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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 22:35

Le docteur m'a posé des questions, beaucoup. Il voulait savoir ce que j'avais vécu, enfant, si ''on'' m'avait fait quelque chose, si mon imagination n'était pas un refuge pour sceller une expérience, un ''traumatisme'', vécu et si profondément enfoui que je l'aurai oublié.

J'ai dit non, que je ne me souvenais de rien. Il a hoché la tête, pensant qu'une trop jeune mémoire ne retient rien, heureusement.

Pourtant j'ai ''forcément'' vu, ''évidemment'' entendu, ''sûrement'' vécu. J'étais le témoin privilégié de mon grand-père. Faute de parents disponibles c'est lui qui s'occupa de moi jusqu'à, vous le savez probablement, son incarcération pour des crimes plus atroces les uns que les autres. Apparemment il se prenait pour un loup-garou et ses victimes portaient de profondes lacérations et morsures qui semblaient faites par des griffes ou des crocs. Jamais il n'expliqua comment il s'y prenait, se contentant d'avouer. Nier aurait été difficile étant donné les circonstances qui présidèrent à son arrestation, j'ai failli dire : à sa capture.

Il mourut dans la chambre lui servant de cellule dans l'établissement psychiatrique spécialisé faisant office de prison sans que j'ai eu l'opportunité de le revoir.

De ces dix passé je conserve peu de souvenirs, du traitement de mes ''camarades'' quand ils apprenaient mes origines, non plus. À quoi bon, tout cela semble bien loin.

J'ai finalement hérité de la maison familiale où personne n'ose plus se rendre et que personne n'acheta malgré un prix ridiculement bas.

Tant mieux.

Les meilleures années de ma vie se passèrent dans ces murs, ces pièces et ces couloirs que des policiers et autres experts explorèrent dans tous les sens, sans rien trouver.

Dans le grenier tout avait été déplacé, bousculé, éventré... en vain. Ils ne pouvaient rien découvrir puisqu'il n'y a rien à trouver, dans la maison. Il faut sortir, longer la corniche puis déplacer une partie du mur pour trouver le passage, étroit, descendant jusqu'au sous-sol.

J'étais trop jeune pour me souvenir de ma première visite ici mais me restent les histoires que mon grand-père me racontait, certaines qu'il tenait de son propre aïeul. C'est là qu'il me montra la peau de loup posée sur une table de bois gravée de symboles ignorés.

C'est à mon tour de la porter, de faire corps avec elle ; corps âmes et crocs !

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 06:37

Lire est une bonne chose, à l'unique condition que le lecteur se plonge dans la Bible, et ne se perde dans nul autre ouvrage.

C'est ce qu'affirme l'évêque Soper dans une conférence sur la morale dans laquelle il cible Félix Chapel, auteur de romans policiers à succès qu'il accuse de pervertir la jeunesse par ses textes prônant le crime et le péché.

À vrai dire la réunion connaît un succès d'estime, son audience se limitant aux ligues féminines de morale et à une paire d'hommes. Le premier finit par prendre la parole, s'affirmant William Kramps, tueur de bouchers de son état, qui accuse Chapel de l'avoir poussé sur la pente fatale, sitôt son aveu commis il saute sur sa bicyclette et s'échappe ; l'autre est Irwin Molyneux, cousin du révérend que ce dernier moque publiquement pour son retard en même temps qu'il le convie à un discours édifiant, que ledit Molyneux est incapable de tenir. Pour le tenir compte de son incompétence Soper s'invite chez son neveu pour y déguster le canard à l'orange que sa cuisinière réussit toujours à la perfection.

Malheureusement les circonstances vont amener madame Molyneux à s'en prendre à sa domesticité, provoquant le départ de celle-ci en général, et de la fameuse cuisinière en particulier.

Le révérend venant manger madame Molyneux se décide à se mettre au travail pour réaliser le fameux canard alors que son mari la prétendra parti en visite à la campagne chez des amis. Mais Molyneux est mal à l'aise et ses paroles alertent son parent qui les trouvent bizarre, bizarre, j'ai bien écrit bizarre !

D'autant que derrière l'apparence bonhomme un peu bébête se cache Félix Chapel, l'auteur que Soper dénonça de verte façon.

La situation va se compliquer quand de la fenêtre de sa chambre, alors qu'il consulte une revue égrillarde, le pasteur voit son neveu quitter la maison, dès lors il n'a plus de doute, celui-ci est un meurtrier qui a empoisonné son épouse, les nombreuses bouteilles de lait en sont la preuve.

Scotland Yard est prévenu sur-le-champ.

Les Molyneux se sont cachés dans le quartier chinois dans une pension de famille dont une des chambres est occupé par le sieur Kramps dont nous avons fait connaissance plus haut. Le hasard va lui permettre de se rapprocher de Margaret Molyneux de laquelle il tombe amoureux alors que son époux est parti chercher de l'argent. Tout va devenir de plus en plus compliqué, la police et la presse recherche les Molyneux, Kramps va tomber par hasard sur Chapel qu'il ne reconnaît pas avec lequel il va sympathiser, le prenant pour un assassin comme lui, la brochure du révérend, que ce dernier a égaré, va être retrouvée, lui aussi incriminé, bref la colère gronde à Londres, le peuple a peur et veut qu'un coupable soit capturé, et s'il est pendu ce sera encore mieux.

Un chef d’œuvre de Marcel Carné magistralement mis en scène sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert, d'après un roman de Storer Clouson, et interprété par des comédiens épatants, Michel Simon, Louis Jouvet, Jean-Louis Barrault, Françoise Rosay en tête. Un exemple d'intelligence et de subtilité.

À voir et à revoir jusqu'à connaître par cœur les répliques les plus percutantes.

 

Vous avez dit...

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 06:22

Jimmy Picard est indien, Blackfoot ; démobilisé à la fin de la seconde guerre mondiale il vit dans le ranch de sa sœur où il lutte contre un mal étrange attribué à une blessure survenue pendant le conflit.

Envoyé à Topeka, hôpital pour vétérans, il subit une série d'examens qui ne découvrent rien expliquant physiquement les maux dont il souffre : vertiges, céphalées, cécité et surdité temporaire... Reste l'explication psychiatrique. La direction de l’hôpital décide de faire appel à Georges Devereux, ethnologue et psychanalyste français et spécialiste des cultures indiennes.

Les deux hommes sont on ne peut plus différents, Picard est grand et large, Deveraux, petit et malingre, tous les deux pourtant se ressemblent par le poids d'un passé, d'une culture, dont ils ne peuvent se débarrasser. Pour le premier c'est sa culture indienne, pour le second, ses origines d'Europe Centrale, tous les deux portent un nom qui ne leur fut pas donné à leur naissance, ''Tout-le-monde-parle-de-lui'' pour Jimmy, Győrgy Dobó, pour Georges, l'un est Indien avant d'être Américain, l'autre, Roumain avant d'être Français. Chacun est étranger au milieu dans lequel il se trouve.

Des physiques, des caractères dissemblables mais chacun est curieux de l'autre, chacun est dans une situation floue quand à son avenir, quand à sa nature même et ses interrogations face au futur.

Difficile de filmer une psychanalyse, Desplechin met des images sur les mots, montre les rêves (forcément), les regrets et culpabilités de Picard qui est celui qui laisse mourir une femme, celui qui fait les mauvais choix et craint ce qu'il espère autant qu'il repousse ce qu'il désire.

Chacun apprend de l'autre, met des mots sur des maux dans cette confrontation de cultures où chacun pourtant veut avancer et apprendre.

La plaine est immense, elle semble exempte d'ombre à l'inverse d'une forêt, et pourtant il s'y cache bien des secrets, des erreurs qui collent à l'esprit comme des sangsues au point qu'avec le temps vient l'habitude de vivre avec et la crainte de s'en débarrasser.

Une histoire vraie sur une rencontre qui eut lieu après la guerre et dont Devereux fit son premier livre en 1951, posant ainsi la première pierre de l'ethnopsychanalyse. Confrontation d'acteurs complémentaires dans leurs différences pour un film dans lequel il faut entrer et faire siens, les craintes et questionnements des personnages. Il y a toujours quelque chose à en retirer, un peu de soi dans l'autre, et l'inverse. Long, bien sûr, mais une analyse qui ne dure pas trop ne dure pas assez !

Une plongée à travers l'âme blessée de Picard dans la culture des Blackfoot qui donne envie d'ouvrir le livre de Devereux. Ça tombe bien, je ne suis pas indien et je ne viens pas des plaines. Seulement des vides !

Jimmy P

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 06:35

Jeanne Korowa a 35 ans, est juge et rousse, elle n'en est pas moins femme, et sa vie privée empiète sur son activité professionnelle. L'homme qu'elle aime, Thomas, ne semble pas des plus fidèles et encore moins désireux de s'impliquer avec elle pour ''construire'' un avenir digne de ce nom...

Profitant d'une enquête mettant en cause une grande entreprise, mélangeant vente d'armes, tentative d'assassinat d'un leader politique et intérêts pétroliers elle va diligenter des écoutes à la fois téléphoniques et domiciliaires et rajouter les coordonnés du psychanalyste de Thomas, histoire de savoir ce qu'il dit, et, surtout s'il parle d'elle et en quels termes.

La curiosité est un vilain défaut.

Parallèlement Taine, un collègue qui tente de la draguer, va la convier sur les lieux d'un crime atroce, Jeanne est concernée depuis l'assassinat de sa sœur dans des conditions similaires. Le cadavre a été mutilé, ses restes éparpillés, et en partie consommés, il a été éventré et ses membres substitués les uns aux autres en même temps que des caractères étranges étaient écrits sur les murs.

Le hasard et la volonté de l'auteur aidant alors qu'elle écoute les enregistrements du psy Jeanne surprend des conversations étranges, un homme est là qui parle de son fils, de son goût pour la violence et d'une cruauté que rien ne semble pouvoir endiguer, ce qui est étonnant puisque son comportement paraît autistique et ce sont là des comportements contradictoires. Néanmoins la piste semble solide, d'autant qu'un crime à venir est annoncé, et qu'il se produit comme prévu. Mais elle ne peut faire part de ses écoutes, celles-ci étant illégales et inutiles, elle doit mener l'enquête elle-même, Taine va être assassiné et le psy est tellement attirant...

Grangé est parti sur les traces de Freud et d'un de ses livres les plus controversé : Totem et tabou, tribu primordial et crime du père sous tendent l'enquête de Korowa, quel est le secret de ce tueur qui semble venir d'un lointain passé, quelle est la source de sa sauvagerie et comment fait-il pour passer inaperçu dans la ville ? Le roman répondra à toutes ces questions et malgré une fin sans surprise et un peu bâclée ai-je trouvé. Il est riche d'inventions et d'imaginaires, combinant mythes, psychologie et name-dropping sous la tutelle de Sigmund qui aurait peut-être aimé ce livre bien que je pense qu'il l'eut trouvé prévisible dans son déroulement et sa conclusion. Le réel impose ses règles et trouver des motivations au ''mal'' est de plus en plus difficile.

En a-t-il besoin ?

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 06:16

Un chercheur en voyage d'étude visite un lieu mystérieux servant de colonie pénitentiaire à une nation dont nous ignorerons le nom. Dans ce lieu se pratique un supplice infligé par une machine mise au point par l'ancien commandant du bagne. Cet engin inscrit dans la chair du condamné le motif de sa peine et la lui inflige.

Directement du producteur au consommateur.

L'inculpé passant de l'un à l'autre n'aura pas le temps de préparer une défense que personne n écouterait. Le système est implacable, qui y met le doigt perdra la tête.

À l'image de la vie !

Le nouveau commandant n'est pas favorable à l'emploi de cette machine c'est pourquoi l'officier-bourreau essaie de convaincre son invité afin que celui-ci plaide en sa faveur.

Pour ce faire, avant le spectacle, il explique en détail à un invité qui regrette d'être là mais n'a pas su y échapper, le fonctionnement de l'appareil, les fonctions et actions qui le meuvent, il demande au voyageur de ne pas se prononcer négativement sur ce procédé. Celui-ci confie à l'officier qu'il donnera son avis, négatif, en privé au commandant.

Ce n'est pas ce que souhaite l'exécuteur, il désire convaincre et n'y parvient pas. Incapable de survivre à cette défaveur il libère le prisonnier, qui le regrette presque, devant servir d'exemple et le remplace après avoir modifié la programmation de la machine pour que son décès intervienne rapidement.

L'officier mort, l'appareil détruit, le voyageur est accompagné d'un soldat et du condamné sauvé jusqu'à la tombe de l'inventeur de l'engin de mort, sise dans une maison de thé, sur laquelle est gravée cette prédiction : Ci-gît l'ancien commandant. Ses fidèles, qui n'ont plus le droit désormais de porter de nom, lui ont creusé cette tombe et consacré cette dalle. Il existe une prophétie selon laquelle après un certain nombre d'années, le commandant ressuscitera et, depuis cette maison, conduira ses fidèles à la reconquête de la colonie. Ayez foi et espoir ! Après quoi il va repartir, laissant ses compagnons derrière lui bien qu'ils parussent désireux de l'accompagner.

Arrivés au bas de l'escalier le bateau s'est éloigné et le chercheur montre qu'ils n'ont pas intérêt à tenter d'y monter.

Écrit peu après le déclenchement de la première guerre mondiale, en octobre 1914, ce texte anticipe la machine mise en œuvre sans que personne puisse s'y opposer tout en sachant qu'elle finira par sa destruction. La mort même peut perdre l'appétit. Kafka au cœur de l'Europe entend, ressent ce qui se prépare et l'exprime à sa façon non sans y rajouter des éléments personnels.

Le système totalitaire, la seconde guerre mondiale le démontrera, permet de s'exonérer de sa responsabilité et de sa culpabilité pour peu que la mécanique technocratique et légale le leur permette.

Traitement inhumain direz-vous alors que c'est la démonstration du contraire, ''l'humain'' seul est capable de ce genre de traitement, de rajouter du plaisir à la mort mais, lâche, il rejette cette aptitude loin de lui. Une chose génère son contraire comme le jour suppose la nuit, nul doute que l'inhumain disparaîtra à la suite de son soi-disant contraire !

Le plus tôt sera le mieux, mais pas trop... moi aussi je suis lâche !

Du Kafka comme on l'aime, sobre et tranchant.

http://laculturesepartage.over-blog.com/

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 06:12

Antoine est photographe, doué d'un regard devinant l'image il se contente de vivoter en réalisant des travaux alimentaires, charriant son existence comme un poids mort et son appareil photo comme le moyen de voir le monde dans un cadre réduit afin de le rendre supportable.

Pourquoi ? Mystère !

Un jour il entend de la musique dans la cour, il s'approche, regarde au dehors et découvre de l'autre côté une jeune femme qu'il va désormais observer et photographier.

Un soir alors qu'il est dans l'ombre de son appartement il suit sa voisine, l'écoute puis la voit s'habiller, sortir. Il l'attend en bas mais elle ne sort pas, cherchant au travers de son téléobjectif il la retrouve sur le toit. Il ne cesse pas d'appuyer sur le déclencheur de son appareil, un ''vrai'', il va la suivre alors qu'elle s'approche du bord, et continuer alors qu'elle saute...

Un moment décontenancé il finit par se précipiter et la découvre allongée sur les pavés, inerte. En attendant les secours, appelés avec le portable de la jeune femme, il continue de la prendre en photos.

Il est seul à attendre dans les couloir de l'hôpital, c'est à lui que l'infirmière demande d'apporter des vêtements, prétexte pour entrer chez elle, la découvrir. Elle s'appelle Éléna, est pianiste amatrice et étudiante en archéologie, spécialisée en recherches sous-marines.

Antoine et Éléna vont donc faire connaissance ainsi bien qu'elle lui reproche de l'avoir sauvée. Il va la revoir, faire connaissance de sa famille, dysfonctionnelle, pour user d'un terme qui permet de définir sans rien dire. Gorgée de rancœurs, de frustrations et d'incapacité à exprimer ses sentiments. Comme lui-même, qui ne sait pas, ou n'ose pas, qui se cache derrière le viseur de ses Nikon.

Les mois vont passer, elle prend de plus en plus de place dans sa vie, au point que Mattéo, le fils d'une voisine dont il s'occupe en l'absence de cette dernière, c'est à dire souvent, en est jaloux mais finit par apprécier la jeune femme.

Antoine a fait le deuil de ses illusions et espérances depuis longtemps, il suit la jeune femme en sachant que l'avenir ne leur appartient pas, elle finit sa thèse, se prépare à partir en Égypte, l'eau la fascine, on y oublie son corps, peut-être aussi son esprit.

Il reste au photographe à expliquer à son modèle qu'elle l'est depuis avant leur rencontre, qu'il l'espionne et lui vole des instants de vie...

 

Poelevoorde réussit à jouer sobrement un alcoolique, un être réduit à un regard et sachant tout changement impossible. Dommage que nous aussi ayons l'impression de regarder ce film au travers d'un zoom, plus de contraste aurait donné plus de densité aux personnages et aux situations.

 

Une place sur la Terre

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 06:06

1973 est une année qui commence bien pour Elvis Presleyn le 14 janvier depuis Hawaii il chante devant un milliard de télespectateurs, le lieu a été choisi pour une diffusion en direct en Asie, le double album qui sortira un peu plus tard sera un immense succès et le dernier à atteindre la première place du vivant du chanteur.

En octobre son divorce d'avec Priscilla sera prononcé bien qu'ils soient séparés depuis plusieurs années.

Cherchant à retrouver l'impulsion de ses débuts il cherche un studio à Memphis, le choix sera rapide : Stax, spécialisée dans la Soul où enregistrent,ou enregistrèrent, Wilson Pickett, Sam & Dave ou Otis Redding.

Parmi beaucoup d'autres.

Première session en juillet mais rien de bon n'en sortira, rendez-vous est donc pris en décembre, du 10 au 16 avec le groupe qui le suit en tournée plus quelques musiciens de studios.

Le temps est compté mais Elvis aime ça, sentir la pression du temps le stimule, 28 chansons vont être mises en boîtes en ces quelques nuits, car Elvis préfère cette ambiance et l'iimpression d'isolement qu'elle produit.

Il y avait là de quoi réaliser deux albums mais RCA soucieuse de rentabilité financière plus que d'efficacité artistique en sortira trois :

Raised en Rock ; Good Times ; Promised Land.

Heureusement le temps est passé, la politique éditoriale a évoluée et nous disposons aujourd'hui d'un seul coffret contenant l'intégrale de ces enregistrements et des prises alternatives qui ne furent pas retenues.

 

De quoi se faire du bien aux oreilles, et entre, chose malaisée à notre époque de productions peu diverses et (a)variées.

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Publié par Lee Rony
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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 06:08

Vos yeux sont sépulture et j'attends d'y dormir,

D'y oublier les vœux que je fis autrefois,

Les rêves insensés qui jadis m'envahirent

Dont aujourd'hui enfin je n'entends plus la voix.

 

Plus froid n'existe pas au point que je l'éprouve,

Qu'il me semble être ainsi, déserté par la vie,

N'ayant pour m'exprimer que les mots que je trouve,

Faibles et vacillant jusqu'au cœur de l'oubli.

 

Trouverais-je la paix dans cette antre de pierre,

Loin de ce juge froid qui toujours me regarde ?

Minéral qui pour moi demeure une frontière

Dont je ne sais comment je peux passer le garde.

 

Cerbère aux yeux profonds et aux crocs acérés

Enfoncés dans mon cœur, semblant me retenir.

Quand j'aspire à la mort, me voyant enterré,

Veut-il m'en arracher, veut-il me l'interdire ? 

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 06:50

Mark Lewis est un jeune homme qui reçut de son père, pour ses neuf ans, une caméra, depuis il ne peut plus s'en séparer et devenu adulte se promène en quête de prostituées acceptant sa perversion : les filmer pendant qu'il les menace, enregistrer leur angoisse et leurs cris.

Celles qui acceptent pensent qu'il s'arrêtera là.

Elles ont tort !

Qui est le voyeur du film ? Lewis principalement, qui ''profite'' de ses méfaits plus en les regardant encore et encore plus, et mieux, qu'en les commettant, la caméra repousse ses actes à la frontière du réel. Mais nous aussi qui, parfois voyons au travers des yeux de Mark dans une mise en scène plongeante et vertigineuse qui nous plonge autant dans les yeux de la victime que dans l'esprit de Lewis. Les premiers étant le miroir du second ! Lui-même probablement ne perçoit la réalité qu'au travers de l'objectif. Tradition familiale, son géniteur déjà aimait à filmer sa famille. Que se serait-il passé, que serait-il advenu de Mark sans ce cadeau ? Aurait-il trouvé un autre substitut à sa virilité, à son désir ?

Pour s'impliquer davantage encore dans son film Powell joue le père de Lewis, mieux, c'est son fils qui joue le jeune Mark, ainsi le réalisateur et son œuvre se combinent-ils pour un résultat hallucinant, une plongée dans l'âme d'un sérial-killer, anticipant notre époque où l'image vampirise une réalité ennuyeuse.

Et pourquoi pas ?

L'amusant est que le scénario de Peeping Tom est de Leo Marks (le s est important !) qui travailla pour l'espionnage britannique durant la seconde guerre mondiale, spécialisé dans les techniques de codage et travaillant avec une équipe exclusivement féminine. Il rédigea son script pendant son temps libre à cette époque. Un personnage réel qui mériterait un film, acteur dans La Dernière tentation du Christ de Martin Scorcese, grand admirateur de Powell, il est Satan !

Le film fut mal reçu, passant pour amoral et pouvant inciter les jeunes à la violence, déjà ! La carrière de Powell en souffrit d'autant que quelques mois plus tard sortait Psychose d'Alfred Hitchcock qui, lui, connut un succès autant critique que publique. Il fallut des années avant qu'il ne devienne un classique, vanté pour sa mise en scène inventive et bien différente des films précédents de Powell, tournés avec Pressburger. Être novateur est parfois mal vu, avouez que c'est un comble pour ce film.

L'amusant est que le rôle principal est tenu par Carl Boehm mieux connu pour son rôle dans la série Sissi. Sa carrière également pâtis de ce choix, pas sa filmographie !

Vous offrez un caméscope à votre fils pour son anniversaire ?

Le voyeur (peeping Tom)

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 06:57

Un arbre était ici, seul en face de moi

Qui attendait patient, certain de son savoir ;

J'étais enfant alors, m'amusai dans les bois,

Collectant des trésors cachés dans un tiroir..

 

Ses histoires ont bercé mes années ennuyeuses,

Un passé entassé au fond de mon esprit.

Images hallucinées, vie paraissant heureuse,

Supportées seulement en ignorant leur prix.

 

Nul ne m'aurait compris si j'en avais parlé,

Eux aimaient la télé ou les jeux vidéo,

Ces avaleurs de temps aimant à digérer

Les espoirs avortés,les futurs idéaux.

 

Il est mort lentement puis s'est évanoui,

Emportant avec lui l'essentiel de mon être ;

Je reste comme lui, mon écorce est moisie.

Le reste a disparu, subsiste le paraître.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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