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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 08:45

Je ne suis qu'un Sisyphe marqué par le destin,

Condamné à gravir une pente de mots,

Nouvelles et romans, poèmes de ma main,

Quand un est terminé je repars de zéro.

 

Ai-je défié les dieux qu'ils me condamnent ainsi,

Faire et recommencer, gravir et redescendre !

Serais-je trop lucide, est-ce cela la vie ?

Aujourd'hui copie hier, le temps a goût de cendres.

 

Est-ce aussi parce que nous défiâmes Thanatos

Chacun à sa façon ? Lui par un subterfuge

Parvint à l'enchaîner tel un pauvre molosse

Avant que libéré il n'aille en son refuge.

 

Mais moi, qu'ai-je voulu, je suis une marionnette,

Faible enjeu d'un duel que je ne comprends pas.

Ai-je évité la mort ou est-ce une sornette,

Un conte pour enfant masquant la vérité ?

 

Je continue pourtant, comment faire autrement ?

Rêver une autre fin semble une autre torture.

Je reste sans vouloir, indécis, hésitant,

Prisonnier d'un dédale empli de créatures,

 

De mots et d'illusions pour avancer encore,

Cherchant une sortie demeurant invisible ;

Tout est toujours pareil, la vie mime la mort,

Toupie tournant sans fin, redoutant l'indicible. 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:32

Franck EkinciChristian Desmares – 2015 – 103'

Gustave Franklin est un savant en quête du sérum devant rendre les soldats de l'Empereur invincibles, malheureusement les recherches ne donnent pas le résultat escomptés sur les sujets d'expériences. L'empereur, mécontent, demande à son aide de camp de tirer sur les sujets ainsi crées afin de savoir s'ils sont invulnérables comme il le désire.

Erreur fatale, les sujets vont s'évader et causer des dégâts dans le laboratoire qui auront de fatales conséquences, la mort de Napoléon III en premier lieu.

Avril et le monde truqué

Son successeur accède donc au trône impérial ! Sa première décision fut de signer un traité de paix avec la Prusse, la guerre de 1870 n'eut pas lieu et la dynastie napoléonienne resta en place. Tout se présentait bien jusqu'à ce que, quelques années plus tard, les plus importants savants disparaissent sans que les polices du monde trouvent la moindre piste. La science n'avance plus, le monde ignore l'électricité, la radio, la télévision, le cinéma, la voiture et autres. Le charbon est la source d'énergie unique jusqu'à ce qu'il s'épuise et soit remplacé par le charbon de bois, ressource qui diminue à son tour provoquant des guerres pour s'approprier les dernières forêts.

En 1931 nous en sommes donc toujours à l'âge de la vapeur.

Le monde est gris, l'industrie périclite, la misère gagne, Pops, Le fils et Paul et le petits fils de Gustave poursuivent leurs recherches, ignorant que la police les observe et va intervenir. Or ce jour doit voir aboutir d'importantes découvertes.

Avril et le monde truqué

Avril est la petite fille du savant, elle s'amuse dans le laboratoire avec Darwin, son chat doué de la parole. L'expérience avance, la réussite paraît proche. C'est le moment que choisit la Sécurité Impériale pour intervenir, or le sérum ne doit pas tomber entre ses mains.

La poursuite commence, les Franklin volent un aérostat de la police. Celui-ci, touché, s'écrase dans une gare, au moment ou va partir le Paris-Berlin.

Ouf ! Mais la police est sur la piste. Elle s'approche, va s'emparer d'eux. Un nuage d'orage apparaît alors, frémissants d'éclairs qui, touchent les policiers et les parents d'Avril. Celle-ci s'échappe mais tombe dans la Marne en compagnie de l'inspecteur Pizoni. Elle se retrouve donc en institution, toujours avec Darwin.

Le monde est toujours au bord de la guerre.

Avril et le monde truqué

Dix ans ont passés, Avril a grandi, installée dans la tête d'une immense statue elle continue les recherches familiales sur le fameux sérum tout en s'occupant de Darwin qui a vieilli. Elle est toujours suivi par Pizoni, redevenu simple agent pour avoir échoué mais qui espère toujours retrouver son grand père, et les autres savants pour être réintégré. Il fait suivre la jeune femme par Julius, un repris de justice qui obéit pour éviter la prison.

Avril et le monde truqué

Avril manque de moyens, mais il y a peut être quelque chose à ''emprunter'' dans la fête foraine ? Elle se serait fait prendre si Julius n'était intervenu. Avec les produits elle peut continuer ses expériences.

Mais Darwin agonise, Avril, folle de rage et de désespoir, casse tout, ses tubes à essais, même la boule à neige dont le liquide fuit, coule jusqu'à la langue de Darwin, qui, l'ayant lapé, retrouve la santé. C'était donc là que se trouvait la version du sérum ultime.

Avril et le monde truqué

Avril est heureuse mais ce n'est pas le moment de s'arrêter, un rat équipé d'un émetteur s'approche, une voix en sort, celle de son père qui l'avertit qu'elle doit partir. Ils approchent.

 

Où sont passés les savant, qui poursuit Avril, le pouvoir impérial peut-il gagner la guerre et la science retrouver l'état qui devrait être le sien ? Sans oublier des sentiments possibles entre Julius et Avril.

Mais, qui se douterait que les savants sont détenus par…

Avril et le monde truqué
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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Animation
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 08:43
Bonne (D)année 2017
Bonne (D)année 2017
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 10:07

 

Agassi – Park Chan-wook – 2016 – 145'

Partie 1

Les soldats japonais passent sous la pluie, indifférents aux regards des autochtones qui leur laisse le passage pour ne pas être bousculé violemment. Nam Soo-kee pleure en affirmant que c'était à elle d'aller dans cette maison japonaise, mais non, c'est sa sœur qui a le droit de partir, de prendre la jolie voiture avec ses affaires. La propriété est immense, c'est Sasaki qui l'accueille et lui présente la propriété.et sa construction mélangeant deux styles, l'un anglais, l'autre japonais, les deux admirations du maître. Elle est mise au courant des rites de la maison, comme son droit de manger les restes des repas de Madame. Désormais elle s'appellera Tamako. Il lui faudra également faire attention à Mademoiselle Izumi Hideko, très sensible nerveusement, et qui dort juste en face de sa chambre.

Tamako va s'en rendre compte la première nuit en entendant hurler mademoiselle à cause du fantôme de sa tante qui s'est pendu à un arbre du jardin.

THE HANDMAIDEN

Nam Soo-Kee, pardon, Tamako, a appris jeune à se débrouiller pour survivre, à aider un pickpocket, à récupérer les enfants abandonnés pour les vendre aux Japonais. Fujiwara, Son patron est un expert en escroquerie en tout genre, il a pour but de séduire la nièce d'un coréen naturalisé, amateurs de livres dont il veut des faux pour les vendre sans s'en séparer. Et pour cela il a fait engager Soo-Kee-Tamako afin qu'elle lui prépare le terrain quand il arrivera en se faisant passer pour un comte. Pour la jeune fille c'est la perspective de toucher une part suffisante pour lui permettre de quitter son pays de pecnots.

THE HANDMAIDEN

La lettre de recommandation est aussi fausse que le reste. Qu'importe, Hideko et Tamako font connaissance. Mais la bonne doit vite admettre qu'elle ne sait pas lire. Qu'importe, Mademoiselle semble agréable, et donne à sa servante une paire de chaussures. Restée seule Tamako explore le domaine de sa maîtresse, regarde ses vêtements, essaie ses chapeaux.

Lorsqu'elle lui donnera un bain ce sera prétexte à une proximité troublante pour les deux jeunes filles...

THE HANDMAIDEN

Le ''Comte'' Fujiwara ne tarde pas, il n'est pas du genre à perdre son temps avant de conclure une affaire, surtout quand celle-ci est aussi jolie que Hideko.

Les deux jeunes femmes s'entendent de mieux en mieux, portent les mêmes vêtements, se faisant des confidences. Fujiwara essaie ses techniques de séduction, sûr d'un succès facile.

Tamako est jalouse et sa mauvaise humeur ne passe pas inaperçue de Hideko. Alors qu'elle a convié sa servante dans son lit elle l'interroge sur ce que veulent les hommes, la nuit, après s'être mariés. Tamako le sait bien et va lui donner quelques notions sur ce qu'est un baiser. Ce que sa maîtresse apprécie.

THE HANDMAIDEN

Avant de s'opposer aux desseins du comte. Qui malgré tout semblent se réaliser. Hideko accepte le mariage, de partir au Japon, à condition que sa servante demeure avec eux.

 

Le mariage a lieu dans un petit temple au sommet d'un immense escalier. Vient la nuit de noces. Maintenant ne reste au comte qu'à certifier le mariage avant de faire interner son épouse.

Mais...

 

Partie 2

L'enfance, tourmentée, d'Hideko.

THE HANDMAIDEN

Si vous aimez les films d'ambiance, lent comme une araignée tissant sa toile, alors ce film est pour vous, si, en plus, vous appréciez une touche d'érotisme, une pointe de perversité, le tout dans une mise en scène soignée, où chaque détail est à sa place, alors ce film est pour vous.

THE HANDMAIDEN

J'allais oublié une ambiance empoisonnée pour donner cet arrière goût si subtil qu'il peut échapper à qui préfère les produits manufacturés où la violence s'exhibe plus qu'elle ne se montre pour tenter de palier les faiblesses du scénario.

 

L'asile ou la corde ? Choisissez, et savourez !

THE HANDMAIDEN

Merci à PatiVore pour son challenge qui m'a motivé pour vous faire partager  mon goût pour la Corée et ses productions artistiques.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 08:05

L'année s'achève et avec elle le challenge coréen organisé par PatiVore, autant que ce soit sur une note positive qui permette d'espérer que dans un proche avenir la Corée retrouve son unité.

In Order to Live : A North Korean Girl's Journey to Freedom

Park Yeon-mi (박연미)

Traduit de l’anglais par Séverine Quelet – éditions Kero


Contrairement à ce que veut faire croire à son peuple le président Kim, RPDC ne veut pas dire République Paradisiaque de Corée mais plutôt Régime Pervers, Dictature caractérisée ! Cela nous le savons, ce n'est pas toujours le cas des Coréens du Nord qui subissent la propagande montrant ses dirigeants, et leur leader en particulier, comme des êtres hors du commun les protégeant d'un monde qui leur veut du mal.

Yeonmi connaît son avenir, il ressemble à un cul-de-sac obscur et dépersonnalisant. Elle vit dans ce contexte qui fait d'elle une révolutionnaire, pas une enfant, un rouage d'un système qui fonctionne grâce à elle, pour elle, qu'elle doit servir à n'importe quel prix. Une vie n'a d'utilité qu'en servant le régime, et la mort n'est qu'une sorte de mise au rebut qui ne doit pas affecter leurs autres éléments du système. Le reste du monde n'existe pas ! Son père était fonctionnaire avant de s'installer à Pyongyang où il devient homme d'affaires avant de connaître des difficultés et d'être emprisonné pour commerce illégal. C'est, dit-elle, de voir un DVD pirate du film Titanic, de James Cameron, qui lui fait ouvrir les yeux sur le régime de la RPDC. N'a-t-elle pas vu un de ses ami exécuté pour avoir acheté un DVD d'un James Bond ? Libéré, son père leur conseille de fuir, comme le fit la sœur ainé de Yeonmi, Eunmi.

Avec sa mère pourtant elles organisent leur départ. Le 31 mars 2007, la nuit est froide et obscure, elles descendent la berge abrupte et rocailleuse du fleuve Yalu, alors gelé, séparant la Corée du Nord de la Chine. Les gardes patrouillent, des postes de guet sont situés régulièrement, qu'elles soient remarquées et ils tireront sans hésitation. Yeonmi Park a 13 ans, elle pèse 27 kgs. La cicatrice de son appendicectomie la fait encore souffrir mais il fallait passer cette nuit. La jeune fille glisse, fait du bruit, heureusement le soldat qui les entend leur laisse une chance, sans doute fait-il partie des gardes soudoyés pour cela.

La traversée est périlleuse mais les lumières de Changbai brillent et attirent Yeonmi avec la promesse de pouvoir manger, à cet instant c'est le plus important.

Erreur ! À la place de la police du Nord elles vont connaître les passeurs. Alors qu'elles croyaient approcher de la liberté elles découvrent des difficultés pires que les précédentes. L'un d'entre eux demande des relations sexuelles avec lui sans quoi il les dénonce, sa mère s'offre à sa place. Les autres demandent ensuite si elle préfère être renvoyée d'où elle vient, avec pour perspective tortures puis exécution, ou être vendue ?

Elle choisit le moins pire ! En Chine elle n'existe pas, être réfugié c'est être rien, alors elle se tait, subit, attend, dans des conditions de vie plus dures que celles d'avant. Son père vient les rejoindre, meurt, mais il ne faut rien dire, rien monter, surtout ne pas attirer l'attention. Deux ans avant de pouvoir passer en Corée du Sud avec l'aide de missionnaires chrétiens chinois et coréens elle obtient le soutien de diplomates de Séoul, et (ré)apprend à vivre, dans un pays dont elle ne sait rien, au mode de vie si loin de celui qu'elle connut. Désormais elle étudie à l'université Columbia, voudrait s'orienter vers les sciences politiques (un oxymore?), l'économie, en continuant à parler de la vie en Corée du Nord avec l'ambition d’œuvrer pour que l'avenir de la RPDC ressemble au sien.

Yeonmi a vu les horreurs que les humains s'infligent les uns aux autres mais aussi la gentillesse, les sacrifices dans les pires moments. Survivre demande parfois, souvent, l'abandon d'une part de son humanité.

De la Corée du Nord Yeonmi garde beaucoup de souvenirs, le Yalu d'abord, queue de dragon entre la Chine et son pays qui rejoint la mer Jaune. En hiver les températures approchent les -40° à Hyesan, mais c'est la maison de la jeune fille. Elle est née le 4 octobre 1993, après seulement 7 mois de grossesse. La vie fut pourtant la plus forte, lui donnant une énergie qui lui permit de survivre d'abord et de s'échapper ensuite d'un pays où l'autre peut être un espion, où mourir de faim et de froid est courant. Elle raconte comment chaque jour est un combat jusqu'à ce qu'il soit évident que quitte à se battre autant que ce soit avec l'espoir d'un meilleur avenir.

Tous les Coréens du Nord ne peuvent suivre son chemin mais il n'est pas de dictature promise à durer toujours.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 08:44

Enrique Santos Marinas

 

Entre la Baltique et le Dniepr s'étaient établies des tribus slaves autour des guerriers Varègues et de marchands d'origine viking. C'est là qu'au début du IXe siècle naquit le tout premier État du monde slave oriental : la Rous de Kiev.

 

En 882 Oleg s'empara de Kiev, ses descendants étendirent leur domination jusqu'à entrer en concurrence avec l'Empire byzantin. Vladimir Ier assura la pérennité de la Rous de Kiev et pour cela se convertit au christianisme. Troisième fils de Sviatoslav, sa mère, Maloucha, avait été la servante de sa grand mère, Olga. Cette origine lui interdisait l'accès au pouvoir mais le jeune homme réunit autour de lui une armée suffisante pour s'emparer du pouvoir, d'abord en s'emparant de Polotsk, puis de Kiev, après la mort de Iaropolk, son frère ainé.

Histoire de profiter de sa situation Vladimir viola la veuve de son frère qui donna naissance à Sviatopolk. Celui-ci, influencé par sa naissance sans doute tua deux de ses demi-frères après la mort de son géniteur en 1015.

Vladimir est donc au pouvoir en 980, il consolide sa position en remportant de nombreuses victoires, contre les Polonais, les Bulgares et diverses tribus des environs, sans oublier de massacrer les peuples menaçant de se rebeller.

Partagé entre le christianisme de sa grand-mère et le paganisme de son père. En 988 il s'empara de Chréronèse en Crimée mais offrit de la rendre aux coempereurs de Constantinople, Basile II et Constantatin VIII, s'il lui accordaient la main de leur sœur Anne. Ceux-ci acceptèrent à condition qu'il se convertisse. Il accepta, détruisit les idoles des dieux païens à Kiev et ordonna le baptême de la population.

Cette conversion ne modifia en rien son comportement, polygame invétéré il eut des enfants de 5 femmes différentes. Qu'importe pour l'Église, le pardon lui fut accordé en regard de son baptême et de la christianisation de son royaume. Il accédé même, quelques siècles plus tard, au statut de saint !

Mort le 15 juillet 1015 il fut enterré suivant un rite païen, après quoi commença une lutte de succession qui opposa Sviatopolk à Boris et Gleb, le premier fit, nous l'avons vu plus haut, exécuter ses frères. Manque de chance, pour lui, la fratrie ne s'arrêtait pas là mais incluait Iaroslav, celui-ci sut défaire Sviatopolk et le fit mettre à mort, c'était plus sûr. Après quoi, enfin roi, il sut assurer à son pays une période de prospérité et d'essor culturel au point d'être surnommé ''le Sage''.

Politique et religion ont toujours fait ''bon''ménage !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 09:00
Exposition OSIRIS (Paris)

Statue d'HORUS en FAUCON

fin Basse.Époque-époque ptolémaïque

Granit noir

 

La statue est brisée en deux endroits, il lui manque la moitié supérieure de la tête et de la face, et seuls restent visibles quelques détails - on reconnaît cependant bien Horus en faucon.

Exposition OSIRIS (Paris)
Exposition OSIRIS (Paris)

AMULETTE 

Petite figure plate découpée dans une feuille d'or montrant un Osiris classique, avec sceptre, fouet, barbe et couvre-chef, emmailloté, et bien droit sur un socle qui symbolise Maât, l'ordre universel.

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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 09:00

Kim Hoon – Traduit du coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier – Gallimard – 2004

 

Les étoiles

Le palanquin des souverains défunts suit la ligne de crête, interminable processions funéraire, cortège précédé par celui qui souffle dans sa trompe en métal pour annoncer au ciel qu'arrive un roi dans la montagne. À côté du roi une cinquantaine d'élus seront ensevelis vivants, certains étaient volontaires, d'autres, non. Ils s'allongent dans des trous pour accompagner le roi défunt, creusés en éventail autour de la chambre funéraire. Les plus méritants étant les plus proche de la chambre en pierre où le cercueil du roi serait déposé sur des milliers de lingots de fer. Le temps passant, il suffisait qu'un tremblement de terre disjoignît la chambre funéraire pour que l'eau s'y infiltrât et fisse rouiller le fer produisant un jus brunâtre dans lequel s'immergeraient les cadavres des monarques.

Les royaumes se touchent entre les montagnes, quand les chiens aboient d'un côté, de l'autre ce sont les coqs qui répondent. Les surfaces cultivables réduites rendent la vie difficile et les affrontement sont nombreux pour s'emparer des biens du voisin, qui n'est jamais d'accord. Chaque village, pour se défendre, forgeait armes et boucliers au rythme des marteaux s'abattant sur le métal. Ainsi les rois étaient-ils bercés par ces pulsations, cœur de fer semblant battre pour l'éternité.

Les tombes se ferment, nul son n'en sort, quand quelqu'un veut fuir des soldats sont là pour le convaincre d'accepter l'honneur qui lui est fait. Si, la veille, les vierges promises s'enfuient, elles seront rattrapées, coupées en morceaux et jetées dans un puits, comblé et rapidement oublié. Personne n'en parlera, rien ne se sera passé.

 

Ainsi cela se fait-il depuis quatre cent ans.

 

La forêt de bambous

Ureuk et Nimum pénètrent dans la forêt de bambous, brillante, clairsemée et profonde prenant garde à ne pas écraser les œufs de caille éparpillés sur le sol détrempé. L'été précédent ils avaient ramené cinq troncs de paulownia, transformé depuis en planches. Quand celles-ci seront devenues instruments de musique peut-être comprendront-ils la magie des sons dispersés au gré du vent.

Il a plu depuis une semaine, Ureuk peut enfin sortir son cheval et avec lui partir en direction du port de Gaepo. L'odeur de la forêt est forte, les feuilles se balancent au souffle du vent et les branches des saules fouettent son visage. Ainsi lancés l'homme et son cheval ne font qu'un, partageant sensations et émotions. Il va à Gaepo pour vérifier que le vieux forgeron Yaro y a bien fait son apparition. Lui savait arracher à la chair du métal l'aigu d'une pointe. Il avait même rencontré seul le roi, reçu des présents, cornes de cerfs, peaux de renard, tant qu'aux funérailles du roi précédent il s'était retrouvé au premier rang.

Yaro méprisait Ureuk, un maître de musique, ignorant de l'art de la fabrication des armes. Celui-ci lui répond qu'il voulait faire courir son cheval ! Lorsqu'il parvint à l'entrée de son village,Ureuk aperçus les tertres des rois se découpant au sommet des monts lointains comme s'ils touchaient le ciel.

 

Le fer

Yaro se rend à Namwon, escorté de cinquante cavaliers et suivi de vingt chariots vides. La route est longue, entre les monts Gaya, Deokyu, Baekun, Jiri, parfois les franchissant, parfois les contournant. La bataille des plaines de Samae est achevée depuis quelques jours seulement, aucun soldat n'avait survécu, tous passés au fil des lames des autres. Privée de combattants, la bataille avait cessé d’elle-même. La guerre s'était exténuée comme un étang s'évapore jusqu'à n'être qu'un trou sec et seul un général avait trouvé le chemin du retour.

Le convoi de Yaro longe le fleuve, des cadavres putréfiés d'hommes et chevaux s'y entremêlaient. Les soldats de Yaro s'étaient enveloppé le visage d'un linge percé à l'emplacement des yeux, retournant les cadavres pour récupérer leurs équipements, haches et épées, regroupant ce qui était en fer au même endroit. Récoltant même les boucliers défoncés à coups de hache, détachant les armures, récupérant les casques. Le tout pesant plus de deux mille livres.

Ainsi le convoi rejoignit-il Gaepo en douze jours n'ayant perdu que deux soldats, écrasés par les chariots si lourdement chargés. Quand ils arrivèrent les filles de joie étaient en effervescence.

 

La soupe de coquillages

Le roi Gashil ne quitte plus son lit, son état est si dégradé que concubines et favorites ne s'approchent plus de lui. Le contact du tissu lui est insupportable aussi son lit est-il déplacé pour être au soleil le plus possible. Il sait sa mort imminente et de regarder les jeunes filles qui l'entourent lui donne l'idée de les emmener avec lui dans l'autre monde. Les frontières de son royaumes sont attaquées quotidiennement, les champs sont couvert de cadavres et d'armements rouillés. Le roi ne parvient pas à suivre l'évolution de la guerre, son esprit est trop faible. Tout juste peut-il distinguer les ombres autour de lui, et l'une se détache. Ara est son nom, elle a dix-huit ans. Elle est belle.

Ainsi, au fil de ses contes successifs et cohérents, Kim Hoon retrace-t-il la chronologie de Gaya et des Trois Royaumes, s'appuyant sur le Samguk Sagi et le Samguk Yusa. Le premier, écrit par un confucianiste sérieux, s'attachant à l'Histoire, le second faisant la part belle aux contes et légendes. S'attachant à Ara, une demoiselle d'honneur en fuite pour échapper à l'ensevelissement alors que Ureuk est convoqué à la cour pour trouver le son parfait digne d'accompagner les funérailles royales et que Yaro est appelé à réarmer le pays menacé par le royaume voisin de Shilla en même temps qu'il doit couler les fondations de fer de la tombe du roi.

Ureuk cherche le chant parfait des cordes, ainsi Kim Hoon use-t-il de ses personnages, individus pris dans une époque violente dans laquelle ils essaient malgré tout d'assumer leurs destins, pour composer une œuvre dont la magie ne peut échapper à son lecteur.

 

Le chant des cordes

Dans le cadre du Challenge Coréen de PatiVore.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Corée
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:41

Enfhanter : Obsession d'origine hormonale pouvant amener à des comportements asociaux dus au manque d'objet.

Enlaydir : Partir en limousine et revenir en corbillard.

Enpuceler : Placer une biopuce-GPS dans le cervelet afin de pouvoir toujours savoir où se trouve quelqu'un, pour sa sécurité !

Enthommologie : Science observant les comportement humains sans se limiter aux explications que ces derniers se donnent.

Étreinte : Bras-cage dont on espère qu'il durera toujours.

FaChination : Curiosité inlassable pour l'Empire du Milieu et sa culture. Il semble que l'auteur de ce blog en soit atteint.

Goddy bag : Sac étanche destiné à transporter des fantômes d'illusions dans lesquels certains veulent croirent encore.

Ignitiation : épreuve du feu dont sort rarement vivant le postulant.

Influensable : Progression du désert en Afrique, semble devoir continuer jusqu'à atteindre les côtes.

Rite : C'est moi qui fait comme toi ou c'est le contraire ? Mais pourquoi ?

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Publié par Lee Rony - dans Mon dictionnaire
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 23:27
Une grosse pu... b
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Publié par Lee Rony
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