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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 05:57

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 06:18
I Love You !





















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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 06:05

 

Il est des légendes que l'on dit urbaines, ainsi celle que je vais vous conter et qui est, finalement, assez banale, peut-être l'avez vous déjà lue, ou entendue, quelque part.

Un petit magasin, une échoppe, telle qu'on en voyait encore au siècle dernier, du genre ou l'on trouve, en cherchant bien, ce qui n'est pas proposé ailleurs. Le propriétaire est un homme que l'on devine très vieux sans pouvoir lui donner un âge précis. Il semble être là depuis l'ouverture du commerce, il y a quatre siècles.

Impossible direz-vous, n'oubliez pas qu'il s'agit d'un mythe, alors...

Bien sûr il ne se limite pas à ce détail !

À l'heure où je tape ces mots je ne fais que relater ce que l'on me raconta lors d'une soirée dans un lieu, louche, dirais-je pudiquement, que je fréquente parfois. Je n'ai pu, encore, tenter de m'y rendre. Une précision, l'activité principale de ce commerce est la vente d'ingrédients introuvables autre part et destinés à des préparations qu'autrefois l'on taxait de magiques.

Vous souriez j'en suis sûr, pourquoi gaspiller deux pages avec une histoire qui ferait ricaner un gosse... L'ère moderne gorgée de technique ne peut museler le goût du merveilleux et le désir de pouvoir, dans certaines conditions, modifier le cours des événements.

On m'indiqua un quartier éloigné que je croyais connaître, me précisant qu'il surgissait une fois l'an, brièvement. Porte étroite, vitrine poussiéreuse, un intérieur tout en longueur, des murs couverts de rayonnages. Si vous voulez vraiment quelque chose, vous le trouverez.

* * *

 


J'en reviens, J'EN REVIENS !


ELLE existe, je l'ai vue, telle qu'elle m'avait été décrite, froide, inquiétante, sinistre, dangereuse. J'y suis entré, le vieillard m'a accueilli comme s'il m'attendait.

J'ai exprimé mon souhait. Il m'a emmené au fond de son magasin, j'ai hésité devant le choix, l'aspect, l'odeur...

Il m'en a indiqué une en précisant qu'elle serait parfaite pour l'usage que je voulais en faire, d'autres ayant eu la même idée n'avaient pas été déçus.

Restait le prix.


C'était cher.

J'ai accepté. Il m'a dit que la prochaine fois je pourrais me débrouiller autrement, je lui ai dit qu'il n'y en aurait pas. Il a souri.

Je sais pourquoi, je le sais.

Et lui aussi !

Je suis rentré.


Les bougies sont là, inquiétantes. J'en fiche une sur le chandelier, je n'en ai que pour un an. Il me faudra les faire durer, pourtant je ne veux pas attendre, la nuit est propice.

La flamme est verte, grande, mais dégageant un froid pénétrant ainsi qu'une odeur de putréfaction, sans doute à cause de la matière dans laquelle plonge la mèche. Déjà j'ai l'impression d'être loin, ailleurs.

La lumière va diminuer, bientôt je ne verrais que ma feuille, mon stylo, et bien sûr... Déjà des ombres apparaissent, mouvantes, sinistres.

Cette nuit j'écrirai comme jamais encore.

Mais ce sera difficile.


Je n'ai plus qu'une seule main !

Vous la voulez toujours ?


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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 05:50
L'Âme de l'Enfer - 01 
 

                                                  02

Ce sont des cris de joie quand arrivent les enfants, les familles se reforment, être ensemble, réunis par l’esprit sinon par les mains, pour affronter un même destin.

Les larmes font sourire les gardiens, certains aboient quelques moqueries, des injures, des gestes se voulant provoquant et qui se heurtent à leur propre stupidité.

Les heures passent lentement, il fait chaud, l’eau manque, la survie pose problème, pas de toilettes, on se soulage où l’on peut, les autres affectent de ne rien voir, chacun sait qu’il subira cela. L’humiliation se nourrit d’un acte pourtant si naturel.

Les nourrissons pleurent, réclament des soins qu’ils ne recevront pas, les vieillards s’affaissent, le sol est dur et l’entassement n’arrange rien. Les suppliques sont vaines, il leur est répondu qu’ils peuvent se débrouiller, bientôt ils seront loin, le pays retrouvera sa propreté. Les mères pleurent, un enfant griffe l’air, déshydraté, la mort s’approche, effleure son front et emporte une petite âme, un frêle butin pour elle qui sait que toutes seront siennes bientôt, bonnes, mauvaises, ces notions lui sont étrangères, elle offrira à chacune ce qu'elle mérite.

Peu fanfaronnent encore quand elle est là, quand ses yeux d’infinis se posent sur l’esprit claironnant que rien ne l’effraie, alors le silence s’impose, le froid gagne et la mort est la dernière à rire, à rire en attendant d’enfin pouvoir cesser.

La foule s’agite, des mains secouent le grillage, des bouches crient, insultent et implorent. À se demander si les deux sont différents.

N’est-ce pas ?

Moquerie et coups de crosses en réponses, les canons se profilent, des doigts effleurent les détentes, beaucoup voudraient agir pour qu’il se passe quelque chose. Épuisant d'attendre. Certains esprits dans cet univers carnassier trouvaient une étrange ressemblance.

Un minimum leur est apporté, qu’ils meurent soit, mais pas ici. Le voyage… Mais qui sait de quoi il sera fait.

Qui ?

Personne ! Les ordres étaient précis, aucune place pour un état d’âme ou un doute. S’en tenir à son devoir, ordres donnés par les autorités supérieures qui seules porteront la responsabilité de ce qui se passe. S'interroge qui dispose d'un reste de conscience flottant sur un flot d’immondices. Bientôt la chasse sera tirée, restera un égout malodorant, plus une trace de lumière, plus une ombre d’hésitation.

Les familles se resserrent, les enfants esquissent des questions, un regard suffit pour qu’ils renoncent. Pourquoi s’interroger quand demain est un doute, quand l’avenir est une gueule avide de nouvelles victimes qu’elle broiera en un magma savoureux.

Parler, dormir appellerait le cauchemar, qu'au moins l'esprit résiste.

Le temps s’étire, s’accroche à chaque geste, à chaque signe, l’ombre se nourrit, elle n’est plus absence du jour mais refus de la lumière.

Fermer les yeux face au mur, tenter d'oublier, ne plus entendre les voix. Laisser filer les vies dans le sablier de l’éternité.

Les conversations refluent, la nuit est claire, les étoiles se sont données rendez-vous pour regarder le triste spectacle d’une vie qui ne se contrôlant plus cède à ses peurs. Pourtant l’espoir subsiste, monstre usant du masque le plus effrayant pour entraîner celui qui n’aura pas cédé à sa première impulsion, qui aura regardé dans le gouffre, compris que derrière les merveilles du moment se profilent un sombre destin, une force nocive attendant une proie de plus.

Combien de ceux qui regardent les étoiles comprennent-ils leur message, que le destin peut s’inverser pour qui l’affronte.

Les murmures se font prières, psalmodies que les gardiens n’osent interrompre. La nuit fait écho pour qui s'y plonge en sachant que la lumière s’y trouve. Un minimum de courage, l’oubli de ses instincts les plus primaires. L'éclat de la conscience est insoutenable.

Les pas résonnent sur le quai de la gare, sol de pierre indifférent à ces voyageurs en partance pour leur ultime voyage.

En jappant pour se rassurer les gardes dirigent le troupeau, ne pas douter, garder en soi la conscience de la nécessité d’agir ainsi, c’est pour le bien du pays et leur avenir, une fois la situation clarifiée tout sera aisé et entre soi le destin sera maîtrisable.

Uniformes froids semblant tenir debouts seuls, un effort est nécessaire pour distinguer à l’intérieur une silhouette, traits lisses, visages absents, esprits pétris d'ordres, aucune lettre sur le front, absence dans les crânes, traces d’une antique boue solidifiée.

Le triste cortège avance pressé par les menaces et les injures, le convoi est là, un train de bestiaux, le nombre de chevaux à loger par wagon est remplacé par la quantité d’individus pouvant y tenir. Le nombre est atteint, dépassé, peu importe les pertes, ceux qui auront la malchance de survivre, découvriront quel sort leur est réservé.

Les corps se pressent, les regards suppliants n’attirent que railleries, regimber est vain mais dire non à une mitraillette semble une sortie possible. Comment oser, la vie est un piège qui semble surpassable, elle montre un demain différent, on s’habitue à tout, une fois connues les règles du jeu on croit possible de les utiliser à son profit Mais est-ce un jeu dont il s’agit, est-ce un signe des temps à venir ?

Le reconnaissez-vous ?

Des coups de crosses, des mains poussant les corps pour en entasser un maximum, la porte de bois et de fer claque en souriant.

Bruits de bottes et ordres se mélangent, le départ se fait attendre, une minute semble une heure et l'angoisse est le sang nourrissant les vampires en uniforme. Le véhicule de bois semble un cercueil qu'une terre impalpable attend avec appétit.

Pourquoi ?

Si je pouvais l’oublier !

Difficile de rester droit alors que les jambes s’alourdissent, les enfants voudraient bouger, les vieux s’allonger, impossible, chacun dispose d’un espace moins que vital, se demandant combien de temps il subira la promiscuité, les exhalaisons diverses, les fourmillements. La chaleur monte, la sueur coule, la dissolution commence. L’enfer s’est installé. Apparence anodine, rien de plus banal qu'un wagon ? Mais une chose, à la bien considérer, sait changer de visage, l’objet amical se fait pernicieux, un piège efficace d'être insoupçonnable : une soif de détruire, revanche de l’inanimé utilisant ses pions.

- Pourquoi attendre, pourquoi ?

- Ils jouent. Ne cédons pas. Ils ne sont que les plus fort, la dignité nous appartient, pleurons sur notre sort mais voilons nos larmes d’un sourire, regardons-les sans haine, ils en seraient trop contents, endurons nos tourments et demain nous offrir un avenir digne.

- Tu crois ce que tu dis ?

- Bien sûr, ils nous détestent, facile. Nous partis ils verront que rien n’a changé et chercheront un coupable. La graine de la haine est fragile, au début, si petite qu’elle demande une attention de tous les instants pour survivre, une fois qu’elle s’est développée difficile de la contrôler. Un regard devient une insulte, un mot se couvre de sous-entendus, la peur s’installe et tire les ficelles, un jour ils se verront, les autres feront miroirs, la haine les emportera tous.

- Serons-nous là pour en profiter ?

- Profiter ? Un mot indigne, ne leur rendons pas ce qu’ils nous font. C’est difficile, imaginer demain aide à supporter ce jour, ne puisons pas en ce poison la force de survivre, laissons leur la bestialité.

- Les circonstances te feront changer d’avis, question de temps.

- Pas question de céder mon âme, de renoncer à ce qui me rend digne d'arpenter le monde des vivants que nos bourreaux ont quittés. Leur chemin mène à la damnation, le présent nous enseigne, nos douleurs sont des étapes vers la résurrection, implorer serait avilissant. La dignité ne se perd ni ne se prend, elle s’abandonne. Parfois il est pénible de se raccrocher à elle, tortionnaire insidieux, mais vient toujours la libération.

- Je me souviens de mes parents, des prières, des lectures, jamais je n’ai pu m’abandonner à une autorité impalpable, où est-elle en ce moment ? Si l’avenir existe par-delà nos vies nous ne le connaîtrons qu’en y accédant, pas en croyant à l’avance qu’il sera ceci ou cela.

- Souvenons-nous de ces paroles, quand nous nous retrouverons, après la guerre… que penserons-nous de ces mots ?

- Peut-être aurons nous échangé nos rôles et serais-je le croyant.

- Il se peut, ces rails nous conduisent vers le fond de l'âme humaine, verrons-nous cette épreuve comme une chance ?

- Certains le prendront comme un test de foi.

- Tu ne penses pas ainsi ?

- A ma façon, le lieu ne porte pas à la réflexion dirait-on, cependant si, le temps se suspend, l’intelligence s'ébroue cherche à s'organiser sentant cela bientôt impossible, utiliser chaque minute, s’économiser. Une seconde gagnée semblera une victoire alors que ce sera une défaite, plus nous nous accrocherons à la vie, plus nous ferons de concessions, plus nous laisserons de parts de nous-mêmes. Viendra le jour ou, nous regardant dans un miroir, nous n'y verrons que l’image de l’asservissement accepté.

- Une phrase me revient : L’homme est un esclave par nature !

- J'ignore qui l’énonça mais elle est frappée du sceau de la vérité, le comprendre puis admettre que vivre ne justifie pas tout, la vie ne justifie pas les moyens. J’aimerais savoir, anticiper, découvrir la pire horreur, soit, mais ensuite un chemin vers une éternelle douceur, les croyances servent à cela. À accepter l’esclavage, à vivre courbé en rêvant éveillés, si peu, d'un autre monde.

- Il y a peu je t’aurais insulté pour ces phrases moquant les croyances de nos pères, maintenant je ne sais plus, le doute est passé en moi.

- Serait-il une chance ?

- Une chance ?

- De t’affronter à toi-même, en considérant ce que tu imaginais être.

- Pour mourir vivant, digne, debout ?

- Pourquoi pas, oui au doute, non au renoncement, à cet instant où le supplicié implore son bourreau, le mieux serait de le remercier.

- Difficile ! Notre situation, de pénible va devenir insupportable, les souffrances, les privations agressent l’esprit et en chassent les résolutions les mieux accrochées.

- Et se révèlent debout ceux que tous pensaient lâches, couchés les fanfarons. Mille avenirs sont envisageables, le vrai dépassera l’imaginaire dans le pire ou le meilleur.

- La peur obscurcit notre vision, curieux mécanisme mental qui fait que l’esprit imagine le pire pour s’y préparer.

- Le démon lit nos peurs et les utilise pour exciter son imagination.

- Sommes-nous marqués d’une malédiction ?

- Ou d’une élection !

- Y a-t-il une différence ?

- Si ressemblance il y a ce n’est pas celle qui viendrait à l’esprit en premier, celle qui renvoie au passé, à nos croyances. Le pire offre l'opportunité de percevoir une porte qui s’ouvre. Ce sera bref, un coup d’œil, mais l’esprit enregistre vite, en un éclair s'impriment des images qu’une vie entière ne lui permettrait pas de comprendre.

- Cette porte est déjà ouverte ?

- Pas encore ! Le sera-t-elle ou est-ce un moyen pour l’instinct de conservation de m’inciter à tenir ? Je ne sais, il serait plaisait de pouvoir se retrouver, de confronter nos découvertes, s’il y en a. La vie est un jeu, c’est ce qui en fait la valeur, l’étrange, une rencontre inédite, un choc que rien ne laissait prévoir.

- Tu vas finir par remercier nos ennemis.

- Presque. Souvent je me suis dit qu’un ennemi valait mieux qu’un ami. Le premier nous motive, le second nous endors. L’autre, quand il nous agresse, nous propose une image de nous-mêmes, fausse en quasi-totalité mais vraie pour lui. Comment nous voit-il, pourquoi, si nous n’étions rien il passerait sans nous voir, la haine n’est pas mépris ou indifférence, au contraire. La proie est-elle innocente ?

- Je ne te suis plus.

- Moi non plus. C’est l’habitude de laisser venir les mots. Pourquoi retenir, dire d’abord, comprendre ensuite, si cela est permis.

- Et cela l’est ?

- Le temps ne s’arrête pas pour permettre la réflexion, difficile de faire une pause. N'est-ce pas ce que les circonstances nous offrent ?

- Pour refuser la réalité ?

- Mérite-t-elle le moindre intérêt ?

- Je sens que oui.

- Est-ce une raison pour lui laisser la bride sur le cou ? S'interroger ouvre le robinet des mots. Ma mémoire ne retient pas tout, déjà d’autres phrases surgissent chassant les premières, le temps est-il un si trouble ennemi que pour le maîtriser il faille l’oublier.

- Par la folie ?

- Le monde est fou ! Cette guerre, ces morts, à quoi servent-ils ? Notre destin, quel intérêt, pour qui ? Tuer le temps ? Nos ennemis repoussent une échéance inévitable. Ce n’est pas à nous qu’ils en veulent mais à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes et dont ils font peser sur nous la culpabilité de ne pas lui ressembler.

- C’est stupide.

- Ils le sont, et pire encore, nombreux, partout, ou presque, ne noircissons pas le tableau.

- Il est déjà assez sombre.

- C’est juste, sombre est le présent, l’avenir…

- N’en parlons pas, nous dirions des bêtises.

- Cela fait du bien, se laisser aller, comme un plat dont on raffole mais que l’on sait ne pouvoir commodément digérer.

- Curieuse comparaison, n’est-ce pas Louis XVI qui se fit servir, avant l’échafaud, un plat qui lui causait de sérieux embarras gastriques ?

- Belle image, ainsi je laisse vagabonder mon esprit hors des limites du quotidien avant que de plus dures contraintes ne s'imposent. L’espoir ne fait pas vivre, il aide à faire semblant.

- C’est le propre de la religion.

- Propre est un curieux terme ici, ça en est une des raisons d’être ; une des raisons d’exister, être étant, lui aussi, un mot mal placé.

- Tu n’aimes pas la religion.

- La religion ? Il n’y en a qu’une ?

- Les autres sont des errements, disons par honnêteté : les religions.

- Dans le fond, ce sont les mêmes besoins qui se retrouvent, quelques détails changent, un petit truc ici, là, peu importe.

- Et eux ?

- Eux ? La religion parfaite, oubliant ses illusions, ses hypocrisies, affirmant sa primauté sur les autres et mettant tout en œuvre pour détruire ou convertir bien que le passé grouille de tentatives d’asservissements masquées par des noms synonymes de civilisation, de lumière, de bêtise par-dessus tout.

- Je m’étonne d’entendre cela sans avoir envie de te frapper.

- Nous passons une frontière, le monde d'hier est mort, l'autre...

- Pourrons-nous poursuivre cette conversation ?

- Profitons de cet état transitoire, venant de nulle part nous y retournons. Les apparences nous sont arrachées, regardons-nous.

- Pour combien de temps ?

- Celui nécessaire? À quoi ? À ce que la haine trouve sa cible, découvre sa source ; à la venue d'un progrès en attente quelque part. Si le temps le veut nous le verrons.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 05:41

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 05:32

 

 

Demain, bien avant l'aube, puisqu'a blanchi ma compagne.


Je vais m'casser bien loin, emporté par le vent.


Par le train, le bateau, sans prendre même un pagne.


J'en ai marre de la voir, preuve que fuit le temps.




M'en aller vers une autre, une jeune fiancée,


Attirée par mon bien, mais je suis un vieux fruit,


Fripé, plissé, courbé, il me faut compenser,


Pour effacer ces ans qui, passant, m'ont détruit.




La vie est sans pitié qui me bloque les lombes,


Affadie mes élans et accélère mon cœur,


Mon butin ne pourra venir dedans ma tombe,


Autant l'abandonner contre quelques faux pleurs.





 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 05:21

 

 

Libre, humant l'air, courant droit devant moi,


Ignorant tout autant l'espoir que l'effroi.


Aux aguets cependant, je ne suis qu'une proie,


L'instinct sait me guider, que ferais-je du choix ?




Naître et courir, manger, dormir,


Grandir et puis me reproduire.


Je connais l'émotion et entrevois le rire,


Sans avoir jamais, jamais, envie d'écrire !

 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 05:09

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 06:00

LES NONNES (de St John)

 

Les Oscillatrices du Saint-Siège

Les Incontinentes de la Chapelle Cystite

Les Visitandines de l'Anus Pascal

Les Ursurines de la Grande Miction

Les Émasculantines de la Grande Châtreuse

Les Sœurs qui pètent de la Déflagration

Les Sœurs qui quêtent de la Pénétration

Les Epilatrices de Chatte (Couvent de St Marcellin. Isère)

Les Vivisectrices du Saint-Prépuce

Les Missionnaires de l'Apposition

Les Mères Plexes de la Consternation

Les Nonnes Stop de la Sainte Journée Continue

Les Nonnes Alignées de la Grande Procession

Les Nonnes Inscrites au Saint Registre

Les Nonuplées de la Sainte Famille

Les Transpirantines du Saint Suaire

Les Nonnes-Ingérantes du Carême

Les Dégustatrices du Grand Caramel

Les Contorsionnistes de la Jésus Flexion

Les Tachycardiques du Sacré-Cœur

Les Nonnes à voiles du Couvent des Globes

Le Couvent Tropical des Nones au Lulu

Les Sœurs in Vitraux de l'Immaculée Conception

Les Inquisitrices de Saint Supplice


                                                Toutes du cru de Mrg Jacques APPAR

                Photo Internet

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Publié par Jacques APPAR - dans Sans Blog Fixe
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 05:55

 

                                                         01

Le temps est un sourire qui se retient, un désir qui, regardant le réel, se recule pour retrouver son monde et réintégrer l’univers où tout est possible. Un ciel gris comme une promesse sachant qu’elle ne sera pas tenue, un avertissement dont la signification est perdue depuis si longtemps que l’avenir n’est plus qu’un mot vide de sens, dénué du plus petit espoir.

Les occupants de chaque voiture se ressemblent, un modèle reproduit jusqu’à ce que le moule s’autodétruise, refusant de tenir dans le feu de la peur qui use et abuse de lui.

Imperméable, chapeau rabattu, la honte n’est, malgré tout, pas seulement un mot, ce miroir sur lequel se jette le voile pudique d’innombrables bonnes raisons, le reflet reste perceptible au travers du linceul le plus épais.

Peu d’autres véhicules, un macaron officiel est nécessaire ; quelques piétons, où se rendre dans un pays qui a fait de ce mot une raison d’état ? Des passants en quête d’un quelque chose mystérieux qu’eux même, souvent, ignorent : une occasion, une opportunité… Il est des époques où le futile devient capital, où le symbole se cache dans le plus petit objet s’il semble nécessaire pour faciliter la vie.

Derrière les fenêtres les regards se terrent, d’épais rideaux voilent une curiosité peureuse. Ainsi cette famille dont nous tairons le nom, pourquoi jeter sur elle une attention que tant méritent ?

Méritent ?

Petit sourire narquois, merci !

Le père et la mère, l’homme observe, les distractions sont rares en temps de guerre, et coûteuses, souvent, il y a bien le cinéma, le music-hall, de quoi s’amuser de temps en temps mais tous n’ont pas les moyens de se distraire tous les jours, rester debout derrière ses tentures permet de regarder défiler la vie, les autres, de se consoler en voyant plus malheureux que soi, et cela ne manque pas, et cela va manquer encore moins. Parfois des soldats passent dans la rue, le curieux se recule, par crainte que son regard ne soit perçu, alors qu’il est deviné. L'occupant, ne verrait-il que sourires, sait que si les pensées tuaient… Heureusement elles sont rares, la servilité est une qualité répandue, les exceptions sont pourchassées par une police et une milice alliées comme les sabots d’un âne, laissant la même trace dans la merde d’un chemin que le sang seul nettoiera.

Il a envie de parler quand la voiture freine, inutile, bobonne est là, leur rejeton n’est pas loin, il voudrait voir, découvrir les masques de cire servant de visages à ces êtres étranges, vomis par un cercueil de fer. Tout à l’heure, quand ils repartiront, pour l’instant mieux vaut ne pas se montrer. L’enfant se tait, muselle la curiosité qui lui ferait demander en quoi son regard est plus perceptible que celui de ses parents. Est-ce l’idée, fausse, qu’enfance rime avec innocence ? Il sait que non mais, par gentillesse, laisse ses parents dans l’ignorance de ce fait pourtant si simple. Il se fait raconter, son père murmure, un souffle, le dernier, qui dure si longtemps, si longtemps…

Le bruit des portières, hésitation, contrôle de la liste, noms, adresses, regard en hauteur jusqu’à l’étage qu’ils vont visiter, les personnages que nous suivons se reculent d’un même geste.

Quelques pas, la porte palière ouverte brusquement tape le mur, la mise en scène commence, le besoin de bruit, d’avertir, d’effrayer par une présence qui se rapproche pour jouir de la terreur inspirée par son ombre. Eux-mêmes sont inconscients des ténèbres qui les observe et les absorbe, elles dont l’appétit sans limite est en quête de proies nouvelles : les bourreaux !

Parler fort, faire durer le plaisir, s’amuser encore, plus haut l’angoisse gagne. Et pourtant : une voiture, des hommes qui en descendent, est-ce terrorisant en soi ?

À l'étage inférieur de la famille que nous venons de croiser vit un jeune couple, eux aussi ont entendu la voiture, vu les uniformes qui n’en étaient pas mais le sont devenus par l’usage et suivi les regards de ces hommes s'accrochant à leur fenêtre précisément. Dire que c'est un soulagement semblerait insupportable et pourtant... La peur du piège est angoissante, y être est source d'espoir, aussi étrange que cela puisse paraître. Déjà les regards ne les voient plus, les oreilles ne perçoivent pas leurs mots, pour leurs voisins ils sont des spectres que le temps va dissoudre. Le jeune homme et sa compagne se regardent puis s'enlacent comme ils le feraient avant de se jeter dans le vide.

Les pas se rapprochent, les lourdes semelles claquent le sol à chaque pas, deux étages, c’est peu mais si long parfois.

Ils se tiennent par la main, regardent cet appartement qu’ils habitent ensemble depuis peu, ils pensaient que leurs enfants naîtraient là. Ce sera pour plus tard, pour après, pour jamais, dans une autre vie et un ailleurs que le temps ne peut garantir.

Des meubles choisis amoureusement, chaque chose est à sa place, chaque sujet a sa signification, quelques mots, un secret, nul ne les percera jamais, ils disparaîtront… Mais non, il s’agit seulement de partir, loin, pour quelque temps, ensuite les choses iront mieux, la guerre sera terminée, les habitudes reprendront, cette fois c’est la dernière, la vraie paix universelle s’installera bientôt.

Pas encore, malheureusement. Un peu de patience un jour le désert sera la signature de la paix dans le silence de l’éternité. En attendant, quelques vies s’activent encore, petites choses cherchant à se justifier en attendant que le calme s’impose.

Les pas se rapprochent, leurs mains se serrent, à l’étage au-dessus, et dans l’immeuble, les oreilles sont tendues, qu’ils ne se trompent pas, ce serait difficile, c’est écrit en gros sur la porte.

Ceux-là savent que leurs proies sont au gîte, d’autres eurent moins de chance, quelques avertissements circulèrent, des complicités dans la population, moins rares qu’ils le pensent et qu’ils l’auraient fallu mais ces considérations pour eux sont sans signification, ils obéissent aux ordres dans l’intérêt du pays, qu’ils y prennent plaisir est un plus, pas une obligation.

Une chance ? Le zèle ne fait de mal à personne. Ils voudraient bien, quand la femme est jolie, jeune… Mais c’est interdit, il ne faut pas toucher à ça ! On le leur a bien dit, et souligné en gras d’un coup de museau frémissant projetant des gouttes de bave dans un concert de grognements se voulant mots, se voulant rires...

La main caresse le bois, derrière ils attendent. La main hésite, la bouche chantonne, grimace au judas. Le poing heurte le battant avec une vigueur inlassable et un entraînement qui en dit long.

Ne pas ouvrir prolongerait l'agonie, faire ceux qui ne comprennent ni les ordres, ni les injures, dont l’esprit glisse sur des mots qui sont autant de crachats souillant le visage de celui qui les émets.

Ils sont pressés, vite, vite !

Pas question d’attendre, promesse leur est faite d’un avenir tranquille mais ailleurs, ce n’est pas qu’ils gênent mais ils gênent ICI. Ce qu’ils feignent de croire, ils sentent le grouillement de pensées suintant des appartements, venant autour d’eux en un silence repu de satisfaction à la perspective de cet appartement, de ce qu’ils recèle, peut-être des trésors, sûrement, c’est logique non !

Non ?

Une main s’empare d’un objet vite enfoui dans une poche, ce n’est pas un vol, un paiement en nature pour un travail pénible. Levés tôt, couchés tard, et les interrogatoires, le regard réprobateur de quelques-uns, des pensées que l’on voudrait glissant sur soi… Des restes d’âmes hantent ces formes gorgées d’ombre, ils disparaitront dans l’acide de la haine et du mépris.

Une porte claque, un bruit de clef, des ordres, les pas décroissent, une pensée cherchant à s’accrocher, la faible lueur du jour dans une rue vide. S'il y avait quelqu’un, un regard, trop risqué ! La rue est déserte, quelques mouvements derrière les rideaux, des visages qui se reculent et se fondent dans le néant.

Les portières claquent, la voiture démarre et se perd sans entendre les soupirs de soulagement laissés derrière elle, comme les gaz d’un cadavre acceptant son sort et la dissolution, son ultime compagne.

Le petit garçon regarde, il voit disparaître l’arrière d’un véhicule noir, il aurait voulu les revoir, lui aimait bien ce jeune couple, il aurait bien voulu… Mais les parents disent non, dans leurs yeux la peur fait de gros trous par lesquels suppures d’inquiétants désirs, une flaque de pus absorbant les reflets et les âmes.

Le silence retombe, plus de pas, de cris, quelques échos, sensations étranges emplissant des esprits qui ne s’y attendaient pas. Remords ? Quel mot curieux ! Il a un sens, il explique cette gêne emplissant le ventre, nouant la gorge ? Pourquoi cette impression de n’être plus tout à fait comme avant, ces idées d’avoir osé, l’envie ne manquait pas, la peur fut la plus forte, l’ordre est une bonne chose, il organise refroidit et paralyse, cela fait si mal de penser, d’écouter les battements d’un cœur cherchant un rythme perdu à jamais.

Le temps et la chance sont passés. Le mur du quotidien restera gris, la route déserte et la vie aura un goût de cendres que le reniement adoucira. L’oubli, l’assaut de la volonté pour rejeter la responsabilité sur autrui, sur le chef, celui qui sait, le père.

A une lettre près !

                                        * * *

Les enfants s'observent alors qu’un camion s’arrête devant leur école, des hommes en descendent qui les regarde au travers de la grille, bizarrement il semble que ce soient ces derniers qui se trouvent du mauvais côté.

Ils se regroupent, les murmures circulent, pas de surprise, c’était logique, le directeur s’interpose, il demande aux arrivants ce qu’ils désirent, répond négativement, il n’est pas concerné, son école pas davantage, ils se sont sûrement trompés, cela arrive, il ne leur en veut pas mais ils doivent repartir, ils troublent la transmission du savoir. Une petite voix moqueuse lui fait remarquer qu’en matière de trouble il s’agit de les faire cesser en arrachant à cet établissement les éléments indésirables qui en perturbent le bon fonctionnement, le savoir ne saurait être galvaudé, transmis à n’importe qui. Pourquoi perdre son temps alors que certains élèves ne peuvent pas comprendre ce qu’on leur dit, propagandistes d’une culture étrangère et haineuse, il est bon qu’ils soient rassemblés ailleurs et laissent libre de travailler ceux qui le méritent.

Le directeur refuse mais son âge et sa faible constitution ne peuvent rien contre des hommes jeunes, décidés et armés, force donc reste au pas de loi.

Les enfants sont appelés par leur nom puis séparés. D’un côté ceux qui resteront, ils sont l’avenir du pays, de l’autre ceux qui vont rejoindre leurs semblables dans un ailleurs dont ils ne reviendront jamais. Une gifle fait taire les gamins qui interviennent, il ne saurait être question d’entraver une tâche capitale pour le destin du pays

Des regards s’affrontent, les enfants voudraient comprendre, leurs copains ne sont pas différents, ce sont ces gens qui le sont, regards bizarres, fuyants, yeux chafouins et sourires qui voudraient s’afficher mais n’osent pas, difficile de montrer sa satisfaction alors quand des mômes supplient, s’accrochent, des petites filles aux regards clairs ou sombres, cheveux dorés ou de jais qui dansent dans le vent.

Aucune résistance possible, les coups pleuvent efficacement, les spécialistes savent comment s’y prendre pour que tout se passe rapidement, c’est que la technique compte, les ordres sont précis, il importe que les enfants rejoignent vite le centre de regroupement, c’est une œuvre humanitaire. Séparer les familles ne serait pas bien, ni beau les apparences comptent tellement.

N’est-ce pas ?

Les enfants sont entassés dans le camion, peu importe ceux qui tentent de s’enfuir, ils ne peuvent rien, leur destin est scellé, marqué à l’encre rouge sur un livre étrange disposé quelque part sous les yeux d’une force mystérieuse et ricanante.

Obéir sans perdre de temps, le mot d’ordre est simple : efficacité.

Le camion roule, les gamins essaient de parler en s’accrochant à ce qu’ils peuvent tant les routes sont mauvaises, ils échangent leurs angoisses, tentent d’ébaucher un avenir plus tranquille, ce sera dur mais une fois tous ensemble il ne sera plus question de leur faire du mal, si certains ne veulent plus d’eux tant pis, ils ne peuvent que subir des ordres donnés par des individus qui ne les comprendront jamais, dommage, l’idéal est d'entrevoir le salut et de le refuser.

Le goût de la damnation seul permet d’affronter les ténèbres.

- Où on va ?

- Et nos parents ?

- Ils ont dit qu’on allait les rejoindre, bientôt on sera tous ensemble.

- Et après ?

Faut-il poser la question si la réponse est possible ?

Parfois un passant se signe à leur passage, un réflexe, l’instinct commandant un geste de compassion, de ressemblance.

D’autres camions, des soldats, des adultes qui attendent en se tordant les mains, en se soutenant, se disant que tout va s'arranger, bientôt ! Il faut abandonner ce à quoi l’on ne peut se raccrocher, le destin est cruel, autant affronter l’épreuve pour mériter un avenir digne de ce nom. Ne pas fléchir devant les regards goguenards ou honteux, toujours railleurs, ne pas céder, même si c’est difficile, et ça l’est, toujours. Que sont devenus les enfants absents, ceux qui ont pu les laisser en sécurité, les reverront-ils un jour ? Le voyage semble sans retour, l’ennemi triomphe, la force brute domine l’intelligence, rien ne l’entravera plus, pour mille ans sa marque se pose sur le monde et nul ne verra la fin de son règne.

                                                               L'Âme de l'Enfer - 02

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