!]

 

Laurent Bove. La stratégie du conatus. Affirmation et résitance chez Spinoza. Vrin, 2012

Gerhardt Stenger. Diderot, le combattant de la liberté. Perrin, 2013.

Pascal Taranto. Du déisme à l'athéisme : la libre-pensée d'Anthony collins. Éd. Honoré Champion, 2000 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 08:51

표적 - Yoon Hong-seung – 2014 - 99'  Résultat de recherche d'images pour "the target korean movie"

 

Tout arrive, même qu'un film coréen soit l'adaptation d'un script français. Ainsi The Target est-il la transposition du film de Frédéric Cavayé ''À bout portant !''

la pluie est on ne peut plus photogénique, surtout quand il s'agit de suivre un homme, visiblement blessé, qui fuit les hommes qui viennent de lui tirer dessus. Il parvient à les distancer mais alors qu'il veut traverser une route il ne peut éviter la voiture qui le renverse. Blessé il est conduit à l’hôpital où il est prit en charge. Malgré une nouvelle tentative de le tuer il en réchappe encore grâce à l'intervention d'un médecin qui parvient à le sauver.

Ledit médecin s'occupe également sa femme, Hee-joo, psychiatre dans la même institution hospitalière, enceinte. Alors que celui-ci est de retour chez lui il est violemment agressé et son épouse est enlevée. Par un coup de téléphone il apprend qu'il doit faire sortir le patient 13, celui qui vient d'être enregistré avec des blessures par balles. Impossible de refuser, mais puisque rien ne peut se dérouler facilement alors qu'il retourne à l'hôpital il découvre que son malade est surveillé par la police et suspecté de meurtre. Il parvient à faire monter n°13 dans l'ascenseur et même à se débarrasser du flic avant de ranimer son (im)patient qui ne pense qu'à échapper autant à la police qu'à ses poursuivants.

Mais le système vidéo de l’hôpital permettront à la détective chargée de le surveiller de le retrouver, temporairement, c'est elle qui va finir menotté à une rambarde alors que le suspect parvient à s'enfuir, non sans que le médecin, Lee Tae-jun ne continue à le pourchasser, lui ne pense qu'à sauver son épouse.

De retour au commissariat l'inspectrice découvre qu'un autre policier est chargé de l'enquête, que des ordres ''d'en-haut'' ont été donnés. Pas moyen pour elle se refuser.

Ni de renoncer, même si elle doit agir en cachette de ses supérieurs.

Le suspect, Baek, un ancien mercenaire, est donc en fuite, poursuivi par un médecin, la police et des hommes qui veulent, on ne sait pour quelle raison, le retrouver et le tuer. Sa situation est donc délicate !

Enfin, moi je trouve.

Le jeu du chat et la souris va se poursuivre, espèce de manège où l'un poursuit l'autre, à moins que ce ne soit le contraire.

Ou l'inverse !

Et réciproquement.

Heureusement Jee-soo est psychiatre, elle pourra comprendre Sung-hoon, son kidnappeur, le rassurer, pour survivre dans une situation qui semble inextricable. Finalement le Dr Lee retrouvera le blessé, apprendra que l'homme qui détient son épouse est le frère de ce dernier avant de prendre contact avec l'inspecteur Jung et lui avoue sa situation.

Les choses empireront avec l'arrivée des autres policiers dont l'intervention ne sera pas celle attendue.

Loin de là !

Les polars coréens ont la réputation d'être rapides et violents, celui-ci ne manque pas de ses qualités, ils montrent souvent des policiers corrompus, des méchants qui le sont moins qu'attendus et des gentils qui décident de ne plus l'être.

Mais il faut ce qu'il faut !

Lee et Baek vont s'associer pour découvrir la vérité. Ça ne sera pas sans mal, pour eux mais aussi pour ceux qui se mettront en travers de leur chemin.

Heureusement cela ne concerne pas les spectateurs !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Corée Cinéma
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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 08:53

Guillaume Nicloux – 2015 - 91'

Isabelle vient d'arriver en Californie, dans un motel où elle attend son ex-mari, Gérard. Ils ne se sont pas vu depuis longtemps mais le suicide de leur fils est la cause de leurs retrouvailles. En effet, avant de se donner la mort, celui-ci écrivit à chacun pour lui faire part de ses dernières volontés et d'une certitude qu'il voulait leur transmettre : il reviendrait, physiquement, à condition qu'ensemble ils suivent l'itinéraire qu'il leur indiquait, se rendant tel jour à telle heure à un endroit précis. Tous dans la Vallée de la Mort.

Une forme d'ironie et de vengeance puisqu'il ne semblait pas s'entendre avec ses parents, particulièrement avec sa mère avec laquelle il n'avait plus de contact depuis 7 ans.

Gérard n'est pas convaincu de la réalité de la chose, loin de là, à la différence d'isabelle, il est quand même venu alors qu'il rebroussa chemin avant d'arriver, puis se ravisa.

Se revoir dans de telles conditions est difficile, entre la peine et la culpabilité, bien que Michael ne donne pas de réelles raisons à son geste, qu'il affirme n'être pas malade ni drogué et en pleine possession de ses moyens. Chacun a des reproches à adresser à l'autre comme à se faire à lui-même. C'est toujours quand il est trop tard, qu'il est possible de voir les conséquences de ses actes que l'on regrette ceux-ci ! Isabelle veut croire que quelque chose va se produire, Gérard est dubitatif.

Mais il faut jouer le jeu, lutter contre le doute et le désespoir, supporter la chaleur accablante, attendre. Marcher est difficile pour Gérard, l'angoisse croît chez Isabelle. Jusqu'à...

Quel effet peut avoir le chagrin dans un cocon de chaleur étouffante si vous rajouter l'émotion d'autrefois qui traverse le temps comme si celui-ci n'était pas vraiment passé.

Le film entier repose sur ses deux interprètes, lesquels portent leur véritable prénom, exerçant leur véritable profession, comme s'il s'agissait bien d'eux, de leur histoire commune, ambiguïté qu'ils assument devant la caméra de Guillaume Nicloux, donnant ainsi sa force à une histoire qui sans cela eut pu se réduire à la simple quête d'un improbable pardon d'un ancien couple sur fond d'un désert illustrant le vide qu'ils doivent affronter.

À voir dans la fraîcheur d'une salle de cinéma ! 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 08:46

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

L'ouvrage de Diderot et d'Alembert fait appel aux meilleurs savants pour dresser le tableau des sciences, des arts et des métiers. Malgré censure et critique, l’œuvre phrase des Lumière connaîtra un succès sans précédent.

En juillet 1749, après sa Lettre sur les aveugles, d'un matérialisme athée insupportable, Denis Diderot est enfermé au château de Vincennes. C'est le premier arrêt de l'Encyclopédie, entamé depuis fin 1747, avec Jean le Rond d'Alembert. Il restera en prison 3 mois. Ce ne fut que le premier écueil que rencontrera l'Encyclopédie pendant plus d'un quart de siècle. Pourtant, soutenue elle va s'affirmer et rencontrer un immense succès. Ses promoteurs sont entourés des meilleurs savants de leur temps et proposent un savoir débarrassé des superstitions. Dans ses 28 volumes elle présente une pensée philosophique moderne et une critique des pouvoirs monarchiques et religieux.

Au départ pourtant elle ne devait être que la traduction des deux volumes d'une encyclopédie anglaise, la Cyclopaedia d'Ephraïm Chambers parue en 1728 et rien ne semblait lui offrir une telle destinée. L'abbé de Gua de Malves doit la diriger et d'Alembert, alors premier géomètre d'Europe, en contrôler les mathématiques. Diderot est traducteur, travail qui lui permet de subsister depuis que son père lui a coupé les vivres. L'abbé jette l'éponge, et DD reprend le projet. Avec d'Alembert ils vont amplifier la vocation première du projet. Diderot était un jeune homme inconnu mais d'Alembert, lui, avait la réputation et le poids nécessaires vis-à-vis du pouvoir et des éditeurs, mais c'est lui qui va insuffler sa vision philosophique dans le projet.

La somme de découvertes diffusées ainsi va rendre caducs les inventaires médiévaux plaçant la foi au centre des connaissances. Dès la fin du XVIIe les dictionnaires proposant un ordre alphabétique des savoirs rencontrent un grand succès partout en Europe, principalement ceux introduisant un contenu scientifique actualisé.

Le Dictionnaire universel de Furetière ou le Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, ''l'arsenal des Lumières'', annoncent l'Encyclopédie dont l'ambition est ''d'exposer autant qu'il est possible, l'ordre et l'enchaînement des connaissances humaines''. Un nouvel ordre du savoir est présenté qui le désacralise. Son point de départ est l'entendement humain. Les subdivisions des sciences se rattachent aux trois facultés de l'entendement que sont la mémoire, la raison et l'imagination. L'histoire renvoie à la mémoire, la philosophie à la raison, et la poésie à l'imagination. Désormais ce n'est plus dieu qui dirige la nature mais l'Homme qui l'explique commente Martine Groult.

L'Encyclopédie se veut un dictionnaire ''raisonné''. Elle présente deux axes pour la connaissance, l'homme et la nature, ouvrant la voie à une science émancipée de la théologie et à une métaphysique fondées sur l'expérience et l'observation. Elle innove en faisant appel à plus de 140 collaborateurs, par l'importance donnée à des disciplines naissantes ainsi que par un la place donnée aux planches d'illustration. Pour la première fois dans un dictionnaire les noms propres sont absents.

En 1751, 1000 souscripteurs permettent le lancement de l'entreprise, ils seront 4200 en 1757. L’œuvre sera vivement critiquée par les jésuites et les milieux conservateurs et surmontera bien des obstacles avant d'arriver à son terme. Au final l'Encyclopédie comporte dix-sept volumes de textes, soit 72000 articles, complétés par onze volumes de planches dont l'impression s'achève en 1772.

Ainsi s'érigea un monument de référence pour les sciences, les arts et les métiers. Elle présente la somme des progrès de l'esprit humain et en expose le bilan critique en conservant un regard critique sur le progrès. Ses concepteurs développent une vision lucide des limites de la perfectibilité de l'esprit humain, et inscrit ses progrès dans une vision plutôt noire de l'histoire le progrès est pris au sens cinématique de mouvement et peut aussi aller vers l'arrière ; les lumières de la raison peuvent être à nouveau obscurcies par la corruption et la barbarie. La modernité de l'Encyclopédie tient à sa présentation des découvertes nouvelles mais aussi, surtout, à son invitation à se méfier de tout dogmatisme, à douter de tout, y compris du progrès. Véronique le Ru explique comment ils durent dissimuler leur analyse critique dans des réseaux d'articles. Leurs idées sur la séparation de l'Église et de l'État ne se troue pas ni à l'entrée. Église, ni à celle d'État, mais aux entrées superstition, fanatisme et templier. Cependant les encyclopédistes sont pus des réformistes que des révolutionnaires, souhaitant une monarchie parlementaire et témoignant du mépris envers la ''populace''.

 

Martine Groult : Les encyclopédie. Construction et circulation du savoir de l'Antiquité à Wikipédia. (l'harmattan 2011)

Véronique Le Ru. Subversives lumières, l'Encyclopédie comme machine de guerre. (CNRS 2007)

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 08:44
Un beau couple...
Un beau couple...
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 08:38

Robert Z. Leonard & Bubsy Berkeley – 1941 - 132'  Résultat de recherche d'images pour "ziegfeld follies film"

Florenz Ziegfield est une figure du spectacle de la Belle-Époque aux états-unis. Les ziegfield folies y furent l'équivalent de nos Folies-Bergères. Jusqu'à la crise de 1929 qui vit leur disparition. Leur géniteur lui-même disparut en 1932. 3 films se succédèrent qui mirent sa vie, ou son œuvre, en scène. Si le premier ''The Great Ziegfield'' était une biographie, le suivant, celui-ci donc, est plus une illustration de ses spectacles.

 

Trois danseuses nous sont ainsi présentées, trois destins différents. Trois jeunes femmes engagées le même jour dans la troupe. Susan Gallagher d'abord, incarnée par Judy Garland. Ambitieuse et travailleuse elle finira par devenir la vedette du show, et en profitera pour faire engager son père ; Sandra Kolter, Hedy Lamarr, est moins motivée mais il lui faut faire vivre sa famille, son époux a beau être un prodige du violon il ne parvient pas à s'imposer. Sheila Regan, Lana Turner, pour sa part se laisse emporter par le succès jusque dans les excès qui causeront sa perte.

Une rousse au grand cœur, qui réussit sans être prête à tout pour cela, la brune préférera la famille au succès, quand à la blonde, elle montrera que le succès n'est pas une fin, y toucher est le plus facile, le garder demande volonté et abnégation, qualité qui lui manquent. Dans sa chute elle entrainera Gil Young, dommage pour James Stewart.

La danseuse des folies Ziegfield est plus un film sur la danse qu'une comédie musicale du genre de Chantons sous la pluie où chaque instant de la vie est prétexte à un numéro. Il y gagne en réalisme mais y perd, beaucoup, en magie, sans oublier la longueur du film, excessive. Chaque acteur tient sa place sans se forcer, chaque rôle ayant été écrit sur mesure en fonction de ce qu'il représentait dans l'imaginaire populaire du moment.

C'est justement la distribution qui fait la valeur de ce film, triptyque de comportement différents, de qualités opposées, qui voit la mauvaise fille punie, mais capable de trouver la rédemption au dernier moment, la gentille réussi par ses propres mérites et en suivant les conseils de son père, et l'autre... trouver ailleurs sa place. N'oublions pas que ce film fut tourné en 1941, la guerre approche, il est bon de souligner les ''vraies'' qualités. Dans la réalité nous savons que celles-ci ne mènent pas toujours au succès.

Heureusement chaque télécommande dispose d'une touche ''avance rapide'' !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 08:29

Mushishi (蟲師) est un manga écrit et illustré par  Urashibara Yuki (漆原). Prépublié de 1999 à 2008 dans Monthly Afternoon, compilé en dix tankōbon. Édité en France par Kana.

Les Mushi sont une forme de vie primitive, la plus archaïque de toutes. Ils existent partout avec des effets plus ou moins grands sur les humains qu'ils croisent. Chez certains ils provoquent des maladies, parfois graves, chez d'autres ils offrent des dons extraordinaires, peuvent rendre fertiles des terres stériles et même rendre la vie, apparemment du moins.

 

 

Le personnage principal, le mushishi, est Ginko (ギンコ), reconnaissable à ses cheveux blancs dont une mèche tombant sur le visage cache qu'il n'a qu'un œil, vert. Un incident survenu alors qu'il était enfant explique ce physique inhabituel et son aptitude à voir les mushi tout en le rendant attirant pour ceux-ci. Pour cette raison il ne peut jamais rester longtemps au même endroit. Pour se protéger il fume un tabac spécial éloignant ces créatures. De plus il a oublié son véritable nom : Yoki (ヨキ). Il est habillé de façon moderne mais le Japon dans lequel il voyage est sans âge et sans référence à la modernité ou à la technologie. Cette matrice de mushi loin de la nature et encore plus dangereux que les autres.

Chaque épisode le voit dans un endroit différent, ayant affaire à des mushi nouveaux. Malgré son calme et son attitude paraissant désinvolte Ginko est sérieux, observateur, et sait protéger les humains des actions de créatures dont ils ignorent l'existence. Ces êtres font partie de la nature mais ne sont pas sans danger, loin de là. Ils remplissent leur rôle, indifférent aux bien ou au mal, notions qui leur sont étrangères.

Peu de personnages reviennent donc. Parmi ceux-ci : Karibusa Tanyū (狩房淡幽), jeune copiste notant les histoires rapportées par les mushishi, elle-même est ''habitée'' par un mushi.

Adashino (化野), docteur d'un village de pêcheurs. Il collectionne les objets rares en rapport avec les mushi. C'est un ami de Ginko, dont il rachète les trouvailles.

Nui (ぬい), une femme Mushishi qui a recueilli Ginko lors de la mort de sa mère. Elle lui a enseigné les rudiments du métier de Mushishi. Elle aussi était borgne et avait les cheveux blancs à cause de mushi nommés « Ginko ». Elle n'apparaît qu'une fois, mais sa voix narre les débuts d'épisodes dans l'anime.

Écologie, fantastique et poésie, une trilogie gagnante !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga Japon
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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 08:15

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Le règne des lettres est passé ; les physiciens remplacent les poètes et les romanciers ; la machine électrique tient lieu de pièce de théâtre, écrit Louis-Sébastien Mercier dans ''Tableaux de Paris''. Simple constat que le monde des salons des Résultat de recherche d'images pour "galilée" Lumières se passionnait d'anatomie et d'électricité, de probabilité et de magnétisme. La révolution scientifique symbolisée par Copernic, Galilée, Descartes ou Newton, fonde la science que nous connaissons aujourd'hui. La quête du savoir s'affranchit du joug des Anciens ou de l'Église. La conception de l'Univers est bouleversée ; notre planète tourne autour d'une étoile comme il y en a des millions !

Les élites cultivées se passionnent pour cette science qui bouleverse la représentation du monde. La raison, caractéristique de la mentalité des Lumières, s'accorde avec les nouvelles méthodes de la Révolution scientifique. Tous les grands penseurs de cette époque ont une solide formation en sciences, aucun ne laissa de contribution notables mais tous étaient d'honnêtes amateurs. Il était de bon ton de disposer d'instruments scientifiques et de réaliser avec des expériences. Les plus férus fréquentent une des 50 académies de province. Celles-ci diffusent le savoir mais forgent peu de nouvelles connaissances. En 1776 Condorcet Résultat de recherche d'images pour "condorcet" écrit à toutes les académies pour leur proposer de s'associer aux travaux de l'Académie royale des sciences dont il est secrétaire perpétuel. Il reçoit peu de réponses positives. Les académies provinciales sont surtout des lieux de sociabilité réunissant noblesse et bourgeoisie éclairée, explique Simone Mazauric.

C'est l'Académie royale des sciences qui donne le la de la science pour l'Europe. Ses 300 affiliés sont pensionnés par le roi et peuvent se consacrer à plein-temps à leurs travaux. Ce sont les premiers chercheurs professionnels de l'histoire. Chaque année, le secrétaire perpétuel rédige un volume d'Histoire de l'Académie, comprenant 3 sections adressées à des publics différents. Les Mémoires décrivent la science de pointe et sont destinés au ''vrais savants'' ; l'Histoire raconte la vie de l'Académie et s'adresse aux moins spécialistes ; les Éloges, eux, relèvent de la chronique mondaine.

Plusieurs publications sont de véritables best-sellers scientifiques, comme les huit volumes du Spectacle de la nature de l'abbé Pluche ou les Entretiens sur la pluralité des Résultat de recherche d'images pour "entretien sur la pluralité des mondes" mondes, de Fontenelle. Ouvrage mettant en scène le dialogue d’une marquise soucieuse de s'instruire et d'un savant décrivant la cosmogonie faisant de la Terre un astre parmi d'autres. Son style imagé est typique du ton plaisant et mondain de beaucoup de livres de sciences du XVIIIe. Ceux-ci ne sont lu que par le ''beau monde'', les paysans en restent aux livres religieux, almanachs ou livres de contes. Il faudra attendre le siècle suivant pour que l'on parle de vulgarisation pour désigner une diffusion vers le plus grand nombre.

 

Peu à peu la science va devenir une affaire de spécialistes. Au début des Lumières une expérience est validée si elle est réalisée en présence de gens influents et connus. Il faudra à la fin du XVIIIe réaliser une expériences en laboratoire devant experts et spécialistes

pour qu'elle fut validée. Les nouvelles connaissances portées par Lavoisier, Linné ou Leibnitz sont trop complexes pour être expliquées à tous avec la rigueur requise. La science de mondaine devient ''sévère'' pour reprendre le terme de Jean-Luc Chappey. L'usage des mathématiques en physique contribue à la montée d'une science privée, seulement accessible aux initiés. Le public extérieur à ce monde Résultat de recherche d'images pour "carl von linne" ésotérique doit se contenter d'une compréhension de surface le mettant hors-jeu de toute discussion sérieuse en ces matières, confirme Yves gingras. La science devient professionnelle, des périodiques apparaissent qui sont destinés aux seuls hommes de science ainsi que des sociétés savantes comme la Société linnéenne ou la Société philomatique. L'amateur de sciences apparu avec les Lumières disparaît dès l'époque napoléonienne.

Simone Mazauric. Fontenelle et l'intention de l'histoire des sciences à l'aube des lumières. Fayard 2007

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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