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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 05:40

 

Cette musique qui s'éloigne, ce rythme qui ralentit, un...


Souvenir d'un battement, celui de mon cœur il me semble. Il résonne dans ma tête comme un écho qui s'efface et que je ne regrette pas. Le devrais-je ? Une petite voix me dit que oui mais ce n'est pas le cas. Je sais ce que je laisse derrière moi de tristesse, de sincère affliction comme de larmes de crocodiles cachant des sourires, odontologiquement parfaits, à la pensée de l'argent fait sur mon dos. J'ai suivi aussi longtemps que je pus un chemin que je n'avais pas...


Choisir est-il seulement possible ? L'on me poussa sur cette voie devant les projecteurs et les objectifs afin que je m'y agite mais si j'ai vieilli je n'ai pas grandi et n'eus pour reflet que ce que les autres voulaient que je sois, dès lors je ne fis que me chercher, une quête impossible, c'est le vide qui me servait de scène. Enfant, adulte, écartelé entre l'envie et la peur, l'instinct et la réflexion. Je voulais être moi et rester celui que je devais être... Il n'y a pas si loin de King à Thing !


La cime de la gloire est si haute que le vertige ressenti ne peut être compris que par qui l'atteignit également, la peur d'en descendre et cette étrange pulsion de céder à l'appel des abysses. Qui peut mieux admirer le gouffre que celui qui a atteint le sommet de la montagne et y découvrit qu'il n'y a plus d'ambition possible et que la compagne souriante attendant qui y parvient est l'angoisse de devoir en redescendre.


Il n'est plus temps d'en vouloir à qui que ce soit. Savaient-ils ce qu'ils faisaient ? Aujourd'hui oui, ceux qui sont prêt à vendre mes os un par un afin de transmuter la charogne, leur digestion sera difficile.


Un jour chacun se trouvera cette place et devra faire le bilan de son existence, la mienne fut aussi loin que possible de la normalité et sans doute ne fis-je pas que de bonnes choses, poussé que je fus par une force de vie qui me tint plus longtemps que j'aurais pu le penser si j'avais été capable de comprendre mon existence, il n'est plus question de cela désormais et si je peux avoir la vision de mon passé c'est qu'il est trop tard, j'aurais voulu garder ma vie d'enfant en devenant adulte, mais le temps est implacable et quelque place que l'on occupe dans la société humaine pour lui nous ne sommes que des pantins, plus ou moins distrayants !




Et maintenant, ces derniers mots enfuis vers quoi vais-je aller ? Nulle part peut-être, la crainte incite à croire mais ici tout est différent, je vais avancer, d'un seul pas peut-être. Qui sait ce qui m'attend désormais, quelle balance estimera mes actes et de quel côté elle penchera, je le découvrirai alors qu'il me sera impossible de l'exprimer, et ce sera mieux ainsi.


Je voulais dormir pour rêver, peut-être pour oublier que je faisais semblant de vivre depuis longtemps. À moins que ce que je crus réel n'ait été qu'hallucination et que vais-je m'éveiller à la vie ? Si j'avais un regret ce serait de ne pouvoir faire une chanson de cet instant. Mais je sais qui en percevrait les droits alors...

 

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Publié par Lee Rony - dans シゴフミ
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 06:22
La Porte de l'Enfer - 06

                                                 07

La ville cicatrise, un pays entier participe. L’optimisme est de rigueur, ce qui n’était jamais arrivé ne se reproduira plus. Un tel concours de circonstances relève de la malchance.

Trois hommes marchent dans les rues silencieuses et quasi désertes maintenant. L’émotion les entoure, des millions de gens traumatisés pour longtemps, certitudes brisées, prêt à entendre un appel qui n’attendait que cela. Le policier français le comprend en circulant, le meilleur moyen d’être entendu est de parler au bon moment, quand détresse et incompréhension sont les compagnes de chaque instant et que vacille le monde du passé. Alors un murmure domine, les mots font mouches et dans la nuit brille un sourire de satisfaction.

Le ciel est bleu, le vent doux, le décor joue l’irréel. Les morgues sont pleines, des équipes circulent dans tous les immeubles en quête de victimes à découvrir, de corps dévorés par le froid, un linceul s’est… Non, il allait penser une bêtise, le linceul n’a pas été jeté sur la ville, il a été retiré. Ce qui est dessous apparaît, plus que la mort, l’Enfer palpite et trace son chemin vers la réalité. Diatek secoue la tête, des mots, mais comment évoquer ce que nul ne connut, n’imagina, sinon en croyant délirer. Le meilleur moyen de dissimuler une vérité est encore de la crier, de l’imposer dans toutes les oreilles, avec juste ce qu’il faut d’outrances, de traits grossis pour qu’elle semble un mensonge, alors elle s’installe, alors elle croît jusqu’à régner.

Le serf a autant besoin de son seigneur que l’inverse.

Comprendre ? Il est là pour lire derrière les faits une signification qui lui crève les yeux mais que sa lâcheté lui interdit de comprendre. Sûr qu’il est de se jeer à genoux, prêt à invoquer n’importe quoi.

Débris de verre, traces de sang, papiers, argent que les badauds regardent, sachant enfin qu’il n’a de valeur que refusé.

- Je t’entends penser Diatek.

- Normal, j'ai un cerveau surpuissant.

- Je suis curieux de savoir ce qui circule dans ta tête.

- C’est nouveau.

- Le temps de me faire à la situation, se réfugier dans le giron de la peur n’est pas la solution, sinon pour celui qui refuse d’ouvrir les yeux. Ce n’est pas mon cas ! Je ne prétends pas pouvoir comprendre, ni le souhaiter, cependant j’ai envie d’en savoir davantage.

- Mon vocabulaire suffit-il ? C’est une chose de ressentir des affects, une autre de savoir les partager. Partager… Est-ce le mot ? J’emploie un terme, tu lui donnes ton sens et nos idées divergent. Partager les mêmes significations demande de la pratique. Mes paroles sont peu claires même pour moi mais j'exprime au mieux ce que je ressens.

- Si je ne comprends pas c’est sans importance. Vous les français vous aimez parler, votre langue est votre monde.

- L’univers de l’esprit, de la pensée. Nous vivons dans une société prétendument évoluée qui confond progrès technique et intelligence. Il n’en est rien, si les découvertes se succèdent c’est pour éluder l’important en repeignant les murs de notre caverne pour la croire palais de verre et d’acier. Nos esprits frémissent devant l'inconnu. Les chiens se mettent sur le dos en signe de soumission nos âmes en font autant sanssavoir devant quoi. Tu me diras que cette déclaration n’a rien à faire dans ce cadre, pourtant si, ce qui gêne c’est la peur de nous voir petits, tremblants et ridicules. Le vraisemblable est une île perdue sur l’océan sans limite du possible. Tu vois ce qui se passe quand il se fâche ? C’est bien d’explorer l’univers, beau de porter nos regards au loin… Dans quel but sinon nous éviter.

- Après tant de morts tes paroles trouveraient un écho.

- Mes pensées m’appartiennent, à chacun de puiser en soi la force de comprendre, ou le besoin de le refuser. Je déplore ces victimes mais l’important est ailleurs. Tu as mis le doigt sur un point capital, secouer l’opinion pour en pousser une partie dans une direction prévue, celle de l’abattoir.

- Que veux-tu dire par là ?

- Il y a eu des sectes prêtes au sacrifice, plus ou moins volontaire, de ses membres. Qu’arriverait-il si demain l’affaire dont nous nous occupons était révélée ? Le mouton effrayés s'interroge et prie.

- Une démonstration, un complot ?

- Non ! N’importe quel manipulateur sait utiliser les événements du quotidien pour alimenter ses arguments. La foule sombre vite dans la régression. Souviens-toi de ce film, des morts s’animant pour dévorer des vivants, transpose-le à l'échelle d'un pays.

- J’aime mon pays.

- Tu te hérisses, prêt à écouter le manipulateur.

- Tu es diabolique.

- Peut-être.

- Tu en sais trop sur ce cauchemar.

- La loi de la jungle nous contrôle, l’électronique remplacent les lianes mais les prédateurs demeurent, mieux vaut les connaître.

- Comme toi ! Ton but est-il personnel ou pas ?

- Les deux sont indissociables ! Je suis une pièce sur l'échiquier.

- Mais de quel côté ?

Diatek resta dubitatif, son ami pouvait avoir raison, tout se passait comme suivant un programme établi depuis longtemps. Il mettait ses pieds dans des empreintes déjà tracées, suivait des chemins ouverts par d’autres, son espoir fut de penser qu’au dernier moment il pourrait jouer un autre coup que celui attendu.

Ce qui ne changerait pas forcément les choses.

- Bien vu, le libre-arbitre n'est-il pas une illusion ? Une question en suspend, trop près de certains événements il se peut que leur sens m’échappe. Tu es là, Morton également, vous pourrez m’aider.

Les deux interpellés opinèrent, hésitant !

On les comprend.

Comprendre ? Diatek le veut et le craint, un rendez-vous pris sans lui demander son avis, sans qu’il puisse se décommander, le repousser, un peu, essayer de gagner du temps pour s’endurcir, ensuite…

S’il mérite de vaincre cela sera, dans le cas contraire…

Pourquoi a-t-il peur d’être le plus fort ?

D’obéir ainsi à une volonté… Etrangère ?

                                        * * *

Deux hommes courent derrière une balle, la seule différence avec des chiens est dans la raquette que chacun tient dans une main. De bon matin une partie de squash réveille le corps désireux se complaire dans la fabrication de graisse. Ahanements, cris, jurons, tout y passe, éclats de rires, murmures de satisfaction quand le point réussi est joli, car cela arrive, surtout pour l’œil de qui le marque.

Ils sont seuls à occuper l’installation, ainsi peuvent-ils faire ce qu’ils veulent, et pas seulement jouer à la baballe.

Les cris parfois se muent en gémissements, en supplications, en appels à des coups plus violents, à des pénétrations plus profondes, à des assauts qui les laisseront repus, épuisés, heureux.

Le gaz dans la balle s’échauffe faisant circuler celle-ci de plus en plus rapidement, ils ont l’habitude, savent s’entretenir, limitant leurs excès et en assumant les conséquences, ils pensent maîtriser leurs désirs alors que la chaîne n’en est que plus lourde.

La partie dure jusqu’à ce que l’un des deux renonce, quand la victoire est trop loin inutile de courir, eux ne savent pas se battre sur chaque point, ils aiment que tout aille vite et bien, sitôt qu’un obstacle se dresse sur leurs chemins ils ne savent plus que faire. Heureusement cela arrive rarement, en plus ils ont de la chance.

Fini, repos, les corps sont en sueurs, les cœurs en folie, ils aiment cette sensation, mélant la chaleur et désir, le plaisir les attend.

Les douches, bain bouillonnant et un ensemble de relaxation plus vaste que celui réservé aux sports. L’un se dirige vers le jacuzzi l’autre prend la direction des toilettes, quelques mètres, peu de chose. Assez pour que surgisse une forme sombre.

Le sportif pousse un cri, une douleur terrible lui cisaille les reins, une envie de pisser trop retenue ne peut produire cela, une hernie, n’importe quoi, il passe en revue les risques courus, sauf un, le bon.

Si ce terme peut être utilisé en la circonstance, l’assassin doit le penser avec ironie puisque sa cagoule dissimule mal son sourire.

Sa victime tombe à genoux, ne sentant plus ses jambes, à peine capable de penser, si personne ne vient l’aider il va rester paralysé, ou pire, mourir, seul, l’homme en noir à un autre rendez-vous.

                                        * * *

Après le douche brûlante, les tourbillons massent son grand corps musclé, du moins est-ce ainsi qu’il veut se voir, ce n’est pas faux. Il se laisse porter par les sensations, imagine déjà le plaisir qu’il va éprouver pas plus tard que bientôt.

Il entend quelqu’un, il sourit sans ouvrir les yeux, la main qui le caresse est douce, puissante, très puissante. Elle serre, pour un peu il aurait mal, mais la pression se relâche, il pourrait jouir en restant ainsi, souriant. Sa bouche s’ouvre pour une promesse qui n’a pas le temps d’en sortir tant la douleur est brutale. Partant du bas ventre jusque dans le plus infime de ses nerfs. Son corps s’embrase sans cependant qu’il perde conscience. Interdit !

Il ouvre les yeux, l’image est floue, le poste est déréglé, c’est que le récepteur est sur le point de disjoncter. Ce visage lui est connu, une main se rapproche tenant quelque chose qu’il reconnaît : son sexe. Le bain est rouge, "mon sang !" pense-t-il avant de disparaître.

L’assassin rejette ce qu’il tenait à la main, même un chacal affamé n’en voudrait pas. Le temps d’une douche, froide, il a encore du pain sur la planche et le couteau pour le débiter.

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 06:17
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 06:08

Un sacré repas (1/2)

Voyez, ô combien nous sommes loin du petit préambule où je formulais l’envie d’un « regard propre à me donner du baume au cœur » !

 

L’opérée : Et votre petit-fils X... ?

- Il va bien, il dirige une entreprise de 90 salariés...

- Bravo, il a bien réussi !

Je me demandai s’il s’agirait alors de réussite ou de calamité...

C'est donc bien une famille très "respectable".


Ce qui est extraordinaire en ces lieux, c'est le fait que vous puissiez tout savoir, en un quart d’heure, sur la vie d’inconnus que vous ne reverrez sans doute plus, et je suis en général plus gêné qu'eux de leur étalage... La veille, au même endroit, un couple parlait de façon très intime de personnalités politiques connues, balançant carrément des noms à la cantonade, ce qui, bien sûr, ne cachait pas leur intention de se donner quelque importance. Je me suis demandé ce qu'aurait pu dire la presse si un journaliste avait occupé ma place ce jour-là !

 

Elle : Et votre nièce ?

Lui : Elle a vendu sa propriété, elle avait trop d’enfants...Le partage eût été compliqué.

Tiens, les notaires ne savent plus faire une division, hors mis celle, classique, des successeurs après lecture testamentaire... ?

Lui : Comme elle a bien fait ! Il ne faut jamais se démunir de son vivant, sans quoi l’on ne voit plus personne !

Je compris soudain le pourquoi de toutes les « munitions » de la créature d’en face.

 

Je commandai un café « court » qui fut... long à venir ! Je me demande pourquoi l’on ne réclame pas tout, addition comprise, dès le départ, un peu comme dans les cafeterias, ce qui d’ailleurs ne change rien, puisqu’il faut faire la queue à l’arrivée... Il serait de tout façon dommage de ne pas profiter de ces dialogues à la Ionesco, capables à la fois de vous faire rire et de vous plonger dans la pire morosité, face à cette tragique anticipation sur votre futur.

 

Je me rendis à l'église St Louis pour y répéter, à l'orgue, ce que je devais jouer le lendemain, aux cultes des … incultes du Dimanche. Combien j’aurais dû m’abstenir de préparer une sortie : un Prélude de J.S. Bach dont le thème ascendant, dans la même tonalité, devait donner une insolente et magistrale réplique à celui, également ascendant, mais dans le sens du mauvais goût, du chant final. Des tables avaient été dressées dans l’église pour un apéritif qui devait ponctuer chacune des trois messes...

Jadis la messe baignait dans une atmosphère mystique. Le mystère de la Foi a malheureusement suivi le chemin de la science : on veut tout expliquer, tout vulgariser, tout mettre à la portée des esprits, même les plus vulnérables... L’Eucharistie devrait demeurer un symbole. Voilà que le « sacrifice de l’Agneau » s’enchaîne avec l’ apéro. Après la Sainte Communion : le Pastis !... Saint Zano, priez pour nous !. Les amuse-gueules succèdent aux hosties. Le chanoine « Kir » doit se gausser dans sa tombe !!!

- Allez voir à la table d’à côté si le...Kir y est (eleison !) ...

Je regrette néanmoins d’avoir échappé à une autre matière à satire, en ne souhaitant pas me mêler aux ouailles. Il est vrai que celles-ci ne pouvaient avoir été gavées d’une seule et malheureuse hostie, à en observer leur acharnement sur les chips  « corpus Christi »... C’est cela gaver les... ouailles !

 

Quelque temps auparavant, une messe avait été conclue par une invitation lancée aux fidèles (jadis on chantait « deo gratias » ) à se retrouver (à la cure, il ne faut pas exagérer !) autour d'une « spaghetti-party » (sic !!!). La publicité de « Panzani » et son pittoresque curé ont fait leur chemin : ça doit être aussi cela, « Vatican II »...

 

Bien que cette ...Cène (très new look) se rapproche plus de Cucugnan que de Léonard de Vinci, j’allais oublier que les textes du jour incitaient à « donner à manger à ceux qui ont faim ».

Mais les évangiles donnent bonne conscience aux prêtres, rarement maigrichons, et aux consommateurs, pardon! aux fidèles, car ils ne précisent pas qu’il faille nourrir « ceux qui crèvent de faim »... S’il s’agit des boulimiques, ceux-là mangent... sans fin. Quant’aux anorexiques, c’est peine perdue !

 

Cas particulier, mais non moins négligeable : faut-il gratifier de quelque nourriture « celles qui ont feint », misogynie très catholique mise à part ? Je parle des simulatrices du plaisir, vous voyez : celles qui sont, en quelque sorte restées sur leur... faim !

Avoir faim, c’est déjà très dur à... avaler , mais, rester sur sa faim, c’est assez insupportable !

Ces saintes lectures sont après tout bien imprécises ! On pourrait être singulièrement tenté de les mettre au « goût » du jour ! Personnellement, je suis davantage tenté par le pastiche que par le Pastis post communionem !

Vous verrez qu’en ces saints lieux, on offrira un jour, peut-être proche, le « Méchoui » (et pas forcément de Haendel...). Mais ils pourront peut-être aussi se transformer en restaurants, et là : j’irai encore chercher sourire et anecdotes... toutes « confessions » confondues !

 

A moins que, d’ici-là, nous ne soyons morts de rire, ou de...

 

                                         F I N

                                                                                                                         Jacques APPAR 
                                                                                                                                 

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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 06:01

 

Un samedi de Septembre 1998, je m'étais rendu dans une brasserie grenobloise, histoire de ne pas déjeuner seul et… peut-être croiser, sait-on jamais, quelque regard prometteur, on peut toujours rêver ! Fréquentant ces lieux depuis bien des années, et je dois constater qu’aucun élément de sa clientèle n’a jamais contribué à mon bonheur...

Un couple de personnes âgées siégeaient à ma droite…

 

Commencent les lieux communs :

Elle : Comment allez-vous ?

Lui : Oh, très bien...

Elle : Il y a beaucoup de monde, ici. On mange très bien.

Ils passent commande.

Pendant ce temps, j'attends ma truite, un des plat qui ne me déçoit jamais, mais qui requiert systématiquement une attente si longue que je me demande chaque fois si le cuisinier ne serait point allé pêcher l’animal !

Lui : Et vous, comment allez-vous ?

Elle : Oh, depuis que j'ai été opérée d’un sein, j'ai perdu la mémoire.

N’ignorant pas où le…sein siège, j’avoue n’avoir jamais connu ce second site de matière... grise et encore moins l’expression « par l’opération de l’esprit-sein » !

Lui : Vous êtes guérie, mais vous devriez prendre de l' "Actiphos", j'en ai pris toute ma vie, et c'est un remède extraordinaire. Il y a du phosphore, c'est très bon pour la mémoire...

Mais si vous entendez « acti-fosse » : vous ne comprendrez pas comment ce remède n'a toujours pas précipité le malheureux au tombeau ! Par contre, si vous faites un quelconque rapport avec les « foss… iles », vous saurez tout sur sa longévité !

Elle : Je suis tombée sur un anesthésiste incompétent qui m'a administré une dose "massue" (sic) d'anesthésique. Il m'a piquée, puis il m’a abandonnée pendant toute l'opération. Il a dû aller faire de même dans une autre salle.

Lui, gentiment naïf : Les salles devaient être voisines…

 

Je fantasmais sur l'image caricaturale de l'anesthésiste de la préhistoire, armé d'une massue, et me demandais comment elle avait pu savoir, une fois "piquée" (elle l'est donc restée !) si le médecin avait quitté la salle.

Ah, ces héros du billard ont toujours une anecdote...piquante à relater !

 

Elle : Quel âge avez-vous ?

Lui : 90 ans.

Chapeau, on lui en donnerait 70 à tout casser. (sans vilain jeu de mot !)

Elle : J'en ai 85.

Lui : Oh, vous ne les faites pas.

Elle : Mais vous non plus !

 

Ma parole, me disais-je, il la drague : il n’y aurait donc pas d’âge pour tenter sa chance, tout n'est pas perdu pour moi...! Je dois avoir encore quelques possibilités ! Courage !

 

Précisons que le rescapé du siècle répondait toujours aux questions de la dame par "comment, plaît-il" ?

Il en était de même pour l'amnésique peu séduite mais abandonnée, ce qui donnait une agaçante impression de disque rayé :

 

Elle : Comment va votre santé ?

Lui : Oh, très bien.

Elle : Quel âge avez-vous ?

(variante) - 89 ans, bientôt 90.
Lui : Vous ne les faites pas !

Elle : Vous êtes également très jeune !

Elle : il m'arrive de me faire livrer des repas à domicile, vous savez : ce restaurant au coin de l'avenue… et du boulevard…, ils sont très gentils...

Elle : Comment va votre femme ?

Lui : Oh, elle est décédée depuis longtemps !

- Ah bon ! ?...

- Cela fait plus de dix ans !

- Vous devez avoir des petits enfants !

- Je ne sais plus combien. (Ah, lui aussi... le même anesthésiste ? )

- Et votre maison de campagne ? (le bougre vient de si loin ? il conduit ?)

- Tout va bien...

- Vous faites votre jardin ? ( j'imagine ce vieillard à la face déjà très congestionnée tirant la langue en poussant sa tondeuse... )

- Oh, pensez-vous, j'ai un jardinier depuis 30 ans! De temps en temps il me confie sa note, et la pelouse est parfaitement entretenue. (Je pense aussitôt que ce fidèle serviteur doit être, après tant d’années, aussi bien entretenu que le gazon !)

Lui : Vous jouez toujours au bridge ?

Elle : Oui, c'est mon seul plaisir ! (…sans doute peu partagé par ses partenaires si elle oublie instantanément les donnes ! )

Lui : Vous étiez infirmière, je crois…

Elle : Oui, pendant 40 ans !

Pourquoi ce terme d’« infirmière » perdure ? On continue d’utiliser des termes archaïques, sans être curieux de leur étymologie, car il va de soi que c’était jadis un rôle attribué à des bonnes sœurs qui s’occupaient d’« infirmes ». Il ne pouvait y avoir, dans les hôpitaux, que des rescapés, infirmes, de guerres incessantes... On accouchait chez soi, quant aux autres malades, ils passaient directement du lit familial au cimetière !

 

Dans la hiérarchie, on a même assez récemment instauré le terme bizarre d’« aide soignante ». Soignante, certes, mais alors pourquoi le terme d’assistante chez le dentiste, au lieu de celui d’aide arrachante, plombante ou aspirante ? Ah, bien sûr, j’oubliais les « techniciennes de surface » dont le rôle essentiel consiste à passer l’aspirateur. Aide aspirante ! Les nourrices d’antan ont disparu, Dieu merci, on les auraient tôt ou tard renommées aides nourrissantes. Il y a, j’oubliais, l’aide comptable : comptante pouvant prêter phonétiquement à confusion. Les hôtesses d’accueil ne peuvent pas devenir soudainement « accueillantes »… Les hôtesses de l’air ne peuvent pas être "volantes". Les éboueurs des aides décrottant…

Ces réflexions firent arriver ma truite, quand soudain, à l’opposé de la salle, mon regard fut attiré par une curiosité quasiment indescriptible, sans la caméra d’un réalisateur digne de F. Fellini :

Une femme, d’origine certainement moyen-orientale, ou ayant fait carrière par là-bas (à des... faims militaires), très mûre, voire blette, trônait sous une palette de ravalement cosmétique, soucieuse de ne pas perdre sa polychromie, saturée de bijoux, le chef rehaussé d’une « pièce montée » constituée de moult chignons incroyablement agencés, de boucles et accroche-cœurs, fatal résultat d’une longue matinée de labeur pour aboutir à l’aspect d’un véritable sapin de Noël ! Si les objets inanimés ont une âme, je plains les miroirs ! Elle me lança une œillade... qui en demandait long !

(Le dessert attendra demain, il n'en sera que meilleur !)
               
                                                                        Jacques APPAR

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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 06:28

 


Dans le temps des humains régnait l'obscène

          Et les passions

     Chaque jour de la semaine

L'animalité riait gorgée de haine

 

S'endorme la vie et le malheur

La mort viendra avec douceur

 

Le vide et le néant désormais se font face

          Alors que tout

     Au fond du temps passe

Le froid illimité d'un univers de glace

 

S'endorme la vie et le malheur

La mort s'approche avec lenteur

 

Un cœur se tait tel un fleuve s'asséchant

          Hier n'est plus

     Ainsi s'enfuit le temps

Ainsi sont effacés trop de faux sentiments

 

S'endorme la vie et le malheur

La mort est l'ultime lueur

 

S'enfuient les jours et la nuit même

          Ce qui fut n'est plus

     Penser ou vouloir sont des blasphèmes

Qu'autrefois les humains croyaient obscènes

 

S'endorme la nuit et le bonheur

Et qu'à son tour la mort meure

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 06:45
La Porte de l'Enfer - 05  


                                                  06
 

Il aime ces quartiers sombres, ces rues hantées par le danger, du moins les voit-il ainsi, ces filles faciles, des hommes aussi. Cette ambiance lui convient mais en restant à la surface, pas question d’aller plus loin, de demander, il observe et jouit en silence. Il a oublié depuis quand il est impuissant, il a trouvé d’autres plaisirs, plus personnels, mais que tous, il le sait, apprécieraient, s’ils l’osaient.

Ils ne les évoque qu'avec ses... amis n'est pas le mot, non, ses semblables. Il préfère soliloquer, sourire qu'un témoin imagine la source de sa satisfaction. Ses paroles le conduiraient dans une cellule aux murs doux et blancs, il y serait bien pourtant, comme…

Secrets qu’il se murmure la nuit venue, dans un silence de caveau, quand il caresse ces murs devenus ses amis depuis le temps qu’il leur parle, ses confidents en cherchant comment aller plus loin ? L’action est une fuite devant l'ennemi qui le suit, prêt à lui sauter dessus pour lacérer son esprit et le jeter aux chiens ou aux rats.

Son père lui en parlait, soulignant que ces doctes animaux feraient un détour pour éviter des restes qu’ils jugeraient insupportables.

Conduisant il sourit, tuer son père fut son premier crime, le plus important. Celui qui lui fit prendre un autre chemin, si peu à l’écart que nul jamais ne constata la distance qu’il prenait.

Il ne vit pas en ermite, le monde est sa jungle et la finance une arme qu’il connaît bien, un sens particulier de la prédation le fait bondir sur les meilleures affaires, prendre des risques et gagner gros, ceux qui se trouvent sur son chemin n’y restent pas longtemps, une façon de tuer légale, plaisante, moins que l’autre. Sa préférence à lui...

La nuit est avancée, rentrer, mettre son pyjama, se glisser dans son grand lit où l’attend sa vieille peluche, souvenir d’enfance qu’il peut prendre dans ses bras. Quand il était petit il pouvait pleurer mais seule la peluche s’en souvient.

Au passage lui revient son engagement de faire porter un chèque à une association locale pour l’aide aux animaux, il le fera, il les aime, tous, sauf un, ou autrement, pour jouer.

Jamais il ne vécut dans une autre maison que celle qu’il retrouve avec plaisir, un héritage du côté de sa mère. Les domestiques viennent la journée, repartent en fin d’après-midi, il est seul avec ses ombres.

Sa mère est morte, il a conservé le mannequin qui la représentait, le tailleur pouvait sur ce dernier faire les essayages avant qu’elle ait à passer la robe qui lui plaisait. Un mannequin sans tête ni membres, un détail qui expliquerait certains de ses goûts…

Au moment de s’engager sur la voie privée menant à son habitation un homme se jette devant sa voiture, c’est tout juste s’il a le temps de freiner en jurant, le bonhomme passe, fait un geste pour s’excuser, tu parles ! Il aurait suffit d’un petit coup d’accélérateur, il aurait pu se tromper de pédale, le réflexe fut plus fort.

La porte du garage s’ouvre en silence, il engage sa voiture, deux autres sont déjà là attendant son bon vouloir.

Il descend du véhicule, n’a pas un regard pour la porte qui se referme, il a tant à faire, de souvenirs à retrouver, aussi ne voit-il pas l’ombre se dégager de sous sa voiture et le suivre.

Son plaisir est toujours grand de replonger dans ce milieu, de connaître les secrets des coins d’ombre, des voix, des cris et des menaces, un goût d’émotion dont il ne supporte plus la réalité, ainsi sa haine subsiste-t-elle. Il puise dans son passé le désir d’un présent selon ses désirs, mélangeant argent et souffrance au point que le premier semble là pour que l’autre ne domine pas tout, pas encore.

L’épaisseur des tapis lui permet de marcher pieds nus, le temps de se changer, de se servir un verre d’eau gazeuse, il ne supporte pas l’alcool, manque d’habitude, il entend conserver ce qu’il croit être sa lucidité et qui n’est qu’une toile peinte qui veut singer la réalité.

Une silhouette glisse dans les couloirs comme chez elle, écoute la musique qui court le long des murs pour remplir l’espace et chasser les souffrances qu’un enfant déposa partout comme un chien qui marque son territoire en urinant dans tous les coins.

Depuis quarante ans le décor n’a pas changé, choisi par sa mère, tapisseries, bibelots, la couleur des lambris, la taille des miroirs, pas un détail laissé au désir d’un autre. Debout au centre de la pièce résonnent encore les insultes mordantes que son père lâchaient sur lui. La statue de bronze était une invite... Sa mère descendant l’escalier à cet instant découvrit la scène et se mit à rire. Ne sortant jamais elle n’avait que cela à faire. Elle s’approcha pour passer la main sur le crane comme on caresse un bébé dormant, le sang salit ses doigts mais le goût ne lui déplut pas !

Ils étaient si complices et elle aimait tant le goût de cette liqueur rubis, elle ne demandait rien mais ses grands yeux noirs étaient expressifs. Il prenait le rasoir, quelque gouttes qui la ravissaient.

Elle est morte depuis longtemps, parfois il doute, et si elle avait été enterrée vivante ? Cela avait débuté une semaine après l’inhumation, il était encore temps. Le cimetière, le caveau, le cercueil sombre, rien de plus facile que de l’ouvrir, de regarder, elle comprendrait.

La peau avait perdu sa jolie couleur, les lèvres s’étaient rétractées en un hideux sourire, une face toujours belle derrière les boursouflures, malgré les frémissements des paupières sous l’action des vers. Les yeux disparaissent vite, un mets délicat, n’est-ce pas ?

Elle était morte, cependant le doute revint, s’était-il trompé, abusé par les circonstances et l’émotion il devait vérifier.

L’action de la mort est à sens unique, au fil de ses visites il en suivit le développement, comment les chairs fondent en exhalant une odeur qu’il apprit à aimer, les couleurs de la corruption, les nodosités sur la peau, un contact étrange mais doux et rassurant dans un tel silence.

Il vit s’effondrer l’abdomen, les côtes saillir, il vit la bouillie infâme dont se gobergeaient de jolis vers translucides, il en prenait sur ses doigts, découvrait leur affolement d’arpenter un univers chaud et palpitant, il aurait apprécier de les voir pénétrer son corps, de les sentir grouiller… Mais non, il sourit, l’image est folle, folle…

Lui ne l’est pas, non, il le sait et se le répète sans cesse.

Nulle part n’apparaît la photo du père, un seul portrait dans la maison, unique visage, magnifique tableau dans le salon face à un miroir immense, ainsi sa mère peut-elle l'observer facilement. Il n’est jamais vraiment seul, tant de doux moments sont à revivre, des secrets qu’il évoque rarement pour lui même. Chut ! Seule la peluche sait, elle qui était déjà là quand sa mère le serrait contre elle, quand elle utilisait son corps, quand elle s’ouvrait en gémissant à son bras, qu’il frappait en elle, fort, plus fort, toujours plus fort.

Trop fort un jour ! Elle le voulait, le suppliait, mourir de plaisir.

L’arrêt de la musique le fait sursauter, ce n’était que le troisième mouvement, c’est cette saloperie qui…

Cet homme en noir est anormale, il le sait… Il n’est pas fou, pas fou. Une hallucination, le poignard qu’il tient est irréel, impossible.

- Que voulez-vous, qui êtes vous ? Un fantôme ? Je ne crois pas en vous, vous ne pouvez rien contre moi, rien… Une illusion, une …

L’ombre s’avance, un mouvement du bras, le poignard traverse les vêtements, effleure la peau. Le blessé recule, refuse. Fuir, il doit courir, mais où, que faire, personne n’est là pour le lui murmurer, seule cette griffe d’acier lui parle. Il supplie, ce n’est pas lui, ça ne se peut pas, un enfant est innocent n’est-ce pas ? Innosang !

Il ne sait pas se défendre et pleure, gémit de sentir la lame courir sur son corps, dessiner un cercle rouge sur ses cuisses, sur ses bras, comme il aimait à le faire. Mais lui ne se contentait pas de cela.

Caresse sur la gorge, une chaleur brusque, le froid ensuite, il ne comprend pas, il ne sait plus, mais il n’est pas seul, sa mère lui sourit, elle promet le réconfort qu’elle seule savait lui prodiguer.

S’effondrant il murmure pour la première fois : Maman…

                                        * * *

Il frémit de joie quand ils s’approchent, en chacun il restera, il fait corps avec eux, bientôt ils seront un seul être, forme prête à recevoir Celui qui revient, Celui qui, venant de l’Aube des Temps, en marquant la fin, incarnera l'Éternité.


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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 06:42
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 05:38






























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Publié par Lee Rony - dans J'ai entendu
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 06:15
Quelques citations d'Alfred JARRY, auteur caché dans l'ombre de son personnage principal :

Les accidents de métro, chemins de fer, tramways, etc..., ont ceci de bon, comme les guerres, qu'ils éclaircissent le trop-plein misérable de la population.



 

Je ne comprend pas qu'on laisse entrer les spectateurs des six premiers rangs avec des instruments de musique.

 

L'amour est un acte sans importance, puisqu'on peut le faire indéfiniment. 
 

Dieu est le point tangent de zéro et de l'infini. 
 

Les femmes mentent par le chemin des écoliers. 
 

Il faudrait dans le Code Civil, ajouter partout "du plus fort" au mot loi.

 

La plus noble conquête du cheval, c'est la femme. 
 

L'homme et la femme croient se choisir... comme si la terre avait la prétention de faire exprès de tourner. 
 

"Dieu en vain tu ne jugeras" est la seule courtoisie valable ; il est ridicule de cracher sur son miroir.

 

Les vieillards il faudrait les tuer jeunes.

 

L'indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres. 


 

L'eau, liquide si impur, qu'une seule goutte suffit pour troubler l'absinthe.

 

La liberté c'est de n'arriver jamais à l'heure.
 
 

L'oubli est la condition indispensable de la mémoire.


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Publié par Lee Rony - dans Divers
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