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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 06:20



Je vais me recoucher !



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Publié par Lee Rony - dans Divers
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 06:31

 

Alcolle : Boisson engluant les cellules cérébrales.

Déhontologie : Mode verbal permettant de faire semblant d'avoir un code moral.

Délit d'initiés : Acolytes anonymes

Démo-cratie : Jour de l'élection, pas davantage, faut pas rêver...

Desmotcratie : Je parle, tu fermes ta gueule !

Freudaine : Tu parles, tu payes. Et moi ? Ça va, merci.

Gastrophysicien : Spécialiste des vents et projections qui pour n'être pas spatiaux demandent pourtant un large dégagement pour limiter les dégâts.

Geolie : Ses bras sont des barreaux si doux que je n'ai pas senti sa main choper mon portefeuille.

Gougueule : Moyen de continuer à ignorer ce que l'on peut feindre de savoir.

Indigestion : Mourir des mets.

Jalousie : Envier ce qu'a l'autre et qu'il ne mérite pas plus que moi.

Kamikaze : Pilote décès.

Mamiefère : Primate femelle, généralement aux cheveux teints, continuant à alimenter ses descendants incapables de subvenir à leurs besoins.

Masquarat : Fard à souris.

Nultiplex : Dix salles et pas un seul bon film.

Raison : Peut se perdre pour de bonnes.

Réveil : Domptheures

Saoulsentendus : Bande de braillards avinés.

Suicide : Limogeâge sans préavis.

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 06:30
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Publié par Lee Rony - dans Divers
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 05:44

 

 

Ne pas s’en faire si votre vie est un enfer !!!

Bon nombre de ceux qui ont subi une éducation dite religieuse ont entendu dire qu’en faisant ci ou ça, ils seraient voués aux enfers…

Il ne faut donc faire ni ci ni ça pour gagner le "paradis" mais ceci ou cela :

- Honorer Dieu chaque dimanche

- Ne jamais prononcer irrespectueusement son Nom. Cela devient obsolète car on entend actuellement et davantage : "Oh, putain !!!" plutôt que "Non de D… !" On préfère donc interpeller les Marie-Madeleine…

- Ne pas céder à la gourmandise :

À ce propos, une fois installé aux terrasses des cafés, on peut se sentir affligé à la vue de passantes fort rondelettes et apparemment sans souci de l’être, autrement dit… Qu’on voit exceptionnelles ! Attention, un arrière-train peut en cacher un autre et, la plupart du temps, dans quelles tenues vestimentaires !!! On peut aussi se demander s’il… "sifflera trois fois" !

À ce propos, on dit souvent : "Un bon gros"… On ne dit jamais : "Un mauvais gros" !

Attention ! les charcutiers ne sont pas forcément des gens bons…

Mais ne nous vexons pas si un commerçant vous dit :

- Je vous ai fait un prix de gros !!!

 

Finie la belle époque de Marie en Toilette ! mais pas encore des Margaret Tas de Chair !!!

Le comble serait que les végétariens trouvent la vie chair…

Chaque printemps, les chrétiens font leurs Pâques (…en remplissant, sitôt le jeûne terminé, leurs caddies d’innombrables packs !)...

Un chansonnier disait récemment que c’est aussi une triste période pour les prêtres p…ervers, car il leur faut en la circonstance… "sortir du jeune" !!! Aaaah, ces sots d’hommes !!!

 

- Ne pas commettre l’adultère : Sarko, en épousant Carla devint de surcroît Président de… la raie publique, et créa un nouveau couple : "Enfer (ou trop en faire) et Dame Nation", ne dit-on pas que les suppôts de Satan vous mettent le feu quelque part ? Et la collectionneuse d’amants peut dire : "Quand c’est fini, Sarko’mmence" !!!

À ce propos, lorsque le couturier Lagerfeld revint un jour des sports d’hiver, tout le monde s’écria : "Oh, Karl a bruni !"


(La très ridicule expression de "faire l’amour" n’implique pas forcément du savoir-faire, peut-être vaut-il mieux "laisser faire !"...) J'ouïs… un jour, une personne s’écrier dans une file d’attente : "Je ne fais pas la queue, seuls les couillons restent derrière" ! Un jour d’affluence à l’entrée d’un magasin, je m’écriai : "Mais que faire !!! "… Quelqu’un me répondit :

- Prenez la queue de ces messieurs… Je n’en suis pas revenu !

- Ne pas convoiter le bien d’autrui

- Tuer le temps mais jamais son homologue (on a oublié volontairement la chasse…) etc…

 

De toute façon, mieux vaut une vraie croyante, plutôt qu’une fausse sceptique !

Dieu aurait mieux fait de remplacer les anges par des pervenches ou des aubergines, afin de verbaliser ces foules qui n’ont jamais respecté ses lois : que de pognon gagné depuis la nuit des temps !

 

On dit en Alsace :
- Pour gagner le Paradis on peut aller aux (s) échelles (entendez plutôt aux Seychelles !).
- Malgré ses prétentions, la tour Eiffel ne peut nous mener pas au Ciel, puisqu’elle est en fer ! Ne pas confondre avec Margaret l’autre dame… de fer citée plus haut !

 

Mais "laisser faire" peut être de la lâcheté. "Faire comme si" est hypocrite. "Faire feu de tout bois" n’est pas bon pour la planète. "Faire diligence" n’est plus d’actualité. Ris, cocher !

Rencontrer une girafe sans coup férir, pardon : Sans cou, fait rire ! Il n’est en revanche pas agréable de contempler un chirurgien fair play, pardon : Faire plaie ! Un maréchal ferrant peut vous faire la gueule, il n’est pas pour autant dentiste !

Avec la prolifération du prêt-à-porter, les tailleurs sont condamnés à faire la manche !

Les ingénieurs conçoivent le pont mais le font-ils ?

 

Le regretté James Dean avait fait fureur dans le monde… "La fureur de vivre"… et il s’est tué en voiture.

Mais Adolf Hitler fit… Führer en Europe, il n’y a pas si longtemps, hélas !


 

On conseille aux distraits de "faire un nœud à leur mouchoir". Pourquoi pas un mouchoir à leur nœud" ??? Nous ne reviendrons pas sur les différentes interprétations de ce mot, d’autant que les préservatifs font à présent fureur chez le Pape…

 

Si un jour, quand elle fera "de vieux os", ma carcasse sonne dans l’Aude-là, chantez pour moi une Ode " ! De tout cœur, merci !
 

Jacques APPAR


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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 05:32
Héritage - 11 
 

                           12
 

- Tu imagines la tronche des policiers entrant ici ?

- Oui, et pourtant j'ai l'impression de ne pas être dans la maison.

- Ici mais pas maintenant, si j'ose dire, cet endroit semble si ancien.

- Surtout cette pierre, j’aimerai savoir d’où elle vient.

- D’ailleurs me dit mon père.

- Un météorite.

- Disons que cette explication est la bonne.

- Ces dieux, ces représentations valent un prix fou.

- Leur valeur n’est pas là.

- Je m’en doute. Si nous sortions, la visite continue ?

- Juste.

Le policier referma la porte, sans se concerter ils écoutèrent, en vain, la pièce pour être vide n'était pas inoccupée pour autant.

Un long couloir jusqu’au palier, le policier s’arrête, fait signe à son ami de rester à l’écart et d’observer, cela fait il appuya sur un motif mural avant d'en faire autant de l’autre côté. Morton nota que son ami comptait, un dispositif pour imposer un laps de temps entre les deux pressions, trop d’écart, ou pas assez, et rien ne se produirait.

D’un coup s’escamota un large morceau de parquet, une trappe épousant la forme alternée des lattes.

- Nous traverserons le mur du dessous, tu vois que c'est étroit.

- Y a-t-il un risque que nous restions enfermés ?

- Oui.

- C’est rassurant.

- Je fais ce que je peux. Nous verrons, mais tu peux rester là.

- Et ta sœur ?

- Mon père l’a mangé quand elle avait un an !

Morton ne trouva rien à dire, il préféra penser que c'était une blague.

Il compta les marches, estima leur hauteur, arriva à un ensemble de dix mètres au moins à partir du premier étage, correct.

Devant eux s’ouvrait une salle creusée de trois passages.

- Pour les constructeurs cet endroit est un abri anti-atomique.

- Avec des plus qui surprendraient la police.

- Mon père m’affirma qu'arrivée là elle ne pourrait repartir.

- Il te dit pourquoi ?

- Non.

- Tu l’as cru ?

- Oui.

- Moi aussi, je ne suis pas de la police, une chance.

- N’est-ce pas ?

- C’est coquet.

- Si tu veux visiter je te laisse quartier libre.

- Pour que je me perde ou tombe dans je ne sais quel piège ?

- Bon, moi j’ai quelque chose à voir.

Diatek glissa dans l'ombre, le chemin naissait au rythme de ses pas.

- La lumière vient d’où ?

- Des fibres optiques captent le soleil sur le toit.

- Elle baisse, l'écho trahit une pièce immense.

- Reste calme, tout ira bien.

Morton fit effort pour s’en convaincre.

- Allons, le puits nous attend.

- Nous ?

- Surtout moi ! Ici pas de reproductions de déités dans les murs mais des trophées, n'y fait pas attention. C’est par-là, le froid est chez lui et pourtant tu percevra une intense énergie comme si ce lieu était une sorte de batterie.

- Dans quel but ?

- Je l’ignore.

- Est-ce qu'elle est employée ?

Le policier hésita.

- Oui… Je me sens comme une mère en route pour la salle de travail, à ceci près que j’accouche et nais simultanément.

- Tu ne fais jamais rien comme les autres.

- Le puits est derrière cette porte, je…

La main hésite sur la poignée d’argent, volontaire elle tourne, pousse le battant. Le policier fait un pas en avant.

Les ténèbres sont en lui. Il respire profondément, cherche à avaler une salive qu’il ne trouve pas et rouvre les yeux.

Une surface brillante dans l’obscurité au niveau du sol et un souvenir, inattendu, un conte quand il se voyait écrivain, une maison, une pièce secrète ; l’inconscient de l’inconscient ; un seul objet, un miroir.

C’était évident et il n’a rien compris, il cherchait le reflet de sa vérité et celui qui se terrait derrière l'image de ce qu'il croyait être.

Par mille regards morts l'observe le vrai maître des lieux.

Se jeter au sol, implorer machin ou truc, n’importe quoi susceptible de tout effacer. Pourquoi a-t-il suivi le chemin, les formes sombres étaient amicales, il n’avait pas compris. Il se voudrait martyr, que la lucidité le quitte mais elle ne l’entend pas ainsi.

Des centaines de visages à l’abri du temps, un masque de plus vient d’être arraché, le sien !

Le froid n’est pas extérieur, ce n’est pas celui, salvateur, du vide, c’est la peur qui disparaît, qui l’abandonne.

Un papillon est aussi une forme temporaire, comme l’humain.

L’image d’un garçonnet s’estompe, une illusion dont il s’allège. Il voit son père roulant, ignorant sa destination, découvrant cet endroit et décidant d’y construire sa maison, les ouvriers travaillant d’arrache-pied autant pour les primes que par envie d'être loin. Ils creusent les fondations, une pelle heurte un mur, le travail cesse, son père accourt, fait dégager la roche, les pierres, le cercle, l’évidence est là, les travaux le confirmeront, un puits apparaît avec l’escalier pour en atteindre la base, le système de contrepoids est si simple qu’il fonctionne encore.

De mémoire d'homme, cette région n'abrita jamais aucun peuple. De mémoire d'homme ! De gros billets étouffent les questions presque autant que la crainte d'avoir une réponse. Reste-t-il même un seul des ouvriers à disposer encore de son esprit, sinon de sa vie ?

Les indiens… Avant eux il n’y avait rien dit l’Histoire officielle.

Certes ! Mais avant rien ?

Il assiste au baptême du puits. Quatre sœurs qui s'y réveillant se mettent à pleureur, à crier, personne ne viendra les secourir. Plus tard c’est un homme qui reprend ses esprits le visage contre la pierre, il se redresse péniblement, regarde autour de lui, la lumière est faible mais il distingue le décor malgré tout, il se souvient. Marchant dans la rue, il sentit une piqûre, dix secondes plus tard il eut un malaise, heureusement quelqu’un se proposa pour l’aider. Heureusement ?

Un piège, où est-il, pourquoi ? Qu’y a-t-il sur le sol ?

Des corps d’enfants blotties les unes contre les autres, maigreur avouant de quoi elles moururent, visages révélant une souffrance défiant les mots.

Il hurle.

Tant d’autres. Le premier refusant de mourir de faim. Cherchant un moyen il le trouva, d’autres s’en inspirèrent, ne gagnant qu’un sursis.

Court, si court !

Diatek est emporté par les images, les bruits s’amplifient, les gémissements, les hurlements de rage et de haine, les mâchoires… Il titube, gémit, hurle à son tour, des centaines d'yeux vides sourient.

                                        * * *

- Ça va mieux ?

- Oui. C’était…

- Nous en parlerons plus tard.

- Ce puits, indicible, le temps qui gît là est inimaginable et ce qu'il abrite... J’ai vu des choses, les ai vécues, savourées, bourreau et victime à la fois, j’ai senti ma bouche mordre et mon bras être mordu, j’ai mâché la chair que je venais d’arracher et hurlé en regardant ma blessure. Je suis mort mille fois, mes forces me quittèrent, mon corps pourrit et préserva mon esprit aussi longtemps que possible, plus qu’il aurait dû. J’étais mon père et plus, ce qu’il y a derrière est monstrueux… Et je n’en ai pas peur !

Sans parler Morton soutint son ami dans leur sortie du sous-sol, derrière eux le mécanisme se referma de lui-même

Ils poursuivirent jusqu’à se trouver à cent mètres de la maison, le soleil ne les réchauffa pas mais l’air leur fit du bien.

- Nous pouvons tout détruire.

- Pas le puits ! Rien n'est terminé, loin de là.

Morton opina. Il prit le volant, son compagnon lisant le quotidien acheté à l’aller.

- Où allons-nous ?

Le policier prit son temps avant de répondre :
- Vers l’ouest, mais en avion ce sera plus confortable.

Il tendit le journal plié à son ami, indiquant un article.

- À Los Angeles un cadavre a été retrouvé à moitié dévoré, des traces de dents humaines, ou apparentées.

- La suite ?

Diatek hocha la tête.


Ils laissèrent la maison derrière eux, ce n’était qu’un au revoir !

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Publié par Lee Rony - dans Roman.5 Héritage
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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 05:30
 Photo Internet
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Publié par Lee Rony - dans Divers
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 06:03
























 Et pour conclure un proverbe éclairant :
L'endroit le plus sombre est juste sous la bougie.
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Publié par Lee Rony - dans J'ai entendu
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 05:38

À la fois par soucis de reposer les quelques neurones qui me restent et pour faire mieux connaître quelques auteurs que la postérité maintient dans une ombre injuste je me permets, et le ferai encore à l'avenir, d'évoquer de temps à autres quelques uns de ces individus qui eurent pour principe d'essayer de penser par eux-mêmes ! Commençons dont par Rémy de Gourmont :

 

Il faut flatter les imbéciles et les flatter dans leurs facultés les moins nocives. C'est peut-être un instinct de conservation qui pousse la société à conférer provisoirement la gloire à tant de médiocres esprits.


Sixte disait : « C'est un grand triomphe pour la religion que la conversion des écrivains et des artistes leur enlève ce terrible talent avec lequel ils séduisaient les hommes. »


Il n'y a quelquefois pas d'autre moyen de juger d'une opinion politique que de considérer la qualité de ceux qui la professent.


Proudhon a dit : « Après les persécuteurs, je ne sais rien de plus haïssable que les martyrs. » N'ayant pas trouvé cela, j'ai du plaisir à le copier.  Et moi aussi !


Dès qu'une idée tombe dans le peuple, elle devient peuple.

[ Le peuple, c'est tous ceux qui ne comprennent pas. Il y a des ducs parmi le peuple ; il y a des académiciens. Le peuple, c'est très bien composé. ]


Dialogue :

- DIEU : Qui t'a fait homme ?

- L'HOMME : Qui t'a fait Dieu ?


Un homme d'esprit n'est pas un homme intelligent ; c'est souvent le contraire.


Nietzsche a ouvert la porte. Maintenant on entre de plein-pied dans le verger dont il fallait, avant lui, escalader les murs. Encore faut-il oser en goûter les fruits.


L'homme commence par aimer l'amour et finit par aimer une femme.

La femme commence par aimer un homme et finit par aimer l'amour.


Je ne garantis pas qu'aucune de ces notes ne se trouve déjà dans un de mes écrits, ou qu'elle ne figurera pas dans un écrit futur. On les retrouvera même peut-être dans des écrits qui ne seront pas les miens. La preuve, mais je ne m'attribue aucune des citations ci-dessus !

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Publié par Rémy De Gourmont - dans Sans Blog Fixe
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 05:28

Héritage - 10 
 

                                                 11


Cherchant sur une butte une maison solitaire, haute et inquiétante, il ne voit qu’un grand panneau publicitaire.

Nuit courte, la tension monte à mesure de leur progression dans le temps et la géographie. Ils découvrent l’Amérique profonde, comme si ces deux mots pouvaient coexister ! Creuse siérait davantage !

La nature à perte de vue avec, ici et là, des poteaux signant la présence humaine. Connetry dans toutes les radios interrompant des pages de pubs épaisses comme des bottins.

Conduire lentement, because les limitations, aide à la réflexion, il anticipe les heures à venir, esquisse un plan plausible, mais les images sont floues, les dessins se diluent dans l’attente, parler est difficile, un comédien avant une audition aurait ces symptômes, lui n’aura droit qu’à une scène. Pour se distraire il essaie de deviner l'attitude des policiers découvrant les corps, leurs interrogations, elles courent encore et son intention n’est pas de les résoudre. Qu’est devenu le maître des lieux, est-il une victime ou un coupable ? A-t-il été enlevé ou s’est-il enfui, sain d’esprit ou dément ? Des doutes qui rempliraient la saison entière d’une série policière. Il aurait de quoi écrire mille épisodes, tous à diffuser le soir, tard, très tard.

La maison a été perquisitionnée sans avoir livré ses secrets, la presse se serait emparé d’une telle découverte, en aurait fait ses choux gras, le cadavre est un excellent engrais, il fait pousser les tirages.

L’héritage ? Il fera peut-être valoir ses droits, plus tard. A chaque jour suffit sa peine pensa-t-il avant de regarder le paysage autour de lui.

Soleil écrasant, à côté de lui Morton s’éventait avec le journal acheté avant de partir, rien de mieux pour être malade que la climatisation. Partis en hiver, ils arrivaient au milieu de records de température.

Hasard ?

Le temps lime les barreaux les plus épais, use les masques les plus solides, rien ne lui est inaccessible. La maison attend ses invités.

- On arrive ?

- Bientôt.

- Tu peux aller plus vite.

- Les flics ne laissent rien passer. Cool, dans quelques minutes nous quitterons la nationale pour une route plus discrète.

- Il me semble que nous sommes bien seuls.

- Ce que je me dis la première fois, nous avons passé une frontière invisible qui incite les esprits trop sensibles à passer leur chemin.

- Depuis quand ?

- Longtemps, rares furent les vivants à entendre l'appel de ce lieu.

- Civilisation est un terme inepte ici.

- On ne saurait mieux dire.

- Aucune curiosité médiatique, pourtant l'étrange attire.

- S'il sonne faux, ici les simples sapiens se perdraient.

- Moqueur ?

- Lucide.

- Méfie-toi de cette façon de voir, on commence par traiter les autres de sous-hommes… On sait comment cela finit.

- Ni sous-hommes, ni l'inverse. Pré-humain d'accord ! Ni supérieur, ni inférieur, le loup ne méprise pas les moutons, encore que je ne sois pas, ou plus, un simple prédateur.

- Descendrais-tu de Friedrich ?

- Non, mais nous sommes cousins d'âmes !

- Sa fin...

- Mon début ! Nous arrivons, tu es sûr de vouloir continuer ?

- Tu es sûr de ne pas vouloir ma main sur la figure ?

- Enfin une tendre parole. Je disais cela pour toi. Il est des rencontres troublantes de ce qu’elles réveillent en soi ? Cette maison incite les esprits à se délester des voiles qu’ils se sont imposés pour aller, nu, vers la fange qui leur sourit.

- Que n'avons-nous pas vu ensemble ?

- Éprouver est pire que voir, qu'imaginer.

- Je n’ai pas peur de ma nudité, s’il s’agissait de révéler mon corps je serais gêné, mon esprit ne risque rien devant moi, ni devant toi.

- Et de voir le mien ?

- L’avenir le dira.

- Il connaît les réponses aux questions que nous évitons.

- Ou pas encore.

Diatek opina "C’est par-là !" Chemin damé, s’engageant dans une forêt d'une inquiétante normalité.

- Une image me vient. Un flambeau, le père le refile à son fils et se dépêche de mourir comme si de le conserver sans postérité pouvait être dangereux. Je suis le dernier, pas d’enfant, personne après moi.

- Une torche de quel genre ?

- Une flamme qui éclairerait autant qu’elle protège.

- Malédiction positive.

- Des mots dissonants mais éclairants.

- La vérité sera...

- Pire.

- Possibilité à vérifier.

- C’est encourageant.

Le froid leur tomba dessus alors que la voiture s’engageait entre les conifères, les frondaisons s'entrecroisant repoussaient le soleil. Était-ce la vraie raison expliquant la chute de la température.

Route sinueuse, les matériaux pour la maison avaient été livrés par hélicoptère, un caprice coûteux qui semblait n’être que cela.

Retrouver la lumière leur fit du bien. Sur le moment, elle leur apparut vite différente, diffuse, comme au travers d'un voile imperceptible.

Le silence était oppressant et moqueur, Morton ne trouva aucun repère rassurant auquel accrocher son regard, son ombre même paraissait l'épier.

- Mon père n’eut aucune difficulté pour l’acheter.

- Tu m'étonne, du seuil on dirait le Paradis, de l'intérieur il me semble avoir franchi le porche de l’Enfer.

- Ce n’est que l'entrée, attend la suite.

Un vallonnement passé la maison apparut, en photo elle aurait parue massive, réelle elle inquiétait sans que rien n’étaye cette impression.

Les ailes avançaient par rapport à l’entrée, le corps principal s’étirait en profondeur, une fourche prête à embrocher l’imprudent.

A commencer par son propriétaire !

Une pierre claire, un toit d’ardoise, de hautes cheminées rouges, des fenêtres à petits carreaux sans volet ni barreaux, sobriété.

- Ton père fit construire cela ?

- Oui.

- Pour qui ?

- Pour… Je vois ce que tu veux dire, je vois très bien.

Sans poursuivre le policier gara la voiture, son cœur battit plus vite, il savait pour qui avait été édifier cette demeure.

Mais pourquoi ?

- Tout est impeccable, pas d’herbe folle, de saleté.

- Allons voir l’intérieur.

La porte s’ouvrit aisément, il n'y avait pas de serrure !

Aucun bruit, Diatek à aucun moment ne pensa à la présence de gardiens. La maison n’en aurait pas voulu, il n’aurait pas été surpris de l’entendre ronronner de satisfaction, peut-être ne l’avait-il pas caressé où il fallait, pas encore.

Morton referma, ni leur pas, ni la clenche n’éveillèrent d'échos, les bruits semblaient non pas étouffés mais refusés. Oui, refusés.

Le silence est un piège, l’oreille fonctionne toujours, faute de tentation l’attention se porte sur l’intérieur, le sang, la respiration, chaque articulation, tout devient audible, d’une réalité corporelle qui se découvre et devient rapidement insoutenable.

Un sol de marbre, des colonnes permettaient l'ouverture du hall sur les pièces adjacentes. L’escalier lambrissé, le lustre scintillant, les meubles, pas une poussière, pas une empreinte, rien.

Ensemble ils prirent une profonde inspiration, l’impression avait été si forte qu’ils s’étaient mis en apnée. Une minute pour se reprendre.

Décrire la maison n’apporterait rien, meublée avec un goût parfait, des œuvres d’art aux endroits stratégiques, des salons, une grande bibliothèques au rez-de-chaussée, les chambres au premier, un fumoir, des bureaux, les logements des domestiques, des appartements pour des invités particuliers, rien de spécial, rien de choquant, sinon l’impression que la demeure n’était pas vide, mais existait par elle-même. L’un et l’autre perçurent l’attention dont ils étaient l’objet, curiosité amusée, certitude d’une puissance sereine.

Premier étage, tout au bout du couloir une porte plus haute que les autres mélangeant habilement bois et argent, magnifique travail.

- Le bureau de mon père, tu vas voir.

Il ouvrit la porte, s’effaça.

Le scientifique fit un pas, sursauta, n’aurait-il pas entendu... Ses yeux cherchèrent il ne savait quoi, rien n'expliquait la sensation qui l’avait assailli, rien étant une façon de parler, en fait, tout l’expliquait.

La pièce avait la structure d’une église, nef, chœur, absides, le bureau placé au centre du transept. Le plafond allait jusqu’au toit alors qu’il y avait un autre étage. Une coupole surplombait une table de pierre qui reposait sur une dalle noire prise dans un parquet de teck. Morton s’approcha du meuble, roche lisse, posée sur quatre pieds d’argent massif. Il s’attendait à des rainures destinées à drainer un liquide. Rien, un rectangle parfait d’une matière identique à celle du sol. Il tend une main, hésite, recule… Pas de risque, pas de risque ! Se tournant il observe les murs nus, seulement des niches abritant les statues de dieux de différentes mythologies, trop pour qu’il cherche l’origine de chacun. Un attire son attention, il est plus important et représente la dualité du dieu Thot : ibis et babouin.

La coupole est d’un quartz bleu, le moment de remarquer qu’il n’y a en ce lieu aucun moyen de s’éclairer, il faut que son ami lui montre des cavités habilement dissimulées, mais vides. Pas de fauteuil, l’unique moyen d’être à la hauteur pour écrire est de se mettre à genoux, pour autant que cet endroit soit destiné à cet usage.


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Publié par Lee Rony - dans Roman.5 Héritage
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 05:25

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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