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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 07:07

 

L'homme et le lion couraient, ensemble. Depuis quand, ni l'un ni l'autre n'auraient pu le dire, pour les deux le temps était un concept dont ils n'avaient pas besoin. Tout à l'heure n'est plus, bientôt n'est encore qu'une ombre floue qui se précisera l'espace d'un souffle. Les autres animaux s'écartent, regardent, admirent. Aucun ne manifeste de crainte ni de méfiance, en ce monde les émotions n'ont pas place.

 

Comprendre ? À quoi bon regarder en arrière pour imaginer ce qui est devant, à quoi bon anticiper, ce serait le meilleur moyen de craindre.

La peur n'existe pas, ou plus, ou pas encore, c'est un moment au goût de rêve où si les animaux s'affrontent, se battent, se tuent, c'est sans l'ombre acide de la conscience dont le regard amer ne distingue que l'obscur et l'espoir ne se nourrit que de ténèbres.

 

Bien plus tard, quand la nuit fut tombée, d'autres créatures prirent possession du monde, certaines prédatrices, d'autres proies, ainsi l'équilibre ne pouvait être rompu. Le vent resta identique, spectateur indifférent d'une représentation dont il avait oublié le commencement mais dont il verrait la fin, alors que toute forme de vie aura disparue.

 

L'homme ne dort pas, il écoute, chaque bruit est une nouvelle histoire qu'il écoute en attendant le sommeil. Son esprit est peuplé de formes insaisissables qui disparaissent sitôt qu'il tente de s'en approcher. Il n'a plus ce pouvoir depuis si longtemps que le souvenir qu'il l'ait jamais possédé s'est effacé.

 

Allongé sur le côté, la respiration lente et sereine, le lion sait que tout cela n'est qu'un rêve.

 

Le sien.

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Publié par Lee Rony - dans Fables
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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 07:00

 

C'est moi cette chose dans le miroir, cette association de lambeaux improbables liés par des fils aussi obscurs que la nuit, aussi sombres et brillants que de l'encre ?

De l'encre... L'effroi se mêle à l'attirance en un cocktail, lithique, mais incapable de me tuer, ce sur quoi il agit est mort en moi, pour autant qu'il ait jamais vécu.

 

C'est mal de se regarder. Enfant, on me le dit si souvent, monstrueux sans savoir en quoi. Créature improbable dans le dos de laquelle on murmurait quand, en face, on me parlait comme si j'étais il, un autre, personne. Ce mot, je, que voulait-il dire ; ce tu, était-ce moi, ce moi qui se taisait, qui se cherchait, existe-t-il quelque part, dans le fantôme d'un improbable jumeau dont je sentis l'absence avec tant d'acuité ?

Mal ? Ce que je fis l'était dix fois, cent fois, plus et pour cela je ne reçus aucune pénitence, hors ce besoin impératif de recommencer. Le sans coulait dans mes vaines, formol conservant le semblant d'âme qui m'animait.

 

Je sais qui est cette chose qui me regarde, qui me défie alors que ma peur s'estompe telle une brume que mes yeux oublient ? Plus près, regarder ces fils qui n'en sont pas, non, ce sont des traits, des lignes, des lettres, des mots. Sous mes doigts je sens à peine l'interstice entre les lambeaux qui me constituent. La magie du verbe les attache, les termes que je lis seront différents demain, chaque jour voit d'autres vocables, des adjectifs inédits, des propos qu'aucun dictionnaire ne recense.

 

Maintenant je comprends, sans ces mots je m'éparpillerais. Ce serait une solution mais je doute qu'elle soit définitive, dispersé je resterais conscient, chaque seconde serait une mort sans être une délivrance et, incapable de les exprimer, mes cris résonneraient d'autant plus fort en moi. Cela faillit arriver, plusieurs fois déjà, mais l'instinct sut être vainqueur sans que ma volonté dusse intervenir, tant mieux, j'en ai si peu que pour traverser mon destin je dois la faire durer, autant qu'un voyageur cheminant au travers du désert en ne disposant que d'une unique outre.

 

Il m'en reste encore, la preuve.

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 07:07

 

Le loup ne se pose pas de question quand il trouve quelque chose à manger à proximité de Hesjövallen, un hameau suédois si petit qu'il ne figure pas sur toutes les cartes. Quelque chose est étrange mais il ne perçoit pas de danger pour lui, dès lors pourquoi se priver ?

Karsten Höglin, photographe, voyage en quête de village s'enfonçant peu à peu dans l'oubli. C'est le dernier jour de son périple dans cette région de son pays, en fait, il l'ignore en se levant, mais c'est son dernier jour, tout court.

 

Tout est silencieux quand il arrive, perplexe il frappe à la porte d'une maison, guette un pas mais personne ne vient lui ouvrir. Pourtant il est au bon endroit, celui décrit, embelli semble-t-il, par un correspondant lui ayant assuré qu'il y trouverait une ambiance à la mesure de sa curiosité.

Et plus, tellement plus.

 

   

Puisque la porte de devant reste close il décide de faire le tour de la maison. Il n'obtient pas plus de réponse mais une fenêtre excite sa curiosité...

 

La douleur dans sa poitrine est térébrante, il parvient néanmoins à rejoindre sa voiture, démarrer, puis former le numéro des secours. Il murmure, à juste raison, qu'il meurt. Au détour d'un virage un camion le heurte, le forçant à s'arrêter. Quand le chauffeur s'approche Höglin a juste le temps de murmurer Hesjövallen avant de mourir.

 

Il faudra un moment aux policiers pour remonter jusqu'au hameau en question, pour forcer une porte et faire un macabre découverte.

Beaucoup d'autres vont suivre.

 

Birgitta Roslin est juge et surchargée de travail, par hasard elle tombe sur un article concernant un massacre découvert par la police de Hudiksvall, parcourant la liste des victimes elle remarque un nom qu'elle connait, celui des parents adoptifs de sa mère. De nature, et de profession, curieuse elle veut en savoir plus. Fort à propos un arrêt maladie va lui donner le temps d'entamer une enquête qui va partir d'un petit ruban rouge et la conduire jusqu'en Chine, en passant par la construction du chemin de fer au travers du désert du Nevada.

 

La vengeance est un plat qui se mange froid, très froid. Un siècle ne suffit pas et la modernité envahissant Pékin n'efface pas le désir aux descendants les crimes d'un seul individu.

 

Changer de vie est un désir louable mais qui peut conduire sur des chemins inattendus et périlleux dont certains ne verront que le début alors que d'autres n'imagineront pas les actes de leurs descendants.

 

Mankell, qui a laissé en chemin Wallender, nous entraîne à travers le monde, accompagnant Birgitta, croisant Yan Sa et sa sœur Hong, vous ne serez pas surpris si tous n'atteignent pas vivants la fin du roman.  

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 06:57

 

Il y a plus fun, c'est sûr, plus beau, ça...

 

 

 

 

 

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai entendu
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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 07:07

 

J'étais là jadis, marchant sur ce trottoir,

Les voitures avaient des roues de bois,

Peut me chaut que vous puissiez me croire,

Il me suffit que vous entendiez ma voix.

 

J'étais là jadis, et mes pas sur le marbre

Résonnaient dans tous le palais ;

Se courbaient les courtisans, les arbres,

Empereur, demi-dieu, héros inégalé.

 

J'étais là jadis, affrontant les cyclones,

Un sabre sanglant prolongeant mon bras,

Octroyant la mort comme une simple aumône,

Avant, à mon tour, de finir sous un drap.

J'étais là... ailleurs, en tellement d'endroits,

D'Hamlet aux Cantervilles, Madame Muir...

Qui me voit tremble d'effroi,

Qui me connaît ne veut plus me fuir.

 

Je fus, je suis, et je serai,

Omniprésent par le virtuel,

Le domaine où je règnerai,

Lieu idéal d'un immortel.

 

Avoir vécu sans être né,

Connaître la vie par son arôme,

Sans mur mais enfermé,

C'est le destin d'un fantôme.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:11

 

Mikael Blemkvist est fort déçu d'avoir été manipulé lors d'une enquête impliquant Hans-Erik Wennerström, ses informations étant fausses le chasseur devenu gibier fut condamné par la justice à de forts dommages et intérêts mettant son journal Millennium à trois mois du dépôt de bilan.

 

Lisbeth Salander est une jeune femme qu'une enfance difficile a rendu violente, marginalisée, tout en la forçant à développer des capacités et compétences que sans cela elle aurait pu ne jamais avoir à employer. Enquêtrice freelance elle sait découvrir ce qui est inaccessible, aux autres ; elle a rendu un rapport très complet sur Blemkvist au représentant de Henrik Vanger, industriel dont l'entreprise, bien que sur le déclin, reste l'une des plus importante de Suède.

 

Depuis 44 ans Vanger reçoit pour son anniversaire une fleur séchée sous cadre, une tradition établi par sa nièce, Harriet, disparue depuis 44 ans à l'âge de 16 ans. Henrik est persuadé qu'elle a été assassinée par une des personnes présentes le jour de sa disparition, des membres de sa propre famille.

 

Qui, comment, pourquoi ? Ce sont les question auxquelles Mikael devra répondre même si, officiellement, il s'occupe de la biographie de HV, pour cela il s'installe sur l'île personnelle du magnat, histoire d'être au centre d'une ménagerie dont la plupart des fauves ont les crocs usés et se conservent dans l'alcool.

 

Mais pas tous !

La première adaptation suédo-danoise était excellente, celle de David Fincher ne lui cède en rien, il disposait de davantage de moyens et d'un casting prestigieux, dominé par Daniel Craig et Rooney Mara, remarquable Lisbeth. À vrai dire c'est elle que j'ai préféré dans une version comme dans l'autre, un personnage fascinant, obscur à frôler la folie, douée à effleurer le génie. Dommage que Stieg Larsson ait manqué du temps de porter son œuvre à la hauteur de la décalogie prévue, qui sait ce qui serait advenu d'elle.

Aurais-je été déçu ? Le meilleur d'une histoire est peut-être qu'elle soit sans fin, l'imagination peut prendre crayon et gomme afin de l'écrire, une fois, dix fois, sans foi !

 

Mikael et Lisbeth vont faire équipe, creuser, et découvrir bien pire que ce qu'ils redoutaient.

 

À vos pelles, prêt, partez au ciné.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 07:07

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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 07:07
 
Lee Eun-yi ( Jeon Do-yeon) est embauchée comme femme de chambre par une famille (très) riche et va habiter dans une demeure immense ressemblant à un véritable palais. Tout est feutré, harmonieux, en apparence ; la politesse et l'éducation enrobent le mensonge et l'envie. La maison est peuplée de femmes, de la gouvernante à la maîtresse de maison (enceinte de jumeaux), en passant par Nami, première fille du maître de maison, seul homme en scène, tenant les cordons de la bourse comme un commandant tient la barre, probablement sait-il que sa femme trouve que ses revenus forment son trait de séduction principal, mais c'est dans l'ordre des choses, comme le fait qu'il couche avec Eun-yi sans que celle-ci trouve à y redire.
Rien que de très normal n'est-ce pas ?
Mais quand la soubrette se révélera enceinte, concurrente de la légitime, les véritables personnalités vont déchirer le cocon des apparences, les sentiments sont une chose mais l'argent en est une autre, la principale.
 
Dire que Haera (Seo Woo) est une sale pute est un euphémisme, elle tient de sa mère, elles représentent fort bien Les femmes de ''ce'' monde, encore qu'en parler au passé conviendrait mieux.
 
De nos jours les servantes se font rares, ce qui n'était pas le cas en 1960 quand Kim Ki-young réalisa Hanyo, à cette époque une grande famille dans une grande maison vivant sous la garde d'un personnel dévoué, et exploité mais est-il besoin de le préciser, était un idéal accessible.
 
Im Sang-soo reprend cette thématique pour nous signifier que la vitrine est différente mais pas l'arrière-boutique, il y a encore des proies et des prédateurs, les premières voudraient prendre la place des seconds mais c'est un jeu de chaises musicales.
 
 
Révoltant, Immonde, Nauséabond et Honteux !
Article écrit dans le cadre du
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 organisé par Catherine.
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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 07:06

 

C'est son pas que j'entends, il s'éloigne si lentement... Elle descend l'escalier, je ressens son hésitation, ses pieds alourdis par le doute, comme si elle voulait revenir, me retrouver, me prendre dans ses bras ainsi qu'elle aimait à le faire, hier encore... Est-ce trop demander, trop espérer ? Je sais que je n'ai pas été à la hauteur de ses espérances, jaloux jusqu'à en être insupportable, soupçonneux, craignant qu'elle ne me quitte, faisant tout pour que cela arrive mais trop stupide pour en avoir conscience jusqu'à cet instant, alors que l'écho de ses pas s'éloigne autant que celui de mon cœur ne sachant plus pourquoi, pour qui, battre.

Le sut-il jamais !

 

Pour moi ? Même pas, dans son regard je voulais me voir, ai-je jamais existé ailleurs, dans d'autres yeux que les siens ? Alors j'ai voulu que ce reflet existe, sachant pourtant que les vampires comme moi n'en ont pas, vampire sans croc, voleur de vie pour combler la mienne, pour remplacer la mienne. Comment remplir un tonneau sans fond ?

J'ai été... Mais le passé est hors de portée des regrets comme d'un pardon que je ne peux demander.

 

C'est mieux ainsi, je lui rendais la vie impossible, la mienne même était insupportable, quand j'avais des instants de lucidité je voulais me repentir mais j'en étais incapable.

 

Quand elle m'a annoncé son départ je n'ai pu contenir ma rage, je l'ai saisie par le col, menacé de la tuer si elle essayait.

 

Sur le coup je n'ai pas eu mal, ce fut juste comme si mon corps ne m'obéissait plus, à genoux j'ai vu le couteau sortir de mon ventre, senti un grand froid m'envahir alors qu'elle me regardait comme on regarde une évidence depuis trop longtemps évitée.

 

Le téléphone était accessible, peut-être me restait-il une chance, mais ce mot n'est pas le bon, vivre n'est pas un verbe que j'ai le droit d'utiliser, une seule chose me reste à faire.

 

Je suis allongé, le bruit qui me parvient n'est pas celui de ses souliers résonnant sur le marbre, plutôt celui de sabots démoniaques venant me chercher. Peut-être que j'ai saisi le manche du couteau pour l'enfoncer plus profondément et donner l'impression d'un suicide me sera-t-il compté.

 

Peut-être... mais j'en doute !

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 06:58

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Publié par Lee Rony - dans Divers
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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