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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 05:06

 

 

Le papillon sourit à l'idée de l'ouragan que le mouvement de ses ailes allait produire...

 

 

Acherontia atropos

 

© Igor Siwanowicz

 

 
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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 05:38

 

 

 

Dans l'étang la grenouille,

Gentiment coassait,

Craignant d'être bredouille,

L'insecte elle observait.

 

Un gros plouf tout près d'elle,

Éveilla sa méfiance,

Ouvrant grand ses prunelles,

Elle observa l'ambiance.

 

Une espèce de cailloux,

Avait été jeté,

Causant tant de remous

Qu'elle en fut intriguée.

 

Qui es-tu s'enquit-elle,

Curieuse malgré tout,

De voir cette stèle,

Enfoncée dans la boue.

 

Je suis un bénitier,

Tu devrais le savoir,

Puisque nous sommes liés,

Par d'hypocrites devoirs.

 

Le batracien surpris,

Voulu des précisions.

Ils devinrent donc amis,

Tant pis pour l'expression !

 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 05:06

 

 

                             02

 

Le vieillard que d’autres durent porter résiste, sa vie épuise la plus infime parcelle de force. Force moqueuse qui se retire de ceux auxquels elle promettait mais stagne dans le corps d’un ancêtre. La différence est infime entre l’enfant et le vieillard, question de temps. Patience, regardons le passer, quand vient la fin il semble s’être écoulé quelques minutes.

La mort est une délivrance, la naissance aussi, la mère offre un pion supplémentaire à la camarde.

                                           § § §

Étrange milieu, mélange d’excitation et de répulsion, je vois, je sens, je touche, les corps sont proches, celui que je palpe me semble étranger et pourtant moi, mon appétit croît à chaque respiration, chairs dures, graisses disparues sous des peaux jaunes et marbrées, sales et attirantes. J’ai envie de caresser, de profiter de ces textures sordides, de planter mes griffes, d’arracher pour que se révèlent les organes, les viscères, le squelette, le réseau des veines. Le frisson de dégoût sera mien autant que le plaisir d’être celui qui répugne. Passer ma langue, laver les cadavres encore tièdes, récupérer en moi ce dont ils se vidèrent, me remplir de pus, trouver ma forme, mon apparence, outre de peur ne sachant de quoi s’emplir.

Aucun poison n’est assez violent pour mon plaisir.

Ils sont là, vivants et cadavres, les premiers envient les seconds, cherchent à mettre un terme à une agonie sournoise. Puisque la mort est inéluctable autant chercher dans ses bras glacés une larme de réconfort. La mort joue, s’approche puis recule, teste les âmes, sachant qu'aucune ne peut la refuser dans un sursaut de peur. Elle se fera attendre, elle a le temps. Elle EST le temps !

Comment pourrir et vivre encore, savoir son corps en lambeaux et résister ? Pourquoi être là, au milieu du gué, incapable d’avancer ni reculer ? Le choix est un leurre, le sens c’est devant, tout droit, vers cette surface sombre qu'est le miroir de l’esprit. En elle la vie se reconnaît.

Retour impossible.

Enfants, vieillards, adultes moribonds. Regards qu’une question traverse parfois, service minimal. Que reste-t-il de ce physique que les hommes aimaient tant, de cette fière poitrine que les privations effacent, de ces jambes qui flageolent, de ce regard pénétrant qui… Que reste-t-il de ces vies en lesquelles je patauge cherchant une jouissance que je crains de trouver ?

Cette mère parle à son enfant, refusant d’admettre son décès, elle caresse ses cheveux sans voir qu’ils collent à sa main, que la peau suinte, se tavelle de couleurs nouvelles, quand ses doigts traverseront cette fragile barrière elle sombrera un peu plus, cherchera à arracher cette fausse protection, à trouver ce qui reste de vivant dans un corps se liquéfiant déjà. Un reflet quelque part, mais où, qui ? Je ne veux pas savoir, pas encore. Quelles mains se poseront sur moi, avides de fuir mais incapable de bouger, prisonnier, et les dents mordent, les bouchent se nourrissent de moi. Je vois mes chairs avalées, mes os à nu, muscles rouges, tendons. Les mains arrachent, se fraient un chemin, l’éclat d’un rire lointain, un visage à mon image, c’est ma peau qu’il vole et plaque sur l’impossible pour lui donner un aspect acceptable, mais je ne peux pas. Courir, encore plus vite, encore plus loin, ne jamais m’arrêter, jamais.

J’attends la mort, je sais qu’elle est là puisque JE suis là !

Prison carnée, ventre glacé, vague qui m’emporte, poison pour me ranimer. Mais je ne veux plus. Que le froid m’emporte ! La lumière ne verra qu’un corps sans vie, au cri résonnant par delà l’univers pour l’éternité.

Du premier cri au dernier soupir, le temps de l’illusion.

Cela est trop proche pour m’être étranger, ultimes espoirs d’un vivant redoutant un combat perdu depuis toujours. L’odeur du charnier me rassure. Je frémis d’une joie implacable. Tous se retrouvent dans la mort, dernier goulet avant l’anéantissement.

J’espère !

Qui suis-je, quelle est ma place ?

 

En chaque esprit je trouve des sensations se proches qu’il semble qu’un seul être soit là. En putréfaction toutes les âmes retournent à la boue dont elles crurent être sorties.

L’agonisant me devine, s’offre, me confie ses ultimes forces, se fait encrier pour mes pensées. Mais non, ce serait si facile de le libérer, de le justifier. Il est un décor, pas un être.

Suis-je plus que cela ?

Le temps m’emporte, ma quête est loin de sa fin, émotions et sensations sourient de me voir offert à leur pouvoir, à leur désir de plonger en moi, de m’habiter, sachant qu’elles peuvent tout se permettre car incapables de me détruire. La vérité fait mal, s’attaque à l’amnésie salvatrice. Elles vont disparaître au terme du voyage, j’ai envie d’en faire autant, de partager ce sort. Je ne peux pas, je ne peux plus.

Ces condamnés me nourrissent, m’accompagnent, ils ne m’en veulent pas et la honte est un sentiment qui ne m’effraie plus.

Leur mort à venir est celle dont je sors.

Ce jeune homme me plait, la faim le tenaille, il sait comment gagner du temps. Le cadavre est là, il suffit d’oser, de risquer, d’oublier cette âme qui gène. Allons, est-ce si difficile, est-ce la réprobation que tu crains, ou la jalousie ? Est-ce le regard de dépit ou d’envie ? La vie aime à passer par-dessus le dégoût d’elle-même, une épreuve qu’elle s’impose, un sourire, un cri, une main qui se tend et qu’elle redoute de voir saisie.

Par-dessus… Mais pas sur rien, sur un pont de rage où…

Ce pont ne peut exister, il ment, il triche. Les lèvres se posent sur la chair froide, des larmes se perdent, un sanglot, paupières closes. Les mâchoires se crispent. L’esprit sait que la vie est mécanisme, un corps geignard auquel il importe de dire non.

Dans la nuit le bruit du train est un éclat de rire traversant le monde et le temps.

Bientôt la terre sera un désert de pierre. La victoire du minéral seule apportera la paix.

Rien n’est pire que de voir sous soi l’abîme ouvert sans pouvoir y tomber. Alors l’esprit s’interroge, il cherche, il Se cherche.

Il ME cherche…

Est-ce à moi que ce message s’adresse ? Quel est le sens de ces mots ? Dois-je y puiser regrets et remords ? Tenir, avancer les yeux ouverts sur le monde que je découvre, un chemin déjà parcouru. Une seconde chance m’est offerte. Un rendez-vous est pris, la lumière m’attend. J’ai envie de poursuivre en affirmant que je ne lui survivrait pas.

Et si c’était le contraire ?

Je ne sais pas si je suis réel cependant je pense, je ressens, le corps est-il nécessaire pour cela ? La voix de la vérité murmure dans mon oreille, je fais l’idiot, un rôle si bien joué que je faillis croire en lui, et puis un jour j’entendis des coups contre la porte, sans me méfier j’ai ouvert…

Je n’ai rien tenté, imaginé, presque voulu, sans passer à l’action. Ces instants de doute s’effaceront devant l’évidence d’un temps s’achevant, d’un avenir s’imposant, d’une destinée dont chaque mot serait la peur que je ressens et mon désir de reculer. Je feins de chercher mon chemin, c’est lui qui m’a trouvé, qui m’emporte, Pas d’arrêt avant le terminus, des ralentissements pour regarder, et la marche reprendra. Eux voient en la mort une sortie, moi je la sais close, une issue de secours dont la clôture m’impose de faire le tour, de reprendre en sens inverse un chemin parcouru dans la précipitation et l’angoisse. Difficile de comprendre dans un contexte aussi impressionnant débordant de violence et de rage, folie de l’une, désespoir de l’autre, un cadavre dont les yeux ouverts sont une invite, cette femme si belle tombée les jambes écartées, son sexe envahi de sanie, j’ai envie de poser ma bouche sur lui, de l’aspirer, de me repaître d’une ciguë qui ne peut plus me détruire, c’est déjà fait.

La lucidité est le pire. C’est évident une fois passé l’irréversible, elle est le savoir nécessaire pour dompter sa nature. Seule une imagination aussi perverse que la mienne pu concevoir ce piège et s’y enfermer. Je me veux moribond, attendant les mâchoires qui me déchireront, je ne vois que les miennes en un sourire complice et moqueur. Ce train dépasse ma propre vie, milieu clos dont il est risqué de vouloir sortir avant qu’il ne soit à destination. Le paysage se fait aimable, attirant, un virage, le convoi ralentit, sauter… Non, le moment est passé. Je me retourne et le vois, là bas, loin, inaccessible comme tout ce qui provient du passé. J’ai faim de ces morts, de ces souffrances, de ces agonies prisonnières dans l’attente d’une échappatoire loin de l’adulation nécrophile. Ils ne peuvent avoir peur de moi, je l’ai voulu, mais non, pas de réprobation, au contraire, à travers le temps la souffrance partagée, comprise, est utilisée.

Je le veux ? Mais quel je ? Impossible d’imposer, entendre seulement, oubliant la peur par la certitude que lui céder serait trahir. J’aurais pu être dans la locomotive, loin de ces wagons remplis autant de sens que de morts, j’aurais pu choisir… À l’image du train je suis le chemin tracé, les rails sont posés sans place pour la liberté. Je devine les gardes, leurs sourires, leurs blagues lourdes, leur peur partout présente. Ils parlent forts comme qui ne veut pas s’entendre, faisant mine d’écouter l’autre pour se confesser ensuite. Si chacun s’écoutait, s’entendait, si… Mais ce pouvoir est rare, heureusement. Si la lucidité est un miroir lui en est le cadre !

Quelque chose m’attend dans ces mouroirs roulants ou dans leur destination, une force qui m’espérait, ces événements en sont l’appel ! Restait à l’entendre puis à percer son mystère. Ne pas comprendre trop tôt, ni trop tard. Je suis pile entre les deux.

 

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 05:38

 

Triple-coeur-copie-1.jpg

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Publié par Lee Rony - dans Sans Blog Fixe
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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 05:49

 

 Crocs-yante ?

VAMPIRE.gif

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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 05:00

 

 

Association formée en 1968 entre la chanteuse Yoko Kon (今陽子) et un groupe de bossa nova constitué de George Amano (ジョージ浜野), Andy Yamaguchi (エンディー山口), Lewis Takano (ルイス高野) et Pancho Kagami ( パンチョ加賀美), Pinky and Killers a connu la célébrité dès sa création avec Koi no Kisetsu (恋の季節), un titre vendu à plusieurs millions d'exemplaires au Japon et qui est resté à la première place du classement local (le top Oricon) pendant 17 semaines.

Le groupe se dissout en 1972 suite aux envies de carrière solo de sa chanteuse.

6 titres pour découvrir le petit doigt et les tueurs :

 

 

Pinky-and-the-killers-01.jpg

 

 

 

 

 

 

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Publié par Herr Basha - dans Sans Blog Fixe
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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 05:10

 

 

          Binge-drinking : Vider des bières avant d'en remplir une (le plus tôt sera le mieux) !

 

 

 

 

 

 

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Publié par Lee Rony - dans Dico A - C
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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 05:20

 

                              01

 

Les pensées m’emportent, force glaçante dont je devine les attentes. Je ne sais qui je suis, ni le sens de ces paroles, plus de nom, mais en avoir un est-ce être ? Le gouffre est ouvert. Comprendre pour atteindre l’autre berge du possible. Je crains de me découvrir éparpillé mais survivant, en quête d’une âme dont chaque parcelle crie pour retrouver les autres, se réunir et s’imposer à une réalité hostile mais excitante.

Ça ressemble à un rire, éclats métalliques meurtrissant l’espoir, broyant l’avenir pour en laisser un cadavre souriant. Glissements lourds sur les rails de wagons qui s’ébrouent, ventres de bois et d’acier prêt à digérer les vies dont ils sont emplis. Le destin est descendu à l’arrêt précédent, il n’y a plus là que la certitude funeste d’un inutile demain.

 

Visages souriants, quenottes se voulant crocs, bouches exhalant des murmures malodorants. Ma peur cherche son souffle. Le ventre se souvient de cris pareils à des rires, rien n’a changé, c’est presque une bonne nouvelle, tout dépend pour qui. L’ultime grimace d’une civilisation refusant de se voir agoniser.

Un esprit lucide verrait une forme dans un manteau nocturne, capuchon rabattu sur une face éternellement souriante.

À regrets parfois !

Le voyage est long, les souvenirs glissent sur les portes, courent derrière les convois qui s’ébranlent. Combien survivront ? Dans un esprit qui préfère s’endormir ; un corps que la vie fuit mais qui reste debout tant les autres sont serrés à devoir supporter la présence d’un cadavre sur lequel se jette une pourriture avide. La cage ne s’ouvrira que pour pire encore, l’imagination humaine sait se surpasser.

Exemple : ce couple était heureux, satisfait du possédé, vivant dans l’instant et s'en satisfaisant, mais si, avec les années, la simulation paraît crédible, elle ne devient jamais vraie. Le quotidien tourne en rond, c’est le bonheur. L’acteur joue, trop bien, il prend trop à cœur son rôle et finit par y croire, par ne plus vouloir en sortir tant son quotidien est laid et triste.

Des bruits dans un immeuble comme tant d’autres, des voix jappent. Coups de poings contre l’huis, ordres ponctués de ricanements. Ouvrir ? Le cœur serré, l’âme tremblante, impossible de faire autrement. Le bonheur était un invité, il aurait été choyé dans cette famille, et voilà, il s’en va, quelques cris et il disparaît en fumée. L’instinct ne le supporte plus, l’esclave jouit du joug sur ses épaules, veut que chacun soit ainsi, yeux braqués sur le sol, plongeant dans la boue en quête d'un passé aussi lointain qu'improbable.

Inutile de discuter, ces regards n’admettant rien, portes closes d’un esprit prisonnier d’une archaïque leçon. Le jeune homme a envie de parler, ses lèvres forment un mot, qui disparaît, inutile. Quelques affaires, quelques regards sur les murs, une photo, un tableau, un bibelot sur un meuble de famille, souvenirs déjà gris de cendres. La pente fait peur avant de s’y laisser glisser, ensuite c’est un jeu, les enfants savent bien cela.

Les enfants ?

Il pourrait oser, risquer, il connaît le quartier, dévaler l’escalier, se jeter dans la rue… Il ne peut pas, sa femme est là, dans les étuis de cuirs des pistolets guettent l’ordre de mordre, alors il se tait, s’incline. Parfois la mort est un soulagement. Enfin une certitude, plus la peine d’attendre, après le temps de l’angoisse vient celui de l’espoir. L'autre monde sera paix et silence, le passage seul est difficile. Une prière rapide, recouvrir le néant de quelques coups de peinture pour y croire, un peu. Si peu !

D’autres sont là, connus, inconnus, des mains se serrent, des regards se rapprochent, une étreinte rapide, souvenirs flous d'un monde que le présent déjà oubli comme s’il n’avait jamais existé, comme si la vie même n’était qu’un rêve douloureux au point d’espérer le réveil. La banalité est sournoise, elle voile le pire puis se retire au moment ou l’esprit ne voit plus qu’elle.

Choc.

Ordres brefs, une mémoire faible retient une programmation sommaire, utilisation optimale des capacités des gardiens du troupeau, ne voient pas autour d’eux, de moins en moins dans l’ombre, des silhouettes aux regards sans limite.

Des regards implorants se brisent contre un esprit englué dans le refus tel un insecte dans l’ambre. Une femme réclame pour son enfant, il est si petit, il a besoin, il a la droit, le droit…. Le regard retient, mal, un sourire, la mort ne fera pas de différence, maintenant ou après demain, quelle différence pour elle ? Ces serfs sont pareils aux yeux de ceux se croient seigneurs, pantins dont les fils sont si gros qu’ils ne peuvent les distinguer. De Seigneur, là, il n’est qu’un, voilé mais si présent que chaque pensée est une adoration, une imploration, une offrande, un peu de soi contre… mais contre quoi.

Contre QUOI ?

Ils voulurent oublier leur réalité, ils ne firent que lui céder davantage. La haine court sur le monde, elle frappe aux portes, à l’image d’un vampire qui, dit-on, ne peut entrer dans une maison sans y être convié, la première fois. L’esprit noyé par la peur lui cédait. Ainsi est ce temps, mais le vampire est plus fort, capable d’être en des millions d’esprits simultanément, sa faim est illimitée, tant de cous s’offrent qu’il ne peut refuser. Quelle gentille mais ne dirait-on pas dans son regard l’éclat du regret ?

Une seconde de renoncement condamne à jamais.

Combien osent admettre cela ? La conscience se fait rare, habituée à dormir et rêvasser, elle préfère s’éloigner. La vie n’apporte rien de bon, la vie humaine encore moins, ces mots forment un couple impossible sans autre progéniture que monstrueuse, mais viable.

Atrocement viable !

Corps entassés, parfois un vieillard tombe, on le porte, il veut mourir mais son cœur veut battre. La ridelle claque, les camions glissent sur le pavé mouillé, rues désertes, regards derrière les persiennes de fer, les volets de bois, combien d’esprits soulagés de l’offrande qu’ils acceptent ? L’autre est si loin…

Mais qui se reconnaît l’autre d’un autre ?

La gare se profile, allongée, tranquille, gueule avide et insatiable. Le chuintement des pneus sur le macadam est un dernier soupir redoutant de cesser, une vie se raccrochant à ce qu’elle peut sachant que céder sera sa perte. Le destin le veut, ce qui naquit mourra, le tunnel de lumière passe le temps d’un rêve, d'une interrogation sans réponse. La fin de vie est un moment unique, pourquoi ne pas en profiter ? Un dernier plaisir, un premier souvent, pour qui ose cela : Sourire devant sa propre mort.

Le souffle de la haine est fétide mais tiède, il réchauffe qui le libère sans en comprendre la source, qui refuse de le percevoir.

Plus pour longtemps.

Les cris des gardiens diminuent, c’est la vie qu’ils maltraitent, elle qui souhaitait venir en eux et qu’ils renient. Leur propre voyage aura-t-il une destination ? Départ programmé pour un ailleurs au-delà du pensable.

Le jeune couple a réussi à se maintenir, aller ensemble vers le même destin permet d'en supporter l’idée. Un wagon, un voyage, une destination peut-être acceptable, le temps de s’habituer. N’est-ce pas ?

N’est-ce pas ?

Ils ne savent pas, ou font comme si, tirant sur la connaissance la couverture de l’oubli qui réchauffe si peu. Le froid revient, le corps tremble, la peur s’amuse comme un gosse.

L’amnésie est une belle qualité, gagner du temps, recouvrir d’illusion l’évidence.

Ils se regardent et se comprennent, quelques mots, un souvenir qui chasse le présent. L’illusion est une idole sans pouvoir, le sentiment est leur guide pour passer l’épreuve.

Le temps s’étire alors que le train s’ébranle.

Des dialogues s’ébauchent, tissant la toile fragile d’un présent rongé par l’ombre. Chacun évoque un moment important, les grains de sable ont-ils une importance plus grande qu’une vie que le temps regarde couler avec indifférence ? Les enfants ont faim, les provisions durent peu, mais il y aura un arrêt bientôt, c’est sûr, c’est…

Mais le convoi ne s’arrête pas, un long cri, comme un appel. La peur englue les corps, qui veut tenter quelque chose ? Trop tard, l’abattoir est déjà ouvert, ceux qui lui sont destinés regardent ailleurs pour oublier que la vie y mène toujours.

Les heures pèsent, l’eau manque, les corps ne se maîtrisent plus, les vessies se vident, les sphincters se relâchent, la honte n’a plus de sens, la promiscuité crée un seul corps, masse informe que les mains glacées du néant pétrissent sans plaisir.

Civilisation, progrès, mots-costume élimé, oublié.

Un vieillard montre le chemin, il aurait voulu s’accrocher. Un homme comme tant d’autres, ses regards se firent implorants, attendant qu’une main se tende, il n’a pas osé demander, ses yeux se fermèrent, son cœur s’arrêta, lassé. Il ne tomba pas, ceux qui l’entouraient firent semblant de n’avoir rien remarqué. Ne pas voir, ne pas dire. La mort sera pour plus tard, ailleurs. Le temps ignore les suppliques, le cadavre glisse sur le sol et les autres regardent ailleurs. Cela fera un peu de plus de place. Qu’ils se rassurent, il en auront toujours davantage.

Les infections naissent vite dans un terrain favorable. Les corps s’épuisent, dormir ressemble au coma, au néant. L’odeur se fait insoutenable, les pleurs des enfants ont cessé, faute de larmes, faute d’espoir, la chaleur s’épuise attendant que vienne le froid.

Qui survit à la vie ?

Le train obéit sans savoir, tant de vies le jalousent.

Une main griffe la paroi, veut se retenir, le corps coule, le coin le retient, il reste à genoux, priant le néant qui l'accueille.

 

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 05:22

 

 

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 05:17

 

    

L'odeur

De la peur,

Senteur

De la terreur.

 

Courir,

Seul avenir,

Martyr

Pour finir.

 

Glisser,

Tomber,

Accélérer

Se faufiler.

 

Les aboiements,

Portés par le vent ;

Le goût du sang,

Nectar des tourments.

 

L'hallali,

C'est fini...

Mais, j'ai envie,

D'une autre vie.

 

Tant de proies, là, dehors,

Oublieuses de leur sort.

Mon cœur battrait, fort,

Si je n'étais l'ombre de la mort.

 

 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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