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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 06:31

Finalement ma façon de vivre ne me vaux rien.

 

Mon œuvre sera le linceul de ma mort.

 

Qu'ai-je à m'avouer que je ne puisse le faire franchement ?

 

J'ai assez de forces pour me passer de la faiblesse des autres.

 

Bientôt les enfants naîtront sans fil.

 

Je suis un ogre d'âmes.

 

Le monde chrétien par rapport au monde grec c'est la morale étouffant la pensée.

 

J'aime le plaisir, pas la satisfaction.

 

Consommer du savoir ne prouve pas l'intelligence, au contraire, le vide fait aspiration.

 

L'expérience est un limon rarement fertile.

 

Ce que je dis est clair, c'est vous qui ne l'êtes pas.

 

J'ai un cerveau en état de course.

 

Le Diable, lui, a du goût.

 

Nul ne voit la lumière sans en être assourdi.

 

La drogue donne l’illusion de l’éthernité.

 

Laïcité n’est pas l’opposé de Spiritualité, Religiosité n’en est pas le synonyme.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 06:28
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Publié par Lee Rony - dans Divers
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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 06:21
La Porte de l'Enfer - 08

                                                  09

A cette heure le temple est encore vide, bientôt quelques fidèles se présenteront, depuis un certain temps il y en a davantage, la vie sait montrer la bonne direction pour qui ose la reconnaître.

Le pasteur est à l’aise dans son rôle, il regarde les chaises bien rangées et sourit sans trop ouvrir la bouche, il risquerait de révéler ses crocs. Elles paraissent vides, pas pour lui, chacune est occupée par un spectre, une assemblée terrifiante que seul son regard perçoit.

Ses victimes.

Cet enfant aux yeux si confiants, cette femme heureuse de trouver un homme qui l’écoute, ce vieillard près de la fin… Et les autres, tant de morts sans tombe, décédés dans d’atroces conditions, prisonniers, par leur malédiction, d’un monde de peines sans fin.

Cette adolescente, encore une enfant, près d’accoucher, elle crut trouver avec lui un réconfort que nul autre ne pouvait lui apporter. Elle n’a pas compris quand il l’a frappée, quand son ventre fut secoué de spasmes, quand la douleur se présenta et que les mains du pasteur refermèrent ses cuisses jusqu’à ce qu’un petit cadavre en sorte dans un flot de sang malodorant et vicié.

Il ne peut rire à chaque évocation, imperturbable, rassurant. Derrière la façade son âme se vautre dans un charnier et y prend plaisir.

L’Enfer dont il fut menacé si souvent est dorénavant son domaine, lui qui ne croit en rien, qui ne connaît que la douleur et le dégoût, lui qui ne peut voir de la vie que le plus sinistre aspect, le sien.

Il soupire de satisfaction, ces murs de pierres sont ses complices, quel dommage que les vitraux ne puissent représenter les scènes qu’il souhaite. Peu importe, il voit, il sait, il se souvient, les cris d’un enfant torturé sont plus beaux qu’un chant religieux. Ils sont une laisse plus solide avec un maître dont il devine l'haleine soufrée, dont il entend les sabots martelant un sol vivant, dont la voix résonnera bientôt à ses oreilles pour une ultime malédiction.

Pauvres moutons destinés à l’abattoir sans pouvoir l'admettre. Lui sait ! Le plaisir de mentir est son obole, sa portion congrue dirait-il s’il était cultivé, ce qui n’est pas le cas.

Tout va bien, le besoin de détruire revient, mais pas question de céder à la tentation trop vite, le risque grandit avec la multiplication des victimes, le plaisir croît d’être contenu

Catholique il se confesserait à un confrère et s’amuserait de la réaction de celui-ci. Un plaisir qu’il ne connaîtra jamais.

Personne n’est innocent, personne n’est exempt du péché originel, son père le lui a dit un million de fois, lui reste la certitude qu’une vie devant s’achever un jour il n’est pas interdit, sinon aux yeux de lois superflues, de raccourcir le délai. Il obéit, lui n’a pas de volonté, pas de désir, s’il prend plaisir à ses actes c’est par intelligence, s’il en souffrait il serait une victime supplémentaire sans que rien n’en soit modifié pour les autres. Le doigt griffu du destin griffa son front, au milieu. Ainsi, dit-on, Lucifer portait-il à cet emplacement l’émeraude dans laquelle fut taillé le Graal.

Sa vie est jonchée de cadavres, pauvres hères voués par le destin à sa satisfaction. Chair et sang dont ses mains surent que faire.

Son père le lui disait quand il l’attachait avec du fil de fer barbelé, quand le moindre mouvement était une torture, quand la fatigue lui interdisait de tenir debout, jusqu’à ce qu’il apprenne que le vrai plaisir était là. Qu’il regarde l’auteur de ses jours avec l’amour que ce dernier méritait pour lui avoir révélé cette vérité première, et unique. Aucune autre n’existe, aucune !

Ses paroles portent, ses mots qu’enfle le mensonge volent d’esprit en esprit, laissant en chacun une marque indélébile, l’inspiration se saisit de lui, les fils se tendent et le déchirent. Plus jeune il a voulu comprendre. Vouloir est bien, réussir ne lui fut pas permis, le monde réel est une illusion, il le sait maintenant, seul le sang est pur.

Ses pensées l’embarquent trop loin, se retenir, rouvrir les yeux, se suffire de ce qu’il voit, c’est bien le calme, la paix, apparente.

La lumière est douce, l’avenir tendre et glacé comme la mort.

Un pas, la porte qui claque, un fidèle vient prier, un pauvre homme qui ne corrigera jamais ses erreurs, qui jamais ne saura se tenir droit dans le vent de l’infini qu’il est seul à percevoir.

Se trouvera-t-il un jour quelqu’un qui entende ses suppliques ? Il ne veut de mal à personne, seulement leur murmurer qu’accepter le supplice est l'unique rédemption possible, alors tout ira bien, tout. Aucun ne comprend, tous ont peur, supplient d’être épargnés, alors qu’il leur apporte le salut, pourquoi sont-ils si stupides ?

Un bruit de chaise sur la gauche, c’est étrange que personne d’autre ne soit encore là, il y a des habitués, ces formes n'ayant de consistance qu’en se mirant dans le vide de croyances illusoires.

Une curieuse impression le fait se tourner vers la gauche, le regard qu’il croise le fait sursauter et frémir. Non ! Ce n’est pas lui, c’est impossible, il est… Mais justement, il n’en sait rien, rien.

Paralysé il voit se relever l’homme, s’approcher… Courir, s’enfuir… Pourquoi, pour aller où ? Il ne peut pas, il ne sait plus, déjà il n’est plus dans le temple, les murs magnifiques ont disparu, s’approche l’homme qu’il aimait tant. Des choses bizarres coulent sur ses joues. Des larmes ? Ainsi c’est cela, cette douceur qui lui fut interdite.

Il tend les bras vers celui qui vient, sa joie fait peur à voir. Comme dans un film le ciel s’obscurcit, le choc est violent, l’obscurité est celle d’une cave. Comme avant, il apprit à y puiser sa force, sa sérénité, maintenant il y découvre l’émotion, jamais auparavant… Mais qu’importe le passé, il sait l’avenir, le voit, l'accepte.

L’homme s’arrête, non ! C’est impossible, pas maintenant, ! Un éclair métallique qui ne retombe pas. Pourquoi papa ? Pourquoi retenir le coup ? Comprendre, savoir, comment demander quand jamais le permission ne vous fut accordée d’interroger ?

Deux regards se cherchent qui ne se trouvent plus, le couteau retrouve sa place astucieusement dissimulée dans une poche, l’homme qui le tenait sait que s’en servir serait délivrer. Il s’en va.

Le hurlement dans son dos ne le fait pas ciller, il marche, confiant, les spectres se lèvent et s'approchent de leur bourreau, leur échapper est impossible, l’âme en quête de pardon est capable de s’imposer toutes les souffrances.

Avant de s’éloigner il ôte le panonceau indiquant que le Temple est fermé, pour raison de santé…

                                        * * *

La température est amniotique, rassurante. La violence que la ville a éprouvée rapproche les gens, enfin ils admettent que s’entendre est utile et qu'autour du terrain qu'ils occupent rôdent des adversaires dont ils ignorent tout. Le prix à payer semble élevé, son effet va s'estomper. Les policiers le savent, l’hydre du crime ne se laissera pas abattre au contraire, lutter contre elle la renforce, une tête tranchée en fait apparaître deux, elle permet de tricher, de refuser de comprendre, de penser en se perdant dans l’action et la peur.

Les trois hommes discutent, une enquête est souvent ainsi, comprendre ce qui s’est passé au lieu de courir dans tous les sens, percer les secrets de la situation pour la renverser, admettre sa propre peur devant l’inconnu menaçant, non pas d’une arme mais par un comportement moins étranger à soi qu’on le voudrait.

En un temps où tout est spectacle le dialogue se réduit, l’image l’emporte, violente pour cacher sa signification. Tout est logique. Effrayant l’esprit qui prenant le temps de considérer la réalité l’intègre et s’y retrouve.

Diatek imagine ce que ferait la justice de l’enquête qu’ils mènent, comment les avocats utiliseraient les faits, arguant d’une menace étrange, du droit à chacun de disposer de lui-même, après tout s’offrir en plateau-repas n’est pas interdit même si cela peut donner des idées à d’autres.

C’est fait pour. Quoi que…

Parfois les mots se perdent, les fronts se plissent, les bouches commencent des murmures morts avant d’être phrases, pensées. Le commissaire est persuadé que le lieu a été choisi, l’ouest de l’ouest, un pays gorgé de sang et affamé de violence par la peur. Le moment était idéal et le pire reste à venir.

Symbole pensa-t-il ? C’est le mot, même inscrit dans la réalité. La fin du dix-neuvième siècle semblait une époque de certitude, la science avait réponse à tout, la suite prouva que non, ceux qui croient au progrès se forcent, ceux qui regardent ailleurs préfèrent ne rien voir.

Craint-il pour lui par ce qui l’attend, par sa responsabilité, est-ce la folie qui l’emportera ?

Ce serait trop beau ! Il la sentit l'étreindre, l’envie de lui céder faillit l’emporter. La réalité fut d’une beauté si cruelle qu’il ne put l’oublier.

Retenir les ombres, les souillures, lui qui se plut à se parer d’abjection les sent l'abandonner, les rats quittent le navire alors qu’il peut se remettre à flots, ce serait bien de lui, jamais il ne sut agir comme les autres.

La nuit est fraîche, elle paraît brûlante en regard de la précédente, soixante degrés de différence. Les plaies se pansent, les corps se retrouvent, beaucoup trembleront encore quand le jour reviendra.

Tous auraient pu mourir en une fois, faire durer le plaisir est vicieux.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 06:18
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 06:06

          Les levers étaient durs par les matins d'hivers,

 

          Je n'avais pas envie d'affronter les frimas,

 

          Mais il le fallait bien, la vie est un combat,

 

          Répétaient mes parents en guise de prière.

 

 

 

          J'ai maudit le patron, la cadence infernale,

 

          Qui me tordait les bras dans un tel tintamarre,

 

          Que penser même était devenu cauchemar,

 

          Le temps me dissolvait, terrifiant cannibale.

 

 

 

          Des amis je me fis, compagnons de labeur,

 

          La camaraderie dans la difficulté,

 

          Trouve ainsi un terrain où pouvoir s'exprimer,

 

          Et l'usine cessa d'être source de peur.

 

 

 

          Ma machine devint une partie de moi.

 

          Je n'avais pas compris que c'était le contraire,

 

          Mon corps et mon esprit se noyaient dans le faire,

 

          J'étais bien, j'étais rien, affirmant : C'est mon choix !

 

 

 

          Un autre matin vint semblant pareil aux autres,

 

          Nous étions plus de cent devant la grille ouverte,

 

          Moutons pressés d'entrer dans la gueule aux dents vertes,

 

          D'accomplir ce destin que je sais être nôtre.

 

 

 

          Le portail ricana, nous nous précipitâmes,

 

          Trouvant les bâtiments, des hangars aux plateaux,

 

          Vidés totalement, plus de presses, de bureaux...

 

          L'absence devant nous semblait rire de nos âmes.



 

 

 

          Nous étions stupéfait avant que la colère,

 

          Soulageant notre effroi ne s'empare de nous,

 

          En vain évidemment, debout ou à genoux,

 

          Devenus superflus, la vie restait derrière !

 

 

 

          Désormais les matins ont un goût de sueur.

 

          Chaque chose a son prix mais je crains que le mien,

 

          Infinitésimal, soit à un poil de rien !

 

          Je suis un numéro dans le flot des chômeurs.


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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 06:16

Le temps (1/2)


Marquer un "temps d'arrêt" peut devenir tragique :

- Avec le temps, "on l'oubliera vite", "il était si plein de vie", "il a fait son temps"… toutes ces conneries que l'on sort aux enterrements ! Notre regretté Raymond Devos demandait à son public :

- Avez-vous déjà observé une minute de silence ?

On vient de l'éternité pour y faire un bref séjour, et, ironie du sort ou petit jeu mesquin du temps, on y retourne illico, pfuittt, le temps d'une "vie"…

Avec ou sans sablier, comme pour le sasser, on "passe" le temps, du temps, son temps en oubliant hélas que le temps, lui, passe réellement ! On passe souvent du temps à ressasser...

On le passe, mais on veut se l'approprier malgré son caractère insaisissable :

On prend le temps, du temps, son temps : à chacun le sien.

Mais il est malin, le temps : il nous échappe tôt ou tard, c'est alors qu'on perd son temps !

Les plus malins en gagnent…

On gagne du temps, et l'on peut carrément gagner sa vie (en attendant de la perdre !) et ça peut prendre du temps (souvent à ne rien faire !). Certains la gagnent bien, tant mieux, d'autres mal, tant pis, mais tout un chacun finit par la perdre !

Justement, beaucoup la perdent en voulant gagner du temps…alors que d'autres la gagnent en en perdant. Jésus, Roi des juifs, ne perdait pas son temps puisqu’il était un Sire concis…

On a souvent la prétention de vouloir rattraper le temps perdu !

Un libraire grenoblois voulut forcer le destin en baptisant son négoce, place Victor Hugo : "Au temps retrouvé". Après sa fermeture, le magasin ne connut jamais de repreneur…

 

On le quantifie depuis la nuit des temps :

- Un bon bout de temps (il n'aurait pas de mauvais bout, le bougre ?).

 

Un adage britannique voudrait que le temps soit de l'argent, ("time is money"). Mais alors, pourquoi tant de vieillards dans la misère ? Combien ont-ils gagné de l'heure ?

 

Comme je le disais plus haut, on lui prête de nombreuses épithètes :

- Bonne année !

- Nous avons peut-être quelques bonnes années devant nous…

- Qui n'a passé une bonne heure épouvantable, quelques petites minutes agréables ?

Un "bon moment" n'a rien à voir avec de "bons moments".

- Il serait grand temps ! Tiens, il n'y a pas de petit temps, seulement quelques courts instants…

Il est en revanche de "grands moments" par opposition à la fameuse expression :

- Je reviens dans un petit moment.

C'est ainsi que l'on peut rencontrer des temps forts.

Mais le temps, c'est également presque rien : en peu de temps, en un rien de temps. C'est tout et rien :

- On a le temps, on a même "tout le temps" !

On s'est jadis battu durant trente ans, et même cent ans. Aujourd'hui, les athlètes s'affrontent dans les stades ou sur les pistes enneigées pour quelques centièmes de secondes. O tempora, O mores, les temps nouveaux ne sauraient ressembler aux temps anciens ? le temps change ! Merci Monsieur Chaplin pour vos "Temps Modernes".


Mais change-t-il vraiment, puisque reviendra toujours le "temps des cerises" ?

 

Le temps ne chôme pas grâce à "l'emploi du temps". Ce veinard de temps trouvera donc toujours un emploi, mais l'on se demande alors comment il devient chômeur tant sont nombreux ceux qui ne savent l'employer !

D'autres qualificatifs peuvent encore prêter à confusion :

- Il travaille à temps complet (le pauvre !)

- Elle travaille à temps partiel (quelle chanceuse !)

Meurtriers dans l'âme, il nous arrive si souvent de vouloir tuer le temps : c'est ainsi que l'on créé des temps morts… et certains chassent pour tuer le temps !

Le temps danse. En Albion , le temps "go" ! On l'immortalise par la photo, le cinéma (l'heure "tourne"), chez les marchands de CD : temps-dis-que …

 

Ceux qui nous promettent l'Éternité n'ont jamais songé à ces voyages intercontinentaux où les fuseaux horaires nous font gagner X heures à l'aller et en perdre autant au retour :

Si l'on peut gagner huit heures en traversant tel océan et en reperdre huit autres en revenant au point de départ, en "temps réel" on gagnera un "temps fou" puisqu'il sera toujours la même heure !

Louons vite un avion, aménageons-y un charmant loft : notre temps sera figé pour toujours et le "tour" sera joué ! La belle éternité que voilà : Lamartine en eut jadis l’intuition en interpellant si joliment l'éternité :


                                                    Jacques APPAR 

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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 06:10

Les humains cherchent depuis toujours à se positionner dans l'infini.




L'infini, c'est tout ou rien, voilà tout !

Ils ont voulu concrétiser l'angoissant concept d'éternité en imaginant la notion de temps, laquelle, sans début ni fin, nous parait inconcevable.

Quelle heure est-il donc ?

A quoi bon "demander" l'heure, puisqu'au moment même où l'on vous répond, ça n'est déjà plus l'heure ! Évidemment, il se passe encore plus de temps lorsque vous êtes en droit de rétorquer :

- Au moment où vous me l'avez demandé, il était… heure !

Peut-être vaudrait-il mieux que vous formuliez votre requête de la manière suivante :

- Quelle heure sera-t-il quand vous me la donnerez (mais faites vite !) ou tout simplement quel leurre est-il ? …

 

C'est ainsi que des gens très futés, ayant compris notre incapacité à vivre dans le présent, font payer bien cher leur anticipation sur l'avenir. Ils se disent "voyants" !

Dès l'enfance, on nous apprend à décomposer le temps :

- J'ai eu tout le temps, si j'avais eu le temps, j'aurai toujours le temps, encore eût-il fallu que j'eusse le temps, quand bien-même j'aurais eu le temps…

Sans cesse à la recherche d'une définition, on a donné au temps d'incroyables épithètes et synonymes.

Il fallait bien que cette éternité fût matérialisée par une chronologie…

Sans jamais parvenir à connaître ce qu'il y eut avant, on a déterminé des âges.

- Quel âge a Pierre ?

- L'âge de pierre… ?

- Mais non, Pierre, avec un grand P ! (consonance trompeuse !!!)

- L'âge de raison…

- Et son père ,

- L'âge de déraison…

- Et son grand 'père ?

- Il n'a plus d'âge.

On a voulu « classifier » des « ères » :

Primaires, tertiaires, quaternaires. Mais qu'y eut-il avant l'ère primaire ? Ha , ha !!!

De quoi avons-nous l'air ?

 

- Avez-vous vu le temps qu'il fait ?

- Vous en avez mis du temps !

- Quel temps de chien ! (pauvre bête !)

Par "gros temps", il arrive que le temps pète ! Ça doit être ça, l'air du temps !

Et, me « bottant », je m'esclaffe :

- Quel « beau temps » !

En musique, il est pluriel : on compte les temps.

- J'ai trouvé le temps long.

- Vous l'avez bien cherché !

Eh oui, le temps ne parait long que dans l'attente ou l'ennui.

Le temps-dresse son implacable horloge : tant d'heures ! Qui donc fera le temps… plier !

Qui inventa montres et pendules, maudits instruments de démesure nous informant qu'il est grand temps, qu'on n'a plus le temps, qu'il serait encore temps, mais pour combien de temps ? le temps-dû…


Je me rappelle ma petite enfance où un satané réveil au tic-tac insupportable retardait mon sommeil. Sans oublier la grande horloge de ma grand-mère, instrument agaçant qui martelait les heures avec son carillon du plus mauvais goût : "sol-si-la-ré, sol-la-si-sol…si-sol-la-ré, ré-la-si-sol : bing, bing, bing, bing" (Ah Westminster !!!)… Que dire de son rival le "coucou", grotesque illusion de Forêt Noire ?…

Voilà comment on entre dans la vie, bombardé par le rythme lancinant du temps !

J'allais oublier l'horloge "parlante". Référence entre toutes, elle prétend vous donner "l'heure exacte", comme s'il y avait des heures fausses !

- Au troisième top, il sera exactement : pan, pan, pan !

Comme il est périlleux de régler sa montre, pile au bon moment ! le temps passe si vite !

 

Les courses incessantes contre la montre nous stressent : le temps tend !

"Avec le temps, tout s'en va" disait Léo Ferré.


Lorsqu'il m'arrive encore d'examiner mon portrait dans un miroir, je m'esclaffe :

- Tu vois vers quoi le temps t'accule ! Et pourtant, au "bon vieux temps", lorsque j'étais "jeune", on a prétendu que je fus "tentant"…

De nos jours, on essaie de gommer les rides sans pour autant parvenir à effacer le temps.

Eh oui, le temps tale ! (méfiez-vous, Mesdames : le temps perd amants !) . Il est donc indécent de leur demander "comment talez-vous ? "… A moins d’user de chirurgies soi-disant esthétiques, et encore ! Notons à ce sujet l’anecdote de ce plasticien, pour une fois honnête, qui refusa catégoriquement de procéder, pour la dixième fois, à un lifting sur l’une de ses patientes récidiviste :

- Mais, docteur, je vous donnerai un million d’euros s’il le faut !

- Non, Madame, car cette fois vous aurez une barbe… et vous saignerez du nez tous les mois !!!!!!!

On peut répondre naïvement et sans prendre garde à la très fréquente question (dont on n’a rien à f… en général) : « comment allez-vous » ? :

- Oh, tout doucement, le temps passe tellement vite ! Voire :

- J'irai droit au but, je vais complètement de travers !

                                                    Jacques APPAR

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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 06:24
La Porte de l'Enfer - 07

                                                  08

Les débris de verre craquent sous leurs pieds, la désolation est immense et n’a épargné aucun quartier, un point positif, même les riches n’ont pas résisté. La catastrophe fait accourir télévisions et journalistes, curieux et spécialistes pour montrer ou expliquer.

Rester là est inutile. Il y a dans les véhicules chargés de cadavres l'évocation d'un passé lointain autant qu'européen, quand six siècle plus tôt des charrettes pliaient sous le poids des victimes de la peste.

Diatek s'interroge sur ces fléaux anciens et leurs vraies origines.

Le spectaculaire est un appât, une façon de mettre une chèvre à un piquet pour faire venir les tigres Il sent cela et appréhende un avenir s’assombrissant sous un ciel de plus en plus clair, il ne manquerait plus que la température parte dans l’autre sens, il ne resterait qu’une ville morte à jamais désertée.

Il le pense au conditionnel pour se rassurer.

La catastrophe sera vite un souvenir, la mémoire met les mauvais dans sa poche avec un mouchoir dessus. Mais certaines sont trouées.

Ils se retrouvent chez le capitaine, lequel a envoyé sa femme dans sa famille, à l’abri. D’un autre côté il n’a pas envie de rester seul, autant garder à d’œil celui par qui le danger peut surgir et/ou disparaître. Il regrette de se l’avouer, il en restera là, mais il sent sa faiblesse dans une situation insaisissable. Diatek seul a les moyens d’apprécier la situation pour la résoudre, lui n’est qu’un capitaine nourri aux hamburgers et tétant la plate mamelle d’une civilisation moribonde.

Autour de la table circulent des alcools forts, autant en profiter. Ils parlent de tout et de rien, surtout de rien, le sujet le plus vaste qui soit. Le monde, les États-Unis, son déclin impossible, pour le capitaine, déjà bien avancé pour les Français, ils sont, par conséquent, d’accords, mais pas question de l’avouer, chacun défendant son camp avec acharnement, où serait le plaisir en constatant qu’il n’y en a qu’un ?

Les mots reviennent sur la ville, ce qu’elle représente, les sourires régressent, les yeux émettent des lueurs d’inquiétude, la lucidité menace, autant se resservir, pas plus haut que le bord.

- Le danger vient par où on ne l'attendait pas, notre ligne Maginot le prouva, la réalité frappe et vous détournez le regard.

- C’est notre problème.

- Faites-en un pendentif, reproduisez-le sur vos dollars, le pognon est votre vrai dieu, le Veau d’Or est d’un papier épais et verdâtre. Votre flambeau ne parvient pas même à éclairer les murs de votre caverne. Le monde est ainsi et c’est vous qui l’incarnez le mieux, si j’ose dire.

- Nous sommes des primitifs, je sais.

- une leçon apprise mais pas comprise n'apprend rien. Je te souhaite la malchance de survivre à celle qui nous sera donnée.

- C’est gentil. Nous reconstruirons ce qui fut abattu

- Pourrez-vous relever les esprits mis à bas et retenir ceux suivant celui qui les mènera vers le gouffre.

- Et ça t’embête ?

- Non, au contraire.

La sonnerie du four mit fin, opportunément à une conversation menaçante, l’odeur était agréable, ça changeait !

                                        * * *

Dans le parc immense patrouillent une dizaine de chiens féroces, ils sont là afin que le propriétaire de la superbe maison ne soit jamais dérangé, un personnel moins canin, en apparence, fait disparaître les restes des repas non prévus.

Demeure superbe, hauts plafonds, parquets brillants, lambris nourris à la cire, décor quasiment vide. Tranquillité, dépouillement sont les désirs du maître des lieux, jamais deux sans trois dit le proverbe mais du dernier il parle rarement.

Cette vie lui plaît. Un univers fluctuant, l’absence d’obligations visuelles lui permet de voir les meubles qu’il désire, les tapisseries qui lui plaisent, ainsi sort-il de son cadre réel pour arpenter tel ou tel palais antique, caresser une colonne adoucie par les siècles, observer une plaine devenue bidonville. Il ne vécut pas toujours ainsi mais gagna les moyens de modeler sa vie sur ses rêves. Poussé par l’obligation de réussite il utilisa les moyens adéquats, fit preuve d’une promptitude rare pour saisir une bonne affaire, une caractéristique rassemblant certaines personnes même hors du cadre professionnel. Une partie du toit est un dôme de verre sous lequel il s’assied, se recule, observe l’univers, espère que son esprit, attiré par les grands espaces, oubliera sa réalité. Sa déception est à chaque fois immense, son besoin de se distraire, lui, aussi impérieux.

Tuer est sa troisième passion !

Fou ? Ce mot a-t-il une signification ? S'interrogeant il conclut qu’il pouvait l’être mais, ce terme désignant un comportement différent du normal, ce terme lui plut. Il la cultiva. Un cadavre nourrit fort bien le sol. En premier lieu celui du délire.

Le chien traverse la clairière en courant, ses muscles frémissent de joie, ses babines se retroussent. Il a senti un intrus, le souvenir du sang agite sa mémoire et accroît le flot d’hormones circulant dans son corps, sans s’expliquer cela, à quoi bon, l'animal n’est pas idiot au point de tout réduire à ce qu’il peut comprendre. Il sait, cela suffit.

Une silhouette devant lui, il accélère, grogne de satisfaction avant de tourner autour de l’homme en gémissant de plaisir, prêt à tout pour quémander une attention, oublieux déjà de son désir mortel.

L’arrivant le caresse entre les oreilles, il adore ça, une main secoue son museau, regard contre regard, complicité de fauves.

Les autres canidés arrivent, tous heureux, prêt à suivre cet homme qui leur ressemble tant.

                                        * * *

Allongé sur une natte l’homme paraît dormir, il n’en est rien, il voyage, retrouve des décors aimés, des souvenirs qui tordent son visage, un tic agite sa paupière gauche, le reste de son corps demeure immobile, pas de gaspillage, ses forces sont précieuses, il entend les gérer, espère les faire durer.

En vain.

Il perçoit d’autres bruits, des sons interdits, le piétinement de pattes, sortir de sa torpeur est pénible, est-ce vraiment nécessaire ?

Il sent les chiens avant de les découvrir, leur odeur est insupportable, lui qui apprécie les fragrances de charognes ne supporte pas celles de la vie. Ouvrir les yeux, hurler après ces infects animaux qui n’ont rien à faire là, et s’en prendre à l’imbécile qui les fit entrer alors que c’est interdit sous peine de renvoi immédiat.

Dans le meilleur des cas.

La lumière le blesse, sa main cherche l’appareil d’appel. Il était là… Il… n’y est plus. Autour de lui les chiens sont rassemblés, goguenards devant cette chose qui hurla des ordres si longtemps, s’étonnant eux-même de l’avoir accepté. Comment peut-on être si… Si humain !

La forme debout le fait sursauter, ce visage, ce regard… Les canidés se rapprochent, ils sentent la peur, le corps qui ne peut retenir ses fluides, l’appétit leur vient alors que s’éloigne leur nouvel ami. Tout va bien, il leur a promis de laisser la porte du domaine ouverte.

Enfin un homme de parole.

                                        * * *

- Résultats !

Wool jette sur le bureau quelques papiers couverts de caractères inquiétants crachés par une imprimante laser dernier cri.

Dernier cri ! Qui l’entendre s'en saura l’auteur. Non ?

- Il s’est mordu en premier, pas de trace de lien, de drogue, difficile de pousser plus loin les analyses pour savoir quelles hormones circulaient en lui à cet instant, une espèce de transe mystique, extatique. Il avait oublié son existence, faible personnalité.

- Pas sûr, le sacrifice alors n’eût rien valu.

- La chance est là, l’empreinte dentaire permit l’identification, heureusement qu’il y eut cet incident, puisque le conducteur ne peut rien nous révéler le passager est plus coulant.

- Parfait, nous y allons, la circulation est réduite, ce sera vite fait.

- Les voitures particulières sont limitées aux services nécessaires, j’ai encore l’impression l'espoir de me réveiller, tout sera comme avant.

- Fait attention que ce ne soit pas pire.

L’américain ne répondit pas, une pensée pourrait briser le cauchemar.

Trajet rapide, plaisir de circuler sans sirène, sous le regard atone des gens à leurs fenêtres, heureux du soleil, du beau temps, voulant s’en remplir pour oublier les heures passées et ne pas penser à celles qui pouvaient venir. L’esprit parfois prépare le terrain de la conscience, il se fait si calme que la tempête s’inscrit déjà dans cette absence.

A la place du mort Diatek ferme les yeux, il est calme, une image douce l'emporte, cherchant le rocher idéal pour le briser.

- Monsieur est servi !

Le policier français sort de sa torpeur, pour un peu il aurait piqué un petit roupillon, autant profiter des occasions. Alors qu’il descend de la voiture il lève les yeux vers le soleil, laisse les rayons pénétrer en lui, voudrait se laver, la ville lui semble copier le Mont des Oliviers… C’est le moment de prier, la traverse de bois invisible sur ses épaules n’en est pas moins lourde, lourde… Pas assez pour qu’il ose plier.

Allons, le temps n’est pas à la contemplation, le monde est un décor, il le sait mais lui même n’est qu’un pantin, il est à sa place.

Un frisson, fermer les yeux repousser l’émotion. La lumière existe qui peut l’aider à supporter ses ombres, à chercher le dernier recoin de son âme pour en expulser le démon fragile qui s’y dissimule. L'éclat d’un regard, d’un amour qui en se révélant lui fit voir son monde, la fange dans laquelle il s’ébattait, la souffrance qu’il adorait s’y engloutir. Il n’a pas compris qu’en aimant il ne pouvait plus céder, condamné à rester debout, à marcher vers un but "impossible".

Elle l’avait dit.

Raison de plus de lui prouver que rien ne mérite ce qualificatif.

La peur tisse sa toile pour le retenir, murmure à son oreille des mots qu’il ne sait plus croire, agite des images violentes, des désirs de crimes, des émotions terrifiantes qui ne le font plus ciller. La vie est plus forte que tout ça.

- Qu’est-ce qui est dommage ?

Diatek dubitatif regarda son grand collègue américain.

- Oui, tu as dit dommage.

- Moi j’ai dit dommage ? Une réponse, une conclusion personnelle.

Ayant dit il passa le premier pour dissimuler son émotion, derrière lui ses suivants se regardèrent. Morton fit une moue indiquant que mieux valait ne rien rajouter, personnelle avait-il dit.

Tomber donne l’illusion de la liberté, plus de contrainte, l’esprit en fait à sa guise, le malheur est que, parfois, il s’éveille et voit disparaître la lumière du jour, reste l’obscurité moqueuse de l’abîme et l’impression qu’il n’en connaîtra jamais le fond.

Diatek l’espère, dans le regard du fou se lit parfois la vraie délivrance.

Un long couloir, des murs très peu abîmés, ils ont été repeints il y a peu, l’escalier est raide, les boîtes aux lettres branlantes mais capables de donner l’indication que les trois hommes recherchent.

Portes fermées, présences attentives. Où les pas vont-il s’arrêter ?

Pour la forme le poing du capitaine frappe le battant, il sait que personne n'ouvrira, si c’était le cas il risquerait une crise cardiaque.

Par curiosité il tourne le loquet, le battant s’ouvre sans rien dire, voilà quelqu’un qui n’avait rien à cacher ou savait qu’il ne reviendrait plus.

Un studio banal, la moquette avait connu des jours meilleurs, jadis, tapisseries décolorées, l’évidence que le locataire savait devoir rester dans son logement peu de temps.

Un lit, un coin cuisine, rien de personnel.

Si ! Diatek le découvre en se penchant sous le lit une grande feuille de dessin roulé, à trois ils la posent sur le sol, regardent.

Rien ne les surprend, c’est sous-entendu par leurs fonctions, pourtant le dessin est singulier, surtout en sachant qui en est l’auteur.

Des silhouettes nues, debout, le talent de l’artiste ne put suffire à leur donner un visage, reste le sens, chacun tient dans sa main une petite forme humaine et s’apprête visiblement à la porter à sa bouche.

- Du sang !

- Pardon ?

- Regardez l’encre, on dirait bien du sang.

- C’est vrai, pourquoi ?

- Il savait ce qui l’attendait, une représentation magique, ne pouvant la dessiner clairement il choisit son sang pour exprimer son destin.

Leur pression relâchée le dessin s’enroula à nouveau avec un petit bruit comme un rire très ancien. Le froid qui les réunit ne venait pas de l’extérieur, il remontait de loin, de trop loin.

En repartant ils durent se plaquer contre le mur du couloir pour laisser passer des enfants décidés à jouer malgré tout, la force de la vie, l’énergie qui peut construire un lendemain digne de ce nom.

Diatek regarda disparaître dans l’escalier ce qu'il ne fut jamais. Sentant son regard une enfant se retourna, le temps d'un battement de cœur leurs regards se croisèrent, le choc lui donna envie de hurler.

La réalité supportable est la plus violente, sous le coup il s’arrêta, reprit le dessin, en déplia une partie.

- Que se passe-t-il ?

- Le décor, le fond.

- Un mur de pierre quelconque, non ?

- Le commissaire hocha la tête, en bas les enfants sortaient en criant.


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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 06:20
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 06:11

Né en 1904 à Yesan dans la province de Ch'ungch'Ŏngnam-do il entame ses études en 1923 sous la férule de Hae Kang (Kim Kyu-chun) respectant le style coréen classique. La trentaine voit sa personnalité s'affirmer, il se tourne vers la nature et une façon de travailler plus réalise, en 1935 il part étudier l'art occidental à Tokyo où il découvre les oeuvres impressionnistes symbolistes et fauves. En 1939 sa première exposition personnelle a lieu à Séoul et une belle carrière s'ouvre à lui aussi bien en Corée qu'à l'étranger. En 1943 il participe à l'exposition Amis de la peinture japonaise.



À la fin de la seconde guerre mondiale il devient directeur des études d'Art Oriental à l'université Hong-ik dans la capitale coréenne et opte pour un style plus abstrait, il fonde l'Académie de peinture Go-Am à Séoul. La fin
de la guerre de Corée le voit quitter son pays pour la France en 1958, alors berceau de l'art Informel où se retrouvent Hartung, Michaux, Riopelle, Serpan...

En 1959 son œuvre est exposé à la Galerie Municipale à Bonn, il décide alors de rester en Europe et de mieux connaître l'art occidental. Il s'installe à Paris (Montmartre) et y vivra jusqu'à sa mort le 10 janvier 1989.


       
  
En 1970 il participe à l'Exposition Universelle d'Osaka.

Il laisse plus de 10 000 œuvres, témoins de la fertilité et de la puissance de son inspiration, formant un pont entre l'Asie et l'Occident.

 

Son emprisonnement de 3 ans au temps de la dictature laissa une cicatrice profonde dans sa vie et une sensation de solitude qu'il parviendra à transcender en créant en France l'Académie Orientale de peinture qui comprendra plusieurs milliers d'élèves, certains devenus professeurs à leur tour. Son fils unique Lee Yung-se devint peintre à son tour.

 

Son œuvre exprima dans un premier temps les joies et les tristesses de la vie quotidienne puis la déconstruction de la calligraphie qu'il apprit durant ses études, créant les "lettres abstraites" en déconstruisant les caractères asiatiques avant d'explorer le mouvement en laissant courir son pinceau dans des compositions de personnages pleins d'énergie et de grâce.


Une de ses dernières toiles représente un groupe d'amis dansant et semblant inviter le spectateur à se joindre à eux.



 

Alors ?


« Ma vie en prison, de ne pas pouvoir travailler était comme la mort en tant qu'un peintre. Mais grâce à cette période je me suis révélé. J'ai enfin ouvert mes yeux si tard. Cette nouvelle vision m'a rajeunie. Tous les éléments plastiques se trouvent dans la calligraphie. Le mouvement de ligne, la composition d'espace et la touche d'encre sur l'espace vide sont des points essentiels et fondamentaux pour l'art moderne. »



L'inauguration de son musée à DAEJON
 

Comme le rapporte son épouse, Park In-Kyung, elle-même artiste, Lee Ung-no n’a d’ailleurs jamais cessé de penser qu’un tableau a beau être déchiré, le temps a beau l’éparpiller morceau par morceau, s’il en reste, ne serait-ce qu’une infime partie, capable de dévoiler l’esprit de ce que fut cette œuvre, alors cette partie est à elle seule une véritable œuvre d’art. Ainsi ne doit-on négliger aucun endroit d’une toile.


                        photo Kim Min-suk


Exposition : Lee Ung-No ; Écritures coréennes

Galerie Thessa Herold

7 rue de Thorigny

75003 Paris

 

Du 29 09 2009 au 07 11 2009

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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