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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 06:00

 

Folie-des-glandeurs-03.jpg

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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 06:00

Qui regarde l'abîme 21  

 

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                                                    22

 

Car j’ai fait, ou ferai ! L’hérédité n'explique pas tout même en remontant l’évolution jusqu’à une époque où la pensée n’existait pas. L’important git dans le cœur organique, physique de la vie. Tout se tient à ce niveau, les actes résultent d’interactions intérieures. Je n’ai pas, pour l’instant j’espère, les moyens d’être plus précis. Il y a une piste à creuser, une explication à trouver, une source attendant sa découverte. Supporterais-je de m’y abreuver ?

Pourquoi ai-je envie d’en voir les conséquences, il y en aura j’en suis sûr, ce n’est pas un jeu, un moment qui passera, tout sera en moi et j’aurais à le vivre, à le subir, à l’exprimer. Ma faculté d’encaissement favorisera ma clarté, j’ai lieu de tout craindre avant que quoi que ce soit n’arrive.



 

S’asseoir, engager la conversation… Deux démences ne peuvent que s’affronter, chacune se voulant absolue, aucune ne peut penser que l’autre a un fond de réalité, cela la déstabiliserait irrémédiablement. Tout contre tout, pas d’entente possible, mieux vaut s’éviter.

Regretter d’être fou, soit, regretter de ne pas l’être, ça c’est étrange.

Je sais de quoi je parle, je m’en suis voulu, comme si j’avais fait exprès !

Il sursaute quand quelqu’un s’assoit près de lui.

- Ce n’est que moi commissaire.

- C’est plus que ça docteur, vous le savez bien.

- Vous faites le charmeur.

- C’est une apparence.

- Je sais, alors ?

- Je ne la reverrais plus.

- Elle n’est pas vraiment là, vous vous en rendez compte.

- Oui, c’est difficile mais moins que je l’attendais.

- Vous êtes venu le confirmer, rien de nouveau. Être sûr de vous, d’elle.

- J’avais une idée derrière la tête en venant.

- Mettre fin à ses souffrances.

- Vous le saviez ?

- Beaucoup de familles de nos patients évoquent cette idée, la souffrance psychique est plus inquiétante que la douleur physique.

- Peu souffrent réellement, grâce à vos médicaments, elle m’a fait penser à une plante, si belle, si blanche, dont les racines plongent dans l’absence. J’aurais voulu percevoir une trace de conscience, même lointaine…

- Qu’avez-vous envie de tuer de ce qui est en vous commissaire ?

- De tuer ?

- Vous m’avez entendu, ce n’est pas elle que vous vouliez tuer.

- En moi ? L’envie, ou le besoin, d’aimer.

- Vous pensez y parvenir ?

- Non, finalement j’aime conserver ces hochets, en sachant ce qu’ils sont.

- Et être aimé à nouveau ?

- Non, une fois suffit, je n’en ai plus besoin.

- Vous le dites avec beaucoup de sérénité.

- Évidence d'une fonction peu active chez moi pour cause d’enfance, culpabilité ou circonstances… Vous trouveriez cent bonnes raisons, mais peu importe, le fait prime d’un instinct disparu et, conséquemment, d’une énergie dont je peux disposer autrement.

- Vous le dites pour que je vous interroge. J’ai suivi vos pérégrinations, votre retour, cette conclusion définitive, tout se tient ?

- J'ignore ce qui fut retransmis ici, j’ai eu une expérience rare.

- Vous êtes mort.

- Temporairement.

- Vos signes vitaux étaient bas, ceux qui vous examinèrent se trompèrent.

- Non ! Il n’y eut pas d’erreur professeur, vraiment !

- C’est impossible.

- Vous voyez, vous ne pouvez pas tout admettre.

- Pas ce qui ressemble plus à un délire qu’à la réalité.

- Vous connaissez la réalité ? Vous regardez la folie en pensant voir au travers mais votre compétence borne votre vision, il y a tant à découvrir que parfois je me dis que la démence est un faible péage pour accéder à des merveilles aussi terrifiantes ! Le délire n’est qu’un torrent de pensées qui ne parvient pas à se canaliser, mais imaginez qu’un jour un esprit y parvienne, qu’une conscience survive à ce déchirement… Sans doute ne suis pas revenu d’entre les morts professeur, ils sont trop loin. La vie posa sur moi le suaire glacé de l’inéluctable, et elle le retira. Un contact infime, moins qu’une pensée mais inoubliable.

- J’entends vos paroles sans les comprendre, une espèce de NDE ?

- Il n’y eut ni accident ni coma, c’est pire, il ne s’agit pas de transcrire les premiers signe de la mort cérébrale avec le tunnel et la lumière là bas… Je n’ai pas vu de clarté, pas entendu de voix rassurantes, seulement perçu une immensité infinie qui n’avait rien de vide, rien. Il y avait une seule… une seule pensée, une attente, quel terme pourrait traduire cela ? Aucun, des dizaines réunies… Je vous avais prévenu que mes paroles vous donneraient envie de me garder.

- Non, vous n’êtes pas quelqu’un que l’on peut retenir contre son gré.

- Je ne vous le fais pas dire.

- Si, mais malgré ma faible intelligence et ma formation médiocre je peux tout entendre. Vous préférez converser avec un homme ?

- Au contraire, c’est avec moi que j’ai du mal à dialoguer, j’ai tant à apprendre avant de dessiner le portrait de ma vérité et rien ne dit qu’ensuite je la reconnaissance ou que la voir enfin ne me rende pas complètement fou. Si je ne le suis pas déjà bien entendu !

- Les circonstances de votre… décès doivent êtres capitales.

- Oui, Je savais ce qui m’attendait, ne me demandez pas comment, c’était évident, je n’avais pas peur, je suis entré dans la maison, descendu dans la cave en me déshabillant pour descendre dans le puits qui m’attendait. Ils étaient là, se tenant par la main, l’officiant s’est approché, a levé son poignard l’a enfoncé dans mon cœur alors qu'une immense chaleur se répandait… Dit ainsi cela fait Grand-Guignol, on n’y croirait pas dans un film, ma description est fade mais précise. Eux sont morts sans que l’on sache comment et moi qui ai survécu. La mort les prit, elle ne pouvait se déplacer en vain.

- C’était prévu ainsi n’est-ce pas ?

- Je devais être mort mais pas mourir. Je n’ai rien voulu, ni organisé, qui l’a fait, pourquoi ? À l’instar du roi sur l’échiquier je ne pouvais être pris.

- Vous avez envie de savoir si cela était prévu depuis longtemps. Pour conserver votre comparaison on peut dire que la partie commença avec votre naissance mais ne s’est pas achevée avec votre mort.

- Exactement, finalement vous conservez votre usage de l’intelligence, j’aurais été déçu de vous en découvrir incapable.

- Il n’y eut pas de tunnel mais un puits, ce n’est pas si différent.

- On peut dire que si l’un monte l’autre prend l’autre direction.

- Ce n’est pas forcément bon signe pour vous.

- Je n’ai jamais pensé que ça l’était, loin de là.

- Je préfère ma place à la vôtre, pourtant, quelle expérience tentante.

- Vue de l’extérieur, vécue elle est moins drôle…

- Une nouvelle idée ?

- Une impression, comme si je vous mettais en danger.

- Moi ? Vous sous-estimez ma capacité à supporter vos paroles.

- Comment être clair, pour moi c’est évident, comme pour chacun de vos pensionnaires. Même celui qui raconte l’histoire la plus insensée croit en ce qu’il dit, pour lui c’est LA vérité, celle qui dit tout, celle qui explique tout, celle qui raconte et avoue, celle qui montre et menace.

- Vous détenez la vérité commissaire ?

- J’espère que non.

- Une preuve serait facile à trouver si vous l’osiez.

- Vous pourriez y participer.

- Moi, je serais curieuse de savoir comment ?

- Curieuse… Je n’en doute pas, vous aimez les risques, psychologiques, c’est ce que je vous propose. Un saut dans l’inconnu : Tuez-moi !

- J’ai déjà eu cette demande, elle me surprend venant de vous.

- Il s’agit de procéder à une vérification. Je vois dans votre bel œil bleu que vous doutez de ma santé mentale, moi-même… Nous parlions de preuve, c’est le moyen d’en trouver une.

- Je ne comprends pas.

- J’ai l’impression de ne plus pouvoir mourir et j’ai envie de savoir.

- Vous pensez que je vais accepter cela ?

- Pourquoi pas ? Vous êtes là pour aider les autres, aidez-moi !

- De cette façon ? Je veux soigner, guérir si possible, mais pas tuer.

- C’est pourtant un remède, définitif, la mort est la consolatrice dont j’ai espéré en l’épaule rassurante, voilà qu’elle m’abandonne. Vous n’aurez pas le cran d’en faire autant n’est-ce pas ?

- Je ne peux pas faire ça.

- Mais si ! Ne supportant pas de la revoir, ma culpabilité devenue insoutenable j’aurais mis fin à mes jours..

- Venir armé dans un hôpital est illégal.

- Détail ! Un endroit discret serait le bienvenu, j’ai pété les plombs et redouté de mourir seul, votre regard m’a aidé à franchir le pas.

- C’est…

- Oui, remarque pertinente, allons, tentons l’expérience.

- Je ne sais pas.

- Dois-je le faire seul ?

- Soit, j’ai encore l’espoir de vous convaincre de renoncer à votre projet.

- Mon projet ? Vous convaincre et voir ce qu’il en est. Qui me regrettera.

- Vous en êtes sûr ?

- Presque, quelques relations, un ami qui gardera des souvenirs de nos aventures, je ne laisse aucun vide et nul ne dépend de moi. Tout est prévu ne vous en faites pas.

- Soit, venez avec moi, je connais un endroit où nous serons tranquille, un jardin particulier attaché à mon bureau.

- Ceint de hauts murs ?

- Vous connaissez ?

- Un arbre au centre, un banc dans son ombre ?

- Un parterre de fleurs, de la pelouse, j’aime à y marcher pour réfléchir.

- Péripatéticienne ?

- Pardon ?

- L’école péripatéticienne en Grèce enseignait à réfléchir en marchant.

- Une bonne idée.

- N’est-ce pas, même si de nos jours toutes les personnes qui marchent ne le font pas pour réfléchir, c’est souvent le contraire.

- Et vous ?

- J’aime fréquenter des endroits que je connais trop pour les voir.

- Intéressant.

- Pour vous chaque mot a un sens, si pas plusieurs, vous avez votre idée et vous ferez coller par vos interprétations mes paroles avec elle.

- Vous avez une mauvaise opinion de la psychologie.

- C'est un outil dont j’eus à me servir souvent.

- Dans un cadre limité, tous les humains ne sont pas des meurtriers.

- C’est ce qui vous trompe, potentiellement c’est le cas. N’importe qui peut tuer, c’est un des actes qui demandent le moins de qualités.

- Vous avez une vision peu réjouissante du monde.

- Et la vôtre ?

- Elle est riche d’espoir. Le pire assassin reste humain, comme sa victime.

- C’est exactement ce que je viens de dire !

- L’esprit est complexe, tout est compréhensible, sans être excusable.

- Vous allez dire qu’il y a du bon chez le pire meurtrier !

- Oui.

- Je vous montrerais des films fait par des tortionnaires. Je vous ferais entendre leur confession, je vous les ferais rencontrer, en regrettant que ce ne soit pas dans le cadre de leurs activités. Vous les imaginez en asile, calmes, tricheurs, ils le font bien, comme moi, trichant avec les autres comme avec eux-mêmes. Là, confronté à un tueur dans sa réalité la plus personnelle vous pourriez vérifier ce qu’il est et la justesse vos théories. Dans une cage le pire prédateur rentre ses griffes, qu'elle s'ouvre...

- Vous savez sortir les vôtres. Vous aussi vous êtes un prédateur, la société est votre jungle et vous y êtes à l’aise dans ce rôle.

- Vrai ! Mais je suis du bon côté.

- Social.

- Vous auriez préféré que je tue d’innocentes victimes ?

- Pour vous personne ne doit être innocent.

- Vous remontez dans mon estime.

- Vous êtes sûr de vous, méprisant, ça peut vous jouer des tours.

- Ça m’en joua. Vous vous trompez, je ne ressens pas le besoin de m’adapter, je ne le ressens plus, je veux m’exprimer comme je le ressens.

- C’est bien.

- Pour moi oui, mais les autres… Ceux dont je me fiche ?

- Dois-je comprendre que vous me faites confiance ?

- Sinon vous aurais-je fait la proposition que je vous ai faites.

- Je suppose que non, vous ne changez pas d’avis ?

- Non, vous pensez que je ne le ferais pas, que je joue avec vous pour me venger des résultats que vous n’avez pas su obtenir.

- C’est un peu ça.

- Vous avez tort. Nous arrivons. Bel endroit, ce doit être motivant d’être là pour se pencher sur des dossiers délicats.

- Le vôtre ?

- L’est-il ?

- Intéressant.

- Vous voulez m’expertiser ? Démonter mon fonctionnement psychique ?

- Ce serait un défi au dessus de mes moyens mais vertigineux.

- Là, je crois que vous ne serez pas déçu, vous allez voir.

Face à face ! Depuis quelques temps le commissaire songe à vérifier ce qu’il ressent, le faire seul l’angoisse, non par peur de mourir, à l'inverse, de se retrouver face à la preuve de sa malédiction.

- Vous allez le faire vraiment ?

- Oui, une arme automatique, il me suffit d’appuyer sur la détente, je peux prendre toutes les balles dans la tête.

Regards qui s’opposent, curiosité et excitation, le temps se suspend, épée de Damoclès voulant tomber sur deux têtes simultanément.

Elle pense qu’il va appuyer mais qu’il s’agit d’un jeu, l’arme est vide… La détonation lui explose dans la tête, celle du policier est rejetée en arrière, pourtant il reste debout, tire à nouveau, vide son chargeur.

Odeur de poudre, fumée sortant de la gueule sombre du revolver et de la bouche du commissaire. Yeux clos, poings serrés il encaisse l’émotion, le choc fut un soulagement quand il a senti la balle transpercer son palais, traverser son cerveau. Il s’en souvient comme s’il s’agissait d’un spectacle auquel il venait d’assister. L’arme tombe sur le sol, animal métallique inoffensif.

Lentement le commissaire rouvre les yeux, regarde devant lui, le ciel est indifférent, le regard bleu de son vis à vis est lumineux d’interrogation et de peur, brûlant d’incrédulité. Il fait demi tour, se dirige vers le mur, indique les points d’impact des balles qui lui ont traversé le crâne.

Elle s’approche, regarde, touche, comment douter, comment revenir à son monde d’avant ? Elle voulait découvrir ignorant qu'ainsi elle claquait une porte dans son dos ouvrant un nouveau monde, flou, nourri d’incertitude, d’effroi, sans raison pour le délimiter.

- Dois-je le regretter ?

Incapable de répondre elle hoche la tête négativement.

- Et pourtant il me semble que si, maintenant… Imaginer rassure quand la certitude terrifie, et l’éternité est effrayante. Le mot semble outrancier mais exprime l’évidence que je verrai le soleil se transformer, gonfler, s’approcher de la Terre pour la dévorer, ensuite… Le néant ou pire ?

Ensuite ?

Comment imaginer un tel personnage, comment le rapporter à ce que je suis. Il est de ce que je… Non ! pas ce que je voudrais être. La certitude du lendemain est une malédiction. J’aime penser que demain est un peut-être, que la nuit à venir sera éternelle et le réveil introuvable. Il est la menace absolue, la malédiction d’une vie dont je suis une respiration mais dont j’éprouve l’obligation. Elle n’a pas de conscience, est-ce une raison pour voler la mienne ? Je crains que ce ne soit ce qu’elle cherche à obtenir, obéissant à des contraintes qui lui échappent autant qu'à moi. Je sens ses fils et à travers elle d’autres qui viennent de… je ne sais où. Y penser me trouble. Je rêve qu’un jour je pourrais, qu’un jour je saurais… espérant que cela n'arrive jamais, je rejoindrais mon personnage et son destin. J’ai envie d’être précis, j’écris pour cela depuis longtemps, avec parfois tant de difficultés que je trouverais dommage que ce fut inutile. Comment ce commissaire pourrait-il expliquer ce qui s’est passé, à quoi bon s’échiner à formuler une hypothèse boiteuse ? Comme lui je ne sais que dire, aujourd’hui, mais demain ? La vie recombine perpétuellement ses éléments, l’humain en est une expression, l’esprit, la chambre d’écho, une façon de s’entendre, de se répondre, d’être étonné, que tout ne vienne pas d’elle directement, elle cherche des propositions des réponses de ses créations, elle en retient certaines, élimine la majorité et progresse, mute, et je suis là, spectateur lucide, plus ou moins. Où va-t-elle ? J’ai envie de répondre, envie impossible. Seule LA question importe.

Déclarations confuses ? Je sais ! Il y a si longtemps que je ressasse ces idées que je désespère d’un jour parvenir à les éclaircir, peut-être serait-ce ma fin, symboliquement exprimé par ce policier, sur la Terre morte du but atteint, regarder le soleil venir vers moi, la réponse m’envahir d’une émotion ultime. J’ai déjà une idée de cet aboutissement mais je ne suis pas pressé de m’en approcher ! Du chemin reste à faire, à titre personnel, par personnages interposés, à eux de me surprendre, de m’indiquer des voies que ma conscience n’anticipe pas. J’ai connu la folie, le désespoir, des moments de doute, d’effroi, je n’ai plus à regretter d’être encore là, de disposer de mes facultés intellectuelles mais à persévérer.

- Vous voudriez vous rattraper à la branche d’une explication rassurante docteur. Admettre sans comprendre est sain, admettre, pas croire, bien que l’anxiolytique théologique soit souvent choisi.

- Je dois être folle, j’ai cru être du bon côté, mais non, je rêve.

- Le bien est un mythe. Votre esprit se fendille, vous étiez prévenue.

- Je sais, j’ai cru, j’ai voulu.

- Vous n’êtes pas vaincue mais coincée dans une cage de dogmes médicaux ; au-delà existe un monde fascinant et dangereux. Les fous devinent, mais sans pouvoir supporter ni accepter, protégés par des molécules chimiques. Vous êtes intelligente, cultivée, vous pouvez oublier tout cela, accepter vos limites sera votre victoire. À tenter d’intégrer ce que vous avez vu dans ce que vous savez vous ne parviendrez qu’à l’autodestruction.

- Vous avez raison mais je fonctionne en automatique, j’oscille entre la raison et l’intelligence, entre l’instinct et la réflexion.

- C’est un couple dangereux, ils ne vont pas souvent ensemble.

- Sauf chez vous !

- Je ne suis pas comme les autres, vous avez pu le constater.

- Oui, je sais, j’ai vu, si je n’ai pas rêvé.

- Trop facile. Je connais, affronter une situation, la refuser, c’est une attitude que vous ne pouvez choisir objectivement, il importe qu’elle soit naturelle, spontanée, par la réflexion vous ne parviendrez à rien.

- Lutte intérieure.

- Penchez-vous sur votre cas, étudiez-vous. Vous avez la chance d’être des deux côtés, d’être confronté à une situation inédite et d’avoir les moyens d’analyser ce que vous ressentez, profitez-en.

- Difficile.

- Quelle est l’intérêt de la facilité ?

- Il n’y en a pas, sinon d’être facile.

- Vous retirerez en plaisir ce que vous risquerez. Votre curiosité vous a joué un tour, digérez les fruits de cette expérience.

- L’asile est un endroit parfait pour qu’un esprit s’exprime, je lâche mes pensées, elles ne seront pas perdues pour tout le monde.

- Vous comptez vous confier à vos collègues ?

- Non, à vous.

- Vous inversez les rôles, vous n’êtes pas censée faire ça.

- Je suis de moins en moins sensée.

- Oublier vos habitudes, vos vieilles pensées, déblayez les pensées qui vous obsèdent, vous verrez que vous irez mieux ensuite.

- Si je pouvais en être sûre, j’ai peur de ne jamais pouvoir accepter.

Ne luttez pas, acceptez le courant, la crainte, plus vous résisterez plus, quand ils vous submergeront, ce sera difficile. Vous apprendrez.

J’essaie commissaire, j’essaie. On gagne à éviter un combat inégal. Face à soi on ne peut vaincre, le mieux est de l’ignorer, d’être instinctif. Quand la raison s’impose, que l’esprit veut faire entendre sa voix alors les difficultés et la violence ressentie croissent. Je sais ce que cela fait de chercher à quoi s’accrocher, à regarder au cœur de l’abîme, à sentir l’appel du gouffre pour découvrir que l’on possède en soi la force de ne pas céder.

J’ignore toujours s’il s’agit d’une bénédiction ou d’une malédiction.

Il n’y a de différence que selon son point de vue, refuser cette réalité en fait une malédiction, autant l’accepter et en faire une force de vie. Je m’y emploie, tant bien que mal. Laisser venir, facile à dire, mais à faire ? Ce sont des mots, envie, besoin de libérer ce qui n’est plus ni haine ni rage mais une force moins mortifère sinon vivifiante. Un changement difficile à gérer, accumuler les atrocités est un plaisir simple, les dépasser pour en saisir le sens, pour en savourer la motivation, voilà qui est autrement plus violent, plus nourrissant, plus terrifiant de perspectives de vie.

 

- La vie est un mirage docteur, l’image adaptée à nos perceptions de la Création. Elle change continuellement, recombine ses éléments, certains forment des êtres humains et cela nous émeut mais je crains que la notion d’individualité lui soit étrangère ! Porter sur elle un regard "humain" est une erreur qui ne la distrait même pas. Seul demain est dans la lumière mais, pour prendre une comparaison parlante, c’est un tunnel dont l’extrémité plonge dans les ténèbres..

- Vous parliez de troc commissaire, est-ce ce qui va arriver.

- Si je pouvais… Non ! Que votre esprit cède à la panique n’aiderait pas le sien. Évitez la facilité d’accepter une destruction attractive. Je connais ce désir mais si je ne lui ai pas cédé vous pouvez le faire.

- Difficile commissaire, je voudrais reculer, effacer la dernière heure… Vous avez vu juste, je me fendille, mes limites explosent comme vous l’aviez prédit, voulu peut-être.

- Seule m’intéressait la confirmation de ce que je pressentais. J’aurais préféré mourir, j’en ai eu l’impression, le temps d’une pensée, d’un rêve. Reste un souvenir lointain au goût de cauchemar, de sang, celui de la vie. Ce lieu est un symbole docteur, vous avez mal choisi, si vous voulez réfléchir il faut ni une prison ni une cage. Croyez-vous ressembler à un hamster en vous démenant dans une roue fixe pour vous donner l’impression de mouvement ? Comment réfléchir dans un espace confiné ?

- J’y suis à l’aise pour trouver comment aider mes patients.

- Et au moyen de vous aider vous !

- Moi ?

- Pourquoi s’éviter en s’occupant d’autrui ? Vous êtes forte.

- Merci !

- Ce n’est pas insultant, vous ne ressemblez pas à ce que vous croyez être. Vous vouliez affronter une réalité inhabituelle. La folie des autres vous montre des univers étonnants, ridicules ou terrifiants, des fenêtres sur cet ailleurs dont vous rêviez. Vous êtes au pied du mur, face à un possible qui prouve que vous aviez raison et le supporter est difficile. Vous avez surestimé vos idées, mésestimé vos désirs, votre perte viendra d’une ambition au-dessus de vos moyens.

- Et bien, vous m’habillez pour l’hiver.

- Nous sommes en été. Préparer-vous à la saison froide qui vient. J’entends déjà les hurlements d’un vent glacé sur un monde aride où tremblent les dernières formes de vies en quête d’un abri. La tempête se lève dans les esprits, beaucoup préfèreront s’autodétruire par le délire, le fanatisme et la violence. Mais je me laisse aller, ne cherchez pas un sens à mes déclarations, l’ambiance agit sur moi.

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 06:00

 

La Crainte était muette et tremblait dans son coin.

Passant par là l'Espoir s'arrêta intrigué :

Nul danger n'est en vue, pourquoi donc te cacher ?

Demanda-t-il curieux devant un tel besoin.


 

Un péril peut surgir à n'importe quel moment,

Il faut être attentif, le calme n'est qu'apparent.


 

À l'écoute de ces mots l'Espoir devint pensif,

L'avenir pouvait-il être ombré d'inquiétude ?

Que veux-tu dire par là, qu'elle est cette attitude,

D'attendre de demain qu'il se fasse agressif.


 

La vie n'est que cela, la paix en cet instant,

Indique que bientôt reviendront les tourments.

Tu crois que le futur ne sera que meilleur,

Je sais que le destin est un démon railleur.


 

Bien sombre est ta vision se récria l'espoir,

Si le risque est réel, y penser l'accroîtrait.

La crainte se fit pensive, estima les attraits,

Puis songea à son rôle, ses besoins, son devoir.


 

Toi et moi associés, sommes complémentaires,

Quand l'un veut avancer voyant les avantages,

L'autre est plus circonspect, devinant le péage,

D'une médaille nous sommes toi l'endroit moi l'envers.


 

Ainsi être opposés n'est pas être ennemis,

Les contraires rapprochés donnent forme à la vie.

 


 

 

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Publié par Lee Rony - dans Fables
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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 06:00

 

Individu petit, quelqu'un de peu d'importance ; personnage remuant, intrigant, de taille disproportionnée à l'audace de ses entreprises

nelka2.jpg

                Image floutée pour respecter l'anonymat du joueur modèle.

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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 08:02

Solace – Afonso Poyart – 2015 - 101'

Joe Merriweather et Katherine Cowles arrivent sur lieux d'un nouveau meurtre, rien de plus habituel pour des policiers. Mais celui-ci est à rapprocher d'autres, récents, par la mise en scène mais aussi par la façon de tuer, d'un seul coup à l'arrière de la tête. Pas de torture, pas de souffrance, une mort rapide et quasi indolore. Comme pour les deux crimes précédents le tueur n'a pas laissé de traces, seulement des messages à l'intention de la police.

Rien ne semble rapprocher les victimes, ni permettre de s'approcher du meurtrier. Joe, en désespoir de cause, décide de faire appel à un ancien collaborateur, et ami, le docteur John Clancy. Lequel présente la particularité d'être un médium, lire l'avenir, ou le passé, est d'une grande aide pour une enquête. Katherine Cowles est dubitative, elle qui est docteur en psychologie criminelle.

Le docteur Clancy s'est retiré depuis deux ans, après la mort de sa fille des suites d'une leucémie, suite à ce drame sa femme quitta le domicile conjugal que le docteur occupe sans en prendre grand soin.

Bien sûr Joe n'a même pas à frapper pour que John lui dise d'entrer. Ce qu'il fait. Forcément !

Il présente son problème, ces crimes qu'il ne comprend pas, le mode opératoire, la mise en scène, ces messages que laisse le tueur pour mettre au défi les policiers de l’attraper.

Katherine Cowles devait rester dans la voiture mais un appel important arrive qu'elle doit transmettre à son partenaire. Raison pour entrer, faire connaissance de Clancy et lui laisser les dossiers des victimes. Au passage elle touchera le docteur... établissant un contact qui permettra à celui-ci d'avoir quelques flashs sur la jeune femme, son passé, et son futur.

Le médium laisse entendre que l'affaire ne l'intéresse pas, mais il faut bien que le film avance, il va donc changer d'avis, et se retrouver rapidement dans le bain. C'est le cas de le dire puisque la dernière victime vient d'être découverte assassinée dans une baignoire à l'eau couverte d'orchidées. Ensuite il demandera à visiter les lieux des crimes pour se familiariser avec les victimes. Un point commun va lui apparaître que les enquêteurs n'avaient pas trouvé. Les victimes souffraient toutes d'une maladie incurable. Un doute persiste pour la première, un enfant, assassiné alors qu'il mangeait une glace. Rien n'indique qu'il cachait un problème quelconque, il n'avait jamais vu de médecin. Ses parents affirment qu'il était en parfaite santé, il faudra que John soit convaincant pour qu'ils acceptent une autopsie.

Au cours de celle-ci, alors que Clancy demande au médecin de s'occuper en priorité du cerveau, il reçoit un fax. Alors qu'il le lit le légiste découvre une tumeur de la taille d'un petit poids. Mais John ne s'en occupe pas, il annonce qu'il laisse tomber, et s'en-va.

Le soir, alors qu'il prépare ses valises, il reçoit la visite de Katherine qui vient lui demander des explications. Il évite, louvoie, Cowles insiste. John lui répond donc, il lui raconte sa vie, son dépucelage à l'arrière d'une voiture, l'enfant qu'elle abandonna parce qu'elle était trop jeune... et pour finir lui montre le fax. Celui-ci lui annonce qu'une tumeur va être découverte, et à quelle heure.

Katherine met du temps à comprendre, Clancy lui explique que leur assassin est comme lui, il voit l'avenir, impossible de le surprendre. Il est même plus fort que lui.

Ce n'est pas une raison pour laisser tomber remarque la policière, au contraire ! Le jeu n'en est que plus excitant.

Passé ses hésitations, John ne peut que reprendre l'enquête, jusqu'à rencontrer son opposant, prêt à lui proposer un duel dont il lui raconte la fin.

Thriller classique, rythmé, affrontement entre le jeune et le vieux, Anthony Hopkins et Colin Farrel, sous le regard de Abbie Cornish et Jeffrey Dean Morgan. Peut-on tuer par empathie, où n'est-ce qu'une excuse qu'un psychopathe se donne pour se justifier ? Le film est une honnête série B, rythmée, sans effet trop appuyé, mais au suspens réduit par sa nature même : Hopkins étant du bon côté.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 05:13

 

 

Pas le temps de comprendre,

De s'entendre,

De s'attendre,

De s'éprendre.


 

Pas le temps de vouloir,

Le savoir,

Le pouvoir,

Les devoirs.


 

Pas le temps d'écouter,

D'accepter,

De continuer,

De renoncer.


 

Pas le temps de se souvenir,

Du pire,

Du désir,

De l'avenir.


 

Pas le temps d'avoir les mots,

Les échos,

D'un égo,

Des assauts.


 

Pas le temps d'avoir le temps,

D'être amants,

Confiants,

Conscients !

 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 06:00

 

 

 

Le génie est un tortionnaire auquel on prend goût avant de comprendre sa nature, heureux qui connaît ce mot mais ignore son sens.

 

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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 06:07

 

 

 

Histoire de varier les plaisirs, au lieu de laisser s'époumoner diverses chanteuses plus ou moins douées, j'ai porté mon attention sur le photographe nippon Kai Fusayoshi. Né en 1949 à Kyoto il a obtenu en septembre 2009 le prestigieux prix "Kyoto Bijutsu BunkaSho" récompensant les carrières artistiques exceptionnelles. Depuis ses débuts dans les années soixante-dix il parcourt sa ville avec ses appareils, argentiques, observant un monde en mutation sans avoir perdu ses racines.


 

Son travail ne lui permettant pas de vivre décemment il tient deux bars, l'un de jour dans un quartier étudiant, l'autre de nuit en centre-ville, autant dire que ce sont deux postes d'observations fantastiques.

 


 

Pour le situer disons qu'il s'approche d'une démarche humaniste à la Doisneau dans sa proximité avec les gens. Une qualité supplémentaire : il apprécie beaucoup Atget, ça nous fait un point commun !

 

 

 

   

 

 

 

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 05:54

 

 

Le premier ouvre les yeux, cligne les paupières plusieurs fois avant de se remémorer où il se trouve. Déjà la chaleur l'envahit et il sent ses frères s'éveiller l'un après l'autre. Les entourant des milliers d'yeux les observe, bientôt ce seront des millions puis des milliards, jusqu'à ce que tous sachent qu'Il est né et que leur règne arrive.

Tous sont maintenant conscients, conscients de ne plus faire qu'un, de dépasser la petitesse individuelle pour à travers l'union de quelques individus réunir toute une espèce. Bientôt ils sortiront, sauront où agir pour vaincre cette espèce dont ils surent tirer profit malgré la répression qu'ils subirent durant des siècles.

Quelques cris comme un chant de victoire, dans le monde entier chaque le répercute et si certains attirent l'attention que lui importe puisqu'il sait que l'important n'est pas un égo dont il ignore le sens mais la marche en avant triomphante qui va commencer maintenant que le Roi est éveillé. Déjà ceux du passé qui faillirent sont oubliés, demain verra un monde nouveau.



 

Leur monde.

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 06:00

 

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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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