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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 07:00

Dans son regard j'ai vu cette interrogation,

Ce constat effrayant de ce qu'est ma nature,

Fruit de la déraison, exempté d'émotion,

Un être gangrené empli de pourriture.

 

Je ne me souviens plus du jour de mon décès,

Probablement était-ce celui de ma naissance,

Depuis je fais semblant, de vivre et d'exister,

Sachant que j'existais hors de toute innocence.

 

Pourquoi l'ai-je croisé, Ai-je vu son visage ?

Quel sort a-t-il joué, quelle attirance étrange

Fit que mon attention au travers de l'orage,

M'incita à plonger dans ses pupilles d'ange ?

 

J'étais ensommeillé, enlisé dans mon rêve,

Le réveil fut brutal me laissant hébété.

Alors c'était ainsi que finissait la trêve,

Plus moyen de tricher avec la vérité.

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Publié par Lee Rony - dans Poésie
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 08:00

En cette fin de XIXème siècle la boxe n'est pas le ''noble art'' qu'elle devint par la suite, c'est un sport brutal qui se pratique clandestinement. Jim Corbett est un modeste employé, il aime assister à ce genre d'exhibition. Un soir, après une rafle, il aide le juge Geary en faisant un faux témoignage en faveur de ce dernier, s'attirant ainsi ses bonnes grâces.

Les deux hommes sont amateurs de boxe et regrettent qu'elle soit pratiquée de cette façon.

Corbett n'est pas seulement spectateur mais aussi pratiquant, et sa façon de combattre va l'aider à grimper dans la hiérarchie de son sport, d'abord, puis de la société. Il n'a rien d'un gros bras qui se tient debout et frappe jusqu'à ce que son adversaire tombe, à moins que ce ne soit lui, il préfère bouger, tourner autour de son adversaire, l'épuiser d'abord, l’assommer ensuite.

Sa façon de boxer, allié à son physique, avenant, et sa façon de s'habiller lui valent le surnom de ''gentleman Jim''. Il grimpe donc rapidement les échelons du ring avant de se voir offrir une rencontre contre John L. Sullivan, alors champion du monde des poids lourds dans son pays, en 1892.

Nulle surprise quand au résultat, le meilleur va gagner, on sait que dans ce sport ce ne fut pas toujours le cas.

Gentleman Jim est le troisième des sept films que Walsh et Flynn tournèrent ensemble, ce dernier aimait retrouver des hommes avec qui il pouvait s'entendre, ainsi en tourna-t-il une douzaine avec Michael Curtiz.

Corbett n'est pas seulement bon sur le ring, sa personnalité s'exprime en-dehors également. Le sport n'est pas tout pour lui et il entend le pratiquer à sa manière, avec distance et élégance. Son esprit et son intelligence lui ouvriront les portes du ''beau monde'' alors qu'il n'en a ni les codes ni les manières. Mais peu importe, sa volonté et son charme suffiront à ce qu'il gagne une place qui sans eux lui serait resté inaccessible.

Plus qu'un sportif Corbett se veut un artiste et ne cache pas son ambition, sans que celle-ci l'incite à faire n'importe quoi pour atteindre le but fixé. Du reste il montera sur scène fera du cinéma en rencontrant un vrai succès dans ce domaine également.

Tout semble trop beau pour être vrai, trop facile, sans adversité insurmontable, et pourtant tout est vraisemblable, c'est bien ce qui fait la rareté de ce film, tant ceux qui montrèrent le monde de la boxe se sont évertués à en montrer les mauvais côtés.

Celui-là est optimiste, impeccablement joué par Errol Flynn qui était né pour tenir ce rôle tant il est crédible, aussi bien dans les combats superbement filmés par Walsh qu'en dehors où son charisme fait merveille. Rien à voir avec Sylvester Stallone.

Un film mais presque un reportage sur l'évolution de la boxe qui passe des tripots aux plus grandes salles, bien avant qu'elle ne se perde à nouveau, mais c'est une autre histoire.

Un des meilleurs films du genre, avec d'autres que j'aurais, peut-être, l'occasion d'évoquer ici et plus tard.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 17:55

Lucy est une jeune femme qui se laisse porter par les événements en suivant des études, de loin, de très loin !

Ce matin elle est devant la porte d'un hôtel en compagnie d'un homme qu'elle connaît depuis quelques semaines seulement. Celui-ci l'implore d'entrer dans le palace pour y porter une mallette à un homme qui l'attend. Lucy hésite, refuse, même devant la promesse de recevoir 500 $. l'homme finit, par la convaincre, par lui menotter au poignet la petite valise avant de la pousser dans le hall. Lucy s'exécute donc, s'approche de l'accueil et demande l'homme qui attend la livraison. Alors qu'elle se retourne pour voir son copain l'encourager ce dernier se fait tuer. La jeune femme est choquée mais n'a pas le temps de réagir, quatre asiatiques l'encadrent et la poussent dans l'ascenseur. Puisqu'elle est là pour rencontrer quelqu'un c'est l'occasion.

Dans la chambre d'autres corps l'attendent, et elle va devoir expliquer ce qu'elle fait là et ce qu'il y a dans la valise.

Pas de bombe, pas d'arme, pas d'argent ni de papier, il n'y a que quatre paquets contenant une poudre bleue qui va s'avérer une nouvelle drogue, du CPH-4, synthèse modifiée d'une hormone sécrétée par une femme enceinte.

Après quelques péripéties Lucy va se retrouver transformée en ''mule'', avec trois autres personnes, chacune portant dans son ventre un des colis de la mallette.

À la suite d'une confrontation avec quelques malfrats Lucy va recevoir nombre de coup dont quelques coups de pieds dans le ventre qui auront pour effet de faire éclater les sachets et de déverser leur contenu dans l'organisme de la jeune femme qui va voir son métabolisme bouleversé et ses aptitudes se multiplier.

L'idée que nous n'employions que dix pour cent de notre cerveau est ancienne, mais fausse, quand à imaginer qu'un individu pouvant l'exploiter au maximum ait les pouvoirs de Lucy, c'est amusant mais improbable.

Les explications du professeur Norman (Bates?) sur ce qui arriverait dans ce cas sont aléatoires, mais là n'est pas le propos de Besson qui nous montre une jeune femme parcourant en quelques jours le chemin de l'évolution, d'avant-hier à après-demain. Un spectacle distrayant, une héroïne (pure?) belle et charismatique, aisément incarnée par Scarlett Johansson. La philosophie est cousue de fil blanc mais l'action est au rendez-vous, vouloir associer les deux également demanderait probablement d'utiliser davantage que cent pour cent de notre cerveau. 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 08:00

Nguyen Thi Xuan Quiynh, naquit le 6 octobre 1942 dans le village de La Khe, une commune de Van Khe, dans la province de Ha Dong. Elle fut élevée par sa grand-mère paternelle et très jeune présenta de fortes dispositions pour la danse. Elle fut sélection par la Toupe artistique centrale en 1955, se produisit sur scène pendant quelques années avant de choisir la carrière des lettres.

 

Pour ce faire elle suivit des cours à l'École des Jeunes écrivains de l'Association des Écrivains vietnamiens. Par la suite elle travailla pour plusieurs magazines de Hanoï Va Nghê (Littérature et Arts) puis Les femmes.

En 1967 elle fut élue au Comité exécutif de cette association lors de son 3ème congrès. En 1973 elle épousa le dramaturge Luu Quang Vu après avoir divorcé de son premier mari, musicien de la Troupe artistique centrale.

À partir de 1978 et jusqu'à son décès elle fut rédactrice aux éditions Nouvelles œuvres. Le 29 août 1988 c'est sur la route qu'elle trouva la mort en compagnie de son mari et de leur fils.

Plusieurs centaines de poèmes composent son œuvre qui abordent aussi bien les éléments, son expérience de la guerre ou la ville de son enfance. C'est sa vie qu'elle transpose, faisant de son existence un portrait dans lequel beaucoup peuvent se retrouver.

Son premier volume Hoa dọc chiến hào ( Les fleurs le long des tranchées) parut en 1968, le dernier, posthume Thơ Xuân Quỳnh (Poésie de Xuan Quynh) fut publié en 1992. Elle écrivit également des livres pour enfant, Mùa xuân trên cánh đồng, (Le printemps dans la rizière, 1981) ou Vẫn có ông trăng khác (Il reste encore une autre lune,1986).

Son œuvre marquante, image de sa génération puis sa disparition tragique et prématurée la fit entrer dans la légende. Nombre de ses textes ont été mis en musiques et d'autres firent leur entrée dans les manuels scolaire de literature du Viêt Nam.

 

La mer est d’un côté, tu es de l’autre, chéri,

J’aime ces instants où nous sommes réunis.

De jadis à demain en passant par aujourd’hui,

Cette baie est toujours bleue comme l’amour à son début.

(1983, trad. Minh Phuong)

Xuân Quỳnh, Nếu ngày mai... Si demain..., recueil bilingue, trad. Nguyễn Minh Phương et Đặng Trần Thường, préface de Pierre Enckell, postface du Pr. Lưu Khánh Thơ, 2010, Éditions Thế Giới.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 08:00

Ce sont les théories qui donnent, d'abord, une idée de la physique, ensuite l'expérience vient les confirmer, ou pas. Elles servent à dessiner à univers cohérent en expliquant des phénomènes eux mêmes souvent supposés avant d'être avalisés, ou pas. Parmi celles-ci la supersymétrie permet de mieux comprendre le monde des particules élémentaires.

Reste à en faire la démonstration.

La supersymétrie est efficace, élégante, rassurante par les réponses qu'elle apporte à des questions fondamentales : Pourquoi les particules ont-elles ces masses-là ? Pourquoi les forces ont-elles ces intensités là ? Bref : pourquoi l'Univers est-il tel qu'il est ? Cerise sur le gâteau elle prévoit l'existence de particules nouvelles ''superpartenaires'' de celles que l'on connaît, lesquelles constitueraient la matière noire qui représente 85 % de la matière de l'Univers.

En cet été 2012 un groupe de physiciens analysent certaines données du LHC, principalement les résultats de collisions de protons de haute énergie à la recherche d'événements ''exotiques'' qui confirmeraient cette théorie. Certains éléments allaient dans le bon sens, malheureusement une analyse plus approfondie fit supposer que le détecteur avait faillit.

Ce résultat fut par la suite confirmé !

D'autres tentatives vont être conduites début 2015, si elles n'apportent pas de résultats positifs il sera temps pour les physiciens de s'interroger.

Le modèle standard de la physique montre les particules, leurs interactions, et tout ce qui se passe au niveau subatomique. Il montre mais il n'explique pas, pourquoi y a-t-il trois types de leptons, pourquoi l'électron a cette masse, pourquoi est-il plus léger que le boson de Higgs ? Regarder ne suffit pas, la science est une source inépuisable de questions, la supersymétrie apportait quelques réponses.

La théorie de la supersymétrie postule une extension quantique de l'espace-temps nommée superespace. Celui-ci ne présente pas de dimensions spatiales ordinaires mais des dimensions ''fermioniques'' ces dimensions pour être différentes sont pourtant liées, une particule dans l'une possède un ''double'' symétrique, dans l'autre. Jusqu'à présent aucune particule connue ne s'est révélée le superpartenaire d'une autre or leur découverte devrait être possible dans le LHC.

Ce qui donc n'a pas, encore, été possible.

Qu'elle apporte un cadre facilitant la compréhension du monde des particules n'implique pas sa véracité, déjà des physiciens explorent d'autres pistes.

Le multivers est une voie possible. Le Big Bang n'aurait pas seulement produit l'Univers que nous connaissons mais d'autres que nous ne percevons pas. Une autre explication serait l'existence de dimensions supplémentaires microscopiques fortement courbées sous l'effet d'une énergie du vide importante. Cette courbure éloignerait les gravitons (particule hypothétiques véhiculant la gravité).

Bienvenue dans la cinquième dimension !

Nous sommes face à un grand nombre de possibles qui pourraient même s'associer, se compléter, pour expliquer l'Univers. Peut-être la solution est-elle dans notre capacité, mentale, psychique, cérébrale, à l'entrevoir avant de l'approcher pour la comprendre.

Si vous avez tout saisis de cet article de Joseph Lykken et Maria Spiropulu 

n'hésitez pas à m'envoyez des explications. J'en ai besoin.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu
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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 08:05
Avance...
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Publié par Lee Rony - dans Des fakes
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 08:00

Enfant je détestai les mouches, les insectes volant en général, et ceux qui faisaient du bruit. La nature n'en manque pas, à croire qu'elle a besoin de s'entendre, comme tant d'humains !

Je les guettais, les observais, petit prédateur médiocre chassant ce qu'il pouvait, une ceinture à la main afin de les tuer en plein vol, technique que j'ai toujours préférée à l'écrasement contre un mur, beaucoup plus salissant.

Elles sentaient ma répugnance, s'évertuant à me tourner autour, à me tourmenter, quelque effort que je fasse pour les repousser.

J'ai grandi, appris, évolué, petit à petit me suis évertué à voir autrement ces diptères, à les considérer comme des compagnes, faute de pouvoir être des amies. Après tout n'ayant rien à attendre de mes semblables je me suis satisfait de l'unique présence disponible. À les regarder vivre elles deviennent fascinantes dans les différents stade de leur développement. Elles qui étaient là avant que nos ancêtres ne poussent leurs premiers cris, et qui seront toujours là quand nos descendants auront poussés leurs derniers soupirs.

Bien sûr elles sont parfois envahissantes, vectrices de maladies, mais elles pollinisent et éliminent les déchets.

Les nôtres aussi.

Une des rares espèces qui profitent de notre existence.

J'ai appris à me sentir proche d'elles puisque mes semblables me repoussaient, de la même façon que moi, avant, j'étais écœuré par ces insectes. Finalement nous nous ressemblions plus que je l'aurais cru.

Ou craint.

Ou espéré ?

 

Étrange animaux de compagnie direz-vous mais les seuls qui me supportaient, les seuls devant lesquels je pouvais être moi-même, devant les autres je n'étais plus qu'un reflet, une apparence, un mensonge.

Le temps a passé, faisant son œuvre, indifférent à ces petites choses que nous sommes tous. Pour Lui il n'y a pas de différence entre une mouche et moi. Mon existence vie arrive à son terme, elles sont là, m'observent, attendent... Un suaire sonore qui se posera sur moi, me protégera alors qu'enfin la nuit s'ouvrira devant moi, la seule qui m'apportera la paix.

 

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Publié par Lee Rony - dans Nouvelles
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 08:00

Si vous aimez l'action trépidante, les mechas dirigés par de jeunes enfants, les empires s'affrontant pour survivre ou conquérir, inutile de vous approcher de cette série d'animation. Rien de tout cela ici mais une suite de rencontres plus que d'aventures, de relations humaines où l'on trouve souvent des souvenirs mal vécus, des deuils impossibles à faire, des culpabilités que l'on ne parvient pas à surmonter. Tout cela fragilise l'esprit et peut ouvrir une port à tel ou tel mushi.

Ici la nature domine et vivre c'est apprendre à la connaître, à faire la paix avec elle, avant de la faire avec soi, pour dominer les difficultés rencontrées.

Les mushi sont des êtres basiques, différents de ceux que nous connaissont, ils sont partout autour de nous, nombreux, ayant des capacités différentes sans qu'il puisse être question ici de bien ou de mal. Ces notions culturelles leur sont étrangères. Pour beaucoup ils appartiennent à la légende car ils n'apparaissent qu'à quelques personnes, pour qui ce n'est pas forcément une chance. Ils sont consubstantiels de la vie elle-même, aussi est-ce pour cela que chaque action peut amener à les attirer. Une faille du corps ou de l'esprit et ils s'insinuent, s'installent, un peu comme des virus, pouvant littéralement absorber la vie de leur hôte, mais aussi lui donner d'étranges pouvoirs, ils sont aussi des élémentaires pouvant favoriser la venue de la pluie, la générosité des récoltes.

Écologie direz-vous, sans doute, en ce que celle-ci peut apporter de compréhension de la nature hors de toute idée préconçue, différente donc de celle dont certains se parent pour se poser en défenseur d'un monde dont ils n'ont qu'une vision partielle et bornée par leurs dogmes.

Ici le héros, plutôt le témoin, le mushi-shi, présent à chaque épisode s'appelle Ginko. Il a les cheveux blancs dont une frange cache toujours un œil, l'autre est vert. Lui a la capacité de voir les mushi, aussi a-t-il appris à les connaître, à les différencier, non sans continuer à apprendre. Il peut avertir les gens de leurs présences, les aider à comprendre pourquoi ils sont là avec ces effets, souvent difficiles à comprendre.

Merveilleux, poésie et folklore japonais sont aussi présent dans cette série qu'il est difficile de situer historiquement bien que nous n'y voyions pas les ustensiles habituels de notre modernité. Ceux-ci auraient-ils le pouvoir de repousser les mushi ? Peut-être. Dans ce cas je doute que ce soit avantageux pour nous. De là à imaginer que d'autres, inconnus encore de Ginko, puissent se cacher dans les masques de notre technologie, il n'y a qu'un pas que j'aimerai voir franchi un jour prochain.

Ginko voyage continuellement pour éviter que les mushi ne profitent de sa présence pour proliférer.

C'est un véritable voyage qui est possible en suivant le chemin de Ginko, en regardant par-dessus son épaule pour découvrir un monde peut-être plus proche qu'on le pense. Un périple lent, chiche en action mais puissant en réflexion. Les paroles ont un sens et le silence n'est pas gâché par la musique, au contraire, elle nous entraîne à la contemplation, à la compréhension, à la sérénité qui découle de celle-ci.

Un version avec de ''vrais'' acteurs existe, je vous en parlerai prochainement. 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 08:00

(1943) Henri-Georges Clouzot

Les notables de Saint-Robin, petite ville de province, commencent à recevoir des lettres anonymes signées « Le corbeau », dont le contenu est insultant. Ces calomnies visent le docteur Rémi Germain, accusé de pratiques abortives, et d'autres personnes de la ville. Les choses se gâtent lorsque l'un des patients du docteur Germain se suicide, une lettre lui ayant révélé qu'il ne survivrait pas à sa maladie. Le docteur Germain enquête pour découvrir l'identité du mystérieux « corbeau ».

Tourné pour la Continental, compagnie régie par l’occupant, Le Corbeau est le second film d’Henri-George Clouzot après le triomphe rencontré par L’Assassin habite au 21.

Si le corbeau rencontra des difficultés c'est qu'il ne présente pas les Français sous leur meilleurs jours en une époque où l'immense majorité était constituée de résistants unis face à l'ennemi, dans la réalité nous savons bien que celle-ci essayait de s'en sortir. Clouzot fut même interdit de cinéma en 1944 pendant deux ans.

 

Chez Clouzot les personnages sont ambigus, et c'est bien le talent du réalisateur d'arracher les masques des bons comme des méchants pour montrer qu'il y a un peu de l'un dans l'autre, et réciproquement ! Normal dès lors qu'il fut rejeté par les pétainistes de 1943 comme les ''vainqueurs'' de 1944, chacun voulant se retrouver dans une imagerie simpliste qui le montre entièrement dévoué à sa cause. L'autre ne servant qu'à lui permettre de se définir par opposition.

Pour clore le débat je vous renvoie au documentaire de Bertrand Tavernier montrant comment Clouzot loin du portrait grossier des censeurs du PC(F?) aida de nombreux juifs à échapper à la police allemande.

Pour revenir au film, le sujet de ce billet, il importe de s'attarder sur la perfection du scénario qui prend le spectateur, lui donne un indice, lui fait se croire intelligent avant de lui démontrer son erreur. Le suspens reste entier et la réalisation brise les cadres classiques qui avaient fait le succès de L'assassin... Les ombres s'allongent, l'image s'incline comme un fauve prêt à bondir, la profondeur de champ aspire notre regard comme un gouffre s'ouvrant devant nous. Mais je me laisse aller !

N'oublions pas la distribution, Clouzot aime les acteurs plus que les gens, aussi sait-il les mettre en valeur et en sortir le meilleur. Ginette Leclerc, Pierre Larquey, Noël Roquevert, sans oublier Pierre Fresney.

Les polémiques sont loin, reste le plaisir d'observer une faune qui nous ressemble plus que nous le souhaiterions.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 08:00

Vous ne connaissiez pas le rock vietnamien ? Moi non plus, ce n'est pas une raison pour ne pas aller à sa rencontre...

 

À tout seigneur tout honneur, il fallait que l'influence d'Elvis se fasse sentir jusqu'en Asie.

La ressemblance est  frappante... Non, je rigole !

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Publié par Lee Rony - dans J'ai entendu
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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