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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 08:00

K2

더 케이투 - Kwak Jung-Hwan – 2016 - tvN

Go An-Na est en train de prier quand elle voit des lumières. Papa ! Crie-t-elle ! Mais non, elle descend, la porte est ouverte, sa mère est allongée sur le sol, des médicaments autour d'elle.

C'est la première fois qu'elle pénètre dans un couvent occidental, les nonnes n'ont pas l'air sympathiques mais personne ne lui demande son avis. Des années plus tard elle peut enfin s'échapper. Mais les rues de Barcelone sont difficiles pour elle qui semble ignorer où aller.

Kim Je-ha L'homme est blessé, par la fenêtre il regarde ce qui se passe avant de s'habiller, de sortir. Dans une rue des hommes ont repéré An-Na qui descend dans le métro pour leur échapper. Inévitablement elle heurte Je-Ha qui, comprend qu'elle est coréenne, comme lui. Elle est rejointe pourtant, son poursuivant lui demande de revenir, elle refuse, il se saisit d'elle. Jusqu'à ce qu'elle soit aidé par son compatriote qui élimine l'agresseur, avant de l'identifier comme un flic.

Elle n'ira pourtant pas loin alors que Kim part pour l'aéroport.

Séoul, six mois plus tard. Une banderole publicitaire se détache il faut la replacer, l'employé s'en charge, peu importe qu'il fasse nuit, qu'il soit dans le vide, au-dessus d'un appartement aux larges baies vitrées où Jang Se-Joon, l'homme de l'affiche est en compagnie de sa maîtresse, qui l'a drogué. De sa position il voit l'intrusion de malfaiteurs masqués qui envahissent les lieux et blessent une femme de ménage, ce qui le décide à intervenir. À temps pour la sauver, et voir le visage du député. Il va falloir le retrouver, facile, et le réduire au silence. Pas facile ! Même pour l'équipe d'élite de la principale compagnie de sécurité de Corée.

De retour chez lui le député Jang apprend que sa fille, Anna, s'est enfuie. Encore une fois ! Toujours dans les rues de Barcelone où elle court pour trouver une issue à son enfermement. S'arrêtant au milieu d'un passage pour piéton elle fait face aux voitures, aux lumières, et se souvient de ce qui est arrivé quand elle était enfant, et du crime auquel elle a été mêlée. La mort de sa mère, dont elle s'affirmait responsable. Ce qui n'est plus le cas. Cette fois elle a été prise en photo par un styliste réputé qui mit le liché en ligne, ouvrant une véritable chasse pour savoir de qui il s'agit. Ce qui ne fait pas l'affaire de Choi Yoo-Jin, épouse du député en lice pour le poste de président et véritable tête pensante de sa carrière comme de sa campagne. Le mieux, pense-t-elle, c'est que An-Na soit rapatriée à Séoul, elle y sera mieux gardée.

Pas sûr ! Kim va prendre les devants, aller voir Choi Yoo-Jin pour lui demander d'épargner les gens qui l'ont aidé. Encore une fois le jeune homme s'est mis dans une situation difficile. Mais puisqu'il doit tenir jusqu'au dernier épisode nous savons qu'il va s'en sortir et faire une fois encore la preuve de ses compétences en matière de combat. Ses adversaires éliminés il va réitérer sa demande à Choi Yoo-Jin, avec un revolver pour être convaincant. L'occasion de revoir An-Na, et de reconnaître la jeune fille qu'il avait aidé dans le métro barcelonnais. Son seul moyen de s'échapper est de prendre Yoo-Jin en otage, de fuir en voiture. Le problème des véhicules trop modernes est d'être piratables

Pas étonnant qu'il soit si doué, ancien mercenaire il était le meilleur de chez Blackstone, expert en arts martiaux et autres techniques qui vont lui être utile pour assurer sa survie. Jadis trahi par ses employeurs et recherché il va être engagé par Choi Yoo-Jin pour la protéger. Ayant rejoint la tanière du loup il n'aura plus à en craindre la gueule. Il va découvrir que survivre au milieu de la famille Choi est (presque) plus dangereux que l'Irak, qu'elle est pleine de secrets peu reluisants. Au passage il gagnera son surnom : K2.

Il sera même convié au Cloud 9, le domaine secret de Yoo-Jin.

Ce qu'il faut pour donner un drama. Action, magouilles politiques, vengeance, romance, il ne manque rien. Les personnages sont sympathiques ou malveillants à souhaits, principalement Song Yoon-A qui incarne Choi-Yoo-Jin. Capable de tout pour parvenir à ses fins, à trahir, à tuer, mais si belle et malheureuse que ses crimes deviennent compréhensibles. Le couple vedette, Yoona et Ji Chang-Wook sont jeunes et sympathique, la première est ravissante et le second donne son maximum dans les, nombreuses, scènes d'action. Le scénario est cohérent, les personnages ont leurs caractères, leurs histoires, les dialogues sont plutôt bien écrits et la réalisation rythmée en respectant les codes des séries coréennes. Autant de raisons de la suivre. 16 épisodes, ça passe (trop) vite.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Drama Corée
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 07:30
Espèce d'OURS (4)
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Publié par Lee Rony - dans Photographie
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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 07:42

Lettres

Recueillies par August Derleth et Donald Wandrei

Choix, préface, chronologie, bibliographie et notes

par Francis Lacassin

Traduit de l'américain par Jacques Parsons

Tome I

(1914 – 1926)

 

Il est (presque) permis de dire que la correspondance fut pour Lovecraft une activité littéraire importante, autant, parfois plus, que ses textes d'imagination. Le nombre précis de ses écrits dans ce domaine se situe entre quelques dizaines de milliers et cent mille. Sont intégrés à ces chiffres l'intégralité des formes et support possibles, du court billet à la missive de plusieurs pages, en passant par les cartes envoyées de ses villégiatures. 

Production irremplaçable pour connaître, et comprendre le natif de Providence tant il y parle de lui, de sa vie, de ses rêves, de ses contes et du reste. Ainsi apparaît-il devant nous, véritable sans doute, authentique peut-être. Un auteur est-il toujours sincère dans son courrier, sans penser à une postérité possible mais à l'image de lui qu'il souhaite donner à son correspondant. Il revient sur son enfance, son hérédité, sa famille, se confie. Un témoignage parfois à charge mais toujours intéressant pour voir l'homme derrière l'écrivain, dégagé des masques que d'autres posèrent sur lui.

 

Dès 1898, dans sa maison natale du 454, Angell street, Howard prend la plume. Dès cet âge il reconnaît ne plus croire au surnaturel, y incluant la foi chrétienne dans laquelle sa famille s'enferme. Les miracles de la Bible l'ennuie, il leur préfère les prodiges amoraux et flamboyants de la mythologie gréco-romaine.

À la différence des enfants de son âge il vit la nuit, dort le jour, observe le ciel quand ses camarades grimpent aux arbres, édite un ''journal'' polycopié. Quand ils jouent lui préfère son laboratoire de chimie et les déclinaisons latines. Plutôt qu'a la séduction des fillettes de son âge il cède à celle des volumes anciens de la bibliothèque des Phillips dans lesquels il a découvert la sexualité et la reproduction humaine. Dès lors ceux-ci ne présentèrent plus aucun intérêt pour lui.

En 1914 il entame sa correspondance avec les membres de l'association d'écrivains amateurs qu'il vient de rejoindre. Il y reconnaît que pour lui l'Histoire s'est arrêtée en 1776, se présente comme un Ancien perdu dans une époque qui ne lui correspond pas. Il n'a que 24 ans ! ''Tout ce que j'aimais est mort depuis deux siècles ou deux millénaires. Je ne suis nulle part à ma place'' (octobre 1916). il observe ses contemporains comme il regarde les étoiles, de loin : ''Lorsque je me dissocie de l'humanité et que j'examine le monde je peux analyser avec plus d'exactitude des phénomènes qui, de près, me dégoûteraient'' (16 mai 1926) ''Je n'appartiens pas au monde. J'en suis le spectateur amusé et quelquefois dégoûté. Je déteste la race humaine avec ses faux-semblants et ses grossièretés'' (Février 1924). ''L'homme est issu d'une détestable vermine – une malédiction sur cette planète ou tout au moins un incident banal sans signification profonde'' (7 février 1924).

Posture d'un homme d'autrefois qu'il reconnaît dans une lettre à Clark Ashton Smith '' J'aurai 33 ans le mois prochain et je joue déjà le rôle du vieux gentleman tranquille, bienveillant. […] Je me suis demandé si rien dans l’existence ne méritait le sacrifice de la simple placidité et la liberté à l'égard des émotions fortes, et j'ai ainsi végété très tranquillement, en étant plus un épicurien dans le sens historique strict qu'un hédoniste de l'école d'Aristippe de Cyrène – ce que semblent être la plus grande partie des modernes'' (30 juillet 1923).

Il sème des citations latines à des correspondants ignorants de cet idiome, étale sa culture en faisant allusion à des auteurs et autres personnages historiques arrachés à des livres que nul homme de son temps ne devait connaître. Jouer le vieil érudit semble le ravir, bien que ses commentaires fussent parfois erronés. Quand il évoque son labeur sur Épouvante et surnaturel en littérature il lui arrive de se tromper, de recopier ce qu'il lut sur des œuvres qu'il ne parcourut jamais. Visiblement il connaît mal la littérature française, sauf peut-être Théophile Gautier qui avait été traduit en anglais.

Quelques exégètes virent, ou plutôt, voulurent voir, en lui un initié à des savoir prodigieux et cosmiques, dans ses lettres il s'affirme volontiers un ''matérialiste absolu […] sans une parcelle de foi dans aucune forme de surnaturel''. Il ne craint pas de moquer l'occultisme ''un culte de timbrés s'adressant à des marginaux psycho-lunatiques''... Il montre pourtant de l'intérêt pour Albert le Grand, Éliphas Lévi ou Nicolas Flamel et demande à Smith des lectures où il pourrait puiser quelques bonnes idées ou des formules convenables pour ses histoires.

Dès 1919 il assiste aux réunions et réceptions littéraires à Boston et sa région, en 1920 il découche pour la première fois depuis 1901. Au décès de sa mère la tutelle parentale passe à ses tantes qui lui laissent davantage de liberté pour une vie sociale. Il fait des séjours à New York, et y vivra de 1924 à 1926. Il visite le Nord-Est, la Géorgie, la Louisiane, la Floride, le Québec... Sa production littéraire s'en ressent.

Si dans certains lettres Lovecraft se présente en reclus dans d'autres, bien plus nombreuses il évoque ses voyages. Il se fait hôte pour des visiteurs, comme W. Paul Cook, éditeur du fanzine The Vagrant, qui le convainquit d'écrire de nouveaux contes. 

La production personnelle de HPL venait après sa correspondance, et ses révisions, pour lesquelles il touchait une faible mais capitale rémunération. L'argent était une pénible nécessité dont il ne pouvait se dispenser. Il faisait le minimum nécessaire, et parfois refusait d'intéressantes proposition, comme celle de devenir le rédacteur en chef de Weird Tales, refusant de s'installer à Chicago. Il refusait de couper, ou modifier, ses textes afin de les ''adapter'' au public visé par un éditeur. Il ne proposa jamais ces contes refusés à d'autres revues où elles auraient pu trouver un accueil plus favorable et lui offrir de plus intéressant débouchés. Sans parler de ceux qu'il ne proposa jamais parce qu'il aurait dû pour cela les dactylographier.

Peut-être agir autrement serait-il entré en contradiction avec l'idée qu'il se faisait du créateur. Ainsi écrivait-il, le 13 mai 1923 l ''Pour moi l'artiste idéal est un gentleman montrant son mépris de la vie en continuant les façons de faire tranquilles de ses ancêtres, en laissant son imagination libre d'explorer les sphères resplendissantes et étonnantes. De même je verrais assez bien un auteur ignorer complètement son époque et le public, créer de l'art, non pas pour la renommée ni pour les autres mais pour sa seule satisfaction''. (Mis à part le ''gentleman'' et les ''ancêtres'', voilà une phrase que je pourrais faire mienne!)

Le 24 juillet 1925 alors que sa situation financière est difficile il évoque sa (presque) résolution de ne plus écrire de contes, de seulement rêver sans faire cette chose vulgaire que serait la transcription de ses visions à destination d'un public de porcs. Il poursuit, comme une suite à la missive citée ci-dessus : […] l'écriture ne doit jamais être considérée que comme un art élégant, auquel on doit s'adonner sans régularité et avec discernement. Je suis désormais entièrement un spectateur de la vie, un simple dilettante, dont le plaisir consiste à contempler le passé et à jouir de l'agréable douceur d'une retraite pastorale géorgienne.''

Heureusement Lovecraft était protégé du monde extérieur, par sa mère d'abord, ses tantes ensuite. Son épouse ne tint ce rôle que brièvement, elle ne pouvait faire plus d'autant que son mari trouvait les manifestations érotiques repoussantes et cause probable de décadence nationale. Pour lui une ''vision fantastique réellement puissante est d'origine masculine''. Une femme n'était pas une motivation à montrer le meilleur de lui-même.

La lecture de certaines lettres laisse planer un doute alternatif, avait-il un désir de paternité empêché par un complexe de castration ou s'agit-il d'homosexualité refoulée ? Qu'il ait taxé cette particularité de dégoûtante ne dit pas le contraire.

Dans les courriers de cette époque, après son échec new-yorkais, il exprime son mépris des masses, sa fierté de pouvoir être qualifié de réactionnaire, sa méfiance devant le libéralisme ou le progrès. Pour lui ''bien'' et ''mal'' sont des concepts primitifs ne supportant pas l'épreuve de la science de sang froid... on trouve dans une lettre du 10 février 1923 des remarques qui auraient pu figurer dans Mein Kampf alors que celui-ci n'était pas encore rédigé. 

 

 

Racisme, antisémitisme... cela est présent dans maintes missives de cette époque, une vision plus globale de la correspondance de Howard indique une évolution de son point de vue, plus il connaît le monde, plus il fréquente des gens différents, plus son caractère évolue, un peu. Lovecraft projette probablement dans son œuvre ses idées, pensées, obsessions et autres craintes dues à son milieu, son éducation, ses échecs, son caractère... soulignant qu'une explication n'est pas une excuse, moins encore chez quelqu'un d'intelligent. Le génie de Lovecraft fut sans doute de transmuter en art l'ombre qui l'habitait, elle était sur le seuil, il sut ne pas la laisser entrer.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 07:52

The Glenn Miller Story -  Anthony Mann - 1954 – 115'

Glenn Miller a bien du mal à gagner sa vie. Il joue un jour dans un orchestre, quelques jours plus tard dans un autre, entre les deux il met en gage son trombone pour subsister. Pourtant ce n'est pas la carrière d'instrumentiste qu'il vise mais celle de compositeur, de chef d'orchestre ou d'arrangeur. La composition est une activité pratique quand il ne dispose plus de son instrument. Il cherche un nouveau son, une nouvelle forme de musique.

Heureusement il n'est pas seul, la preuve, il épouse Helen, une femme qui sera autant sa muse qu'un soutien dans les périodes difficiles. Il va voir la chance passer, et la saisir, quand on lui propose un travail original, orchestrer une œuvre dont la clarinette aura le premier rôle. Naît ''Moonlight Serenade'', un ''tube'', comme on ne disait pas encore, qui va lui ouvrir les portes du succès et lui permettre de monter un big band dont la célébrité et le succès iront croisant.

Ainsi se suivent ''In the Mood'', ''Tuxedo Junction'', ''Chattanooga Choo Choo''.

La guerre éclate, les états-unis s'engagent dans le conflit après Pearl Harbor, Glenn Miller aussi. Musicien il joue pour les soldats. Alors que la France est libérée à son tour il ambitionne de venir jouer à Paris. Sa série d'enregistrement terminée il veut venir dans la capitale Française pour Noël 1944. Une demie heure, c'est le temps nécessaire pour traverser la Manche. Le 14 décembre il décolle, un peu avant 14 heure. On ne le reverra plus.

 

Si le film connut un grand succès ce n'est sûrement pas à cause de son respect de la réalité, mais quelle importance, mais bien grâce à la mise en scène d'Anthony Mann, à l'interprétation de James Stewart, comme toujours excellent, mais aussi, oserais-je dire, surtout, à celle de June Allyson. Certes c'est le musicien reste le héros mais l'importance de son épouse n'est pas minimisée, son soutien continuel, son sourire, sa bonne humeur constante, sont soulignés par le scénario. Le réalisateur évite le pathos et l'excès de sentimentalisme, en ne la montrant pas apprendre la disparition de son époux.

 

Autre raison du succès, la musique de Miller bien sûr. C'est bien le moins pour le biopic d'un musicien. En France ce film est sous estimé, cet article ne suffira pas à lui rendre l'hommage qu'il mérite mais il a tant de qualités, malgré le passage du temps, que vous auriez tort de vous en priver.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 07:32

Tant de mots alignés, phrases superposées

En paragraphes abscons comme des portes ouvertes

Sur des ailleurs obscurs, attirants, nécrosés,

Des sourires et des cris, et le goût de la perte.

 

Des couleurs délavées sur un papier moisi,

Ayant cette odeur qui semble celle du temps,

Celle des souvenirs venant de cette vie

Que l'on a pas vécu, apportée par le vent,

 

Rêvée tout en sachant qu'elle est insupportable,

Que la réalité et l'imagination

Ne se rencontreront que dans l'inconcevable,

Notre médiocrité veut et craint la Passion.

 

J'ai dessiné des portes sans oser les ouvrir,

Quand pour avancer Dante avait sa Béatrice ;

Un regard aurait pu me détourner du pire,

Il m'y abandonna. Face à ce précipice

 

Je ne pus reculer, pas plus que m'y jeter.

Le vertige m'envahit, une froide morsure,

Et le venin pour encre exsudé par mes plaies,

Dans les mots m'enliser, perdu dans l'écriture.  

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:10

Jacques Audiard – 2015 – 109'

Dheepan était soldant dans l'armée des Tigres Tamouls. La guerre ne tourne pas en faveur de son camp aussi doit-il disparaître, vite. C'est-à-dire quitter le pays sans espoir d'y revenir. Reste à trouver le meilleur moyen ! Heureusement la guerre fit de nombreuses victimes et prendre l'identité de telle ou telle est le meilleur moyen de partir. Tout cela demandant argent et complicité.

Le mieux pour passer inaperçu est encore de se fondre dans une famille, c'est ce que va faire l'ancien soldat en trouvant une femme et une femme dans un camp de réfugiés, elles-même ne se connaissant pas davantage. C'est ce curieux ensemble qui se présente en France avec l'espoir d'y obtenir l'asile politique.

Il faut mentir, mais ce n'est pas un problème quand le risque est si grand, Dheepan aura de la chance que son traducteur le connaisse et sache argumenter pour que son dossier soit retenu.

Finalement ils aboutissent dans une cité de banlieue pour un poste de gardien, mais c'est mieux que rien et la promesse de pouvoir s'installer. Quelques règles à respecter, surtout de ne pas déranger les dealers quand ils ''travaillent'', il suffit de passer après pour tout nettoyer. Rien de plus facile n'est-ce pas.

 

Le couple s'installe et commence à prendre ses marques. Cela vaut aussi pour Illayaal, leur ''fille'' qui doit aller à l'école. Apprendre le français est primordial pour rester dans le pays. Pour cela elle intègre une classe spéciale composées d'immigrants ayant le même besoin qu'elle. C'est difficile pour elle, les différences culturelles sont grandes et elle doit mentir.

Tout semble aller pour le mieux, d'autant que Yalini ''l'épouse'' trouve un travail, elle s'occupe d'une personne handicapée, à domicile, c'est mieux payé qu'elle l'attendait. Une chance pour la famille. Là encore il y a des règles à respecter, quand des hommes se réunissent dans le salon il faudra frapper avant d'entrer.

La routine se met en place, jusqu'à l'arrivée du cousin de l'homme chez lequel elle travaille, visiblement il sort de prison et dirige la bande qui fait ses affaires dans la cité. Peu importe après tout, ce n'est pas son problème.

 

Au début... Les choses ne peuvent pas bien se passer. Après une espèce de reportage sur l'intégration, vue par les yeux des arrivants, le film veut montrer que l'on n'échappe pas à son destin. Dheepan était un soldat, ce qu'il apprit sur le terrain pourrait lui être utile.

Le film joue sur la tension ressentit par les arrivants, leur nécessité de jouer leurs rôles jusqu'à finir par y croire. Ce qui est le meilleur moyen de penser à l'avenir. Était-il nécessaire de construire une fin aussi violente et spectaculaire, comme si une cité de banlieue ne pouvait qu'être un repaire de dealers qu'il convenait de nettoyer.

Qui parlait de Karcher ?

 

La réalisation est parfaite, la construction impeccable et les acteurs aussi vrais qu'il le faut. Une vraie découverte. La majeure partie du film en tamoul donne une plus grande force aux acteurs. Comment ne pas se mettre à leurs places, regardez par leurs yeux, et chercher, comme eux, comment s'échapper.

 

Mais cela est-ce seulement possible. Être ailleurs n'est pas être quelqu'un d'autre, impossible de laisser derrière soi ce que l'on est.

Qu'est-ce qui fait la valeur d'une palme d'or ? Sauf à être présent avec le jury, impossible de le savoir.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Cinéma
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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:30

 

Le Musée de Grenoble présente du 18 mars au 18 juin 2017 une rétrospective de l’œuvre de Henri Fantin-Latour après que celle-ci eut été présentée au musée du Luxembourg du 14 septembre 2016 au 12 février 2017, où, malheureusement, je n'avais pu me rendre. Cette fois, et en compagnie de PatiVore je pus profiter de cette visite pour faire mieux connaissance avec le plus célèbre peintre grenoblois du XIXe siècle.

Si vous ne connaissez pas le nom de cet artiste vous avez probablement vu, au moins, une de ses œuvres, il en effet l'auteur de l'unique représentation commune de Verlaine et Rimbaud et le portrait de celui-ci a été maintes fois repris sous de nombreuses formes.

                                   (Coin de Table - 1872)

Vous y suivrez l'évolution de son travail, des auto-portraits à divers âges de sa vie, chacun plus révélateur qu'une photographie, des représentations de sa famille, de sa belle-famille, des natures mortes, des portraits, domaines dans lesquels il excellait, des images de groupes, des esquisses, des photos même dont il se servait pour composer ses toiles, s'inspirant des formes, agréables, des modèles représentés, son goût pour la musique, principalement pour Wagner. Nombre d'informations qui m'apprirent beaucoup sur cet artiste qui mérite d'être mieux connu.

(Chrysanthèmes annuels - 1889)

Après une nombreuse production il se tourne vers les œuvres ''d'imagination'', mythologies, allégories, loin de l'austérité des portraits qu'il avait produits jusque là.

(Charlotte Dubourg, sa belle soeur - 1882)

Passionnante visite à laquelle je vous convie, j'eus la chance de la faire en agréable compagnie, j'espère qu'il en ira de même pour vous. Dans l'avenir je présenterai quelques photo faites à cette occasion.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu Photographie
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 07:19

Dans ''Nature humaine'' vous retenez humaine, moi je retiens nature.

Il n'est plus question de corruption aujourd'hui, mais de putréfaction.

La masse ne s'éduque pas, elle s'utilise et se dirige.

Des illusions ne restent que de la poussière mentale.

La science explique moins simplement la nature que les mythologies.

I'm a Jocœur !

J'aime regarder les accidents parce que je ne peux pas tuer !

De sens il n'y en a qu'un. Inutile d'en chercher d'autres.

Prévoir c'est balayer le probable pour qu'arrive l'impossible.

Cet amour, cimetière d'espoir déçus...

À l'inverse d'un cétacé, moi, c'est dans les abysses que je peux respirer.

 

La folie c'est l'absence des drogues et addictions qui voilent le réel. C'est pourquoi elle est insupportable.

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Publié par Lee Rony - dans Aphorismes
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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:30
Espèce d'OURS (3)
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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 08:00

Les livres maudits existent, contrairement à ce que beaucoup veulent nous faire croire ! Vous en avez probablement entendu parler, que ce soit du Livre de Sable ou du Le Roi en Jaune. Ne croyez pas ceux qui les affirment inventés mais méfiez vous des éditions circulant sur le Net, ce ne sont souvent que des réalisations ayant pour but de noyer la réalité dans une surproduction de faux grotesques diffusés par des margoulins.

Parmi les éditions des vrais textes quelques unes se distinguent par l'aura de maléfices qui les entoure et leur aspect légendaire si rassurant pour qui pense que le monde se limite à ce qu'il en voit.

L’œuvre de Lovecraft semble être imaginaire, il n'en est rien, nous le savons bien, et celle-ci est parsemée d'allusions à des textes interdits, que ce soit le Livre d'Eibon aux origines hyperboréennes trop floues, Le Culte des goules, du conte d'Erlette, De Vermis Mysteriis de Ludvig Prinn pour ne citer que les plus importants. Ceux-ci pourtant sont plus des compilations de légendes et de formules qui se voudraient magiques mais sont plus proche de délires nés de l'usage de produits dont il m'est interdit de parler ici. Et c'est dommage... Les recueils de magie noire existent depuis longtemps, ils ont survécus à la traque de l'Inquisition et autres polices cultuelles, alors que leurs contenus sont rarement intéressant.

 

Un texte se distingue de ceux-là, un ouvrage qui est une véritable porte sur des mondes que nous ne devrions pas entrevoir, auxquels nous ne devrions même pas penser, vous en connaissez le titre : Le NECRONOMICON.

Son auteur est identifié, le poète dément Abdul Al-Hazred, dont la vie fut mouvementée, qui eut l’opportunité d'approcher les savoirs dont il parle dans son texte. Il aurait été rédigé vers 730, du calendrier chrétien, à Damas. Son titre original Al Azif, ferait référence au bruit produit la nuit par les insectes, à moins que ce ne soient les murmures des djinns. Al-Hazred disparut en 738 dans des conditions atroces. Son manuscrit aurait alors disparu, détruit peut-être, mais après avoir été copié vers 950 par Philetas  de Constantinople produit une traduction en grec. Il lui donne alors le titre sous lequel il est connu de nos jours. En 1228 Olaus Wormius le traduit en latin. Ces deux textes furent interdits par Grégoire IX en 1232. il va sans dire que le Vatican conserve précieusement quelques exemplaires dans ses caves. Ceux qui sont accessibles sont rares, partiels, et dans des traductions diverses plus ou moins fiables. La langue d'origine est l'Arabe, celui de l'époque, et de la région, de son rédacteur, bien loin de la langue parlée de nos jours, différente même de l'Arabe littéraire. Il est dit pourtant que sa lecture peut rendre fou ne serait-ce qu'en en déchiffrant quelques mots alors même que leur signification est inaccessible, tant leur pouvoir d'invocation est grand. HPL lui-même dans sa première allusion à ce livre n'en donne pas le nom, il évoque seulement sa découverte dans les ruines d'une cité oubliée par un explorateur découvrant des fresques atroces puis les momies de créatures reptiliennes.

À quel savoir son auteur eut-il accès ? Vit-il ce dont il parle, eut-il accès à des textes archaïques, sumériens, mésopotamiens ? Probablement faut-il répondre oui à ces deux questions. Quel est son contenu réel ? Relation de l'existence de créatures sur et in humaine, les ''Grands Anciens'', des rites que d'anciens humains auraient suivi à l'aube de l'humanité ? Certains affirment qu'il contient le moyen de ressusciter les morts, de voyager dans le temps, d'invoquer Yog-Sothoth...

Lovecraft put-il parcourir un exemplaire ? Possible, l'Université de Miskatonic est connue pour posséder un cabinet secret à l'intérieur même du département interdit de sa bibliothèque.

Si vous le voyez ne le touchez pas, si vous le touchez ne l'ouvrez pas, si vous l'ouvrez ne le lisez pas, si vous le lisez... nulle force au monde ne vous sauverait. Mais, c'est ce que vous venez de faire, sans vous en apercevoir... 

 

Il est déjà trop tard.

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Publié par Lee Rony - dans Lovecraft
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