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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 08:02
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 07:58

 

 

 

 

Avenir ; Beauté ; Berceau ; Billet ; Billet doux ; Bonsaï ; Cercueil ; Chaise ; Colonies ; Déambulateur ; Démence ; Famille ; Hérédité ; Idolâtrer ; Imaginaire ; Jambes ; Laideur ; Mégot ; Névrose ; Nourrisson ; Pas (premiers) ; Patrie ; Polyphrénie ; Psychose ; Regrets ; Remords ; Spot de pub ; Toilettes ; Travail ; Zen.

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 07:58

Promettez... (8)

                                           09


Cette nuit est plus dense que les précédentes. La température est remontée, viendrait-elle sous la neige ? Je l’imagine caressant le tapis blanc sans y laisser de traces alors que j'ignore d'où viennent les miennes.

Un linceul glacé me broierait, je sentirais mes os brisés, fermant les yeux je m’ouvrirais à la mort pour constater qu’elle ne veut pas de moi, que malgré la destruction de mon corps je ne suis pas…

Le suis-je déjà ?

J’ai jeté une pièce en l’air, prévoyant ce qui arriverait qu’elle tombe côté pile ou face, elle a rebondi, s’est arrêtée sur la tranche, ainsi puis-je regarder des deux côtés.

- Vos pensées vous emportent ?

- Je vous attendais en contemplant de curieuses images.

- La vôtre s'affine.

- Je repensais à mon grand-père, au fait que mon lit occupe la place qui fut sienne au moment de mourir. Il fut l'image masculine de mon enfance. Ceci explique cela dirait un psy. Si le passé explique le présent il ne l'excuse pas. Autant accepter ce que l'on ne peut changer. Je tiens de lui, psychologiquement et génétiquement.

- Vous exprimez bien ce que vous ressentez. Maintenant il est temps de vous accepter. Vous fuyez les miroirs ?

- C’est donc moi le vampire ?

- Vous redoutez que les mots donnent de vous un reflet trop précis, celui d'un prédateur d'âmes plus que de sang.

- J’ai un jour brisé le miroir de ma chambre, geste inconscient pour supprimer le témoin d’un passé que je pourrais interroger.

- Qui vous oblige à rester dans cette pièce ?

- Le passé à affronter. Un jour je partirai !

- Ce miroir vous vit enfant, il enregistra des instants importants de votre vie. Il ne se reformera pas mais dans votre mémoire il est intact. Vous craignez son reflet inversé alors viennent les textes qui donnent une image plus précise, dangereusement ressemblante.

- Je revois cette glace, son cadre doré, le meuble en dessous, je m’y observe pour me reconnaître, doutant être celui que j’apercevais. Il n’y avait pas adéquation entre ce que je me sentais être et celui dont je distinguais la silhouette dans les regards m’entourant. Vous avez raison, je me découvre en parlant.

- Schizophrénie, sans folie !

- Une malédiction.

- Une chance ! Une âme observant son reflet, Petit animal dans une situation inconnue affrontant un être dont il ignore la nature et s’il est hostile. Une part de soi trouble, emplie de fureur, de tristesse, de rage et de douceur. Ces forces se mêlent en un déchaînement intérieur brutal que vous projetez pour l'observer.

- Le vaisseau m’a emporté, sa nature, sa raison d’être... Je suis allé jusqu’à la sensation de vertige, jusqu’à sentir sur ma peau l’appel frais du gouffre, j’ai entendu mes prédécesseurs, j’ai voulu… Une main me retint… Regarder l’abîme et s’y découvrir chez soi, surprise ! Descendu au fond comment tomber plus bas ? Quand l’offre me fut faite j’ai accepté, me suis immergé dans la démence, ses milliers de bouches voraces provoquèrent des milliers de blessures suppurant des phrases incompréhensibles. Quel sang vicié coulait-il dans mes veines pour que suintant de moi il corrode le sol ? Folie, comme une ombre me prenant dans ses bras, murmurant les paroles que j’espérais d’une autre bouche, tendre. Cela ne vint pas, ou trop tard, quand le piège se refermant rongeait l’inutile. Un extrait de poème me revient, un homme mordu par un serpent "Que croyez-vous qu’il arriva, ce fut le serpent qui creva." J’aime le risque se trompant de proie, le prédateur dévoré. La folie est la surface du miroir, impossible de l'éviter pour qui veut explorer la Création ! Chance, malédiction, pacte avec le diable peut-être.

- Vous croyez en lui ?

- Non ! C'est un principe humanisé pour être compréhensible.

- C’est plus joli ainsi.

- Un jour je me débarrasserai de ce maquillage pour affronter la réalité brute. Un masque collant au réel mais le déformant, aussi peu que ce soit c’est encore trop.

- J’aime ce navire dans la tempête. Quel modèle ?

- Une galère et des démons en chiourme soumise à la volonté. Combien en ai-je au plus secret de moi, dont la force me fit avancer en des zones étranges, malsaines et corrompues ? Mille tentations qui me nourrirent. Mes pages furent les cailloux noirs me permettant de frôler le gouffre et de surmonter son appel grâce à vous. Il ne manque de voir le jour se lever ensemble.

- La lumière me fait plus peur qu'à vous mais elle est douce pour qui l'utilise. Vous avez besoin d'elle pour être vous.

- Moi ? Je pense que la rencontre serait intéressante et pénible.

- Ce qui ne coûte rien ne vaut rien. Je ne parle pas d’argent mais de son implication dans ce que l’on fait. Donner le minimum pour retirer le maximum est rare, sauf à considérer que la quantité est supérieure à la qualité. Facile de rester superficiel, de jouer avec la langue, vous en avez l’expérience. Persévérer dans cette voie serait vous trahir ! Je suis là pour dire ce que vous redouter d’entendre. L’enfance est rassurante. Pour qui sait regarder dans les yeux d’un enfant qui ne se sent pas observé apparaissent des éclats venant de sa réalité la plus intime, trahissant sa véritable nature.

- Laquelle n’est pas forcément humaine.

- Pas du tout humaine ! C’est elle le contenant, pas l’inverse.

- Humain… Qu’est-ce que c’est ? Un mensonge, un masque que moi aussi je porte.

- Ouvrez les yeux et vous attirerez les regards au lieu de les détourner. Qu’importe les observateurs hostiles, d’une masse à peine rampante dans le meilleur des cas. Dommage, pour l’éviter, de rejeter qui vous reconnaîtrez.

- Quelque instinct d’autodéfense, l’excès de sensibilité amène à se protéger de tout et de tous. J’ai fait de ma peau une carapace, fait le vide autour de moi. J’aspirais au silence, seul moyen d’entendre l’écho de mes pensées jusqu’à en être envahi, étouffé ! Je descendis au plus profond, par une faille béante. Montrer les dents, balancer quelques vannes, ce que j’appelais mon "filtre à cons !" Efficace. Rater une vache dans un couloir est difficile, rater un con dans le désert relève de l’exploit. Je parais méprisant ? Je le suis, mais ainsi que le disait quelqu’un : "Il importe de distribuer son mépris avec parcimonie tant sont nombreux les nécessiteux." Besoin de distance. Cela dit je ne suis pas exempt des tares que je dénonce, même si cela me peine de l’avouer.

- Supérieur ?

- Je déteste cet adjectif, sinon en mathématique, désignant une réalité objective. Ailleurs, le regard dans une autre direction, oui.

- La solitude permet de se trouver mais offre le risque de trop bien s’entendre avec soi, des regards neufs sont nécessaires sinon je ne serais pas là. Les vieilles questions reviennent sans que la poussière les recouvrant ait été déplacée. L’être se momifie dans l’isolement et le silence, dans l’absence. Il a besoin de sollicitations extérieures. Rester au nid est agréable, le risque est d’y pourrir vivant. Si vos idées valent quelques choses elles l’affirmeront en se confrontant au monde extérieur, celui du jour. Avez-vous si peu confiance en vous que vous préférez faire les questions et les réponses ? Vous avez la lucidité de visualiser la situation en percevant le reflet derrière lequel vous existiez en fonction de l’autre. Vous connaissez votre réalité, pouvez la montrer, l’imposer. La gêne devient souffrance, une position nouvelle est douloureuse par les muscles qu’elle réveille. Les "muscles" mentaux sont aussi flemmards que les autres. Ils apprendront ! J’en devine qui, vous lisant se découvriront. Vous verrez ce que vous ignorez encore. La distance la plus grande est celle que l’on s’impose. A s’isoler du monde on s’éloigne de soi, focalisé sur le superflu, le sans danger, le sans intérêt. D’autres pièces restent à visiter, d’autres wagons à traverser, d’autres mers à explorer avec leurs mystères amicaux et tentateurs. Vous redoutiez votre désir de vous égarer. Je vois les sollicitations, les promesses trompeuses. Votre esprit est réfractaire, pas spongieux retenant les explications données. Éponge rendant à la moindre pression les mots retenus. Le mien est plus dense, il eut le réflexe de se fermer. Là où d’autres contractent de sales maladies il sut employer ses défenses. Le terme de muscles est inadéquat, c’est une forme plus subtile de protection faisant appel à des réalités biologiques mal connues. Le cerveau est un univers étrange.

- Je le vois comme un sphincter se fermant avec assez de force pour ne pas se faire… bousculer. Différent pour ceux qui ne peuvent sceller que leur bouche. Leur simili-cerveau s’ouvre comme le bec de l’oisillon réclamant sa pitance. Lui ne consomme pas, il rumine.

- Curieux animal ! Le nid-berceau devient un nid-cercueil. Corps minimum, un bec et un trou du cul : un bébé !

- J’apprécie l’ironie.

- Un portrait cruel.

- D’être ressemblant. Je joue avec mes cubes-mots et me surprend des associations qui apparaissent. Je découvre qui je suis. Mes muscles sont gourds, mes doigts malhabiles, je manipule difficilement certains mots, non qu’individuellement ils soient compliqués mais réunis ils forment des phrases complexes, presque vivantes par ce qu’elles suscitent en moi. Le genre de prédateurs que j’apprécie. J’apprends difficilement, modifier un comportement est plus malaisé qu’en intégrer un nouveau. J’adapte mes mauvaises habitudes, vivre avec est un choix plus réaliste. D’autres cubes, recommencer encore et encore. L’image optimale s’impose.

- L’image finale ?

- Pour moi ! En utilisant mes capacités au mieux. Vous attendant je songeais qu’il pourrait neiger, cela me remit en mémoire une séquence que j’aimais : Avancer sur une étendue immense, blanche, mettre mes pieds dans les empreintes déjà faites, elles cessent, mais continuer est possible. Face à l’inconnu, prendre le temps de la réflexion. J’ai dépassé les dernières traces ! En deçà de l’individualité se trouve l’inconscient collectif, notre héritage commun. Le JE est ce navire flottant à la surface, ces marques laissées par la curiosité nourrie de lucidité. Un tronc commun dont chaque individu serait un rameau. Je crus m’égarer, ce que je découvre ne m’est pas étranger. Je suis heureux que d’autres aient pris ce chemin. Chacun le porte en soi, peu osent le trouver, encore moins le prendre.

- Vous ne l’avez pas voulu.

- Peu importe maintenant, je me repère dans une nuit peuplée d’inquiétudes, dans un désert ou l’esprit se blesse aux interrogations tranchantes jonchant le sol. Un chemin à sens unique ! Le manège m’a rejeté dans des conditions obscures.

- Vous attendez le jour ? Vous les connaissez déjà, les phrases vous ont échappé pour vous prévenir d’un savoir attendant un encouragement pour surgir devant vous, inquiétant et nourrissant.

- On en sait souvent plus qu’on voudrait. L’essentiel est dissimulé sous des masses de connaissances, de connes essences, qu’il nous appartient de déblayer.

- Vous creusez depuis un moment.

- Défossoyeur, un beau métier !

- Un don.

- Mais pas un cadeau.

- Ou empoisonné.

- J’espère ! Le poison donne du goût à l'hostie.

- La formule est jolie, spontanée comme le sont les associations d’idées les plus riches. Poison de la vie modifiant le goût du vide dans la bouche une amertume complexe à définir, inconnue.

- Cela me rappelle l’église dominicale, l’intérêt de cette visite étant l’acquisition d’un magazine pour enfant. Depuis mes lectures ont pris une voie différente. Perdu dans la masse, le prêche résonnait entre les murs de pierre. Me sentant mal je dus sortir et n’aies retrouvé ce chemin, qu’à titre de curiosité. Quel vertige ai-je fui ?

- L’abîme du mouvement moutonnier. Vous avez préféré la vie. Combien voulant s’éloigner s’en découvrent incapables ! Drogués ne supportant plus le manque. L’addiction psychique est la pire. La force attractive de la masse est immédiate. Intellectuellement certaines pensées sont permises que le caractère met en pratique. Comment lutter contre soi, contre l’éducation ? Dans un moule si étroit que des parts d’être étouffent, l’âme prie pour oublier son agonie.

- Nous sommes guidés, heureux de céder à des pulsions que nous voudrions décrypter. Nous sommes hors de l’enclos, découvrant l’étendue offerte à notre curiosité, partageant l’effroi s’emparant du gibier imaginant un prédateur derrière chaque arbre.

- Le temps est trop froid pour que nous trouvions un chaton, fantôme ronronnant, souvenir refusant de s’éteindre.

- Par manque d’argent je ne pris pas de nouveau compagnon, par besoin de solitude, d’enfermement, de m’enfoncer en moi-même, m’engluant dans une toile imaginaire. J’ai résisté pourtant, sentiment d’une mission, d’une route que je ne voyais pas si longue. J’en eus été paniqué. Le désert fut amical au début, chaque pas était une idée, les pages s’empilaient, les histoires se succédaient, mirages que je visitais en laissant un peu de moi au passage. Je voulais me détruire, le contraire se produisit. La mort était proche, je me suis précipité, bras tendu, et ai trouvé la vie qui me souriait, la lumière qui m’attendait. Une nouvelle naissance, une nouvelle vie à parcourir et ce cri qui ne me quitte pas.

- Vous aimeriez voir la mort ?

- Facile de jouer deux rôles, d’imaginer que si… Le moment venu qui notera mon comportement, aurais-je encore cette faculté. Mourir en écrivant est-ce mourir vraiment ?

- En vous attendent d’importants savoir, constitutifs de ce qui veut s’imposer derrière ce que vous croyez être.

- Je suis une partie de moi-même, le reste rêve, emprisonné durant si longtemps il crut mourir. Il a survécu. Schizophrénie comme une qualité quand les parts de l’être près de se perdre se rejoignent finalement. Aurais-je le temps d’aller jusqu’au bout ?

- Vous le savez, l’évidence du succès vous retins.

- La mort, qu’y a-t-il ensuite, et avant ?

- Avant ? Je devrais éviter cette question qui me hante. Je me laisse envahir, luttant contre mon désir d’en parler, de faire peur aux grands pour qui une enfant est promesse d’avenir, victoire sur la mort, pas démonstration de sa toute puissance corruptrice. Je devrais me distraire, m’amuser avec des gamins de mon âge… En réalité j’ai levé la tête comme vous quand vous êtes sorti de l’église au lieu de bêler avec les autres. Les circonstances nous arrachèrent aux rails, nous subissons des contraintes en feignant de les avoir désirées. Parlez-moi de ce quartier, c’est le vôtre.

- J’allais à l’école, de l’autre côté de la rue, j’y ai passé bien des années, il n’en reste rien, dans le bloc de béton que vous apercevez une nouvelle fut construite. L’ancienne ne répondait pas aux normes de sécurité. Une partie de moi a disparue dans les décombres. Cet immeuble… Inutile de m’énerver, je ne peux rien changer et les enfants d’aujourd’hui sont contents de leurs l(b)ocaux. Je préfère regarder le pont, combien de fois l’ai-je pris, je ne sais. Il reste une ou deux photos de moi prises ici, j’ai l’air idiot, les yeux écarquillés comme si je ne comprenais pas ce qui se passait. J’obéissais, j’étais sage, physiquement… Il me fallut du temps pour ouvrir les yeux.

- Il n’était pas heureux ce petit garçon ?

- Heureux ? Où est mon dictionnaire ? Il n’était pas malheureux, peu présent, vivant en un terrain de jeux où il devait rester seul.

- Vous regrettez ce temps ?

- Je hais cette époque mais éprouve une curieuse nostalgie. La vie était simple, j’étais tenu en laisse par les obligations, le minimum pour exister entre l’école, la maison, la nuit…

- Se serait-il entendu avec moi ?

- Il s’adaptait spontanément, rien d’anormal, il se protégeait, j’analyse difficilement ce comportement. Il plongeait la plume de son imaginaire dans d’inconscientes blessures, je continue mais le sais. Le sang ne s’arrête pas, je vais le chercher, presse sur les lèvres de mes plaies pour qu’il en coule toujours. Je devrais être exsangue d’émotions, mais il en vient toujours, à travers ces blessures je trempe mon âme dans un étrange encrier.

- C’est la vérité, vous le savez. Vous avez changé ?

- Quel condisciple me reconnaîtrait ?

- Vous aviez déjà ce grand front ?

- Il ne me quittera plus, avec le temps il croît.

- Indice de la capacité à oubliant le réel.

- Schizoïdie ! Une qualité favorable. Assimiler le passé aide à apprécier le présent pour influer sur lui. Pas à l’altérer mais à le transformer. Que de compétences périclitent faute d’être exploitées.

- Exploitées est le terme adéquat.

- Comme une carrière ! Le marbre est là, minéral magnifié par le travail de l’artiste. Un don est exploitable, c’est un moyen, pas une fin. Je laissai la bonde ouverte, un fleuve de romans s’écoula.

- Vous avez écrêté l’apparence, désinhumé ce qui était vivant.

- Belle image ! Je me vois grattant le sol comme un chien à la recherche d’un os qu’il n’aurait pas enterré mais qu’il saurait trouver.

- L’animalité fut puissante et profitable, elle est la preuve que vous êtes réceptif à ce qui vient en et par vous, sinon vous n’auriez pu tant écrire. Vous pêchiez et avez remonté une forme inconnue. Parlez-moi de ce petit garçon, de sa vie.

- Sa vie ? M’en reste quelques souvenirs, des instantanés, des impressions, séquelles d’émotions marquantes. Mes habitudes ont peu changées, je ne vais plus à l’école mais je m’installe devant un bureau d’écolier et fais du terrassement mental.

- Nous venons du minéral, y retournons. Vous privilégiez la profondeur à la largeur.

- Je le découvre maintenant. Un clavier, un stylo sont les meilleurs outils pour ce que j’ai entrepris. Nous parlions d’enseignement, j’ai appris la dactylographie qui me permit de taper rapidement, la lenteur m’eut emprisonnée. Je devais être libre de m’exprimer sans me soucier de regarder si je frappais sur la bonne touche. J’avais tant de matière à extraire, je me retrouve devant une telle masse que je m’étonne d’en avoir tant fait.

- Pour découvrir un diamant il est nécessaire d’arracher au sol des tonnes de minerai. Comment était cet enfant avec ses copains, il ne pouvait les éviter.

- Un caméléon ayant développé la faculté de dire ce que l’on attendait plutôt que ce qu’il pensait. Un excellent moyen de s’engloutir dans la schizophrénie. Pour un tel voyage il est important de partir tôt.

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 07:52

 

Sans moi sais-tu ce que serait ton quotidien ?

Tu voulus m'effacer mais sans y parvenir.

Pour économiser de quoi nourrir un chien,

Et constates au final un résultat bien pire.


Tu es à peine né que déjà je surviens,

Dans tes mains disposé, d'abord récréatif,

Attirant, rassurant, avec moi tu es bien,

Et puis le temps passant je deviens instructif.


Je sais combien parfois je peux être ennuyeux,

Tu es trop concentré et moi insupportable,

Tu tètes le savoir, apprends à être heureux,

Quel est l'autre chemin menant à l'admirable ?


Tout près de toi aussi, regarde dans ta poche,

Si je suis plastifié c'est pour mieux perdurer,

Tu es défini là, tu vois que rien ne cloche,

Sans moi pour l'attester, pourrais-tu exister ?


Regarde à l'intérieur, je suis là, allongé

Tu souris de me voir, surtout multiplié,

Complexe et coloré pour n'être pas copié,

Avec moi dans ta main te voilà rassuré.


Cela fait si longtemps, plus de deux millénaires,

Du début à la fin je suis à tes côtés,

Je contiens les secrets que tu ne peux plus taire,

Ce que tu veux crier, et ton intimité.


Du chef d'œuvre au vulgaire, je peux tout supporter,

Mon plaisir ? T'entraîner là où tu n'as pas pied.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 07:40

 

Tu étais et je suis, regarde le miroir,

Ce reflet est bien toi, triste réalité !

Que de rêves tu fis, t'alimentant d'espoir,

Pour n'être que cela et devoir l'accepter.


Te souviens-tu qu'enfant tu voyais l'avenir ?

Pompier t'aurait bien plu ou bien alors motard,

Les garçons trop souvent sont de grands vantards,

Et quand ils sont plus grand balaient tout ça d'un rire.


Au lycée tu devins un donneur de leçon,

Tu avais tout compris et voulais t'engager,

Il fallait un sauveur, le monde t'attendait,

Le croyais-tu vraiment, jouais-tu la passion ?


Après tout tu as droit au bénéfice du doute,

Plus on est loin du vrai mieux on croit le comprendre,

Et pouvoir le changer avant que l'on s'en foute !

Des rêves que l'on fit ne restera que cendres.


Regarde mieux, dis moi, te voyais-tu ainsi,

Mais tu ne comprends plus, le réel est nocif,

Il récure tout à fond mais laisse le passif,

Les instincts, les besoins et l'enfance moisit.


Tu as bien réussi, le métier, la famille,

Le monde te convient puisque tu en profites,

Qu'importe le présent, le futur en hérite.

Tu voudrais profiter mais en fait tu gaspilles !


Tu as tout oublié de tes si chers désirs,

Facile de vouloir mais quand il faut agir,

On se dit A quoi bon ? Est-ce mon avenir ?

À chacun d'accepter ce à quoi il aspire.



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Publié par Lee Rony - dans Fables
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 07:34

Promettez... (7)

                                          08

- L'enfance était une apparence, les animaux sentent cela.

- Des animaux… Sur mes premières photos je suis entre les pattes de chiennes berger allemand. Aujourd’hui ce serait mal vu comme si le vrai danger venait des animaux. Parfois j'ai envie de me débarrasser des oripeaux de la civilisation, je regarde la lune quand elle est pleine mais jamais je ne me suis transformé. J'aimerais effacer les générations me séparant de Cro-magnon en sachant que l'époque était heureuse par l'ignorance du malheur. L'inconnu est paré de qualité que la réalité efface. Vous aimez les animaux ?

- Plus que les gens. Je l’affirme sans honte et parfois avec le désir de choquer. Je nourris des chats, je ne suis pas la seule mais c’est à moi qu’ils manifestent le plus grand attachement. Dès qu’ils perçoivent ma présence ils accourent, me font fête. Dans le regard d’un félin je sens parfois une invitation, lui se souvient de la vie qu’il eut en appartement, quand ses propriétaires le traitaient comme une peluche. Il s’enfuit et voudrait que j’en fasse autant. Je ne me vois pas dormir dans une cave, me nourrir de rats, je ne fais pas la fine gueule mais j’ai des habitudes et j’apprécie le confort.

- Eux surent se débarrasser des politesses apprises.

- Notre animalité est confinée par la société. Vous n'avez pas eu de chat, c'est l'animal associé à l'écrivain, noir pour vous.

- Vous lisez en moi. J'en eu un pendant un an et un jour, comme s'il était écrit qu'il ne pouvait être à moi, mon meilleur ami. Vous ressemblez à un chat, la forme du visage, les yeux lumineux, les crocs brillants…

- Mes moustaches vous plaisent ?

- Elles sont l’élément majeur de votre charme, elles vous aident à sortir aux heures où une enfant bien élevée dort.

- Dans une vie future j’aimerais être le chat qui ne vous quitterait jamais. J’adore leur beauté entre douceur et coups de griffes. Marcher sur le toit, voir la nuit, courir en silence, retomber sur leurs pattes. Comment aviez-vous appelé votre complice ?

- Puceron ! Et je ne sais pas pourquoi.

- Ça aurait pu être pire.

- La preuve, mon chien s’appelait chou-fleur !

- Vous aviez un don pour les noms. Celui que vous choisirez pour moi sera le bon. C’est ma façon de parler d’avenir, Le temps nous domine, le passé ne nous appartient plus, le futur est un possible incertain. Il est plaisant d’imaginer demain ainsi le bonheur paraît accessible. Reparlez-moi de Puceron, il vous manque encore ?

- Des esprits chagrins diront qu’on ne peut comparer un chat et un humain. Ils ont raison, donc je préfère les premiers !

- J’aimerais ronronner comme lui, montrez-moi l’endroit où vous l’avez rencontré. Marcher nous fera du bien. Le hasard serait grand si nous en croisions un autre, assis et nous attendant pour le protéger de la nuit, de la pluie et du froid. Vous ne le laisseriez pas dehors.

Sa patte… pardon, sa main prend la mienne, elle m’entraîne. Je me laisse faire en contenant un miaulement de satisfaction

La nuit est compacte, les façades nous observent, le monde semble mort et nous les ultimes traces d’une vie ayant compris l’inanité de ses efforts.

- La nuit est propice aux rencontres sortant de l'ordinaire.

- Jeune j'attendais de croiser une belle vampire...

- Une idée d'homme ! Prendre une vie pour prolonger la sienne.

- Une plante aussi est vivante, demandez à une carotte.

- Partiriez-vous pour le désert ?

- J’y suis déjà.

- Je ne suis pas un mirage.

- Quelle est la validité du réel ? J’ai opté pour l'imaginaire par incapacité à m'intégrer, je suis né face au vide et l'aie rempli spontanément. L'extérieur n'était pas hostile, il était absent rien ne venant de l’extérieur j'ai pris l'unique chemin restant, impossible désormais de reculer. Parfois il me sembla n'être pas vivant comme si j'étais pris dans le coma depuis mon premier cri, de refus. Tout cela ne serait qu'imaginaire. Si je suis vivant alors c’est en partie seulement, avec l'avantage de pouvoir contempler ce que nul ne put qu'entrevoir et le défaut de ne plus pouvoir appréhender la réalité.

- Vous maîtriser si bien le langage.

- Qui tient les mots tient les gens aimais-je à dire.

- Vous avez raison, sans le terme adéquat comment saurions nous ce que nous voyons, entendons, pensons ?

- J’attends celui qui verra dans mes textes plus que des taches d’encre. Nous parlions du désert, chaque mot est un grain de sable, matrice du suivant. J’aimerais aller à ma rencontre sans parasite mais je suis déjà parti, tracté par les mots, le but du voyage est savoir qui je suis au-delà de la notion d’individualité. Je me fis un univers sur mesure, diminuant les sollicitations, les perturbations, besoin de renfermement, ne pouvant échapper à mon regard j’ai fini par me voir.

- Le temps a filé, observez les fantômes autour de vous, il en est de plus denses qui vous comprendront, que vous désirerez connaître. Autrui est parfois une tornade soulevant en soi des idées inconnues. Seul nous tournons en rond, englué dans l’inutile.

- J’ai atteint les limites du monde que je générais. je cherchais en tâtonnant la douceur du capiton, le froid des murs me répondit. Je les sens prêt à exploser en dents coupantes avides de mordre, de déchirer. J’ignorais la nature de mes limites, les imaginais proches, rassurantes. Vous venez du côté de la vie que je crus impossible, agressif, violent… Il l'est mais la vie n’est pas un animal docile, sans griffe ni dent, refuser leur existence les rends plus promptes à nous faire souffrir. J’ai fait un échange. Vous avez saisi la main que je tendais par-dessus l’effroi. Je perçois encore un obstacle entre nous, un refus dissimulé, une peur souriant du tour qu’elle nous joue. Cet obstacle résiste mais se fendille là où nos esprits se rejoignent. J’ai l’impression de vous voler.

- Prenez ce dont vous avez besoin, ne laissez rien, ce serait perdu. Ensemble nous réussirons. Comme des rapides sur lesquels les autres se disloquèrent. Ainsi paient ceux qui, ne pouvant se comprendre, ne perçoivent pas le danger qu’ils affrontent. Être conscient est la clé de la victoire.

- Admettre pour l’emporter, percevoir l’inutilité d’opposer le négatif au positif car alors surviendrait l’annihilation. Ensemble ils forment un tout accessible. Je me suis enfoncé dans l’erreur longtemps, optant pour le premier, refusant son contraire. Je sais désormais qu’ils se complètent. Sans vous j’aurais continué mon errance, si je n’avais pas sauté.

- Mon effet ? Le battement d’aile d’un papillon.

- Susceptible de provoquer un ouragan.

- Mais pas une catastrophe.

- Tant d’images se suivent, désert, ouragan, rapides…

- Observée sous divers angles une idée devient compréhensible.

- Mes pensées sortent de votre bouche. A nous voir qui nous jugerait semblable ?

- Qui verrait plus loin que les apparences. Vous avez quitté votre désert si vous pensez être visible.

- Je n’ai pas vu que l’herbe remplaçait le sable.

- Le troupeau se rapproche.

- Physiquement il m’est possible de les rejoindre, mentalement non. Jadis j’imaginais le retrouver pour faire un massacre, fouine dans un poulailler quand l’odeur du sang lui monte à la tête, qu’elle ne sait plus réprimer sa sauvagerie, prenant plaisir à tuer sans autre alibi qu’une pulsion à satisfaire. J’eus ce désir, aussi par dépit, par impression d’être rejeté. Je m’éloignais lentement du sentier que trace cette harde dans le vide d’un champ illimité. J’aurais pu rejoindre les prédateurs, mais ils font partie de la masse. J’ai traversé leurs rangs pensant m’y intégrer avant d’admettre que je devais aller vers moi, pas vers une satisfaction temporaire et trompeuse.

- De votre position vous pouvez encore agir.

- Sur un fond clair-obscur, être une silhouette prometteuse. La haine me parviendra de ceux qui nient l’existence d’une autre voie quand la majorité bovine mastique ses neuroleptiques. Quelques-uns, surpris, trouveront en eux la force de franchir la barrière d’angoisse, les bergers sociaux et mythologiques n’y pourront rien.

- Vous atteindront-ils tous ?

- Beaucoup s’épuiseront ou tomberont dans des pièges que je ne vois pas, les comblant pour que les moins pressés, passant par-dessus, poursuivent leur chemin.

- Jusqu’à vous ?

- Chacun doit progresser vers soi, pas vers une icône à laquelle il veut ressembler alors que c’est la pire prison possible, celle ou attend, souriante, confiante, la sauvagerie. Qu’ils se sentent vivant, l’osent, là est mon rôle.

- Ces mots vous surprennent ?

- Oui, dialoguer suscite de nouvelles idées.

- Elles révèlent votre pensée, disent ce que vous refusiez, ce que la lucidité veut amener en pleine lumière. Ces concepts attendaient l’opportunité de jaillir des profondeurs. Elles l’ont fait lentement.

- Vaisseaux fantômes de l'âme attendant une tempête mentale les ramène à la surface en espérant qu'un esprit fut assez sensible pour monter à son bord, le visiter, et en revenir... Là est le plus difficile. Tant d'esprit embarquèrent qui furent entraînés dans les abysses. J'imagine la panique devant l'émergence de telles pensées gigantesques, la réaction de se crever les yeux pour survivre, de se jeter dans l'obscurité de croyances vaines mais rassurantes. Comment ne pas céder à l'effroi ou à la folie et pourquoi moi ai-je survécu, sinon parce que je m'y suis retrouvé dès ma naissance, dès que je pus penser et que cet univers-là est devenu mien, est devenu moi. Je n'ai pas eu à monter à bord et mes textes tentèrent de m'ouvrir les yeux sur ma situation. Maintenant je sais que je ne peux plus en descendre seulement essayer de survivre en me soulageant de pensées que j'envoie par dessus la rambarde. Mais je suis bien ici, face à la nature déchaînée, à la Création en pleine action, j’allais dire : en pleine crise. Une Création digne de ce nom ne peut survenir dans le calme. Le désert exprimait mon désir d'oublier ma situation, mais je peux la fuir pas la modifier. Je suis face au chaos d'idées s'entrechoquant quand remontent de l’Origine les secrets qui nous obsèdent. Mais je ne peux faire que regarder, je dois visiter les cales, parcourir les ponts, descendre dans des profondeurs où m'attendent mes pires désirs. Je l'ai déjà fait, les ai affrontés et s'ils faillirent me submerger j'eus la force de les éloigner. Comment, je ne sais pas, pourquoi, je l'ignore, est-ce la seule logique des grands nombres qui fait qu'après tant d'essais infructueux un devait réussir et ce dernier s'interroger. Évidemment si j'avais échoué je n'aurais pas de question à me poser ! J'ai approché les esprits de mes prédécesseurs, appris de leurs efforts, réussites et échecs. Je voudrais être le seul, je crains de n'être que le premier.

- Vous avez plongé au cœur de l’âme et découvert des merveilles terrifiantes. La peur qu’elles suscitent est un filtre, elles montrent les dents mais pour sourire, seul le débile s’effraie. Votre âme s’est trempée dans l’océan de visions infernales, d'émotions destructrices, dans le vent de révélations que vous seul pouviez supporter. J’entends résonner le NON que vous avez hurlé, intérieurement, au moment de disparaître. Il m’incita à venir alors que je voulais le murmurer me demandant si c’était possible. Je devine l’incrédulité d’un témoin de notre rencontre. Comment saisirait-il le sens de nos paroles ? Que la foule reste sur les canots de la normalité. Ce que nous cherchons est à nous puisque c’EST nous ! La civilisation n'est-elle pas l'association d'un équipage d’illusions et de passagers hallucinés ? Contemplant le vide vous avez appris à regarder plus loin, en acceptant les ténèbres vous connaissez la violence de la vraie lumière. Pas l’artificielle qui domine le monde, l’intérieure qui consumera ceux qui refusent de l’intégrer. La comparaison est belle ; l’image d’un vaisseau intervenant dans le réel à la faveur de tempêtes est riche d’enseignements.

- Elle veut dire que lors d’orages mentaux violents peut remonter un savoir inaccessible en dehors. Parfois ressentir sur quelle mer nous voguons amène à redouter de l’observer. Les pensées grouillent derrière nos habitudes, à nous de les prendre pour une pêche qui serait, elle, miraculeuse. Bien sûr elles ont pour premier effet de nous montrer ce que nous sommes. Je crus souvent être fou de sentir que je pouvais le devenir, au centre d’un maelström psychique disloquant les fondements même de mon être, l’ouvrant pour que par ces lézardes mes yeux puissent voir. Emporté, soumis à des forces que je sais endurer, pas contrôler. Je vois les mains s’agrippant au bastingage, s’efforçant de s’y maintenir pour monter, je devine les efforts, j’entends les hurlements de terreur quand le vent s’accroît, que les doigts glissent, que ne subsiste en canot de sauvetage que le fanatisme absolu, l’intégrisme total, la minéralisation compactant l’esprit pour lui permettre de paraître survivre alors qu’il se damne, poussé vers la sortie par une vie s’intéressant à ceux qui servent ses desseins, prête à réemployer les autres à sa convenance. Folie est le navire le plus solide, celui conduisant le plus loin, l’étreignant pour lui faire perdre l’idée d’une destination possible. Tant de prédateurs autour de nous, squales cérébraux dont les morsures m’interdirent de m’endormir. Je fus seul à bord de ce galion, cherchant une présence introuvable avant que le calme ne le lui permette de monter à bord. Personne ne sut se faire accepter de cette nef. Probablement crurent-ils avoir atteint le but ultime, heureux de céder à une mort paraissant amicale. J’essaie de comprendre, de traduire ce que je ressens. Ma chance fut de savoir les expulser avant qu’elles me noient.

- Ce navire est à quai, couleur de nuit pour être imperceptible aux yeux éteints, il vous conduira vers votre destin.

- Je n’ai pas atteint la limite de mes capacités, il m’en reste à employer. Je suis là pour cela.

- Je vous préfère dominant les concepts en leur laissant loisir de vous guider. Vos pages furent autant de pas dans la bonne direction. Vous avez piétiné sans vous arrêter. Vous attendiez d’atteindre les profondeurs où vous attendait cette embarcation. Le fond est le meilleur endroit pour monter à bord, vouloir le faire en surface, en pleine lucidité est impossible. Vous tenez la barre, laissant vos pensées vous mener où elles savent. Vous ne vous êtes pas opposé à une puissance intérieure et supérieure quand d’autres, feignant de la comprendre, l’adorèrent pour se briser sur des récifs qui n’oublient personne. Vous êtes à votre recherche. Cette embarcation est le moyen d’être vous. Une autre mer est accessible, ses merveilles vous attendent. Le pont craque, les voiles se tendent à se déchirer, par la grâce de votre esprit vous avancez. Porté par la vie tout est simple.

- Dangereusement simple, terriblement attirant.

- Vous aimez ça.

- JE SUIS ÇA !


Ça ! Le mot me reste alors qu’elle s’éloigne avant le retour du jour. Le temps nous oublie moins que nous le voudrions.

Ça ! Pour me désigner, mais suis-je cette image à laquelle je voulus m’identifier ? L’avenir m’en dira davantage.

 

Aucun chat ne vint à notre rencontre, quelques voitures passèrent. Sa main se raidit, elle recula sous le couvert des arbres, trop de monde, de regards, elle n’irait pas plus loin.

Je l’ai regardé s’éloigner, le moment n’était pas venu de lui demander d’où elle vient, qui elle est, les nuits nous rapprochent. Serait-elle cette vampire à laquelle je fis allusion se nourrissant non de sang mais d’émotions, sortant la nuit car ne supportant d’être vue. Ombre elle s’est fondue dans l’obscurité, aspirée par la nuit. Je suis resté seul, un goût de rêve dans la bouche, face à l’école où j’allais enfant. Du moins l’endroit où elle se trouvait ! Traces effacées, un jour il ne subsistera aucun endroit de mon enfance. Le temps ne laisse rien derrière lui, rien.

J’ai une lettre à lire !

Promettez... (9)

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 07:30
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 07:57

 

 

Avec mes remerciements au Maître Chercheur  de YT span>

!



kim jung-mi 1

Kim Jung-mi 2


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Publié par Lee Rony - dans J'ai entendu
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 07:29

 

 

Cher Charles,


Vous souvenez-vous cette fameuse balade en barque du mois de juillet ? Je suis certaine que oui, que pour vous, maintenant, c'est une image que vous chérissez plus encore que moi, qui sait si ce n'est pas cet instant que vous vivez et revivez pour une sorte d'éternité. Mais je ne vous connais pas assez pour savoir quel était le fond de votre pensée.

J'ignorais en vous demandant une histoire qu'elle serait le point de départ d'une aventure aussi longue et prodigieuse, vous-même, sur le moment, n'y songiez pas. Étrange activité que celle de l'esprit qui d'une graine d'imaginaire fait pousser un arbre extraordinaire, qui, d'une enfant anonyme tire une héroïne emblématique.

Laquelle suis-je maintenant, de quel côté du miroir suis-je restée ? Probablement du vôtre, c'était ce que vous vouliez, que nous restions unis à jamais. Oh ! Je sais que vous ne l'anticipiez pas, qui dispose du pouvoir de regarder aussi loin devant lui, au travers des brumes de la mort et du destin pour savoir ce qui l'attend, demain est déjà difficile à distinguer...

Je comprends quel argument je fus pour vous permettre de donner votre opinion sur une société que vous n'aimiez pas, et vous la voyiez mieux que moi, avec plus d'intelligence et de perspicacité ; le conte permet de montrer le réel sans le rendre insoutenable la lecture terminée, au contraire, les yeux ouverts le quotidien se supporte plus aisément. L'enfant normale devint une femme banale qui connut ses bons moments et ses heures de peines, la plupart après votre propre décès comme si vous me protégiez du malheur, vous parti il ne tarda pas à s'approcher et plus encore dans les années de guerre... En cela je ne fus pas unique sans que cela ait pouvoir de diminuer mon chagrin.

Vous voyez, finalement celle qui reste s'accroche au réel sans l'avoir voulu, au contraire pourrais-je dire, je voudrais l'oublier, je voudrais retrouver le monde que vous dessiniez pour moi, sans doute ma part d'enfance a-t-elle disparue à jamais, ce n'est pas maintenant que je vais la retrouver alors que vous avez eu le pouvoir de conserver la vôtre, peut-être en volant la mienne et celles d'autres fillettes. C'est en l'écrivant que je comprends quel type de vampire vous étiez. Tout en douceur, sans méchanceté j'en suis certaine, utilisant simplement un talent personnel et si rare. Recueillant une enfance qui se serait perdue de toute façon et la rendant sur le papier par des histoires qui sont loin d'être aussi enfantines qu'elles le paraissent. Changeant de nom comme si le premier était le cocon de l'artiste qui seul dispose de l'accès à une immortalité dans laquelle vous m'avez entraînée.


Savez-vous que d'autres que vous me reprennent, me torturent, sans conscience de le faire, me croyant simple personnage, ignorant que nous sommes quelques-uns à osciller entre deux réalités sans pouvoir choisir l'une ou l'autre. Qui me veut ainsi, qui me voit à l'inverse, j'incarne des fantasmes que j'aurais honte de seulement nommer.


Je voulais vous entretenir de tout autre chose, de mes aventures, des autres personnages, de ceci ou cela et puis les mots me surprirent, vous qui savez ce qu'écrire veut dire le comprendrez, j'étais un instrument pour vous et le reste pour un destin dont je perçois les fils, qu'ils soient fait de mots n'enlève rien à leur exigence, que je les perçoive amplifie leur cruauté sans que je parvienne à vous maudire pour m'empêcher de trouver une paix qui ne serait que le néant. J'aimerais retrouver ceux qui furent des amis, la reine de cœur même. Je sais cela impossible et que le seul qui viendra désormais, j'espère le plus en retard possible, sera un lapin noir.

 

                                                                            Alice

 

 

 

 

 

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 07:14

 

Parents et relations, tous en moi se retrouvent,

De parfaits étrangers doivent cohabiter,

Se regarder en coin, comment communiquer,

Chacun a son terrain, mais qui veut, s'y retrouve !


Je suis considéré comme égalisateur,

Mais la nature humaine ne peut se modifier.

Le grand veut le rester, le pauvre est prisonnier.

Parfois j'associe la victime et son tueur.


Combien de visiteurs parcourant mes allées,

Ordi dans le veston, se croient évolués,

Aux confins de l'esprit la peur est inchangée,

La science n'a pas pouvoir de les sauver.


La crainte est dans leurs yeux, comment me le cacher ?

Le plus souvent ils font semblant de n'éprouver,

Ni interrogation, ni froid, un peu d'indifférence,

Ils sont là parce qu'il faut préserver l'apparence.


Moi je lis le réel, il vient du fond des âges,

Acheter le défunt, pour un serein passage.

Bien peu y croient vraiment, mais on ne sait jamais,

Sais-tu ce qui t'attend derrière l'obscurité ?


Beaucoup font de l'humour, s'entraînent à rigoler,

Mini palais, de l'or, rassurent les plus fiers.

Celui qui peut penser en sera affligé,

Seul l'éléphant est serein face au cimetière.




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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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