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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 05:31
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 06:27
L'Âme de l'Enfer - 03 
 

                                                 04

Silhouettes sans visage, floues, lui dont la vie n'est qu'une suite sanglante s'interroge, pourquoi ce trouble ? La douleur est un cadeau pour ces êtres fragiles ne percevant pas que victimes et bourreaux sont les acteurs d'un drame qui leur échappe.

Certains l'observent fugacement, ses yeux parfois reflètent la lumière à l’instar de ceux d’un chat, alors la nuit n’existe plus, l’obscurité est un terme vide, et le temps, un chemin dénué de ténèbres.

Il connait son impact sur qui le rencontre, fascination et répulsion, comme face à un poison délectable.

Les pieds glissent sur le sol, après d’aussi dures conditions de voyage, marcher est une épreuve. Ailleurs c'est différent, un flexible de caoutchouc est disposé entre un camion au moteur allumé et une ouverture, mort violente, organismes agonisant en ayant, souvent, le temps de maudire leur résistance.

La terreur le nourrit, panique, haine et dégoût, un torrent d'émotions violentes passent en lui et…

Et ?

Cette question, il voudrait… Voudrait ? Il ne fit que subir depuis toujours, depuis un certain moment, un certain souvenir plus lointain qu’il n’y paraît pour quelqu’un dont le corps paraît avoir moins de trente ans alors qu’il en a plus, beaucoup plus, beaucoup trop.

Hommes, femmes, enfants, tri, organisation impeccable, réflexion interdite, elle troublerait les esprits, il le sait. Curieuse sensation de vertige, à force de se pencher sur l'abîme, en verrait-il le fond ?

Parler ? Avec qui ? Agir est aisé, réfléchir est plus inquiétant comme si ce camp était le premier miroir dans lequel il voyait son âme, reflet combinant ténèbres et horreurs. Folie ? Sans elle aurait-il conçu un tel plan ? Et dans quel but ? Était-ce son destin, attendre le moment, utiliser la peur, la rancœur, la haine et le chaos du monde. Civilisation et culture sont des mots, des masques, rien de plus. Derrière ? Ça...

Les plus fragiles ont la meilleure part : l'élimination. Frustrant pour lui qui a le pouvoir de violer l’esprit d’un supplicié, jouissant doublement, tortionnaire il voit s'activer ses mains, buvant l’agonie d'une victime jusqu'à l'ultime goutte de vie.

Suppliques prières et malédictions glissant sur lui se perdent en d’insondables profondeurs. Auraient-elles au fil du temps érodé sa cuirasse ? L'envie à disparue ; l'abîme est-il plein ? Et maintenant ? Il veut savoir sans être persuadé que ce désir soit sien.

Les formes passent devant lui, plus des êtres vivants, pas encore des spectres, cela viendra. Il en a suivi de ces esprits qui s’accrochaient à une infime parcelle d’optimisme, imaginant un ailleurs favorable. Mais demain ne sera pas mieux, seulement pire, et le lendemain...

Combien de vies digérées dans ce décor, le souvenir s'effacera-t-il un jour ou la vie s’éteindra-t-elle avant ?

L’espace est un gouffre glacé dont il espère une réponse venue de… Peu importe, il utilisera la première sortie qui se présentera.

Il n’en existe pas, ces doutes seront vite oubliés, il sortira vainqueur de cette épreuve, bientôt, simple affaire de jours, de semaines tout au plus, quoi qu’il doive se produire c’est pour bientôt.

Le train est en sommeil, il va repartir, mais reviendra. Mouvement destiné à marquer le passage d’un temps inutile et sans but.

Tranquillement il traverse le camp jusqu’à ses appartements, la haine frappe parfois physiquement, un coup dont il sent la violence sans faiblir. Il lui en faudrait plus pour ciller, beaucoup plus. N’a-t-il pas traversé des épreuves qui auraient tué n’importe qui ?

À commencer par lui ?

Mourir est une habitude facile à prendre.

                                        * * *

L’air est lourd de pensées, gorgé de larmes amères. L’ombre monte des parquets, suinte des murs, des toits, un objet est un piège, la tentation de se souvenir d’une mauvaise émotion.

La facilité se cache derrière les aspects les plus rebutants, des ordres, des indications, inutile de penser, d'exister. Bien vite le numéro s’impose, marquage qui aurait pu se faire au fer rouge pour rester dans le cadre d’une certitude logique, mais non, l’encre bleue viole la peau, griffure d’une époque qu’il ne sera plus permis d’oublier.

                                        * * *

Ce jeune homme aurait voulu reprendre son dialogue, retrouver son ami et le plaisir de la pensée, impossible. Un geste est une menace, plus de désirs personnels, ne valent que les ordres, ce rythme de vie imposé pour détruire corps et esprits. Reste la facilité : aimer son bourreau et le supplice pour voir en la mort la clé vers le Paradis.

Qui le sait ? Il s'interroge en découvrant son univers, la pièce tout en longueur, lits étroits, assemblages de planches superposés, perdre le minimum de place. L’organisation impeccable autant qu’implacable.

Il caresse étrangement sa nouvelle peau, un uniforme gris, rayé, il voudrait pleurer, chercher un regret, il ne trouve rien, d’espoir ou de désespoir, d’une petite graine pour imaginer l’avenir. Le temps est resté derrière la porte du wagon, désormais la vie est à savourer autant que possible. Il sait qu’un tel raisonnement choquerait, la vie ? ici ! non, impossible, interdit. Dans le fond de la noirceur s’ouvrira une voie nouvelle. S’il voulait affronter ses sentiments il chercherait une improbable sincérité. C’est sa façon de survivre, ne pas s’arrêter à l'apparence, un reste de croyance en une autorité supérieure elle aussi morte, quelque part. Dans son esprit ? Pas sûr, jamais il n’eut l’occasion de savoir ce qu’il ressentait en accomplissant des rites si anciens qu’il en perçoit maintenant l’odeur de poussière. Pas celle de l’extérieur, l’autre qui lui fait réponse, venant de l’intérieur, une ressemblance enfin comprise et la mort qui domine est celle d’un dieu en qui il ne peut plus croire. La sincérité n’est pas nécessaire. Facile d’agir sans question, la religion est faite ainsi, assez coercitive pour que les pensées restent en dehors, ainsi se fit un échange, allant vers la mort il se découvre une conscience personnelle et se débarrasse de croyances anciennes, peau morte protégeant les esprits inaptes au réel, sinon pourquoi supporter cela ? Le destin qui se présente ? Se peut-il qu’il y en ait qui croient aux promesses d’un monde tranquille mais séparé ? Le bonheur trop parfait est un mensonge, un sourire qui ne montre qu’un peu des dents dissimule qu’elles sont des crocs attendant de se repaître d’une âme fragile. Il devine ce qui l’attend. Pas besoin de savoir vraiment, l’odeur est un voile opaque que la lumière fait danser en la révélant pour qui ose accepter la lucidité de son regard. Peu l’admettront, la majorité priera pour ce nouveau départ, pensant qu'elle fut exploitée puis expédiée ailleurs. Ce sera vrai, tout étant dans la définition de l’ailleurs.

Un autre monde ?

Lui sait qu’ils y sont déjà, que cet autre monde est là, dans ce décor qui sonne faux, dans les regards des gardiens qui sont autant de portes sombres, béantes, sur la peur, une haine qui ne masque rien. Il sait, la vie ne conduit ailleurs que par la mort. Pourquoi ne pas le reconnaître, savourer la seconde qui se présente, plus de coups, de souffrance. Un souvenir jaillit, emporte le présent, inutile de chercher un état qui durerait toujours. C’est cela le bonheur, c’est cela la mort, sa présence en un lieu d’agonie est une chance à côté de laquelle il aurait pu passer, à l’instar les autres, ceux que, déjà, il ne reconnaît plus comme ses semblables mais comme des fantômes cherchant à s’adapter pour fuir une souffrance inéluctable.

Puanteur et promiscuité, des voix, des murmures, des échanges sur des vies passées, rêvées, sur un futur peint en rose. Qu’un doute surgisse et l’évidence d’un abîme qu’ils sont là pour combler surgira. L’image est venue comme un souvenir qu’il n’aurait pas vécu, ou pas ici, ou pas encore. Une promesse qui fait se tordre ses lèvres en une ébauche de sourire qui pourrait lui faire honte. Un gouffre, ouverture sur laquelle il s’arrête, cela l’intrigue davantage, il hoche la tête, entend des mots incompréhensibles, le choc qui le sort de sa rêverie, il est temps de répondre à l’appel, le premier, à ne pas manquer. Les peines sont réduites au minimum, à moins que ce soit le maximum. L’imagination sait qu’elle doit attendre un jour meilleur qui ne viendra pas. Les voix le crient, le gravent sur les surfaces malléables d’esprits noyés de peur. Lui ne se sent pas ainsi, non qu’il saisisse la réalité de la situation, au contraire, à croire qu’il en fait une chance, au point de le répéter pour le garder comme un trésor à surveiller jalousement. Qui sait ce que feront les autres, à qui faire confiance ? Les mots d’un instant révèlent une ambition que les faits mettent à l’épreuve, c’est le moment le plus important, s’affronter à soi-même, alors cèdent les motivations les plus pures, les forces les plus exposées comme des vêtements beaux mais fragiles. Il ne pourra jamais se confier qu'à lui dans le secret d’une tête qu’emplissent des images et des mots. Il ne se connaissait pas cette qualité, du reste il découvre qu’il ne se connaissait pas, il se faisait une idée de soi imposée par ses parents, son entourage, désormais s’il fait face à l’adversité il sait qu’au-delà c’est soi qu’il affronte. Le lieu s’y prête. Le pire fait révélateur ; fait-il aussi fixateur ? Ses illusions sont moribondes, la peur est sœur de la trahison, ce serait le jeu des gardiens que d’instiller la suspicion, la surveillance en serait facilitée, se regrouper fait la force, la valeur de l’union, quand il n’est qu’apparence, ne donne que des tentatives avortées paiement dérisoire d’un espoir survivant le temps de s’exprimer, qui en disparaissant laisse dans les esprits davantage de regrets. Une porte se ferme, un mur se dresse devant soi, ensemble il était permis de rêver, seul, la mort paraît une solution, un passage vers un peut-être. Le monde se fait gris, triste, le gouffre a faim.

Un nom est crié, le sien, malgré les pensées qui l’assaillent son esprit assure un service minimum, ne pas répondre réduirait son temps d’existence, la solution est dans ce compromis entre l’imaginaire et le réel, le premier pouvant se nourrir du second. Si un jour ce dernier disparaît alors la balle qui le frappera ne l’atteindra pas, son esprit aura trouvé refuge en un lieu indicible. Un sarcophage de peurs, de douleurs, le ventre de l’enfer. Petite cellule produisant un acide dont rien ne protège. Il entrevoit cette image, deux esprits se séparant, celui d’apparence dissous par le réel, l’autre préférant l’enfermement à l’affrontement. Soumission nécessaire, s’y abandonner en totalité n’amènera que l’échec, viendra le moment de la compréhension, face à la mort, tendant les bras, les masques tombent, les résolutions cèdent et la vérité qui s’impose n’est pas celle qui fut rêvée, elle a le visage souriant sans chair ni peur de l’absurdité.

Il entend dans les esprits proches les murmures, les imprécations, les prières, il en connaissait tant, toutes, mises dans la tête si jeune qu’elles furent positives, il accepta leur pouvoir, à l’image de ce qu’il devra accomplir dans ce camp, sacrifier une part de soi, un jeu de miroir derrière lequel, au-delà des gestes et des mots, il tentera de survivre. Seul, qui comprendrait, juxtaposer des situations opposées pour découvrir leur similitude n’est valable que pour lui, cas unique.

Unique ?

Peut-être est-ce sa façon de voir qui est spéciale, spécieuse, justifier ce rapprochement serait difficile, et pourtant, ce désir de contraintes, pour soi, l'autre, tous ! Ses parents ne lui voulaient pas de mal, il sait leur amour pour lui, leur seul enfant, à quel point il était important qu’il n’oublie pas le passé, ses racines. Maintenant il sait que les arbres n'atteignent pas le ciel mais finissent toujours par mourir.

Ne pas sourire, ne rien montrer, vider ses yeux, conserver l'attitude soumise, le corps est secondaire, ce qu’il va subir dépassera les souffrances connues, mais peu importe, il n’ose penser : tant mieux. Pouvoir se confronter à sa vérité en levant les yeux vers le bourreau non pour le haïr, non pour l’aimer, mais pour le remercier de ce qu’il offre de compréhension de soi dans un moment aussi difficile.

Aime-t-il souffrir ?

Le problème n’est pas dans un goût particulier, dans une passion, il n’y ajoute pas de majuscule, bientôt il osera s’il retient la leçon que céder, au pire comme au meilleur, est un seul piège. Céder à ses désirs sans les comprendre, à cette envie de s’agenouiller pour éteindre ses pensées, à ce désir de crier pour espérer la balle qui mordra ce cœur honni, à ce besoin de trouver une ressemblance avec son tortionnaire au point de se voir méprisable, au point, dans tous les cas, de renier sa vie et son âme.

Ses yeux contemplent le sol, son esprit le recouvre de mots, de situations, le repeint de couleurs qu’il découvre avec curiosité. Folie ? Peu importe la définition, peu importe le mot, le risque de savoir comme un poison prometteur, à admettre, sans lui obéir.

Le ciel est gris, quelque part, au loin, un reste de ciel bleu lui sourit. Tant qu’il conservera le pouvoir de secouer le linceul de ses peurs il se saura vivant. Les brimades, les coups, la douleur, rien ne l’atteindra vraiment, non en limitant son esprit, en l’emprisonnant, au contraire, en l’ouvrant sur ce qui se présentera, sur le pire sans le refuser, sur l’étrange sans y renoncer, sur le rêve, le délire, sur ce qui l’accompagnera sur ce chemin, au loin du voyage qui commence.

Alors il vaincra.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 06:18
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 05:48


 

Ils sont là depuis 20 ans, d'où viennent-ils, pourquoi sont-ils là, mystère ! Peut-être est-ce le hasard, et la volonté du scénariste, qui firent que le vaisseau spatial s'arrêta au-dessus de Johannesbourg, aussitôt il fit la une de tous les médias de l'époque, invasion, visite... Finalement des soldats pénètrent dans l'engin (pas si résistant que ça !) et trouvent une population d'extraterrestres à l'aspect étrange et semblant incapables de repartir ou de maîtriser leur propre technologie.



Les étrangers seront débarqués puis parqués dans une espèce de ghetto géré par la MNU, le District 9 est né ! La curiosité va vite faire place au rejet, d'une part par les frais engagés « ils auraient pu l'être ailleurs !» mais aussi par l'attitude des « crevettes » (surnom des aliens à cause de leur apparence) qui ne peuvent s'intégrer et montrent un comportement plus proche de celui du chien errant fouillant les poubelles pour trouver sa pitance que d'un être civilisé.



La tension montant la décision est prise de les éloigner, l'action peut s'engager.


Pour mener cette évacuation les autorités nomment un directeur, Wikus van der Merwe, dont la réputation de benêt n'est plus à faire, aurait-il été choisi pour cette raison, parce qu'il est le gendre d'un dirigeant de la MNU, les deux probablement.

Charge à lui d'aller voir les occupants du District 9 pour leur expliquer qu'ils doivent partir, « volontairement » et « légalement », les apparences étant importantes, leur langue ayant été comprise puis apprise.



Bien sûr rien ne va se passer comme prévu, Wikus, justifiant sa réputation, va faire une bourde aboutissant à sa contamination par de l'ADN étranger qui peu à peu va le changer en « crevette », lui qui les voyaient comme des animaux, malgré l'engin spatial, va découvrir que l'humanisme, et l'intelligence, ne sont pas forcément du côté de son espèce en général, et de ses dirigeants en particulier qui sous couvert d'action humanitaire cherchent à exploiter les armes dont disposent les aliens, sans qu'ils s'en servent, mais qui, étant activées biologiquement, sont inutiles entre les mains des homo-sapiens, d'où l'intérêt que va provoquer Wikus par son changement de métabolisme. Se rapprochant physiquement des aliens il en vient à les considérer au delà de leur comportement et à... Mais en dire plus serait dommage.


Le film démarre comme un reportage sur Wikus et suit son travail et alterne avec des séquences de cinéma « normal » son évolution et l'enjeu qu'il représente, lequel fait vite oublier qu'il fut humain, de là à dire que ceux qui ne demandent qu'à l'utiliser le sont moins que lui il n'y a qu'un pas, que je franchis sans peine !

 

Un vrai scénario, rien à voir avec Independance Day et autres américâneries débordant d'effets spéciaux, mêlant action et réflexion, sans grande surprise il est vrai, qui peut croire qu'une multinationale fabriquant des armes peut être une ONG sincère, que la vie puisse avoir plus d'importance que des milliards de dollars ? Réflexion sur le racisme quotidien qui nous incite d'abord à la méfiance puis au rejet si l'autre reste ce qu'il est ; la culture, les « crevettes » vivent dans des conditions sordides qui ne semblent pas les gêner, rien à voir avec notre vision du confort, et encore moins du confaible !


Dans humanitaire (humaniterre ?) il y a humain, ce terme peut-il donc s'appliquer aux aliens, faudrait-il créer un droit aliénitaire ou considérer qu'homme est une chose et humain une autre, le premier définissant l'aspect, le second les qualités intérieures définies comme telles par notre civilisation ? Facile de dénoncer par le cinéma mais confronté à la situation quelle serait notre réaction, quelle serait la mienne ? Faut-il y être contraint pour pouvoir entrer en contact avec celui qui est trop différent pour simplement concevoir que la compréhension réciproque soit possible ?




Pour tenter un résumé succinct : Vaut-il mieux être un con (ou présumé tel) comme Wikus ou un salaud comme (presque tous) les autres ? Éternelle question du choix, en sachant que celui-ci est rarement possible, mis au pied du mur qui pourrait réfléchir en son âme et conscience et agir autrement que spontanément, qui ?

Vous ?

Menteur !


 

Un film réalisé par Neill Blomkamp et produit par Peter Jackson, sortie française le 16 septembre 2009.

 


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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 05:20

 


Alibiberté ; Bouquetmissaire ; Castroentérite ; Célébriété ; Cocutopiste ; Crèche ; Défeqtion ; Femelléfice ; Flic ; Gigolo ; Humour ; Ilhumaniste ; Immondialisation ; Jugement Dernier ; Maffiavélique ; Messiomane ; Multimerdia ; Pauvreté ; Pass'yfier ; Psychothérapeute ; Ratd'art ; Schizoophrénie ; Schizophrénie ; Zoopitaux.  


 

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 05:18
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 06:02

 

Bonjour.


Je suis heureuse de vous accueillir pour cette émission qui traitera des tueurs en séries, une de plus dira-t-on, mais non, justement, nous voulons porter un regard différent sur un fait de société. Pas question de voyeurisme, de sensationnalisme comme vous avez pu en voir si souvent sur tant de chaînes, et, je me dois de le reconnaître, aussi, mais rarement, sur la nôtre.

Éloignons-nous de ce besoin de choquer mais rapprochons-nous au plus près de la réalité, pas de commentaires de soi-disant spécialistes, d'anciens policiers heureux de venir parler de leur bouquin, un moyen comme un autre d'améliorer leur ordinaire, mais sommes-nous là pour mettre en valeur ces fonctionnaires qui ne firent jamais que leur métier ?

Je dis non, pas de commentaire sur des interprétations de faits improbables, ce soir, et pour la première fois dans l'histoire de la télévision, nous allons donner la parole à un véritable tueur.

Non, ne vous récriez pas, ne vous effrayez pas, c'est une démarche des plus honorables que de tenter de comprendre quelles pulsions peuvent pousser à des actes horribles et répétés, dans quelle enfance souffrante baignent les racines de l'atroce. Qui sait même, si en lui permettant de s'exprimer par des mots plutôt que des actes, nous ne lui ouvrirons pas la porte de l'avenir en l'accompagnant sur le chemin de la rédemption en lui proposant de se rendre à la police. Ce n'est pas un but, c'est un espoir, utiliser notre média non plus comme un œil glacé de spectateur disant mais comme la main tendue d'un acteur de la vie sociale.

Comment avons-nous pu prendre contact avec lui, vous me permettrez de n'en point parler, il en va ainsi du devoir du journaliste que de protéger ses sources et de respecter ses engagements.

- Ben, êtes-vous là ? Nous l'appellerons ainsi ce soir. Ben, vous m'entendez ?

- Très bien Alice, très bien.

- Vous êtes quelque part, seul, avec un micro HF, nous ne savons pas où exactement.

- C'est vrai, je vous remercie d'avoir respecté cette condition.

- C'était bien le moins n'est-ce pas. Voulez-vous nous parler de vous ?

- De moi, de mon passé vous voulez dire ?

- Tout à fait.

- L'enfance dramatique, père alcoolique et brutal, mère prostituée... C'est ainsi que se présente la jeunesse de nombre de mes semblables, je dois à la vérité de dire que ce ne fut pas mon cas.

- Non ?

- Non, Alice, non, je vous ai dit le contraire lorsque nous nous sommes rencontrés, mais vous savez que nous avons pour don de savoir mentir, nous adapter, et surtout, surtout, de manipuler autrui.

- Ainsi vous dites m'avoir trompée ?

- Je peux avouer cela. Mon enfance fut banale, solitaire soit mais sans abus ni violence, un milieu bourgeois, quelque peu hypocrite comme il se doit mais rien qui ne puisse être tenu pour la cause de ce que je suis devenu.

- Alors je crains Ben que nous ne devions suspendre cette émission.

- Ce serait dommage Alice, dommage, patientez encore quelques minutes et votre audimat va monter.

- L'audimat ?

- Cette mesure de la bêtise sur laquelle votre salaire est indexé !

- Je ne vous permets pas.

- Quelle importance Alice, vous êtes une image sans pouvoir, une belle image j'en conviens, mais ce n'est pas vous qui tenez les ficelles de cette diffusion.

- Je ne...

- Vous cherchez vos mots ? Vous souvenez-vous de notre dernière rencontre, il y a une heure, lorsque vous m'avez donné le micro, je vous ai offert une boisson dont vous me dites qu'elle était amère... Oui ma chère amie, votre auditoire va croître mais vous n'en mangerez pas les fruits, le poison que vous avez absorbé est sans antidote. Vous cherchiez à marquer l'histoire de votre métier, avouez que, grâce à moi, ce sera le cas... Et je vous en remercie, asseyez-vous, votre cœur va s'arrêter, votre agonie sera courte mais en directe, en live, si j'ose dire ! Je gage que ce n'était pas ce que vous attendiez. Un dernier mot encore : Ne vous faites pas incinérer, vous connaissez mes goûts...


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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 05:43
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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 06:00

 

                                                  03

Les deux hommes se turent. Non par absence de mots, au contraire, par désir d’en conserver afin de n’être pas vide devant le futur. Chacun affrontant ses pensées, ses idées, ses doutes, les impressions curieuses d’un moment unique. Il semble difficile d’utiliser cette circonstance, cet endroit, pour tirer une leçon personnelle, mais pourquoi pas ? Là où certains pleurent d’autres réfléchissent, rient, attendent, replient leurs esprits dans le minimum d’espace laissant leur corps en avant-garde face à une pénible réalité.

Il y eut des cris, des gémissements quand le train s’ébranla, lentement, si lentement… Attendre n’était pas si pénible. Peut-être était-ce une torture de plus, un simulacre de départ, les portes allaient se rouvrir sur des soldats hilares du bon tour qu’ils venaient de jouer, mais non, cette fois l’inéluctable était en marche, impossible de changer, de tout arrêter, certains eurent cet espoir, fermer les yeux, hurler intérieurement en quête d’un nouveau réveil, cauchemar terminé, corps luisant, cœur battant... Mais dans son lit, entouré de son décor d’habitudes ! Pas de rêve, de cauchemar, sinistre réalité d’un convoi s’ébranlant, emportant sa cargaison de chair pour une destination obscure, loin si loin d’ici.

Regards, Mains jointes, les enfants pleurent, les vieux marmonnent, évoquent des puissances en lesquelles ils ne croient plus assez pour leur donner vie. Quand le doute s’installe dans un cerveau ses forces refluent. La vie s’impose quand recule le délire.

Une mère caresse le front de son enfant, il est malade, fiévreux, elle a tout essayé, promis, elle est jolie, pouvait offrir son corps ; trop de risques. Son fils agonise, elle le regarde, chantonne des mots d’un autre temps qu’il ne comprendra pas. Elle voudrait maudire, que ce train s’arrête, que le temps se fige, que le ciel s’ouvre, alors elle jetterait le cadavre à la face de n’importe quel dieu comme une injure dont il ne se laverait jamais.

Des conciliabules s’ébauchent, ils vont arriver dans un territoire neuf, tout sera à refaire. Ils y arriveront, ayant en eux la force millénaire d’une espérance que rien n’a pu étouffer, pour l’instant ! Ils ne savent pas ce vers quoi ils vont, ils ne savent pas que derrière…

VOUS non plus !

Le soleil passe mal entre les lattes, la chaleur ne connait pas cette frontière. Rester debout est torturant, s’appuyer sur les autres est pénible, reste à puiser en soi la force de voir d'autres promesses au travers des parois de ce cercueil promis à la géhenne.

Les corps se vident, l’odeur devient pénible, mains moites, fronts suants, quelqu’un secoue la porte, sauter, plutôt finir sous les roues qu’attendre. La serrure est moqueuse. S'ils s'étaient révoltés dans la gare combien auraient pu s’enfuir ?

Rêve ! Le destin est un chemin unique, seul le délire montre d’autre un possible dépassé, une sortie que nul n’osât prendre, et pourtant, de quoi l’esprit, se noyant, est-il capable ? Dans les ténèbres, l’infime éclair bleu de l’avenir paraît inaccessible. L’esprit efface l'instant, se focalise sur son objectif, le reste disparaît. Piège, le néant utilise mille visages pour tenter l’âme en errance.

Les yeux d’une mère se ferment sur de grosses larmes, dans ses bras son enfant mort incarne son destin, la vie n’a plus de sens, en eut-elle jamais un, quel pervers l’imagina-t-il, offrant à qui en profite d'en comprendre l'inanité. Seule la mort est certaine.

Un cœur sait-il pourquoi il bat, muscle obéissant, représentant idéal de la vie. Esclave sans vouloir jusqu’à épuisement de ses forces.

Des jeunes se sourient, les yeux dans les yeux, chacun se raccroche à ce qu’il peut et quand un hurlement résonne les autres font mine de n’avoir rien entendu, chacun sait qu’il peut être le prochain à crier.

La jeune mère se déshabille, presse un sein contre la bouche de son bébé, s’il ne bouge plus c’est la fatigue, s’il est froid c’est la faim, dire qu’elle aurait pu se méprendre, oublier son devoir, tout va changer, tout va aller pour le mieux et l’avenir sera radieux. Son bébé est assoiffé, il lui prend la vie qui lui reste, peu importe, elle n’a que faire d’une existence programmée pour n’être qu’un intermédiaire en vue de produire un autre intermédiaire lui-même… Qu’importe la chaleur, la puanteur, ce vieillard à genoux, les yeux fixes, le corps résonnant des soubresauts du convoi. Son enfant est l’espoir, elle le sait.

Le temps passe lentement, à croire qu’il le fait exprès, vite, achever ce voyage pour nulle part ! Moiteur, pestilence, corps faiblissant, les yeux se ferment, la violence s’éteint, reste une masse confuse attendant la décomposition.

Le souffle disparu la boue retrouve son aspect originel.

Ce jeune homme a faim, il ferait n’importe quoi pour s’alimenter, pour oublier son estomac. À quoi bon allaiter un cadavre ? Il s’approche, cherche ses mots sans les trouver, dur de penser, de parler, quelques gestes pour indiquer son désir, il n’est pas le premier à y penser mais le premier à exprimer son désir ? Elle le regarde, comprend, secoue la tête, tout est pour son fils, il n'est pas mort, il dort, la fatigue du voyage, le rythme des rails. L’instinct d’une mère est infaillible, elle ne se laisse pas abuser par les tendres manigances de son rejeton. Le jeune homme se fait pressant, il estime avoir le droit, pourrait le dire si parler lui était permis, mais la douleur est si forte, tout est rouge, brûlant, il ne peut résister à la tentation de s’approprier ce qui lui revient, stupide de nourrir un cadavre à la bouche close, ce bon lait qui dégouline sur le sol, de la vie qui se perd dont il désire profiter.

Personne ne bouge, fatigue, impossible de distraire de l’énergie pour si peu, tenir, bouger un minimum qu’ils se battent s’ils le veulent.

Comment résister à une violence incontrôlée, il saisit le nourrisson, le tient par les pieds pour lui montrer qu’il n’est qu’un pantin inutile et le lâche, son corps s’écrase au sol avec un petit bruit mat.

Elle crie, la folie gagne deux proies et les fait s’affronter, marionnettes au bout de fils invisibles qui se déchirent, se lacèrent et se détruisent. Bref combat d'allumettes trop fragiles, dans un dernier sursaut le jeune homme saisit le crâne de son opposante et le fracasse contre un rebord de fer, il frappe, épuise ses forces pour un inutile triomphe. il lèche ce qu’il peut, hésite devant la blessure de la tête, l’envie est trop forte, quelques heures de vies, quelques heures…

Personne ne bouge, ne juge, ne condamne, il n'y a personne !

Deux regards se croisent, se comprennent.

Le train roule dans la campagne, à l’entendre on jurerait un rire !

                                        * * *

L’ombre marche, de loin elle semble humaine, de près également, pour qui sait lire par-delà l'apparence l’illusion ne tient plus.

Un homme de taille moyenne, un physique solide sans musculature excessive, impressionnant pourtant par sa sérénité, certitude affichée dans chaque geste d’être le plus fort, que nul ne peut se dresser sur son chemin. Un regard pailleté d’orange, troublant, d’abord tranquille comme un lac de montagne, un lieu que l’on aimerait contempler plus longtemps, la curiosité s’impose, s’affiche, le temps se prend pour regarder plus avant et derrière cette surface calme apparaît une profondeur attirante pour l’esprit aventureux, abysse devenant vite un piège d’autant qu’en elle grouillent des formes étranges, des pulsations impossibles, des désirs insoutenables par ce qu’ils disent de qui les découvre. Le curieux savoure cette monstruosité accompagnée d'une ombre protectrice qui lui offre une montagne de satisfactions et un puits de délire où il se perdra. La tentation est là, sentir ce gouffre en soi, pourquoi résister, la vie vaut-elle qu’on refuse ces plaisirs, une excitation incomparable.

L’uniforme noir lui va bien, à croire qu’il a été fait pour lui, à la réflexion il se peut que ce soit le cas, insignes d’argent brillant, bottes de cuir impeccablement cirées, une ombre vêtue d'obscur, présence impressionnante par le seul fait d'être là.

L’ombre semble une force sage, une gueule attendant de mordre.

Il commande les lieux, s’est promené sur l’emplacement avant que les premiers bâtiments sortent de terre, fut présent chaque jour, les ouvriers en étaient stimulés, faire montre de paresse eut été risquer un sort pénible, une ballade dans un endroit discret, une pelle mise dans les mains, une balle en conclusion.

Yeux clos il inspire l’air chargé de particules imperceptibles, chacune lui dévoile un secret, lui livre une vie, de sa naissance à son ultime instant. Un plaisir qu’il épuise avant d’en saisir un autre, mais c’est l’affaire même du camp, son domaine.

L'ENTRÉE !

Les quais sont déserts, quelques soldats, il contemple le soleil descendant comme pour lui ordonner de ne plus revenir, pour que la nuit s’impose sur un monde indigne de la lumière.

Ses bottes martèlent le sol, ses yeux verts ne regardent rien mais voient tout, chacun le sait, dans le camp circule un vieux dicton Les yeux bleus iront aux Cieux, les yeux noirs iront au Purgatoire et les yeux verts iront en Enfer ! Il semble qu’ils l’aient déjà vu et souhaite le revoir, ici, maintenant.

Entendant le cri du train il sourit, personne d’autre n’a cette acuité auditive, personne n’a des sens aussi aiguisés, une vitesse aussi grande, une résistance que rien n’épuise. Il s’est vu qu’un prisonnier tente quelque chose, cela semblait facile, offrir sa vie contre celle du commandant, il n’y a pas à hésiter, le dos est tourné, offert, le prisonnier, rassemble ses forces, tient fermement ses chaînes, il peut frapper mais n’aura qu’une chance, il se précipite... L’air seul est déchiré de son cri alors qu’il tombe à genoux sous les yeux goguenards qui l’observent, s’il n’y avait que la méchanceté, qu’un appétit bestial, mais par delà la profondeur subsiste une braise plus troublante que le reste de ce personnage énigmatique.

Pour l’heure il écoute le convoi qui s’approche comme les pensées des milliers d’êtres que le camp absorbe avec une voracité insatiable.

Parfois il semble hésiter, un souvenir peut-être, d’avant, quand lui aussi jouait dans les rues, s’amusait et riait. Cela lui arriva donc ? Il paraît que non, comme s’il était né ainsi, sang froid alimentant un cerveau pétri d’atrocités, conçu pour définir les pires tourments sans qu’un obstacle soit autorisé à se dresser sur son chemin.

Peut-il se rappeler ?

Si ses pensées étaient lisibles qui y verrait plus que du délire, qui accepterait l’impossible ? Lui-même en vient à douter, à se frotter les yeux, mais non, la réalité est celle-là, son passé ne relève pas de la démence, il lui arriva de le déplorer, une seconde, personne n’est à l’abri du doute, alors son rôle le reprend, il ne peut se dérober, le pacte est passé depuis si longtemps, il est proche de sa réalisation, un temps nouveau va venir, qui ne durera pas mille ans mais plus, beaucoup plus, si longtemps que l’éternité même s’effraierait.

Logique par conséquent que lui aussi se pose des questions face à un gouffre contenant l’infini et mille fois plus de mystères encore.

Le train n’est pas encore là, une pause suffisante pour s’interroger, le murmure de ce qui lui reste d’humanité, un infime trésor, sans prix pourtant. Sans lui ne resterait qu’une coquille vide, forme minérale dénuée d'âme. Les regrets accompagnent sa malédiction.

Parler ? Il ordonne, personne, jamais, ne dialogue avec lui. Il voudrait parfois… mais comment ? Il est trop tard, le destin est inéluctable.

Son existence est-elle plus qu’une coquille charriée par le temps ? Visage lisse, il fait jeune mais son regard montre une expérience qu’une seule vie n’aurait pu lui donner, même la plus excessive. Le portrait de Dorian Gray n’existe pas et pourtant où se trouve les stigmates de ses crimes, son âme est-elle seule à les supporter ?

Il ferme les yeux, ses pensées courent, s’accrochant ici ou là, chien perdu cherchant son maître, un repère, sa route. La sienne remonte si loin, pourquoi s'interrogent-il ainsi, ce n’est pas le moment. Est-ce l'approche de la fin, un reste d’âme cherchant à communiquer. La vie ne put lui être arrachée complètement mais sa propre souffrance est aussi source de satisfaction.

Âme ? Le mot amuserait ceux qui le voient contempler les cadavres passant devant lui, qui connaissent sa maîtrise de la torture, il parvient à maintenir conscient des hommes, des femmes, des enfants dont le corps est en lambeaux, perdant leur sang par mille blessures, et le compte est à peine arrondi. Il détruit mais donne de la force à ses victimes pour en tirer l'ultime plainte. Personne ne sait mieux que lui découper la peau, révéler les viscères palpitants et les offrir à la vue du supplicié, nul ne sait déchirer un corps pour en arracher les os avec une force venant de l’habitude, comment nommer ces êtres dont les bras et les jambes pendent ? Limaces autour desquelles la mort tourne sans les prendre. Dans sa cave il a même fait construire un puits étrange. Des individus y sont jetés, de forts néons illuminant le sol révèlent un charnier, le condamné ne comprends pas, il pense à une torture, suppose qu’il n’est là que pour un moment, mais non, il est là pour y mourir, de faim, de soif, à moins qu’il n’ose voir dans l’amas corrompu une source de vie pour souffrir plus longtemps.

Certains furent fusillés pour avoir protesté contre ce traitement.

Qui lui demanderait ce que signifie ce puits, pourquoi il reste des heures à le contempler, indifférent à la puanteur qui en émane, aux cris d’un supplicié prêt à tout pour sortir de là, promettant de tuer ses parents, ses enfants, qui l’on voudra. Il leur rend service en ne les écoutant pas, regrettant parfois de n’avoir pas eu cette chance.

Le vent court, libre, indifférent, portant l’odeur alentours, imprégnant peaux et vêtements, rien ne peut l'effacer à croire que l’odeur est ailleurs. Comment nettoyer son âme sans s'anéantir ?

Le spectacle qui vient ne sera pas nouveau, maints convois sont déjà arrivés, il a vu des dizaines de milliers d’individus s'extraire des wagons, ceux restant à l’intérieur bénéficiant d’une balle, il a vu des fantômes chercher le salut dans la fuite, des vieillards implorer, des mères se cacher derrière leur enfant. Son regard cherchant toujours plus profond le pire dans l’âme humaine.

Le pire ?

Est-ce seulement cela qu’il cherche ou bien s’en rapprocher est-il le moyen de découvrir autre chose ? Craint-il une révélation balayant ses idées, brûlant et dévastant son passé ? Sur quel bûcher va-t-il monter ? Rien ne consume mieux que les péchés s’amuse-t-il à penser. Alors, les flammes léchant ses pieds il lèverait les yeux pour espérer que rien n’arrive, que cette agonie soit la dernière.

N’a-t-il pas, lui aussi, mérité d’être libre ?

                                        * * *

Le train entre en gare, image d’un vieux film, trace d’un temps en noir et blanc noyé dans un monde en gris et rouge, vermillon toujours brillant, toujours tentant.

Il regarde la bête humaine ralentir en se disant que ces deux mots forment le plus bel exemple de pléonasme qui se puisse trouver. La fumée éclairée par les projecteurs donne au spectacle un côté irréel, truqué. Au contraire, jamais la réalité ne fut plus forte, n’eut plus d’importance, quand bien même ses acteurs ne le comprennent-il pas. Qui sait quelles motivations sont sous-jacentes à ses actes ?

Lui ? C'est un souvenir imprécis, une impression ineffaçable, il préfère s’enfoncer dans les ténèbres pour fuir ce qui… Ce qui l’attend ! Il le sait, ce qu’il fuit ne lui court pas après mais le guette sur son chemin. Inutile de regarder, rien ne sortira des recoins d’ombre qu’il prendra pour des formes, et puis, son attention diminuant, la réalité surgira, le broiera sans un cri, sans un son, si ce n’est, quelque part, le ricanement d’une ombre qu’il comprendra enfin.

Un cortège de damnés de plus magnifiés par la nuit, l’éclairage et la perspective. Reste d’esthétisme niché dans sa contemplation, désir de repousser une impression hors du temps, hors de la réalité, non pour la magnifier mais pour la rendre supportable.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 05:57

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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