Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 06:07

Je me plais à chercher quel serait votre choix.

Le deviner ne me semble pas difficile,

Vous craignez de regarder mais sans savoir quoi,

La source de la peur est rarement hostile.

 

''Serions-nous là pour tester la valeur des âmes,

Renvoyant les plus faibles à l'enfer des instincts,

Ce monde souterrain où des fleuves de larmes

Retiennent dans la nuit qui se noie le matin ?''

 

C'est toi qui as raison, nous sommes sélectifs,

Montrant la vérité même à qui s'en effraie.

Les égos survivant seront les moins chétifs,

Qu'un seul soit dans ce cas cela nous conviendrait.

 

''Crois-tu que quelque part cet homme nous attende,

Dans la peur et le froid, tourmenté et rageur,

Endurant le martyr et quand ses bras se tendent

Ne trouve à l'embrasser que le vide moqueur.''

 

Son sort serait cruel de voir dans les ténèbres,

De surplomber l'abîme et de n'y point tomber.

Nous sommes ce Janus que souvent il célèbre,

Ses raisons de chercher pourquoi il peut hurler.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Fables
commenter cet article
25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:07

Le roman de Francis Scott Fitzgerald eut déjà trois adaptations au cinéma et une à la télévision avant que Baz Luhrmann eut l'idée de réaliser la sienne. Le sujet avait tout pour lui plaire et lui permettre de faire danser sa caméra sur les rythmes des années folles, bien qu'au jazz originel il ait rajouté des musiques plus modernes bien qu'il ait réussi à se rapprocher du personnage, de la tragédie qu'il incarne, malgré des effets que le numérique permet si facilement.

Nick Carraway, le narrateur, est en maison de repos, pour surmonter ses difficultés nées de son expérience son médecin lui propose de les écrire. Ainsi va-t-il raconter sa vie et la brève période pendant laquelle il fréquenta Jay Gatsby.

Pour faire sa place à New York il s'installe dans la banlieue, non loin de sa cousine Daisy et du mari de celle-ci, Tom Buchanan, individu vaniteux, rustre mais d'une ancienne, et très riche, famille. Il va rapidement remarquer une grande agitation dans l'immense maison, un vrai château, à côté de chez lui. Ainsi va-t-il faire connaissance du maître des lieux qui va se rapprocher de lui pour en faire autant avec Daisy dont nous apprendrons rapidement qu'il faillit l'épouser quelques années plus tôt avant qu'il ne soit appelé par la guerre.

Le conflit terminé mais ne voyant pas rentrer Gatsby, Daisy ne put résister au charme de Tom, l'amour est une bien belle chose mais il ne suffit pas à faire bouillir la marmite, si celle-ci est en or cela fait oublier bien des choses.

Comment Jay a-t-il réussi à devenir si riche en peu de temps, cela nous l'apprendrons par le jeu de retours en arrière qui nous le montrerons construisant son personnage en même temps que nous le voyons alors qu'il fréquentait Daisy avant que les circonstances et l'Histoire ne s'en mêlent.

 

Carraway est idéalement placé entre une aristocratie perdue dans des idéaux au dessus de ses moyens et une génération avide de prendre sa place et prête à tout pour cela. Si l'action se passe en 1922 elle augure ce qui va arriver quelques années plus tard, quel séisme va secouer le monde avant de le précipiter dans un nouveau conflit.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
commenter cet article
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 06:07

Quand la lucidité fit face au désespoir

Elle eut cette impression d'affronter son reflet,

La première est matin, l'autre survient le soir,

Tous les deux réunis ils forment un jour complet.

 

''Il ne t'est pas permis de te passer de moi,

Une pièce se doit de posséder deux faces,

Deviendras-tu manant ou resteras-tu roi,

Tu ne peux rien changer quelque effort que tu fasses.''

 

Ainsi dirent-ils en chœur faisant démonstration

Que l'on peut n'être qu'un alors qu'on semble deux.

La luminosité tue l'hallucination,

En immergeant l'esprit dans un réel affreux.

 

Qu'il est doux de rester confit en ignorance,

Dans une obscurité ressemblant au néant,

Entouré des spectres de la foi ou croyance,

Esprit regrettant de n'être plus un enfant.

 

Quand le second effraie éteindre la lumière

Semble la solution à toutes préférable.

Est-ce être encore en vie ce retour à la pierre

Faisant de la conscience un costume du diable ?

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Fables
commenter cet article
23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 06:07

Si vous avez vu In The Mood for Love vous vous souvenez que la chambre dans laquelle se retrouvait les héros portait le numéro 2046. Logique donc de retrouver cette chambre au centre de cette réalisation de Wong Kar-wai, pivot des souvenirs d'un écrivain qui, feuilletant son passé, s'arrête sur les femmes qu'il y rencontra et qui sont autant de chapîtres d'un roman qu'il écrit et qui porte ce titre : 2046, histoire de voyages et de fuites, de trains fantomatiques cherchant une destination (2046 est le nom d'une ville) où le temps n'existerait plus, souvenir figé à revivre sans fin. Pour Chow sans doute les instants qu'il vécu avec Su Li-zhen.

Chow Mo-wan, héros du film susnommé dans lequel il était déjà question de l'écriture d'un roman, est à Singapour en cette année 1966, il demande à Li-zhen, incarnée cette fois par Gong Li, de l'accompagner à Hong Kong, en retour elle lui propose de jouer sa proposition sur une carte.

Il tire le roi de cœur, elle, l'as de pique !

C'est seul qu'il part pour Hong Kong où il retrouve une ancienne maîtresse qu'il connut à Singapour et dont il apprend quelques jours plus tard qu'elle vient d'être assassinée par son amant du moment.

Comme un piège qui se referme Chow reste dans l'hôtel tragique et loue la chambre 2047. Quelques jours plus tard c'est Bai Ling qui va occuper la 2046, une jeune femme peu farouche qui ne tardera pas à devenir sa maîtresse.

Le temps va filer, les années se succéder comme autant de pièces d'un puzzle dont l'image finale restera inconnue.

Des images qui se superposent comme une mémoire en quête d'elle-même, souvenirs difficiles à maîtriser, portés, attirés, par l'émotion du moment, par le lieu, l'image, et ce numéro 2046 qui vient et revient, identique mais différent par ce qu'il transporte dans un Hong Kong que Wong Kar-wai sait magnifier comme personne.

Trois époques, hier, aujourd'hui et demain, et si ce dernier est représenté par une androïde difficile de savoir si c'est une menace ou un espoir.

Gong Li, Carina Lau, Faye Wong et Zhang Ziyi, un carré de dames dont aucune n'est celle de cœur !

Comme les trains du futur ce film emporte le spectateur dans des ombres et des couleurs, des gestes et des regards, des espoirs et une solitude sans fin.

 

Il serait dommage que vous restiez sur le quai pour cause de valises trop encombrantes...

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
commenter cet article
22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 06:07

22062013_-fond-univers.jpg

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Des fakes
commenter cet article
21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 06:07

J'ai souvent fait semblant de dormir,

Semblant de vouloir et d'espérer ;

Les yeux entrouverts et un sourire,

Songeant à l'espoir qui se noyait.

 

Plus souvent je fis semblant de vivre,

Semblant d'être là, l'esprit ailleurs,

Buvant les mots pour paraître ivre,

Maniant l'esprit, cynique et railleurs.

 

Et si je faisais semblant d'écrire,

Si tout cela n'était qu'un mensonge...

Si s'étirait mon dernier soupir

Jusqu'à ce que s'éteigne ce songe ?

 

À trop mentir, avec quel talent !

J'avoue avoir fini par y croire,

Mais dehors j'entends hurler le vent,

Il vient renverser ma tour d'ivoire.

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Poésie
commenter cet article
20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 06:07

Le principe était que pour fêter la fin du Printemps Coréen ceux tous les participants rédigent un article sur le même livre : Voler, de Jaeyeon, moine bouddhiste de son état. Il me fut impossible de le trouver dans les bibliothèques comme dans les librairies. Ce qui n'est pas une raison pour éviter d'en parler, d'abord par les commentaires lus ici ou là, et grâce aux pages disponibles sur le site de l'éditeur.

Utiliser un animal pour expliquer la condition humaine est une tradition antique que Jaeyeon utilise pour définir une vision du monde sans grande nouveauté. Voler est une belle ambition mais quoi que vous fassiez vous n'y arriverez jamais. Les contingences de la banalité, de la normalité sont invincibles et s'il est possible d'en changer il ne l'est pas de s'en dispenser.

Ainsi que le disaient les maîtres de jaeyeon (p10) ''Ne vis pas de rêves. […] Ne cours pas après tes désirs. Fais en sorte que l'endroit où tu te trouves soit le centre de l'univers.''

 

Attention à l’atterrissage petit caneton...

 

Mais comment parachever ce Printemps sans un bouquet de beautés coréennes (pléonasme !) ?

Un IMMENSE merci à Coccinelle pour cette idée !

PrintempsCoree2.jpg

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
commenter cet article
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:07

Au début fut le Verbe, peu après vint la langue. Je devrais dire les langues tant il y en eut même si beaucoup ont disparues. Impossible d'évoquer la Corée sans évoquer la sienne, le hangeul, ou hangûl.

 

Quand Sejong monta sur le trône seuls les lettrés savaient lire les hanja, caractères chinois, trop nombreux, plusieurs dizaines de milliers, pour être compréhensibles par tous. L'avantage de cette situation étant qu'un peuple qui ne sait pas lire a plus de mal à verbaliser ses attentes, ses manques et ses désirs.

Le roi (de 1418 à 1450) considérant cette situation comme inique consulte savants et spécialistes en divers domaines dans la plus pure tradition confucéenne et élabore alors, en secret, un alphabet nouveau, le Hunmin jongum (훈민정음/訓民正音, les ''sons corrects pour l’éducation du peuple'') dont il fait la langue officielle le 9 octobre 1446. Aussitôt la nouvelle écriture rencontre l'opposition de tout ceux qui voient d'un mauvais œil l'éducation du peuple.

Son successeur, Yeonsan-gun, l'interdira mais le hangeul peu à peu pénètre les couches populaires et devient la langue vernaculaire puis finit par atteindre la littérature populaire au XVIIème siècle tout en restant méprisé par les officiels.

Il faudra pourtant attendre l'invasion japonaise et la rupture que celle-ci provoqua avec les structures administratives à la chinoise pour que le hangeul soit adopté dans les documents officiels. Le nom même : hangeul, apparaît en 1912, il signifie la grande écritureen coréen ancien et écriture de la Coréeen coréen moderne. La résistance puis la libération feront le lit du hangeul qui permettra l'alphabétisation de la population en même temps que la reconstruction du pays. Il s'impose rapidement jusqu'aux universités où les sinogrammes sont trop complexes. En 1995 la presse coréenne n'emploiera plus les hanja, sinon pour préciser le sens de quelques mots à la fois homophones et homographes.

Le 9 octobre est la ''journée eu hangeul'' en République de Corée, au Nord c'est le 15 janvier.

Depuis sa création en 1446 la hangeul connut nombre d'évolutions et passa de 28 à 40 lettres, les jamos(caractères mères), 30 consonnes et 10 voyelles. Aucun mot ne commence par une de ces dernières.

 

Depuis 1989 existe le Prix d'alphabétisation UNESCO du Roi Sejong, il couronne les organisations œuvrant pour l'alphabétisation.

PrintempsCoree2.jpg

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans Divers
commenter cet article
18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 06:07

Ce Printemps Coréen touchant à sa fin tournons-nous vers la jeune génération en espérant la voir grandir et tenir ses promesses.

KIM Ae-ran. (김애란) est née en 1980, dès ses débuts littéraires en 2002 elle obtient le Daesan Literary Award avec La porte du silence, histoire d'une jeune homme souffrant de progéria qui cherche quoi offrir à ses parents qui l'eurent à l'âge qu'il a.

Ses récits sont brefs et s'intègrent dans la Corée d'aujourd'hui, pays en mutation produisant troubles et inquiétudes dans une jeunesse dont les repères sont flous et l'avenir de plus en plus soumis à la concurrence. Autrefois tout était simple, chacun était à sa place, pouvait espérer en changer mais dans un cadre préétabli, demain ne sera pas comme hier et le jour d'après est incompréhensible.

Les personnages de Kim tentent de s'intégrer dans cette société mais cherchent comment le faire, quelle place sera la leur, si encore ils en ont une.

Des héros et héroïnes décrits en quelques traits, quelques détails, toujours signifiants et évocateurs d'une jeunesse fragile mais prête à s'affronter à l'avenir.

Un vrai plaisir de lecteur, dû probablement à la jeunesse de l'auteure, rythmé, plein d'humour, de vivacité et d'imagination.

Cours, papa cours! Présente cinq micro-fictions. La première, éponyme, est pleine d'esprit et remet en cause la place, autrefois prépondérante, dans la société coréenne nourrie de confucianisme du père, d'autant que celui-ci l'a refusé en s'enfuyant la veille de la naissance de l'héroïne qui depuis l'imagine courant et courant encore, incapable de s'arrêter.. La suivante Le bâton sauteurfrôle le fantastique en nous présentant deux enfants désireux de réussir sans se soucier des doutes que leur ambition génère. Les secrets de l'insomnieplaque sur la réalité sociale ses conséquences sur l'esprit de l'héroïne qui, en faisant un test dans un magazine, ne sait plus se retrouver, mais le sut-elle jamais. Dans Les poissons de papiernous voyons un enfant pauvre apprendre seul à lire grâce aux journaux servant de tapisserie pour sa chambre, plus tard, conscient d'être un fardeau pour des parents qui ne croient pas en lui, il s'en ira avec l'ambition de devenir écrivain.

L'ultime histoire, Signe d'affection, évoque la vie d'un jeune homme depuis qu'il a été abandonné, enfant, dans un parc.

Des enfants qui veulent, des parents qui doutent, s'opposer pour se construire, en fut-il jamais autrement ?

Saluons les efforts d'une jeune maison d'éditionDecrescenzo éditeurs, dédiée à la littérature coréenne. En attendant Ma vie dans la supérette...

 

Cours papa, cours ! KIM Ae-ran, Decrescenzo éditeurs, octobre 2012, collection micro-fictions, traduit du coréen par KIM Hye-gyegong et Jean-Claude De Crescenzo (titre original Dalyeora, abi, Changbi 2005),132 p.

PrintempsCoree2.jpg

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article
17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 06:07

Un livre en triptyque dessinant l'histoire, récente, de la Corée au travers d'expérience personnelles mais exemplaires.

En contrepoint d'événements réels nous suivons les ruptures intervenant dans des existences promises à une plus grande régularité.

Dans la première nouvelle, Il surveille son père, un père quitte femme et enfants pour rejoindre le Nord. Le narrateur attendra son retour, plein de rancune et d'envie de comprendre, désireux de retrouver ce père inconnu, maudit mais sublimé par l'absence et l'angoisse de l'attente.

Que donneront les retrouvailles, un homme peut-il ressembler à l'idée que son fils se fit de lui quand lui-même ne peut renier ses idéaux bien qu'il en ait vu les effets délétères sans admettre sa vacuité totale.

Vous devinez la réponse.

Un pays coupé en deux parties dont chacune rêve, un peu, beaucoup, à la folie... de l'autre, s'en faisant une idée, plus ou moins manipulée par le pouvoir en place, en sachant que la différence avec la réalité est grandissante.

La mort d'une mère cause parfois un si grand choc que l'esprit perd le chemin de la réalité. J'ai évoqué il y a peu les événements de Kwangju, ils sont source de la souffrance de la jeune héroïne de ce récit. avec sa mère elles défilaient pacifiquement quand la police chargea, faisant de nombreuses victimes, sa mère, mais elle aussi. Bien qu'elle ait survécu, physiquement une part de son esprit a disparu.

Elle marche, avance, recueillie un moment par des gens qui essaient de l'aider, attrapée plus tard par des hommes plus intéressés par son corps que par son âme.

À l'image de son pays à cette époque parler est impossible, ce serait se souvenir, revivre et mourir encore.

Le jeu de narrateurs multiples donne à cette histoire une force et un impact rare.

Là-bas sans bruit tombe un pétale mais l'écho nous en parvient encore.

Un film en fut tiré par Chang Sôn'u.

Une jeune fille encore à l'époque de la dictature.

Kang a grandi dans la misère avec les livres pour fenêtre sur le monde. Elle les achète au marché noir et les revend pour gagner un peu d'argent. Ainsi fait-elle la connaissance de An qui va lui procurer un emploi dans l'imprimerie où il travaille. An est étudiant et militant pour une cause que Kang va faire sienne sans bien comprendre de quoi il s'agit, pour donner un sens à son existence.

La jeunesse est pleine d'illusions, et l'envie de changer la société, en bien, lui donne une énergie qu'elle ignorait posséder. Il suffit que les circonstances s'y prêtent, si elles sont dramatiques c'est encore mieux.

 

Avec cette neige grise et sale ! Comment imaginer qu'elle put jamais être blanche ?

PrintempsCoree2.jpg

Repost 0
Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
commenter cet article

Présentation

  • : Lire au nid
  • Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Pages