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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 06:02
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 06:37
Action, trahison, passion, un tiercé gagnant !






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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 06:27


 

Dur dur d’être réveillé brusquement, j’ai dormi si longtemps que je ne sais plus quand nous sommes.

Quand... quelle importance pour moi ?

Autrefois j’étais dans la maison, toute la famille passait devant moi, dès le matin je connaissais l’humeur de chacun, les adultes se disputaient, parfois se réconciliaient, à leur façon, l'homme restait peu, la femme bien davantage, j'ai suivi l'évolution des enfants de leur premier bain à leur curiosité devant les changements de leur anatomie. Puis de nouveau il n'y eut que les parents, eux ne grandissaient plus, ils vieillissaient avec une évidence qu'ils cherchaient à cacher, lui comme elle, jusqu'à ce que de nouvelles personnes arrivent, enfin, nouvelles, non, mais je mis du temps à reconnaître en l'homme devant moi l'enfant puis l'adolescent que j'avais suivi durant des années. Le temps ne pardonne rien et celui-là avait dans le regard un âge que ses parents n’eurent jamais. J’aurais voulu lui dire, lui raconter, les heures que son père passait devant moi, il me parlait dans l’ombre pour combler sa solitude, me chuchotait des secrets à nul autre avoués avant de remettre son dentier, les contingences physiques prennent toujours le dessus. J’aurais voulu… Pour seule réponse il aurait haussé les épaules. Sans cillé il m'a décroché avant de me prendre sous le bras et de monter au grenier, je me suis retrouvé avec de vieux jouets, des livres de contes, pour enfant, des souvenirs… Tout ce qu’il voulait oublier d’un passé qui ne voulait plus de lui.

Le couvercle de la malle est retombé sur une nuit que j’ignorai pouvoir être aussi profonde. J’ai fait connaissance avec mes nouveaux amis, les livres parlaient de mythologies, d’histoires humaines improbables, les peluches évoquèrent les enfants qu’ils enchantèrent longtemps avant d’être remplacés par des gadgets électroniques avec des fils, à la patte comme à l’esprit. Ils ne dirent rien des paroles entendues dans l’obscurité avant que le marchand de sable ne passe, c’est bien de savoir se taire, même pour des objets inanimés.

Nos conversations s’espacèrent, chacun retrouva ses rêves jusqu’à ce que nous soyons secoués violemment. Oubliés dans le grenier nous pensions devoir y finir…

Y finir quoi ?

Allons-nous retrouver notre gloire d’autrefois, la vitrine d’un antiquaire ou la sombre échoppe d’un brocanteur, la bouche ronflante d’un four pour nous anéantir ou la surface malodorante d’une décharge publique ?


Peu importe, même si j’ai une préférence. Renvoyer l’image du ciel me plairait, les oiseaux, la pluie comme le soleil avec l’espoir de ne jamais retrouver mon usage premier.


Un miroir aussi a besoin de croire au Paradis, mais a-t-il une chance de l’atteindre, lui ?

 

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 05:55
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 06:00








                                                                                STENDHALIENNES...





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Publié par Lee Rony - dans Divers
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 05:55


 

Sans-titre-True-Color-01.jpg

Amicalmants
: Partenaires minuscules dont on parvient difficilement à se passer dès lors que nous les fréquentons régulièrement.

Âmniotique : Climat rassurant fait d'une douce température et d'un environnement insensible aux interrogations

Blogabulaire : Idiome vernaculaire à base de français mêlé à d'autres langues d'origines imprécises et rédigé phonétiquement.

Bovinisation : Tendance instinctive au regroupement des hominidés afin de se livrer à d'antiques rites censés apaiser l'angoisse.

Cauchemerdesque : Réalité pire que le pire des rêves.

Démocratyrannique : Respectons l'opinion de la majorité, de ceux qui le donnent.

Douxleurre : Je sais que c'est faux, bien sûr, mais...

Dramway : Rails conduisant à une funeste destination que l'on voit venir mais à laquelle il est impossible d'échapper.

Étreinte : Bras-cage que l'on espère ne jamais cesser.

Hérosion : Au Pinacle lundi, oublié vendredi.

Maràthon : Concours de Miss !

Martyriopathe : Je meurs donc je suis... Je quoi ?

Merversion : Tendance d'une génitrice à vouloir surprotéger son rejeton mâle afin qu'il ne soit jamais tenté d'aller chercher une femelle ailleurs.

Tairreur : Si tu l'ouvres on te la ferme !

Vampsyre : Vertébré anthropomorphe se nourrissant d'un peu d'émotion mélangée à beaucoup de pognon.

Veaucation : Moi mon métier que je veux faire plus tard c'est star !


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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 06:27

 

Comment débuter ce courrier ? Le premier terme est trop formel, le deuxième pourrait vous mettre mal à l'aise bien qu'il fut justifié. Le troisième est par trop familier. Puis-je cependant vous narrer une anecdote qui peut-être vous fera sourire, bien que j'imagine que maintenant c'est ce que vous faites constamment.

Enfant, j'aimais à voyager mentalement, en particulier en lisant les aventures de Bob Morane, héros rencontré au hasard d'un livre trouvé dans un placard. Les premières pages présentant la liste des œuvres d'Henri Vernes j'eus envie de les lire. Pour ce faire je me rendis dans une bibliothèque de quartier, sur les quais, au rez-de-chaussée d'un petit immeuble. Deux personnes âgées, à l'époque on ne disaient pas des vieilles, tenaient l'établissement et m'inscrivirent, je me souviens des fiches bristols, de l'odeur composée d'un mélange, peu subtil de renfermé et de vieux papier se décomposant.

 

La littérature pour les jeunes ? Au fond à gauche, attention la porte est voûtée, basse, et il y a deux marches. J'opinai poliment et découvris une pièce étroite éclairée par une fenêtre aux vitres sales et une ampoule pendue à un fil. Les murs disparaissaient derrière des rayonnages vers lesquels je me dirigeais. J'y découvris les romans justifiant ma présence mais, poussé par la curiosité, un démon qui ne m'a pas quitté, je visitai les autres étagères pour tomber sur une publication du même éditeur. Fond noir, dessin halluciné d'un(e) spectre sur un cheval à l'œil et aux nasaux sanguinolents.

Le Carrousel des Maléfices était le titre de ce recueil de nouvelles (dont j'ai déjà parlé) et son auteur, vous, Jean Ray ! J'empruntai ce livre sans savoir qu'alors c'était sur ce manège que j'embarquai et que jamais je n'en descendrais ! Cela fait bien longtemps et depuis j'ai lu quasiment la totalité de vos textes, espérant encore découvrir ceux qui m'ont échappés jusqu'à présent ou que des inédits soient découverts tant vous avez publié et ce sous divers pseudonymes, votre nom de plume principal n'étant que le début de vos deux prénoms.

Combien d'heures ai-je passé guidé par vous en des lieux où le banal est déformé pour, peut-être, présenter son vrai visage à une époque où le mien était rien moins qu'attirant.

Je n'eus pas votre existence, que ce soit la vraie ou celle que vous vous plûtes à présenter. Après tout quelle importance ; comme disait, à peu près, je ne sais plus qui, mais il avait raison : Si la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende !

Que d'enquêtes je menai avec Harry Dickson, avant de créer mon propre personnage, il m'arrive de me demander si les deux ne pourraient se rencontrer par une mystérieuse contraction du temps... Je glisse l'idée derrière mon oreille, je la fumerai plus tard. De vous lire et relire influença probablement ma façon d'écrire à mes débuts avant que je ne trouve un style plus personnel plus en phase avec mon époque.

À votre suite je découvris de nombreux auteurs dont je ne donnerais que deux exemples ici : Howard Philips Lovecraft et William Hope Hodgson, tierce royale, il ne manque qu'un nom pour un carré qui aurait une sacrée gueule... Je pourrais en citer beaucoup mais les personnes intéressées se rendront , qui sait si dans l'avenir je ne leur adresserait pas une lettre il se pourrait que je leur adresse une missive prochainement, me risquant même à rédiger leur réponse, je ne suis pas à ça près. En respectant leurs caractères et travaux bien entendu !

L'imaginaire est un puzzle dont il manque toujours la dernière pièce, quiconque veut la rajouter ne contemple plus que l'image banale d'une plate et convenue réalité.


Je ne suis qu'un astéroïde parmi des milliers dans une galaxie formée de rares étoiles dont vous êtes ; croyez-bien que cela m'ennuie de le reconnaître, je me plais à penser que vous direz que je suis mieux que je l'annonce et moins que je ne le sous-entends.


Un reproche à vous faire ? Vous êtes né deux jours trop tôt, à moins que ce ne soit moi qui aie vu le jour avec 48 h de retard, nous aurions pu nous retrouver le 9, un destin ironique ne le voulut pas, disons qu'il fit bien les choses puisque nous ne pouvons les modifier !


Avec vous je me suis embarqué sur un étrange navire dont je n'ai pas encore exploré les plus profondes cales, je devine que m'y attendent de nombreuses autant qu'improbables créatures mais ce sont mes auditrices les plus attentives. Un jour j'espère pouvoir visiter Gand, y reconnaître votre ombre et entendre votre rire alors que je m'apprêterai à emprunter une ruelle trop ténébreuse pour être malhonnête.



Le temps étant une notion relative je peux vous dire, outre un grand merci : À bientôt ! Au fond d'une taverne accessible seulement aux nomades de l'âme, nos verres ne se videront jamais et nous pourrons les entrechoquer à la mémoire de ceux que nous aurons oubliés...


                                                          Votre reconnaissant

                                                                               L R

 

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Publié par Lee Rony - dans Lettres
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 06:09

photo Internet

 

TABAC 


Elle est finie, l’époque où l’on pouvait tirer sur sa cigarette dans les « lieux publics »…

A présent les trottoirs sont devenus de vastes cendriers. Il y a d’autres calamités : je pense à la ville de Nice où, selon un chansonnier bourré d’esprit « les chiens glisseraient sur les crottes de vieux », Une certaine avenue pourrait alors être rebaptisée « la Promenade des Engrais »…

Jadis, alors que nous entrions dans un restaurant où de délicieuses odeurs de « fumet » attisait notre faim, on nous accueillait toujours par l'incontournable question :

- fumeurs ou non-fumeurs ?

Ce compartimentage paraissait tout de même invraisemblable, en des zones relativement réduites…

Pour ne pas indisposer notre amie Artémise dont les yeux prenaient une allure de braise chaque fois que l’un d’entre nous allumait une cigarette, nous choisissions l'abstinence !

On ironisait au moment de la lecture des menus où figurait un "saumon fumé"...

La langue française est vraiment subtile : un animal quel qu’il soit, lorsqu’il sort d’un « fumoir », n’est pas enfumé mais « fumé » ! Pourquoi ne sortons-nous pas "fumés" (comme les saumons) des bistrots, restaurants et wagons-bars ?

Nous enfumions donc notre voisinage, sans jamais pour autant le fumer !!

 

Avec la nouvelle interdiction, Artémise doit à présent jubiler !

Il lui arriva un jour d' arracher méchamment une cigarette de mes lèvres et de la plonger par étourderie dans son propre verre! Quelques instants plus tard et à ma grande satisfaction, elle le but négligemment et sans sourciller !

Bien que manifestant une nette allergie à la fumée, elle a toujours souhaité être incinérée…

Imaginons les funèbres circonstances où l'on s'adresserait l’urne à ce pauvre Gontran :

- Voici les cendres d’Artémise... (Elle qui n'avait jamais fumé !)

 

Je me souviens encore d’un restaurant grenoblois d’où sortait une épaisse fumée. C’était le « Grill Parisien ». Un incendie s’était déclaré dans le coin « non-fumeurs » !

Dire que je me rendis ensuite dans une station service pour vérifier la pression de mes pneus. Le pompiste m'avertit d'un air gravissime :

- Vous êtes très dégonflé !

Remarquant ma grande surprise, il ajouta :

- vous êtes un peu gonflé de rouler comme ça !

Mais vous venez de me dire que j'étais dégonflé ! Il faudrait tout de même savoir !

Il ajouta :

- De toute façon vous fumez !

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Ça me regarde !

- Je parlais de votre voiture ! Elle fume beaucoup !

Je quittai ces lieux tellement hébété que j'en grillai un feu !

 

Je me suis dit un jour : …"demain" je pars pour "Hyères". Je pris donc mon volant… à "deux mains" pour "Hyères", et du port, je décidai d’embarquer pour l’île de Porquerolles.

C'est alors qu'ébaubi, je lus sur l’embarcadère :

- "pas de navette aujourd’hui en raison d’un fort coup de tabac".

Ceux qui voulurent à tout prix monter furent passés à tabac par les autorités...

Le lendemain la mer était d’huile, le soleil brûlant.

J'eus quelque crainte en songeant qu'il était dangereux de mettre de l'huile sur le feu et inversement…

Tout le monde était sur le pont. La cheminée du bateau dégageait une intense fumée noire. Las de ces échappements, je descendis en cabine où une pancarte interdisait de fumer. Il faudrait tout de même savoir !



Je me promenais un jour à Rome, place St Pierre. Une inquiétante fumée grise s'échappait de la cheminée vaticane. Angoissé à l’idée que les saints lieux ne fussent en train de se consumer, j’alertai un passant qui me rassura :

- Ce n’est rien, Monsieur, les cardinaux sont réunis en la Chapelle Sixtine et le Pape n'a pas encore été élu.

J’eus alors la vision des prélats tirant sur leur joint...

Le lendemain, une foule en liesse envahissait la place, tandis qu’il se dégageait de la même cheminée une épaisse fumée blanche : "habemus Papam !"…Je compris soudain pourquoi la religion serait "l’opium du peuple".

 

Dire que les non-fumeurs choisissent les bords des nationales pour faire leur jogging à pleins poumons... Lorsque l’on interdira les pots d’échappement, les malheureux auteurs de flatulences ne tarderont pas à être durement pénalisés !!!

Cela ferait un sacré... tabac dans la Presse !

 

Notre Lucky Luke élyséen aura tout de même réussi quelque chose : désormais tout le monde fume… contre le pouvoir ! … un journaliste aurait demandé à Carla si elle fumait après l’amour. Elle répondit :

- Je ne sais pas, je n’ai jamais regardé…

A quand la révolte des ecclésiastiques si d’aventure on interdisait l’usage des encensoirs dans les églises ? … et pourquoi pas supprimer le Mercredi des Cendres ??? !!!...

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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 07:01
Héritage - 4 
 

                                                  05


- Il doit être gay, il n’y a pas de tante ; Si j’ose dire. Bref ! L’avion jusqu’à New York, puis pour un état du Sud. Paysages superbes, tranquillité dépassant les bornes de l’ennui, heureusement que la bière existe, et que ce mot a deux significations. Une voiture nous attendait, nous devisâmes de choses et d’autres. Dément et cultivé, ça existe. Une maison magnifique, vraiment. Isolée dans un cadre enchanteur, vu de loin. Solide bâtisse, inquiétante vue de près. Mais je suis subjectif. Un personnel trié sur le volet, prêt à tout pour lui. Le regard qu’ils me jettent en dit long ; j’ai bien fait de les tuer tous ceux-là. Je ne fais pas le guide pour entrer dans le vif du sujet : Le sous-sol. La police ne trouva rien en visitant la maison. Le passage y menant part du premier étage, il fallait y penser. Mon père était un monstre, pas un con, flatteur pour moi. Ses actes me dispensèrent d’agir, j’en suis certain, s’il avait résisté ou cédé à la folie totale j’aurais eu plus de difficultés à trouver mon chemin entre l’autisme et la folie homicide. J’ai embrassé les deux mais lui céda à la seconde.

- Vraiment ?

-Dans le cadre professionnel je pus faire quelques sacrifices à celle-ci.

Par peur d’obtenir une réponse Kah se retint de poser une question.

- Un chevalier défend le bien.

- Mon armure est noire de lumière.

- Belle image.

- Claire ! J’ai envie de parler de ce qui s’est produit dans cette maison mais les mots m’emportent. quand j’écrivais cela se passait de cette façon, venait ce qui voulait. Longtemps après, de retour dans cette ville je voulu me pencher sur mes textes, les comprendre et ôter le superflu. Dans cette conversation aucune coupure possible. L’horizon est une ligne imaginaire vers laquelle j’avance. C’est impossible, la distance est immuable ? Pourtant elle s'approche, le bord du monde, le bord de l’étoile, comprenne qui peut cette comparaison. L’inconnu attend, souriant de mes efforts pour retarder l’inéluctable. Mais j’étais dans la maison, le sous-sol. De suite l’horreur imbiba mon âme. Elle rodait partout, dans les cellules, les couloirs, la salle des tortures, s’étirait comme un chat guettant une souris croyant qu’il dort. Un four crématoire individuel, l’extermination démocratisée, le progrès. Un détail me parut curieux, un vide dans la visite, une salle qu’il omit de me montrer, le cœur de l’épouvante, le point névralgique. Quel terme est-il adéquat, s'il en est un ! La nuit suivante je ne trouvai pas le sommeil, sous cette maison une force attendait, maintenant encore je ne peux dire qu’elle fut jamais mauvaise en elle-même tant je la sais dépassant nos médiocres définitions humaines. J’attendis le sommeil. Par le passé c’était entre rêve et réalité que mon esprit se mettait à l’écoute des autres, courant le monde en quête de ma proie, un chien de chasse à l’efficacité redoutable. Cette nuit-là rien ne vint, un trou noir, un voile recouvrait mon esprit. L’unique certitude que j'eus au matin fut que tuer mon père était nécessaire. Le petit déjeuner se passa bien, nous blablatâmes de tout, du reste, de la maison dont il avait dessiné les plans, des environs, un calme mortel entre deux ennemis, chacun guettant l’attaque de l’autre. J’attendis la première occasion pour lui poser la question, il ne fut pas surpris, la nuit était un nouveau test en rapport avec ce qu’il allait me révéler.

- A ton avis, qu’ai-je dissimulé ?

- Le plus important ! Ce lieu est un iceberg.

- Qu’as-tu deviné de précis ?

- Une attente, ce mot est le meilleur que j’ai trouvé.

- Tu as raison, viens, allons voir, tu me donneras ton avis.

Nous descendîmes comme la veille, mon impression fut différente, un plaisir était là, un appétit souriant.

- C’est là, une simple porte.

Il l’ouvrit, j’entrai derrière lui.

- Que vois-tu ?

- Une vitre, un puits surmonté d’une vitre.

- Seulement cela.

- Non, Il paraît vide mais je perçois le danger, la souffrance, des cris, des pleurs… Cet endroit en est rempli.

- Comment sert-il ?

- Des victimes y sont jetées pour y mourir, les plus faibles de faim, les autres, aussi, mais après avoir tout tenté pour survivre. Je devine leurs regards quand une nouvelle victime leur est offerte. Mon métier me fit croiser nombre de monstruosités, un endroit comme celui-ci, jamais… Me revient le souvenir d’un conte que j’écrivis, un des premiers, une vengeance. Pas de puits, juste une salle vitrée. Un homme s’y réveille, réalise où il se trouve, veut s’échapper… Je passe les détails inutiles. Le but était de le pousser vers la folie en lui offrant en nourriture le cadavre de son enfant, ou son propre bras proprement tranché. Il refuse, avant de céder, il mourra de faim. Le responsable se pendra ensuite. Tout est mal qui finit mal.

- Les grands esprits se rencontrent, viens, allons y faire un tour, de l’intérieur l’impression est plus forte.

Un escalier descendait autour du puits, nous y pénétrâmes, la porte était une pierre déplacée par un contrepoids, facile de bloquer le système, impossible de sortir. L’impression d’étouffement me saisit, le puits était vide et cependant gorgés d’angoisses, prières ou menaces que je dus ressortir. Mon père souriant en attendant que je retrouve mon calme, il savait ce que j'éprouvai.

- Étonnant non ? Cet endroit me ressemble, j’y suis chez moi. La première fois que j’y descendis fut une révélation. J’aime pourtant rester là-haut contemplant ces êtres abandonnant leur humanité ; ce masque si facile à déposer ; pour se battre, se dévorer, régresser, redevenir ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être. Beaucoup se trouvent des excuses, j’ai vu un couple se faire une scène, l’homme accusait sa femme, lui faisant porter la responsabilité de leur présence ici afin de justifier qu’il la tue.

- La chasser de son cœur pour la mettre dans son estomac.

- Belle image. Ici, la vérité s’impose, dans des conditions aussi extrêmes tricher est impossible.

- J’entendais des centaines de voix se mêler, des rires et des larmes, dansaient devant moi un ballet d’ombres, des formes se ruant les unes sur les autres, se déchirant pour survivre quelques heures de plus, un nid de haine, une sauvagerie sans nom. L’image de certains camps me revint, ce puits les dépasse largement. L’encrier du pire. J’ai vu des femmes serrer le cadavre de leur enfant, une charogne dont elles se nourrissaient pourtant, j’ai vu des hommes rire en contemplant leurs viscères et qu’ils tentaient de dévorer, j’ai vu des enfants ronger des restes pourris. Un éblouissement qui m’emporta, une force contenue qui trouve enfin la voie de la libération… Un cri résonna, un cri libérant des centaines d’âmes maudites par une seule bouche acceptant de hurler. La mienne, l'âme hyène ! J’ai titubé, frémit quand une vague de froid passa sur moi. Fondu au noir ! Rouvrant les yeux je découvris mon père sur le sol, assommé. J’ai parlé de bord du monde, je l'avais atteint et m'était penché. Mes yeux ont vu trop loin et ce qu’ils découvrirent est en moi, attendant que j’ose comprendre. Je suis resté debout, le silence était absolu, l’épouvante s’était éloignée. Mon père haletait, luttant contre la violence du coup que je lui avais porté. S’il n’avait pas été un athlète je l’aurais tué. L’action fut un soulagement, après quoi je me suis détourné pour quitter cette antichambre de l’Enfer. Bloquant la porte derrière moi. Ainsi puis-je penser que mon père est mort bien que je n’en ai pas la preuve. Restaient les domestiques. Ils se méfiaient, pas assez, prendre un revolver fut facile, les tuer aussi, mes sens fonctionnaient mieux qu’ils le firent jamais, une balle, un mort, économique. Le vide Kah, la frontière que l’esprit s’impose pour se développer tranquillement. Vient le moment où il ne peut aller plus loin. La chenille se fait chrysalide puis papillon, avant de naître celui-ci se dégage difficilement de sa protection, il l’abandonne ou s’en nourrit. N’existe-t-il pas un papillon capable de s’enfermer à nouveau pour renaître sous une autre forme ? Je caresse mes limites et plus loin le réel existe encore. Le pire est la peur du meilleur. La barrière cède Kah et j’ai peur. Une autre histoire me revient, j’en commis des centaines. Une maison dont la pièce la plus importante est sombre et secrète. L’écrivant je pensais à la conscience, ce qui se voit ; à l’inconscient, ce qui se cache, et cette partie de l’inconscient faite d’ombre et d'omnipotence. Il est facile de tout lui mettre sur le dos, je m'accroche à la poignée pour croire la porte close. J’ai souvent depuis, deux puits, évoqué cet endroit, ce pas dans le minéral, dans le passé. Les racines sont à la mode, les retrouver… Quelle bêtise ! Elles plongent vers le passé et l'absence d’esprit. Lâcheté, satisfaction facile, suffisante pour les médiocres, aller plus loin est difficile, jusqu’à comprendre. Ce n’est pas ton cas. Mes mots sont sibyllins ? Pour moi aussi, comprendre Kah, comprendre ce que nous sommes pour progresser. Je ne peux être moins obscur. Tiens ! Obscurité, un autre conte : Un homme rêve qu’il marche sur un chemin, de chaque côté grouillent des formes étranges qu’il sait être les hordes du néant à l’assaut de l’ultime réalité qu'il incarne. C’est moins simple ? Bien ! Il avance puis s’interroge, est-ce la bonne direction ? Il se retourne mais d’évidence le chemin n’a qu’un sens, comme le temps, pour nous. Tu me suis ? Bravo ! Il arrive jusqu’à une forteresse prodigieuse constituée principalement d’un donjon semblant toucher le ciel. Je passe sur les péripéties, finalement il arrivera au sommet de ce donjon, de là il apercevra l’ultime lumière présente dans l’univers et par cette seule action vaincra les forces du néant. Amen ! Mon héros se réveille prêt à changer de vie. Résultat rapide pour ce qui fut mon texte le plus long, 5500 pages. C’est beaucoup, mon personnage, et moi à travers lui, prolongeait le rêve car il savait qu’au réveil sa vie changerait, comme moi en concluant ce récit j’ai modifié ma façon d’écrire et les thèmes de mes récits.

- C’est moi qui suis pantois, en un seul mot, ce n’est pas une illusion.

- Gentil de le préciser. L’histoire continue, le passé n’a pas tout dit, par exemple mon père, j’ai croisé son regard avant de partir, je le crus plein de surprise, maintenant je me demande si ce n'était pas de la satisfaction. Une conclusion logique à une vie où la mort portait un manteau de sang. Voir venir la fin doit être intense, sentir son corps se détruire lentement et la conscience luttant jusqu'au bout comme pour avoir le temps de jeter un œil par dessus l'épaule de la Camarde. J’ai pris sa succession, bien que je ne sache pas laquelle.

- Il aurait pu se dévorer ?

- Non, l’avenir confirmera cette opinion. Avant de partir j’ai averti la police, elle a dû se poser des questions.

- Pas seulement elle.

- Vrai, il me faudra apporter les réponses, et pas qu'aux flics.

- J’avais compris. L’angoisse est le début de la pénitence.

Diatek hocha la tête. Pardon ? S’ils connaissaient ce mot, lui-même…

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Publié par Lee Rony - dans Roman.5 Héritage
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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 05:57
 

Qui va ma définir, en usant de quels termes,

Puisant dans le passé ou un album d'images ?

Suis-je difforme et laid, inquiétant d'être sage,

Agité et hurlant, tenu par des mains fermes ?


J'excite la pensée, parfois l'imaginaire,

Servant à incarner jusqu'à l'inexcusable,

Des effrois populaires, émissaire impeccable,

Produit de mille péchés, fruit pourri de la Terre.


Tu me hais, cependant j'excite tes envies.

Quel trouble ressens-tu de me voir enfermé,

Répulsion et désir, pulsions inavouées,

Une partie de toi que tu souhaites endormie.


Je fus star littéraire et puis de cinéma,

Sacré quand je deviens difforme par la gloire.

Le trop, le pas assez, de l'asile à la foire,

Où que portent tes yeux, regarde, je suis là !


Héraut d'un avenir effrayant mais plausible,

La nature est joueuse mais jamais insensible.

Associant les contraires elle fait ainsi démonstr'

ation qu'il est permis d'être fier d'être un monstre.



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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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Présentation

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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