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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 07:25
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 08:00

 

Crocs,

D'acier, d'ivoire,

Trop !

Las de revoir.


Beau,

Quand vient le soir.

Assaut,

Mourra l'espoir.


Mots,

Écrits sur le froid.

Faux,

Glissée entre les doigts.


Vraiment ?

Quels maux dire ?

Je mens,

Et tais le pire !


Vrai,

Quand la faim,

C'est.

Voir la fin.


Goût,

De terre, de sang,

Fou,

Se taire ? Descent !


Tréfonds,

Coeur de l'obscur,

Je fonds

Survivre impur !


Tranchées,

Réseau d'atroce.

Cachées,

Sans assécher la fosse.


La paix,

Calme apparence,

D'essai,

Sans innocence.


La mémoire,

Ne peut l'effacer,

Si l'Histoire,

Voudrait tout surpasser.

Les contes étaient jolis,

L'univers si magique,

Comme l'est la folie,

Ce joujou magnifique.


L'enfant n'a rien vécu,

Mais l'horreur en son âme,

Il l'a mieux que connue,

Sa vie devint un drame !


Il n'a plus de regret,

S'il baigna dans l'absent,

Autant en être gré,

Avouer : je consens !


Écrire n'est pas gommer.

Revivre et savourer,

C'est apprendre à aimer.


Le charnier pour jouet,

L'horreur en amitié,

      Et savoir qui tuer !

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 07:27
Promettez... 
 


                                              

                                                 02

- Le paysage défilait, changeant, j’aperçus au loin, sans les distinguer précisément d’immenses formes aux ailes en faux ; d’autres animaux fuyant sans que ma monture n’y prête garde. J’aurais voulu aller vers les montagnes, les gravir, que jamais ne cesse ce voyage, que le temps m’oublie. Le rêve abolit les lois des hommes mais en impose d’autres, contraignantes d'être mal connues. J’aurais voulu traverser le temps, revenir vers le présent avec lui, qu’il ne me quitte jamais, jamais !

Mais l’animal est toujours là, toujours.

- Pénétrer la trame de la réalité, passer d’un fil à l’autre, oublier ses limitations. Portée, bercée, emplie d’un bien-être inconnu je m’imprégnai de ce monde, d’une nature spontanée que nul n’avait voulu dominer. Après un tour dans la plaine il retourna vers la forêt, son univers, où il pouvait surprendre des proies qui dans la vallée auraient pu lui échapper. Concentrant son attention, ses forces, bondissant sur son gibier, le dévorant puis, levant la tête, hurlant de contentement comme les sapiens ne savent plus le faire.

Pas tous ! Aujourd’hui l’acier a remplacé le croc.

- J’apercevais le ciel entre les branches formant une voûte qu’aucune église ne saurait imiter. Des motifs renouvelés à chaque pensée. Le temps n’existait plus, ou pas encore, tant il est dépendant d’une intelligence s’interrogeant sur son devenir. Juste un mot, à peine une nécessité. Tout m’émerveillait sans que je sache nommer quoi que ce fut. Je sentais la curiosité entourant ce couple étrange : l’enfant et le monstre.

L’enfance recèle cette monstruosité que la société adule sous une forme dégénérée !

- Il s’est arrêté, tendu, ses yeux en quête de ce qui m’avait échappé. Je me suis accrochée. La proie était proche, le destin tapait sur son épaule pour lui rappeler ses obligations. Je voyais par ses yeux, sentais par ses narines, respirais par sa gueule et son haleine ne m’était plus désagréable. Nos esprits se mêlaient et je croyais ma bouche emplie de ses crocs, mon cœur gonflé d’une violence attendant de se déchaîner.

Lequel était le plus fort, étions-nous si différent ? La fureur intérieure est cent fois plus puissante que celle s’exprimant par le corps.

L’instinct reprenait le dessus, j’eus envie de lever la tête, de crier, que tous m’entendent. Je n’aurais pas terrorisé une fourmi ! La nature retenait son souffle, heureuse du spectacle se préparant, que lui importait qu’elle l’ait déjà vu mille et mille fois. Les humains y participent, refusant de le comprendre, aussi solidement tenus par leurs instincts que ce reptile. Le cycle de la vie veut que le plus fort dévore les plus faibles avant d’être dévoré à son tour. Pour aller où ?

Comme au ralenti il s’est remis en marche, les yeux braqués devant lui, l’excitation l’envahissait jusqu’à m’atteindre. Brusquement il a rugi en se précipitant. J’étais sur son dos mais par la magie de la mémoire il me semble avoir assisté à la scène de l’extérieur, le voyant bondir en une accélération dont au vu de sa masse on l’aurait dit incapable. Gueule ouverte il a attrapé son gibier paralysé par la terreur, seulement capable de contempler la mort incarnée en une forme sauvage et irrésistible. Je sentis dans mon corps l’effort de ses mâchoires pour se refermer, les crocs broyant les os, explosant les chairs. L’odeur du sang giclant sur le sol, coulant dans la gueule de mon partenaire, envahit mes narines. Le combat fut bref, la proie se débattit, les convulsions de ses efforts inutiles résonnèrent dans mes muscles avant que ne retombe un silence seulement troublé par la mastication brutale de ma monture. Blottie sur elle je ne bougeais plus, oubliée. Les charognards déjà s’approchaient pour finir ce dont il ne voudrait pas, incapable qu’il était de sucer chaque os.

Ainsi participait-il à la survie des plus faibles.

Il n’était pas le gentil chat que j’avais imaginé, il était tellement mieux. Par lui je découvrais le sens de la vie, sa réalité, son souci de se perpétuer et de progresser. Un moment il avait effacé ce qu’il était, venant à ma rencontre, appelant ce qui en moi ressemblait à sa vérité. Influence réciproque je pense ; entre les créatures vivantes existent des liens que nous ne voyons pas. Je m’étais sentie prédatrice, jouant avec une peluche dont j’avais mis de côté l’évidence, faisant corps avec ce saurien qui avait réveillé mon animalité. J’aurais voulu rester ainsi, que disparaisse l’enfance comme une mue pour que s’impose celle que je suis vraiment. Vrai ment ? Espérer l’humain dévorant l’animal sachant que souvent c’est le contraire. Se mélangeant, les deux se perdent. J’avais oublié que tout cela était illusion, je voyais une porte, le moyen de quitter… Mais de quitter quoi ?

En moi l’animal a perdu mais la conscience a-t-elle gagnée ? Qui veut me rejoindre, dans quel but ?

Un jour, une nuit ? Prédateur, moi qui ai parsemé mes pages de scènes abominables, prenant plaisir à les (d)écrire rapidement tant j’étais pris par l’impérieux besoin à satisfaire. L’instinct hurlait, dirigeait ma sauvagerie sans l’annihiler, lui interdisant de s’exprimer dans le réel en lui offrant un univers, sinon de rêve, du moins de papier. Le premier se fut refermé sur moi, m’engloutissant, le second me laissa une chance.

Si survivre en est une.

Quelle trace ai-je de cette incarnation de ce que la vie produisit de brutalité dénuée de méchanceté, animée d’une rage l’abandonnant au dernier moment ? Pulsion qui voulut prendre le pas sur moi mais que je consumai par le seul moyen dont je disposai.

Un clavier pour arène ! La lutte dura des années, exprimée en milliers de pages. Pour n’être pas sur mon corps mes cicatrices n’en sont pas moins sensibles.

Rappel de l’ordre naturel des choses : les proies courent, les prédateurs tentent de les rejoindre, dévorent les inutiles, ceux qui mettraient en péril le gibier. Dans les deux cas les meilleurs survivent, suivant les critères retenus bien sûr.

Les rapports "humains" établis par une société structurée autour d’eux reproduisent cet ordre des choses sans que quiconque ose le reconnaître. Une minorité opprimant une majorité. Il ne s’agit plus de s’en nourrir au sens propre mais le sens figuré, n’est pas si différent. Rien de changé depuis l’époque des sauriens géants. Les décors remontés dans les cintres d’autres prirent leurs places, les comédiens changèrent de costumes, mais à observer le déroulement de la pièce, il apparaît que la trame ne fut pas modifiée. Quel est mon rôle dans ce spectacle, entre les gros qui grognent et les petits qui geignent ?

- Il était calme en laissant la place aux derniers acteurs du drame de la vie alimentant la vie. Je me sentis rassurée et eus peur de mes sensations, de mes pensées, de ce que je découvrais. L’animal me permettait de goûter à des plaisirs interdits jusque-là.

Et moi ? Mes instincts étranglés par la civilisation murmurèrent faute de savoir s'exprimer autrement, mais pourquoi ? Me retrouver, imaginant l’ombre prenant la parole, exprimant mes pensées comme si j’étais là pour les connaître, comme si, repu, j’avais perdu le besoin de courir encore ? Qu‘ai-je à m’avouer que je ne puisse le faire franchement ?

- Épuisé il ralentit, s’affaisse. L’abattement me prit en même temps. Je m’endormis, pensant fugacement que sombrer dans le sommeil lorsque l’on rêve c’est s’éveiller dans sa réalité.

Réalité ? Je refuse de l’amener vers moi. Pourtant j’aimerais qu’elle prenne ma main, m’emmène, efface l'univers que je ne pus intégrer. Que, peut-être, je saurais désintégrer…

Si c’était déjà le cas ? Je construis un scénario m’éloignant du réel. Elle était bien dans ce monde antédiluvien, comment se satisfaire d’un quotidien morne et sans attrait ? Se réveiller, se demander si l’on rêve encore. Comment savoir quel monde est le bon s’il en est un méritant ce terme.

Je sais la foi en celui dans lequel on se trouve insuffisante !

Penser est simple, se le permettre suffit. Faut-il la force d’un animal, l’énergie de la vie pour refuser la peur et ouvrir les yeux ?

C’est tellement angoissant que j’en ai envie !

Est-ce divagation ? Prisonnier, ai-je envie de m’évader, mais vers quoi, comment reconnaître le goût du réel ? Sommes nous dans le songe d'un dément nous ayant halluciné au point que nous croyons être vivant ? Nous dotant d’une conscience qui disparaîtra selon son bon vouloir. Est-ce l’œuvre de ma folie ou moi qui suis projection de la sienne ? A moins que le jeu soit plus compliqué, que je sois le reflet de ma propre démence et elle la sensation d’une lucidité que je tente de conserver, sachant que ce sera interdit.

Tout s’éteindra, la nuit m’emportera.

Elle se tait, attendant une pensée lui rendant son simulacre de vie. Je la connais et pourtant j’ai envie de me prendre au jeu, de courir ce risque. M’enfoncer en des forêts d’images où mon corps oublierait ses fonctions animales pour (re)devenir plante. La mort m’emporterait doucement. Me revient cet ancien désir, mourir en écrivant, sortir du réel, entrer dans l’imaginaire, et que s’éteigne ma peur. La vie est un costume usagé dont je me dépouillerais sans difficulté. Mon cadavre resterait longtemps dans le placard me servant de bureau. Il aurait le temps de pourrir, de se momifier peut-être, avant que quiconque ait l’idée de venir voir de quoi il retourne. Pour les autres je suis un fantôme nimbé d’une politesse banale, masque de sociabilité pour conserver ma tranquillité. Absent en étant là ! Ma présence ne se voyant pas, mon absence passerait inaperçue.

J’invoquai l’énergie animale pour m’arracher aux sables du conformisme et de la médiocrité. Est-elle l’expression du désespoir venu me guider vers la nuit ou m’inciter à emprunter ce chemin vers le réel que je crains avoir déjà trouvé ? J’ai envie et peur de savoir. Elle prend plus de moi à chaque battement de cœur. Ma vie circule par les mots qui la dessine plus précisément. Même les yeux ouverts je la distingue, silhouette plus dense que les ténèbres. Ses traits sont flous ; que je la laisse s’approcher et ils gagneront en netteté alors que j’oublierai qui je suis. Une existence pour une autre.

Elle n’est pas vivante, pourrait-elle le devenir ?

Vivre, est-ce un mérite ou une malédiction ?

J’ai tant perçu l’existence comme une ennemie, une contrainte m’emportant alors que j’aurais préféré être une bête soucieuse de sa seule survie, ignorante de son existence, concentrée sur les obligations, sur son désir de gagner du temps, un peu, mais toujours plus. Un pseudo mouvement perpétuel, usé par l’inutilité d’une course ne se justifiant que par elle-même !

Finir ainsi, usant jusqu’à l’ultime parcelle d’énergie pour un pas supplémentaire avant de s’écrouler, repu de temps, gavé de vie, prêt à mourir ! Le froid pour dernier complice, sourire des charognards s’approchant, le sol absorbera ce qu’ils laisseront pour un retour au minéral. Le point de départ, cette aurore de pierre sur laquelle le temps se leva. Ainsi ce lézard, réalisant en un éclair quel pion il était. Heureux à sa façon, d’avoir joué son rôle sans le comprendre. Mais qui le peut, qui ?


Qui l’oserait ?


 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 07:53

 

 

Absence ; Anorexie ; Antiraciste ; Autrui ; Boulimie ; Cancer ; Cannibale ; Censure ; Charenton ; Crédofuge ; Délation ; Dénonciation ; Évidence ; Humaniste ;  Injustice ; Jour ; Justice ; Leeronite ; Maquillage ; Métissage ; Mythologie ; Néant ; Nuit ; Paix ; Paix (me foutre la) ; Paix (trouver la) ; Pédolâtre ; Pédophile ; Pulsion ; Raciste ; Tampon ; Utopie ; Valoriser (se) ; Vieillesse.

 

 

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 07:48
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 07:39


Un glissement, un choc, presque un chuintement,

Dans une mer de peur, plus un gémissement !

Mon moment préféré, un silence si acide,

Qu'il diluerait le temps pour ne laisser que vide.


Foison de souvenirs, de vies que j'ai croisées,

Chacune pour un instant qu'elle n'oubliera jamais !


Quand le bois et l'acier sont unis par l'humain,

C'est généralement pour un effet malsain.

De cette volonté je suis l'incarnation,

A l'instar du requin ma forme est perfection !


Prédatrice innocente j'ai rendu la justice,

Au sens ou le trop plein vers la sortie se hisse.


J'entends les pas traînants du condamné qui vient.

Il fait froid ce matin, c'est un vrai temps de chien,

Mais il pourra trembler, incriminant Chronos,

Alors que sa terreur est présente en chaque os.


On le jette sur moi, son coeur voudrait hurler,

Son cou emprisonné, ma gueule est refermée.


La cour est inondée d'un sang qui déjà sèche.

Combien y en eut-il sur ces pavés trop rêches ?

Il fut un temps, jadis, où beaucoup je servis,

Pour éteindre une idée je moissonnai les vies.


Tel n'était pas mon but, venue de l'humanisme ;

Mon talent dévoyé, j'ai servi mille ismes !


Mon usage s'éteint, c'est un progrès dit-on,

Le sapiens évolue... Je sais qu'il reste con !

Entre ce qu'il se veut et sa réalité,

L'abysse au fil du temps ne fit que se creuser.


Sur moi s'est déposé un linceul de poussière,

Autrefois s'est perdu et demain pousse hier.


J'oeuvrai l'aube venant, quand sonnaient les matines,

Le brouillard me vêtait de soie et de murmures,

Ma bouche préparait en baiser la morsure.

Qui sait quand reviendra le chant des guillotines...



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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 08:04
 Ce drama nous propose de suivre les aventures d'une Damo, (prononcer Damo et pas Démo !) serveuse de thé officiellement, agent secret pour les besoins du service. (authentique) Elle se retrouve lancée à la poursuite d'un gang de faux-monnayeurs menaçant l'économie du pays. Bien vite son enquête débouchera sur un complot plus important visant la personne même du roi et mettant en cause des personnages haut placés.

 


 

Nous sommes à la fin du XVIIeme siècle L'histoire commence par l'enfance de Chae-ok qui, au départ, appartenant à la noblesse voit sa vie basculer quand son père opposant au pouvoir en place est contraint de se donner la mort. Durant la fuite elle est séparée du reste de la famille, sa mère, son frère, elle se retrouve seule et, prisonnière, devient servante.

 Bien vite elle rencontrera Hwangbo lequel est en "stage de formation" auprès d'un vieux sage pour devenir un véritable combattant et assurer son avenir. Ainsi emmène-t-il la jeune Chae-ok avec lui, tous deux ils deviendront des combattants d'une très grande force.

Plus tard nous les retrouverons alors que Hwangbo est devenu commandant du bureau de police du quartier gauche à Hansung. Chae-ok est restée avec lui et semble devoir le faire sa vie durant.

Comme dans toute histoire d'amour qui se respecte il manque l'empêcheur de danser en rond, ce sera Jang Sung-baek, chef au grand coeur des rebelles, espèce de Robin des Bois dont le but n'est pas le pouvoir mais une amélioration de la situation du peuple. Les images du début montrent qu'il va avoir du mal, il n'est que de connaître l'histoire de la Corée pour s'en persuader.

Bien sûr rien n'est simple dans cette série où les sentiments sont retenus plus qu'ils ne devraient, ce qui est bien dommage mais simplifierait par trop l'intrigue.

14 fois une heure nous permettent de suivre autant l'enquête que les relations entre ces personnages plus quelques "seconds rôles" sympathiques ou retors qui pimenent l'intrigue.

Mise en scène de qualité, interprétations subtiles, combats à la "tigre et dragon" comme il se doit. Grands moments d'émotions où les héros n'hésitent pas à pleurer, ce qui n'est pas près d'arriver à Navarro et consorts, dommage, ce serait amusant !

Une excellente série qui n'a que le défaut de devoir remplir son lot d'épisodes, mais la reconstitution de la Corée est remarquable, aussi bien pour l'architecture, les costumes que les traditions, extrêmement présentes et conditionnant toute la vie.

Très bon travail pour l'édition en DVD, (G.C.T.H.V. Distribution) deux coffrets de 4 DVD contenant chacun 7 épisodes plus un livret explicatif. Un exemple qui devrait être suivi pour d'autres excellents feuilletons coréens, que ce soit : Gumiho, Ju-mong, Hwang Jing-hi et bien d'autres dont je parlerai plus tard.

Un regret : l'absence d'un CD de la B.O.

Cet article ne serait pas digne de moi si je ne soulignais pas la présence à l'écran de Ha Ji-won... D'aucunes préféreront Kim Min-joon ou Lee Seo-jin, chacun ses goûts n'est-ce pas, mais puisque c'est moi qui tiens la plume je souligne mes préférences.

 

Ha Ji-won : Chae-ok

Kim Min-joon : Jang Sungbaek

Lee Seo-jin : Hwangbo Youn

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 07:58

 

                                             01

  Ses paupières s’abaissent, sa main se crispe alors qu’elle grimace, elle halète mais puise en elle ses ultimes forces pour murmurer : Promettez-moi de vivre, moi qui voudrais je ne peux pas, vivez à ma place. Vous n’êtes pas seul… Cette femme dont vous m’avez parlé, elle est plus qu’une image, mieux qu’un rêve, allez vers elle, allez…

 Elle rouvre les yeux, de bleus ils sont devenus noirs, la nuit gagne sur elle, je voudrais… Devinant mes pensées elle secoue la tête. " Il est trop tard, je ne… Promettez …".

Incapable de parler je hoche la tête, mes lèvres acquiescent presque malgré moi.

Elle sourit… Je la serre contre moi murmurant des prières en lesquelles je ne crois pas.

La nuit qui commence semble un désert sans fin et le ciel est si loin, si loin…

 

                                      * *

Mes doigts courent sur le clavier, par eux s’exprime ce qui se terre en moi, mélange de peurs et d’espoirs, de rêves et de cauchemars. Les extrêmes se conjuguent si bien que je fais trop tard la différence. Quand les images m’emportent je ne peux résister.

Je voudrais que reflue le réel, privilégier l’imaginaire et ses visions au lieu de leur incarnation en poussière d’encre sur des feuilles que le temps ronge sitôt écrites. Les yeux ouverts il fait toujours nuit. Que vaut un engagement de papier ?

Mon ombre sur le mur… Je la laisse prendre de moi assez pour paraître s’animer, absorber la vie inutile que je recèle. Silhouette gracile dont je ne distingue pas les traits, ébauche d’un amour idéal, si peu incarné que je le crois viable, projection de ce moi prisonnier d’une enveloppe physique fallacieuse. Dans ce monde tout devient possible, la moindre représentation peut s’échapper, prendre forme, devenir aussi réelle que dangereuse.

Dangereuse… ou bénéfique ?

Où est la différence ?

Le froid freine mes mouvements, m’interdisant d’approcher cette forme plus dense que la nuit, plus sombre à chaque pensée. Je me sens Orphée ayant une seconde chance mais ignorant si le mieux est d’ouvrir les yeux ou non ; de posséder ou de regretter. Ce décor ferait-il disparaître cette compagne ou lui donnerait-il une vie en laquelle je pourrais croire ?

La nuit cherche à m’endormir, à me persuader que le jeu n’en vaut pas la chandelle, celle-là même qui me permettrait de distinguer la vérité m’entourant. M’encerclant !

Une ombre, un amour sans substance, sans corps ni désir, sans âme ni sexe, se posant la question de choisir entre les deux, prête à préférer le second pour étouffer la première. Ce que je fis souvent, au point de m’en rendre compte, de souhaiter inverser le processus sachant que le temps n’admet qu’un sens, vouloir naviguer à rebours est une espérance démente.

Les mots ne dévoilent rien encore, je crains de leur confier plus de force, de peur, ils essaieraient d’en prendre davantage sachant que je me laisserais faire.

Maudite lucidité qui me fait voir mon propre jeu.

Elle attend et un sourire déchire son visage, le poids de son regard passe sur moi, m’observant pour savoir qui je suis derrière la normalité fade qui me masque, protection devenue prison que personne ne tenta de me retirer alors qu’il est si fragile que le vouloir, le vouloir vraiment, le détacherait. Tombant à terre il éclaterait en milliers de fragments, m’interdisant de le recoller. Alors, face au miroir des ténèbres, c’est ma propre noirceur que je découvrirais. Un amour pourrait le faire, je l’attends encore, une volonté extérieure, sachant que je fuis si une âme s’approche de moi, faisant le hérisson afin qu’elle s’éloigne, restant ensuite à me désespérer de ce que je crois être une malédiction, ma lâcheté ! Survit l’apparence d’un espoir pour nourrir mes craintes plus que pour les apaiser.

Fermer la porte sur l’ailleurs, effacer des tentations en lesquelles je ne crois plus, laisser passer l’énergie qui m’entraîne depuis si longtemps que lutter contre elle serait perdre un temps déjà compté. Plonger dans le monde des miracles, quand une pensée devient réalité, un monde dont l’enfance est le guide, sans que, pourtant, elle en connaisse quoi que ce fut. Un guide que peu osent abandonner pour chercher par eux-même.

Mais, qui, renseigné, aurait encore envie de le découvrir ?

 

Qui ? À part…

Silhouette obscure devant moi. S’est-elle rapprochée ? Ai-je fait un pas, mental, vers cette forme qui attend ? Ai-je envie de chercher en moi l’énergie pour résister sachant que si elle existe je n’y ai pas accès ? Je l’ai cherché pourtant, effleuré parfois, voulu qu’elle m’envahisse… Trichant, m’oubliant pour choisir l’incarnation de la force brute. Un animal disparu depuis longtemps, décliné en dizaines de produits dérivés. Un reptile du secondaire, masse de muscles protégée par d’épaisses écailles, l’instinct incarné, ignorant de l’évolution et de son apprentissage. Uniquement préoccupé de trouver une nourriture équivalant pour lui à un temps de vie gagné suffisant pour lui permettre de poursuivre une quête qui paraît bien inutile. Paraît...

Je me vois accumulant les pages comme lui les proies sans rien gagner d’autre qu’un amoncellement, non d’ossements mais de feuillets encore couverts des lambeaux de pensées, de rêves dont subsistent quelques taches noires que le temps dissout déjà. Blancheur pour blancheur, restera un squelette oublieux de la vie qui l’animait. Je voulais écrire que je souhaitais être ainsi, préoccupé du but et de lui seul, je découvre que je le suis déjà, ou le fus, errant durant des années dans un univers imaginaire, dévorant les visions se risquant près de moi, les digérant d’un délire avant d’en chercher d’autres. Combien en ai-je croquées entre les crocs de mon clavier en conservant un vague souvenir nappé de peut-être ? Oui, je fus ce lézard géant, obnubilé par le maintenant, amnésique du passé, ignorant de l’avenir.

Avec l’âge, ses forces diminuant ses proies lui échappent, il s’effondre. Les rôles s’inversent, de partout, d’infimes créatures s’enhardissent, les médiocres prennent leur revanche ! Il se défend peu avant de se résigner. Sent-il que des dents le lacèrent, que ses chairs sont dévorées avant qu’il meure ? La douleur est abstraite, le froid le réconforte. Sans question, sans peur il ferme les yeux et se noie dans l’absence alors que des milliers de nécrophages l’investissent pour, refluant, laisser une carcasse parfaitement nettoyée sur un lit d’écailles semblables à des feuilles tombées d’un géant vaincu sans avoir renoncé.

Il sourirait de savoir son squelette destiné à finir dans un muséum pour fasciner les descendants des créatures qui le dévorèrent. Ainsi de moi subsistera une ossature de papier, fragile esquif défiant le temps et cependant capable de l’affronter.

J’imagine ce prédateur surgissant dans le présent, sans question sur le pourquoi, le comment, découvrant de nouvelles proies qu’il regarderait d’abord avec méfiance, avant d’en constater la saveur. Là, encore, je me sens proche de lui, désireux, à mon tour d’utiliser mes crocs d’encre pour mordre les âmes se risquant à proximité, dévorant les plus faibles, accueillant les autres pour les nourrir à mon tour. Inutile de chercher une ressemblance, elle existe déjà, si frappante que je craignais de la reconnaître. Là où il marchait, prêt à bondir, je laissais courir mes doigts, voguant sur les phrases jusqu’à sentir l’idée se présentant et lui sautant dessus pour m’en délecter. L’ingérer, n’en rien laisser !

Me jeter sur elle… Espérant le contraire.

Un jour mes phrases, vers psychiques, s’empareront de moi et me dévoreront, chaque parole arrachera une bouchée de mon âme. J’attends que le doute m’emporte en son antre et ronge jusqu’au plus secret de mes souvenirs. Alors ma vie transmutée en un sang noir coulant sur un monde de mots ensevelira les débiles et réveillera les autres.

Ombre, fille de l’obscurité et des espoirs que je crains de réaliser. Elle représente le guide que j’espérai. Ai-je sincèrement imaginé qu’il arriverait d’ailleurs, que le jour pouvait être mon ami, que la lumière me montrerait un monde m’acceptant ?

Je vois ce saurien gigantesque arrivant sur moi… Je lis dans son regard la satisfaction d’avoir rencontré un semblable, reflet de ce que mes yeux exprimeront.

Les mots tissent l’étoffe des pensées les plus folles, suaire d’illusions abandonnées dans un recoin de ma mémoire. Qu’elles y traînent et s’y dissolvent pour être dispersées par l’éternité !

Je pose la main sur le mufle tiède de l’animal, c’est celui qui m’habite que je caresse ainsi, une vie si ancienne que les dates ne signifient plus rien. Le temps était trop jeune pour avoir conscience de sa réalité. J’envie sa rage, violence impulsive, sachant la mienne maîtrisée, contrainte en une cage d’inhibitions que je m’efforce d’ouvrir. Elle est là depuis si longtemps qu’elle paraît assagie. Il n’en est rien, elle n’a pas perdu sa virulence, au contraire, prisonnière, elle apprit à se connaître, regardant au travers des barreaux elle découvrit autrui.

Lucide elle est cent fois plus nocive, mais j’aime ça !

Tant d’humains sont ainsi mais nient une vérité qu’ils arrosent de sang en espérant que se taira la bête assoupie dont ils perçoivent les rêves avec une excitante acuité. L’imagination permet tout sans rien résoudre. Je sais, c’est un rêve, le mien ou le sien ? Brouillard d’encre, décor de papier, mes doigts s’agitant trahissent mes secrets les mieux enfouis. Les murs autour de moi, cette médiocrité, comment ne pas désirer perdre le sens de la réalité quand elle a cet aspect ? Je cherche la peur mais de l’avoir exploitée à outrance fait que je ne la ressens plus. La voie est libre mais pour quelle destination ?

Pourquoi m’acharner sur ce clavier ? Il serait préférable de sortir pour retrouver les rues d’une ville que je connais trop bien. Je suis un ver circulant dans le corps pourrissant d’un monstre mort depuis longtemps, si tant est qu’il ait vécu. Civilisation est son nom, un masque figé, craquelé par l’usure, attendant le coup de talon le brisant en autant que d’êtres amalgamés pour lui donner forme. Suis-je un asticot errant, regardant des semblables n’ayant pour avantage que d’ignorer leur nature ? L’argent est le sang vicié de cette immonde créature.

Jamais je ne trouverai celle que je feins de chercher. Faim ou fin ? Elle est à portée d’imaginaire, attendant le relâchement de l’ancre me retenant à un monde m’ignorant. Aucune main humaine ne prendra la mienne pour me conduire, seule celle des ténèbres l’osera. Ce n’est pas la voie que j’attendais mais je n’ai plus de temps à gaspiller. L’amour est le plus sournois des prédateurs, le seul que ses victimes appellent afin de se précipiter dans sa gueule glacée.

L’amour… Pourquoi le voyais-je comme la pire des prison ? Je ne l’ai jamais reconnu faute d’avoir cru en lui. Je sais penser, pas m’oublier. Tribut pour obtenir une réalité mortifère et rassurante. Cage d’instincts façonnée par la culture humaine. Je l’ai attendu refermant les bras sur le vide, sensations physiques refluant, abandonné au sein d’un désert hanté de mirages m’observant en ricanant. Par ces termes je renie non mon humanité mais mon adhésion à ce qu’en font ceux qui la refusent, vivant courbés pour ne rien comprendre d’un monde dans lequel ils s’occupent plus qu’ils ne vivent. Dans bien des regards passant sur moi je sentais l’accusation de monstruosité, leur pire injure pour me signifier combien ils me voyaient différent. Un si doux compliment murmuré par de semi-créatures blotties les unes contre les autres, poings sur les yeux psalmodiant pour se noyer l’âme. Elles feraient mieux de craindre une libération qui les projetterait dans leur pire enfer.

Je ne suis pas aussi inhumain que je le voulus au contact de ceux si sûrs de leur vérité que je faillis l’accepter, m’échappant par un sursaut qu’un saurien du crétacé n’aurait pas renié. A croire que mes prétendus semblables sont restés coincés dans l’histoire de la vie. Végétaux plongeant leurs fragiles racines dans les profondeurs du temps, refusant le mouvement, figé dans l’immobilisme minéral, ayant senti la proximité d’une envie prédatrice. S’ils le pouvaient ils la jetteraient dans les flammes libératrices du bûcher. Je la connais, seule nourrice capable de m’alimenter alors qu’à mes pieds rampaient ces créatures aux yeux vides, allaitées d’absence.

Je tourne mon regard dans le passé avant de le porter vers l’avenir sachant qu’entre l’un et l’autre l’écart est faible. La vie est la totalité du chemin, pas le désir de se poser en un endroit. Je suis emporté par le manège de mes pensées, chacune s’accrochant à la rambarde de ma lucidité alors qu’elles sont l’une après l’autre asphyxiées par la vitesse.

Combien de survivantes ? Cette forme devant moi ?

L’avantage d’une ombre est de n’en pas avoir.

Est-ce la vérité ? Je suis loin de découvrir l’ultime pensée stagnant en moi. J’en ai tant éliminé pour conserver la perfection de l’irréalité, un fantôme à adorer, proche mais inaccessible. Le regard du troupeau ne le gêne plus.

Je suis las de jouer au prédateur, je m’interroge et redoute la vacuité de mon travail. Il est temps d’ouvrir mon âme au seul amour qu’elle peut trouver, de noyer ses interrogations. Sur ma conscience jeter le linceul du renoncement.

- J’ai cru dormir !

Ai-je entendu sa voix ? Je cherchais comment maîtriser et expulser ces idées et voilà qu’elle exprime ce que je ressens. Le verbe me trahit, je ne voulais pas écrire cela. Je pense blanc, mes doigts écrivent noir, mes oreilles croient entendre, l’ombre dansant près de moi sourit. Elle veut m’endormir, me faire oublier le temps, qui je suis. J’attends qu’elle m’entraîne loin d’une réalité en laquelle je ne crois plus.

- J’ai rêvé. Ces images incompréhensibles, rêve au goût de cauchemar, au début, ensuite j’ai compris, une voix dans ma tête me dit que je pouvais me laisser emporter par un spectacle sans risque. J’ai eu peur parce que je ne comprenais pas où j’étais. C’était si différent du monde que je connais. Une plaine immense, des herbes aussi grandes que moi. Au loin j’apercevais des montagnes si hautes qu’elles paraissaient atteindre le ciel. Les escaladant j’aurais pu le traverser, aller voir plus loin ce qui s’y cache. Un sol meuble, doux sous mes pieds nus. L’odeur même était étrange, nouvelle et pourtant je percevais l’ancienneté de ce lieu.

Le rêve nous fait comprendre ce que nos sens ne savent plus percevoir. Notre monde dans un passé inconcevable.

Le ciel était d’un bleu comme il n’en existe plus. Soleil chaud, une brise légère caressait mes cheveux faisant onduler les herbes. Ma peur a fondu, je me suis détendue, heureuse d’être là, espérant ne pas m’éveiller pour en savoir davantage. J’ai fait quelques pas, observant, écoutant, aucun oiseau ne traversait le ciel, aucun des bruits que j’entendais ne m’était connu. Je fendais les herbes, nageant parmi elles, quand je perçus quelque chose. Une vibration dans le sol, régulière, de plus en plus puissante, venant vers moi. Ma première pensée fut qu’il s’agissait d’une machine, mais non, pas dans cet endroit, après une hésitation je conclus qu’il s’agissait d’un être vivant. Fermant les yeux pour me concentrer j’ai tenté de définir d’où elle venait.

De derrière moi !

J’ai écarté les herbes apercevant alors la forêt. Je n’eus pas longtemps à attendre pour distinguer une haute silhouette entre les branches, avançant sans se soucier d’obstacles insignifiants. Je savais qu’elle venait vers moi, guidée par son odorat. J’aurais du me baisser, la curiosité fut trop forte.

Facile de reconnaître ce reptile tant les médias se servirent de lui en faisant une vedette, usant de la fascination qu’il exerce pour faire de l’argent sur son large dos. Debout sur ses pattes arrières, sa queue faisait office de balancier, ses pattes avants semblaient ridicules. De profil je vis sa gueule béante, constatant que je pourrais y tenir entière. Sa tête oscillait, ses yeux furetaient pour coller une image sur l’odeur qu’il percevait. Je sais qu’il ne pouvait entendre mes pensées mais quand je me vis entre ses crocs il tourna la tête dans ma direction. Nos regards se rencontrèrent, j’entendis son grognement, vis ses narines palpiter, sa cage thoracique se gonfler pour un soupir de satisfaction. Il était sûr de sa supériorité. Je savais être un gibier ne pouvant lui opposer la plus infime résistance. Mon calme dut l’étonner, lui devant qui tous fuyaient et ceux qui s’y refusaient promettaient de combattre jusqu’à la limite de leur force. Il vint vers moi, l’air vibrait de ses assauts d’une violence impitoyable. Je ne risquais rien, la voix me l’avait dit, n’était-ce pas un rêve ? Il fut soudain proche et je vis sa taille, devinai sa force. Des couleurs sombres parsemaient ses écailles, son haleine était lourde des proies précédentes. J’eus un sourire en imaginant le dentiste ayant à s’occuper de lui. Je sentis sa curiosité devant un animal inédit, en face d’une odeur qu’il ne comprenait pas. Il releva la tête, la secoua ainsi qu’un cheval le fait pour exprimer son trouble. De plus près je vis sur lui les traces d’anciens combats, cicatrices disant sa vie, ses victoires. Il ne connaîtrait qu’une défaite. Un semblable, plus jeune, plus puissant pourrait le tuer, le dévorer. Comment deux prédateurs pourraient-ils se mettre d’accord pour se retrouver autour d’une table avec un unique plat au menu ? Il s’étonnait de ce que je ne tente pas de filer, de me rebiffer. Le plus fort de mes coups l’aurait laissé indifférent. Mon attitude expliquait la sienne. Je le sentais curieux de son propre comportement, d’une sensation qu’il découvrait faute d’en avoir eu l’opportunité. Les instincts les plus profondément ancrés peuvent laisser place à la nouveauté. Le ventre creux il eut éludé les questions, la contrainte organique est impérative. Lentement je levais une main vers lui, il pencha la tête à sa rencontre, je la posai sur son museau humide et pris plaisir à le caresser. Cela lui plut, pour un peu il se serait mis sur le dos en ronronnant. Comme il s’inclinait davantage je pris cela pour une invitation et m’accrochant sans difficulté à ses écailles j’entrepris de monter sur son dos. Ceci fait il se mit en marche sans chercher à comprendre son comportement, seul un homo sapiens se cherche des excuses ! Appréciant des sensations inédites. Un pion dans un nouveau rôle révélant qu’il est plus que ce qu’il pensait. La vie est simple quand JE est ignorant de SOI, que manque un miroir renvoyant une image que nous interpréterions.

Les ennuis commencent quand l’animal s’interroge. Je pensais à cela sur son dos, portée autant par mes réflexions que par ce saurien géant. Dans un rêve tout est permis, j’imaginais, sachant cela impossible, que je pourrais apercevoir un de nos aïeux luttant pour survivre. Quelle réaction, aurait-il eu ? Ma monture se serait précipitée sur lui et ses pareils pour les dévorer tous, ainsi je n’aurais jamais existé… J’étais bien, sa puissance passait en moi, une vie comme il n’en existe plus. Je dominai un monde, invincible, unique, alors que nos ancêtres n’étaient que des possibles au cœur de gènes perdus en de minuscules mammifères effrayés courant entre les pattes de tueurs insatiables. Insatiables mais pas inamicaux, les plus faibles dévorés restent ceux qui le méritent, sachant courir plus vite ou mieux se dissimuler. Qui sait quelle minuscule bestiole me vit agir, quelle idée alors germa dans sa tête, si elle ne se mit pas à réfléchir sur son comportement.

L’émotion explosa en moi quand je m’éveillai au monde m’entourant, à la nature même de la vie.

Ces mots sont miens ; trop longtemps retenus ils s’écoulent d’une création mentale. Petite fille sur le dos d’un monstre.

Me vient une question : Qui se tient sur mon dos ?


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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 07:30
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 07:34

 

De la réalité je prends une graine que je nourris d'imaginaire pour en faire un arbre.

Les fous ne perçoivent pas une autre réalité, c'est la nôtre qu'ils voient différemment.

Ce n’est pas parce que vous êtes faible que la faiblesse est une qualité.

Je préférerais rester dans l’histoire comme un regret. "Si nous l'avions écouté… "

Méfiez-vous, vous êtes moins con que vous l'espérez.

Les vieux cons sucent leur pouce intérieurement.

Il n’y a pas assez pour qu’il y ait trop pour tous.

Le fanatique est le pire des blasphémateurs !

Le néant c’est du rien entouré par du vide.

Je ne serai damné que durant ma vie.

L’invisible n’est pas l’imperceptible.

Le bœuf qui rit oublie l'abattoir.

L'intellectuel est au génie ce que l'escargot est au mur du son.

L’espèce humaine n’est pas devant un mur mais un obstacle.

Qui est choqué d'une parole est un accidenté de l'éducation.

La seule façon de ne plus voir son ombre c’est de faire face à la lumière.

 

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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