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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 09:00

Aigrivain : Homme dont la réussite littéraire ne fut jamais à la hauteur de son ambition. Toujours par la faute des autres qui n'ont jamais compris l'immensité de son talent.

Album photo : Cimetière de papier hanté par des fantômes aux visages flous avec l'angoissante perspective d'un jour les rejoindre.

Amythologie : Croyance que les relations humaines sont basées sur la sincérité... d'autant plus pernicieuse que c'est parfois vrai.

Ankaraffe : Partir en Turquie et s'y retrouver sans argent ni papier. Circonstances pas toujours aussi dramatique que le cinéma voulut nous le montrer.

Bernard l'airmythe : Individu se prenant pour quelqu'un d'autre en ayant l'impression d'être personne.

Biogravie : Façon de raconter sa vie en ne voyant que les épisodes les plus dramatiques en supposant que ceux-ci seront plus vendeurs.

Callasnikov : Chanteuse se croyant meilleure que les autres, prête à tout pour éliminer la concurrence.

Cathostroph(iqu)e : Effet d'une religion qui entend imposer ses dogmes au monde entier.

Charenthèse : Quoi de plus rassurant qu'une idéologie basée sur une supposition que rien ne vient corroborer mais dont les preuves de la fausseté ne parviennent pas à une consciente léthargique ?

Corporatisme : synonyme acceptable socialement de grégaire.

Killheure : Tue le temps, en attendant que celui-ci lui rendre la pareille.

Manque : Le véritable plaisir d'un toxicomane digne de ce nom, le partenaire des moments les plus intenses de son existence. Chacun donnant l'impression d'être, peut-être, le dernier !

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 09:00

Les Cahiers de Science & Vie 152

Christophe Migeon

 

Les intellectuels les dénoncent, les ridiculisent, qu'importe, les superstitions populaires prospèrent plus que jamais. Villes et campagnes bruissent toujours du murmure des incantations magiques et des prières indues.

Dans les chaumières pour déjouer les manigances d'un sorcier on frappe trois fois sur la coque des œufs qu'on vient de manger, sous les lambris des salons parisiens on s'amuse à convoquer le diable et ses démons. À côté d'une France éclairée subsiste une France souterraine confite dans ses croyances.

Pendant des siècles l'homme s'est confronté avec un contexte hostile, cherchant à se prémunir des maladies et de s'assurer de bonnes récoltes, des troupeaux prospères et de savoir de quoi l'avenir serait fait. Les prières se révélant souvent inefficaces de nombreuses pratiques anciennes ont subsisté : charmes, conjurations, divinations, exorcismes... ''Pendant longtemps, la population a eu un mode de pensée magique, animiste, recouvert d'un vernis religieux'' explique Vincent Milliot. Pourquoi ne pas faire appel aux services du prêtre et du sorcier ?

La liste est longue de comportements prêtant à sourire mais qui dans la France de l(époque suscitaient crainte et respect dans une majorité de la population. Dans sa Recherche de la vérité (1674) Malebranche recense et analyse les différentes erreurs des hommes.

Jean-Baptiste Thiers dresse l'inventaire exhaustif des déviances populaires dans son Traité des superstitions pour en dénoncer le ridicule. Bayle et ses Pensées diverses (1683)profitent du passage de l’astéroïde de 1680 et de la panique suscitée pour régler son compte à l'obscurantisme et l'idolâtrie. Fontanelle dans son dictionnaire historique et critique (1695-1697) s'en prend à l'Église et aux aux préjugés qu'elle entretient.

Après le concile de Trente le mouvement de la Contre-Réforme resserre la vis au clergé et à ses fidèles. Le prête local se fait l’œil de l'évêque au sein de la communauté. Il lui incombe de canaliser les adorations de saint locaux ou de traquer charlatans, imposteurs et aux abuseurs de la crédulité populaire. Les fêtes d'origines païennes sont christianisées et couverte d'une d'orthodoxie. Pourtant la réalité de Satan et de ses pouvoirs, comme sa capacité de nuisance dans la vie des gens est réaffirmée. Ce qui n'empêche pas l'Église de continuer à tolérer les cultes de saints douteux mais dont le commerce lui rapporte gros.

Les gens du peuple continuent d'attribuer aux saints des pouvoirs surnaturels malgré la répugnance du clergé à reconnaître les guérisons miraculeuses. Le peuple a parfois du mal à trouver la frontière entre le ''bon'' et le ''mauvais'' surnaturel. Quel est le seuil à partir duquel la religion devient superstition ?

les philosophes du XVIII dénoncent moins cette faiblesse congénitale du peuple que le cynisme de ceux qui l'exploitent, à savoir les rois et les prêtes qui confortent ainsi leur pouvoir, souligne Catherine Volphlhac. Montesquieu prêche pour une ''religion éclairée par la raison'' et une ''raison affermie par la religion''.

Durant la seconde moitié du XVIIIe le regard porté sur les pratiques populaires se fait plus bienveillant, plus compréhensif de ses origines et moins culpabilisant.

L'aristocratie de son côté entend se divertir et ouvrer les portes de ses salons à l'irrationnel tant qu'il est récréatif. Des charlatans savent tenir en haleine leur public. La haute société s’encanaille dans des séances de démonologie, les marquises emperruquées frissonnent en écoutant des histoires de vampires venues tout droit de Russie et de Moldavie. Le comte de Saint-Germain, érudit polyglotte sachant fabriquer de l'or et âgé de nombreux siècles, fait son apparition en 1750, avant de disparaître une décennies plus tard, pour être remplacé par Messmer et son baquet, lequel sera suivi par Cagliostro. Celui-ci finira par être expulsé de France après l'affaire du Collier de la reine et finira sa vie, médiocrement, dans les geôles pontificales. Condamné par l'inquisition comme franc-maçon.

En cette fin de XVIIIe magie, sorcellerie et surnaturel imprègnent toutes les couches de la société. La superstition poursuit son entêtante petite musique, entre chats noirs et trèfles à quatre feuilles.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:00

Masa Sawada – 2014 – 75'

En 1944 Fujio Hayashi est âgé de 21 ans, il se porte volontaire pour la première opération kamikaze de l'histoire, imaginée par l'Armée impériale japonaise, s'il ne l'avait pas fait peut-être ce projet en serait-il resté là !

Ironie du destin, il ne sera finalement jamais choisi, au contraire, nommé lieutenant c'est lui qui désignera ceux qui partiront.

 

Dans ''Parole de Kamikaze'' le réalisateur donne la parole à cet homme qui depuis soixante-dix ans vit avec le souvenir de cette époque, de l'ambition qui fut la sienne le jour où il se proposa, des mois pendant lesquels il dut choisir ceux qui allaient mourir, puis la capitulation du Japon, et la vie ''normale'' qui reprend ses droits.

Une série de plans fixes dans des décors différents, intérieurs ou extérieurs, Fujio a le temps de choisir ses mots, d'hésiter, de se taire. Il raconte ce qu'il vécut, ressentit, sur le moment, par la suite, maintenant encore alors qu'il paraît cohabiter avec des fantômes qui ne l'ont jamais abandonnés encore qu'ils ne paraissent pas hostiles, seulement présent pour qu'à travers celui qui survécut eux ne soient pas absorbés par le néant.

Aujourd'hui le mot kamikaze appelle une image différente, celle d'un individu, ceinturé d'explosif, provoquant la détonation pour tuer le maximum de personne. Celui-ci n'est qu'une porte violemment ouverte sur le vide qui le définit. À l'époque il s'agit de jeunes gens que la propagande impériale convainquit que leur mort serait pour leur pays la promesse d'un avenir victorieux. Mensonge bien sûr mais avaient-ils les moyens de voire derrière les mots l'ombre d'une inéluctable défaite ?

Inutile d'attendre des séquences de guerre, le passé est seulement évoqué, gagnant ainsi une force que des images eussent diluée par un vieil homme dont la longévité pourrait être la somme des années perdues par ses condisciples. Il décrit la réalité des actions. Le soldat était dans un Okha, minuscule avion, ressemblant à un missile, qu'il pouvait à peine diriger, accroché sous l'aile d'un bombardier s'approchant des navires ennemis, au meilleur moment il se désolidarisait de son porteur et filait vers sa cible avec à peine plus de chance de l'atteindre que s'il n'avait pas été là pour diriger son esquif volant.

 

Masa Sawada enregistra 30 heures de films, il n'en conserve que 75', suffisamment pour suivre le cheminement d'un jeune homme que rien ne prédisposait à sortir du lot, porte parole désormais de ses semblables et d'un temps où la parole de l'empereur ne se discutait pas. Ce qu'il peut se permettre maintenant, mettant en cause cette fuite en avant, ce fanatisme refusant l'évidence, qui priva le pays de milliers de jeunes gens qui lui auraient été plus utiles vivants. Si encore l'empereur avait demandé pardon, avait seulement présenté des excuses, mais non, pas question de reconnaître ne serait-ce que la possibilité de s'être trompé.

 

Tout est-il différent aujourd'hui au Japon ? Face à un avenir flou il semble soucieux de glorifier son passé en ''oubliant'' ceux de son sang qu'il sacrifia. Un masque de guerrier posé sur des millions de visages hurlant silencieusement dans un présent qui leur tourne encore le dos.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 09:13

Homecoming - Mervyn LeRoy – 1948 – 113'

Revenir chez soi après un long voyage est prétexte à introspection, à se souvenir des raisons de s'en aller, et des espoirs présidant au retour. Ainsi Lee Johnson (Clark Gable), Docteur ayant pris place sur le bateau qui le ramène à New York, se souvient-il de son épouse, Penny (Anne Baxter), du couple qu'ils formaient, heureux d'être deux et ne voulant surtout pas qu'un enfant vienne perturber le fonctionnement de leur couple.

Lors d'une discussion avec un condisciple, celui-ci fait remarquer à Lee sa superficialité, sa vie tellement loin de la réalité, de la pauvreté et des vrais malades qui ont besoin d'aide. Lee pourtant, suite à cette conversation, va s'engager dans les troupes parties débarquer en Afrique du Nord puis en Italie.

Lors du voyage Lee se dispute avec Jane (Lana Turner) une jeune infirmière, veuve de guerre et mère d'un petit garçon de 6 ans. Celle-ci deviendra son assistante pendant qu'il opère sur les champs de bataille alors que l'hôpital de campagne est bombardé.

Un nouvel environnement, des circonstances dramatiques, et la proximité de cette belle jeune infirmière, surnommée ''Vif Argent'' font que Lee ouvre les yeux sur un monde dont il ignorait tout. Il s'en ouvre à son épouse qui craint qu'il ne soit tombé amoureux de Jane et renonce à sa vie d'avant.

Elle n'a tort qu'à moitié, s'ils sont amoureux Jane et Lee savent leur amour impossible.

La guerre continue, les alliés remontent jusque dans les Ardennes. Le médecin et son infirmière passent leurs permissions à Paris et leur dernier nuit dans une ferme en ruine alors que les bombes pleuvent autour d'eux.

Enfin le paquebot accoste à New York, Penny retrouve son mari qui ne semble pas si heureux que ça d'être enfin de retour. Ce n'est que le lendemain qu'il peut raconter ce qui s'est passé, parler de ''Vif Argent'', de la mort de celle-ci lors des combats à Liège. Il demande à son épouse de faire preuve de patience, celui qu'il est devenu n'a plus rien à voir avec celui qui est parti.

Quelle est l'utilité de partir si c'est pour revenir identique à celui qui s'en est allé ? Le voyageur débarque chez lui, Lee ne s'appelle-t-il pas Ulysse, Penny n'est-il pas le diminutif de Pénélope. Seul Télémaque est absent, mais ça c'est une autre histoire.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 09:00

Me qualifier d'humain n'est pas un compliment, pas une injure ; c'est une erreur.

La culpabilité fait plus grossir que le sucre.

Respecter son ennemi le renforce.

La nature vous fait peur, et vous avez raison.

L'espèce humaine n'est qu'un dédale.

Je fais bien le mal mais mieux le pire.

Qui défend la liberté d'expression le fait le plus souvent si celle-ci ne s'oppose pas à ses propres dogmes et idées.

Je n'ai pas de besoin de 2 mains, je n'ai qu'une bière !

Là tu vis est pire que la tumeur !

Je suis hainologue.

L'amour déçu fait vite d'un idolâtre un iconoclaste.

La guillotine est lame sœur par excellence.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:57

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Philippe Testard-Vailland

Les idées novatrices essaiment grâce aux médis écrits. La scolarisation et l'alphabétisation aidant, un nombre croissant d'hommes et de femmes y ont accés. La production de livres s'envole et la censure se desserre quelque peu. De mêmes, les libelles moquant la monarchie se vendent comme des petits pains.

La plupart des titres de presses sont contrôlés par l'État, ils se font peu écho des œuvres des Lumières en général, et de l'Encyclopédie en particulier. En retour les philosophes négligent la presse, pour ne pas dire qu'ils la méprisent, tout en convoitant les revenus qu'elle offre. Les nouvelles idées sont surtout l'objet de conversation entre beaux esprits à partir des années 1750 dans des salons tenus par des femmes de la haute aristocratie. Ceux-ci servent de relais aux Lumières dans les grandes métropoles judiciaires (Bordeaux, Aix-en-Provence...j et les villes hégergeant de fortes garnisons militaires (Strasbourg, Besançon...). Les Lumières s'immiscent dans les cafés parisiens comme le Procope ou le café de la Régence, le favori de Diderot qui en fait le décor du Neveu de Rameau.

L'impact des Lumières n'en est pas moins limité. Les inégalités d'alphabétisation ralentissent l'accès aux idées nouvelles, les femmes en sont les premières victimes. Journaliers et ouvriers lisent moins que les artisans, les commerçants, les bourgeois et ls nobles. Les régions instruites sont situées au nord d'une ligne Saint-Malo/Genève, au sud c'est une France du retard scolaire avec d'importantes nuances locales. Sans parler du contraste entre la ville et la campagne.

Le contraste reste patent entre des élites rêvant d'une société telle qu'elle n'est pas et des masses aspirant à améliorer leurs quotidiens.

Voltaire traite le peuple de ''canaille'' qui n'est pas digne d'être instruit, le baron d'Holbach précise ''Le peuple ne lit pas plus qu'il ne raisonne''.

Le poids de la religion limite également l'impact des Lumières, soupçonnées de vouloir s'affranchir des contraintes vis-à-vis de dieu.

Au final, le ''taux de pénétration'' des Lumières en XVIIIe reste faible. La population ne perçoit pas les mutations qui agitent le dernier siècle de l'Ancien Régime. Seule l'élite du tiers état et une petite partie de la noblesse s'engagent dans la dynamique de ce mouvement.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 08:53
Pélican
Pélican
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 08:46

그놈 목소리 - Park Jin-pyo – 2007 – 122'

Sang-woo a neuf ans, il est le fils unique de Han Gyeong-bae, un présentateur vedette de la télévision. Il est persuadé que sa mère, Oh Ji-sun, ne l'aime pas, c'est comme si elle était sa belle-mère écrit-il dans son journal intime. Et c'est vrai que sa mère est stricte, mais c'est pour son bien, d'autant qu'il présente une surcharge pondérale importante contre laquelle il ne lutte pas, au contraire. Il s'est installé dans une cave une ''résidence secondaire'' où il peut lire ses bédés et, surtout, grignoter un grand nombre de saletés hypercaloriques.

Un soir il est en retard, sa mère veut appeler la police mais son mari la convainc d'attendre un peu, inutile de se presser.

Quand le téléphone sonne ils se précipitent ensemble. Un homme leur dit que Sang-woo est avec lui et qu'il ne doivent pas, comme il se doit, prévenir les autorités. Le père continue donc à aller au travail, à faire comme si tout allait bien, invitant son épouse à rester calme, il va tout faire pour retrouver leur fils. Après tout ce n'est qu'une histoire d'argent.

Lui qui a présenté tant de cas de victimes de kidnappings retrouvées mortes !

Il passe à la banque, retire la somme demandée.

Le compte à rebours continu : 20 h !

Sang-woo est toujours absent. Mais il est temps de livrer la rançon.

22 h !

le lieu de la remise de l'argent a changé, le père suit les nouvelles instructions, croise quelqu'un qu'il prend pour le kidnappeur... le quel va se révéler un flic. Sa femme a cru bon d'appeler la police.

Le jeu de piste continu, il fait nuit et la tension monte pour les parents. Il semble impossible de remettre l'argent. La police de son côté entame ses investigations sous la direction d'un inspecteur expérimenté, ils n'ont pour cela que des enregistrements vocaux, c'est peu.

3 jours d'absence.

 

Pas de nouveau contact, parents et policiers attendent...

Il rappelle, Oh, puis Han, sous-entendant qu'il est au courant pour la police. Va jusqu'à coller un post-it sur le pare brise alors que Han est assoupi. Il faut mentir à la famille, aux employeurs, amis... en espérant que Sang-woo soit retrouvé vivant. Un nouveau rendez-vous est fixé.

 

Le jeu continu, une partie d'échec entre le kidnappeur, la police et les parents de Sang-woo, bien qu'il semble que le premier se satisfasse de déplacer ses pions sans se soucier de toucher finalement ''son'' argent. Il promet, menace, se fait amical, compréhensif...

Un suspect est arrêté, la voix ne correspond pas. La poursuite continue. Une course contre la montre, la mort, les deux ?

 

25 jours d'absence.

 

 

Deux heures de suspens, rythmées comme les coréens savent le faire. Centrées autour des parents plutôt que des policiers ou du criminel.

 

D'après une histoire vraie.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 08:39

Les Cahiers de Science & Vie 152

 

Voltaire ou Montesquieu défendaient la liberté et critiquaient injustices et fanatismes sans remettre en cause le principe de la monarchie. Pour autant ont-ils inspiré la Révolution ?

 

Le 10 juillet [belle date] 1791, la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon tirée par douze chevaux blancs. Le convoi traverse Paris et des acteurs brandissent les titres de ses ouvrages principaux. Sur son cercueil de porphyre était écrit : Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre. Ainsi la Révolution rattachait-elle ses valeurs, liberté, égalité, refus de l'obscurantisme, à la philosophie des Lumières. Pour les révolutionnaires celle-ci avait préparé la chute de l'ancien régime.

 

Pourtant ses représentants avaient des opinions différentes. Voltaire et Montesquieu ne contestaient dans la monarchie que son statut de droit divin, ils dessinent une monarchie réformée, ouverte à la liberté et tournée vers le bonheur de son peuple. Le premier imagine unrégime ou le prince, soumis à la loi comme tout un chacun, serait tout puissant pour faire le bien mais aurait les mains liées pour accomplir le mal. Pour lui la république n'est possible que dans un État de petite taille. Diderot et Rousseau, pour éviter l'arbitraire mettent l'accent sur la souveraineté populaire. Réflexion théorique plus proche de la démocratie que de la monarchie.

Les penseurs du temps ne défendent donc pas tous un programme politique identique tout en partageant des valeurs fondamentales, au

premier rang desquelles la liberté. L'individu doit être libre de sa personne, de ses opinions, de sa religion. Liberté économique à une époque où l'activité est contrainte par des réglements et privilèges.

La notion d'égalité est revendiquée par certains philosophes mais à plus long terme car elle exige, à leurs yeux, un travail d'éducation.

Ces valeurs des Lumières sont en opposition avec celles de la monarchie.

La liberté d'expression est une menace directe contre l'Ancien Régime : On oublie souvent, rappelle Daniel Roche, que la monarchie repose sur la censure. Dans le règlement de toutes les académies et sociétés savantes figure un point central : interdiction de parler de dieu, du roi, des mœurs. Les Lumières sapent donc la monarchie absolue en encourageant les citoyens à porter un regard critique sur le monde. Travail prolongé par toute une littérature clandestine irrévérencieuse vis-à-vis des autorités politiques et religieuse dont la diffusion contribue à répandre l'écrit au-delà de l'élite cultivée.

Ainsi les lumières ont-elles contribuées à fragiliser un système monarchique fragilisé par une crise conjoncturelle (les mauvaises récoltes de 1788-1789) et structurelle.

Fruit d'influences diverses, la Déclaration des droits de l'homme du 26 aout 1789 affiche une continuité avec les Lumières perceptible dès le premier article. Pour les révolutionnaires visant à promouvoir une véritable égalité le lien avec les Lumières est plus ambivalent.

La Terreur est-elle une trahison de ce lien bien que les Lumières n'aient jamais exclu le recours à une certaine violence ? La question reste posée, comme de savoir s'il faut considérer la Révolution comme un tout, Terreur comprise.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 09:00

Fred attend dans la salle d'attente du célèbre Dr Stern quand arrive un second malade, Vincent, chauffeur de taxi de son état et qui ne craint pas de le dire. Celui-ci est surpris quand il entend son voisin l'insulter. Il est prêt à répondre quand celui-ci lui explique qu'il n'y est pour rien car il souffre d'une affection appelé le syndrome Gilles de la Tourette. Il est justement là parce que le docteur Stern est réputé pour soigner les tocs, troubles obsessionnels compulsifs. Vincent de son côté ne peut s'empêcher de compter tout ce qui se passe.

Résultat de recherche d'images pour "toc toc baffie"

 

Voilà qu'arrive une nouvelle personne, elle ne peut s'empêcher de vérifier et revérifier, dix fois, vingt fois, et elle n'est pas sûr que la porte soit bien fermée ou le gaz bien coupé. Blanche qui arrive ensuite est une maniaque de la propreté. Lily souffre de palilalie et d'écholalie, elle répète tout ce qu'elle dit deux fois, et souvent le dernier mot des autres.

En dernier arrive Bob, jeune homme obsédé par la symétrie et qui fait beaucoup d'effort pour éviter les lignes.

La salle d'attente est pleine mais voilà que la secrétaire vient voir nos amis et leur dit que le professeur sera en retard, en effet il revient d'Allemagne et son avion a du retard, mais il va arriver, c'est sûr. Les patients hésitent sur la conduite à tenir, rester, partir... Dans le premier cas, que faire ? Pourquoi ne pas utiliser un des jeux présents dans la bibliothèque : le monopoly. Rien de tel pour passer le temps.

Finalement Bob qui a déjà testé une thérapie de groupe propose de passer le temps en essayant cette technique, chacun a son tour doit essayer de tenir un moment sans céder à son toc.

Y parviendront-ils ?

La première pièce de Laurent Baffie, plusieurs fois reprise à l'étranger. Bâtie sur une idée inattendue avec des comédiens qui donnent vraiment le meilleur pour être à la hauteur de rôles difficiles. Une mention pour Tiphaine Haas, jeune, et jolie, dans son rôle de Lily elle est fantastique. Je n'oublie pas les autres.

La mécanique est bien huilée, les répliques s'enchaînent, s'enchaînent, sans une seconde de répit. Une vraie comédie. Une vraie comédie.

Attention, si vous n'aviez pas de toc en y allant vous pourriez vous en trouvez en partant !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu theâtre
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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