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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:53
C'est clair !
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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 08:41

秋刀魚の味Sanma no aji -  Yasujirō Ozu – 1962 – 113'

Shuhei Hirayama est âgé, veuf et père de famille. Ses amis Horie et Kawaie lui suggèrent régulièrement de marier sa fille unique alors que son fils aîné, Koichi, habite avec son épouse. À la maison il reste donc, outre le patriarche, Michiko et le benjamin de la fratrie, Kazuo. Michiko est la femme de la maison et devine que sans elle son père et son frère auraient du mal à s'en sortir. Quand Shuhei lui pose la question elle affirme ne pas être intéressé par le mariage. Pourtant le vieil homme devine qu'elle est prise entre ses ''obligations'' familiales et son envie de ''vivre sa vie'' à l'extérieur d'un cadre trop étriqué pour elle.

Puisqu'il aime sa fille il comprendra qu'il ne peut faire montre de tant d'égoïsme et que lui trouver un compagnon est son devoir.

Raconté ainsi le dernier film d'Ozu semble à la fois simple et semblable à ses précédents. Ce qui est vrai ! Tout le talent du réalisateur est justement de trouver dans cette banalité matière à représenter une société. Un microcosme à l'image d'un macrocosme, permettant en quelques traits de dessiner le portrait, partiel mais réaliste, d'une civilisation. Comme souvent c'est le père, l'homme, qui voit partir les êtres qu'il aime, celui qui pour dernière compagne se retrouve avec la solitude et le constat d'une époque dévorée par le temps.

 

Le Japon n'est plus ce qu'il était, les villes grandissent en même temps que l'influence du monde occidental. Ozu regarde, témoigne mais ne juge pas, cela ne changerait rien. Il voit le nouveau rôle de la femme, désormais désireuse de prendre son destin en main, non sans que cela s'accompagne de remises en causes et de difficultés à s'affirmer contre sa famille, contre ses parents, contre des habitudes séculaires.

 

Le saké n'a plus le goût qui était le sien auparavant, c'est peut-être pour cela que les hommes aiment à en boire trop, le cherchant au fond de chaque verre pour ne trouver que l'amertume d'un constat implacable. Il sera le compagnon de Shuhei quand sa fille aura quitté la maison, finalement le plus fidèle faute d'être le plus amical.

 

Ce fut le dernier film de Yasujiro Ozu, observateur attentif d'une période de mutation, cinéaste des femmes japonaise et, ici encore, servi par de remarquables actrices, ici Shima Iwashita et Mariko Okada. Que penserait-il des Japonaises d'aujourd'hui ? Plutôt du bien je pense. Regardant les jeunes filles du vingt et unième siècle comme les dignes petites filles des femmes qu'il filma durant sa vie.

Ainsi se termine ce mois aux dimanches consacré à un des plus grands réalisateurs Japonais. Moins spectaculaire que Kurosawa, moins drôle que Naruse, moins historique que Misoguchi mais aussi universaliste qu'eux, par son talent à transcender le quotidien pour en montrer la richesse et cette valeur que chacun peut espérer dans le sien.

Acceptez l'invitation de Yasujiro, prenez le temps de découvrir ce qu'il vous propose. Je suis sûr que vous ne serez pas déçu.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 07:36

Dijon - Le musée des beaux-arts
Dijon - Le musée des beaux-arts
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 07:24

C'est en regardant le drama ''Oh My Venus'' que j'ai découvert le Go Stop, ou Godori, jeu de carte très populaire en Corée.

Celui-ci utilise un jeu Hwa-tu (la bataille des fleurs) composé de 12 familles de 4 cartes qui représente les mois de l'année, chacun incarné par un arbre : pin, abricotier du Japon, cerisier, glycine, iris, pivoine, trèfle, eulalia, chrysanthème, érable, paulownia (ou dong), saule. Tous imagés par leurs feuilles, lesquelles servent à former des paires durant la pose ou la pioche.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jeu se subdivise en 4 groupes :

Les kwang (lumière en chinois), 5, identifiés par un caractère chinois dans un coin.

Les yul ou tongmul, 8, cartes montrant un objet ou un animal.

Les pi, 25, cartes ''normales'', 3 sont prépondérantes, elles valent deux cartes pi et sont appelées sang-pi.

Les cartes sont distribuées face cachée, une partie aux joueurs, l'autre sur la table. Celles-ci sont retournées et certaines situations peuvent se présenter :

Un triplet, les cartes sont alors empilées.

Un quadruplé, elles sont redistribuées.

Un joker est visible, le distributeur le prend et le joue.

Ensuite les joueurs regardent leurs cartes. Certaines situations sont possibles :

Un quadruplé, vous avez gagné.

Un joker, vous attendez le tour suivant pour le jouer.

Un triplé, vous pouvez l'annoncer, auquel cas, si vous gagnez, vos points seront doublés.


La partie commence, les joueurs interviennent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Le premier essaie de constituer une paire avec une carte de son jeu et une du pot. S'il n'y parvient pas il abandonne sa carte. Il prend les cartes des paires déjà présentes.

Les cas possibles sont :

Sa-tta, Bug, puk, daduk, bombe.

Avec la possibilité de devenir président, j'en connais que ça pourrait intéresser !


Il n'existe pas de formule de calcul des points arrêtée, il faut se mettre d'accord avant de commencer, et cela vaut pour certaines actions.

Le but est de faire un minimum de points avant de crier ''go'' ou ''stop'', souvent 3, 7 ou 10. Avec le premier le jeu continu et vous espérez prendre davantage de points à vos adversaire, avec le second vous avez atteint le minimum établi avant que la partie commence.

Godori se joue à 3 mais il est adaptable à 4 ou 2 joueurs.

Vous n'avez pas tout compris ? Je vous rassure, moi non plus. Le mieux serait de pouvoir jouer réellement, opportunité qui ne s'est jamais présenté.

 

 

 

 

                         Je ne désespère pas !

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Publié par Lee Rony - dans Corée
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 07:14

Sera Gamble & John McNamara – 2016 – 12 eps – syfy

''Nous aurons du mal à contrôler ce qui va se passer... ''

 

Quentin Coldwater est étudiant, intelligent mais ayant du mal à vivre, à trouver sa place, à nouer des relations avec les autres, à de rares exceptions près. Son avenir ne va pas tarder à se décider et il doit savoir quelle orientation prendre. Sa meilleure amie s'appelle Julia, il la connait depuis son enfance. Pour l'heure il prépare, à sa façon, son examen d'entrée à Yale.

Il aime lire, s'évader, les histoires d'ailleurs, de fantasy, de mages et de sorciers. Le roman qu'il préfère parle d'une famille de trois enfant, Rupert, Martin, Fillory, d'une horloge étrange, d'un monde magique...

Parfois il se dit qu'il est temps de grandir, de devenir sérieux, de vendre ses bouquins... L'entretien qu'il doit avoir le stresse énormément. Il doit s'y rendre avec Julia, qui se présente comme l'ange protégeant son avenir.

Ils arrivent, frappent, entre dans une grande maison où nul ne répond à leurs appels. Mais ce qui stupéfie Quentin c'est qu'il reconnaît l'horloge de son livre, typique avec ses représentations de boucs se tournant le dos sur le dessus.

Ils seront néanmoins encore plus ébahis en découvrant le cadavre de l'homme qui les attendait. Appelé la police fait les premières constatations, la détective les conduisant tend au jeune homme une enveloppe qui semble lui être destiné. À l'intérieur il y trouve une nouvelle aventure de Fillory et Further, le Livre Six : Les Magiciens. Or la série, celle-là même qu'il lit et relie, n'en comporte que 5. le suivant n'était qu'une rumeur en laquelle personne ne croyait.

Julia se moque de lui, de sa fascination pour ces livres qu'elle juge puérils. Elle voudrait que son ami trouve le chemin du réel !

Ils se séparent, Quentin parcourt le manuscrit mais une feuille s'envole. Impossible de la laisser perdre mais bien qu'elle ne soit jamais loin, comme par un fait exprès, il ne parvient pas à la rattraper et finit par déboucher dans un endroit qu'il ne connaissait pas, une pelouse immense et, devant lui, une construction impressionnante.

Puisqu'il est là autant continuer.

Arrivé au niveau des escaliers menant au perron il rencontre un jeune homme qui l'attendait et lui fait remarquer qu'il est en retard, il remarque aussi un nom, Brakebills University, qui ne lui dit absolument rien.

Son guide lui explique qu'il est au nord de New York et est attendu pour un examen d'entrée qu'il ignorait passé. Néanmoins il se laisse guider, s'assied, découvre l'intitulé de l'épreuve écrite...

Celle-ci passée il rend sa feuille et doit passer à l'épreuve suivante. Avant de s'y rendre il croise Julia, venue par un autre chemin mais aussi surprise de se retrouver là.

Leurs chemins vont pourtant se séparer, si le premier a réussi la première épreuve, la seconde a échoué.

 

Face à l'ultime test Quentin doit montrer qu'il possède les dons attendus, les dons magiques. En effet, Brakebills University est réservée aux jeunes gens disposant d'aptitudes hors-norme, lesquelles seront développées dans ce cadre, charge aux étudiants ensuite d'en faire l'usage qu'ils voudront. De son côté Julia demande que son cas soit réexaminé et se voit opposé un refus. Elle se voit précisé que sa mémoire va être effacée. Pour tenter de l'éviter elle s'entaille profondément le bras droit...

 

Et n'oubliera pas.

Retrouvant, dans le monde ''réel'' Quentin elle lui demande d'intervenir pour elle, il hésite. Ce n'est pas possible que les examinateurs se soient trompés ! Elle démontre un embryon de don mais, pour lui, cela ne signifie pas qu'elle a du potentiel.

 

Celui-ci pourtant ne demande qu'à grandir, simple question d'opportunité.

 

Dans les toilettes d’un bar elle est agressée d'une manière inhabituelle, menacée des pires tourments. Exactement ce qu'il lui fallait pour qu'elle montre ses véritables capacités. Ce que voulait celui qui n'a fait que semblant de l'agresser. Il voulait savoir s'il avait raison ! Il propose à Julia un autre cadre que Brakebills pour développer ses dons... De son côté Quentin rencontre Fillory, qu'il prend pour une apparition imaginaire. Elle veut le convaincre et lui brûle la main, laissant sur celle-ci un symbole étrange. Pour en savoir davantage il s'adresse à la meilleure élève de l'université.

La magie sans risque ça n'existe pas lui dit-elle !

 

Et tous les magiciens ne sont pas du même côté.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Serie
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 08:00
Quand la vache regarde le cochon...
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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 07:53

智取威虎山 - Tsui Hark – 2015 - 144'

Après la capitulation japonaise en 1945 la guerre civile continue en Chine où des bandits profitent de la situation pour faire régner la terreur dans le nord-est du pays. Hawk est le plus important, derrière les remparts d'une forteresse qui semble inexpugnable juchée au sommet de la Montagne du Tigre. Il dirige ses milliers d'hommes et les envoie razzier les environs, tuant quiconque se met en travers de leur chemin, et même, plus simplement, pour le plaisir.

L'Unité 203 de l'Armée de Libération Populaire arrive dans la région quand elle surprend des hommes habillés de faux uniformes installés pour la nuit dans une gare. Raison de plus pour intervenir rapidement. Ce qu'elle va faire, ne laissant filer que deux individus qui filent prévenir leur chef. La 203 en profite pour prendre leur place. Étant dans une gare il n'est pas étonnant qu'un train arrive, celui-ci amène des renforts, limités, un éclaireur qui connait bien la région, et une jeune, et jolie, infirmière. C'est peu mais mieux que rien.

Continuant leur avancée l'Unité arrive dans un village où vivaient quelques parents des soldats la constituant, certains sont encore là, affamés et craintifs, les autres sont morts sous les coups des brigands. Pas d'autre solution pour les soldats que d'intervenir pour mettre fin à cette situation et pacifier la région au nom de la révolution en marche.

 

Un seul problème, de taille, justement. Trente militaires peuvent-ils affronter un millier de bandits lourdement armés. La réponse est forcément oui, qu'importe la disproportion des moyens, le droit est de leur côté !

Aucun doute qu'ils vont réussir, non sans sacrifices bien sûr.

Le film de Tsui Hark s'appuie sur le roman ''Tracks in the Snowy Forest'' de Qu bo, classique de la littérature populaire chinoise, basé sur l'histoire vraie d'un soldat, ici l'éclaireur, qui infiltre le quartier général de bandits et d'une bataille inégale, sans être dans les proportions du film. Un monument célébrant l'héroïsme, le sens du sacrifice, la camaraderie, bref, toutes les valeurs dont se pare le communisme surtout quand il combat les nationalistes qui ne peuvent qu'être des criminels qu'ils convient d’éradiquer. Tout y est, les costumes, la représentation de la jeune infirmière, ses couettes et ses joues roses semblent sorties tout droit d'une affiche de propagande.

Pourtant Tsui Hark parvient à s'approprier l'histoire, d'abord en la faisant commencer, et se terminer, aujourd'hui, incluant cet épisode dans un ensemble cohérent mais montrant l'évolution du pays et des mentalités qui eut lieu en soixante-dix ans en sachant surligner des actions impossibles, théâtralisant les combats, maquillant ses acteurs pour en faire des archétypes d'une autre époque, la tête de Hawk par exemple, sans les ridiculiser pour autant, mais montrant à quel point l'image et la réalité qu'elle est censée représenter peuvent être différentes.

Au-delà de cet exercice Hark fait la démonstration de sa virtuosité, sa gestion des scènes d'actions sur fond de neige. L'assaut final est impressionnant et la scène d'attaque du tigre, c'est sa montagne, est magnifique.

 

Du grand spectacle, j'allais dire : sans super-héros, presque un mensonge.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 07:26
Musée des Beaux Arts - Dijon
Musée des Beaux Arts - Dijon
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 07:18

秋日和 (Akibiyori) – Yasujirō Ozu1960 – 129'

Trois amis (Mamiya, Taguchi, et Hirayama) assistent aux funérailles de Miwa, un ami du temps de leurs études, en compagnie de sa veuve, Akiko, et de sa fille de 24 ans, Ayako. Les trois hommes sont d'accord sur la beauté des deux femmes et pensent à trouver un mari pour Ayako. Ce qui ne leur interdit pas de penser que la jolie veuve pourrait se remarier... N'étaient-ils pas tous amoureux d'elle dans le temps, et jaloux de son mari, eux qui maintenant ne peuvent que remballer leurs désirs et frustrations.

 

La jeune femme pourtant n'envisage pas de se marier, elle a 20 ans et la perspective de vivre avec sa mère lui paraît favorable. Mais ce ne sont pas ainsi que les choses fonctionnent au Japon à cette époque. Les hommes voudraient qu'elle se marie. Elle s'y refuse, avec énergie, redoutant de laisser sa mère seule. Qu'importe se disent nos trois complices, il faut commencer par marier la mère pour que la fille suive le même chemin, elle y sera alors obligée.

Akiko s'interroge, non qu'elle ait le désir d'un nouveau mari mais sur sa responsabilité de mère. N'est-ce pas son devoir d'aider sa fille à construire un avenir stable, une famille sereine, des lendemains qui chantent ? Plus ou moins justes ! La société est toujours là, ses obligations, ses rites, plus ou moins subis, parfois dénoncés mais auxquels il est rassurant de se raccrocher quand trop de questions se posent. Les hommes, comme souvent dans le cinéma d'Ozu sont secondaires, ce sont les femmes qui supportent la famille, même, et surtout, quand c'est l'homme qui la dirige, ce sont elle qui portent l'avenir, le regardent avec sérénité en sachant qu'il est impossible à éviter. Reste que trouver un prétendant digne, un peu, de ce nom est difficile. Les hommes sont plus attachés à l'idée d'une partenaire de lit, d'une cuisinière, d'une mère qui prouverait qu'ils font ce qu'ils faut pour que la société continue, elles cherchent autre chose, un peu plus, un peu mieux.

Ozu montre les êtres dans leur simplicité sans jamais les exhiber, il n'a pas besoin d'effets grandiloquents. Il est aidé ici, comme souvent, par une excellente distribution dominée par un duo d'actrice qui jouent ensemble sans forcer une note, sans en manquer une non plus. Il suffit d'un geste, d'un regard, d'une allusion pour que le spectateur comprenne ce que pense le personnage qu'il suit. Aucune de ces vies ne sort vraiment de l'ordinaire mais chacune donne à celui-ci un relief qui le rend si vraisemblable qu'on le croirait sien.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Japon
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 07:06

Lee Chang-Rae – 2001 - traduction de Jean Pavans – Éditions de l'Olivier

 

Franklin Hata s'occupe depuis trente ans de son magasin de matériel médical dans la ville de Bedley Run et envisage non sans satisfaction la retraite qui vient, une retraite bien méritée dans la belle villa qu'il a acquise après une vie dédiée à son travail.

 

Tout serait parfait si une ombre ne se posait sur ce tableau. Il se souvient de Sunny, la jeune coréenne qu'il a adopté quand elle avait sept ans bien qu'il fut célibataire, se révoltant contre lui elle avait quitté la maison pour rejoindre une bande de voyous, lasse d'un père trop attentionné, étouffant avec ses ''valeurs'' d'un autre temps, d'un autre monde, fatiguée d'être polie, sage et bonne à l'école, comme elle se devait de l'être. L'exemple d'une intégration réussie qui n'était que l'ambition de son père adoptif et qu'elle ne reconnaissait pas pour sienne.

 

Tout avait été remis en cause pour Hata, lui dont la vie semblait posée sur des rails depuis son arrivée aux états-unis, se faisant passer pour un Japonais avant d'être naturalisé. C'était la faille qu'attendait son passé pour lui sauter au visage, pour lui remémorer cette époque où il avait intégré l'armée japonaise comme officier de santé dans la région de Singapour, et ce drame qu'il aurait voulu enfouir à jamais. Cinq jeunes coréennes avaient été amenés pour servir de ''femmes de réconfort'' aux soldats. Leurs conditions de vie étaient lamentables et auraient fait pensé à celles de poulets en batterie ! Elles devaient ''travailler'' sur une espèce de planche dont la forme rappelait celle d'un couvercle de cercueil. Là, chacune recevait entre vingt et trente hommes par jour, les plus gradés commençaient... Certes, les premiers femmes à ainsi servir étaient des prostituées japonaise, mais elles avaient trop servies et avaient dues être remplacées.

(Jiro Kuro)Hata s'était épris de l'une d'elle, la préférée de son supérieur. Or il savait celui-ci, le capitaine Ono, particulièrement violent et prêt à tout pour assouvir ses pulsions. Celle-ci lui avoue qu'elle a deviné qu'il était coréen. Il va tenter de la sauver, mais n'obtiendra que le résultat inverse.

 

Les fantômes n'attendaient que cette opportunité afin de revenir le visiter, lui expliquer que fuir ne pouvait durer toujours et qu'il devait retrouver les ombres de son passé, comprendre que s'il s'était construit une vie de rigueur et de probité cela n'effaçait pas ce qu'il avait fait auparavant.

 

 

Lee Chang-rae, né en 1965, arrive trois ans plus tard aux états-unis avec sa famille. Après de brillantes études à Yale il devient analyste financier. Le décès de sa mère remet tout en cause et il décide de se consacrer à la littérature. Son premier roman, paru en 1995, Langue natale, attire l'attention sur une population qui jusque ici avait peu eu voix au chapitre, celle des émigrés qui ont fait des états-unis leur pays sans pour autant renier leurs origines.

 

Il s'est imposé avec Les sombres feux du passé, nous faisant partager la vie d'un vieil homme qui alors que sa vie touche à sa fin fait le bilan de celle-ci et voit le masque qu'il mit tant de soins à maintenir sur son visage se désagréger et le passé revenir lui faire face.

 

 

Lui reste à l'affronter, espérant sans doute, ainsi, trouver sa rédemption...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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