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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 06:15

 

Nous ne pouvons compter sur les autres que quand ce sont eux qui veulent nous demander quelque chose.


Il y a des gens si peu présents que leur mort n’est qu’une formalité.


Je trouverai mes semblables quand je saurai être unique.


Ne faire que du beau c’est faire du vent.


La voie qui mène à la vérité est semée des embûches que nous jetons devant nous pour ne pas l’atteindre.


Si mon œuvre me fait peur c’est qu’elle est à mon image.


Je l’ai beaucoup aimée, elle qui ne méritait pas mon amitié.


La pureté est salissante.


Simuler la folie pousse vers la démence, simuler la normalité pousse vers la connerie.


Ce n'est pas interdit, c'est plus cher !


Je peux vous souffler une question, pas une réponse.


Après avoir réalisé un rêve autant réaliser un cauchemar.


Les vrais asociaux ne sont pas révolutionnaires.


Une mort sûre peut donner la rage.


Je suis une bouteille de poison qui aurait le sourire.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 06:08
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 06:25
Survivre au Mal - 2 
 

                                                   3


Il ferme les yeux, imagine la scène, l’enfant dans son berceau, les parents qui s’éloignent, tranquilles, des mains surgissent, s’emparent du petit être et l'emportent. En une minute il était possible de se perdre dans les rues sans se faire remarquer. D’autres crimes vont-ils se produire, seul le premier pas coûte dit la sagesse populaire, en ce domaine c’est souvent vrai. Des années sont nécessaires avant le passage à l'acte, le temps d'épuiser l’imaginaire. L’esprit se lasse de manipuler des images, la sauvagerie ne se contente plus d’animaux ou de films, elle exige un aliment plus fort, une saveur que la réalité seule lui apportera. Agir est libérateur, source de crainte au début, le tueur ensuite s’interroge, pourquoi avoir attendu, c’était si simple, si jouissif. Les policiers ne le trouveront jamais, ils sont trop bêtes. Il ne sera jamais pris, jamais !

Le deuxième pas sera plus assuré, les suivants seront faciles.

Difficile de retrouver qui n’a, avec sa victime, que des liens tissés par le hasard.

Les yeux mi-clos il s’interroge sur ce qui aurait pu se produire si lui avait été assassiné. Mais n’est-ce pas le cas ? Tout cela est l'œuvre d’un esprit repoussant la mort et générant une fausse vie pour se protéger de l’anéantissement ?

Rien ne change, où que l’on aille c’est avec soi. Ce monstre tueur d’enfant ne sera pas une pièce de plus pour sa collection déjà si riche, c’est une créature lisse, plate, brillante…

Un miroir !

Il est des rendez-vous qui se repoussent sans s’annuler, sauf à s’annihiler soi-même, trop facile ! Son refus de céder à cette solution prouve, bien qu’il redoute de se l’avouer, qu’il sait pouvoir, devoir, plonger au plus profond, non pour trouver mais pour abandonner.

L’odeur du sang ne le fait plus palpiter, ses narines ne sont plus en quête d’une fragrance repoussante. La folie était attirante, forme malléable et dangereuse, un adversaire qu’il crut à sa mesure, qui le fut, alors qu’il n’avait pas compris pourquoi.

Tuer est un désir puissant, une pulsion qui fait souffrir mais détruit qui lui cède. Pouvoir divin, prendre une vie, dire que cela suffit, celle-ci ne sera plus, nous le voulons !

Nous ? Mais qui est l’autre, qui est là ? Qui EST ?

Quels miasmes ont-ils gonflé le ballon, où le vent va-t-il l'emmener ?

Toute son énergie sert à retenir les pièces d'un puzzle mental afin qu’elles ne se réunissent pas encore. L’abîme est fascinant, mais s’y jeter n’apporte pas de soulagement. Le poids dans ce vide-là n’en est que plus grand, et quand l’évidence surgit de l’erreur, cela arrive toujours, il est trop tard pour reculer en se bouchant les oreilles afin de ne plus entendre le rire de la démence.

Une âme se perd, non de se briser, mais en maintenant sa cohérence.

L’unique moyen de rejeter un fardeau est de connaître sa nature.

Qui regarde l’abîme, l’abîme le regarde. La phrase du philosophe lui plait, encore qu’il se demande ce qui se passe quand c’est l’inverse.

                                        * * *

Le chien tire sur sa laisse, son flair a perçu un truc inhabituel, il veut en savoir davantage. Derrière ce taillis, au bas de cette pente il vérifiera si son flair ne le trompe pas.

Son propriétaire le suit, là, ailleurs, quelle importance ?

Il regarde le décor, la ville et son manteau de brume, les montagnes, le centre commercial tout près, et puis- là, en bas, le vieux mur, la fortification et puis… On dirait…

                                        * * *

Diatek regarde les grilles. Elles sont du même vert que dans son souvenir. Enfant il aimait ce jardin public installé sur les contreforts de la Chartreuse. La pente est raide mais c’est un détail. Plus haut un parc était, est toujours, accessible, des remparts, des sentiers, un monde qu’il occupât souvent.

Quelques minutes de grimpettes, un attroupement, un de plus, il peut entamer une collection ! Il se fraie un chemin en s'attirant quelques remarques qui s’éteignent quand un agent en uniforme le salue.

Il n’est pas surpris par le cadavre d’un autre enfant blotti contre les pierres, cette collection-là il l’a commencé depuis longtemps !

- La série continue, cette fois les médias vont nous tomber dessus.

Diatek opine lentement, lui qui a toujours fuit le vedettariat, voilà qu’en retrouvant sa ville d’origine, relativement calme, les feux de la curiosité médiatique risquent de troubler sa tranquillité.

- Jamais deux sans trois dit le proverbe, pour une fois espérions qu’il ne sera pas confirmé. Le monstre a faim de sang et de publicité.

- Dommage qu’il ne s’en prenne pas plutôt aux journalistes ! Entre eux et les amateurs de crimes il aurait de quoi faire. Je me demande ce que dirait un vampire virtuel de se trouver face à un tueur et à la perspective de se trouver à la une.

- Si un journaliste vous entendait il tremperait sa plume dans le vitriol.

- Ça lui éviterait de la plonger dans la merde ! Mais je ne suis pas là pour me laisser aller. Tous les pisse-copies ne sont pas à mettre dans le même seau hygiénique, il en est faisant bien leur métier, dommage que d'autres fassent la une ! J’ai du respect pour les morts, pas pour ceux se revêtent de leurs dépouilles. N’oublions pas que donner une bonne image de la police fait partie de nos obligations, le gouvernement et ses représentants locaux nous en seront gré.

- Vous le croyez vraiment ?

- Non ! Mais trêve de billevesées, quels sont les faits cette fois ?

- Classique, un homme sort son chien, l’animal se laisse guider par son odorat en tractant son propriétaire lequel le regarde faire sans imaginer ce qu’il va découvrir, comme l’autre il y a quelques heures. Lui aussi a ressenti un sacré choc, découvrir un cadavre d’enfant n’est pas un moment aisé à encaisser. Je parie que tout le monde va se méfier des formes suspectes, que nous allons être dérangés pour des colis bizarres, des sacs intrigants, et que nous ne découvrirons rien nulle part. Le criminel a agit très vite puisque le père était un peu plus haut, derrière le virage, le tueur a été ultra rapide et décidé. Il a saisi l’opportunité. Vraisemblablement il n’était pas loin quand le corps a été trouvé. Le sang coulait encore, sans quoi l’odeur eut été étouffée par le froid. Si le témoin s’était retourné il aurait pu le voir, il aurait dû le voir. Un adulte aurait pu survivre à cette blessure, les secours ne sont pas loin, ils sont arrivés en quelques minutes, finalement le portable a du bon.

- Deux crimes coup sur coup comme si le criminel voulait prendre de l’avance, se laisser aller à ses pulsions pour les dominer ensuite le plus longtemps possible. Le temps n’aide pas, il fait si froid que les gens réduisent leurs sorties, à fortiori dans un parc public, là encore les parents vont se culpabiliser.

Des "experts" allaient et venaient essayant de récupérer un indice, n’importe quoi, le commissaire laissa son regard aller au loin alors que son esprit était ailleurs, combinant des images, cherchant un point commun, une piste, retrouvant des formes venues du passé, des spectres moqueurs, les seuls à pouvoir l’aider.

                                        * * *

Une voix s’élève que personne n’entend, prisonnière dans un casque, chant de mort pour âmes illusoires.

L’esprit suit la musique, qu’importe s’il ne comprend pas les paroles, la voix suffit, lien vers un monde dont il s’éloigne de plus en plus.

L’appartement est vaste, confortable, un immense désert pourtant où les oasis sont asséchées et le sable vide d’empreinte.

                                        * * *

L’homme est effondré, la tête penchée il observe un sol qu’il ne voit pas, parcouru d’images qu’il retrouve comme pour les retenir avant que le temps ne les altère. L’absence est un océan dans lequel il est difficile de se perdre volontairement.

Diatek regarde ce décor qu’il connaît si bien, sur la gauche, un peu en hauteur deux bancs l'observent, il aimait s’y asseoir, regarder discrètement les promeneurs. Un visage parfois retenait son attention et excitait une imagination qui n’en demandait pas tant.

Les montagnes au loin restent indifférentes les murs séculaires attendent il ne sait quoi, peut-être qu’un jour il n’y ait plus rien à voir, que la ville à leurs pieds se dissolve, que tout s’effondre, et que la nature reprenne ses droits. Le commissaire sait que cela arrivera, il lui suffirait de fermer les yeux, la réalité disparaîtrait, si ce mot a un sens. Quelle est la vraie nature de ce que nous voyons ?

Parfois il regrette d’avoir fait l’effort de saisir dans le monde l’image suffisante pour avoir envie d’y revenir. Le gouffre était si proche, promesse d’une paix qu’il refusa.

Le père… Un enfant sans papa est un orphelin mais quel est le mot pour dire le contraire ? Le père donc lève les yeux, regarde ce policier venu s’asseoir près de lui. Répondre ? À quoi bon !

- C’est un cauchemar commissaire, je vais rouvrir les yeux et ce que je viens de vivre disparaitra de mon souvenir, rien. Ce serait bien si c’était vrai, vraiment bien. Je connais la vérité commissaire, je l’ai vu, de si près, j’en doute pourtant, je veux en douter, je veux espérer… Saleté d’espoir qui invite à refuser l’évidence.

- Pour l’accepter doucement.

- Plus rien ne sera doux maintenant, plus rien, jamais. Par ma faute. J’ai participé à la création d’une vie, je croyais que cela suffisait, qu’elle ne courrait aucun risque, et voilà que parce que j’ai été imprudent une minute cette vie appartient au passé et m’en accuse. Je sais, vous faites votre métier, il est important de retrouver le coupable, je voudrais vous aider, j’aurais voulu avoir le sang froid de chercher l’assassin tout de suite, il n’était pas loin n’est-ce pas ? J’ai entendu ce que vos hommes disaient… Je n’ai rien compris, la situation m’a dépassé.

- Comme elle dépasserait tout le monde ! Quand on connaît les faits on s’accuse mais nous ne pouvons pas reculer dans le temps.

- Je comprends vos paroles commissaire, intellectuellement, mais mon esprit m’assure que j’aurai dû… J’avais un peu d’avance, j’ai vu le chapiteau du cirque, en bas, je me suis approché, je pensais que ce serait bien d’y aller avec le petit… Il aurait aimé voir les animaux, les fauves… Mais les pires bêtes sont parmi nous commissaire, ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre. Une minute de joie par la perspective d’un bonheur à venir. J’ai oublié le présent et mon fils est mort, il était heureux de marcher, de découvrir la nature, il aimait cet endroit… La mort l’y attendait, sournoise, vicieuse…Le Seigneur m’a puni commissaire et je ne sais pas pourquoi ?

- Le Seigneur ?

- Pour vous ce mot ne veut rien dire, c’est du passé. Dieu…Je n’ai pas envie d’essayer de vous convaincre, vous me répondriez que laisser mourir un enfant est indigne d’un dieu d’amour… Peut-être avez-vous raison commissaire, mais peut-être pas.

- Le peut-être me suffit, moi non plus je n’ai pas envie d’essayer de vous convaincre de quoi que ce soit, je suis là pour découvrir un assassin, ses motivations, qu’il soit dirigé par une force supérieure, qu’il le croit, cela n’est pas de mon ressort et j’en suis heureux. Je m’en tiens aux faits, aux actes. À chacun d'affronter ses croyances.

- Vous n'en avez pas ?

- Non, j’ai admis depuis longtemps qu’il existe des interrogations que je n’effacerais jamais par la réponse adéquate. Dès lors j’évite la question, c’est aussi simple que cela.

- C’est une forme de sagesse que je pourrais vous envier. Curieux métier que le vôtre pourtant même s'il est indispensable puisque des crimes sont commis mais vous êtes vous demandé pourquoi c’est ainsi ? Sans crime vous n’auriez pas de raison d’être.

- Sans doute.

- Vous vivez avec la mort, l’horreur, chassant les criminels comme d’autres le gros gibier.

- Uniquement les homnivores.

- Je vous fais perdre votre temps, l’assassin cherche sa prochaine victime, il guette, observe, attend l’occasion, comme ici. Il attendait, il espérait, je lui ai donné l’opportunité de tuer mon enfant. J’ai tourné le dos. Il m’a vu, j’en suis sûr, il nous observait, quand je me suis éloigné il a frappé, vite, en quelques secondes tout était dit n’est-ce pas, rien n’était plus possible. Dites-moi commissaire, pensez-vous pouvoir arrêter la mort ?

- Elle est un adversaire au-dessus de mes moyens, je me limite à ceux qui s’en font les hérauts. Vous n’avez vu personne ?

- Vu ? J’ai seulement croisé un couple de personnes âgées. Je n’ai pas fait attention, je ne savais pas.

L’homme regarde à nouveau entre ses pieds, l’esprit ailleurs. Inutile de l’interroger davantage le commissaire sait qu’il n’apprendra rien de plus. Chacun trouve le repos de l’âme où il peut même si lui ne la cherche plus, il sait que si elle existe ce n’est que dans le néant et tant pis si un croyant le nomme Paradis.

- Si on avait su… est une phrase qu’il a entendue souvent et dont il connaît la pertinence. Mais si nous savions ce qui nous attend nous ferions tout pour qu’arrive autre chose, par conséquent pour que ne survienne pas ce qui est prévu. Dès lors comment solutionner ce paradoxe que connaître demain peut donner le pouvoir de le modifier et, par conséquent, rendre cette perception fausse ?

Son collègue a suivi les premières investigations, vaines, comme prévu. Il tente de retrouver la position du tueur mais le sol est gelé, aucune empreinte détectable. Derrière un buisson, à l’affût. L’adulte s’éloigne, le gosse se rapproche, peut-être attire-t-il son attention.

Il frappe, jette le corps et s’en va alors que quelques secondes plus tard l’homme au chien arrive. L’enfant se vide de son sang, essaie de résister mais l’adversaire est trop fort.

La folie se libère sur-le-champ, explosive, nourrissant la sauvagerie. Force intérieure qu’il connaît si bien qu’il pourrait se demander d’où elle vient, à quoi elle sert.

Ou QUI elle sert !

Quelques secondes, un hurlement intérieur, l’occasion, le hasard peut être, il n’y croie pas. L’instinct, l’observation, une rage intérieure, quelque raison, bien que le mot soit déplacé, qu’il ignore encore.

Et voudrait ignorer toujours !

Il le sait, une victime supplémentaire ce n’est pas se satisfaire, ce n’est pas étancher sa soif, c’est l’inverse, toujours.

                                        * * *

- Un fou, cette fois plus de doute, un monstre est en liberté et a choisi notre région pour s’exprimer. Inutile de dire que c’est un honneur dont elle se passerait bien et nous aussi !

Diatek opine pour manifester son approbation au discours de son supérieur hiérarchique, un homme qu’il connaît mais juge intelligent.

- Ne nous perdons pas dans les grands mots et les commentaires à la mode. Qui que ce soit il est parmi nous, circule dans nos rues, cela veut dire qu’il les connaît, ça peut être n’importe qui et vous savez que ce genre de situation si elle dure peut amener des dérapages, chacun se laissant aller à douter de son voisin, à tort la plupart du temps et pour des raisons n’ayant rien à voir avec celles officiellement affichées. Il frappe, vite, lâchement, et rentre dans son terrier où il jouit de ses crimes, du mal qu’il fait. La victime n’est qu’un moyen ce n’est pas elle, en tant qu’individu qui est visée. J’ai employé le terme de monstre, cela ne veut pas dire quelqu’un avec un faciès déformé, un regard halluciné, au contraire, il est souriant, sympathique, discret mais serviable. L’opposé de l’idée que l’on se fait d'un psychopathe. Nous ferons la liste des malades ayant séjournés en hôpitaux spécialisés, inutilement mais nous devons suivre toutes les pistes, la chance peut nous sourire, et nous en aurons besoin. Tablons sur l’excès de confiance qui le fera courir trop de risques et se perdre. Il a réussi ses premiers coups, pour lui tout est aisé et la police ne fait pas le poids, il voudra nous narguer, nous pouvons l’espérer bien que cela implique d’autres victimes possibles. Chaque parent surveillera ses enfants, à nous de déterminer son mode d’action, dans quelles circonstances il préfère agir, d'établir son profil pour utiliser un terme à la mode et auquel je crois peu je ne vous le cache pas. Ce n’est pas une raison pour ne pas être attentif à des techniques nouvelles. Heureusement Commissaire je sais que ce genre d’affaire ne vous est pas inconnu, des enquêtes sortant de l’ordinaire furent votre quotidien, je sais, j’exagère, mais à peine.

- A peine, c’est vrai !

- Pensez-vous que la médiatisation fera sortir notre homme du bois ?

- Non, je ne le sens pas désireux d’être une vedette de l’actualité même si c’est quelque chose qu’il ne peut ignorer. Pour lui tuer est une nécessité, c’est une constante dans ce genre d’affaire même si je ne tente pas de tracer son portrait, c’est un peu tôt pour cela.

- Néanmoins vous pouvez nous en dire quelque chose.

Survivre au mal - 4

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 06:17
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 05:53

 

Quelques œuvres traversent le temps, signe qu'elles surent voir l'âme humaine en profondeur et que celle-ci, malgré le passage du temps, ne change pas, ce qui ne saurait étonner qui a les yeux ouverts.

Ainsi en est-il du texte de Sun-Tzu ( 孙子) intitulé "L'Art de la Guerre", titre français puisque le titre original serait, je maîtrise mal le chinois : 孙子兵法, Stratégie militaire de maître Sun.
La guerre est-elle un art ? Si la question m'était posée, et elle l'est, je répondrais oui, peu d'activité demandent la maîtrise de techniques différentes, produisant des progrès utilisables hors des champs de batailles, et de capacités mentales diverses mais complémentaires.


La stratégie est comme l'eau qui fuit les hauteurs et remplit les creux.


Il ne s'agit pas d'être le plus fort mais aussi, surtout, de comprendre l'adversaire, ses forces et faiblesses, pour le tromper et ainsi l'amener à faire ce que nous voulons, quand et où nous le voulons en lui faisant croire qu'ainsi il sera vainqueur, ainsi, défait, est-il condamné à la fuite. Sun-Tzu insistant sur l'importance de lui laisser une échappatoire pour éviter que, acculé, il ne se batte avec l'énergie du désespoir pour employer un lieu commun explicite.


Celui qui n'a pas d'objectif ne risque pas de les atteindre.


L'auteur expose quelques principes de base qu'il convient de ne pas perdre de vue :

Dissimuler ses forces, paraître mal préparé et incapable d'attaquer si l'on est sur le point de le faire et, inversement, sembler proche d'agir si l'on en est incapable.


L'art de la guerre c'est de soumettre l'ennemi sans combat ! Une vision bien différente de celle de nombre de généraux qui, il est vrai, avaient une vision lointaine du front, les leurs étant restés trop longtemps serrés dans leurs képis !


Harmonie, équilibre, attention aux conditions climatiques, économie des hommes et matériels et efficacité, autant de qualités nécessaires pour l'emporter en cas de guerre classique mais aussi lors des affrontements économiques dont nous sommes les témoins chaque jour. Car Sun-Tzu n'est pas passé de mode, au contraire, certes la nature des conflits n'est plus toujours militaire mais elle reste la même au plan stratégique. Une entreprise adverse, un marché à conquérir, des actions en guise de munitions... Il y a moins de victimes humaines, et c'est tant mieux, mais une guerre pour économique qu'elle soit n'est différente qu'en apparence. Ainsi l'Art de la Guerre est-il étudié aujourd'hui non seulement dans les états-majors mais aussi par les comités de direction, les écoles militaires comme celles de marketing !

Une crise n'est jamais qu'un conflit, presque, comme les autres, plus elle est grande et plus d'opportunités à saisir offre-t-elle, encore faut-il savoir le faire. De là à dire qu'il serait possible d'utiliser ce livre dans ses relations au quotidien il y a un pas, que je ne crains pas de franchir !




Dans son texte l'auteur montre une grande compétence, il pourrait avoir été général pendant la période des Royaumes Combattants (entre 443 et 221 avant Jésus-Christ) mais ce pourrait être un pseudonyme collectif, à vrai dire peu importe aujourd'hui, le texte reste, partiel semble-t-il, et je vous invite à le télécharger gratuitement, et légalement (parmi d'autres textes), dans la traduction du R. P. Amiot (1772). Ce qui ne sera pas le cas de sa version manhua (10 volumes aux ÉDITIONS DU TEMPS collection TOKI  scénarisée par Li WEIMIN et dessinée par Li ZHIQING.


L'avoir lu permet, faute d'être soi-même actif, de mieux suivre l'actualité ; n'être qu'un rouage n'empêche pas de vouloir comprendre le mécanisme !

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 06:15

 

Longtemps je me suis couché de bonne heure,

Épuisé d'un labeur qui me semble sans fin.

Chaque jour ainsi fuit, le soir colle au matin,

Ma bougie soufflée je m'endors sans peur.


Une page achevée, je recommence,

Reviens sur chaque mot, le dit à haute voix,

Corrige et vérifie, ai-je fait le bon choix,

Pour être clair et définir le sens.


C'est nul, j'en suis conscient, mais je m'arrête,

Vouloir la perfection c'est chercher l'impossible,

J'ai tout reprit cent fois, j'en ai mal à la tête.


D'autres textes viendront, pulsions incoercibles,

Nouvelles ou poèmes, tortures autant que fêtes,

Pour le plaisir de blogueurs invisibles.





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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 09:14
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Publié par Lee Rony - dans Divers
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 05:40
Survivre au Mal - 1

                                                   2


Un sursaut d’étonnement, un appel qui ne peut sortir d’une bouche trop occupée à chercher un air soudain rare. La certitude est là pourtant il veut douter, se dire non ; c’est inacceptable, donc faux.

Et pourtant…

Le jour n’est pas levé quand la voiture s’arrête, les poubelles doivent êtres sorties avant le passage de la benne. L’homme s’engouffre dans une allée qu’il connaît bien, comme tant d’autres. Gestes machinaux, le corps agit alors que l’esprit se promène lentement, alourdi par les restes du sommeil. La saleté, les odeurs, des présences quotidiennes qu’il a apprit à oublier.

Par habitude il enclenche la minuterie, traverse l’immeuble et atteint une petite cour, les containers sont là et… Une est trop pleine. Encore un crétin incapable d'un pas de plus pour jeter ses ordures dans un récipient vide. S’il pouvait s’y jeter lui-même ! Il rêve de bennes ramassant les gens et non les objets, imagine le monde ensuite… Ne pas redouter la solitude est un avantage, ignorer sa véritable nature en est un plus grand encore !

La main droite soulève le couvercle, la gauche se précipite vers le sac gênant… Le geste reste en suspend, l’esprit n’a pas compris que le corps est déjà sur la défensive. Il hésite, son cerveau n’admet pas le message transmis par les yeux. Il dort, voilà l’explication la plus logique, rêve de son boulot, cauchemarde. Ce genre de chose ne peut pas arriver, pas à lui. Il va ouvrir les yeux, retrouver son décor, appuyer sur le réveil à la sonnerie salvatrice et tout ira bien.

C’est une poupée ! Bien sûr, est-il bête, certaines sont ressemblante à un point troublant, c’est tellement mieux qu’un véritable enfant, une poupée il est permis de la jeter quand elle n’amuse pas.

Sa main gantée hésite pourtant, il sait qu’il devrait rabattre le couvercle, tasser ce qui empêche sa fermeture, tout serait si facile ensuite, tout. Il inspire profondément, serre le petit bras avec une force suffisante pour déplacer un jouet…

Dans le ciel les étoiles sont parties, lassées de l’odeur de sang montant jusqu’à elles.

Il recule, s’appuie contre le mur, le couvercle retombe mais reste entrouvert, sourire moqueur des choses. L’odeur des ordures lui fait du bien. Au loin la ville s’éveille en un murmure qui va grandir, un murmure qui jamais ne couvrira le cri muet d’un enfant assassiné.

Les marches sont difficiles à gravir, ses muscles réagissent mal fatigués par l’épreuve, alimentés par une volonté s’épuisant.

Sonner, attendre, recommencer jusqu’à ce que des pieds glissants sur le sol se fassent entendre, il devine qu’un judas est ouvert, qu’un œil l’observe, n’a-t-il pas l’air sincère, faut-il qu’il secoue le cadavre devant l’œil de verre pour convaincre ? Il demande à téléphoner, où qu’on le fasse, appeler la police, vite. VITE !

Enfin la porte s’ouvre sur un regard inquiet, un vieillard s’écarte et le laisse passer tendant le bras en réponse à sa question.

Il s’assied, décroche, fait le numéro à deux chiffres, attend et s’explique comme il peut. Surtout ne pas garder pour lui ce qu’il vient de vivre, se confier, se libérer, qu’un autre s’occupe de ça. Ce secret n’est pas le sien, le sort s’est joué de lui pour lui faire du mal. Il veut que l’on vienne, que l’on voit, que l’on sache ; qu’il ne soit plus seul à porter dans le regard celui, vide, d’un nourrisson.

Le vieil homme est effaré, il comprend ce qu’il y a dans la cour. Il a envie de voir, d’être sûr. Pas par curiosité, pour l’information.

Après tout il existe aussi de vieilles mouches !

                                        * * *

- La nuit a été courte non ?

Le commissaire Diatek ne dit rien, encore une de ces questions affirmatives n’attendant pas de réponse. Il s’engouffre dans l’allée insouciant des regards. La mort attire les faux-vivants ! Tout le quartier s’est donné rendez-vous. Un beau sujet de conversation, bien frais, servi à domicile, parler sera agréable, rassurant, frémir d’une peur rétrospective et injustifiée sera un grand plaisir.

- Affreux non ?

Un hochement de tête est une réaction qu’il juge suffisante. Effectivement le spectacle est pénible, même pour lui. Les petits bras du bébé, se tendent vers une mort qu’il ignore être consolatrice. La blessure est bien visible, le décor et la lumière blafarde rendent surréaliste l’image qui semble la composition d'un artiste perturbé.

- Égorgé !

- Je me doutais qu’il ne s’était pas fait ça en se rasant. Il était là ?

- Non, le type qui sortait les poubelle voulait déplacer quelque chose qui gênait, en comprenant de quoi il s'agissait il l'a lâché.

- Sans ce concours de circonstances la poubelle aurait été emportée, le corps n’aurait jamais été retrouvé ?

- C’est cela commissaire, exactement. Évidemment l’assassin espérait que le container serait emporté, son contenu brûlé.

- Pourtant il a couru un risque en le plaçant ici, un cadavre de cette taille est facile à faire disparaître. A mon avis il l’a mis là pour jouer, pas forcément pour qu’il soit découvert mais en sachant cela possible. L’autre poubelle est presque vide, il pouvait mettre le corps dedans et transvaser quelques ordures pour le dissimuler, il en avait pour une minute. La mise en scène n’est pas innocente.

- Nous pouvons dire que l’assassin ne jouit pas de toutes ses facultés.

- Méfions-nous d’un premier jugement basé sur peu de faits.

- Ce n’est pas une affaire de maltraitance qui aurait mal tourné, le cadavre ne porte pas de trace de coups, il a été égorgé, pas torturé, rapidement. Ce pourrait être une vengeance, ainsi s’expliquerait la poubelle, la mise en scène, une façon d’afficher son mépris non pour l’enfant mais pour ses parents qui seraient les véritables cibles.

- Connaître ses parents nous en apprendra beaucoup.

- Une prise d’otage qui aurait mal tourné serait rassurante ?

- Serait, mais comment espérer récupérer une rançon si le cadavre est déjà retrouvé. Cette hypothèse est celle qui tient le moins debout.

- Nous pourrions avoir affaire à un fou ainsi que je le disais.

- Les faits nous orienterons. Méfions-nous d'évidences pouvant nous emmener dans des impasses où nous perdrions trop de temps.

- Nous avons eu des disparitions d’enfants dans la région, le meurtre d’un bébé aura un retentissement d’autant plus important.

- Ce n’est pas le genre d’affaire dont vous avez l’habitude ?

- Loin de là, et j’en suis heureux, si j’avais pu éviter d’avoir à mener celle-là j’aurais signé tout de suite. Vous me direz que je suis modelé par les films à succès de ces dernières années mais je sens là-dessous l’action d’un psychopathe.

… Un de plus pensa Le commissaire Diatek sans rien dire.

- Ils sont à la mode, cela ne veut pas dire qu’ils soient derrière chaque crime atroce que nous voyons. La folie est plus rare qu’on le pense, la vraie, celle qui déforme les esprits, altère les perceptions et rend toute vraie compréhension problématique.

- Vous connaissez le sujet mieux que moi commissaire, il n’empêche que mettre des tueurs en valeur ne peut que donner des idées.

- À des esprits simples n’attendant qu’un coup de pouce pour sortir de la normalité. Les responsabilités sont ailleurs et je doute que nous soyons, vous et moi, apte à les théoriser.

- Heureusement que vous êtes là, j’apprendrai beaucoup avec vous. J’espère que nous n’avons pas hérité d’un serial-killer américain.

- L’image de la poubelle pourrait nous inciter au rapprochement. Parfois je me demande si l’Amérique est une boite à ordures ou un asile psychiatrique peuplé d’individus normaux puisque se prenant pour exemple ! Nous sortons du sujet, restons-en à notre affaire, les premières heures sont les plus importantes, notre tranquillité ne durera pas. Occupons-nous des témoins, s’il y en a.

- Non, quelques spectateurs, dehors, qui n’auront rien vu mais seront intarissable sur les lieux du crime et ce que nous devrions faire.

- Les tueurs se trompent de cibles ils devraient s’en prendre aux spectateurs.

- Ce serait une bonne idée.

- Ne l’ébruitons pas, elle jouerait en notre défaveur.

Diatek savait combien le témoignage humain était sujet à caution, pas forcément par volonté de tromper mais des regards observant le même spectacle voient des choses différentes. Comment échapper à son savoir, regarder sans plaquer sur la réalité des images puisées dans l'album de notre vie.

Il sait ce qu’il va entendre, des commentaires sur la sécurité qui fout le camp, sur tel ou tel individu louche qui regarda l’immeuble pendant trois minutes il y a deux ans. Les locataires se plaindront de ce qu’une porte d’entrée nouvelle n’ait pas été mise en place, chacun oubliant qu’il refusât de voter l’appel de fond requis par son installation. Pourquoi le meurtre n’aurait-il pas eu lieu dans l’allée d’à côté ? Quelle réputation va avoir l’immeuble maintenant, avec une sévère décote pour tout arranger !

Personne n’a rien vu ni entendu. En hiver les fenêtres restent closes, la cour est étroite, il faut se pencher pour la voir et les poubelles sont sous un auvent de protection. Le commissaire en fit l’expérience, n’importe qui pouvait, discrètement, jeter un paquet dans la poubelle.

L’assassin connaît l’endroit, il savait que l'entrée, donnant sur les quais, débouchait sur une petite rue face à parc public déserté en cette saison. Le commissaire note qu’un clochard venait souvent la nuit dans les caves. Il s’était installé des cartons, des couvertures dans un coin, heureusement ordre y fut mis. Et si c’était lui l’assassin dit-on au commissaire qui répondit qu’il allait voir...

Lassant d’entendre des gens qui, n’ayant rien à dire, en profite pour geindre ! Seul le jeune homme ayant découvert le corps eut quelque chose à dire. Il relata les faits succinctement, visiblement sous le choc et songeant à changer de métier, plus question de sortir les poubelles, il se demanderait toujours ce qu’il y aurait dedans, serait tenté de vérifier redoutant de trouver quelque chose.

Pour faire le point le policier retrouva son poste sur le pont suspendu, à deux cent mètres de là. Sans regarder l'eau il cherchait l’esprit d’un criminel qui devait lui ressembler. Tuer est une façon de se soulager, un médicament non remboursable !

Folie ? Oui, il la sentait, laide et attirante, repoussante et magnifique. Souffrance également, supportable jusqu’à ce que le plateau bascule.

Le bleu du ciel annonçait une journée glaciale, las il prit le chemin de son bureau, ailleurs un enfant en souriant prenait la confiserie qu’une main lui tendait. Heureux, souriant maître du monde.

Maître de rien… La preuve !

                                        * * *

- De la folie, de la folie monsieur le commissaire, qui pouvait nous en vouloir, à nous, à notre enfant, notre vie est tranquille, nous ne faisons d’ombre à personne. C’est l’œuvre d’un fou, c’est sûr.

Le policier ne répond pas, l’homme devant lui a besoin de parler, de se vider comme il peut en tentant de comprendre ce qui vient de se produire, de regarder en face une mort dont le contact violent lui est imposé. Les mots sont magiques, dire c’est aller mieux, repousser ou le croire. Pour la majorité, cela suffit. Les paroles ne lui rendront pas son enfant, cette chose froide et raidie, cette forme qui bientôt sera un souvenir. Quelques photos, un rêve que ses parents auront crus réels. Diatek en a tant vu, et des pires. Lui qui détestait les enfants en général et les nourrissons en particulier se trouve touché par cet assassinat. Le goût du jeu lui est passé, l’envie de vaincre un ennemi extérieur a disparu, le seul qui importe encore n’est pas hors de lui.

- Je comprends ! Tout sera, que dis-je, tout est déjà mis en œuvre pour arrêter le coupable et vous aider. C’est le rôle de la société de vous soutenir pour partager votre épreuve et vous dire, aussi banal que cela soit, que la vie doit continuer.

- La vie… J’ai… Nous, ma femme et moi, avons tellement attendu cet enfant, il était la promesse d’un nouvel avenir, pour lui nous pensions, nous voulions… Rien ne se réalisera, rien. Une vie a disparue, deux autres sont brisées que rien ne pourra plus reformer.

Sauf le temps pense le policier, conscient que la douleur peint en noir le futur mais les mois passant, l’obscurité s’estompe avec l’aide de spécialistes dans l’accompagnement des victimes ou de leur famille. Sur l’instant la douleur est si grande qu’elle semble éternelle, présence quotidienne que certains, il le vit, préservent comme un trésor, un gouffre dans lequel se perdre. Eux qui ne furent jamais que des absents trouvèrent enfin un emballage convenable. La vie sèche les larmes, reprend des couleurs et la peur du bonheur s’éloigne.

- Je sais que c’est de ma faute, j’aurais dû le surveiller, ne pas le lâcher des yeux une seconde. J'ignorais que la vie peut basculer en quelques secondes, une présence s’efface et l’avenir n’a plus de sens. Il était simple mais nous ne voulions pas davantage, voilà que c’est dans une vallée de larmes que nous pénétrons. Il faut l’arrêter monsieur le commissaire, il le faut, pour que nous comprenions. Tout est allé si vite. L’assassin n’a pas agit au hasard.

- Sans doute, nous interrogerons vos voisins, passerons le quartier au peigne fin, un indice nous mettra sûrement sur la piste. Dites-moi simplement ce qui s’est passé.

- Comme je vous l’ai expliqué tout à l’heure notre voisin est un vieil homme, nous avons l’habitude de faire les courses pour lui, rien de bien contraignant mais quand nous pouvons nous entraider entre voisins pourquoi ne pas le faire ? Bien entendu avec le petit c’était un peu différent, à cause du chien.

- Celui du voisin ?

- Oui, nous avons fait les courses et laissé le landau dehors le temps de les rentrer, nous en avions pour une minute, à peine. Nous redoutions que le chien ne fasse tomber le berceau… Cela n’aurait pas été grave en comparaison de…

- En rentrant vous n'avez vu personne ?

- La rue était déserte, je ne me souviens pas qu’il y ait eu quelqu’un.

- En ressortant votre enfant avait disparu ?

- Voilà, nous ne nous en sommes pas aperçus immédiatement, nous avions remonté la couverture pour qu’il ne prenne pas froid, il nous a fallu quelques secondes, du temps perdu, si j’avais été plus vif tout aurait été différent. La rue était déserte, vous la connaissez, elle est courte, peu fréquentée. Je me suis précipité pourtant.

- Vous avez fait ce qu’il fallait en prévenant la police.

- La preuve que non. Il l’a enlevé pour le tuer.

- Nous comprendrons ses motivations quand nous l'auront arrêté.

- Si vous dites ça c’est que j’ai raison, il ne voulait rien d’autre, ce n’était même pas dirigé contre nous, c’était juste le besoin de tuer, rien d’autre…

- Personne n’était aux fenêtres ?

- Nous n’avons rien remarqué ?

- Si un détail, aussi anodin semble-t-il, vous revient faite m'en part, un détail infime peut suffire.

- Il faut que vous trouviez commissaire, il le faut, plus vite vous y parviendrez plus vite ma femme et moi pourrons ressentir un petit soulagement, savoir qu’il n’y aura pas d’autres victimes serait déjà quelque chose. L’enfance compte sur vous ?

L’enfance ? Un cri tournant en rond, une peur que rien ne calme, sinon l’oubli de soi.

Quelques questions encore, le commissaire veut éviter de revenir interroger le père, inutile de remuer le couteau dans la plaie. Une poignée de main, un homme en raccompagne un autre vers la porte. Le policier entend les verrous claquer, les pas s’éloigner, il devine que son interlocuteur se dirige vers la chambre pour y retrouver sa femme que les médicaments aident à encaisser le premier choc. Pour le second ce sera plus long, beaucoup plus long.

Diatek descend un demi-étage, s’arrête pour regarder par la fenêtre dans la cour. Un détail, quelque chose attendant d’être découvert. Il a toujours aimé se tenir près d’une fenêtre, observer l’extérieur en espérant que la réciproque ne soit pas vraie. Poste frontière entre l’ici et l’ailleurs. La lumière l'attire, remontant des profondeurs le dauphin fait surface pour replonger, ainsi fait-il tout en se disant qu'il ne serait plus capable d'atteindre les même abysses qu'autrefois, qu'avant...

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 05:31
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 07:06


















Outre le drama ce personnage inspira un film :

File:Hwang Jin Yi.jpg




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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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