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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 06:04
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 05:37
Encore une salve d'applaudissements pour F. ROLLEY pour ses magnifiques photos.


























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Publié par Lee Rony - dans Sans Blog Fixe
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 05:21

 

- Belle soirée n'est-ce pas mes amis, quoi de meilleur que la tranquillité nocturne après une journée harassante, un excellent repas et la 9ème de Beethoven pour nous tenir compagnie. N'est-ce pas Karl ?

- Tu as raison, cette version de Furtwängler est magnifique, elle nous emporte et nous fait oublier la charge qui pèse sur nous. Pourquoi ensuite ne mettrions-nous pas la 6ème de Tchaïkovsky ?

- La Pathétique... ça me semble une heureuse idée, Josef ?

- Oui ?

- Encore perdu dans tes idées.

- Désolé mais je suis face à des problèmes qui ne veulent pas me sortir de la tête quand bien même je fais tout pour les en chasser.

- L'aide de cet excellent vin semble insuffisante. Tu ne parviens pas à t'extraire de tes recherches.

- C'est trop intéressant, j'ai tant de questions devant moi qu'en résoudre une m'en apporte deux !

- Elles aboutiront un jour et le Nobel viendra couronner ton œuvre.

- Le ciel puisse-t-il t'entendre.

- Je suis certain qu'il le fera.

- C'est vrai que tu faillis devenir prêtre.

- Quand j'y pense... C'était le souhait de mon père ! Les circonstances de la vie me poussèrent sur une voie différente. Je me souviens de la guerre, quand j'étais brancardier, que d'horreurs je vis, et puis la mort de mon père fit que son ambition disparût, ma foi en fut secouée et chercha, puis trouva, un autre terrain pour s'exprimer.

- Nos routes connurent d'étranges bifurcations pour que nous nous retrouvions ici.

- Comme toi qui es à la fois anthropologue et médecin ?

- La curiosité est une vieille amie mais la biologie héréditaire que j'ai étudiée trouve ici un champ d'expérimentation.

- Toi les laboratoires, moi la prison !

- Que tu enduras courageusement. Elle fut source d'enseignements.

- Oh combien ! J'ai beaucoup appris de la psychologie des prisonniers et de la manière de les gérer.

- Ce pourquoi Heinrich te choisit.

- Juste, tu as raison Josef.

- Et ton idée de transformer les chambres à gaz en douches, très intelligent.

- Merci, merci ; un cigare ?

- Avec plaisir Rudolf, comment mieux conclure cette journée ?



Leurs fumées s'élevèrent vers... le Ciel ?


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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 06:14































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Publié par Lee Rony - dans J'ai entendu
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 06:24
... Ou rêve ? - 09 
 

                                                  10


Elle se redresse, se cale contre le dossier, sans cette silhouette dans son dos tout serait parfait.

Un poids sur son épaule, un oiseau la regarde, il penche la tête d’un côté, de l’autre, laisse la main de l’enfant caresser son plumage effleurer son bec, jouer un moment avec lui. Une branche basse frôle son front doucement, elle n’est pas seule, ses amis sont autour d’elle, la réconfortent et rejettent celle qui est responsable de sa peine.

La chasseresse/directrice est surprise en voyant le moineau atterrir en douceur sur l’épaule de son élève, se laisser effleurer, paraissant y prendre goût et en redemander. Elle a sursauté lorsque la branche de l’arbre eut un geste qu’elle crut volontaire. Curieuse enfant, amie, confidente de la nature qui l’écoute et manifeste son amitié de toutes les façons possibles. L’oiseau s’envole, vient vers elle qui recule comme il passe près de son visage en criant. Elle se domine, il s’est posé sur l’épaule de la petite fille parce qu'elle était immobile, la branche fut déplacée par un coup de vent. Il y a une solution à tout, il suffit de la chercher calmement ! C’est le regard ou l’interprétation des faits qui les compliquent jusqu’à l’incompréhensible.

L’enfant n’a pas tourné la tête pour la regarder pourtant elle se sent observée. Personne ! Son esprit cède à une angoisse à laquelle elle n’avait pas prêté attention jusque-là. Diffuse un moment elle se fait violente, présente partout où porte son regard, dans chaque ombre, chaque mouvement, dans chaque bruit émanant d’une nature hostile. Non ! Elle ne va pas laisser le délire l’emporter elle aussi, elle ne se savait pas si impressionnable. Sa volonté va vaincre ces terreurs et pas plus tard que tout de suite. Elle se détend, soulagée d’un poids dont elle ne comprend pas la nature. La nature… Non ! Elle ne va pas recommencer. Bien que l’enfant soit l’amie de celle-ci ce n’est pas une raison pour qu’elle partage son ressentiment et l’exprime de cette façon. Elle débloque, joue tous les rôles, un reste de culpabilité qui s’extériorise. C’est de sa faute si l’enfant s’est enfui !

C’est fini, ce qu’elle fit, et fera, fut et sera pour le bien de l’enfant. Tout est normal, la peur altère la faculté de comprendre l’évidence. Chaque chose tient dans sa case, et si elle ne tient pas il suffit de taper dessus pour l’y faire entrer !

Qu’importe qu’une explication soit fausse si elle est rassurante. Elle est tranquille dans son petit coin, sans penser à qui viendra tirer la chasse. Elle observe l’enfant avec l’œil débordant de certitude, elle est celle qui sait, cette fuite est un aveu. Elle tient absolument à l’aider comme ces gens prêts à tuer quelqu’un pour sauver son âme, qu’ainsi elle accède à la rédemption, comme si la vérité s’inscrivait dans les stèles des cimetières !

Le pire prend bien des apparences mais sa préférée est le désir de faire le bien d’autrui contre leur volonté. Il enfile le vêtement ample de l’hypocrisie qui dissimule les pires desseins et affiche le sourire de la mort seule triomphatrice finalement qui s’amuse des chemins que prennent les humains pour venir vers elle. Ont-ils donc si peur ? Cet effroi est l’unique dieu des hommes. Le mal affiche d’excellentes motivations, certaines justifiées tant il est sournois mais pertinent pour choisir la meilleure façon de s’exprimer, de convaincre, assurant le bourreau qu’il a raison et gagne son paradis ! Être sincère ne veut pas dire avoir raison ! Quelle sincérité naît-elle de la peur ?

Pitoyables créatures qui en un râle comprendront, bouche ouverte sur un cri éternel.

Pauvre directrice échafaudant tout cela comme subissant des pensées étrangères. Délire ! Vite, oublier cette impression. Seule l’intéresse cette petite fille assise, enfant qu’elle devrait laisser en paix plutôt que d’en alimenter le ressentiment. Tout ce qu’elle vient de voir cadre avec la logique, elle comprend l’oiseau, la branche… Événements ne valant pas tant de réflexions. Un volatile ne peut percevoir la peine d’une humaine, un arbre ne peut partager l’émotion d’une enfant, c’est impossible, impossible !

Et pourtant… Les êtres vivants se reconnaissent entre eux, quant à l’instinct est-il inférieur à l’intelligence vu l’emploi que font les humains de celle-ci ? L’oiseau n’est pas une horloge organique, il a une sensibilité pouvant réagir face à un autre être vivant.

- Tu m’as fait courir tu sais. A mon âge... Ça ne fait rien. Je ne sais pas dire ce qu’il faudrait, je ne dispose pas de ton don d’apprivoiser les mots. J’ai tort de chercher à te convaincre, je le reconnais. Tu penses du mal de moi, m’en veux, je comprends - Sûrement pas se dit l’enfant, quant à penser du mal… - Il est temps de parler, vivre dans l’isolement, avec pour compagne de jeux son imagination est mauvais. Je ne cherche pas à t’en persuader, seulement à t’expliquer les choses pour que tu y réfléchisses seule. Tu admettras que j’ai raison, tu le sais déjà, il te reste à le reconnaître et à comprendre que changer d’avis sur soi, sur les autres, n’est pas une marque de faiblesse. C’est être fort que regarder ses erreurs et les surpasser. Tout ce qui est en toi t’empêche de t’exprimer. Tu peux tout me dire, je t’écouterais, te laisserais parler à ton rythme, avec tes mots. Il faut éliminer ce qui t’empêches de regarder dans d’autres directions. Je t’aiderais à faire le premier pas, tu verras à quel point il était aisé. La difficulté est dans l’idée que tu t’en fais. Je te parlerais jusqu’à ce que tu me coupes la parole. Ensuite je te montrerai la route menant vers une vérité que tu mérites de connaître. Je sais que tu n’essaieras pas de t’enfuir, que tu as cédé à une force intérieure trop grande pour toi. Je te fais confiance. Je ferais ce que tu voudras mais je ne sais pas lire en toi - Heureusement ! - il est nécessaire de parler pour se faire comprendre, c’est facile, en quelques mots on peut dire bien des choses. - Oh oui ! - Les classes finissent, tu vas rentrer chez toi, réfléchir, nous nous retrouverons comme si rien ne s’était passé. Personne ne fera de réflexions, elles te toucheraient. C’est une erreur de placer tout le monde dans le même sac - poubelle ? - beaucoup pourraient te comprendre. Il ne s’agit pas pour toi de changer brutalement mais de voir que ton chemin mène à un isolement trop grand pour être viable. Deviens ce que tu es - Justement ! Pas ce que tu hais ! - c’est une ancienne maxime que tu connais peut être et qui dit bien ce qu’elle veut dire. Pas ce que tu crois ou imagines être. Tu es ta pire ennemie, tu le sens, le reconnaître te ferais du mal mais t'y refuser serait une source de douleur plus vive. La difficulté est grande vue de loin, proches nous constatons sa petitesse, sa fragilité. La nature est belle, elle t’apprécie mais elle est un cadre vide qui ne t'apportera rien. Tu es jolie, intelligente, ces dons n’auront de valeur qu’en les utilisant. Tu me fais penser à une Belle au bois dormant qui rêverait en attendant son prince charmant. Dans le réel les princes sont rares et rarement charmants. N’es-tu pas lasse de ton décor, de tes camarades, réels ou fictifs, comme ce personnage romanesque ? Il est emblématique mais pas réel pour autant. Je gage qu’il n’y a pas de photo de toi sur les murs ou les meubles de ta chambre, ton univers te fait oublier qui tu es. Nous avons tout pour devenir amies. J’habite dans cette ville depuis plusieurs années et je n’étais jamais venue dans ce parc bien que le voyant en venant à l’école, je te remercie de me l’avoir fait découvrir et dans des circonstances le chargeant d’émotion. Nous y reviendrons ensemble. Je te suivrai et nous parlerons, de tout, de rien. Ce décor est plus agréable qu’un cabinet de psychologue. Ayant l’apparence d’une petite fille les adultes t’enferment dans cette image, un costume trop petit pour toi. Ce n’est pas parce que je n’ai pas eu d’enfant que je m’intéresse à toi. J'ai des raisons d'avoir choisi ma profession, comme chacun en à, ni plus, ni moins. Je te laisse réfléchir, à tout à l’heure.

Elle s’éloigne, laissant une enfant perdue dans ses pensées, luttant contre elle-même. A quoi bon parler, comment exprimer ce qu’elle ressent, qui la comprendrait ? Une grande personne ne le peut, elle a trop d’idées préconçues… Cette femme n’est pas devenue ce qu’elle est, lâcheté, bâtons mis dans les roues… Non, les circonstances ne justifient pas que l’on trahisse son être à moins que celui-ci n’ait jamais eu la force de s’imposer, que l’être vrai dans l’individu soit trop débile. Cette injonction antique n’est audible que par une minorité d’esprits, les autres la font leur en feignant d’en intégrer un sens pour eux interdit, semblable à un abîme qu’ils n’ont pas moyen de franchir pour se rencontrer. Âmes fantômes inaptes à sortir des limbes pour s’animer. Oui, elle est entourée de créatures semblables à celle du docteur Frankenstein condamnées, comme cette dernière, à finir dans la désolation et l’autodestruction.

Elle respire, tranquille, loin d’une réalité insupportable, toujours en quête de soi. La porte sur l'extérieur est presque close, ce qu’elle aperçoit encore la conforte dans sa certitude que ce monde ne pouvait être sien. Ce battant se ferme un autre s’ouvre sur l’univers qu’elle espéra si longtemps, le sien, le leur.

Dommage qu’elle ne sache pas voler, de là-haut les choses retrouvent une taille relative à leur importance.

Se levant elle doit prendre appui sur le dossier du banc pour laisser passer une sensation de chute dont elle émerge lentement avant de repartir vers l’autre monde.

Le vôtre !

                                                             * * *

La vieille tour, son passage préféré, escalier en colimaçon, peu de lumière par les meurtrières et les nombreuses toiles d’araignées qu’elle évite de détruire au passage, pourtant elle se verrait bien parée d’une robe faite par une arachnide tissant un fil d’argent.

Cette décoration fait remonter un souvenir, un grenier où elle espérait découvrir de nombreux objets comme autant de portes pour rêver. Une échelle de bois, une lourde trappe qu’elle repousse avec difficulté et qui retombe donnant naissance à une forme fantastique qu’en un regard elle devine être le gardien des merveilles qui l’attendent.

Sa déception est immense quand prenant pieds dans les combles elle les découvre vides, pas de vieux coffres en bois remplis de costumes poussiéreux, de vieux meubles aux nombreux tiroirs, de photos jaunies par le temps. Quelques rebuts attendant le brocanteur ou le feu, rien de plus ni de mieux. Pas un recoin, de porte mystérieuse murée pour dissimuler l’inavouable secret qui attiserait sa curiosité. Il lui faut lever la tête pour découvrir la fantastique charpente, solives et poutres entremêlées formant une jungle inaccessible. Trop petite pour l’atteindre et s’y promener elle admire simplement, fait le tour et se fige devant une immense toile d’araignée semblant d’or par la magie du soleil entrant par une petite fenêtre. Elle regarde travailler la créatrice de ce chef d’œuvre, de ce piège si efficace et pourtant si beau. Mouche elle se fut laissée dévorer en y prenant plaisir.

Longuement elle suit l’évolution du prédateur jusqu’à ce qu’une voix résonne pour lui dire qu’il était l’heure de passer à table. Justement !

L’escalier tourne, tourne… Un enfant dans cette tour, il descend trop vite, tombe et se brise une jambe, un autre grimpant dans un arbre pour tenir un pari. Soudain la branche qui le supportait plie, il choie sans un cri et laisse dans les oreilles des spectateurs le bruit de son crane se brisant sur le sol. Elle sourit rétrospectivement, à l’époque cela aurait été mal pris.

Chaque marche serait l’opportunité de regarder un instantané puisé dans une vie plus riche qu’elle l’aurait cru.

Quel rapport avec les araignées ? La société humaine tisse sa toile dans laquelle les prédateurs sont aussi prisonniers que les proies !

Sortir de la tour, retrouver le soleil, descend vers la ville, les rues…

A droite une aire de jeu, au centre un bassin autour duquel elle fut un jour poursuivi par un garçon qu’elle y poussa sous les rires. Il ne s’était pas noyé… dommage !

De l’herbe sur les bas-côtés, des fleurs, elle aime leurs formes, leurs odeurs, en veut à ceux qui les coupent, ces imbéciles offrant ces vies agonisantes avec ce sourire crétin qui les révèle si bien. Symbole leur convenant, eux, encore animés, déjà charognes !

C’est si beau une fleur vivante qu’il faut vivre pour l’apprécier.

Statue équestre, héroïne de la région, cheval de bronze qu’elle imagina souvent s’arrachant à l’immobilité, désarçonnant sa cavalière pour l’emporter, elle, loin, très loin. S’il avait des sabots d’or…

Le trottoir, la route, des voitures se succédant en puant. Elle avance sans se soucier des klaxons lui reprochant de traverser sans laisser aux poubelles métalliques la priorité leur revenant. Avertisseurs péremptoires pour des crétins pressés de rouler vers leur destin comme si l’horloge du temps s’accélérait pour eux.

Horloge ? Nouveau souvenir, une image supplémentaire, ce n’est plus une mémoire mais un album. Une horloge immense, la maison dont le grenier la déçut tant, la salle de séjour, dans un coin une forme étrange l’attire. Jamais encore elle n'avait vu d’horloge aussi était-elle captivée, étonnée aussi. Coffre magnifiquement sculpté, aiguilles de fer et un immense balancer dont le mouvement la fascina avec son disque brillant. Elle s’assied sur le parquet pour le regarder aller et venir, suivant des yeux le mouvement des aiguilles sur la face blanche aux chiffres noirs de ce géant au ventre de verre dont le tic-tac semble le cœur d’une créature qu’elle voudrait vivante.

Il avait été nécessaire de l’arracher à sa contemplation, ce qui attira sur elle quelques remarques sur son aptitude à rester silencieuse, se passionnant pour les choses simples. Elle n’avait pas su si c’était dit comme un compliment ou une insulte. Maintenant elle sait ! Les imbéciles utilisent les injures pour se différencier de ceux qu’ils croient rabaisser alors qu’au-dessous d’eux le vide ricane par avance de leur surprise quand ils découvriront ce qui les attend.

Pauvres choses disparues depuis longtemps alors que le tic tac continuera à marquer le temps. De penser qu’après sa propre disparition le cœur mécanique battra encore ne la dérange pas, au contraire, elle regrette l'absence d'oreille pour l’apprécier.

A l’époque elle imaginait exister depuis l’aube des temps et pouvoir atteindre leur fin. Il n’en était rien, elle n’était qu’une œuvre de l’homme voulant piéger le temps mais n’ayant réussi qu’à en devenir l’esclave. Il est content de n'avoir qu'à obéir. Sa montre est là pour régler sa vie en lui laissant un minimum d’interrogations.

Les images défilent dans sa tête quand elle traverse le pont, ainsi ne distingue-t-elle pas les visages se tournant vers elle, taches pâles sur fond gris, décor des habitudes. L’allée, l'escalier, la porte d’entrée, le reste… Elle suit son programme sans plus penser, absente jusqu’à sa chambre. S’allonge, rabat ses cheveux sur son visage, insuffisant alors elle se tourne et dissimule ses yeux derrière ses bras. Plus de lumière, plus que son cœur, son horloge intérieure dont chaque battement semble double.

                                                             * * *

Les regards lui font regretter d’être parti, elle avait réussi à se fondre dans le décor et voilà qu’elle s’en détachait à nouveau.

Chuchotements, moqueries, tout cela glissait sur elle comme l’eau sur le plumage d’un canard. Les mots dans les orifices buccaux de ces chiares prenaient l’odeur de leurs pensées et choquaient son odorat si fin. Une senteur créée par son esprit qu’elle dut repousser sous peine de s’enfuir à nouveau. Ils n’ont pas d’importance, pas question qu’ils s’installent dans sa tête. Elle se détourne pour ne plus faire attention à une réalité trop présente. Un regret : qu’ils manquent du courage de se moquer ouvertement, elle se serait fait une joie de leur répondre, de leur dire ce qu’elle pensait. Incapable de comprendre ils n’auraient pas changé d’avis à son sujet.

- Ils parlent de toi, laisse les dire, aujourd’hui tu es leur sujet de conversation, demain ce sera un autre. J’ai tort de te dire cela, ils n’ont pas suffisamment d’importance pour que tu leur en veuilles. Allant vers eux ils t’accepteraient, par manque de personnalité ils cherchent des leaders charismatiques, comme toi. Tu ne veux pas essayer ? Dommage, pourquoi craindre de parler si on sait être incompréhensible ? On peut s’expliquer alors que le silence permet à chacun d’imaginer ce qu’il veut, rarement en bien. Trouver les mots justes est malaisé, ainsi en ce moment j’ai des difficultés à choisir ceux qui te feraient réagir positivement. Tu sais que je cherche à t’aider. Si me mépriser peut t'aider j’en assumerais la charge le temps qu’il te faudra pour comprendre que j’agis pour ton bien. Je suis prête à faire ce que tu voudras, jouer si tu veux, les grandes personnes aiment à le faire.

- Avec les enfants comme jouets ?

Les mots sont venus trop rapidement à ses lèvres, comme une nausée incoercible. Si elle les pensait pourquoi les taire, pourquoi ne pas parler du regard des adultes sur les enfants veillant à ce qu’aucun ne sorte du moule avant d’être achevé, prêt à rejoindre ses semblables ? Certains veulent s’échapper, on les rejoint, on les soigne. La différence s’appelle anormalité, c’est une tare, à fortiori si c’est volontaire ou accepté. Raisonnement d’une infini simplicité.

Les enfants aiment jouer et les grandes personnes aussi, toujours avec les mêmes jeux, aussi bien avec les autres gamins qu’avec les grandes personnes, avec tous. Au jeu elle préférait le je.

Elle s’était échappée de la boite, avait brûlé les règles et la notice, oublié les pions, dispersé les cartes, ne voulait plus les voir.

- Tu as raison, peu d’adultes savent qu’un enfant n’est pas un jouet.

- Mais un jouet peut être un enfant !

                                                             ... Ou rêve ? - 11

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 06:22
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 06:19

 

Un seul hêtre vous manque et tout est déboisé,

Le vent s'est amusé à courir sur le monde,

Bousculant gens et biens tel un gosse amusé,

Emportant mille objets en gigantesque ronde.


Tant d'arbres ont abdiqués, révélant leur racines,

Cédant aux hurlements qui griffèrent la planète,

Ce sont nos lendemains que leur voix assassinent,

Animaux et humains en ont perdu la tête.


Le calme est revenu, la forêt traumatisée,

Compte les défunts qui viendront la nourrir,

Retournant à l'humus pour soigner les lésés,

Ainsi n'est-il point vain à son tour de pourrir !


La nature est enfant, pourquoi lui en vouloir ?

Nous sommes ses joujoux alors séchons nos pleurs,

Convainquons-nous qu'il est superflu de savoir.

Dans le temps qui commence le saule seul est rieur !

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 06:17
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 06:26

 

D'où vient ce chemin, où conduit-il, qu'importe, tout en moi est sombre, j'ignore où je suis et qui je suis.

Je marche depuis longtemps bien qu'il me semble ne pas bouger, comme dans un rêve mais je suis sûr que ce n'est pas le cas.

Une lumière, elle filtre entre des volets mal fermés d’une espèce de ferme dont l’aspect m’est familier sans que je sache pourquoi. Papillon, je suis attiré par une ampoule.

Discrètement je m’approche et regarde.

Je vois (ce qui est dans l’ordre des choses).

La pièce que je découvre est une cuisine meublée d'un vieux buffet sur lequel patientent de vieilles photos dans des cadres en bois rafistolés à l'aide, involontaire, de grosses agrafes en fer rouillé. À droite, une huche, au milieu de la pièce une table en bois recouvert d’une nappe ajourée, ou trouée, sur laquelle trône un pichet de lait entouré de sa cour de bols.

Un poêle à charbon à côté duquel un robinet mal serré laisse échapper quelques gouttes qui s’écrasent sur un évier de faïence ébréché. En face une superbe lézarde orne le mur d’un motif géométrique que les mathématiciens doivent ignorer.

Un bruit, c’est la porte qui s’ouvre non sans difficulté, les gonds sont rouillés à moins qu’ils ne manquent d’huile. Un garçonnet entre, il porte une chemise de nuit descendant jusqu’aux pieds, ses cheveux sont ébouriffés, sans doute vient-il de se lever. Il s’approche de la table, verse du lait dans un bol, dans le buffet il prend un petit morceau de beurre, après quoi il retire de la huche des tranches de pain qu’il tartine après être allé s’asseoir à la table et avant de les tremper dans le lait pour les porter à sa bouche ensuite. Cette série d’opérations faites, plusieurs fois en ce qui concerne les dernières, il alla laver le bol, se laver lui-même (sommairement) et sortit de la cuisine.

Cette scène titillait ma mémoire mais quelque chose me força à abandonner mon poste d’observation pour repartir.

Avais-je le choix ? Quelle importance, seule comptait la voie devant moi qui semblait continuer jusqu’au néant, peut-être était-ce le cas.

Cela faisait bien… ou peut-être plus, que je marchais quand j’aperçus une nouvelle clarté. Quelques pas, j'ouvre le portail me séparant de la petite cour d'une école primaire. Établissement d’un seul niveau, composé de deux salles. Une seule était éclairée, donc probablement occupée, comme précédemment je m’approchai. L'instituteur interrogeait un élève semblant ignorer les réponses aux questions posées. À travers la vitre, si je n’entendais rien, je voyais que l'éducateur n’appréciait pas cette situation, il se leva et je le vis crier après l'enfant et lui faire signe de réintégrer sa place avec zéro. Ce faisant celui-ci passa devant moi et je reconnus le gamin que j’avais déjà vu quoiqu’il parut avoir grandi. J’aurais voulu en savoir plus mais la fenêtre s'assombrit comme un écran de télévision qui s’éteint. D’ailleurs il n’y avait plus de fenêtre devant moi, il n’y avait plus rien, une fois de plus le chemin m'aspirait.

Je continuai.

Combien de temps ? Je ne saurais le dire, de plus cette notion n’ayant aucun droit de cité ici.

Je l’ai revu plusieurs fois. Enfant puis adolescent et enfin adulte sans que je trouve de raison à ces rencontres mais la réponse ne tardera plus et je saurai où je suis et qui je suis.

En ai-je vraiment envie ?

J’ai peur.

J’arrive au bout du chemin, s'approche mon ultime rencontre avec lui ; lui, l’autre !

Une nouvelle fenêtre éclairée m’attire.

Comme précédemment je regarde.

C’est une chambre avec sur le lit un homme étendu, j’essaye de mieux voir, y parviens et le reconnais.  

À côté un homme essaye de réconforter une femme et finit par l’entraîner hors de la pièce nous laissant face à face. De là où je suis, placé contre la vitre je distingue son visage à côté duquel apparaît mon propre reflet dans la vitre.

L’image se précise, je le reconnais, c’est lui, c’est moi. Restent nos, mes deux visages, l’un à côté de l’autre. Je me déplace, ils se confondent, une seule et unique face qui se désagrège pour ne plus laisser apparaître qu’une image.


Celle de la mort qui sourit en me regardant.

Elle a gagné.

Maintenant elle peut m’emmener avec elle.

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 06:03
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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