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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 08:25

Amy Seimetz, Lodge Kerrigan – 2016 – 1 saison de 13 épisodes, de 27', pour Starz

 

Dans la famille Presley vous connaissez le grand-père, Elvis, peut-être la mère, Lisa Marie, probablement pas la fille Riley. Il faut dire qu'elle porte le nom de son père : Keough.

Mannequin à 14 ans elle apparaît dans quelques films, dont Mad Max : Fury Road et se retrouve en 2016 vedette de : The Girlfriend Experience. Série adaptée par Steven Soderbergh de son film éponyme avec Sasha Grey, porn star qui prouvait ses talents d'actrice dans un rôle qu'elle devait connaître.

 

Après ce préambule entrons dans le vif du sujet, si j'ose dire.

Christine Reade, vue de dos, suit le couloir d'un grand hôtel, frappe à une porte. Une jeune femme habillée de cuir lui ouvre. Leur client n'est pas là mais a laissé sa carte bleue afin qu'elles commandent ce qu'elles veulent. Ce sera donc le vin et le champagne le plus cher, entre autre.

 

Rien de drôle dans ces entretiens en vue de l'obtention d'un stage dans un cabinet d'avocat, obligatoire pour qui suit des études de droit, et pouvant ouvrir une porte sur l'avenir.

 

Elle répond avec intelligence et science aux questions, comme si elle savait vraiment de quoi elle parlait. Pas de problème, elle sait se préparer, choisir les mots qui prouveront son intérêt, fut-il feint, et retenir l'attention de ses interlocuteurs.

 

Dans un bar elle remarque un homme qui lui plait, perdre du temps n'est pas son genre aussi lui propose-t-elle d'aller au lit tout de suite. Une proposition difficile à refuser.

Le cabinet Kirkland & Allen est un des plus importants de Chicago, pour elle c'est une opportunité. Elle écoute, apprend, observe, se fait remarquer par le patron pour avoir voulu trop bien rédiger une lettre publicitaire qui ne sera jamais lue. Le copier-coller suffit lui dit-il.

 

Elle suit ses études avec plus de facilité que d'intérêt réel. Sa meilleure amie, Avery, fait semblant d'être étudiante elle aussi mais c'est pour plaire à son ami, beaucoup plus âgé qu'elle, mais qui ne les fait pas !

Christine veut en savoir plus, la vie de son amie l'intéresse, être seulement ''entretenue'', vivre dans un appartement luxueux, boire de bons vins, avoir ce qu'elle veut. Tout cela est bien loin de sa routine estudiantine.

 

Dans son quotidien Christine est peu liante. Elle passe des bancs de la fac à son, petit, bureau chez Kirkland. Être invité à sortir avec le ''copain'' d'Avery est plus intéressant. Comme de se faire appeler Chelsea, de jouer à être quelqu'un d'autre, à moins que ce ne soit le moyen, le masque, pour être, enfin, elle-même. Une soirée chic où elle fréquente des gens importants, elle est même, bien, payée pour cela. Dans ce monde tout se paye.

Elle découvre un nouveau milieu, d'autres personnalités et comportements. Quand un homme lui propose de partir elle accepte, sans répondre. Elle n'aura même pas eu à dire oui.

 

Ainsi suivons-nous une jeune femme sous différents aspects, l'étudiante, la stagiaire, l'escort. Avec cette distance qu'elle conserve, ce désintérêt pour les relations sociales ''normales''. Sa dernière occupation comme pour équilibrer les autres, ressentir une émotion, une excitation, que les autres ne lui apportent pas, ne générant en elle qu'ennui né de la contrainte des circonstances. Distance qui lui permet de garder le contrôle autant que possible. Du moins est-ce ainsi dans les premiers épisodes. Je préfère rédiger cet article avant de regarder les autres, ils pourraient dire la montrer avec un ressenti différent, des motivations contraires, une personnalité inédite.

Domine finalement l'impression d'une mise en abyme pour le téléspectateur qui la regarde agir comme elle le fait elle-même. La brièveté des épisodes évite le sentiment de lassitude pouvant intervenir, et Riley, qui présente des traits familiaux qui ne trompent pas, réussit à être dense et distante à la fois.

 

Quel est le moteur qui la pousse, le manque, éventuel, qu'elle voudrait combler, la souffrance qu'elle désirerait oublier ? Les prochains épisodes le diront, peut-être. Le risque de partir en quête de soi-même est de la mener à son terme. Danger et plaisir vont souvent de pair.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Serie
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 08:20

Sergeant York – Howard Hawks – 1941 – 134'   

 

Alvin Cullum York nait dans le Tennessee en 1887, troisième des onze enfants de Mary Elizabeth et William Uriah York. William meurt en 1911, Alvin doit élever ses jeunes frères et sœurs, les ainés, mariés, se sont éloignés. Il est travailleur, attaché à sa famille, mais l'abus d'alcool le fait se battre souvent. Sa mère, membre d'une communauté pacifique fait tout pour qu'il change. Il se convertit le 1er janvier 1915.

En juin 1917, mobilisé, il incorpore le 328e régiment d'infanterie au Camp Gordon. Il est persuadé que c'est un souhait divin qu'il rejoigne le champ de bataille et que dieu veillera sur lui.

 

Promu Caporal il se retrouve en octobre 1918 à devoir infiltrer les lignes allemandes pour faire taire des mitrailleuses. En chemin ils font des prisonniers mais se retrouve pris sous le feux des armes ennemies, 6 américains seront tués. Mettant ses hommes, et leurs prisonniers, à l'abri, il se dirige vers les tireurs. Il tue alors 28 ennemis et capture seul le bataillon de mitrailleurs allemands, 4 officiers et 128 soldats !

Ce fait d'arme lui vaudra une promotion au grade de sergent et 50 décorations, dont la légion d'honneur, La Medal of Honor, la World War II Victory Medal...

Démobilisé il rentre chez lui, se mari, fait huit enfants et refuse les propositions cherchant à tirer profit de sa célébrité.

Aux demandes d'écrire sa vie il contacte un éditeur, lui parle du journal qu'il tint durant la guerre. Tom Skeyhil rédigera cette ''autobiographie'' avec lui. Il refusera jusqu'en 1940 toute adaptation cinématographique mais pour financer la création d'une école biblique interconfessionnelle il acceptera. Ne posant qu'une condition, que son rôle soit tenu par Gary Cooper. Le choix était excellent, le film connaîtra un grand succès et sera 11 fois nommé aux Oscars, Cooper emportera celui du meilleur acteur dans un rôle dramatique.

La preuve que le pacifisme n'empêche pas de combattre et de réaliser des faits exceptionnels, même si, comme le dira York : Une puissance supérieur à moi me guidait, me gardait et me disait quoi faire.

Évidemment l'Histoire retint son histoire parce qu'il en revint, combien eurent la même conviction mais se firent tuer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 09:30

두근두근 내 인생 (Doogeundoogeun Nae Insaeng) - E J-Yong - 2014 – 117'

Han A-Reum a 16 ans, il n'a jamais été à l'école et passe son temps avec son ordinateur. Depuis peu il a commencé à écrire sur ses parents. Il est né alors que ses parents n'avaient que 17 ans, comme Roméo et Juliette. Han Dae-soo aurait voulu que sa Choi Mi-ra ne garde pas l'enfant, anticipant les conséquences de cette naissance, le regard des autres, les contraintes sociales, l'obligation de quitter le lycée. La jeune fille ne l'entend pas de cette oreille, bien que tous les deux doivent faire face à l'incompréhension, sinon l'hostilité, de leurs famille. Il faut dire que Dae-soo était connu pour avoir frappé l'arbitre de Taek won do. Les remontrances paternelles l'avait convaincu de quitter le domicile.

Il n'y retourna jamais.

Alors qu'il écrit, sa mère entre, vient voir si tout va bien, vérifier qu'il a pris ses médicaments, fait une prise de sang... le train train quotidien. Ensemble ils aiment regarder la télévision, justement il y a une émission sur eux, le fait qu'ils devinrent parents à 17 ans, et que leur fils doivent précocement quitter ce monde. En effet A-Reum souffre de Progéria, une maladie le faisant vieillir rapidement, à 16 ans son corps est celui d'un homme de 80.

A-Reum parle de sa maladie, se montre quand subit les traitements nécessaire à son état, quand il monte dans le taxi de son père. L'émission montre ses parents, sa mère, ouvrière, dont les collègues de travail ignoraient que la vie était aussi difficile.

Le show est produit par un ami des parents pour les aider financièrement. Quand il est dans le taxi les réactions sont très différentes, pour l'une c'est insupportable, pour d'autre c'est l'occasion de faire un selfie. Leur vie est faite de bons moments, manger ensemble dehors, boire une bière, rigoler, rien qui diffère des activités d'une famille normale mais quand un lycéen traite son fils de gollum, Dae-soo ne peut pas laisser passer. Sa maîtrise du Taek won do n'est plus ce qu'elle était et, maladroit, assomme le policier qui venait voir ce qui se passer.

A-Reum est partagé entre son âge véritable, ses pulsions et désirs, et son âge physiologique qui lui donne l'impression qu'il a autant vécu qu'il en a l'apparence.

Il continue à écrire l'histoire de ses parents, la grossesse de sa mère, l'attention de son père, alors que la maladie se rappelle à lui trop souvent. Un jour il reçoit un mail d'une jeune fille de son âge, Lee Seo-ha qui obtint son adresse par la chaîne télé, probablement, dit-elle, ont-ils eu pitié de moi pour être malade elle aussi. Le jeune homme se met à penser à Seo-ha comme l'ado qu'il est malgré tout, il en parle à M. Jang, un voisin à qui il se confie. Il ne sait pas quoi faire, répondre ou pas ? En attendant il doit retourner à l'hôpital. C'est sur son lit qu'il répond à Seo-ha.

Leur relation épistolaire, s'engage. Dae-soo fait des heures sup comme vigile, le weekend qui arrive on lui propose d'être un des gardes du corps des Girl's Génération, son groupe préféré. Impossible de refuser. En attendant A-Reum veut bien participer à une nouvelle émission, il sait qu'ainsi il facilite la vie de ses parents.

A-Reum est curieux de sa nouvelle amie, il voudrait en savoir plus sur elle, d'où elle vient, ce qu'elle veut. Être écrivain est son ambition, comme lui. C'est enfin le jour de ''Stardate'' l'émission avec les Girls Générations ! Manque de chance pour Dae-soo, son épouse et son fils peuvent l'apercevoir à lé télé. Et puisqu'il est question de télé, vient le jour du tournage, le réalisateur a l'idée de présenter l'amitié de Seo-ha et A-reum...

Le temps passe, lui n'est pas l'ami de A-Reum. À part ses parents, en a-t-il un(e) ? Comment peut-il profiter des semaines, des jours, des heures qui lui restent ?

 

La qualité d'une vie ne se résume pas à sa longueur ! Telle pourrait être la leçon de ce film. A-Reum, sait que la mort s'approche, il veut profiter de chaque instant, du ciel, des étoiles filantes, de ses parents, d'une illusion même. Il distingue la limite mais ceux qui ne la voient pas ignorent qu'elle pourrait être juste en face d'eux. Les acteurs sont sobres, malgré le soju, la réalisation évite la lourdeur et l'ensemble, malgré l'ombre qui plane, est plein de vie.

La cloche du nouvel an peut sonner.

D'après le roman de Kim Ae-ran

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma Corée
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 08:42

Franck Thilliez – 2012 – Fleuve noir

Il y a vingt-six ans

 

Piotr et Maroussia Ermakov regardent les couleurs bleues, oranges et rouges mordrent le ciel.

Le spectacle est magnifique.

Le lendemain les paysans regardent les hélicoptères, écoutent les sirènes au loin. Que s'est-il passé ? Rien d'important puisque ni la radio ni la Pravda n'en parlent.

 

Quelques jours plus tard Andreï Mikhaliov profite du chaos qui emporte l'Empire soviétique pour pénétrer dans un établissement de haute sécurité à 110 km de Kiev. Il ne regarde pas les ouvriers aller et venir, il sait, mieux qu'eux, ce qu'ils risquent. Il est là pour récupérer un manuscrit du début du XXe siècle et un animal curieux nageant dans une petite boîte transparente. Cela fait, au volant de sa Travia, il s’éloigne sans se retourner, vite.

Objectif : la France.

 

De nos jours

Le commissaire Franck Sharko vient voir le Dr Ramblaix, celui-ci n'a pas de bonne nouvelle à lui annoncer. Le spermogramme est inchangé. Le médecin évoque une cause psychologique puisque le policier eut un premier enfant 8 ans plus tôt.

En sortant il reçoit un appel qui le fait grimacer.

Il traverse le jardin en direction d'une maison individuelle, avec cette excitation de découvrir une nouvelle scène de crime. Le cadavre est recroquevillé au fond d'un grand congélateur vide. La victime s'appelle Christophe Gamblin, journaliste à La Grande Tribune. Un voisin, entendant son chien aboyer anormalement, appela la police qui, explorant les lieux, découvrit le corps dans le congélateur, lequel était fermé par une chaîne, visiblement pour empêcher qu'il soit ouvert.

De l'intérieur. 

En regardant de plus près il découvre que la victime traça des lettres dans la glace, on dirait AGONIA.

Comme il fut logique pour les policiers, Sharko et Lucie, de se rendre dans les locaux du magazine employant le journaliste. Rien de notable, à part un nom, Valérie Duprès, croisé chez Gamblin. Une journaliste d'investigation lancée sur une enquête dont ses employeurs ne savent rien, à rencontrer. Puisqu'ils ne sont pas loin autant gagner du temps.  

La boîte aux lettres, pleine, indiquait l'absence de Valérie, en revanche la porte forcée et ouverte montrait une visite surprise.

Ils font malgré tout une découverte, un message laissé sur le répondeur, évoquant un enfant trouvé, errant, mal en point, avec le nom de la journaliste dans la poche.

Voilà qui est intéressant.

Mais où est passé Valérie, quel lien avec le meurtre ?

Et cette noyée retrouvée en 2001 dans le lac de Paladru, mais qui n'y était pas morte ? Gamblin avait remarqué un cas similaire l'année suivante, dans le lac d'Annecy.

Sans oublier cette inscription Nul n'est immortel. Une âme, à la vie, à la mort. Là bas, elle t'attend sur un mur à Pleubian, Bretagne, faite avec le sang du commissaire. Ce qui rappelle une autre affaire au policier, une ombre menaçante le suivant, l'observant, l'utilisant.

 

Lucie et Franck ont de quoi s'interroger, et s'inquiéter, ceci en plus de leur désir d'avoir un enfant, le pourquoi des tests du second à la demande obsessionnelle de la première. Lucie est sûre que le journaliste traçait un tueur en série. les journaux trouvés sous le lit contenant des articles sur des faits divers pouvant coïncider tant ils présentaient un mode opératoire similaire. La ''signature'' du tueur. S'ils étaient passé inaperçus de la police c'était pour n'avoir pas été classés en crimes.

Franck se remémore la phrase de Pleubian, Elle t'attend... Il doit vérifier une idée. Et découvrir un élément inattendu.

Quel lien entre l'enquête de Gamblin et celle de Duprès ? Quid de l'enfant retrouvé tatoué d'un arbre surmontant un numéro ?

Vous voulez en savoir plus sur l'hypothermie, thérapeutique ou pas, les animaux qui supportent des températures glaciales, le sulfure d'hydrogène, le potassium comme arme du crime, les effets du H2S, la mort somatique, cette frontière en deçà de laquelle la vie reste possible, puis l'agonie qui est le passage, définitif. En principe ! Suivi de la putréfaction, dégradation des protéines et action des bactéries. Voila une lecture qui vous comblera...

En fréquentant ce blog vous avez fait, si ce n'était le cas auparavant, connaissance avec cet auteur. Nul étonnement alors que son imaginaire nourri de science me plaise. une fois la première page lu il est difficile de se retenir. La fin vient toujours trop vite.

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 09:00
Hôpital  de la Charité (Mâcon)
Hôpital  de la Charité (Mâcon)

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 08:33
Les gardiens du cimetière
Les gardiens du cimetière
Les gardiens du cimetière
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 09:00
Bon anniversaire Gaston !

Gaston, au-delà de Lagaffe   

Apparu pour la première fois le 28 février 1957 dans les pages du journal de Spirou, Gaston Lagaffe fête ses soixante ans en 2017. Le « héros sans emploi » créé par Franquin pour animer le journal devient très vite l’un des personnages majeurs de l’épopée Spirou et, sur plus de 900 planches, un véritable classique de la BD.
 
L’exposition proposée par la Bibliothèque publique d’information pose un regard neuf sur l’importance de ce personnage qui aura entraîné son créateur très au-delà de la BD jeunesse ; le gaffeur se révélant avec le recul subversif, militant, beatnik, écolo et au final porteur de questionnements très emblématiques de notre époque sur la manière de vivre en société. 

Conçue avec le concours de Frédéric Jannin (dessinateur de bande dessinée, auteur de la série Germain et nous et contributeur au Trombone illustré, aux côtés de Franquin, Peyo, Bretécher, Gotlib…) et de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault (auteurs chez Dupuis de Yvan Delporte, réacteur en chef et de la série en cours La véritable histoire de Spirou), l’exposition élaborée par la Bpi s’inscrit en écho au programme éditorial de l’anniversaire du personnage porté par les 
éditions Dupuis dont le point d’orgue sera la nouvelle édition de la série Gaston, en 21 volumes, avec des couleurs restaurées, et la publication d’un catalogue d’exposition largement documenté. 

Planches et éditions originales, dessins inédits, photographies, inventions et gags en tous genres permettront de redécouvrir un Gaston si proche de chacun d’entre nous, derrière lequel débordent tout le talent et l’audace d’André Franquin.
Bon anniversaire Gaston !
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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:26

Historia Spécial – Janvier_Février 2016

 

Philippe Charlier

Ce simple mot suffit pour que vous voyiez un être errant, mort mais animé encore d'une inextinguible faim de chair humaine vivante. En réalité, si l'on peut dire, il trouve sa naissance dans le vaudou, lequel a sa source sur le territoire haïtien. Île où trois cultures se rencontrent, négro-africaine, précolombienne et française. Son origine viendrait de nzambi (dieu) et zumbi (fétiche), en langue trilouba (bantoue).

 

Au-delà de l'effroi à leur vision, les zombies sont des êtres condamnés par des sociétés secrètes (Chanterelle, Bizango, etc.) puis drogués, principalement avec de la tétrodotoxine (tirée du fugu). La victime semble morte alors qu'elle est en catalepsie. Enterrée de jour, elle est exhumée la nuit suivante pour ''vivre'' sa nouvelle existence.

Pour l'attirer hors de sa tombe, le bokor (sorcier vaudou), ou ses aides, utilise un éléments spirituels de la victime et conservé dans une bouteille. Le bokor, donc, au pied de la tombe avec ladite bouteille, fait se lever l'individu. Celui-ci doit être aidé, les servants du sorcier tirent le cercueil du caveau puis le place la tête en bas pour que le sang afflue au cerveau, après quoi ils sortent le corps, le frictionnent pour détendre les muscles et aider au retour veineux. Enfin ils lui font boire une potion à base de feuilles de concombre zombie trempées dans du clairin (alcool fort), ou respirer la fumée des mêmes feuilles brûlées à ses pieds. Le zombie est ensuite aspergé avec de l'eau glacée puis violemment fouetté pour éveiller ses sens et stimuler son système nerveux afin qu'il soit capable de marcher. Un bâillon l'empêche de crier. Ensuite un condeur (ou conducteur) l'enveloppe dans un linceul, lui noue une corde autour de la taille et l'emmène chez le bokor.

Le zombie représente l'idéal de l'esclave, il se place au service de celui qui a commandé l'acte de zombification. Il se retrouve dans un champ de canne à sucre ou comme gardien d'une maison pour surveiller les murs ou les habitants. Son alimentation est surveillé, il mangue sur des feuilles de banane, comme les anciens esclaves, l'alcool lui est interdit, comme toute substance qui pourrait le réveiller. Le processus de zombification associe réel et symbolique. mélange difficilement compréhensible pour les occidentaux qui se concentrent sur l'action chimique au détriment de l'autre, ne voient que l'impact physique en mettant de côté l'esprit du zombie pour qui exister en tant qu'individu était déjà difficile puisque sans attache culturelle ou environnementale.

L'esclave, arraché à sa terre natale, voit se rompre la chaîne symbolique le reliant à sa famille, son pays, ses ancêtres, ses croyances. Le culte des morts (guédé) est capital dans le vaudou haïtien ; les esclaves y sont attachés dès leur inscription dans le système dominguois, il comble une absence et réstitue à l'individu des racines propres.

Le système esclavagiste prétendait destituer les noirs de leur humanité, petit à petit ils élaboreront leur propre religion, imaginaire radical et lien communautaire réel. Le baptême imposé par les colons français fut reconverti en une porte d'entrée aux rituels vaudou, mais l'influence du catéchisme, obligatoire, se fera sentir dans le syncrétisme entre chrétienté et religions d'Afrique noire.

Les zombies ne sont attesté qu'en Haïti, ''fossiles vivants'' d'un esclavage pas tout à fait aboli.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Science
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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 08:17

Madigan – Don Siegel – 1968 – 101'

 

Tiré d'un roman, The Commissioner, écrits par Richard Dougherty dans les années 60 inaugure un style cinématographique proche du documentaire. Dougherty, ancien commissaire à New York dans les années 50, avait donné à son texte une véracité qui manquait à d'autres ''polars''. Siegel sut garder ce ton pour sa réalisation, (un ton que seule la télévision avait exploitée alors) ce qui peut expliquer qu'elle ne connut pas le succès qu'elle méritait. Ce qui n'est pas une raison pour la maintenir dans l'oubli.

Deux personnages dominent ce film, le commissaire Anthony Russel et l'inspecteur Dan Madigan, magistralement incarnés, le premier par Henry Fonda, le second par Richard Widmark. Russel est un policier strict, exigeant, ce qui ne l'empêche pas d'avoir une relation avec une femme mariée, personne n'est parfait. Madigan arpente les trottoirs et rues de New York depuis 20 ans avec son partenaire, Rocco Bonaro.

Ils sont réputés pour leur efficacité, mesurable au nombre de citations récoltées depuis leurs débuts.

Dan et Rocco se rendent à Spanish Harlem pour arrêter Barney Benesch qui doit être interrogé au commissariat de Brooklyn. Les choses ne vont pas se passer comme prévus. Leur attention distraite par la copine, dénudée, de Benesch, celui-ci en profite pour s'emparer de leurs armes et s'enfuir. Deux choses qui vont fortement déplaire à Russel qui doit faire face à diverses complications, sa maîtresse veut mettre fin à leur relation, et le Dr Taylor, dont le fils aurait été brutalisé par des policiers racistes. D'autre part son ami, l'inspecteur en chef Kane est compromis pour avoir accepté des pots de vin afin de protéger un réseau de prostitution. Russel est encore plus de mauvaise humeur de savoir que ses policiers menaient une mission pour un autre commissariat. Il donne 72 heures à ses hommes pour ramener Benesh. Mais Madigan a lui aussi des difficultés personnelles, son couple bat de l'aile à cause de son métier qui lui prend trop de temps. Et encore, sa femme ignore qu'il a, lui aussi, une maîtresse : Jonesy.

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Benesh ne reste pas inactif, il descend deux policiers avec l'arme de Madigan, autant qu'elle serve à quelque chose ! Mais les policiers sont sur la piste, motivés par le temps qui passe et l'échéance qui se rapproche. Une ''relation'' va leur indiquer où se cache leur cible, reste à l'arrêter, pour de bon cette fois...

Madigan (série)

Widmark avait eu peu de relation avec la télévision, un épisode dans la série I Love Lucy, en mai 1955 ! Les années 70 voient se raréfier les bons rôles, il tourne donc un téléfilm : Vanished, en 1971. La NBC produisait alors The NBC Mystery Movie, un ensemble de série courte devant s'organiser entre elles. Dans ce cadre l'inspecteur Madigan trouva une périodicité convenant à son interprète. Six épisodes furent tournées, le policier en profita pour s'expatrier, à Londres, Lisbonne et Naples, les tournages eurent lieu sur place sur l'insistance de Widmark. La série ne fut pas renouvelée, elle avait pâti de la faiblesse de ses scénarios, de son manque d'action, bref, du manque d'implication de la chaine productrice.

Dommage, l'intervention d'un policier américain en Europe était une bonne idée, la confrontation des cultures, avec l'humour de RW aurait pu, dû, donner un meilleur résultat.

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Publié par Lee Rony
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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 09:07

Kôjin – Natsume Sôseki – Rivages poche / Bibliothèque étrangère – 1991 – traduit du japonais par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura  Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki le voyageur"

 

Jirô Descend à Umeda, prend un pousse-pousse, il doit aller chez Okada. Un parent lointain que sa mère lui a demandé d'aller voir. Il pourrait loger chez lui. C'est parfait puisqu'il a planifié un voyage avec Misawa, un ami. Se rendre à Suwa par la ligne Kôshû, passer par Kiso, descendre à Osaka. Après être passé par Kyôto il se rend chez son lointain parent, une personne qu'il n'a pas vu depuis cinq ou six ans. Comme prévu celui-ci se révèle plus chauve qu'auparavant, il possède une maison dont le premier étage propose une belle vue. Le soleil entrant directement fait régner dans la pièce une forte chaleur.

L'épouse d'Okada s'appelle Okané, jolie, de loin. Il en avait dit du mal autrefois, alors que les futurs époux commençaient à se fréquenter sous l’œil organisateur de ses parents. Le mariage est chose trop importante pour laisser seul le hasard et les sentiments en décider.

Reste pour Jirô à prendre contact avec son ami mais Okada ne possède pas le téléphone, en ce début de vingtième siècle la chose n'est pas entrée dans les mœurs.

En attendant pourquoi ne pas sortir, sur la colline, regarder les maisons dispersées et les haies. En ce soir d'été le crépuscule s'attarde longuement. C'est l'occasion pour Okada d'exprimer son interrogation sur l'absence d'enfant dans sa famille. Pour Jirô le lien entre enfant et mariage n'est pas évident.

Le lendemain arriva chez Okada une carte postale de Misawa prétexte à ce que Okané parle de son père qui n'écrivait que sur ce support. Quand Jirô lui demanda si elle voulait des enfants elle rougit sans répondre. En attendant des nouvelles de son ami, Jirô rencontra Sano, prétendant de Osada qui vivait avec sa famille, il avait, aussi, pour mission de rencontrer cet homme pour se faire une idée. Sano avait le front bombé, à part ça il semblait correct.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki" Aucune autre nouvelle de Misawa, Jirô en a marre d'attendre, il est prêt à partir seul mais une lettre arrive qui donne des nouvelles. Misawa est bien arrivé à Osaka mais est hospitalisé. Avec sa valise Jirô va rendre visite à son ami. Celui-ci avait toujours eu des problèmes digestifs, en partie à cause de sa négligence, une fragilité héritée de sa mère. Il connaissait tous les mots afférant aux affections intestinales. Discrètement interrogée l'infirmière ne put que parler de mal à l'estomac. Jirô en profite pour récupérer la chambre de son ami dans une auberge. Maintenant il lui est difficile de partir et d'abandonner Misawa dont le traitement consiste en poches de glace posées sur son ventre.

En partant, un soir, il aperçoit une femme, de profil, recroquevillée sur un coin de banquette. Sans le dire à son ami il imagine qu'il s'agit d'une geisha. Mais Misawa la connaît et avoue une part de responsabilité dans sa maladie. Un soir de Résultat de recherche d'images pour "tokyo 1906" forte alcoolisation il avait en toute conscience abusé, et forcé cette jeune femme à en faire autant avec pour résultat une double hospitalisation. Sans jamais la nommer Jirô et Misawa parlaient de ''cette femme'' à chaque visite du premier, le second paraissait en savoir davantage chaque jour grâce à l'infirmière, parlant de son travail dans une maison de geishas, qu'elle y était une vedette et ne se permettait pas d'absence malgré une santé fragile.

Un jour pourtant Misawa décide de rentrer à Tôkyô, en train couchette. Le temps presse, Misawa va rendre visite à ''cette femme'' pour s'excuser de l'avoir amené à boire du saké. Plus tard alors qu'ils parleront Misawa évoquera une jeune fille connue autrefois, un peu dérangée et qui ressemblait beaucoup à ''cette femme'', il avait fini par l'apprécier mais elle était morte.

À l'hôpital.

Le temps de se séparer est venu, la gare d'Umeda en est le décor.

Le lendemain Jirô dut retourner à la même gare pour accueillir sa mère, son frère aîné, Ichirô, et sa belle sœur, Nao.

 

Les frères pourront discuter, se connaître, se découvrir, évoquer, pour l'aîné, la difficulté du mariage, sa difficulté à comprendre sa femme, il demandera même à Jirô de l'aider à tester la fidélité de son épouse dont il doute parfois. Passer une journée avec Nao ne semble pas une épreuve pour le cadet. Le climat allongera leur tête à tête. Pour Jirô c'est l'occasion de découvrir qu'il connaît trop mal les femmes.

L'hiver approche.

Résultat de recherche d'images pour "natsume soseki"

Sôseki est au plus proche de la vie, des êtres, de leurs pensées, contradictions, espoirs et craintes. Dans le quotidien qui s'étire il voit les désirs qui s'approchent, la société qui s'impose, encore. Le mariage est important mais qu'attendre d'une femme qui en se mariant perd toute ingénuité ? Dès lors qu'attendre de la réflexion qui se perd en elle même comme une araignée tissant un piège dont elle sera finalement victime ? Laissez-vous prendre par la magie des mots, et l'intelligence des réflexions, sans affirmations pédantes ni démonstrations vaines. Un des personnages le dit : ''L'excès d'intelligence était précisément la source de ses tourments.'' Sôseki était-il tourmenté ? Je peux imaginer que ce n'est pas notre cas, ni à vous, ni à moi.

Mais peut-être suis-je hypocrite. 

Encore un grand merci à PatiVore pour avoir eu l'idée de consacrer ce mois à Natsume Sôseki. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Japon
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