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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 07:44

Je porte un masque qui me ressemble afin que nul ne me reconnaisse.

Le loup nourrit la cohésion du troupeau des moutons.

À qui me cris ''Pervers !'' je réponds ''Jaloux !''.

Les démons sentent le soufre... douleur.

N'ayez pas peur de moi, ce serait insuffisant.

Les lunettes du présent faussent la lecture du passé.

Je suis un rameau toxique sur l'arbre de l'évolution.

La guérison de ma blessure sera ma mort.

La ''justice'' est la déesse du gibier.

Je joue à la poupée avec mes personnages attendent qu'ils me jugent.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 07:36

Les Dossiers de La Recherche N 2

 

                               (Laurent Giordano)

 

Nous prenons tous un médicament quand nous en avons besoin, le problème est qu'une petite partie seulement de leurs principes actifs sont efficaces, le reste est dégradé puis évacué. Il semble logique de produire des médicaments capables de cibler les cellules malades.

La nanomédecine est l'utilisation de nanoparticules synthétiques transportant des principes actifs mais aussi pour des implants osseux ou des régulateurs cardiaques. L'organisation internationale de normalisation définit les nanomatériaux comme compris entre 1 et 100 nanomètres pourvus de propriétés spécifiques à cette échelle.

Certaines industriels préfèrent pourtant éviter la qualification de ''nanos'' pour éviter des réglementations trop contraignantes. La limite des 100 nanomètres n'a pourtant aucun fondement scientifique, certaines propriétés peuvent apparaître à 10 comme à 500 nanomètres. La limite, supérieure, du micromètres semble la plus valide.

 

Les nanomédicaments associent deux composantes : le principe actif et la nanoparticule qui la transporte vers les cellules malades. Cette méthode est appelé vectorisation par nanoparticule, elle permet d'envoyer vers les cellules des agents chimiothérapeuthiques, diagnostiques ou d'autres accroissant les effets des radiothérapies. Ces vectorisations sont associés pour une plus grande efficacité. Les nanovecteurs protègent la molécule active des enzymes de l'organisme et visent le cellule cible pour le libérer. Ils permettent d'atteindre de très petites zones lésées et de détecter les maladies, en particulier les cancers, à un stade précoce.

 

Son domaine le plus abouti est celui du remplacement et de la régénération des tissus et organes lésés, en particulier les dents et les os. Pour qu'un implant s'intègre bien il doit stimuler la synthèse des tissus dans lesquels il est introduit en favorisant la multiplication des cellules qui l'entourent. Des implants nanoporeux offrent une surface de contact 100 fois supérieure aux implants classiques et peuvent être améliorés par l'insertion de nanoréservoirs contenant des substances thérapeutiques ou des facteurs favorisant la croissance cellulaire. D'autres domaines profitent de la nanomédecine : pansements, masques chirurgicaux, stimulateurs cardiaques, prothèses auditives... tant que certains semblent appartenir à la science-fiction. Des artères artificielles pourraient simuler les vaisseaux sanguins naturels, des nanotubes de carbone pourraient surveiller la quantité de glucose dans le sang. Mieux : des nanorobots pourraient sonder l'organisme et les cellules à la recherches d'éventuelles maladies, éliminer ou réparer directement les cellules malades en préservant les saines.

Les premiers nanomédicaments ont 15 ans et leur progression devraient être largement supérieure à celle du secteur pharmaceutique. Plus efficaces, générant moins d'effets secondaires, ils réduisent les frais de santé publique.

 

Toute nouveauté générant la peur des individus les plus obtus, il en est de même de celui-ci chez ceux qui guettent l'occasion de se mettre en avant pour protéger des certitudes aussi étroites que leurs capacités intellectuelles sont limitées. Pour eux le monde doit se figer, et s'il régressait ce serait encore mieux. Dans ce domaine comme dans les autres les nanotechnologies ne sont qu'un moyen. En médecine elles doivent respecter les mêmes obligations que n'importe quel médicament même si leurs spécificités rendent difficiles l'examen de leur usage au fil des années. Le goût des autorités pour toujours plus de réglementation ne peut que aller dans le sens de la sécurité.

 

Du moins, en principe ! 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 07:18

Jean-Pierre Ameris - 2015 – 96'

Violette connaît quelques difficultés dans la vie, c'est pourquoi elle vole un poulet dans un supermarché. Du moins était-ce son but, mais par manque de compétence dans ce domaine, elle se fait remarquer par un vigile qui tente de la retenir. Elle se défend, le frappe, avec le poulet, et l’assomme. Ce qui lui vaut une petite célébrité, et de passer à la télévision où elle explique son geste en mettant en avant son obligation de nourrir ses enfants.

Appel vibrant faisant appel à la sensibilité des spectateurs qui ne restera pas sans écho. En effet dans son immense, ultramoderne, mais froide demeure, Paul-André la remarque.

C'est un homme riche, après la vente de son entreprise de logiciels, mais solitaire et toujours à la limite de la dépression. Il vit sous la surveillance de Léon, son majordome, qui fait bien attention à ce qu'il prenne ces pilules colorées censées lui faire du bien.

Quand quelqu'un frappe à sa porte Violette hésite, elle sera surprise en découvrant Léon qui vient lui parler d'une proposition qui devrait l'intéresser. Elle est dubitative, mais curieuse, par conséquent elle monte dans la belle voiture et se laisse conduire jusque dans la belle maison. Paul-André l'y attend, il se présente avant d'en venir à sa proposition : il ne sait rien de la vie de famille mais voudrait essayer, pour cela il n'a rien trouvé de mieux qu'un test, en vraie grandeur, dans celle de Violette. En échange il rembourse ses dettes et lui offre un salaire confortable pendant un an.

La jeune femme commence par dire non, ça n'est pas possible, elle ne peut pas faire ça... certes, mais en y repensant, plus tard, les bons côtés de cet accord sont plus apparents. D'autant que Paul-André, s'il partagera son lit, n'ira pas plus loin. Il souhaite une famille, pas une femme.

Y'a des limites !

 

Pas besoin de bien connaître le cinéma pour deviner ce qui va arriver. Pour l'ancien entrepreneur le choc est violent, lui qui ne supporte pas les cris ni le désordre doit faire avec, sans parler de la famille de sa nouvelle ''compagne'' qui lui paraît peu sympathique. Alors qu'il n'en comprend pas du tout le fonctionnement ! Il finit par s'y faire, par expliquer à Violette que sa mère ne l'ayant jamais aimé il a finit par n'aimer personne, à commencer par lui-même.

Mais il n'y a pas d'âge pour apprendre et pour se découvrir autre que ce que l'on pensait. Déchirer l'image de soi est souvent douloureux mais toujours salutaire.

 

Benoit Poolevorde est égal à lui-même et Virginie Efira se révèle meilleure comédienne que je l'attendais. Tant mieux. L'ensemble est plaisant, optimiste, sans surprise mais rythmé. C'était le but recherché, il est atteint. Inutile d'en demander davantage.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 07:11
ÉGLISE SAINT-CLÉMENT (Mâcon)
ÉGLISE SAINT-CLÉMENT (Mâcon)
ÉGLISE SAINT-CLÉMENT (Mâcon)
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 07:55

Дом на ТрубнойDom na Trubnoy Boris Barnet1928 - 65'

Sur la rue Troubnaïa est une jolie maison habitée par des ''petits bourgeois'' comme il y en a tant. Y habitent, Golikov, coiffeur de son état, et son épouse. Pour affirmer leur position ils doivent avoir une femme de ménage. Ils engagent donc Paracha Pitounova, paysanne venue à la ville pour travailler et l'exploitent comme si cela faisait partie de la norme et qu'ils en avaient le droit, profitant de sa jeunesse et de sa timidité, la convainquant de ne pas s'inscrire au syndicat.

Dans cette maison les rumeurs volent bas, s'y organisent trafics et magouilles en tout genre, comme il se doit dans ce milieu bourgeois. L'important est de profiter de chaque opportunité pour gagner de l'argent, si c'est sur le dos des ouvriers et autres travailleurs c'est aussi bien. Pitounova est là, victime autant que témoin, œil implacable devant lequel nul ne craint de se montrer tel qu'il est. N'est-elle pas qu'une bonne ?

Un événement inattendu va pourtant se produire. Une confusion due à une homonymie fera croire que Paracha est élue au Conseil municipal, le Soviet de Moscou. C'est un honneur imprévu qu'il convient de fêter comme il se doit.

Jusqu'à ce que la réalité se fasse jour. La jeune fille sera alors mise dehors sans ménagement. Heureusement le syndicat des travailleurs va prendre sa défense contre le couple qui l'employait.

Devinez qui va gagner ?

 

Avec Vera Maretskaïa

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 07:46

(アドルフに告ぐ) - Osamu Tezuka - 1985

Publié en France par Tonkam 

Sōhei Tōge se souvient... En 1983 il peut enfin parler de ce s'est passé depuis son séjour, en 1936, à Berlin, alors qu'il était correspondant de presse à l'occasion des jeux olympiques. Dans la capitale de l'Allemagne nazie il retrouve son frère. Celui-ci a demandé à le voir au plus vite afin de lui parler des recherches qu'il mène et dont il pense qu'elles pourraient changer l'avenir du monde. Malheureusement Sōhei arrive trop tard et ne peut empêcher l'assassinat de son frère par des individus désireux de récupérer certains documents qui démontrerait que Hitler aurait des origines juives, en fait un huitième.

C'est le point de départ d'un manga qui va s'étirer sur 4 volumes et plus de mille pages, nous présentant trois personnages dont le point commun est ce prénom. Outre le führer nous ferons connaissance avec Adolf Kaufman, dont le père doit récupérer les documents sus-nommés, et Adolf Kamil, qui malgré son prénom est juif. Ces deux derniers se connaissent, s'apprécient même si le premier finit par rentrer dans les jeunesses hitlériennes ainsi que le désirait son père. Le récit alterne entre le passé et le présent, les pays et les personnages qui sont pris dans la toile de l'Histoire sans possibilité d'échapper à leur destin. Sōhei connaîtra bien des aventures, bien des souffrances avant d'en réchapper pour se retrouver en cette journée de 1983 devant la tombe de Kamil avec la certitude que tout cela ne servit à rien. L'espoir est décidément une drogue implacable, elle permet de regarder venir le pire en pensant qu'il sera possible de lui échapper.

Je suis sûr que vous être intoxiqué vous aussi !

 

Tezuka prendra quelques libertés avec la fin d'AH mais je vous laisse le plaisir de la découverte.

Un classique du ''père du manga'' qui vaut le temps mis pour le lire.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Manga Japon
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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 07:36

Les Dossiers de La Recherche N° 2

Lise Barnéoud- Sandrine Etien

Pasquale Stano & Pier Luigi Luisi

 

L'heure est encore aux hypothèses concernant l'assemblage des briques élémentaires du vivant afin de donner naissance aux premiers organismes.

En 1953 Stanley Miller fait sensation en obtenant des acides aminés à partir d'un mélange de gaz censé être semblable à l'atmosphère originelle de la Terre. Vingt ans plus tard ces démentis pour cause d'inexactitude, avant d'être repris en compte récemment. En effet Miller avait laissé 200 échantillons d'expérimentations différentes. De fait l'atmosphère terrestre était propice à l'apparition des acides aminés indispensables. Quand à comprendre comment ceux-ci s'assemblèrent pour former les premières protéines c'est une autre affaire.

Une autre question se pose : est-ce la molécule d'ADN, nécessaire à la synthèse des protéines, qui apparu en premier, ou ces mêmes protéines pour favoriser la réplication de l'ADN ?

Comment souvent, quand une réponse est introuvable c'est qu'il n'y a pas de question. En mai 2009 Matthew Powner, Béatrice Gerland et John Sutherland, et leur équipe, démontrent que les constituants de base de l'acide ribonucléique, ARN, l'autre molécule porteuse de l'information génétique, peuvent être synthétisés en l'absence de protéines.

La preuve semble faite que la vie a commencé avec l'ARN. Les ultraviolets apportaient l'énergie indispensable aux réactions chimiques, tout était en place pour que l'acide ribonucléique se réplique et évolue, grâce à des erreurs de transcriptions, comme le fait l'ADN aujourd'hui. L'ARN porte non seulement l'information génétique mais permet de synthétiser les protéines tout en pouvant s'autorépliquer. Il se suffit à lui même, contrairement à l'ADN qui se contente de stocker l'information.

Reste ''simplement'' à synthétiser un brin d'ARN comportant les quatre bases à partir de précurseurs simples, de catalyseurs et de stabilisants pour que le ''monde à ARN'' gagne encore en crédibilité.

Autre interrogation : quel est le plus petit nombre de gènes suffisant pour rendre viable une cellule ? 400 paraît la réponse plausible. Celle-ci apportée, les recherches peuvent continuer pour créer en laboratoire des cellules possédant les propriétés minimales de la vie. Encore faut-il réduire celle-ci en propriétés nécessaires et suffisantes.

Pour construire une cellule synthétique le chemin le plus évident semble celui, postulé, qu'aurait suivi la vie elle-même. À partir d'acides aminés, de sucres, de lipides et de bases azotées donnant naissance à des macromolécules suivies de ''protocellules''. Voie trop complexe pour être suivie, celle qui fut choisie consiste à utiliser des enzymes, des gènes et les ribosomes nécessaires à la construction des cellules minimales. Pour cela il faut reproduire les membranes lipidiques des véritables cellules afin de produire des vésicules propre à abriter la cellule et son matériel génétique.

Sera-t-il possible de concevoir et construire des cellules synthétiques capables d'autoreproduction de son cœur comme de son enveloppe ? Probablement, la route devra se poursuivre encore.

Où nous ménera-t-elle, si l'on considère que la biologie de synthèse ne méritera ce nom que quand les chercheurs concevront des gènes n'existant pas dans la nature nous pouvons notre mal en patience.

À moins que ce ne soit notre bien...

 

Mais j'en doute !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 07:29

André Gaillard - Rochefort le 4 03 1898 – Marseille le 16 12 1929

La première guerre mondiale est terminée quand André Gaillard se lance dans la poésie. Influencé par la poésie ''classique'' il finira par s'en dégager pour se rapprocher du surréalisme, sans pour autant s'en réclamer. Pour lui la poésie se vivait ''au-delà du conformisme social''. Et d'au-delà il va être question dans son œuvre. L'ombre de la mort y plane, l'accompagne plus qu'elle le précède, avant de saisir la première occasion pour l'emmener.

Depuis 1920 pour des raisons professionnelle il habitait Marseille, c'est là qu'une congestion cérébrale aura raison de lui. Inquiet de ne pas le voir depuis quelques jours, ses amis pénètrent chez lui et le trouve agonisant.

 

Régulièrement publié à partir d'avril 1925, 41 fois jusqu'en 1928, dans les Cahiers du Sud il influencera cette publication pour lui donner une plus grande audience.

« À mort ! À mort ! toi qui n'es que matière

Et que de ces hauteurs où je me perds

Je te perde toi-même

D'une nuit de feu. »

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 07:40

Les manwhas existent depuis longtemps et eurent longtemps un grand succès dans leur pays. Depuis quelques temps pourtant la publication papier est concurrencé par l'édition en format numérique, gratuite, en ligne. Ce sont les webtoons ! Vous aurez compris que ce mot est la contraction de web et cartoon et représente l'accès à un nouveau monde pour la BD. Depuis leur apparition les rayonnages dédiés au papier se sont réduits, désormais les Coréens lisent les manwhas sur leur smartphone, faisant défiler les images d'un doigt, plus vite que ne le permet la lecture ancienne d'autant que le dessin prend, largement, le dessus sur le texte.

Ces œuvres sont mises à disposition gratuitement des ''lecteurs'', une façon de démotiver les pirates, les auteurs sont rémunérés grâce à la publicité et en fonction du trafic généré par les visiteurs. Un nouveau mode d'expression qui est autant un défi qu'un élargissement de leurs possibilités pour les dessinateurs. Le numérique élargit les horizons ouverts, physiquement, puisqu'il suffit d'un doigt pour voyager dans un dessin, aussi bien en hauteur qu'en largeur. Vous me direz qu'il manque la profondeur ! C'est vrai, pour l'instant.

Est-ce pour autant une renaissance de la BD ? Une réincarnation, une réinvention pour adopter les réalités d'un monde nouveau qui ouvre l'ancien et permet aux créateurs d'arpenter des chemins plus vastes avec des moyens plus importants, ceux-ci ne restant que ce qu'ils sont. Les crayons ne dessinent pas seuls.

Enfin, pas encore !

Cette remise en cause peut être mal accueillie par les tenants d'habitudes anciennes qui ont du mal à évoluer. Il n'est pas dit pour autant que l'ancien modèle disparaisse, il est possible d'apprécier l'un et l'autre.

Le plus simple est que vous vous fassiez une idée vous-même en en découvrant quelques uns, ne restez pas sur une premier impression, si elle est négative, et vous pourrez faire des découvertes intéressantes. Avec l'avantage, la facilité diront certains, que le lecteur n'a pas à se déplacer et qu'il est prévenu d'un nouvel épisode.

Et les webtoons français, et autres, me direz-vous ? Ce sera le sujet d'un autre article, ou pas.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Corée
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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 08:36

Quand il rouvrit les yeux ce fut pour n'apercevoir, à travers la pénombre, que les formes floues d'un environnement qu'il savait connaître sans qu'il put trouver le souvenir adéquat. Un bruit attira son attention mais si loin, perdu dans d'étranges échos en cascade, qu'il ne sut en déterminer la provenance. Difficilement il se mit debout, ses jambes étaient raides, son corps était glacé.

Debout il tenta de faire appel à sa mémoire, quel était cet endroit, pourquoi y était-il ? Des bribes d'images revenaient, se succédant sans qu'il en apprenne quoi que ce soit. Des formes passant, des mots dans ses oreilles murmurés ou hurlés par d'innombrables voix. Autant d'appels qu'il savait pouvoir comprendre sans que rien ne vienne soulever le drap opaque jeté sur sa mémoire.

Petit à petit cependant l'obscurité recula, il se découvrit sur une scène face à une salle circulaire à plusieurs niveaux encore prise dans l'ombre. En revanche il discernait clairement le décor derrière lui, le lit sur lequel il était et cette salle, d'un château sans doute, sans qu'il s'étonnât qu'elle parut si grande, à la taille de la réalité, rien à voir avec les trompes l’œil théâtraux.

Des mouvements lui apprirent qu'il n'était plus, si tant est qu'il l'ait jamais été, seul. Une bougie apparût, s'allumant seule, puis une autre, et une suivante, jusqu'à ce qu'il y en eut suffisamment pour qu'il distinguât une foule devant lui, comme sur les places assises et couvertes. Des regards tournés vers lui sans qu'il voit mieux qu'obscurité à la place des yeux. Cet endroit était à lui, était lui, il l'avait arpenté si souvent. Il se souvenait maintenant, ces vers qui coulaient de lui venant sans qu'il ait jamais su d'où, et ce souffle qui emportait son imagination sans qu'il put lui résister.

 

Dans son dos des pas raisonnèrent, se retournant il découvrit des hommes et des femmes venant vers lui, vêtus des costumes qu'il avait dessinés pour eux mais dont les visages étaient pâles et inexpressifs. De près il lui apparurent creusés par le temps et l'oubli ; leurs tenues étaient terreuses et parfois tâchées de sang. Une forme se détacha du groupe, blonde dont les cheveux semblaient encore trempés. Diaphane comme le sont les regrets dont on ne parvient pas à avoir honte.

Il la reconnut, sourit, comprit qui il était, seul mais aussi tout ceux qui l'entouraient, le regardaient, l'attendaient...

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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